Cours de psychologie

Résumé

Psychopathologie Clinique de l’Enfant et de l’Adolescent

 

L'objet de la pulsion ne sera jamais atteint, on sera toujours insatisfait. C'est grâce à cela que le psychisme fonctionne : car on n'arrive pas à atteindre la pleine satisfaction, ni l'objet de la pulsion qui est à jamais perdu.

Le psychisme humain est l'objet de quelque chose qui fantastiquement l'a quitté, le sujet fantasme un objet qui a été amputé de son corps. Le sujet commence à fantasmer à partir de sa naissance. La perte originelle propulse le sujet vers une quête désirante de retrouver l'objet. C'est cette quête qui permet la mise en place de l'être humain, bâti sur du manque : permet la mise en place du psychisme.

La conscience est éphémère, elle doit se renouveler constamment. Sinon on parle de trauma. Lors du traumatisme, l'idée ne nous quitte pas. La conscience se nourrit dans les souvenirs. Dès que l'on pense à une chose, l'autre disparait. Les signifiants se bousculent les uns les autres. L'inconscience se nourrit des souvenirs, dans les refoulés secondaires.

A la naissance, l'homme est dans le besoin (de manger, de respirer). Cette phase ne va pas durer longtemps et de ce besoin va naitre le désir, selon Lacan. L'être humain devient rapidement un être de désir. On va satisfaire un besoin pour retrouver une trace perdue : trace pulsionnelle derrière laquelle on court mais qui est à jamais perdu. Le trajet pulsionnel qu'on va faire est un trajet qu'on appelle le désir : il nait du manque de l'objet, c'est un désir de retrouver un objet manquant et non un besoin.

Il y a quatre objets (petit a) qui sont cause du désir : le sein (stade oral), le caca (stade anal), le phallus (stade phallique), la voix et le regard. Ces objets sont à tout jamais perdus, lors de la relation avec la mère. Ils orientent nos choix (amoureux, professionnels...). La pulsion est une pseudo rencontre avec l'objet perdu.

On refoule la représentation privée de l'affect. C'est donc la représentation des mots. L'affect n'est jamais refoulé, ce qu'on refoule c'est la représentation liée de mots. Le refoulé est lié à une expérience agréable ou désagréable. Quand on va se souvenir, quand il y a un retour du refoulé, ça ramènera l'affect qui lui n'est jamais refoulé.

En psychanalyse, la vérité c'est la manière dont le sujet va combiner ses expériences propres pour arriver à un résultat qui apparait pour tout le monde. Dans la relation psychanalytique, ce n'est pas le symptôme qui nous intéresse, mais c'est ce à quoi le symptôme est relié, les conséquences. Soigner un symptôme ne signifie pas que l'on va guérir, c'est accompagner le patient pour l'aider à comprendre.

On a besoin de la parole de l'autre pour venir réparer un défaut ou une blessure ou un doute narcissique. Le « petit autre » sert à valider, authentifier... Selon comment il se structure, comment le sujet est validé ou pas dedans, selon comment il intériorise son image, cela mène au narcissisme. C'est la dynamique du miroir.

Le réel se caractérise par la privation. L'imaginaire se caractérise par la frustration. Le symbolique est caractérisé par la castration. Le symbolique et l'imaginaire sont liés par la haine. Le réel et le symbolique sont liés par l'ignorance. Le réel et l'imaginaire sont liés par l'amour.

C'est dans l'ignorance que Lacan situe le transfert. Si on sait pourquoi on fait un transfert, ce dernier ne marche plus.

Pour Lacan l'émergence du sujet se fait au moment du stade du miroir. Pour lui le sujet est spéculaire. Pour Dolto, le sujet c'est celui de la conception et donc le stade du miroir est un moment de cristallisation de ce sujet. C'est le moment spéculaire de cristallisation du sujet. Pour elle le sujet est pré-spéculaire.

Dolto avancera donc la notion (différente du concept) d'image du corps. Elle va préciser et enrichir cette notion en impliquant une dimension déterminante. Cette dimension, spécifiquement psychanalytique, est le fantasme : c'est ce qui permet de dire qu'il y a du sujet. Le sujet de l'inconscient est une représentation de signifiants. D'emblée, le fantasme peut se loger n'importe où. Lacan l'appelait l'imaginaire. Le sujet est donc lié à son corps par le fantasme.

On ne raconte pas un dessin, c'est l'enfant qui se raconte au travers du dessin. Il s'agit d'un fantasme hors du temps actuel, atemporel, dans une analyse. Dolto dit aussi que « c'est comme ça qu'il faut écouter un dessin ». Il ne s'agit pas de voir un dessin, mais d'écouter un dessin. Dans le cas clinique, il ne faut pas prendre les mots pour des choses.

En supposant que Dolto ne paraît s'attacher qu'à l'interprétation des dessins d'enfants, elle produit une théorie des rapports du sujet au corps. Ce qu'elle avance c'est que le sujet est inatteignable, il n'est que représentation, qu'il n'y a de psychisme que corporéisé. Pour Dolto, l'analyse d'un dessin c'est, avant tout, l'analyse dans le transfert des représentations corporelles des images du corps qu'il contient et pas en dehors du transfert.

L'image du corps représente en quelque sorte, le support psychique imaginaire du sentiment d'unité, elle joue pour l'enfant dans deux registres décrits par Lacan mais à un stade plus tardif : pour Lacan, le sujet apparait au stade du miroir, pour Dolto le sujet est présent dès la naissance. Cette image contient et aliène l'enfant à lui-même.

L'image du corps est à la fois constituée, constituante et se constituant. Elle est édifiée dans le rapport langagier à autrui. Cette image du corps constitue le moyen, le pont de communication interhumaine. C'est ce qui explique à l'inverse que le vivre dans un schéma corporel, sans image du corps, est un vivre muet, solitaire, silencieux, narcissiquement insensible. C'est un vivre qui est aux limites de la détresse humaine.

Dolto va différencier plusieurs aspects de l'image du corps. Ces aspects elle va les décliner en 4 types d'images qui vont venir s'intégrer l'une à l'autre : Image de base (schéma corporel), Image fonctionnelle (sujet en position de désir et en mouvement), Image érogène (organisée autour des zones érogènes), Image dynamique (elle complète cet ensemble par une notion plus abstraite, l'image dynamique qui recouvre les trois autres images et qui représente la dynamique des désirs eux-mêmes). Au cours de son travail sur l'image du corps, Dolto va progressivement nuancer son approche globale de cette notion afin d'en définir différentes modalités. La première distinction qu'elle va introduire, oppose donc une image du corps organique.

Au cours du développement en étayage sur les besoins, le désir s'attache à deux nouveaux modes d'obtention du plaisir. Selon Lacan, « du besoin nait le désir ». Il ne faut pas cliver désir et besoin. Le corps c'est différent de l'organisme, c'est une fiction, c'est une virtualité. Il n'a rien à voir avec le soma, les organes et les membres, il n'est pas réservé qu'à l'homme. C'est de l'imaginaire alors que l'organisme est biologique. Le corps du sujet n'est pas localisable, il faut l'entendre comme une fiction sérieuse. Ce qui fait trauma c'est la rencontre avec le réel. Le passage du besoin au désir représente le premier facteur de mutation de l'image du corps.

L'autre facteur de mutation de l'image du corps, c'est qu'en même temps, la valeur du « petit autre » qui se transforme pour le sujet. Selon Dolto, ce n'est pas le sujet qui change mais c'est son orientation par rapport au défilé de ses déterminations symboliques et imaginaires.

Dans les premières années de la vie de l'enfant, besoin et désir sont intriqués autour des zones érogènes. Si rien ne vient en marquer la différence, le sujet peut se trouver enfermé dans le piège de satisfaction répétitive du besoin.

On s'humanise par la violence, en effet le premier affect c'est la haine et non l'amour. Cela est important parce que ça conditionne le lien social. Si rien ne vient marquer une différence, le sujet sera pris dans une satisfaction répétitive : la jouissance avec le même objet. On donne ainsi la possibilité au sujet d'apprendre à refouler. Cet enfant peut s'enfermer dans une image du corps archaïque. C'est cet interdit, posé à certains moments, à la poursuite de la satisfaction avec un même objet et dans les mêmes formes, qui engage la mutation du l'image du corps. Cet interdit, lorsqu'il est posé à différents moment du développement, a toujours, selon Dolto, le sens d'une castration. Elle introduit le terme de castration à des étapes antérieures au complexe œdipien. Donc, cette castration, qu'elle concerne les pulsions orales, anales ou génitales, consiste à donner les moyens à un enfant de faire la différence entre l'imaginaire et la réalité, celle autorisée par la loi.

Pour Freud, au départ, la seule chose qui intéresse le bébé c'est le plaisir. Lorsqu'il n'obtient pas ce plaisir, il crie et il aura tendance à rejeter tout objet source de déplaisir. Comme il y a toujours des objets autour de lui, il va être amené à se lier avec ces objets extérieurs, qui lui procurent de la frustration. Ces objets source de déplaisir vont pousser l'enfant à éprouver de la haine. On va passer d'une opposition entre plaisir et déplaisir à une opposition entre amour et haine.

A partir du moment où l'enfant porte une acceptation, il dit oui à quelque chose, il apprend à dire non. C'est la naissance de l'opposition entre le Moi et le non-Moi.



14/01/2014
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