Cours de psychologie

Résumé

Psychologie cognitive

 

I. Gestualité de la connaissance.

 

La perception auditive d'une voyelle mettrait en jeu la motricité phonatoire ainsi que l'anticipation mentale de la prononciation de cette voyelle.

Expliquer la conscience, inobservable, à partir de l'explication de phénomènes observables tels que l'activité cérébrale et les comportements. Cela consiste à défaire le nœud du monde.

Pour Maxwell, expérience des 3 couleurs, la conscience est une traduction fiable de ce qui est observable. Mais pour Land, expérience photo noir et blanc avec filtre de couleurs, la conscience n'est pas une traduction si fiable que ça quant aux propriétés de ce qui est observable.

Le nouveau né est animé par une motricité diffuse spontanée. On peut la comparer aux premières gammes gestuelles ontogénétiques. Il y a des mouvements spontanés de la tête, du tronc, des bras et des jambes, dès six semaines de vie fœtale. Dès trois mois de gestation, un mouvement de succion est visible quand le pouce rencontre la bouche. Ceci représente le début de l'épigenèse.

Pourquoi comparer le cerveau à un piano ? 1. Le contact entre le corps et le monde crée des notes cognitives (tactiles, visuelles et auditives). Il y a trois types de contacts qui entrainent une vibration dans le cerveau : objet tactile avec la peau, entrainant des vibrations accompagnées de sensations ; objet visuel et la rétine ; objet sonore et cochlée. 2. Les gestes entrainent les « notes cognitives ». Les mouvements manuels, visuels et phonatoires, imitent les propriétés de différents d'objets tactiles, visuels et phonatoires et entraînent des perceptions tactiles, visuelles et phonatoires. Toute perception est donc une mélodie cognitive qui accompagne l'imitation du monde. 3. La mélodie cognitive peut se rejouer mentalement sans que les gestes ne soient effectivement exécutés. Il y a un enchainement de vibrations cérébrales sans la production des gestes qui devraient en être à l'origine.

Dans le cerveau il n'y a que des patterns d'activation neuronales qui, en se succédant, reconstruisent la connaissance. Dans un cerveau qui énacte, une information c'est la succession de patterns d'oscillation animant la structure cérébrale dans sa globalité. Cette structure cérébrale se couple avec la structure de l'environnement. Ceci est possible uniquement par l'interaction du corps en mouvement avec l'environnement.

 

Les 11 pièces détachées permettent une vision globale et analytique de l'organisation cérébrale :

Organisation corticale : 1. Lobe frontal : action (avec cortex préfrontal : planification, décision, initiative ; cortex prémoteur : coordination motrice ; et cortex moteur : contrôle de l’exécution effective du geste), 2. Lobe occipital : vision, 3. Lobe pariétal : localisation et attention spatiale, 4. Lobe temporal : audition, compréhension du langage et mémoire visuelle (prototype visuel).

Face interne : Lobe cingulaire : participe à la mise en jeu au cours de situations entrainant le plaisir (avec le septum, circuit de la récompense).

Organisation sous corticale : étage 3 (5. Noyaux de la base : contrôle de la motricité, 6. Hippocampe : apprentissage, 7. Amygdale : émotions négatives), étage 2 (8. Thalamus : carrefour des entrées sensorielles [visuelles, auditives et cutanées] et relais sur les boucles de contrôle de la motricité, 9. Hypothalamus : contrôle le système nerveux autonome et maintient l’équilibre de l’organisme [homéostasie]), étage 1 (10. Tronc cérébral : contrôle des activités rythmiques [cardiaque, respiratoire…], 11. Cervelet : boucles de contrôle moteur).

 

Pour énacter le monde, 3 motifs neuro-anatomiques :

1. Boucles motrices (inhibition tonique des gestes potentiels sur les objets) : boucles basales en 3 étapes : cortico-baso-thalamo-corticale (l'étape cortico-basale pour laquelle les boucles partent du lobe frontal pour projeter sur les noyaux caudés, noyaux entrant de la base ; l'étape baso-thalamique pour laquelle les faisceaux partent des noyaux caudés pour arriver dans la partie antérieure du thalamus ; l'étape thalamo-corticale, qui permet de boucler la boucle puisqu'il y a un retour vers le lobe frontal ; ce qui donne boucles au lobe frontal → noyaux caudés → partie antérieure du thalamus → retour au lobe frontal) ; et boucles cérébelleuses : cortico-cérébello-thalamo-corticale (boucles partent du lobe frontal pour projeter au niveau du cervelet, puis du cervelet au thalamus et la boucle se referme puisqu'il y a à nouveau projection au niveau du lobe frontal ; ce qui donne boucles au lobe frontal → cervelet → thalamus → retour au lobe frontal).

2. Système thalamo-cortical (comprend des aires fonctionnelles spécialisées reliées par des connexions réciproques. Il s'agit du support anatomique du déroulement des mouvements cérébraux globaux) : connexions corticales sensorielles (partie postérieure du lobe occipital, notamment le cortex visuel primaire V1 qui permet la perception du mouvement, et l’aire spécialisée dans la perception des couleurs), connexions corticales motrices (aires qui sont spécialisées dans des gestes manuels bien définis), connexions inter-hémisphériques (corps calleux contient des connexions qui relient des aires spécialisées semblables dans les deux hémisphères), connexions thalamo-corticales (relient le thalamus aux aires sensorielles primaires), et connexions thalamiques (noyau réticulé, relient les noyaux du thalamus [noyaux sensoriels, visuels, kinesthésiques, auditifs et moteurs]).

3. Système de valeur (sert à moduler le marquage synaptique entre états globaux d'activations successives).

 

L'exécution du geste se passe en trois temps : activation du neurone inhibiteur de la boucle motrice, inhibition du neurone inhibiteur tonique, le neurone excitateur est donc désinhibé et par voie de conséquence, le cortex moteur peut déclencher le geste. Pour résumer l'exécution du geste suppose l'inhibition ponctuelle d'une inhibition tonique.

Dans le cas d'une perception de forme abstraite il y a une augmentation modérée et progressive de l'activité nerveuse. Il n'y a aucune stimulation simultanée de différentes aires. Dans le cas d'une perception de forme connue il y a une augmentation importante sous forme d'activations simultanées d'aires fronto-temporo-pariétales.

La répétition ainsi qu'une nouveauté du geste sont nécessaires pour qu'il y ait modification de l'organisation corticale. L'adaptation gestuelle à la nouveauté de la situation modifie l'organisation corticale.

L'acquisition d'une habilité motrice modifie l'organisation corticale chez l'humain. La stimulation mentale entraine aussi une modification de l'organisation corticale ainsi qu'une ré-acquisition de l'habilité motrice perdue, suite à une greffe par exemple. Cette modification est possible grâce à la mise en place de systèmes de valeur.

Il y a des variations de la diffusion de neuro-modulateurs en fonction de la dimension adaptative et émotionnelle de la situation vécue. La conséquence de cette modulation est une modulation du marquage synaptique.

 

3 cerveaux emboités les uns dans les autres. Le cerveau du présent (cerveau reptilien contrôlant l’exécution des comportements, maintenant l’homéostasie et mettant en activité le système nerveux autonome et les réflexes innées, mais n’a pas d’apprentissage), est emboité dans le cerveau du passé (cerveau des mammifères inférieurs contrôlant la mémoire des comportements, augmentation du nombre de connexions du système thalamo-cortical et apparition de l’hippocampe/amygdale, amenant 2 adaptations [assouvissement d’un besoin et fuite d’un danger ou lutte]), lui-même emboité dans le cerveau du futur, (cerveau spécifiquement humain permettant une anticipation des comportements, augmentation du nombre de connexions du système thalamo-cortical, passage par 3 évolutions [station debout, langage, imagerie motrice]). En résumé, le cerveau du présent (exécution) est emboité dans le cerveau du passé (mémoire) qui lui-même est emboité dans le cerveau du futur (anticipation).

Une mise en jeu répétée du système inhibiteur de l’action est à l’origine de pathologies que l'on retrouve aussi bien chez l'humain que chez le rat : dépression, hypertension artérielle, ulcère d’estomac, cancer, etc. Une des solutions pour palier aux effets d'une activation prolongée de ce système c'est la fuite dans l’imaginaire permise par l’anticipation volontaire rendue possible grâce au cerveau du futur.

La glycémie (taux de sucre dans le sang) : une baisse de la glycémie s’accompagne d’activations du noyau latéral dans l’hypothalamus.

L’appétit sexuel (libido) : s’accompagne d’activations du noyau ventro-médian chez la femme et du noyau pré-optique médian chez l’homme.

Le faisceau de la récompense passe par l’hippocampe, alors que le faisceau de la punition passe par l’amygdale. La dopamine et noradrénaline sont engagées pour le faisceau de la récompense comme principal médiateur chimique alors que pour celui de la punition c'est l'acétylcholine.

Le geste est créateur de connaissance. La connaissance est la trace du geste dans le cerveau. Pas de différence entre ce qui crée et ce qui est créé (autopoïèse cérébrale permanente).

 

II. Sémantique adaptative.

 

Il y a une représentation qui est créée à partir d'un stimulus. Cette dernière sera conservée en MLT et sera associée à d'autres représentations. Les réseaux sémantiques permettent d'avoir une représentation du monde avec lequel on interagit. Il s'agit d'un apprentissage à long terme et stocké en MLT, ce n'est pas quelque chose d'inné.

On va changer notre façon de percevoir les choses pour adapter notre cognition à notre environnement.

Une représentation mentale activée sera plus facile à traiter et traitée plus rapidement.

Quand les deux mots sont reliés, le mot cible sera déjà activé par le mot amorce avant même qu'il soit présenté. La simple présentation du mot amorce permet donc l'activation du réseau sémantique qui contient de mot cible.

On a une structure stockée en MLT avec des processus de propagations de type MDT. Dans ce genre de modèle il n'y a pas une distinction nette entre MLT et MDT : c'est la même mémoire qui change de fonction.

La propagation d'activation est automatique, irrépressible, rapide et inconsciente. Inhibition et activation dépendent aussi de différents mécanismes d'attente. L'activation sémantique dépend de la force d'association. Le traitement d'un mot n'est pas neutre.

Plus la distance lexicale est courte, plus le temps entre le traitement des deux mots est court, et plus leur cooccurrence temporelle en mémoire est forte.

L’apprentissage de l’environnement général peut se faire de 2 façons : conditionnement type pavlovien (apprentissage associatif direct et apprentissage par similarité sémantique) et apprentissage neuronal associatif.

Le processus d'amorçage sémantique active les connaissances en mémoire de manière probabiliste.

L'onset dépend directement de la force associative : les mots plus fortement associés sont activés en premier.

Il y a une voie privilégiée qui va du cortex occipital, activé par l'information visuelle, aux aires temporales médianes. Cette connexion permet la représentation

Dans l'hémisphère droit il n'y a pas de différenciation entre les associés forts et faibles et il propose une propagation diffuse de l'activation. Il permet la contextualisation. Au contraire, l'hémisphère gauche, propose une activation très focalisée sur le sens. On parle aussi de fonctionnement analytique de l'hémisphère gauche : il va se représenter un mot de la manière la plus exacte possible. Cela permet le raisonnement, etc.

Représenter le sens d'un mot ne correspond pas seulement à l'activation de ses associés, mais il faut qu'il y ait augmentation de son contraste avec le sens des autres mots. Pour cela il faut activer ses associés, mais pas de manière trop étendue.

On ne peut pas représenter les choses en fonction du contexte, sinon on perd la réelle représentation de la chose. Il faut donc d'abord le sens général et réel d'une représentation pour ensuite l'associer à un contexte, et non l'inverse.

L'inconvénient de l'anticipation est que cette préparation anticipée risque de commettre des erreurs sur le futur car c'est un calcul de probabilités. On ne peut donc pas être sur que les activations que l'on met en place soient correctes vis à vis du contexte.

Le sens des mots évolue donc à l'échelle de quelques ms en fonction de la liste de mots présentée. Ce qui est donc important c'est de représenter le sens d'un flux d'information et non le sens d'un mot à un temps t. On représente le sens de ce flux pour pouvoir sélectionner ce qui est pertinent de ce qui ne l'est pas dans un flux d'informations.

 

Le niveau de stress généré dépend de la difficulté de la tache : plus la tache est simple et plus le niveau de stress optimum est élevé. Une tache complexe nécessite un état d'éveil émotionnel bien plus faible qu'une tache moyenne ou simple. Cela est du au fait que le stress modifie le fonctionnement cognitif et donc devrait avoir une influence sur le réseau sémantique chez l'homme.

Les études chez le rat ont montré que les émotions ont un impact sur tous les traitements cognitifs, même les plus simples. Les premiers travaux expérimentaux chez l'homme ont montré que l'amorçage sémantique dépend de l'état émotionnel.

L'activité des aires sous-corticales dans le traitement des émotions va influencer le fonctionnement du cortex. La dopamine au niveau du cortex ne va pas augmenter l'activation du cortex, mais elle va moduler leur seuil d'excitabilité : ces aires seront plus ou moins excitables en fonction de la quantité de dopamine qui va arriver au cortex.

Plus il y a de dopamine dans le cortex et plus l'activation va se propager loin et inversement, de plus moins il y a de dopamine au niveau sous-cortical et plus il y en a au niveau cortical. Si la dopamine reste au niveau sous-cortical, intégrée dans le circuit de la récompense, il y en aura moins dans le cortex et donc il y a plus d'activation dans le cortex qui se propage plus et plus loin. Inversement, en cas d'émotion négative, générée par un sur-stress par exemple, il y a plus de dopamine dans le cortex qu'au niveau sous-cortical et donc la propagation de l'information est moins importante, expliquant ainsi la chute de l'amorçage sémantique.

Lorsque le taux de dopamine corticale est augmentée, l'amorçage sémantique indirecte disparait et seul demeure l'amorçage sémantique directe : l'activation est donc très focalisée. Cela correspond à peu près à ce qui se passe dans l'hémisphère gauche, qui activait les associés indirects de manière beaucoup plus lente que l'hémisphère droit.

Activer uniquement les associés les plus forts revient à activer ce qui va se passer de manière plus probable dans notre environnement.

L'émotion détermine le mode d'activation sémantique sur la base des connaissances (représentations ou anticipation). Il y a donc une influence sur les processus de jugement.

Si on est d'humeur plutôt positive, on va avoir plus d'activations qui se propagent au niveau sémantique, si au contraire on est plus d'humeur négative, les activations seront moindres. Cela explique le fait que la représentation du sens soit légèrement modulée en fonction de l'émotion ressentie.

L'état émotionnel influence donc le traitement des connaissances et l'identification des émotions qui y sont associées. Les traitements sémantiques nous permettent donc d'identifier ce qui nous arrive. L'interprétation que l'on fait de ces événements va dépendre du type d'état émotionnel.

Les sujets mettent en place des stratégies qui varient en fonction de l'émotion ressentie. Si elle est positive, c'est une stratégie anticipatrice, rapide, superficielle, tenant plus compte des buts que des événements extérieurs. Si elle est négative, les stratégies sont plus représentationnelles, analytiques, lentes et tenant plus compte des événements extérieurs que des buts.

Connaitre la taille du champ sémantique de l'amorce ne permet pas de constituer un réseau sémantique. Il est nécessaire de déterminer sa structure : définir l'interconnectivité entre les différents mots cibles et amorces. Les associations entre un amorce et ces mots cibles n'est pas forcément réciproque.

Pour comprendre comment le cerveau recherche les informations dans le réseau sémantique, il est nécessaire d'avoir un algorithme qui explique la façon dont toutes les activations se propagent dans le réseau.

Les pourcentages, issus de la division entre tous les associés du score associé au mot, permettent de mesurer la structure du réseau sémantique. Ce qui permet de mesurer l'activation des associés c'est avant tout l'effet d'amorçage, ainsi que les scores attribués à chaque mot.

 

III. Neuropsychologie.

 

Le début du 19ème siècle est la période de la première rupture avec la période « ascientifique ». On peut attribuer cette rupture au fait que Gall propose que le cerveau humain n'est pas un organe unitaire, mais un assemblage d'organes, chacun constituant le substrat matériel d'une capacité cognitive spécifique ou d'un trait de la personnalité.

C'est à Gall particulièrement que l'on doit ces deux contributions majeures : diviser l'esprit en différentes facultés mentales, et faire des hypothèses sur le fractionnement du cerveau.

Une lésion au niveau du cortex frontal ventromédian peut conduire à des comportements sociaux anormaux, des difficultés de prise de décision et de planification. Les fonctions exécutives seraient donc sous-tendues par le cortex frontal.

Le centre des images auditives des mots se situe dans le gyrus temporal, dans l'hémisphère droit.

La dissipation de diachisis constitue un des mécanismes sous-jacents à la récupération fonctionnelle.

Reprise du fonctionnement neuronale : zone de pénombre (zone qui subit une modification), inhibition du diachisis, intérêt pour la neuro-stimulation.

Reprise de fonction par une autre zone ou une autre voie cérébrale : aires déjà impliquées dans la fonction ou zones homologues de l’autre hémisphère.

Régénerescence ou multiplication cellulaire : y compris à l'âge adulte, ou avancé dans l'âge adulte, et pour lesquelles le rôle dans la récupération fonctionnelle n'est pas établie.

Le paradigme fondamental est défini selon deux points de vue : cognitif (dissociation simple, simple inverse et double dissociation, indépendance entre 2 systèmes), et localisationniste (dissociation des fonctions dans le cerveau).

Critères énoncés par Shallice, 3 types de dissociations : dissociation classique (« la tache I est réalisée au même niveau qu’avant le début de la maladie » et la tache II est « très inferieure et bien au-dessous de la moyenne »), dissociation forte (« aucune tache n’est réussie a un niveau normal, mais la tache I est beaucoup mieux réussie que la tache II »), et tendance à la dissociation (la tache I est de façon significative mieux réalisée que la tache II mais les « niveaux de performances ne sont pas qualitativement dissemblables »). Ces critères manquent de rigueur et ne sont pas opérationnels. Crawford, Garthwaite et Gray proposent des critères opérationnels pour établir l'existence de déficits et de dissociations. La dissociation classique peut donc être employée lorsqu'un patient : présente un déficit dans la tache x, obtient des scores dans les limites de la normale à la tache y, et s'il existe une différence significative entre les performances aux deux taches.

 

Premiers liens cerveau-psychisme dès l’antiquité.

Jusqu’au 18ème siècle, la théorie de l’axe médian domine.

Gall : « analyser » l’intelligence en facultés et « diviser » le cortex.

Dax : lien côté de la blessure à la tête et trouble du langage.

Bouillaud : troubles du langage et rôle des « lobules antérieurs » ; démarche scientifique. Pour déterminer où siège le langage articulé, la parole, on a besoin d’arguments positifs (la perte ou l'altération de la parole lors de lésions des parties antérieures du cerveau) et de preuves négatives (il y a conservation de la parole lorsque les lésions épargnent ces zones antérieures).

Broca : relation entre troubles observés du vivant du patient et des lésions cérébrales constatées à l’autopsie ; (1) intégrité 3ème circonvolution frontale / parole, puis (2) asymétrie des lésions.

→ 2 idées nouvelles : localisation du langage dans le cerveau et asymétrie fonctionnelle des hémisphères cérébraux.

En 1870 est reconnue la dominance de l'hémisphère gauche en ce qui concerne les troubles du langage oral.

Baillarger : ce qui est aboli est l'usage volontaire du langage, les aspects automatiques sont souvent préservés. Chez les aphasiques le trouble concerne le choix et l'articulation opportune des mots voulus. Les patients ont perdu les incitations motrices et volontaires → perte du langage propositionnel.

Wernicke : oppose aphasie de Broca et de Wernicke, et suppose l’existence de l’aphasie de conduction. Propose le 1er modèle associationniste-localisationniste du langage.

Lichtheim : recense sept types d'aphasies consécutives à une destruction sélective de certains centres cérébraux. Cette classification est encore en vigueur de nos jours.

John Jackson : si lésion de l'hémisphère gauche : troubles du langage. Si lésion de l'hémisphère droit : troubles du traitement mental de la reconnaissance des lieux, des visages, etc. Jackson va proposer que chez les patients ayant subit une lésion cérébrale, les troubles sont causés par une régression, une réversion, dans l'évolution (s’appuie sur Darwin).

Von Monakov : invente le terme de diachisis.

Fin du 19ème siècle on commence à s’intéresser à l’hémisphère droit.

Vignolo : crée la neuropsychologie expérimentale.

Osler : invente le terme de neuropsychologie.

Costa : neuropsychologie clinique en tant que spécialité professionnelle.

 

Critiques :

Pierre Flourens : le cerveau est un organe d’ensemble.

Sigmund Freud : le substrat cérébral de la parole doit être conçu comme une aire corticale continue dans l’hémisphère gauche.

Pierre Marie : nie l’existence des centres d’image et critique le schématisme des théories de l’époque.

Karl Lashley : on ne peut opérer de distinction fonctionnelle, le trouble dépend de l’étendue de la lésion et non du territoire cortical détruit.

 

Orienter son attention suppose 3 étapes : désengagement de la cible actuelle (lobe pariétal supérieur), déplacement vers une nouvelle cible (colliculi supérieurs), réengagement (pulvinar).

Une orientation de l’attention peut être : exogène (rapide automatique, souvent involontaire et guidée par les évènements extérieurs), endogène (plus lente, volontaire et dirigée par le sujet).

L'attention traite de manière différente les stimuli : exogène (indice périphérique), endogène (indice symbolique central).

L’attention endogène intervient plus tardivement et peut être soutenue plus longtemps. En ce qui concerne l’orientation exogène vers une localisation c’est rapide, précoce et limitée dans le temps.

Orienter l'attention vers un objet dans l’espace revient à simuler mentalement et inconsciemment un geste d’interaction (manuelle, oculaire, etc.) vers cet objet.

L'attention pré-motrice met en jeu un système de boucles fronto-pariétales. Dans un premier temps il y a une préparation d'interaction avec cet objet. Du cortex frontal on projette au niveau du cortex pariétal qui identifie les objets compatibles et donc qui renvoie l'information au cortex frontal pour qu'il y ait exécution du geste.

 

IV. Neuropsychologie du langage.

 

Les différents aspects du langage sont sous-tendus par des structures de neurones distribués dans des régions particulières du cerveau, impliqués dans les différents niveaux de traitements.

Pour que le langage soit fonctionnel, il faut que les images verbales, représentations élaborées dans l'aire de Wernicke, soient misent en relation avec les représentations verbales, stockées dans l'aire de Broca.

L'information est perçue par le cortex auditif primaire → aire de Wernicke → le faisceau arqué transmet l'information à l'aire de Broca → cortex moteur.

Concernant la lecture à voix haute, l'information part du cortex visuel primaire → gyrus angulaire et l'aire de Wernicke → le faisceau arqué transmet l'information à l'aire de Broca → cortex moteur pour que les neurones pyramidaux envoient des impulsions aux muscles de la langue et des lèvres permettant la production de la parole.

Aujourd'hui, en neuropsychologie on est entrain de reconsidérer les symptômes en incluant le fait qu'il ne suffit pas d'une lésion corticale pour qu'il y ait aphasie, mais il faut aussi une interruption entre deux structures de neurones corticaux.

La conception de la neuropsychologie actuelle c'est qu'il n'y a pas de centre du langage dans le cerveau. On sait maintenant que l'activité du langage est sous-tendue par l'activité des réseaux de neurones distribués dans des régions particulières du cerveau.

 

Broca : relation entre troubles observés du vivant du patient et des lésions cérébrales constatées à l’autopsie ; (1) intégrité 3ème circonvolution frontale / parole, puis (2) asymétrie des lésions. 2 idées nouvelles : localisation du langage dans le cerveau et asymétrie fonctionnelle des hémisphères cérébraux.

Wernicke : oppose aphasie de Broca et de Wernicke, et suppose l’existence de l’aphasie de conduction. Propose le 1er modèle associationniste-localisationniste du langage.

Lichtheim : recense sept types d'aphasies consécutives à une destruction sélective de certains centres cérébraux. Cette classification est encore en vigueur de nos jours.

Henry Head : première batterie d’aphasologie. 4 principales variétés cliniques d'aphasie : verbale, nominale, syntaxique et sémantique.

Théophile Alajouanine : inaugure l'ère linguistique de l’aphasie. Fonde le premier centre d'étude et de rééducation du langage à la Salpêtrière.

Norman Geschwind : crée modèle Geschwind-Wernicke.

Penfield : invente la craniotomie et établit une cartographie sensorielle du cortex.

Dans les années 1980, il y a la mise au point de la neuro-imagerie.

 

Le point de vue cognitif en neuropsychologie suppose d’adopter 3 principes : modularité (une fonction cognitive, conçue comme un système complexe de traitement de l'information, est décomposable en sous-systèmes, en modules, ayant une certaine autonomie fonctionnelle), transparence (les performances observées chez un cérébrolésé particulier peuvent être interprétées comme la résultante d'un traitement normal amputé d'un ou plusieurs modules), fractionnement (une lésion cérébrale peut entraîner la perturbation d'un seul module, épargnant les autres composantes de l'architecture fonctionnelle).

Pour le stockage à long terme on va parler de lexique alors que pour le stockage à court terme, on parle de buffer, avec l'idée de mémoire tampon.

Il faut faire la distinction entre le trouble, qui est une manifestation de surface et le déficit qui se passe dans la composante de traitement de l'information. De plus, un même trouble peut avoir des causes différentes, peut être occasionné par des mécanismes sous-jacents différents.

Activités qui recrutent obligatoirement le LPS (lexique phonologique de sortie) : répétition de mots, dénomination orale d’images, lecture à voix haute de mots, production spontanée.

Si déficit sélectif du LPS : perturbées (répétition de mots, dénomination orale d’images, lecture à voix haute de mots, production spontanée), épargnées (lecture de non mots, dénomination écrite d’images, écriture sous dictée).

Les stratégies thérapeutiques pour l’anomie : dans le cas de la perte de représentation, on passe par un réapprentissage ; dans le cas où on perd l'accès aux représentations, il faut employer des méthodes pour faciliter l'accès à ces représentations. Pour cela on utilise des techniques d'indiçage.

Les verbes sont acquis plus tardivement que les substantifs. Par conséquent les représentations des verbes sont plus fragiles que les représentations des substantifs et donc sont altérées plus rapidement.

Il y a deux effets principaux de la rééducation : effet d'item spécifique (seuls les items travaillés en rééducation sont améliorés), et généralisation des progrès (à la dénomination d'images à partir d'un traitement basé sur la lecture à voix haute. Le travail en rééducation sensé renforcer l'accès des verbes était un travail de lecture. A partir des ces exercices visant à faire répéter les items posant problème, on renforce leur accès dans le lexique phonologique de sortie).

Les modèles de langage normal : guident l'évaluation, permettent de définir ce sur quoi doit porter la rééducation, donnent des indications quant aux méthodes de rééducation, et permettent d'éprouver la spécificité des effets de la rééducation

L’étude des troubles et des déficits chez les patients permet : de distinguer des composantes et d'élaborer les modèles, et de tester et préciser les modèles.



10/05/2014
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