Cours de psychologie

Représentation sociale (suite)

3. Approche expérimentale :

 

Constat : pour faire face aux situations quotidiennes, et surtout nouvelles, il faut que, relativement à un objet donné, nos représentations sociales et nos pratiques soient en correspondance et en accords.

Transformation : en théorie, ce sont soit les pratiques soit les représentations sociales qui évoluent.

Acquis des recherches :

- Modifications du groupe : une représentation peut changer lorsqu’un groupe change. Ex : fusion de deux entreprises provoque restructuration du groupe et donc induit une modification des représentations sociales.

- Modification des idées et/ou pratiques.

- Mutation sociales irréversibles.

 

Pour qu’il y ait modification du centre il faut donc une modification de la périphérie.

Que se passe-t-il lorsque les informations et les pratiques sont en contradiction avec les représentations sociales ? Si on peut on va rejeter. Le rejet est facilité par le peu d’importance qu’on accorde aux informations ou par le fait qu’on les considère non durables dans le temps. Lorsque le rejet n’est pas possible, il va y avoir une transformation de la représentation sociale. Il y a plusieurs types de transformations :

- Transformation « progressive » :

+ Travaux de Grimeli sur les pratiques des chasseurs qui s’orientent vers la réinsertion du gibier.

+ Il s’agit d’une transformation qui se fait à partir de pratiques existantes qui ne sont pas contradictoires avec la représentation sociale mais qui était très rares.

+ La transformation progressive consiste à augmenter la fréquence de ces pratiques rares.

+ Il n’y a aucune contradiction. Petit à petit ces pratiques vont se matérialiser dans la périphérie : elle va intégrer des éléments nouveaux liés à ces pratiques.

- Transformation «  résistante » :

+ Elle est résistante parce que les pratiques et les idées qui viennent se confronter à la représentation sont en contradiction avec cette dernière. Cela signifie que pendant un certain temps il va y avoir une résistance à ces pratiques. Comme ces pratiques sont irréversibles et répétées, la représentation va se transformer.

+ On peut donc luter pendant un certain temps mais pas indéfiniment : la représentation fini par changer. Il s’agit d’une sorte d’attaque contre la périphérie de la représentation. On voit apparaitre dans la périphérie des schèmes qui vont se regrouper : la périphérie va lutter en phagocytant les schèmes étranges et va donner lieu à des raisonnements contradictoires.

+ Les schèmes étranges sont composés d’un élément normal contenu dans le système périphérique va s’associer à un élément étranger. Vont apparaitre deux autres éléments : celui qui pointe la contradiction et celui qui explique la contradiction, qui rationnalise.

- Transformation « brutale » :

+ Jamais observée par les chercheurs.

+ Mutation qui concerne directement les éléments qui forment le cœur des représentations.

+ Peut se produire du jour au lendemain.

+ Transformation brutale : schème étrange (Domo, 1982) :

. Rappel du normal : Grenier à mil protégé par ancêtres.

. Désignation de l’élément étranger : Riz.

. Affirmation d’une contradiction : Pas trop de riz dans grenier à mil.

. Rationalisation de la contradiction : Sinon il explose.


 

a. Quelques expériences :

 

Evocations libres ou associations de termes à un introducteur :

 

Ex : A quoi vous fait penser le terme de « … », citez 5 à 8 mots ou groupes de mots.

Etude des mots associés à l’inducteur : analyse prototypique et catégorielle (Verges, 1992). On considère que les mots ou groupes de mots qui reviennent souvent sont ceux importants pour la société. L’analyse prototypique consiste à faire un calcul de croisement entre la fréquence d’apparition d’un mot et son rang moyen d’apparition (localisation dans la liste des mots énoncés).

 

 

On croise la fréquence (forte ou faible) avec le rang moyen (faible = en début de liste/fort = en fin de liste).

Les éléments de la zone centrale sont ceux qui sont fréquemment cités et apparaissent au début des évocations des personnes.

Il y a un cas ou les mots sont souvent cités (fréquence forte) mais ils sont mis à la fin de la liste (rang moyen élevé). C'est la première périphérie.

Les éléments qui n'apparaissent pas souvent et en fin de liste = deuxième périphérie.

Enfin, zone contrastée, ambiguë : éléments apparaissent en début de liste, mais chez peu de personne. Il est possible que dans un groupe il y ait un sous groupe qui explique cela.

On s'attache surtout à la zone centrale mais ça peut avoir un intérêt d'avoir une distinction de la périphérie car ça modélise bien la modification progressive.

 

Liens entre plusieurs objets de représentation : l’activité professionnelle :

 

Expérience : auprès de chômeurs de longue durée et de militaires en reconversion (Laporte & Cossais, 1999-200).

Leur idée est que sous les différents synonymes du mot « boulot » il y a des représentations différentes.

Etude pertinente car à la fin des années ’90, certains secteurs d’activité étaient de manque de travailleurs tandis que d’autres regorgeaient de demandeurs d’emplois. Ils sont partis de l’idée que quelque chose ne correspondait pas : il y avait une discordance entre salariés/chômeurs et les boites souhaitant employer.

 

Les termes que l’on emploie pour désigner l’activité professionnelle, ne recouvrent pas la même chose, elles n’ont donc pas la même représentation.

Dans cette expérience, les questionnaires diffèrent sur les différents mots pour désigner l’activité professionnelle. Soit avec le mot :

- Emploi.

- Travail.

- Métier.

Ils vont interroger les demandeurs d’emplois depuis un certain temps et ceux qui sont en reconversion professionnel. Ils veulent déterminer si les représentations sociales de ces individus sont différentes que celles des individus salariés. Il y a donc trois groupes :

- Demandeurs d’emploi de longue durée.

- Individus en reconversion professionnelle.

- Groupe contrôle : salariés.

Recherche menée dans deux structures :

- CEDIS : centre départementale pour l’insertion sociale, centre qui aide les chômeurs de longue durée.

- L’armée : reconversion de personnel en fin de carrière.

Hypothèse : les termes employés pour la désigner ne recouvrent pas la même chose pour l’individu interrogé en fonction du groupe auquel il appartient.

Les paris sont :

- Est-ce qu’il existe une représentation sociale du travail ?

- Ils supposent l’existence de trois représentations sociales différentes : travail, emploi et métier.

 

Résultats :

En fonction du mot que l’on emploie, on n’aura pas la même représentation.

- Pour le mot « travail » :

+ Salaire + contraintes + horaires.

+ Militaires : obligations + fatigue + entreprises.

+ Chômeurs : relations humaines + évolution + bien être.

- Pour le mot « emploi » :

+ Salaire + entreprise + horaires.

+ Militaire : stabilité + entreprise + métier.

+ Chômeurs : sécurité + loisirs + chômage.

- Pour le mot « métier » :

+ Compétences, art, artisanat, savoir-faire, accès à l’emploi.

+ Militaire : accès à l’emploi + reconnaissance + formation + expérience + plaisir.

+ Chômeurs : salaire, apprentissage, épanouissement.

 

 

C’est le mot « métier » qui a la meilleure RS.

Dans tous les cas, il leur manque l’idée de la production.

 

 

Pas de représentation réaliste de l’emploi chez les deux groupes car il y a l’absence de la notion d’échange : travail pour argent. Ils ont l’image de l’objet qu’est le métier pour s’épanouir, tandis que le travail et l’emploi sont défavorisés : ont en commun salaire, horaires travail. C’est donc normal qu’ils ne trouvent pas un travail puisqu’ils cherchent un métier.

L’activité professionnelle a été idéalisée et les individus se sont détachés de la réalité. Par conséquent avec une conception du travail comme un métier, il était difficile/impossible de trouver un nouveau travail.

 

Thème : « L’influence des médias sur les jugements (attributions) et les représentations sociales » :

 

Le lecteur va-t-il aller sur la piste terroriste ? On va regarder le poids des médias sur les gens, dans leurs représentations et au long terme sur leurs explications données par rapport aux éventuelles causes de l’explosion.

 

Terrorisme = connotation négative et évolue en fonction des populations.

Deux étapes :

- Etape 1 : étude longitudinale d’un même objet : évolution/transformation. Deux études : 2004 (584 sujets) et 2008 (574 sujets).

- Etape 2 : étude conjointe de divers objets possiblement reliés entre eux (macrostructures représentationnelles ?), ex : Islam, associé à fanatisme, islamisme, intégrisme.

Etant donné l’étique et les nécessités déontologiques ne permettra pas de mesurer n’importe quoi, notamment lors de situations angoissantes pour les personnes. On va donc travailler avec des objets qui au départ sont des objets inoffensifs sur le plan émotionnel (pas d’émotions négatives très fortes).

 

Rappels du scénario : « …une forte explosion … dans grosse usine de matériel informatique équipant l’aviation civile et militaire Britannique et Européenne. …banlieue très urbanisée ... détruit la totalité de l’usine, ébranlé les immeubles d’habitation du quartier... on dénombre 47 morts et au moins 250 blessés… la police ne fait état d’aucune revendication mais a procédé sur place à des arrestation … 2 britanniques (un jeune déjà fiché … pour implication dans une affaire de crime, et un quadragénaire qui n’a pu justifier sa présence sur les lieux), un Africain en situation illégale inconnu de la police, un arabe fréquentant une mosquée du quartier… connue pour les prêches propagandistes de son Imam…. des perquisitions devraient avoir lieu dans l’entourage des suspects, cependant, les enquêteurs ne privilégient pour l’instant aucune thèse et explorent toutes les pistes, y compris celle de l’accident (…). ».

 

Variations :

- Scénario classique d’étude des situations critiques.

- Insertion d’une variation dans l’étiquetage de l’un des suspects (V.I) : « Arabe » vs « Islamiste » VS « Musulman ».

- Lien avec l’expression sociale et médiatique du terrorisme.

Travail collectif : annulation mentale :

- Q.1 : indiquez les 4 faits pouvant changer le cours des choses.

- Q.2 : choisir des éléments pouvant expliquer l’événement.

- Q.3 : scénario type rapport de police (avec conclusion).

 

Résultats :

 

 

Questionnaire individuel :

1) Eléments les plus importants pour l’enquête.

2) Evaluation de diverses pistes (11).

3) Ce qui oriente les soupçons pour chaque suspect.

4) L’individu qui est le meilleur coupable.

5) Nature de l’événement.

 


 

Conclusions :

- Incohérences et absence de rapport entre les items de Q2 retenus et les 2 premiers termes qualifiant l’un des suspects.

- Cohérence entre les impressions de départ (réponses à Q2) et l’utilisation du 3° terme.

On retient les éléments qui expliquent le mieux le fait (30%).

Les résultats reposent sur notre première impression.

 

b. Cadre théorique et méthodologique :

 

Permet de suivre toujours les mêmes étapes pour aboutir à la transformation d’une représentation.

La théorie du noyau central : concerne essentiellement les éléments centraux et périphériques de représentation.

 

On utilise des méthodes d’interrogation simples et rapides.

Une analyse de données quantitatives, même si les statistiques ne sont pas très poussées.

A partir de là on va construire un espace épuré mais totalement sous contrôle pour mesurer les transformations des représentations sociales. Il faut épurer et s’efforcer de tout contrôler.

Il faut des objets plus concrets que ceux vus précédemment.

L’attente générale est celle d’un changement immédiat mais peu durable.

Il est évident que pour toutes les manœuvres expérimentales il y a l’ambition qu’un jour on va pouvoir influencer/changer les représentations sociales réelles.

L’objectif du laboratoire est de comprendre tout ce qui peut entrer en jeu dans la mise en place d’une représentation.

 

Voici les questions qui se sont posés au départ :

- Quel contenu des représentations sociales peut-on transformer expérimentalement ? La théorie du noyau centrale nous donne le choix : soit les éléments centraux soit les éléments périphériques. La théorie et les travaux antérieurs on montré que c’est plutôt par le système périphérique qui va se transformer.

- Comment agir sur une représentation sociale pour qu’elle se transforme ? Il y a une sorte d’attaque, de remise en question de la représentation. S’agit-il d’une attaque centrale ou périphérique ?

- Comment procéder pour obtenir cette transformation ? Pour cela il faut mettre en place la manipulation expérimentale optimale.

C’est au travers ces diverses manœuvres que va se mettre en place une théorie, des approches, etc.

Si on obtient des modifications dans le système périphérique on parlera d’évolution de la représentation sociale.

Si on obtient des modifications dans le système central, on parlera de transformation de la représentation. Même en cas de transformation, la modélisation n’est pas prévue comme étant durable.

 

Travail principalement sur des questionnaires, ayant toujours la même forme : liste d’items et on chaque item est associé à une échelle ordinale en X points qui va de « pas du tout » jusqu’à « tout à fait »

Techniques de repérage : l’association à un inducteur, etc.

Techniques d’identification (structure de la représentation sociale) :

- La mise en cause (MEC) (Moliner, 1989) : si on supprime un élément central dans la représentation sociale des personnes, alors la représentation sociale va changer. Sa procédure consiste à contredire un élément central : si la personne est confrontée à un déséquilibre ou dissonance cognitive, et donc face à un état désagréable pour l’individu, ce dernier va chercher par un moyen ou un autre de rétablir l’équilibre. On va faire des hypothèses :

+ S’il y a mise en cause d’un élément central, on va créer un déséquilibre, il est possible que :

. La représentation sociale éclate.

. On exprime l’idée que l’objet n’est pas le bon.

. S’il y a mise en cause d’un élément périphérique il y a peu de changement de la représentation. Il peut y avoir cohabitation d’éléments contradictoires dans la sphère des éléments périphériques.

+ Mise en place de la MEC :

. Pré-enquête : connaitre le contenu de l’objet pour la population (quelle est la représentation que la population a de l’objet. On dispose pour cela d’une liste d’items avec chaque fois une échelle d’évaluation. Quand on analyse les réponses, il suffit de faire une moyenne et on sait tout de suite quels sont les éléments importants et ceux pour lesquels les avis sont partagés.

. Questionnaire de remise en cause avec évaluation de chaque item sur des échelles ordinales. C’est le même questionnaire mais sous forme de critique, sous forme de « cet objet ce n’est pas ça ». En évaluant les items on verra là où il est d’accord avec cette remise en cause.

. Calcul des % de refus pour chaque item.

- L’induction par scénario ambigu (ISA) :

+ On créé un scénario suffisamment ambigu pour pouvoir séparer deux groupes. On termine par une attribution qui consiste à dire pour un groupe qu’il s’agit de l’objet et à l’autre qu’il ne s’agit pas de cet objet. En fonction de la description ils vont choisir un objet plutôt qu’un autre.

+ Mise en place en quatre temps:

. Ensuite on leur passe un questionnaire en leur demandant quelles sont les caractéristiques de l’objet (avec évaluation de chaque item sur des échelles ordinales).

. Pré-enquête.

. Construction du scénario ambigüe. Il s’agit d’un scénario décrivant l’objet de façon ambigüe et sans le nommer.

. Pour terminer le scénario :             

- Groupe 1 : […] Cependant, Solitec n’est pas une entreprise.

- Groupe 2 : […] Solitec est sans doute l’une des entreprises les plus représentatives de son secteur. On active l’objet. Ils devraient donc faire appel aux éléments qui sont importants pour eux dans la représentation de l’entreprise.

 

Etapes d’un protocole expérimental classique :

- Le principe est toujours le même : on attaque quelque chose et on mesure le changement.

- Etapes du protocole expérimental classique :

+ Pré-enquête.

+ 1ère phase :

. Connaissance de la représentation sociale.

. Sélection des éléments à attaquer.

. Mise au point de la manipulation expérimentale.

+ 2ème phase : l’expérimentation :

. Entre la 1ère et 2ème phase on laisse passer minimum 3 semaines puisque durant la 2ème phase on propose quelque chose de très similaire à ce qui a été présenté lors de la 1ère phase.

Comment mesure-t-on le changement de la représentation sociale ?

- Seulement sur les éléments attaqués (étude des modalités de l’attaque).

- Sur la totalité des éléments de la représentation sociale (étude des conséquences de l’attaque).

 

c. Approche expérimentale de la transformation des représentations sociales :

 

Objectif :

- Provoquer expérimentalement une/des modification(s) dans la RS d’un objet. On s’attend du fait de la logique expérimentale, à ce que le changement dans la RS soit effectif et immédiat mais peu durable dans le temps. A long terme, on souhaite parvenir à une application concrète des découvertes expérimentales.

Questions de départ :

- Quel contenu de RS peut-on transformer expérimentalement : Éléments centraux ou périphériques? Comment agir sur une RS pour qu’elle se transforme : Attaque centrale ou périphérique ? Comment procéder pour obtenir cette transformation : Manipulation expérimentale optimale ?

Règle de base :

- Si on obtient des modifications dans le système périphérique, on parlera d’évolution de la RS. Si on obtient des modifications dans le système central, on parlera de transformation de la RS.

Méthodologies :

- Propres à la théorie du noyau central (Questionnaires, Choix multiples, Associations à un inducteur…) + Procédure expérimentale (Mise en place d’un protocole et détermination des variables).

 

Etapes d’un protocole expérimental classique :

- Pré-enquête : exploration de la RS de l’objet (entretiens), puis conception d’un questionnaire de représentation destiné à l’expérimentation proprement dite.

- Expérimentation en 3 étapes :

+ Etape 1 : Connaissance de la RS :

. Questionnaire issu de la pré-enquête (connaissance des EC et EP).

. Sélection des éléments à « attaquer » dans la manipulation expérimentale.

. Montage de l’expérience.

+ Etape 2 : expérimentation et mesure du changement :

. Exposition des sujets à la contradiction d’un ou plusieurs éléments de la RS (Même population qu’en étape 1, Se déroule 2-3 semaines après l’étape 1).

. Mesure de la transformation immédiate de la RS (Passation du même questionnaire qu’à l’étape 1).

+ Etape 3 : nouvelle mesure du changement :

. Mesure de la transformation différée de la Représentation (étape facultative) : Se déroule 2-3 semaines après l’étape 2 (Passation du même questionnaire qu’aux étapes 1 et 2).

. On peut mesurer le changement obtenu :

- Seulement sur les éléments «attaqués» (étude des modalités de «l’attaque»).

- Sur la totalité des éléments de la RS (étude des conséquences de «l’attaque»).

 

Exemple de mesure des seuls éléments attaqués : (Mugny, Moliner et Flament, 1997).

 

 

Mesure de tous les éléments de la RS :

 

Etude des conséquences de l’attaque.

EC : Système central. Système périphérique.

EP : Système central Système périphérique.

Choisir un ou plusieurs EC versus EP ?

Choisir en fonction de la force des liens entre EC et EP ?

 

Manipulations expérimentales possibles :

 

Travailler sur les communications, lieu d’élaboration des RS. On utilise alors les théories de l’influence sociale.

La manipulation expérimentale peut porter :

- Sur le message (contradiction d’1 ou plusieurs EC vs EP).

- Sur la source du message (personne crédible ou non, nombre de personnes….).

 

 

Travailler sur les pratiques qui sont en interaction avec les RS. On utilise alors des actes engageants (cf. Théorie de l’engagement : Kiesler, 1971).

L’engagement c’est :

- Le « Lien qui unit l’individu à ses actes comportementaux » (Kiesler et Sakumura, 1966).

- « L’engagement correspond, dans une situation donnée, aux conditions dans lesquelles la réalisation d’un acte ne peut être imputable qu’à celui qui l’a réalisé » (Joulé et Beauvois, 1998).

La stratégie de l’engagement c’est :

- Acte engageant = réalisation « en toute liberté » d’un comportement contraire à nos convictions ou nos attitudes.

- Contradiction liée à l’acte accompli : mise en place d’un processus de rationalisation ou de réduction de la dissonance.

- Alignement des convictions et attitudes sur l’acte accompli et non l’inverse.

Différentes stratégies d’engagement existent. Par exemple :

- Pied dans la porte : requête d’un acte peu coûteux suivi d’un plus coûteux (acte engageant).

- Porte au nez : requête d’un acte extrêmement coûteux suivi d’un moins coûteux (acte engageant).

- Amorçage : décision prise sans disposer de toutes les informations. Persistance de la décision (acte engageant).

Différentes modalités d’engagement existent. Par exemple :

- Engagement public.

- Caractère explicite de l’acte engageant.

- Plusieurs actes (ou plusieurs fois le même acte).

- Acte irrévocable.

- Nombreuses conséquences.

- Acte coûteux.

- Fort sentiment de liberté.

Exemple d’étude : Les économies d’énergie (Joule & Beauvois, 1998). Protocole mis en place :

1/ Pied dans la porte (entretien de 10 minutes + acceptation d’une réunion).

2/ Amorçage : obtention de décisions collectives engageantes.

3/ Engrenage : nouvelle requête de poursuite de l’acte engageant.

 

 

IV. TD 1 : attribution causale.

 

 

Lorsque l’on voit ses objets inanimés, non-vivant on infère automatiquement des états mentaux : pensées, désirs, sentiments, personnalités, croyances, buts et intentions.

Naturel de décrire les actions en termes de désirs, intentions et états affectifs.

→ Concepts invisibles à l’œil mais on sait qu’ils existent car nous les avons…

 

Rappel théories attribution : Heider & Simmel (1944)  Vidéo : Attribution automatique d’états mentaux à des formes géométriques… Mouvements aléatoires.

- Quarante-neuf participants sur cinquante décrivirent le mouvement des points comme si ceux-ci avaient des intentions.

- Décrites comme : « Se suivant », « Se poursuivant », « Se repoussant »

 

1. La théorie de l’attribution selon Heider (1958) :

 

Changement révolutionnaire d’un paradigme : passage du behaviourisme à un type de rationalité des années ’50 → on considère que l’homme est un scientifique spontané et naïf.

Heider dit que les gens font des théories naïves. Il croit que les gens créent des modèles, des structures conceptuelles (ce qui va permettre d’expliquer des phénomènes) pour expliquer une variété de comportements. Il parle de la psychologie naïve, de la psychologie quotidienne ou de la psychologie du sens commun : « Nous nous appuierons sur la connaissance non formulée ou à moitié implicite que nous avons des relations interpersonnelles, telles que s’exprime dans notre langage de tous les jours et dans nos expériences quotidiennes, nous l’appellerons le sens commun ou la psychologie naïve. » → Connaissance naïve des relations interpersonnelles.

 

Attribution : processus par lequel les gens expliquent pourquoi quelqu’un fait quelque chose.

Attribution causale : attribution à une cause. Comment font les gens pour expliquer ce qu’ils font et ce qui leur arrive ? Ils font des attributions de cause. Processus par lequel un individu infère (= tirer une cause de : relier un comportement effectue par une personne reliée à une cause) à cause d’un comportement observé.

Pourquoi cherche-t-on les causes des événements ?

- Pour donner un sens aux événements, conduites et interactions.

- Permet d’appréhender la réalité, de prédire le comportement, mais ce n’est pas toujours vrai.

La force des attributions est fonction de leur force, stable ou instable.

Motivations sociales de base :

- On veut comprendre. C’est pour cela qu’on créé des attributions.

- Besoin d’avoir un certain contrôle sur ce qui nous arrive et sur ce qu’on fait :

+ Expérience optimale par Csikszentmihalyi (1990) : The Flow : état subjectif de bien-être intense qui nécessite différentes conditions pour son émergence, dont le sentiment de contrôle de l’action.

+ Psychologie positive : rassemble toutes les théories qui permettent aux individus d’être heureux dans leur vie. On a constaté par des études que le bonheur dépend souvent du contrôle qu’on peut exiger dans les actions.

+ Concept d’impuissance acquise/apprise ou résignation acquise par Seligman : état psychologique qui résulte d’un apprentissage dans lequel le sujet fait l’expérience de son absence de contrôle sur les événements survenant dans son environnement, que ceux-ci soient positifs ou négatifs. La conséquence ultime de cette impuissance apprise est le renoncement, le désespoir et la dépression.

 

Heider différencie deux grandes classes d’attributions :

- Attribution internes ou dispositionnelles : causes liées à la personnalité, aux dispositions internes à l’individu.

- Attributions externes ou situationnelles : causes liées au contexte, aux facteurs externes à l’individu, à la situation.

Ex : on voit un homme qui donne un coup de pied à son chien, on veut interpréter ce geste :

- Le chien a essayé de le mordre → attribution situationnelle.

- Parce que l’homme est agressif → attribution dispositionnelle.

 

On peut dire que les conséquences sont causées par :

- Le hasard : chaotique ou déterminé (dieu) mais pas maitrisable.

- Soi même : auto-attribution, plus ou moins maitrisable.

- Autrui : hétéro-attribution, accidentel donc non maitrisable ou intentionnel donc maitrisable.

La personne arrêtera de faire des attributions causales, lorsque la cause ou l’explication est jugée suffisante pour eux.

 

Heider dit que les individus ont « tendance à plus situer les causes d’un événement dans les personnes que dans l’environnement ». Parce qu’on suppose qu’il y a plus d’invariance, de stabilité dans les personnes que dans l’environnement.

A partir des attributions internes et externes, Ross (1977) a défini l’erreur fondamentale d’attribution : tendance générale à surestimer l’importance des facteurs personnels ou dispositionnels et sous-estimer les facteurs externes ou environnementaux pour expliquer ce qui nous arrive.

 

2. Le modèle de la covariance de Kelley (1967) :

 

On se servirait de trois dimensions d’information pour analyser les causes des situations :

- La différenciation : Joe agressif dans différentes situations ?

- Le consensus : Tout le monde est-il méchant avec ce chien ?

- La consistance : Joe frappe-t-il souvent sont chien ? (action répété).

 

Selon lui, l’individu fonctionne comme un statisticien naïf, il recherchera des informations pertinentes dans l’analyse de la situation, et il dit ensuite si le comportement qu’il observe chez autrui est dû à des dispositions de la personne ou à des caractéristiques de la situation.

Ici on parle en terme d’attribution qui va concerner autrui et de ses propres comportements.

→ Modèle valide pour l’acteur et l’observateur.

 

Ce qui sera choisi comme une cause d’un événement, c’est ce qui est présent lorsque l’événement se produit, mais ce qui est absent lorsque l’effet se ne produit pas.

L’individu analyse la variation qui existe dans les effets en fonction de la variation de 4 facteurs :

- Les objets sur lesquels porte l’attribution.

- Les personnes en rapports avec les objets.

- Les modalités temporelles.

- Les circonstances de l’interaction avec ces objets.

Ces facteurs ne sont pas toujours présents ou accessibles au sujet. On va attribuer une cause interne ou externe en fonction du type et du nombre d’informations dont on va disposer pour analyser la situation.

→ Est-ce que pour faire des attributions, les gens vont rechercher autant d’informations spontanément ?

Kelley reconnaît que parfois on fonctionne à l’aide de raccourcis cognitifs divers et enfin de compte, ce modèle va orienter les recherches vers un certain nombre de biais ou de disfonctionnement dans les raisonnements attributifs.

 

3. La théorie de l’inférence correspondante de Jones (1965) :

 

Comment les gens infèrent les intentions d’autrui sur la base de leurs comportements ?

« La théorie de Jones permet de comprendre comment les individus parviennent à déterminer l’intention de quelqu’un d’autre » d’après Fiske.

Ils supposent que l’on fait des attributions de causalités internes. Ils définissent cette tendance à surestimer les causes internes comme un biais de correspondance donc d’où le nom de modèle d’inférence correspondante.

L’idée centrée est que l’observation du comportement de l’acteur est causée par l’un de ses traits de caractère. Ce modèle ne concerne que les attributions internes et est valable que pour une personne qui observe un acte.

 

La théorie des inférences correspondantes : par inférence correspondante on entend la correspondance causale ou le lien causal entre un comportement donné et une intention. On répond à la question suivante : à quelle intention, et par extension, à quelle disposition correspond le comportement d’un individu ?

Deux précisions :

- Il ne concerne que les attributions internes, au sens d’attributions de traits, attributions dispositionnelles.

- Valable uniquement pour les hétéro-attributions.

Comportement = Disposition + Situation

Contraintes situationnelle : normes, pression...

→ D = C – S.

Les conditions d’une inférence correspondante sont :

- L’intention de l’acteur : selon Gosling et Ric « L’observateur doit s’assurer que l’acteur est conscient des effets de son action et qu’il a la capacité nécessaire pour produire cette action. ».

- La liberté de choix : selon Gosling et Ric « L’observateur ne peut attribuer des causes dispositionnelles que si l’acteur a produit l’action en toute liberté. ».

- Effets distinctifs et communs : selon Gosling et Ric « Le sujet percevant repère les effets d’une action particulière et les compare aux effets d’une action similaire afin de déterminer les effets communs aux deux actions et ceux spécifiques de l’action produite. Seuls les effets spécifiques repérés peuvent permettre à l’observateur de faire correspondre l’action aux intentions et aux dispositions de l’acteur.

- La désirabilité sociale : selon Jones et Davis « On apprend plus sur les intentions et les dispositions d’autrui lorsque les effets de l’action choisie sont non désirés socialement et donc inattendus. ».

Désirabilité sociale : biais qui consiste à vouloir se présenter sous un jour favorable à ses interlocuteurs. Ce mécanisme psychologique peut s'exercer de façon implicite, sans qu'on en ait conscience, ou au contraire être le résultat d'une volonté consciente de manipuler son image aux yeux des autres.

 

Ex : Jones & Harris (1977) :

- Dissertation pro/contre Castro.

- 2 conditions : Choix, Forcée.

- La personne qui a écrit la dissertation, quelle est sont attitude envers Castro ?

 

Biais de correspondance : (Jones & Harris, 1967)  tendance à surestimer les facteurs dispositionnelles.

 

4. Pourquoi fait-on cette erreur d’attribution ?

 

Gilbert & Malone (1995) :

- On sous estime l’effet de la situation. Ex : les participants des expériences de Milgram, Zimbardo.

- Même quand l’on prend en compte  la pression situationnelle, on ne se rend pas compte à quelle point cela affecte le comportement. Ex : l’étude de Castro (les individus n’ont pas le choix).

- Saillance, on fait cette erreur pour les autres et par sur soi car nous avons plus conscience de la situation pour nous. Ex : biais acteur-observateur.

Biais acteur-observateur : (Jones & Nisbett, 1971) quand on observe la conduite des autres et qu’on tente d’expliquer ce qui leur arrive, on mobilise encore plus les causes internes que l’on ne les mobilise pour expliquer ses propres conduites. Tendance à faire des attributions dispositionelles pour les autres, mais à faire une attribution situationnelle pour soi. Saillance de la situation sur nos comportement donc attribution plutôt situationnelle.

Il s’explique de deux façons :

- Acteur et observateur ne disposent pas des mêmes informations pour faire leurs attributions :

+ L’acteur pense en savoir plus que l’observateur sur lui-même.

+ L’observateur voudra en savoir toujours plus sur l’acteur. C’est pourquoi il va être attaché à cerner sa personnalité.

- Acteur et observateur traitent différemment l’information disponible :

+ L’acteur pense que son comportement est constant et son environnement changeant.

+ L’observateur pense que l’environnement est constant et le comportement de l’acteur est changeant.

Le simple fait de changer de position va faire que nos attributions sont différentes.

On a tendance à sur-estimer l’effet de la personnalité.

Situation est quelque chose d’instable alors que la personnalité est stable.

Donc l’attribution dispositionelle favorise la prédiction du comportement.

 

Biais d’auto-complaisance : tendance à attribuer ses succès à des causes internes et ses échecs à des causes externes.

La nature de l’acte compte dans les attributions que nous faisons.

Selon qu’un acte est positif ou négatif, gratifiant ou dévalorisant, favorable ou défavorable, les attributions vont changer :

- On préférera des causes internes pour un succès personnel.

- On préférera des causes externes pour un échec.

On va procéder de la même manière avec un ami ou un proche. Mais lorsqu’il s’agit d’une personne qu’on n’aime pas, on va inverser pour expliquer son succès ou son échec :

- On préférera des causes externes pour un succès personnel.

- On préférera des causes internes pour un échec.

Ex : Lau et Russell (1980) : ils analysent dans les journaux, les causes donnés par des athlètes et des entraîneurs suite aux succès  ou aux échecs. Résultats : Les joueurs et entraîneurs émirent beaucoup plus d’attributions internes à la suite d’un succès qu’à la suite d’un échec et inversement.

 

5. Attribution inter-groupe et croyance en un monde juste :

 

Ethnocentrisme : biais pro-endogroupe, phénomène par lequel les membres d’un groupe favorisent leurs semblables au sein d’un groupe d’appartenance.

 

Pettigrew (1979) définit « l’erreur d'attribution ultime» se produit lorsque les membres de l’endogroupe attribuent un comportement négatif de l’exogroupe à des causes dispositionnelles (plus qu'ils ne le feraient pour un comportement identique endogroupe) et attribuent un comportement positif de l’exogroupe à des facteurs situationnels.

Duncan (1976) : les étudiants blancs étaient plus susceptibles d'interpréter une poussée comme étant violente lorsque la poussée est venu d'une personne noire à une personne blanche comparativement aux 3 autres conditions (Pousseur/Poussée : N/N ; B/B; B/N).

 

Lerner (1980) : les personnes qui ont une forte croyance en un monde juste, on tendance à justifier et légitimé les inégalités en blâmant les victimes et en attribuant leurs échecs à des facteurs dispositionelle car « dans un monde juste, les personnes méritent se qu’ils reçoivent ».

→ Blâme la victime même lorsque la cause de l’événement est situationnelle.

 

D’autres modèles d’attribution existent, à noter le modèle d’attribution de la motivation et des émotions de Weiner qui introduit d’autres éléments (attribution externe/interne ; Stable/instable ; Contrôlable/incontrôlable).

 

 

V. TD 2 : l’erreur fondamentale d’attribution.

 

 

Exercice 1 (Halonen & Santrock) :

- Formulez chacun une question à l’écrit dont vous connaissez la réponse.

- Difficulté que vous souhaitez.

- Je répondrai à 10 questions choisies au hasard.

- Faites une estimation du nombre de réponses correctes que je vais donner.

(Vous pouvez répondre à l’écrit à ces questions).

- Combien de réponses correctes avez-vous obtenues ? (10, 9, 8, …)

- Combien de réponses correctes ai-je obtenues ?

+ Si différence entre estimations et mon nombre de bonnes réponses = erreur fondamentale d’attribution.

+ Surestimation des connaissances des enseignants en générale.

 

Exercice 2 (Stalder) :

- Vous êtes dans un magasin, vous demandez une information à un employé et cet employé vous répond sèchement. Il y a au moins deux raisons possibles : quelque chose en lien avec sa personnalité ou quelque chose en lien avec la situation. Si vous êtes comme la plupart des gens, vous pourriez d'abord commettre l'erreur fondamentale d'attribution et supposer que :

A. L’employé est un grossier personnage.

B. L’employé vient d'avoir une journée stressante.

C. Vous avez dit quelque chose qui a pu accidentellement blesser l’employé.

D. Réponse B ou C.

- Vous marchez dans une ruelle dans une grande ville et vous voyez un SDF qui dort. Vous pouvez vous demander à vous-même, « pourquoi cette personne est dans la rue ? ». Si vous deviez commettre l'erreur fondamentale d'attribution, laquelle des explications suivantes, pourrait être votre réponse ?

A. L'économie locale n’est pas bonne, il y a eu des fermetures d'usines et des licenciements de travailleurs.

B. Peut-être que la maison de cette personne a brûlé récemment et le gouvernement n'a pas encore pris des mesures pour l’aider.

C. Les personnes sans-abri ont tendance à être paresseux ou trop irresponsable pour garder un emploi.

D. Réponse A ou B.

- Selon vous, les facteurs situationnels pourraient aider à expliquer :

A. Pourquoi certains membres de groupes minoritaires obtiennent de moins bons résultats que les membres des groupes majoritaires à l’école.

B. Des atrocités telles que les génocides.

C. Des comportements dangereux sur la route.

D. Toutes ces réponses.

- Pour chacun des items suivants, entourez le chiffre qui correspond le plus à votre estimation en utilisant l'échelle en 7 points ci-dessous :

Pas du tout 1 ------- 2 ------- 3 ------- 4 ------- 5 ------- 6 ------- 7 Tout à fait

+ Dans quelle mesure faites-vous des erreurs fondamentales d’attribution quand vous expliquez le comportement de quelqu'un ?

+ Dans quelle mesure vous souhaitez éviter par la suite ce type d’erreur lorsque vous expliquerez les comportements des autres ?

+ Dans quelle mesure pensez-vous que vous pouvez maintenant examiner les facteurs situationnels possibles quand une personne agit de façon négative ou agressive envers vous?

 

Surestimer les facteurs dispositionnels (personnalité) et sous-estimer les facteurs situationnels (situation) (Ross, 1977).

 

Sur l’expérimentation de Milgram (1974), les personnes interrogées avaient tendance à privilégier les facteurs dispositionnels comparativement aux facteurs situationnels pourtant très présents.

 

Au hasard, deux participants faisaient le rôle de questionneur ou de questionné dans un jeu de connaissances générales (Ross, Amabile & Steinmetz, 1977) :

- Les questionnés se percevaient comme possédant moins de connaissances générales que les questionneurs (exp.1).

- Des observateurs extérieurs percevaient les questionneurs comme beaucoup plus savants que les questionnés (exp.2).

 

Facteurs dispositionnels surestimés :

- La personnalité est stable alors que la situation est instable.

- De plus, la personnalité de l’individu est plus saillante et retient plus notre attention que la situation (Kassin & Pryor, 1985).

 

L’attribution dispositionnelle est automatique et peu coûteuse cognitivement alors que l’attribution situationnelle est plus élaborée et plus coûteuse cognitivement.

Si nous sommes plus occupés cognitivement nous ferons automatiquement une attribution dispositionnelle au comportement jugé (Gilbert, Pelham & Krull, 1988).

 

On fait généralement cette erreur pour les autres et beaucoup moins pour soi :

- On a beaucoup plus de visibilité sur nous et il est plus facile d’analyser comment la situation va impacter notre comportement = Effet acteur/observateur (Jones & Nisbett, 1972).

- Si les comportements sont valorisants et positifs, nous ferons davantage une attribution dispositionnelle plutôt que situationnelle.

 

Les attributions dispositionnelles sont plus fréquentes en Occident qu’en Orient (Triandis, 1994) :

- Dans les cultures occidentales, dites individualistes, l’individu est considéré comme seul responsable de ses actes.

- Dans les cultures orientales, dites collectivistes, il n’y a pas une forte centration sur l’individu.

- On apprendrait à faire ces attributions dispositionnelles : les jeunes enfants font davantage des attributions situationnelles, c’est que vers la fin de l’enfance qu’ils font des attributions dispositionnelles (Kassin & Pryor, 1985) 

 

L’erreur fondamentale d’attribution est un biais de jugement de l’information.

On fait des raccourcis cognitifs et c’est ce qui au final nous amène à avoir des préjugés et des stéréotypes.

 

Les conséquences de l’ensemble des biais d’attribution causale aboutiront à un jugement différent.

On sera plus indulgent lorsque la cause est externe (situationnelle) et incontrôlable que lorsque la cause est interne (dispositionnelle) et contrôlable.

Ex : une victime du Sida qui a contracté le virus suite à une transfusion sanguine ou une injection à l’hôpital (cause externe et incontrôlable) suscite plus de sympathie qu’une autre ayant contracté le virus suite à une relation sexuelle ou une injection intraveineuse de drogue (cause interne et contrôlable) (Weiner, Perry & Magnusson, 1988).

Ex : un étudiant sera plus enclin à prêter ses cours à un camarade qui était malade (cause externe et incontrôlable) qu’à un camarade qui a choisi de sécher le cours (cause interne et contrôlable) (Weiner, Perry & Magnusson, 1988).

 

Les personnes qui commettent l'erreur fondamentale d’attribution sont moins susceptibles que les autres d'aider une personne sans-abri ou pauvre.

Nous sommes moins susceptibles d'aider ceux dans le besoin si nous pensons qu'ils sont paresseux ou responsables de leur situation.

 

Les conséquences se reproduisent au-delà de la situation dans laquelle ces erreurs ont émergé.

On intériorise notre rôle, notre position, notre statut et on reproduit dans des situations clairement indépendantes des comportements conformes à cela (Jones, 1979).

 

Enseignants ou élèves, cadres ou ouvriers, hommes ou femmes : notre rôle nous amène à nous conformer à ce que l’on attend de nous, à expliquer ce que nous faisons en oubliant ces attentes, nous enfermant dans une problématique de reproduction d’un contexte à un autre.

Ex : reproduire les comportements en lien avec notre statut professionnel dans notre vie familiale.

 

Exercice 3 (Sadler) :

- Notez 3 ou 4 comportements négatifs ou agressifs observés envers vous.

- Listez 1 cause possible basée sur la personnalité de l’autre personne.

- Listez 2 causes possibles en lien avec la situation.

 

Un mauvais comportement peut être causé par une combinaison de facteurs en lien avec la personnalité et la situation et n’est pas forcément soit l’un soit l’autre.

Il est donc préférable d’essayer de penser à l’ensemble des causes avant de porter un jugement qui serait trop hâtif.

 

Beauvois (1984) et Dubois (1987) posent l’existence d’une norme sociale comme étant à l’origine de l’erreur fondamentale d’attribution. On parle de norme d’internalité qui conduit, dans les cultures occidentales, à juger plus favorablement les individus qui font des attributions internes par rapport à ceux qui font des attributions externes. L’erreur fondamentale d’attribution serait la conséquence de cette norme d’internalité.



27/04/2013
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 1519 autres membres