Cours de psychologie

Vieillissement cognitif

Psychologie du Développement – Vieillissement Cognitif

 

 

Quelles sont les études qui portent sur le vieillissement :

- Etude des processus mnésiques chez les adultes de 20 ans.

- Etude des capacités d'apprentissage chez des octogénaires.

- Etudes de l'évolution au fil de l'âge adulte des capacités de raisonnement.

- Etude des performances attentionnelles chez les quinquagénaires.

- Examen des différences liées à l’âge sur le plan des fonctions exécutives.

- Etude des changements attentionnels survenant entre 20 et 70 ans chez les hommes.

Chacun de ces points fait partie des études en psychologie du vieillissement.

 

Etudier la cognition à un âge donné, ne nous permet pas de capturer un processus de changement. On ne se situe pas dans un processus développemental. Or, dans le mot vieillissement il faut entendre ce processus d'évolution, comme dans le développement.

Vieillissement cognitif : Développement de la cognition au cours de la vie adulte. Processus de changement.

La gérontologie c'est l'étude de la personne âgée. Il s'agit d'un stade du vieillissement, elle-même appartenant à la psychologie du développement. On retrouvera les mêmes branches d'étude dans ces deux domaines.

 

Deux types de questions pour la psychologie du vieillissement cognitif :

- Générale : comment évoluent nos capacités cognitives avec l’âge au cours de la vie adulte ? Quelles sont les capacités qui se détériorent et celles qui au contraire se maintiennent ou s’améliorent ?

- Spécifique : comment la détérioration des processus attentionnels avec l’âge entraîne-t-elle une baisse des performances mnésiques ?

→ Deux grandes approches.

 

Il s'agit d'un processus qui touche tout le monde. De plus, un vieillissement démographique sans précédent a été constaté.

 

Sans titre.jpg

 

Deux phénomènes majeurs sont impliqués dans ce vieillissement démographique :

- Amélioration des soins.

- Diminution de la fertilité.

On constate des différences entre les différents pays, mais c'est un phénomène qui est mondial.

 

Ce vieillissement va poser un certain nombre de problèmes sur le plan sociétal, comme le financement des retraites. Sur le plan individuel, la plus grande difficulté à laquelle on va être confronté c'est l'autonomie et l'indépendance des personnes âgées. Cette autonomie passe par une santé physique, mais aussi et surtout par une santé psychique.

La notion de dépendance dans le champ de la gérontologie est définie comme un besoin d'aide des personnes pour accomplir certains actes essentiels de la vie quotidienne.

 

Quelques chiffres :

- 2,7% de la population des 60-79 ans

- 11,2% de la population au-delà̀ de 82 ans.

- Plus de 6 personnes sur 10 âgées > 80 ans vivent à domicile.

- 25% souffrent d’une perte d’autonomie modérée et 2,5% d’une dépendance forte.

- 657 000 personnes âgées accueillies en établissement.

- L'âge d'entrée moyen dans un établissement se situe autour de 85 ans. Et une grande partie de ces personnes meurt dans l'année à cause d'une prise en charge trop tardive.

 

Cette dépendance est souvent le fruit d'une maladie neuro-dégénérative. Le taux de prévalence des démences, augmente très rapidement avec l'âge.

Dans une grande majorité des cas (70%), cette démence est de type Alzheimer. D'autres types de démence, comme la démence fronto-temporale, sont très nombreuses. Ces démences sont de nature psychologique, et c'est cela qui alimente les études pour tenter d'aboutir à un vieillissement de meilleure qualité. Ces études ont pour objectif de comprendre ce vieillissement. La question principale tourne autour des conditions d'un vieillissement de meilleure qualité sur le plan psychologique : pourquoi certains resteront autonomes jusqu'à très tard, alerte intellectuellement, alors que d'autres non ?

 

Comprendre pour agir sur le plan de :

- La prévention.

- Organisation des milieux de vie pour optimiser la vie des personnes âgées.

 

Les recherches sur la psychologie du vieillissement nécessitent la compréhension de :

- La corrélation :

+ La corrélation peut être positive, négative ou nulle.

+ Exemples de corrélation dans la psychologie du vieillissement :

. Positive : entre l'âge et le caractère consciencieux, donc plus on avance en âge et plus on est consciencieux.

. Positive : entre l'âge et le caractère agréable, donc plus on avance en âge et plus on est agréable.

. Négative : entre l'âge et les performances en mémoire épisodique, donc plus on avance en âge et plus nos performances en mémoire épisodique diminuent.

+ Il ne faut pas oublier qu'une corrélation est une tendance générale. S'il y a corrélation nulle, on ne peut pas définir de causalité. Il faut garder à l'esprit, que corrélation n'implique pas forcément causalité, alors que l'inverse est toujours vrai.

- L’expérimentation :

+ Si on veut établir un lien de cause à effet on a besoin de l'expérimentation. C'est la seule méthode possible pour obtenir un lien de cause à effet, il n'y en a pas d'autres. L'expérimentation consiste à créer des conditions similaires en tout point, sauf pour ce qui fait l'objet de notre expérimentation, et on regarde dans quelle mesure on note des variations entre les différents groupes expérimentaux. On peut conclure à l'effet d'une variable sur une autre s'il y a des variations dans les résultats des différents groupes.

+ Le biais principal dans l'expérimentation c'est le fait qu'on créé des situations qui malgré tous nos efforts sont différents de la réalité. C'est pour cela qu'il ne faut pas négliger les autres méthodes, qui apportent chacune une pierre à l'édifice, même si ce lien de cause à effet ne peut être déduit que par l'expérimentation.

+ Quand on met en place une expérimentation, ont doit s'assurer que les groupes soient comparables en tous points. C'est une manière pour éviter le biais des variables confondues. Un autre moyen de les éviter c'est le contrôle statistique. Pour cela on regarde l'effet entre deux variables en contrôlant à l'aide d'outils statistiques les effets d'une autre variable confondue. C'est une manière de neutraliser la relation entre la variable confondue et la variable dépendante. Cependant, on ne pourra jamais obtenir des groupes de manière totalement aléatoire comme on le souhaite dans l'expérimentation. Cela a des conséquences que l'on verra plus tard.

+ Il existe différents types de plans :

. Les plans transversaux :

- Ces plans se basent sur les différences liées à l'âge.

- Cependant, il y a des limites aux plans transversaux :

+ Effet de cohorte sur le plan psychologique, comme l'effet Flynn qui traduit une augmentation des scores obtenus au test de QI de génération en génération.

+ Ne renseignent pas sur l'évolution d'un point de vue individuel. On infère un vieillissement à partir de l'âge. On ne peut donc pas définir s'il y a stabilité ou évolution des différences individuelles.

+ Les différences liées à l'âge ne sont pas les mêmes que les changements individuels.

. Les plans longitudinaux :

- Nous renseignent sur les changements intra-individuels au fil du temps.

- Les plus gros inconvénients de ces plans :

+ Mortalité expérimentale comporte les personnes qui pour une raison ou une autre ne veulent plus ou ne peuvent plus participer au test. Cela sous-estime les biais liés au vieillissement.

+ L'apprentissage rentre en jeu. Souvent à la seconde mesure, les résultats sont meilleurs parce qu'il y a un effet de familiarisation. On va camoufler, sous-estimer les biais liés au vieillissement. Pour diminuer ce problème, on va faire changer le matériel expérimental.

→ Une limite commune aux plans transversaux et longitudinaux, c'est l'effet de période de mesure. Cela concerne moins le vieillissement cognitif, mais le vieillissement en général.

. Plans séquentiels combinent les deux plans présentés précédemment. Il consiste à la suivie longitudinale de différentes cohortes. On combine ainsi les forces des deux approches.

 

 

I. L'approche psychométrique du vieillissement cognitif.

 

 

En psychologie du vieillissement on fait la distinction entre approche micro et approche macro du vieillissement cognitif.

 

L'approche macro est aussi appelée approche psychométrique du vieillissement. C'est la plus ancienne et elle met un point d'honneur à savoir ce qu'elle mesure. C'est une approche qui va mettre l'accent sur la performance obtenue par des personnes à des tests de nature psychométrique. Cette approche s'oppose à une approche micro, qui va mettre l'accent sur les processus qui vont être mis en jeu lorsqu'on effectue une tache. Cette approche dérive de la psychologie expérimentale. Elle s'intéresse à la décomposition des taches pour mettre à jour les comportements nécessaires pour effectuer les taches.

 

L'approche macro s'inscrit souvent sur une approche différentielle. C'est pour cela que les études qui y sont associées comportent des échantillons très nombreux, souvent suivis sur plusieurs âges. L'approche micro va souvent porter sur un petit nombre de participants, comparer des groupes et porte très rarement sur des études longitudinales. Elle met en lumière des processus qui ne sont pas étudiés par l'étude psychométrique.

 

1. Description du vieillissement cognitif :

 

A l'époque, il existait deux conceptions principales de l’intelligence :

- Conception unifactorielle : l'intelligence est faite d'un seul facteur.

- Conception multifactorielle : intelligence faite de plusieurs facteurs, et qui a conduit à l'élaboration de plusieurs tests multifactoriels.

 

Le plus célèbre test de l'intelligence unifactorielle, c'est le test des Matrices de Raven (Raven et Court, 1998). Il est composé de différentes planches avec des matrices différentes.

Ce test montre qu'il y a un déclin linéaire. Cela signifie qu'il commence autour de l'âge de 20 ans et qu'il n'y a pas de stabilisation. Il y a un développement qui aboutit à un déclin, mais il n'y a rien de particulier qui se passe à l'âge de 60 ans ou 70 ans.

 

Sans titre.jpg

 

L'Army Alpha est un test qui mesure les mêmes capacités que le test des Matrices de Raven.

Le déclin est différentiel selon les épreuves. Cela signifie que chaque épreuve ne présente pas les mêmes déclins. Les quatre derniers textes ont un déclin plus prononcé que les quatre premiers. On observe des corrélations négatives plus importantes pour les tests d'information générale, de suivi de direction, de série de nombre et d'analogie verbale. Les autres corrélations ne sont pas significatives.

 

Sans titre.jpg

 

Différentes interprétations ont été exprimées pour répondre à ces différences :

- Motivation différenciée pour les jeunes et les âgés : un sénior serait moins motivé pour passer ce type de test. Alors qu'il a été montré qu'ils sont très motivés à cause de leur intérêt pour les résultats.

- Diminution de l'efficacité du système sensoriel (vision, audition, etc.) : il a été montré qu'il n'y a pas de facteurs de confusion possible de ce point de vue là.

- Distance temporelle entre expérience de test et expérience scolaire : le matériel ressemblerait au matériel scolaire, donc les jeunes seraient avantagés.

- Rapidité.

Toutes ces interprétations ont été démenties.

 

Un autre outil d'évaluation c'est les échelles de Wechsler. Il est composé d'épreuves verbales, mesurant l'intelligence verbale et les connaissances générales, ainsi que d'épreuves de performances, de traitement mental non verbal et capacité à troubler les solutions aux problèmes. L'idée associée à ce test est que chaque sous-test nécessite la mobilisation de plusieurs habiletés.

 

Sans titre.jpg

 

A la suite de l'échelle de Wechsler, l'échelle des Habiletés Mentales Primaires, de Thurstone, a été conçue de sorte à ce que chaque tache ne mobilise qu'une seule habileté.

Là encore, les sous-tests qui montrent un déclin plus important ne sont pas en lien avec le matériel verbal. Les taches non liées à l'apprentissage mettent en évidence un déclin plus important que les autres sous-tests.

 

Sans titre.jpg

 

L'approche psychométrique a développé des tâches de mesure de la mémoire épisodique. Cette dernière est la plus touchée dans la maladie d'Alzheimer, mais aussi par le vieillissement normal. Les tests ont montré qu'elle est affectée de la même manière que les facultés engagées dans des tâches non liées à l'apprentissage.

 

2. Explications pour un artefact :

 

Il n'y a pas de processus maturationnel qui peut expliquer l'effet de l'âge sur l'efficacité des processus cognitifs.

 

Là encore, il y a des explications qui ont été démenties :

- La non représentativité des échantillons : cette explication a été abandonnée car des travaux ont mis en évidence des effets liés à l'âge sur des échantillons standardisés. Ce sont des échantillons très grands pour lesquels ont s'assure de la représentativité de la population générale. Il s'agit de procédures longues et très dures, mais la représentativité générale est assurée. Et quand on regarde les effets de l'âge, on observe les mêmes tendances que celles mises en évidences par les différents tests.

- L'état de santé : il y a effectivement un impact de l'état de santé sur le fonctionnement cognitif. Pour palier à ce biais, il suffit d'utiliser un échantillon en pleine santé. Si cet échantillon présente un effet de l'âge, alors les résultats obtenus pour d'autres sujets, malades ou non, seront corrélés à l'âge. De plus, on observe que l'impact de l'âge est le même pour tout le monde, peu importe le nombre de contrôles suivis ou le métier exercé. Jusqu'à présent, il n'a pas été montré que l'impact de l'âge sur le fonctionnement cognitif n'est pas en lien avec la santé. L'impact de la santé sur le vieillissement cognitif est le même chez les jeunes et chez les personnes âgées.

- L'impact limité : on observe un déclin moyen à cause du déclin critique d'une petite partie de la population. Cela suffirait à faire diminuer le déclin général de la population. La principale manière de tester cette hypothèse est de vérifier l'hypothèse du lien entre l'âge et la variabilité interindividuelle. Une étude définissant les écarts-types des scores obtenus à l'échelle de Wechsler. Les résultats montrent des écarts-types constants prouvant un déclin moyen général.

- La scolarisation et le niveau d'études : elle est justifiée par le fait que les seniors ont moins fréquenté l'école et on fait moins d'études que les jeunes de nos jours. Cette hypothèse est issue de la corrélation plutôt forte entre scolarisation et test de QI. Cependant, corrélation ne signifiant pas causalité, le niveau d'étude change mais l'expérience de scolarisation a changé aussi. Deux questions se posent : les études de l'époque étaient-elles plus compliquées que celles de nos jours et les études actuelles sont-elles plus stimulantes que celles de l'époque ? On n'a pas encore de réponses à ces deux questions. Cependant, des travaux cherchent à déterminer si le niveau d'études est le même pour des personnes avec des scolarisations d'époques différentes. Dans la grande majorité des cas, il y a un effet de l'âge sur plan cognitif, puisqu'il a été affirmé que le niveau de scolarisation est le même peu importe la génération d'études.

- La rapidité : dans la majorité des tests, il y a une contrainte temporelle. Les seniors seraient moins bons que les juniors parce qu'ils sont plus lents. Un certain nombre de travaux, pour tester cette hypothèse, ont demandé à des personnes d'effectuer des tests en enlevant les contraintes temporelles. Pour une partie de ces outils les résultats, avec ou sans contrainte temporelle, sont les mêmes.

 

Dans la très grande majorité des cas, la performance moyenne des âgés est située à 1 voire deux écarts types de la performance moyenne des plus jeunes. Cela signifie qu'il y a une proportion non négligeable de personnes de 80 ans environ qui sont aussi bons que les personnes de 20 ans.

Le carré d'une corrélation fourni des chiffres indiquant qu'entre 4 et 16% de la variabilité des gens dans les fonctions cognitives s'explique par l'âge. La grande différence entre les fonctions cognitives s'explique par autre chose que l'âge. Il y a donc entre 96 et 74% de la variance entre les personnes observées sur le plan cognitif qui pourrait expliquer l'écart dans les fonctions cognitives : estime de soi, etc. On s'intéresse à l'âge puisque c'est malgré tout une des variables qui explique le plus le fonctionnement cognitif. Indépendamment des expériences vécues, c'est l'âge, variable très grossière, qui explique les différences inter-individuelles.

 

Ce qui change entre 18 et 80 ans c'est à peu près de la même ampleur que ce qui change entre 0 et 18 ans.

En ce qui concerne les relations linéaires :

- On considère des rangs d'âge restreints ce qui induit un effet de l'âge sous-estimé.

- La classification arbitraire « jeunes », « moyens jeunes », « vieux », « jeunes-vieux », « vieux-vieux », etc. est abstraite. On ne peut pas définir avec précision quand commence ou s'arrête chacune de ces étapes.

 

Le déclin est différent en fonction des tests : des effets de l'âge sont plus marqués pour certains tests. De plus, il y a une distinction entre intelligence fluide (porte davantage sur le raisonnement)  et l'intelligence cristallisée (intelligence en lien avec le langage). Aujourd'hui on a mis de coté cette définition et on parle plutôt d'intelligence relevant de la mécanique (relevant des processus) et d'une intelligence portant plus sur la connaissance et la culture, produits de la mise en travail de processus dans le passé.

 

Les différentes variables cognitives corrèlent entre elles. Cela implique que toutes ces variables cognitives ont quelque chose en commun. Ce quelque chose en commun c'est que qu'on appelle un facteur commun et on verra l'implication de la hiérarchie cognitive.

 

Le meilleur moyen d'intervenir pour prévenir les troubles dues au vieillissement cognitif c'est d'agir dès le début des premiers changements.

Pendant longtemps, on a cru que le vieillissement ne débutait qu'atour de 70 ans. Les mesures recueillies chez les sujets pour étudier le vieillissement, à l'époque, étaient des outils qui établissaient les capacités d'autonomie et non de raisonnement.

 

 

II. Approche micro du vieillissement.

 

 

L'approche micro du vieillissement s'intéresse moins aux performances aux taches et aux tests mais plus aux processus mis en jeu par le participant lorsqu'il effectue la tache. Elle cherche à déterminer sur quel aspect de la tache les effets de l'âge opèrent, pour cela la tache est décomposée en processus.

 

Il s'agit d'une approche micro ou de décomposition qui a eu beaucoup de succès puisqu'elle est complémentaire à l'approche macro, mais aussi parce qu'elle nécessite un plus petit nombre de participant pour chaque étude. C'est une approche qui découle directement d'une tradition de la psychologie cognitive et donc très expérimentale. Il s'agit de considérations très pratiques qui ont permis de mettre à jour un certain nombre de résultats.

 

1. Mécanismes généraux :

 

Les mécanismes cognitifs mis en jeu dans la plus part des taches cognitives : la MDT, la vitesse de traitement, les ressources attentionnelles sont des mécanismes généraux. Ils s'opposent aux mécanismes spécifiques aux tâches.

 

a. La mémoire de travail (MDT) :

 

La mémoire de travail est mise en jeu dans le maintien actif et immédiat de l'information. Les informations sont stockées dans cette mémoire avant de transiter vers la MLT ou d'être oubliées. Cette MDT est impliquée dans presque toutes les fonctions cognitives.

 

Le modèle le plus en vogue en ce moment c'est le modèle de Baddeley. Dans sa version initiale, ce modèle contient trois composantes : l'administrateur central, la boucle phonologique et le registre visuo-spatial. Plus tard sera ajouté le buffer épisodique.

 

Sans titre.jpg

 

Chacune de ces fonctions a différentes composantes :

- La boucle phonologique : répétition subvocale.

+ Contient :

. Le stock phonologique est une composante passive de stockage qui reçoit obligatoirement l'information verbale présentée de manière auditive. Il va la stocker sous forme de stock phonologique, et ne peut la conserver que pendant une période très brève, entre 1,5s et 2s.

. Cette information va pouvoir être maintenue dans le stock grâce à la boucle de récapitulation articulatoire. Elle va aussi permettre de recoder l'information verbalisable mais présenté visuellement sous code phonologique.

+ Arguments empiriques :

. L'effet de similarité : les mots à emprunte phonologique similaire sont plus difficiles à rappeler que des mots à emprunte phonologique différente. D'après ce modèle c'est parce que la stocke phonologique repose sur un code phonologique, dont plus les stockes sont identiques et plus on a du mal à les rappeler et à les restituer.

. L'effet de longueur du mot : renvoie au fait que le rappel immédiat d'une liste de mots courts est meilleur qu'une liste de mots longs. Cet effet serait lié au processus de récapitulation articulatoire : plus le temps de récapitulation articulatoire est long, et plus à la boucle d'effacer la trace mnésique.

. L'effet de suppression articulatoire : renvoie au fait que la répétition à voix haute d'une syllabe, pendant une tache d'empan altère la performance à cette tâche. Qui plus est, cet effet va supprimer l'effet de longueur, en modalité auditive comme en modalité visuelle, et il va supprimer l'effet de similarité, en modalité visuelle. Cette suppression articulatoire occupe le processus de récapitulation articulatoire ce qui empêche la récapitulation des items à rappeler. Cependant, l'effet de suppression et de similarité dépendent de cette boucle en modalité visuelle. Il se supprime pas l'effet de similarité en modalité auditive puisqu'il y a accès directe au stocke sans passer par la boucle de récapitulation articulatoire.

+ En somme :

. Effet de similarité phonologique : en faveur de l'information codée sous un format phonologique dans stocke phonologique à court terme.

. Effet de longueur : témoigne de l'existence de boucle articulatoire.

. Effet de suppression articulatoire : prouve existence de la boucle articulatoire et permet le passage de l'information verbale par la boucle articulatoire pour accéder au stock phonologique à court terme.

 

Sans titre.jpg

 

- Le registre visuo-spatial :

+ Il s'agit du registre à court terme des informations visuo-spatiales. Il contient des informations relatives aux modalités visuelles et spatiales. Les informations sont maintenues temporairement dans le stock visuel et sont sujettes au déclin et à l'interférence. Mais elles peuvent être réintroduites dans le stock visuel grâce au mécanisme de récapitulation de nature spatiale.

+ Arguments empiriques en faveur de l'idée de cette architecture fonctionnelle :

. Double dissociation : renvoie au fait que la performance des sujets à une tache de mémoire visuelle diminue si on administre une tache interférente de nature visuelle. Si on administre une tache interférente de nature spatiale, on n'observe pas cet effet.

. Clinique : patients présentant des déficits dans une seule de ces deux composantes.

 

Sans titre.jpg

 

- L'administrateur central :

+ Il s'agit avant tout d'un système de contrôle visuel, il contrôle et coordonne les opérations des deux systèmes esclaves, régit le passage de l'information en MLT et il procède au choix stratégique des opérations les plus efficaces. Il va donc couvrir différentes fonctions exécutives. Parmi elles on retrouve la mise à jour, la flexibilité, l'inhibition ou encore la coordination de deux taches effectuées en même temps.

- Le buffer épisodique :

+ C'est un système de stockage de l'information multimodale. Il est dit épisodique car il est supposé stocker des épisodes dans lesquels l'information est intégrée dans l'espace et dans le temps, et il est dit buffer (tampon) car il constitue l'interface temporelle entre les systèmes esclaves et la mémoire à long terme. C'est une étape essentielle pour le stockage de la mémoire épisodique, il permet ce stockage mais ne fait pas partie de cette mémoire : il s'agit d'une composante de la MDT permettant le stockage en mémoire épisodique. On fait la distinction avec la mémoire épisodique car il y a des patients avec une mémoire épisodique intacte alors qu'ils auraient une altération du buffer épisodique.

 

Se pose alors la question de l'altération de la MDT : quelle partie de la MDT est affectée par l'âge ?

 

Age et boucle phonologique :

 

On se sert de taches d'empan mnésique pour mesurer l'effet de l'âge sur la boucle phonologique. Dans ce type de tache, on retrouve des épreuves verbales et spatiales.

 

Des effets de l'âge assez modérés mais significatifs ont été observés sur la boucle phonologique. Cependant, ces taches ne nous renseignent pas sur la composante touchée : boucle articulatoire ou stock phonologique. Pour déterminer l'effet de l'âge sur le stock phonologique on va examiner si l'âge a un impact sur l'effet de similarité. Ce dernier consiste en un meilleur rappel d'item similaires que dissimilaires.

Des études ont obtenu des résultats en faveur de l'idée que le stock phonologique est préservé en modalités auditives. Les mots similaires sont ici mieux rappelés que les mots dissimilaires. De même que pour les modalités visuelles. Les résultats montrent qu'il n'y a pas d'effets de l'âge sur le stock phonologique, qui reste donc préservé.

 

Il reste à observer les effets de l'âge sur la boucle articulatoire. Les résultats des études ont montré que les mots courts sont mieux rappelés que les mots longs, en modalité auditive. De même pour la modalité visuelle. L'effet de longueur des mots est observé aussi bien chez les âgés que chez les jeunes. C'est un résultat en faveur de la préservation de la boucle articulatoire.

 

Les résultats des études montrent que la boucle phonologique est intégralement préservée, et n'est donc pas affectée par l'âge.

Ces résultats suggèrent que la diminution de performance associée à l'âge dans les tâches d'empan verbal n'est pas la conséquence d'une difficulté touchant le fonctionnement de la boucle phonologique, et qu’elle serait par conséquent l’œuvre de l’administrateur central.

 

Effet de l'âge sur l'administrateur central :

 

Pour mesurer l'impact de l'âge sur l'administrateur central, on utilise des épreuves d'empan de chiffres. En plus du maintien de l'information, on demande de manipuler l'information.

Les résultats des expériences montrent qu'il y a un effet de l'âge sur l'administrateur central.

 

Si on demande à un sujet de rappeler quatre lettres, on se situe dans une tache de rappel immédiat. Cependant, pour chaque lettre ajoutée à cette série, le sujet devra en supprimer une en commençant par la première.

Les résultats de cette série montre que les jeunes ont de meilleures performances que les âgés et que plus la liste est longue et plus y a des difficultés de mise à jour de plus en plus importantes au fur et à mesure que la liste augmente. Un autre problème est que l'écart se creuse entre les jeunes et les âgés.

C'est un argument de plus qui prouve que l'administrateur central est affecté par l'âge.

 

Le paradigme de double tache est aussi représentatif des performances de l'administrateur central. Il s'agit de la comparaison des performances sur des taches simples ou doubles. Si on constate un problème c'est qu'il y a affection de l'administrateur central. On compare des groupes de jeunes et des groupes d'âgés. On constate qu'il y a un écart entre tache simples et doubles. Cet écart est plus grand pour les personnes âgées.

Il s'agit d'un argument en faveur de l'impact de l'âge sur l'administrateur central.

 

Age et calepin visuo-spatial :

 

Les taches les plus utilisées pour mesurer l'effet de l'âge sont des taches d'empan spatial. On dispose de peu d'outils pour attester de l'impact de l'âge sur le calepin visuo-spatial.

 

Une étude, présentant deux conditions, on demande aux participants de rappeler les lettres sur fond gris sur une matrice. Dans une seconde condition dite spatiale, on leur demande de reporter l'emplacement des carrés gris dans une matrice vierge. Quelque soit la condition, on a des données qui nous montrent des effets de l'âge modérés mais significatifs sur les deux types de conditions.

 

Age et buffer épisodique :

 

Classiquement on utilise des taches d'empan double où des mots sont présentés sur des feuilles quadrillées. On demande aux patients de rappeler à la fois les mots et l'emplacement des mots. Il s'agit aussi d'une mesure qu'on peut utiliser pour évaluer l'administrateur central.

 

Conclusion :

 

L'approche micro nous renseigne donc sur une diminution des capacités et des ressources en MDT. Elle nous précise que l'âge à un impact sur l'administrateur central alors que d'autres sont préservés, comme la boucle phonologique. Il y a donc un déclin de certains processus alors que d'autres sont épargnés.

 

b. Vitesse de traitement de l'information :

 

Il s'agit d'un des mécanismes les plus touchés par l'âge. La vitesse avec laquelle les opérions cognitives sont déclenchées et exécutées diminue significativement avec l'âge. Cette rapidité a un impact sur les performances de la MDT, elle même impliquée dans la grande majorité des tâches cognitives.

 

Différentes études démontrent l'impact de l'âge sur la vitesse de traitement. Le test de Stroop fait partie de ces tests, et mesure l'inhibition.

Les résultats obtenus à ce type de tests (60%) s'expliquent par les différences inter-individuelles dans la vitesse de traitement de l'information. Il reste 40% à expliquer par d'autres facteurs. L'impact de cette vitesse de traitement se répercute aussi sur d'autres taches cognitives.

Cet impact a été mis en évidence par une théorie qui stipule que le vieillissement cognitif peut être expliqué en grande partie par ce ralentissement observé au fil du temps.

 

Il y a une hypothèse de cause commune de la dégradation du SNC. La vitesse de traitement et les marqueurs biologiques et physiologiques (acuité visuelle et auditive) sont des facteurs pouvant expliquer et rendre compte de cette dégradation.

 

Age et ressources attentionnelles :

 

Dans les ressources attentionnelles on retrouve :

- Attention sélective et inhibition : mesurée par taches types Stroop.

- Attention partagée : mesurée par tests auditifs dichotiques.

- Flexibilité attentionnelle : mesurée par l'alternance entre une tache cognitive et une autre, cette alternance a un cout.

- Concentration : tache de vigilance ou d'attention soutenue.

- Etc.

 

Quelque soit le domaine étudié, lorsqu'il s'agit de ressources attentionnelles, on va observer des effets de l'âge importants.

 

Age et domaines mnésique :

 

Il s'agit d'un domaine très étudié à cause des nombreuses plaintes mnésiques venant des patients. Il y a de nombreuses recherches sur les structures et les mécanismes. Différentes mémoires ont émergé de ces mémoires. Certaines d'entre elles sont affectées par l'âge et d'autres sont épargnées.

 

Différentes mémoires :

- Mémoire épisodique : mémoire spécialement dédiée aux souvenirs précis des évènements passés, évènements et contextes.

+ Elle est classiquement mesurée par des taches de rappel libre, indicé ou des taches de reconnaissances.

+ En général, il y a un effet d'âge plus important sur le rappel libre puisqu'il s'agit d'une tache plus couteuse et difficile puisqu'il n'y a pas d'indicateurs pour récupérer l'information.

+ Sur des taches de reconnaissance, il semblerait que les résultats mitigés s'expliquent par la prise en compte ou pas des fausses reconnaissances. Elles seraient beaucoup plus nombreuses pour les personnes âgées que pour les jeunes.

+ On parle d'effet classique ou d'effet âge par complexité. Il consiste en l'observation d'effets d'âges plus prononcés en fonction de la complexité de la tache : plus la tache est complexe et plus les effets d'âge sont grands. Pour expliquer la trajectoire différente entre tache de rappel et reconnaissance, certains on fait l'hypothèse d'une différence entre mémoire du contenu et mémoire du contexte. Il semblerait que les effets de l'âge soient plus importants lorsqu'on traite une mémoire de contexte que pour une mémoire du contenu. L'idée principale c'est qu'avec le vieillissement normal, on a davantage de difficultés à récupérer les informations du contexte dans lequel on a appris l'information que l'information elle-même.

+ Une étude est mise en place pour mesurer les différences liées à l'âge dans la récupération d'informations contextuelles. Dans cette étude, on fait lire des listes à des groupes de participants, ces listes peuvent comporter des mots présents une fois ou répétés deux fois ou trois fois. On leur présente ensuite une liste qu'ils doivent écouter. On leur demande ensuite de reconnaitre dans une liste si les mots on été entendus et non lus.

+ Les résultats montrent que, chez les jeunes, plus on lit un mot et plus on est capable de dire qu'il n'a pas été entendu. Chez les âgés c'est l'inverse : plus on lit un mot et plus on pense qu'il a été entendu. Autrement dit, plus le jeune a été confronté au mot et plus il est capable de discriminer s'il a été lu ou entendu. Chez l'âgé, plus il a été confronté au mot et moins il va faire la distinction entre les mots lus et les mots entendus. Cet effet illustre l'amnésie de la source : il y a une plus grande difficulté chez les âgés à encoder les éléments du contexte.

+ L'amnésie de la source est illustrée aussi par l'effet de fausse célébrité. On demande à des participants de lire une liste de noms inconnus. On leur demande ensuite de lire une seconde liste qui mélange ces noms avec d'autres noms inconnus et des noms de personnes célèbres. Ils doivent sélectionner dans cette liste le nom de personnes connues. Les personnes âgées auront tendance à sélectionner les gens de la première liste comme personne célèbres.

+ D'autres tests peuvent être employés : reconnaissance de mots pensés ou mots prononcés, mots lus ou générés mentalement, etc.

+ Les résultats ont conduit les auteurs à penser que les difficultés en mémoire épisodique sont liées à la perte des repères.

- Mémoire épisodique prospective :

+ La mémoire épisodique prospective est la capacité à effectuer, à un moment approprié dans le futur, une action prévue.

+ On constate un écart entre milieu naturel et laboratoire : en milieu naturel les personnes utilisent des stratégies qui vont leur permettre de compenser cette mémoire prospective qui diminue. Du coup, on l'étudie en laboratoire pour empêcher la mise en place de stratégies de compensation.

+ On distingue :

. Tache event-base : action liée à un événement.

. Tache time-base : action liée au temps.

+ On constate plus d'effets d'âge dans les taches dépendantes du temps que dans les taches dépendances d'un événement. Cela s'explique par le fait que l'événement est un indice de rappel. Dans les taches dépendantes du temps il n'y a pas d'indices du temps, la récupération dépend davantage du contrôle interne du sujet, qu'on sait diminuer au fil du temps.

- Mémoire sémantique : la connaissance.

+ Contrairement à la mémoire épisodique, la mémoire sémantique est relativement stable au cours du temps. Ces effets de l'âge, soit absents soit positifs, sur le stock sémantique sont sous-estimés : si on savait mesurer correctement les connaissances et la culture on constaterait une augmentation encore plus prononcée. Cependant, ces connaissances sont idiosyncrasies : propres à chacun, mais mesurées par des outils généraux et non par des outils propres à chacun.

+ Ce processus peut venir compenser les pertes observées dans d'autres domaines cognitifs. On parle de réserve cognitive : c'est le fait que sur deux cerveaux avec la même maladie l'un va présenter la pathologie de son vivant et l'autre non. On tente d'expliquer cela par le fait que les sujets mettent en place un processus compensatoire basé sur cette réserve cognitive.

+ Cette organisation sémantique va être étudiée par l'analyse de portions de mémoire sémantique. Pour cela, on utilise des taches d'amorçage sémantique puisqu'on considère qu'activer un item va, par association, activer un item qui lui est associé. Les jeunes, comme les âgés, bénéficient d'une tache d'amorçage sémantique. La différence se situe au niveau de la rapidité de traitement de l'information, plus grande pour les personnes âgées que pour les jeunes. Cela montre bien qu'il n'y a pas un effet de l'âge sur l'amorçage sémantique. L'organisation sémantique reste la même avec le temps.

+ Les troubles liés à l'amorçage sémantique c'est une difficulté d'accès au code phonologique, et non au sens du mot qui reste acquis. C'est le phénomène du « mot au bout de la langue » (Heine et al., 1999 ; Burke et al. 1991). Cet effet est plus prononcé pour les noms propres.

+ Des études sont encore en cours en ce qui concerne la distinction entre vivant et non vivant. Une piste explicative est qu'on a plus d'interactions physiques avec les objets manufacturés qu'avec les objets vivants.

- Mémoire implicite :

+ C'est une mémoire qu'on ne peut pas expliquer, elle est implicite. Automatismes acquis inconsciemment. On la mesure par des taches d'amorçage pour tout ce qui touche à l'apprentissage implicite.

+ On se sert du paradigme d'amorçage dans lequel on propose à des sujets un test de mémoire explicite et un test de mémoire implicite. Dans le premier cas on leur dit qu'il y a une tache de rappel par la suite alors que dans la tache implicite, on ne leur demande rien. Au moment de la récupération, on présente la première syllabe d'un certain nombre de mots et on demande aux sujets soit de compléter avec les mots qu'ils ont appris (explicite) soit de compléter avec des mots qui leur viennent à l'esprit (implicite). Cela montre qu'il est plus difficile de récupérer intentionnellement l'information apprise. Autrement dit, les différences liées à l'âge s'expriment lorsqu'on demande à des sujets d'effectuer des taches de rappel explicite.

- Mémoire procédurale : porte sur les habiletés motrices.

+ La première catégorie de travaux a cherché à voir s'il y avait un effet de l'âge sur l'apprentissage des habiletés perceptivo-motrices ou cognitives (règles, stratégies de résolution de problème).

+ Une expérience s'intéresse aux relations entre l'âge et l'acquisition de connaissances procédurales.

+ Les résultats obtenus par cette étude montrent trois phases :

. Stockage et utilisation de plus en plus rapide des connaissances procédurales.

. Automatisation.

. Niveau asymptotique.

+ Ce qui va changer avec l'âge c'est la vitesse d'exécution de l'algorithme à chaque étape, plus lente avec l'âge, et le niveau asymptotique, les âgés vont rester plus lents que les jeunes même une fois l'apprentissage fait et que les étapes sont les mêmes. Il y a donc un ralentissement général du traitement de l'information.

+ La seconde catégorie de travaux concerne l'effet de l'âge sur l'expertise acquise dans un domaine. Les résultats d'une étude sur les performances d'experts en dactylographie montrent que les effets de l'âge ne se manifestent pas de la même manière en fonction de l'expertise acquise. De plus, on constate que pour les personnes âgées il y a un empan de frappe plus grand, il y a moins de vas et viens entre la feuille et la machine. Cela permet de compenser les difficultés motrices liées à l'âge.

 

Pour conclure, les effets de l'âge les plus marqués sont constatés pour la mémoire épisodique. Les hypothèses formulées pour expliquer ces déclins se basent le plus souvent sur des mécanismes cognitifs généraux.

 

2. Mécanismes explicatifs de l'effet de l'âge sur la mémoire épisodique :

 

Il y a deux approches :

- Approche analytique : s'intéresse aux processus atteints, processus d'encodage et processus de récupération.

- Approche globale : s'intéresse à l'application des mécanismes généraux.

 

Approche analytique du vieillissement cognitif :

 

L'étude de Sanders et al. s'intéresse à l'effet de l'âge sur l'auto-répétition. La tache consiste en un apprentissage d'une liste de mots avec comme consigne de les répéter à voix haute en disant ce qu'ils en pensent. On constate que les jeunes répètent mieux que les anciens tous les mots de la liste, à l'exception des derniers mots de la liste. Naturellement les jeunes vont auto-répéter les mots du début et du milieu de la liste : il y a donc des effets de l'âge sur la mémoire épisodique mais les stratégies de maintien de l'information sont différentes en fonction de l'âge.

 

En ce qui concerne l'encodage, Dunlosky et Hertzog mettent en place une étude basée sur les stratégies d'encodage. La tache consiste en l'apprentissage de 46 paires de mots.

Trois stratégies sont proposées :

- Production de phrase.

- Auto-répétition de maintien.

- Fabrication d'images mentales.

Ils peuvent aussi ne pas en utiliser ou en utiliser une de leur propre répertoire. On constate que l'emploi des stratégies est différent avec l'âge. La fabrication d'images mentales et l'auto-répétition de maintien, qui sont les deux stratégies les plus efficaces sont moins utilisées par les personnes âgées, contrairement à la production de phrase ou à l'absence de stratégie, privilégiée par les anciens.

Il s'agit d'une piste qui peut expliquer la diminution des performances épisodiques chez les personnes âgées.

 

On se pose la question de savoir si chaque stratégie profite de la même manière aux jeunes et aux âgés ?

 

Eysenck (1974) met en place une étude pour répondre à ce questionnement. Il forme quatre groupes à qui il demande de : compléter le nombre de lettres, donner un mot qui rime, donner un adjectif et fabriquer une image mentale.

Les résultats montrent que :

- Plus l'information est traitée profondément meilleur sera le rappel.

- Les jeunes ont de meilleures performances que les âgés.

- La profondeur de traitement montre que le nombre de mots rappelés augmente avec le niveau de traitement mais de manière moins importante pour les plus âgés que pour les plus jeunes. Les âgés profitent donc moins que les jeunes des stratégies d'encodage de l'information.

 

En ce qui concerne les processus de récupération, on fait trois hypothèses :

- La réduction des ressources attentionnelles, comme le lien entre attention et mémoire épisodique nécessite un effort de récupération (Craik, 1986).

- Hypothèse exécutivo-frontale, comme le lien entre fonctions exécutives et mémoire épisodique met en place une stratégie d’encodage (Moscovitch et Winocur, 2002).

- La vitesse de traitement (Salthouse, 1996).

 

Il est possible que l'impact de l'âge sur la mémoire épisodique soit simplement issu de l'effet de l'âge sur les mécanismes généraux.

La question qui se pose encore c'est de combien de fonctions cognitives doivent être touchées par des effets de l'âge pour rendre compte du dysfonctionnement de la mémoire épisodique.

On constate la présence d'un facteur g et de deux autres effets de l'âge :

- Le facteur général : l'âge agit sur les taches cognitives.

- Effet indépendant sur la mémoire épisodique.

- Effet sur la vitesse de traitement.

Cela nous permet d'explorer un certain nombre d'hypothèses :

- Facteur g attribuable au fonctionnement du cortex pré-frontal avec implication de dopamine.

- L'effet sur la mémoire épisodique serait corrélé à l'hippocampe.

- Pour l'effet de traitement on en déduit qu'il relève de la dégénérescence de la myéline.



09/05/2014
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 1520 autres membres