Cours de psychologie

Six études de psychologie - Jean Piaget

 

I. Le développement mental de l’enfant.

 

6 stades de développement :

                - Nourrisson jusqu’à 1ans et demi/2 ans :

                               + Réflexes, tendances instinctives, premières émotions.

                               + Premières habitudes motrices, premières perceptions organisées, premiers sentiments différenciés.

                               + Intelligence sensori-motrice ou pratique, affectivité.

                - 2 à 7 ans :

                               + Intelligence intuitive, sentiments interindividuels, soumission à l’adulte.

                - 7 à 11/12 ans :

                               + Début de la logique, sentiments moraux et sociaux.

                - Adolescence :

                               +Intelligence abstraite, formation de la personnalité, insertion affective et intellectuelles dans la société des adultes.

 

Un besoin est la manifestation d’un déséquilibre.

Tout besoin tend à assimiler le monde extérieur aux structures déjà construites, et à accommoder aux objets externes.

Adaptation : équilibre de ces assimilations et accommodations.

Le développement mental apparaît donc comme une adaptation toujours plus précise de la réalité.

 

Le nouveau-né et le nourrisson :

 

A la naissance, la vie mentale se réduit aux réflexes.

Entre 3 et 6 mois, le bébé commence à saisir ce qu’il voit.

L’intelligence pratique débute par une coordination entre le but de l’action et le moyen d’y arriver.

La conscience débute par un égocentrisme inconscient et les progrès de l’intelligence sensori-motrice amèneront à un univers dont le corps n’est qu’un élément.

Les 4 processus qui caractérisent cette révolution intellectuelle durant les 2 premières années sont : objet, espace, causalité, temps.

Au début, l’affectivité est égocentrique, le bébé s’intéresse à lui seul, avec les sentiments primitifs (réussite/échec, joie/tristesse, envie/peur, …).

Quand l’intelligence se développe, l’affectif se déplace sur la mère, puis le père, et les proches.

 

La petite enfance : de 2 à 7ans :

 

Avant le langage, l’enfant imite, c’est comme ça qu’il va apprendre à communiquer.

Jusqu’à 7 ans, les enfants ne savent guère discuter, il s’agit plutôt d’une sorte de monologue : indifférenciation entre le moi et la réalité extérieure (encore égocentrisme).

 

2 formes de pensées :

                - Par assimilation sans objectivité.

                - Adaptée aux autres et au réel, qui prépare à la pensée logique.

Quand l’enfant pose les « pourquoi ? » il recherche la raison d’être des choses, c’est-à-dire une raison causale et finaliste.

L’animisme enfantin et le finalisme expriment une confusion entre le monde intérieur et l’univers physique.

Tout est calqué sur le modèle du moi.

 

L’enfant affirme mais ne démontre jamais.

Intuition soumise au primat de la perception.

L’intuition primaire est un schème sensori-moteur transposé en acte de pensée.

 

Développement des sentiments interindividuels, apparition des sentiments moraux et intuitifs, et régulation d’intérêts et de valeurs.

Dès que la communication est possible, se développent la sympathie et l’antipathie.

La première morale de l’enfant est l’obéissance, et le 1er critère du bien est la volonté des parents.

Les 1ères valeurs morales sont calquées sur la règle reçue, les sentiments moraux ne sont pas encore autonomes.

 

L’enfance de 7 à 12 ans :

 

Concentration individuelle et collaboration effective.

L’enfant de 7 ans commence à se libérer de son égocentrisme social et intellectuel.

 

Dès 7 ans, l’enfant construit des explications atomistiques (explicites et même rationnelles), mais encore qualitatif (substance) ; à 9 ans, apparaît le poids ; et à 11/12 ans, le volume.

Notions de conservation des objets.

Ils construisent le temps par des coordinations d’opérations analogues : mise en ordre de succession des évènements et emboîtement des durées conçues comme intervalles entre ces évènements (systèmes cohérents car reliés).

La notion de vitesse s’élabore en connexion avec le temps vers 8 ans.

L’espace primitif est surtout centré sur le sujet, après 7 ans un espace rationnel commence à se construire.

 

Vers 7 ans, les intuitions se transforment en opérations de toutes sortes.

Sériation (coordination des relations asymétriques) des longueurs vers 7 ans, des poids vers 9 ans, des volumes vers 11/12 ans.

Construction de groupements et de groupes : notions et relations constituent des organisations d’ensemble dans lesquelles tous les éléments sont solidaires et s’équilibrent entre eux.

 

De 7 à 12 ans, l’affectivité se caractérise par l’apparition de nouveaux sentiments moraux et par une organisation de la volonté, qui aboutissent à une meilleure intégration du moi et à un réglage plus effectif de la vie affective.

Respect mutuel, conscience de la justice et de l’injustice.

La volonté est le vrai équivalent affectif des opérations de la raison. Elle est un réglage de l’énergie.

 

L’adolescence :

 

L’adolescent construit des systèmes et des théories.

Vers 11/12 ans, passage de la pensée concrète à la pensée formelle (hypothético-déductive).

Capacité de tirer des conclusions à partir de pures hypothèses.

Libre activité de la réflexion spontanée.

La réflexion comprend que sa fonction propre est de devancer et d’interpréter l’expérience : équilibre qui englobe les constructions indéfinies de la déduction rationnelle et de la vie intérieure.

 

Conquête de la personnalité et insertion dans la société adulte.

Le moi est une donnée primitive (égocentrisme), la personnalité résulte de l’auto-soumission du moi à une discipline quelconque.

Il y a personnalité quand se forme un programme de vie (Lebensplan).

L’adolescent s’attribue en toute modestie, un rôle essentiel dans le salut de l’humanité et organise son plan de vie en fonction d’une telle idée.

L’adolescent s’insère dans la société des adultes par la pensée et l’imagination.

L’adaptation véritable se fait quand l’adolescent passe de réformateur à réalisateur.

 

II. La pensée du jeune enfant.

 

L’enfant et l’adulte :

 

L’enfance est un période « préopératoire » du développement. Le développement débute par la construction d’une multiplicité d’espaces hétérogènes, puis finit par former un espace qui contient tout.

L’enfant raisonne sur les états et néglige les transformations, le raisonnement d’ « opérations » réversibles ne se construisant que peu à peu.

 

Les structures cognitives :

 

Pour apprendre un ordre il faut une activité ordinatrice.

Les structures logico-mathématiques font partie de toutes les formes évoluées de la pensée adulte.

 

Psychologie et épistémologie génétique :

 

Faute de coordination entre les simultanéités et les intervalles temporels.

Résultats positifs du mode de construction des structures rationnelles.

 

III. Le langage et la pensée du point de vue génétique.

 

La pensée et la fonction symbolique :

 

Le langage est la source de la pensée.

Le jeu symbolique est la marque de la « représentation ».

Imitation différée : imitation en l’absence du modèle.

L’imagerie mentale, l’image peut être conçue comme une imitation intériorisée.

Donc, la pensée a sa source dans la fonction symbolique qui elle-même a sa source dans la formation des représentations.

Le langage est une forme de la fonction symbolique, donc la pensée précède le langage et ce dernier aide la pensée à se modifier.

 

Le langage et les opérations « concrètes » de la logique :

 

Coordinations entre actions avant de pouvoir être transposées sous une forme verbale.

 

Le langage et la logique des propositions :

 

Opérations combinatoires.

L’inversion et la réciprocité sont antérieures à leur fonction symbolique.

 

Le langage est donc une condition nécessaire de la construction des opérations logiques.

 

IV. Le rôle de la notion d’équilibre dans l’explication en psychologie.

 

L’équilibre est une propriété intrinsèque et constitutive de la vie organique et mentale.

Toute conduite est une assimilation des schémas antérieurs et une accommodation de ces schémas à la situation actuelle.

Il existe des structures qui ébauchent la logique et qui en s’équilibrant aboutissent aux structures logico-mathématiques.

Les fonctions cognitives se développent par un processus d’équilibration.

 

Balance des forces d’un système de compensations intéressant les transformations elles-mêmes.

Croissance en un système commutatif (activités différenciées).

Equilibre par compensation entre les perturbations extérieures et les activités du sujet.

Un équilibre cognitif est toujours « mobile », ce qui n’exclut pas sa stabilité éventuelle.

L’équilibre perceptif est dû aux activités du sujet tendant à compenser les perturbations aux facteurs de déformation.

L’équilibre final est le produit d’une compensation des perturbations par des activités du sujet, elles-mêmes caractérisées par leurs probabilités successives.

 

Les perturbations peuvent être des modifications réelles et actuelles du milieu (les activités compensatrices du sujet répondent sans système permanent) ou être imaginées et anticipées (les activités compensatrices du sujet répondent en imaginant et en anticipant).

Les compensations répondant aux perturbations s’ajoutent de manière progressive, donc la réversibilité opératoire qui exprime les compensations complètes constitue le résultat et non la cause de cette équilibration graduelle.

 

V. Problèmes de psychologie génétique.

 

Innéité et acquisitions :

 

Innéité : qualité de ce qui est inné.

Maturation : ensemble des phénomènes par lesquels quelque chose arrive à maturité.

 

La maturation n’est sans doute jamais indépendante d’un certain exercice fonctionnel, où l’expérience joue son rôle.

La maturation du système nerveux ouvre une série de possibilités, mais sans que ces possibilités donnent lieu à une actualisation immédiate tant que les conditions d’expérience matérielle ou d’interaction sociale n’entraînent pas cette actualisation.

 

Le problème de la nécessité propre aux structures logiques :

 

L’acte logique consiste à opérer, donc à agir sur les choses et les autres.

4 grands stades du développement de la logique :

- De la naissance à 1 ans et demi/2 ans : période sensori-motrice, où les actions s’organisent en structures qui annoncent la réversibilité.

- De 2 à 7/8 ans : débute la pensée, la fonction symbolique.

- Vers 7/8 ans : constitution d’une logique et de structures opératoires « concrètes », encore lié à l’action sur les objets.

- Vers 11/12 ans : logique qui peut porter sur une simple hypothèse, logique « formelle », avec opérations combinatoires et une structure de groupe.

On ne connaît les objets qu’en agissant sur eux et en produisant en eux quelque transformation.

 

Le développement des perceptions :

 

3 types d’évolution des illusions perceptives :

                - Celles qui demeurent constantes ou diminuent d’importance avec le développement.

                - Celles qui augmentent d’importance avec l’âge.

                - Celles qui croissent jusqu’à un certain niveau pour diminuer quelque peu après.

 

Les erreurs « primaires » diminuent avec l’âge parce que les couplages se multiplient toujours davantage avec les progrès de l’activité exploratrice visuelle.

La perception est active et ne se réduit pas à un enregistrement passif.

K. Marx, a dit qu’il fallait considérer la sensibilité « en tant qu’activité pratique des sens de l’homme ».

 

VI. Genèse et structure en psychologie de l’intelligence.

 

Structure : système présentant des lois ou des propriétés des éléments mêmes du système.

Système partiel : présente des lois de totalité, distinctes des propriétés des éléments ;

Genèse : système relativement déterminé de transformations comportant une histoire et conduisant donc de façon continue d’un état A à un état B, l’état B étant plus stable que l’état initial tout en constituant son prolongement.

 

Genèse sans structures, puis structures sans genèse.

Aujourd’hui, genèse appuyée sur des structures et réciproquement car toute structure a une genèse.

 

Toute genèse part d’une structure et aboutit à une structure.

On peut retracer la genèse d’une structure en psychologie de l’intelligence, à partir d’autres structures élémentaires, qui ne constituent pas elles-mêmes des commencements absolus, mais dérivent, par une genèse antérieure, de structures encore plus élémentaires, et ainsi de suite.

 

Toute structure a une genèse.

D’une structure à une structure plus complexe, il y a un processus de construction qui est la genèse.

 

Equilibre : mobile et stable, idée de compensation, activité.

 

Développement de l’intelligence par 3 facteurs :

                - Maturation.

                - Influence du milieu.

                - Transmission sociale.

 

Une structure équilibrée et cristallisée s’impose, c’est la marque de l’achèvement de la structure.

 

 

► Très bon livre, franchement abordable et très intéressant.



11/07/2012
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