Cours de psychologie

Résumé

I. Psychopathologie de l’adulte.

 

Ce qui se joue dans la rencontre, c’est ce qui a lieu entre deux êtres et qui va modifier les deux êtres en présence. C’est le don du transfert. On peut dire que le transfert est un transport. Donc la rencontre c’est là où ça va se transporter de l’un à l’autre et qui va modifier les deux êtres en présence.

Notre responsabilité éthique et clinique est de pouvoir produire une forme d’analyse de ce qui se joue dans la rencontre dans la mesure où c’est la rencontre qui enseigne, qui oblige le clinicien à produire cette analyse. Ce n’est pas une analyse d’un savoir qui va être plaqué sur un sujet, mais celle qui va porter sur le lien, sur la relation.

Pour la psychanalyse il n’y a pas de sujet sans les autres, c’est-à-dire que la dimension du sujet commence dans ce que les parents ont rêvé, fantasmé avant la conception. Le désir du sujet c’est le désir de l’autre. Il vient du désir des parents, il prend forme dans le langage, comme le nom et le prénom qui nous sont transmis et offerts par un autre, et quand on meurt c’est ce qui reste de nous, une inscription symbolique.

Si l’handicapé dans son déficit est perçu comme un enfant, il faut l’éduquer. S’il est perçu comme un fou, il faut le soigner. Et s’il est perçu comme un sauvage, il faut l’instruire et le civiliser.

Le déficient n’a pas le même accès que nous au langage, il lui manque un certain ordre symbolique. Le déficient ne parle pas d’une position énonciatrice, face au clinicien il ne se dit pas. On se retrouve face à une absence de demande, du moins de demande spontanée. Il n’y a pas d’énonciation pour exprimer sa demande, il faut donc interpréter cette demande, voire même solliciter, encourager cette demande.

Le déficient ne parle pas, mais il est présent et responsable : il a une place, il est un désir parental, il doit faire une opération subjective (refoulement, déni ou forclusion) il choisit en fonction d’un autre et d’un positionnement face à un autre.

La vision renvoie à l’image, l’imaginaire ; le regard renvoie à l’appétit du regard qui va chercher ce qu’il ne voit pas derrière l’image.

Faute de langage, ce qui lie la rencontre c’est le regard. Le regard est un échange instantané, du côté du transfert.

Face au déficient, nous sommes doublement embarrassés : difficulté pour projeter ce que nous refusons sur l’autre (la projection essentielle est d’être en projet pour l’autre), et difficulté pour s’identifier, difficile de trouver un point chez l’autre qu’on s’attribue à soi-même.

La rencontre nous confronte à un point de réel, à cet impossible de certaines projections. On va imaginer le fonctionnement de penser, alors que pour la psychanalyse ça ne change rien, on est sujet (inconscient, désir, transfert…). Du fait de notre embarras nous projetons une vision d’un enfant.

L’objet du désir n’est pas matériel, c’est le manque et il s’incarne dans n’importe quel objet du monde. Pour s’approprier son énigme, pour faire l’épreuve de ce manque, on passe par la parole, voir que ça rate et relance l’énigme de soi, de l’autre. Le but de la cure est de cesser de rejeter la cause de son manque sur les autres. Le transfert ne s’attrape qu’à partir de soi, l’analyste est la cause du transfert, le transfert il y en a partout mais pas de l’analyse du transfert. L’analyse doit repartir de ce point-là, il faut d’abord causer le lien de transfert. Le transfert permet de voir l’inconnu, le manque.

Le langage n’est pas très communiquant, ce n’est pas l’énoncé mais l’énonciation qui permet d’occuper une place en parlant, on parle, on existe, le signifiant n’est pas verbal. Le signifiant représente un sujet pour un autre signifiant.

La personne handicapée est la solution subjective du sujet vis-à-vis du grand autre.

On ne dénie pas l’handicap ni la cause du handicap, mais on cherche la réponse du sujet car la réalité organique ne dit rien sur la façon dont le sujet va pouvoir se positionner.

Du côté du clinicien, du fait de la causation de transfert, notre responsabilité est aussi de supposer du sujet et de le faire advenir. Du côté du sujet, il n’est plus seulement victime de son handicap mais il a une responsabilité, il n’est pas coupable de ce réel, mais responsable de ce qu’il en fait. Même si on travaille du côté du sujet, on n’est pas là pour le faire désirer, mais l’éduquer, il ne faut pas être en projet sinon on ne travaille plus à la subjectivation.

Avec la rencontre du déficient, ce dernier est un être de besoin, non de désir, nous sommes confrontés à un vide, nous ressentons de l’impuissance. Ca nous met à l’épreuve de notre propre désir, d’où la nécessité de se pencher sur le contre-transfert en tant qu’effet du transfert et pas en tant que réponse réactionnelle du clinicien à la souffrance de l’autre.

Désigner la souffrance autistique c’est comment le sujet s’enferme pour se protéger car il ne supporte pas cet autre du langage, en tant que ce langage va confronter à un certain rapport de jouissance. La souffrance autistique toujours autour d’une angoisse de néantisation. Le regard frontal est innommable, c’est toujours du regard oblique.

On peut construire l’image du double, double en miroir mais en clivant dans le réel, en ayant un double je, mon double peut vivre des expériences que moi je ne peux pas vivre.

Besoin de neutralisation du signifiant, besoin de maîtriser l’autre et le langage à travers la combinatoire des signes.

 

Pour poser un diagnostic, il faut se poser la question de la façon dont l'Autre nous inclue dans son désir et son langage, et quel est le référent.

L’enfant nait, il ne parle pas, il est dépendant des autres. L’enfant hurle pour interpeler l’Autre qui va interpréter ce cri. Si l'Autre interprète et permet à l'infans de disposer d'un minimum de langage grâce à l'interprétation qu'il en fait, cet Autre là va être amené à donner une signification à ce qui se vit au niveau de l'infans, le sujet va se servir de cette signification pour interpréter/identifier ce qu'il a vécu à l’ instant où il a hurlé. Cela permet au sujet de se comprendre à postériori. Tout enfant est donc parlé, tout sujet est ainsi dépendant de ce qui a été dit de lui. Il lui est impossible de s'en détacher.

Réponse du sujet à la façon dont l’Autre va mettre en jeu son manque : névrose (le manque dans l'Autre est là mais est refoulé), psychose (le manque dans l’Autre est incroyable), déni. Ce manque dans l'autre va être à la fois transmis au sujet, ou pas, et va être transformé en réponse. On suppose alors qu'il y a une subjectivité du sujet face au discours dans lequel il est pris, il répond donc en fonction du manque dans l'Autre. Le sujet essaye ainsi de reprendre la question du manque chez l'autre en essayant de savoir s'il le forclos, le refoule ou le dément.

Il faut que la personne ait mis en jeu quelque chose de sa subjectivité, de son rapport au monde (transfert) pour pouvoir poser un diagnostic.

Quand il y a une absence la question est la suivante : est-ce que, dans cette présence-absence de l'autre, il va y avoir une mise en jeu de ce qui fait que je suis là ou que je ne suis pas là, de ce qui fait que je suis manquant en tant qu'autre.

Le temps où l'Autre est manquant mais où je vais prendre la place de ce qui manque et donc il ne sera plus manquant est un temps favorable, propice aux identifications perverses (perversion). Cette dernière est en fait le démenti du manque dans l'autre, l'autre est manquant mais si je viens combler ce manque alors il ne sera plus manquant. La position perverse essaye de faire en sorte que l'autre ne soit pas manquant et en même temps il est manquant.

L’enfant entre dans le mode fantastique en faisant intervenir 2 figures paternelles : le père frustrateur qui le prive de la mère et le père privateur qui prive la mère du phallus. Si l’enfant ne quitte pas sa place de jouissance d’identification du phallus, favorisation de la position perverse.

L'enfant ne peut pas accepter tout simplement de ne pas avoir le phallus sans s'assurer que peut-être plus tard il l'aura.

Il est possible que dans la perversion il y ait une jouissance d'être le phallus alors que la névrose se bat avec l'idée d'avoir ou ne pas avoir le phallus.

Dans la névrose obsessionnelle, le temps 1 laisse des traces même s'il a été dépassé. Autrement dit, le temps 1, le fait d'avoir été le phallus, laisse des traces de jouissance. Mais dans la névrose hystérique il n'y a pas l'idée d'une intensité dont il faudrait se protéger, d'une jouissance menaçante. La plupart du temps, c'est que la jouissance n'est pas assez satisfaisante.

L’enfant doit comprendre le manque → voir que la mère est manquante → se positionner face à ce manque (être le phallus, premier temps de l’Oedipe) → T1 de l’Œdipe (pervers polymorphe, psychose s’il ne sort pas du côté fusionnel de la mère) → T2 de l’Œdipe (névrose, pourquoi la mère est manquante, père frustrateur et père privateur, il commence à s’individualiser, conflit intrapsychique, et si l’enfant ne quitte pas sa jouissance d’identification du phallus il bascule vers la perversion, il substitue son phallus non au père mais à un objet) → T3 de l’Œdipe (père donateur et père qui permet à l’enfant de comprendre qu’il aura le phallus plus tard) → sortie du complexe d’Œdipe, l’enfant accepte de ne pas être le phallus car il l’aura plus tard (garçon) ou le recevra (fille).

Avec l’hystérique, il ne faut pas rentrer dans son jeu, le lien se crée par l’objet de la perte. Avec le névrosé obsessionnel, créer un lien affectif sans tomber dans l’image de la mère. Avec un pervers, pas du tout de lien. Avec un psychotique, à travers un objet à investir, pour sortir de la fusion.

 

Les pervers ont leurs symptômes depuis longtemps et s’en accommodent (jouissance), mais s’ils viennent consulter c’est que quelque chose trouble les symptômes, la jouissance n’est plus comme avant.

Le fétichiste se rend compte à la fois de la différence des sexes par la castration féminine/maternelle et en même temps le fétiche va venir comme substitue du phallus maternel. Il substitue le phallus de la mère auquel l'enfant a cru mais auquel il ne veut pas renoncer. S'il y a une substitution, c'est bien qu'il y a eu une perception du manque mais que de ce dernier, l'enfant ne veut rien en savoir. Si la mère est conçue comme étant châtrée, manquante, à ce moment là une menace pèse aussi sur le pénis de l'enfant, il peut manquer aussi. En dotant la mère avec ce substitue, le petit sujet ne met pas en jeu son pénis, il va ainsi le protéger.

Pour le pervers, le sujet a une jouissance qui est orientée par le fait de faire surgir l'objet là où l'autre est manquant, de faire surgir en quelque sorte le phallus maternel. Autrement dit, le but de la pulsion dans la mise en scène perverse c'est d'identifier le corps du phallus. L'autre ne serait plus manquant, d'où l'utilité du fétiche qui vient se poser là où l'autre est manquant.

Pour le névrosé : il met en mots sont rapport au manque, il tente de trouver le manque chez l’autre. Pour le pervers : il s’assujetti au désir de l’autre, c’est lui qui comble le manque de l’autre, il est objet de jouissance de l’autre.

Pour le névrosé, le désir est un rempart contre la jouissance et contre le fait de mettre la main sur l'objet. Pour le pervers, c’est avec le désir qu’il atteint la jouissance, son fantasme est de rendre vraisemblable la jouissance.

Le pervers se fait objet du désir de l'autre pour atteindre la jouissance, mais pour cela il a besoin d'un autre chez qui il va provoquer la division.

Si un pervers rencontrerait un autre pervers on arriverait à quelque chose qui s'écrit de la sorte : cela exclue la subjectivité, il n'y a donc pas d'intérêt pour le pervers. Ce type de couple, dans la clinique, n'existe pas car il faut cette dimension du forçage, il faut pouvoir imposer à l'autre.

Différents objets pour différentes formes : fétichisme/travestisme (l’autre comme objet : pour le fétichisme, c’est le fétiche qui comble le manque de la mère, jouissance d’être le phallus de la mère ; pour le travestisme, il cache le phallus de la mère et le dévoile, jouissance lors du dévoilement), sadisme/masochisme (la voix comme objet : pour le sadisme, positivation de l’objet, jouissance en faisant apparaître la voix ; pour le masochisme, il se fait objet de l’autre, le rien de l’autre), et exhibitionnisme/voyeurisme (le regard comme objet : pour l’exhibitionnisme, le regard qui surgit chez l’autre provoque la jouissance ; pour le voyeurisme, être vu en voyant déclenche la jouissance).

L'enjeu pulsionnel est fondamental. Il ne s'agit pas vraiment de transgresser la loi, de choquer, mais de faire un montage pour faire croire à la présence de l'objet chez soi.

La pédophilie est en fait une certaine forme d'amour pour l'enfant et qui vise un certain type d'enfant. Le pédophile pervers (différent du pédophile sadique), croit en l’érotisme spontané de l’enfant, c’est la famille qui réprime cet érotisme.

Un pervers pédophile abuse très rarement de ses propres enfants alors qu'un père incestueux va tuer dans son acte sa paternité. Il va l'annuler alors que le pervers pédophile voue un culte à la paternité dans le sens où il va initier les enfants à quelque chose qui est au-delà de ce que la famille a déjà transmis.

Le pédophile choisit un enfant asexué, la castration est encore démentie. Il empêche l’enfant de grandir, de faire la différence des sexes (il n’est donc pas éducateur). Au final, dans ce choix d'un enfant vierge de toute différenciation, le pervers pédophile cherche à se rejoindre lui même. L'acte du pédophile pervers marque le fait que le sujet qui commet cet acte là reste attaché imaginairement à cet enfant qu'il a été, qui pouvait et qui pourrait combler le désir de la mère.

                                               

Le névrosé continue de se poser des questions sur le désir de l’autre, il n’arrive pas à faire avec cette part indicible du désir de l’autre.

La question du désir est confondue au besoin et c'est là une sorte de mécanisme de protection mis en place contre des désirs refoulés.

On distingue la symptomatologie hystérique de l'obsessionnelle, c'est que quelque part l'hystérique est sans cesse en train de montrer quelque chose alors que l'obsessionnelle ne fait que se cacher.

Les névrosés évoquent une scène de séduction, évènement sexuel précoce (fantasme). Dans le cas de l'hystérie, cet événement a été vécu avec de l'indifférence, du dépit ou même de l'effroi. Dans le cas de l'obsession, cet événement est quelque chose qui a fait plaisir, agression inspirée par le désir chez le garçon et comme une participation à la jouissance chez la fille. Il y a dans ces deux cas une impérieuse nécessité de se protéger de ce que propose l'autre.

Un organe quel qu'il soit peut devenir le lieu d'une intensification de la pulsion sexuelle. Si n'importe quel organe peut devenir le lieu d'une intensification érogène, à ce moment là le Moi ne pouvant pas supporter cela, va créer un refoulement des représentations sexuelles. Ce n'est donc pas la pulsion en soi qui est refoulée mais les représentations de cette pulsion.

4 points du style relationnel de l’hystérique : l’histrionisme (lorsque l'hystérique invente un masque, quel qu'il soit comme un symptôme, elle cherche à éveiller le désir de l'autre. L'hystérique fantasme d’être le phallus, et c'est ce qui la différencie du pervers : elle fantasme d'être l'objet du désir de l'autre, elle ne l'est pas), perversité et paranoïa (le pervers fait croire qu’il sait alors que l’hystérique fait croire que c’est l’autre qui sait, et on parle de bord entre la névrose et la paranoïa, ou pseudo-paranoïa dans la revendication d'avoir été abandonné et joui par l'autre), indifférence (l'indifférence et la spectacularité du symptôme ont la même visée, la même fonction psychique : créer un mouvement de désir chez l'autre à son égard), et suggestivité (l'hystérique s'emploie à faire briller son maître, à condition qu'elle se sente indispensable).

Dans l'hystérie il y a la nécessité de construire un symptôme pour modérer un autre, l'hystérique va juste prélever un trait de son propre désir pour se l'approprier.

L’hystérique ne désire pas l'autre quand elle se rapproche de lui, ce n'est pour elle qu'une façon de s'interroger sur son rapport au désir. D'une part on a l'objet du désir de l'autre auquel l'hystérique va s'identifier, et d'autre part il y a l'objet cause du désir issu de l'Autre. Le symptôme de maintenir insatisfait le désir a pour but de maintenir cette différenciation.

Le T1 de l'Oedipe est insatisfaisant pour l'hystérique. Cela signifie qu'il est lu rétroactivement comme une insuffisance du phallus. Le phallus est toujours insuffisant, notamment le phallus mais aussi la jouissance phallique. Cette dernière c'est à la fois le moment où le sujet s'est identifié au phallus mais aussi le moment où il a quitté le phallus pour rentrer dans la problématique de l'avoir. C'est là une sorte de moyen de continuer à être dans la jouissance phallique.

Le pervers veut être l’objet du manque de l’autre, tandis que l’hystérique veut réparer le manque de l’autre. Donc l’hystérique sacrifie son désir pour se faire l’objet qui répare l’autre dans le fantasme. Mais l’autre ne tient pas ses promesses, sa place est intenable, il est donc remplacé.

Dans la position obsessionnelle c'est la pensée qui est sollicitée, et non pas le corps comme chez l'hystérique.

Du point de vue psychanalytique, la grande difficulté de l'obsessionnel c'est de s'assurer sujet. Ceci dit, les obsessions peuvent être complémentées par les compulsions, des rites obsessionnels. Non seulement l'obsessionnel se vit contraint dans sa pensée mais parfois il se vit aussi contraint à faire des rites.

Le retour au narcissisme se manifeste par la paranoïa. Une formation intermédiaire entre narcissisme et auto-érotisme rend compte d’une autre formation de la psychose : la schizophrénie.

Plus la disposition se met tôt dans le développement et plus l’apparition du symptôme est tardive. Plus le temps de fixation de la libido est antérieur et plus les dégâts sont massifs.

Le sujet est pris en tenaille entre un Ca qui se fait de plus en plus revendicatif, car il ne reconnait pas sa haine comme provenant de sa propre part, et de l’autre coté un Moi qui est de plus en plus soumis à la sévérité du Surmoi.

Dans l’hystérie, il y a le désir de l’autre, alors que dans la névrose obsessionnelle il n’y a pas le désir de l’autre, mais la jouissance. Le T1 de l’identification a certes été dépassé, mais la façon dont il a été vécu demande toujours au sujet de s’en protéger.

Le style obsessionnel prend au moins 2 formes : dans le rapport à l’autre (lorsque l’enfant est objet d’un désir trop fort de la mère, ce qui peut se transformer en haine, l’obsessionnel fuit donc le désir qui pourrait se transformer en haine, il confond désir et jouissance), et dans le phallus (le phallus devient un rival, mais c’est impossible d’égaler le phallus, donc il recherche un désir impossible).

Là où le pervers démontre que la jouissance est possible, l’hystérique regrette que la jouissance ne soit pas possible et donc aspire à une autre jouissance, le névrosé obsessionnel redoute que la jouissance soit possible.

L’obsessionnel va tenter de rendre tout plat, mort, que ce soit dans ses relations personnelles que dans la relation transférentielle. C’est une façon de tuer le désir, cependant sans désir de l’autre, le sujet s’éteint.

Pour rendre le désir impossible : l’obsessionnel peut transformer le désir en demande ou en nécessité, il peut s’effacer en tant que sujet, ou encore il peut éviter de se confronter au manque.

 

Les moyens de défense principaux de la psychose sont la projection, le déni, le dédoublement du Moi responsable des voix, hallucinations...

La psychose prendrait source dans la forclusion du Nom du père, c'est-à-dire dans l'impossibilité pour le sujet d'intégrer la loi du père, à savoir l'interdit de l'inceste et du meurtre. Les aspects symboliques ayant trait au rôle paternel ne sont pas transmis et donc pas assimilés. Pour le parano, l'imago du père est toute puissante, l'idéal et le surmoi restent archaïques.

Le psychotique a une blessure narcissique qu’il tentera toute sa vie de pallier.

Le mélancolique se distingue du schizophrène parce que là où le premier se plaint de la perte de l’objet, le second la vit sans s’en rendre compte.

Les formes psychotiques : forme paranoïaque (importance de l’agressivité et des tendances projectives, le sujet a un caractère dur, renfermé et parfois il délire, l'organisation de la personnalité est dominée par les défenses caractérielles. Débute vers 3-4ans, relation à la mère ambivalente, père peu présent. Ils sont jaloux et trouvent que tout est injuste à leurs égards. Relation à l’autre sexe conflictuel. Orgueil, mépris, il est détenteur d’un savoir unique. Adaptation excellente, carrière spectaculaire, il peut nuit sans remords pour arriver à ses fins. 3 types de délires : bouffée délirante [aspect onirique avec des thèmes de persécution, de grandeur, mystique…], délires en réseau [rationalisation et persécution], délires en secteur [rationalisation avec des déductions possibles]. Avec l’âge, les traits de caractères s’accentuent et le délire est plus important bien que moins élaboré), forme distanciée (le psychotique donne une impression d'originalité, d'être un peu hors du monde. Vers 2-3ans premières manifestations polymorphes. L’enfant a une relation fusionnelle avec la mère dont il ne supporte pas d’être séparé. Le monde est perçu comme hostile et effrayant. Égocentrisme, influençabilité, différence, distance. Deux inflexions dans le caractère sont possibles, soit un personne faible, fragile qui a l'impression de vivre dans un monde qui ne lui appartient pas, et il a peur que les autres s'en aperçoivent, soit le caractère est mieux affirmé, la personne peut assumer des responsabilités et a moins besoin de distance protectrice. Les relations sont basées sur des modèles, et la sexualité est insatisfaisante. Les délires sont rares. Si l’entourage est solide le sujet peut rester adapté et stable, en cas de solitude et si le distancié perd ses appuis, il peut y avoir une aggravation progressive. Forme de psychose la plus simple, à imputer aux parents. Pour survivre, le psychotique utilise un faux-self névrotique. Il a une demande de la mère infinie. Défaut de symbolisation), forme histrionique (équivalent de l’hystérie névrotique mais puissance 4. La problématique sexuelle et amoureuse est très importante. Manifestation précoce dès 3ans. Relation à la mère fusionnelle et ambivalente qui entraine une demande toujours déçue. Egocentrisme, influençabilité, séduction, théâtralisme, préoccupations corporelles constantes, mauvais contrôle, pensée magique. L’histrionique est principalement centré sur lui-même. Vie chaotique avec beaucoup de changements. Sexualité non satisfaisante. Les crises et délires sont divers, poussés à l’extrême. A la longue, il peut y avoir désinsertion sociale et suicide. La sexuation a échoué, toujours besoin des soins maternels, bloqué au stade oral), inflexion anorexique (anorexie mentale, juste une inflexion du pôle psychotique, refus de s’alimenter mais n’admet pas qu’il y a un problème. Si l’anorexie s’installe, elle marque bien un aménagement caractériel de la psychose. Pulsions mortifères. Ce sujet mélange l'archaïque et l'œdipien. La nourriture se clive entre bonne et mauvaise. La mauvaise est synonyme de sexualité et à ce titre rejetée, la bonne est lisse, asexuée et ne concerne que quelques aliments), décompensations (bouffée délirante aiguë [arrive soudainement et guérit spontanément mais peut récidiver. Le délire a un aspect onirique, en général on trouve des thèmes de persécution, de grandeur, des thèmes mystiques], délires organisés [moins oniriques et plus construits, on voit le délire en réseau qui dure longtemps qui tourne autour du rationalisme et de l’interprétation et concerne l’affirmation de soi et les relations aux autres, le délire en secteur qui est totalement convaincant qui tourne autour de la rationalisation, de l’interprétation et de l’intuition qui concerne les délires de revendications et passionnels avec l’érotomanie]. Ces délires sont engendrés par un manque de la fonction symbolique. L'imaginaire s'emballe et ce qui d'habitude est uniquement imaginaire devient réel pour le sujet. Le thème renvoie lui à l'histoire du sujet et de sa psychogénèse), formes graves de l’enfance (la psychose apparaît très tôt, avant 3ans, d'une façon grave et entraînant un déficit. Evolution bloquée. Instabilité, inhibition, rituel, morcellement, fusion, repli sur soi. Une fois adulte, sans prise en charge, ces personnes seront placées en institution, auront des vies rétrécies, émaillées d'angoisses, des moments délirants et ne pourront pas être insérées socialement et professionnellement. Le sujet reste double, lui et sa mère, pas d’individuation.

Les psychoses processuelles : schizophrénie (teinte sévère et chronique associant de manière variable dissociation, autisme et expérience paranoïde. Elle débute, le plus souvent à la fin de l’adolescence chez le jeune adulte, elle procède par poussées à l’âge adulte et s’améliore après 55 ans. Le début de la maladie est marqué souvent par une bouffée délirante aiguë qui présente cependant des signes atypiques, pas de trouble de l’humeur, le délire est marqué par le sentiment d’étrangeté. Les sujets peuvent avoir des passages à l’acte impulsifs et inhabituels. 3 syndromes principaux : dissociation [perte d’homogénéité de la personnalité, ambivalence schizophrénique], autisme [le sujet se replie sur lui et n’éprouve plus aucun plaisir à aller vers les autres. L’attitude autistique peut être entrecoupée d’actes impulsifs], expérience paranoïde [mélange de délire défensif et d’hallucinations]. Il peut y avoir une perte des capacités intellectuelles et une évolution déficitaire. C’est un incompris notamment par l’entourage familial, les passages à l’acte et le manque d’autonomie nécessitent une prise en charge importante, ces sujets peuvent ne pas être capables de subvenir à leurs besoins élémentaires. Les formes cliniques : hébéphrénie [c’est lorsque la dissociation et le repli autistique dominent. Dans ces cas il y a un aspect déficitaire majeur, une accentuation de l’autisme avec des conséquences graves notamment au niveau psychomoteur], schizophrénie paranoïde [en l’absence de trouble autistique, et avec une expérience paranoïde importante associée au syndrome de dissociation. On peut parler d’une forme productive et cette forme à un meilleur pronostic et est davantage accessible aux traitements], et schizophrénie dysthimique [une association entre schizophrénie et trouble de l’humeur est possible]. La psychogenèse reste incertaine. Il est par contre admis par la plupart des auteurs que cette pathologie quelle que  soit  son origine produit toujours une désorganisation massive de la structure psychique et une régression massive au moment des poussées. Les grandes fonctions ne sont plus assurées, les instances sont défaillantes et n’assurent plus leur rôle. Le moi ne fonctionne plus correctement ce qui engendre un dysfonctionnement dans les fonctions réalitaire et symbolique. Le surmoi se manifeste de manière archaïque, imprévisible et mortifère), maladie maniaco-dépressive (apparition autour de 21ans. La clinique de cette pathologie comporte donc deux temps un premier qui est un accès mélancolique [de la durée moyenne de 6 mois, dépression de forte intensité. La tristesse est fixe, intense, permanente. Ralentissement intellectuel. Le sujet est la plupart du temps inactif, prostré, il ne porte ni intérêt ni amour à quiconque. Le sujet se fait des reproches sans arrêt et se sent coupable et donc méritant ce qui lui arrive. Le délire de ce sujet est pauvre, peu construit et les thématiques sont fixes. Le désir et la recherche de la mort sont constants] suivi d’un autre qui est un épisode maniaque [de la durée moyenne de 2 mois, le sujet est en proie à l’excitation psychique et physique. Accélération intellectuelle. Sur le plan somatique on constate une vivacité générale et une diminution de besoin de sommeil. Souvent ces sujets ont des idées de grandeur qui deviennent délirantes. Le sujet s’agite violemment devient agressif]. On peut distinguer des formes bipolaires où on alterne les deux phases, ainsi qu’une forme unipolaire avec un seul type d’accès. L’apparition d’une période de crise n’est pas forcement en lien avec l’environnement ou aux difficultés que le sujet rencontre dans sa vie), troubles hallucinatoires et délirants (forme hallucinatoire chronique [psychose non admise par les anglo-saxons. Débute vers 35 ans, souvent soudainement par des hallucinations massives, après un période de doute et de perplexité le sujet accepte son état, les phénomènes sont acceptés et le délire se construit de manière très riche. Les hallucinations sont la base de la maladie, elles sont principalement mentales mais peuvent être aussi auditives, elles peuvent également être olfactives gustatives ainsi que cinesthésiques. Le délire prend la forme d’une rationalisation secondaire aux hallucinations, il y a des idées de persécution et d’influence. L’évolution se fait par poussées avec une tendance à la diminution si bien que le sujet peut ne plus y prêter attention] et forme fantastique [assez rare. Le délire a un caractère luxuriant, riche et extraordinaire. On peut la retrouver chez l’adulte jeune ou d’âge moyen. Cela peut ressembler cliniquement à la schizophrénie paranoïde mais sans le repli autistique et la dissociation. L’imaginaire chez ces sujets est hyper actif cela produit un délire riche abondant avec des thématiques diverses. L’adaptation sociale reste possible, il n y a pas de déficience mentale, l’évolution de la maladie mène vers un délire chronique irréversible]).

 

II. Psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent.

 

L'enfant va devoir opérer pendant tout le processus de l'adolescence, mettre en représentation, subjectiver, ce qui se passe dans son corps avec plus ou moins de réussite. Les ratés de cette symbolisation sont mis en évidence par des symptômes. Il peut donc y avoir un changement radical de structure au cours de l'adolescence.

Une blessure au niveau narcissique implique un malaise dans la culture dans laquelle le sujet évolue. Ce malaise, chez l'adolescent se transforme en dégout. Il s'agit de plus d'un terme qui revient souvent dans son discours. Cela est dû au fait que le sujet n'a plus son narcissisme, il n'y a plus son miroir dans la masse, il n'y a plus que des blocs. On aurait presque à faire dans notre postmodernité à des pathologies du dégout. Et quand on n’a plus de narcissisme il y a une liquidation du désir.

Il est habitué à une image du corps qui n'est plus celle qu'il voit. Il y a un décalage entre ce qu'il a construit et l'enveloppe que lui renvoie le miroir, que lui renvoie le social. Ce décalage est tout le travail de la symbolisation. Il va petit à petit apprendre à réhabiter un nouveau corps, une nouvelle image et les refouler pour pouvoir revivre avec, c'est aussi la raison pour laquelle ils ne s'aiment pas trop, ils s'évitent et évitent les autres. C’est en refoulant ce changement que nous devenons sujet, et une identification à une image inversée de soi-même permet l’émergence du narcissisme.

On parle de crise d'adolescence car il y a la réactivation de tout ce qui est infantile par le génital. Il y a quelque chose qui est mis en place, des mécanismes de défense, d'urgence car cette adolescence est vécue comme une pathologie.

Tout le temps pubertaire qu'on appelle l'adolescence est un temps de symbolisation, par conséquent de refoulement et de mise en place de nouveaux objets afin que l'adolescent puisse se réapproprier son corps dans un nouveau monde.

Le passage à
l'acte au cours de l'adolescence vient signifier l'échec du processus de symbolisation.

A partir du moment où l'adolescent a refoulé c'est que le vécu adolescent est dynamique et laisse des traces. Ce refoulement secondaire va se ranger du côté des refoulements primaires et il va donc y avoir un impact sur son état d'adulte. L’adolescence est donc un processus du développement du sujet.

Le symbolique n’est autre que la loi de la castration et c’est ce qui permet l’émergence du sujet. C’est-à-dire que le symbolique est la capacité qu’on acquiert par le biais de la castration et qui va faire qu’on continue à manipuler des symboles tout au cours de notre vie. Autrement dit c’est notre capacité à rendre, par les mots, présent ce qui est absent.

L’ère postmoderne contribue à la fragmentation de l’individu. Par conséquent, l’identité se fragilise et se multiplie, se compartimente, entre des attitudes diverses voir opposées. La fragmentation de l’identité de l’individu n’est en fait que l’écho de la fragmentation de la société. Cette dernière se divise en de multiples sociétés, groupes, tribus.

Le lien que l’adolescent établi avec ses paires est un lien techno-scientiste, tout dans l’immédiat. Les adolescents au travers de leurs actes, symptômes, comportements et fonctionnement, nous donnent quelque chose à voir du lien social, du type de discours dans lequel s’inscrit le lien social. L’adolescent serait en fait une production du lien social.

Dans la toxicomanie, le sujet fabrique du manque. Pour essayer l’angoisse, ils se dégoutent mais recommencent jusqu’à la jouissance. Non seulement le sujet bricole son manque, c’est à dire qu’on peut faire l’hypothèse d’un manque du manque, mais il maitrise l’objet du manque. Le sujet ramènerait la question du désir pour la reloger dans le besoin, du côté d’un objet identifié qu’il lui faut trouver (on rejoint la postmodernité avec le fait qu’on peut combler le manque).

Avec l’anorexie, corps-cadavre, il y a une régression flagrante du désir vers le besoin (que le lait de maman). Alors que pour la boulimie, c’est combler le besoin car pas eu assez du lait de maman.

Le discours du capitaliste inscrit le fait que tout est possible dans le lien social : l’objet du manque est identifié, le manque est donc comblé parce que le lien social a l’objet nécessaire.

La toute-puissance du marché a délivré la modernité de ce qui la freinait encore (désir). Dans cette société dite hypermoderne tout devient superlatif : c’est à dire que tout y devient hyper. Ce que cela souligne c’est la question de la toute-puissance, marqueur de la société dite hypermoderne.

Dans le discours hypermoderne, qui résonne avec celui du capitalisme, on retrouve la toute-puissance du père. Donc derrière ce lien social civilisé il y a un discours du capitalisme qui fait référence à la toute-puissance du père,

Le sujet pris dans un trauma fait des cauchemars. Le cauchemar peut devenir un rêve et c’est ce qui va permettre au sujet de donner des indications du trauma. Le récit du rêve est ce qui permet au sujet de subjectiver l’événement pour en faire quelque chose qui lui est propre. Avec l’hyper-modernité on ne peut pas passer par ce récit puisqu’il est pris, et tout est fait pour qu’il soit pris, dans les événements, dans quelque chose qui fait qu’il ne va pas lâcher et va rester pris dans ce qui lui est proposé. C’est donc l’émergence d’un sujet pris dans l’événement et qui devient addict à un type de discours.

Le père, pour les enfants d’aujourd’hui, s’inscrit dans le « tout, tout de suite ». C’est toute la question de la frustration qui est remise en cause. C’est en cela qu’il y a une confusion entre réalité, virtualité et imaginaire. L’aliénation à l’imaginaire se produit face à son image dans le stade du miroir, mais aujourd’hui le sujet est hybride, aliéné à l’imaginaire et à l’image. Il y a la production d’une confusion où un idéal du Moi du côté de l’image tend à se substituer à celui produit par l’aliénation à l’imaginaire. On peut ainsi, observer chez certains adolescents une décompensation, parfois sur le mode psychopathique.

Suite au génocide de la seconde guerre mondiale, le meurtre de masse a fait retour dans l’hyper-modernité par le biais de la technique, et donc concerne tout le monde : ce meurtre de masse industrialisé a produit la massification des sujets dans l’hyper-modernité. On retrouve cette même massification chez les adolescents actuels. Cette massification propose qu’il n’y ait pas de mondialisation mais une massification par zones. Là où ils font de la mondialisation on fait en fait une massification paradoxale qui produit du communautarisme. On est rentré, au travers de la massification, dans la haine de la différence.

Dans l’hyper-modernité il y a autre chose qui va se mettre en place : le dégout. Le discours des adolescents se base sur le dégout. Or on est dégouté lorsqu’on en mange trop et qu’on vomit par la suite. Il y a dans l’idéal du Moi des images qui vont s’incarner et qui vont mener le sujet au dégout. En le prenant dans ce sens, le dégout c’est justement un symptôme de liquidation du désir. Lorsqu’on est dégouté, on est, pour le moment du dégout, détruit narcissiquement. Ce n’est pas juste de la haine, mais c’est quelque chose qui est au-delà qu’on retrouve dans le dégout. L’adolescent est solitaire dans la masse.

L’aliénation par l’image produit des nouveaux sujets, des nouveaux symptômes qui vont figer les sujets.

Un travail avec une personne prise dans ce type de traumatisme est très difficile, il est très compliqué de la ramener à sa place de sujet. Il faut réussir à l’amener à transférer du côté d’une aliénation à l’imaginaire alors même qu’il est pris dans un autre type de transfert qui se lie du côté d’une aliénation à l’image. On travaille avec ces sujets comme avec ceux pris dans le trauma. Avec le sujet adolescent il faut le pousser à raconter autre chose parce que c’est bien parce qu’on peut passer par un autre objet qu’on peut oublier le précédent. Le transfert doit avoir la capacité de lâcher quelque chose pour pouvoir passer à autre chose. Il faut ainsi remettre en marche les processus de symbolisation.

C’est le discours dans lequel les sujets sont pris qui est traumatogène : le discours du capitalisme est traumatogène précisément parce qu’il prend les sujets et les capte via des événements qui défilent à une vitesse incalculable. Ces sujets développent des nouveaux symptômes sont qualifiés de pathologies archaïques qui amèneraient le sujet à un moment où il n’a pas encore appris à faire avec ses symptômes.

A l'adolescence il s'opère un déplacement dans le champ pulsionnel que le sujet repère sur son propre corps. C'est à dire que les objets partiels attributs du parent du même sexe, apparaissent chez le sujet. Cela le mène à revendiquer cette croissance comme il peut.

Le désir de l'adolescent, au niveau de sa sexualité, est hésitant. Lorsqu'il se tourne vers l'autre sexe, il rencontre les interdits œdipiens, dans la mesure où il y a une réactivation de l'œdipe dans l'adolescence, or l'exercice de la sexualité se heurte aux interdits œdipiens refoulés et qui donnent lieu à de l'angoisse. Pour faire face à cette angoisse, l’adolescent  va soit se tourner vers un lien fraternel, soit se tourner vers l’amour utopique, soit utiliser la drague anonyme, soit encore se précipiter dans la sexualité.

2 types de sexualité : sexualité de la fille (le regard comme objet cause du désir, régression narcissique, aliénation au niveau de l’imaginaire et du stade du miroir, le sujet doit resymboliser et donc passer par un travail de représentation du nouveau corps, à défaut de symboliser le sujet valorise son corps, peut entrainer l’anorexie mentale et la boulimie, la fille doit se situer comme celle qui peut faire apparaître le phallus en se montrant désirable) et la sexualité du garçon (la voix comme objet cause du désir, avec la mutation l’adolescent comprend que sa voix ne lui appartient pas mais elle permet un rapport à l’autre).

Si la mise en avant du regard chez la fille entraine sur la pente hystérique, la mise en avant de la voix emporte une dimension paranoïaque du Moi, sauf si le sujet accentue, sur le mode obsessionnel, l'écart qu'il va mettre entre la langue et la subjectivité.

C'est au travers des expériences à la fois articulées entre elles et divergentes que l'adolescent va mettre à l'épreuve ces processus d'identification sexuelle, c'est à dire du flirt, de l'amour et du lien fraternel.

De la même façon où il faut subjectiver et symboliser ce corps qui échappe à l'adolescent, qui se métamorphose, il faut une approche par étapes de la sexualité parce que trop de proximité provoque l’angoisse.

L'amour à l'adolescence révèle vite sa vraie nature : c'est à dire que l'objet de cet amour est indifférent, ce qui compte c'est l'état amoureux et pas l'objet d'amour. Pour l'entendre du côté métapsychologique c'est pratiquement un narcissisme bouclé sur lui-même.

Avec la postmodernité, ce n’est plus le corps qui est engagé dans la relation avec l’autre mais c’est le corps virtuellement aliéné au numérique qui est engagé dans la relation à l’autre. L’investissement n’est donc plus le même : à partir du moment où je ne m’engage, me risque, plus dans le lien mais plutôt dans le réseau, on est dans une modalité de mise en contact qui ne met en jeu ni mon corps ni celui de l’autre. Cela produit un autre type de symptômes qui ne sont plus de type intersubjectifs mais de plus en plus intrapsychiques. Il y a un retour vers la psychopathologie via son propre corps.

 

Une transition est un changement de discours : on peut dire qu’un jour, le sujet se réveille et il ne peut plus continuer à se situer dans le discours de l’enfant, il ne trouve plus les mots pour dire ce qu’il éprouve.

Il y a, au moment de l’adolescence, une décision à prendre pour et par le sujet. Certains demeurent incertains face à cette réponse et demeurent incertains à l’âge adulte. On peut cependant parler de réactualisation parce que le choix du symptôme et la réactualisation du fantasme se jouent extrêmement tôt.

La puberté est en effet le moment où le sujet découvre qu’il n’y a pas de réponse toute faite par rapport au sexuel.

La libido serait à concevoir comme un organe irréel en rapport avec une part du sujet que l’être vivant perd dans la sexualité, organe hors corps, instrument de la pulsion et qui va rester étranger au corps qui parle, qui est pris dans le signifiant.

Le fantasme va donner une consistance au sujet puisque cela lui permet de traiter le désir de l’autre, avec la fonction essentielle de mettre un voile sur le réel, de constituer un savoir.

Le sexe et la mort sont les deux axes avec lesquels on a tous du mal, sur lesquels on se pose tous des questions et qu’on essaye de recouvrir par le savoir. Il s’agit des deux vides du sujet, qu’on peut qualifier de réel. Ces vides vont appeler à du sens, de la signification.

C’est à ces questions que l’adolescent tente de répondre, non sans angoisse : soit en passant à l’acte, soit en inventant des identifications, soit avec l’acting-out, soit en tombant dans la violence qui est un déclin de la fonction paternelle, soit en retombant dans l’oralité, soit en choisissant la jouissance hors sexe.

D'un côté on a une jouissance uniquement articulée au phallus, et au langage (identification masculine), alors que de l'autre côté elle n'est pas seulement articulée au phallus et au langage, mais aussi à l'au-delà du phallus (identification féminine).

Là où Freud assimile féminité et maternité, et dont où il nie la différence homme-femme puisqu'il fait de cette dernière une mère : une femme qui réussit à combler son besoin de phallus par un enfant, devenant ainsi un homme puisqu'elle possède le phallus. Les féministes font la même chose en revendiquant l'égalité homme-femme, puisqu'elles identifient l'homme à la femme par leur possession du phallus. On ne peut pas gommer cette différence. On peut définir le féminin simplement en disant que c'est justement cette différence, l'Autre, l'Autre sexe.

L’adolescence procède de la rencontre, pour chacun, garçon ou fille, de cette part de féminin, de cet autre en soi même.

Le fait de ne pas avoir à construire l’être-homme à partir d'un vide permet de mieux voiler le manque qui concerne tous les sujets. Grâce au fantasme, ça tient bien et ce manque dans l'autre, ce vide qui est déjà dans le langage, arrive mieux à être revoilé par le fantasme. Ce processus ne suffirait pas chez la femme.

La femme a besoin de l'autre pour trouver une place, pour avoir un nom, une identité. Ce qui veut dire que l’homme est du côté de l’avoir phallique (dès qu’il a ses objets phalliques il se sent fort et puissant), dans la possibilité d’avoir le phallus il y a de la subsistance. Mais chez la femme, ce serait plutôt du côté d'un être phallique, c'est-à-dire qu'elle a besoin d'être pour exister, pour sentir de la subsistance, d'être le phallus d'un autre. Ce qui revient à être aimée. Là où l'homme peut se satisfaire du fantasme et de l'avoir phallique, y compris pour sa jouissance sexuelle, la femme a besoin de mots, parce que l'amour peut se confondre avec les mots d'amour. Il y a donc un besoin de parole qui vient dire à la femme ce qu'elle est dans l'amour.

Le garçon ne supporte pas l’idée de sa propre castration, tandis que la femme ne supporte pas d’avoir à faire à la castration de l’autre.

La position féminine suppose de consentir à se faire objet de l'homme, de l'autre, de la jouissance de l'autre.

La solution hystérique est un refus de la féminité, de ce trou, vide, chez l'être humain qui a quelque chose d'insupportable poussant à la recherche de solutions pour le voiler, le masquer, pour le fuir. L'hystérique ne s'occupe pas de son propre désir, de la façon dont elle va faire avec son manque à elle, son trou. Alors que le féminin c'est exactement le fait d'inventer une position à partir de rien.

La difficulté de l’adolescent ne se trouve pas seulement dans l’acceptation de sa métamorphose tant psychique que biologique, elle se trouve aussi dans la quête de son l’identité qui lui est propre. Tout individu devient sujet à part entière démarqué de autres.

Avec ses transformations pubertaire, l’adolescente peut entrer dans un jeu de séduction, qui est perçu comme un jeu pour l'adolescente, tandis que l'adulte y répond de son regard qui viendrait plus dans une intention de réalisation que ce que le jeu sous entend. Cela peut se faire alors trop violent, et bien trop en accord avec les pulsions de l’adolescente et provoquer ainsi de l'angoisse.

L’adolescent recherche de la reconnaissance à travers le regard de l’autre adulte. L’adulte doit répondre de sa simple expression, de sa posture, et par imitation et identification l’adolescent peut faire et devenir.

Lorsque l'adolescent adopte les attitudes de l'adulte mais aussi qu'il se permet de vivre et de faire certaines choses, l'adulte va lui fournir un retour par rapport à ses actes qui n'est pas toujours « juste » (jalousie). L'adolescent va alors se cacher ou se restreindre dans ces actions pour ne pas les subir, et cela peut donc nuire à son évolution naturelle. Alors qu’il a besoin d'avoir l'impression d'une liberté totale pour se permettre de laisse advenir sa créativité et ses envies.

L’adolescence se passerait en deux temps : un premier au cours duquel l’adolescent se détache du père ainsi que de sa loi pour s’insérer dans un groupe et un second dans lequel l’adolescent, dans le but d’aboutir à l’individualité de l’adulte, se place seul face au groupe dans lequel il s’était tout d’abord mêlé. Le meurtre, du père, ainsi que la créativité sont les deux facteurs nécessaires pour que l’adolescent puisse intégrer ses propres principes, au-delà de ceux de la communauté, du groupe. Ce travail indispensable va permettre au sujet d’advenir et empêcher l’adolescent de rester amalgamé au groupe et donc de ne jamais aboutir à l’adulte.

L’adolescent est pris entre les « renoncements propres à l’enfance » et son « aspiration à l’accomplissement de ses potentiels ». Il va tenter de se positionner en tant qu’individu, d’abord par le meurtre et ensuite grâce à la créativité. Cependant, si l’adolescent refuse d’accepter sa vulnérabilité il ne pourra pas advenir en tant que sujet extérieur au groupe. Cette vulnérabilité est donc la caractéristique nécessaire du temps révolutionnaire de l’adolescence pour permettre au sujet de s’affranchir, du père et du groupe, et par conséquent d’advenir en tant que sujet adulte.



04/01/2015
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 1515 autres membres