Cours de psychologie

Représentation sociale

Psychologie Sociale – Représentation Sociale

 

 

« Les représentations sociales » de Christine Bonardi.

Serge Moscovici - « La psychanalyse et son public ».

Jodelet Denise – « Les représentations sociales » - « Folies et représentations sociales ».

Jean-Claude Abric – « Pratique sociale et représentation ».

Anne Sberber –  « La contagion des idées ».

Putman Hillary – « Représentation et réalité ».

Mannoni Pierre – « Les représentations sociales ».

 

Plan d’ensemble :

I. Pensée sociale et représentations.

1. Antécédents.

2. Psychologie sociale et définitions des RS.

II. La construction d’une RS.

1. Impact de la société.

2. Dynamique de création d’une RS.

3. Le contenu des RS.

III. Quelques orientations de recherche (ordre chronologique).

1. Approche globale.

2. Approche structurelle des RS.

3. Approches expérimentales.

 

 

I. Pensée sociale et représentations.

 

 

1. Antécédents :

 

Ça fait longtemps qu’on étudie les RS en Europe. Au départ, la théorie des RS est une théorie européenne.

Les premiers à débattre sont les philosophes. Et très vite, sont venus les sociologues, les anthropologues. Plus récemment (années 1970-80), c’est l’histoire et la géographie qui s’y sont intéressés.

Puis enfin, la psychologie cognitive et sociale ensuite.

 

Sociologie : les dynamiques des sociétés. Etude des représentations qui traversent une société qu’on a appelé des « représentations collectives ». Ce sont les institutions sociales qui les produisent (modèles économiques, modèles sociaux, règles qui régissent les rapports entre les personnes – politesse). L’individu les acquiert par l’éducation. C’est le mouvement des éléments que construit la société et qu’elle va imposer à l’individu. Branche des sciences humaines qui cherche à comprendre et à expliquer l'impact de la dimension sociale sur les représentations (façons de penser) et comportements (façons d'agir) humains.

Les représentations collectives sont produites par les institutions sociales (modèles sociaux, normes et valeurs). Les individus apprennent ces représentations grâce à l’éducation.

La bande de tribus : il décrit comment les tribus prennent en charge la désocialisation ou la socialisation des tribus à un niveau global.

 

On a quelques points sur lesquels on s’accorde :

- On considère qu’une représentation, c’est à la fois une projection, quelque chose qui est fabriqué. Et finalement, une représentation c’est une conception d’un fragment de réalité.

- Une représentation va être difficile à étudier car la société participe à sa fabrication, l’individu aussi, et également, les groupes auxquels nous appartenons  (place pour la sociologie, la psychologie sociale des groupes et la psychologie cognitive – individuelle). Donc, part sociétale, individuelle et groupale.

On doit considérer que cette représentation est très différente d’une connaissance scientifique : on ne souhaite pas la valider scientifiquement. Elle sera toujours imparfaite ou incomplète.

 

2. Psychologie sociale et définitions des RS :

 

Les représentations sont subjectives et plus ou moins stables.

En tant que scientifiques, on est obligés de ne pas les juger, de ne pas discerner le vrai du faux, tenter une logique de type scientifique, et ne jamais dire qu’elles manquent d’informations (ne pas en rajouter).

On les prend telles qu’elles viennent, mais quand on les étudie, on prend ce qui a dedans.

 

Caractéristiques générales :

Pour la psychologie sociale, on peut dater son intérêt dès la fin des années 1950. On va, très facilement, pouvoir déterminer quelques caractéristiques générales, à partir de ce qui a été fait.

- Toutes les représentations sont à la fois individuelles et collectives.

+ Deux fois plus de travail : côté collectif et individuel.

- Idée de partage qui inclut qu’il y a une partie construite en commun.

+ Dans notre vie quotidienne, nous nous influençons les uns les autres.

- Les constructions collectives se transmettent entre groupes et générations

+ D’une génération à l’autre, les pratiques et idées sont transmises : c’est pour cela qu’il reste des opinions sexistes, bien que les textes de loi essaient d’effacer ces différences.

+ La RS apparaît comme un passage intermédiaire entre le psychologique et le social. Elle favorise à travers le même signifiant (mots, images), elle contribue à un capital cognitif commun. Elle favorise les échanges entre les acteurs sociaux et régule leur rapport.

- Elles ont tendance à orienter nos comportements.

+ Il y a une partie des représentations qui sont très tenaces et difficiles à détruire. Elles sont souvent liées à des déterminismes sociaux et par ce qu’une société nous impose (normes, valeurs) : elles orientent nos comportements. Ces représentations sont des constructions très concrètes puisqu’elles agissent sur nos comportements en agissant d’une manière ou d’une autre.

+ Les conséquences sont importantes car on va adhérer à ce que ce système de représentations va nous faire voir. Suivant la culture de référence, on aura une manière différente de décompenser.

 

Les RS sont très attachés à un groupe qui les utilise pour essayer de les comprendre et en même temps elles servent de moyen de communication car dans le groupe en question, ils sont susceptibles de communiquer grâce à ce matériel psychique car tout le monde en a « hérité ».

→ C’est le fait d’acquérir les référents culturels de son groupe. Cela nous permet de comprendre ce qui se passe autour de nous (actes, pensées).

 

Eléments de définition en psychologie sociale :

- Connaissance naturelle (spontanée) qui nous sert à construire du sens. Elles vont se substituer à la réalité : si on est confronté à un objet, on est mal à l’aise. On va donc fabriquer quelque chose par rapport à cet objet – une représentation – et cette représentation va remplacer la réalité.

- Jodelet, 1989 : s’intéresse à quoi nous sert la représentation. Nous sert à comprendre le monde, à résoudre les problèmes qu’il nous pose, s’adapter à lui et déployer des comportements (se conduire).

- Jodelet, 1898 : C’est une construction pratique, concrète. Objet = représentation qu’on construit (évènement, groupe) pour quelqu’un (individu ou groupe). Il y a toujours plusieurs représentations possibles d’un même objet. Quand plusieurs représentations sont confrontés les unes aux autres, on y tient, on les défend, on les prend pour des réalités. Et par conséquent, ça va régler le rapport aux autres car nous sommes convaincus que la façon dont nous voyons les choses est la bonne manière.

→ Une fois qu’on a construit une représentation, on va y tenir et on va la défendre.

- Pour nous, dans notre quotidien, elles marchent de la même manière qu’une théorie pour un scientifique. Elle est structurée, compliquée, logique. Cela signifie que ça doit nous permettre de nous dire comment ça marche, ça décrit une réalité et ça doit nous l’expliquer (raison d’être, fonctionnement etc.). Moscovici (1961) : Ensemble de concepts, d’énoncés et d’explications (ou théories de sens commun) qui ont leur origine dans la vie sociale et les communications.

- Elle naît dans les communications et toujours dans ce mouvement de balancier/de dialectique : de l’individu à la société et de la société à l’individu (interaction individu/société).

→ La société passe maintenant par le canal des médias : on nous donne des informations/opinions : on s’en approprie une partie, on les transforme.

 

C’est très difficile de les faire évoluer, y compris dans le temps. Les représentations que nous avons ont toujours un temps de retard par rapport aux progrès, aux évolutions.

On les change très difficilement : c’est pour ça qu’on a des éléments très anciens et archaïques au sein d’une représentation.

Il est important aussi de savoir que les RS ne sont néanmoins en aucune manière des matériaux psychiques fiables.

→ Ce n’est pas parce qu’elles sont généralisées qu’elles sont « vraies ».

 

Différentes représentations :

- Représentation : est une projection, une fabrication qui nous donne une conception d’un fragment de réalité.

+ Toutes les sciences sociales considèrent que le réel n’a pas de consistance, le réel tel que nous le voyons est filtré par toutes les connaissances que nous avons emmagasinées.

- Représentations mentales : contenues idéiques qui nous permettent de nous figurer les objets auxquels nous pensons.

+ Un des buts de la pensée est d’arriver à former une représentation de l’objet dont on parle. Quand on communique avec quelqu’un, on lui donne assez d’informations pour qu’il puisse construire une image mentale de cet objet.

+ Les psychologues (autres que les sociaux) utilisent la notion de représentations mentales lorsque par exemple ils invitent leur patient à raconter leur rêve ou à quoi une chose les fait penser.

+ Les RS ont la particularité de ne pas être attaché à un esprit mais être un matériel psychique partagé. Elles sont socialement construites.

- Représentations sociales : aujourd’hui, la psychologie officielle identifie un objet d’étude qu’on appelle RS. Elément psychologique culturellement construit qui permet à tous les représentants d’un groupe d’avoir accès au référent de ce groupe et de comprendre l’environnement. C’est le fait d’avoir certaines visions du monde environnant mais une vision qui n’est pas pareil du monde entier.

→ En simplifier, tout le monde n’a pas la même vision sur les choses.

 

Toute représentation a :

- une partie sociétale (qui vient de la société).

- une part individuelle (propre à chaque personne).

- une part groupale (une personne qui nous vient de nos fréquentations, amis etc).

 

Les représentations sociales sont :

- Des structures multidimensionnelles.

- Redevables de conceptions idéologiques d’une société.

- Connectées à des préférences explicatives.

- Affectées par les normes sociales et institutionnelles.

- Liées aux pratiques.

 

 

II. La construction d’une RS.

 

 

On a toujours le même mouvement :

- Un objet nouveau fait son apparition dans une société.

- On part d’un point zéro, et à partir de là, on se pose des questions (qu’est-ce que c’est, à quoi ça peut servir ? …). Petit à petit, on va construire une sorte de théorie, une compréhension de cet objet.

- Quand on regarde une société, on voit un mouvement progressif.

- Ça démarre toujours dans la société.

 

Les représentations sont des constructions subjectives complexes. Elles donnent :

- Des cadres pour interpréter la réalité.

- Une adaptation/maitrise de l’environnement.

- Une gestion des relations et des actions.

Elles fonctionnent comme des théories scientifiques : elles nous apportent l’équivalent de ce que les théories apportent aux scientifiques, c'est-à-dire qu’elles :

- Contiennent des descriptions, des informations sur leur fonctionnement et des explications et des paramètres nous donnant une vision satisfaisante de l’objet.

- A l’inverse des théories, elles sont très concrètes car elles sont vouées à une utilisation immédiate.

Elles sont aussi partagées :

- Elles constituent les bases d’un savoir commun ;

- Elles donnent une identité sociale qui va être l’objet :

+ D’enjeux : on souhaite la maintenir (acceptation du groupe).

+ De défense.

Elles sont assez stables :

- Une partie traverse le temps facilement et reste inchangée : elle se transmet d’une génération à une autre ;

- Une partie évolue au contact des progrès sociaux (au contact de la réalité).

 

Elles se construisent individuellement, sont partagées collectivement. Mouvement incessant entre le collectif et l’individuel.

Collectif → Individu.

Individu → Collectif.

 

1. Impact de la société (niveau sociétal) :

 

Au niveau de la société, pour que des représentations se créent, il y a trois conditions (Moscovici, 1961) :

- Dispersion de l’information : Il doit y avoir des informations. Façon de diffuser de l’information dans tout le corps social. Elle doit se diffuser de manière satisfaisante ;

- Focalisation : Si l’information est abondante, on va sélectionner certains éléments qui nous importent (tri subjectif). Ce tri est influencé par les autres ;

- Pression à l’inférence : pression qu’exerce notre entourage et qui pèse sur notre sélection d’information.

 

Ex : Le Sida (Morin, 1994, 1999).

- 1987 en France : ce sont les médias qui commencent à disperser l’information. Les gens en parlent différemment, donc de vraies et de fausses informations diffusent du vrai et du faux. Dans le doute, ils font circuler beaucoup d’informations. Même les experts ne sont pas d’accord entre eux.

- Du côté du public, le sida apparait comme un mal étrange (inconnu) qui fait peur (on ne sait pas le guérir), ce qui laisse place aux interprétations. Quand les gens ne savent pas ou qu’ils manquent d’informations, ils comblent avec leurs interprétations.

- Une fois cela fait :

→ Exemple de Genèse d’une représentation : Le Sida (Jodelet, 1989 ; Morin, 1994, 1999).

+ Deux orientations représentationnelles ont été mises en évidence :

. 1/ Orientation sociale et morale : Mode de transmission et porteurs du virus. Remèdes à la maladie : les valeurs traditionnelles :

- Les porteurs du virus étaient étiquetés : homosexuels et drogués, ce qui a mis en tête, l’idée que c’était une punition divine (pour mauvaise conduite). Le remède c’est la valeur traditionnelle : le mariage, l’abstinence etc.

- Mais la maladie est devenue une forme de stigmate social → La maladie stigmate social

. 2/ Orientation biologique : Modalités de contamination, Principe de protection, Contagion :

- Les gens s’intéressent beaucoup aux modalités de contamination (comment peut-on être contaminer par ce virus, afin d’appliquer un principe de protection (comment s’en protéger), contagion.

- La maladie exclusion. Tout le monde se méfie !

 

Tout peut faire l’objet de représentations et seules leurs dimensions vont varier.

Elles commencent au sein de la société et se poursuit dans les petits groupes d’individus.

Le manque d’informations peut conduire à des raccourcis (cf. exemple Sida). Quelque chose qu’on ne connaît pas, qui se répand vite fait peur (registre émotionnel).

Deux dimensions sont impliquées :

- Catastrophe ;

- Le Mal.

Au niveau de la société ces vieilles peur/paramètres archaïques ne demandent qu’à se manifester à nouveau (par les médias).

 

2. Dynamique de création d’une RS (niveaux groupal et individuel) :

 

Ex : la naissance des RS de la psychanalyse en France dans les années 1950 (Moscovici, 1961).

- Il a regardé comment se sont formées une ou plusieurs représentations de la psychanalyse au fur et à mesure des années.

- En tant que discipline scientifique elle existait déjà, elle était même déjà utilisée par les Américains.

- En France, ce n’est plus une discipline mais un objet nouveau, elle va devenir importante dans notre quotidien. Il va regarder comment ce savoir scientifique va devenir un savoir au sens commun.

- Les premiers sont les médias, ils vont la diffuser (élargir le champ de cette discipline), on peut le remarquer dans le vocabulaire, les concepts deviennent des mots qui s’emploient dans des situations complètement anodines.

- Chacun y va de son appropriation et directement il y a des jugements et des évaluations.

A priori discipline scientifique qui va devenir compréhensif pour tout le monde et qui va donc devenir une représentation sociale.

- Concepts, notions scientifiques (ça, surmoi, inconscient, refoulé) qui sont très abstraites pour le public : on va donc devoir les simplifier ;

- Dynamique pour comprendre, connaître ce qu’est la psychanalyse (domaine du sens commun).

1er mouvement : Diffuser l’information un peu partout. On commence par élargir ces notions à tous les domaines qui nous intéressent.

- Montre que la psychanalyse va envahir tout l’espace social

Ce qui donne naissance à des expressions stéréotypées : « T’es complètement névrosé. » → Appropriation du vocabulaire de la psychanalyse : les gens s’approprient la discipline.

 

Deux processus contribuent à la formation et la transformation des représentations sociales :

1°/ L’objectivation : rend compte de comment un individu va s’approprier les informations qui circulent, celles auxquelles il s’intéresse. Elle comporte deux phases distinctes :

- La sélection par l’individu des informations de l’environnement et leur décontextualisation. Ce qui crée un noyau figuratif de connaissances « personnalisées » (ex : le surmoi).

- La naturalisation de ces informations (ex : assembler les éléments d’un puzzle). On tisse les liens qui nous paraissent logiques. Première théorie de sens commun. Au fil du temps, ce noyau pourra s’enrichir.

+ On reprend l’exemple : la représentation sociale de la psychanalyse (Moscovici, 1961) : Vision globale de la psychanalyse après objectivation :

 

 

. On a les termes suivants qui sont retenus : inconscient et conscient, entre les deux il y a le refoulement qui va donner lieu au complexe.

. Représentations objectivées de la psychanalyse (exemples) :

- La psychanalyse est l’étude de la vie humaine, une technique de connaissance de la personne.

- C’est un nouveau système américain qui consiste à faire coucher les gens dans une pièce sombre et à leur faire raconter leurs rêves.

- C’est une invention moderne qui veut faire croire aux gens que s’ils ont mal c’est qu’ils ont été malheureux autrefois.

- C’est pour guérir des maladies qui ont un mélange du conscient avec l’inconscient.

- C’est un traitement pour enlever aux gens leurs complexes.

2°/ L’ancrage qui assigne un sens aux informations objectivées en les intégrant au système des catégories que l’individu possède déjà (enracine la représentation dans notre vécu quotidien). Une fois l’objet ancré dans une catégorie sociale, il pourra servir des objectifs sociaux et de communication. Il y a enracinement de la représentation dans la réalité quotidienne par :

- Comparaison des informations sélectionnées avec des prototypes ou modèles antérieurs.

+ Comparaison avec ce que l’on connaît déjà.

+ Ex de la RS de la psychanalyse : « Le psychanalyste est proche du médecin, du guérisseur, du prêtre…. ».

- Insertion de l’objet représenté dans le système des catégories déjà présent.

+ S’il y a des différences, c’est l’objet nouveau qu’on va modifier, ajuster pour le faire rentrer dans la catégorie.

+ Ex de la RS de la psychanalyse : Psychanalyste  = médecin de l’âme ; Psychanalyste  = confesseur.

→ Façon de les connaître et de faire disparaître l’étrangeté et l’incertitude.

 

Une fois que l’on a classé l’objet, que l’on a fait une représentation, on a un système d’interprétation de ce fragment de la réalité (qui va me permettre d’interpréter la réalité). Par la suite, je vais adopter un comportement spécial avec cette personne en fonction des RS que je me suis fait de cette personne. Je vais défendre ma RS et garder le début de cette RS en tête.

 

Objectivation : rend compte de comment un individu va s’approprier les informations qui circulent, celles auxquelles il s’intéresse. Les mots qui circulent dans une société ont une valeur abstraite. L’objectivation consiste donc à transformer ces éléments abstraits en éléments concrets et ayant un sens et une utilité. Processus qui comporte 3 phases au cours desquelles s’élaborent les RS, une construction sélective, une schématisation structurante (création d’un noyau figuratif qui a du sens pour celui qui le créé. La décontextualisation se produit lorsqu’on simplifie et qu’on extrait des informations de leur contexte : il y a forcément une perte d’informations) et une naturalisation (à partir des informations contenues dans le noyau, il faut les organiser pour que les informations soient utilisables).

Ancrage : assigne un sens aux informations objectivées en les intégrant au système des catégories que l’individu possède déjà (enracine la représentation dans notre vécu quotidien). Une fois l’objet ancré dans une catégorie sociale, il pourra servir des objectifs sociaux et de communication. Assure l’enracinement de la représentation avec les valeurs cognitives particulières qu’elle revêt. L’enracinement comporte 2 phases au cours desquelles on compare avec ce que l’on connaît déjà, et on range dans une catégorie déjà présente. Ces mouvements sont une façon de faire disparaitre un sentiment d’inconnu et d’incertitude qui est mis en place à partir du moment où un nouvel élément rentre en scène.

 

Les RS sont une connaissance vulgaire. Elles peuvent être dangereuse, par exemple dans un contexte idéologique, ce qui aboutie à une rigidité autour du contexte sociale qui donne le fanatisme.

Tout se caractérise par le doute. Les RS ne sont pas des pensées sociales fiables.

 

 

3. Le contenu d’une RS :

 

Aspect cognitif : c’est le contenu :

- Informations / connaissances (dit ce qu’est l’objet, à quoi il sert, il y en a un nombreextrêmement variable). Il doit y avoir un minimum d’informations et de connaissances qui circulent. Les connaissances ne sont pas forcément véridiques et très détaillées. Cependant, elles paraissent vraies pour la personne.

- Images sociales (c’est ce que l’on a choisi de donner à un objet, ce sont les propriétés que l’on donne à un objet) (ex : du Psychanalyste, du Philosophe etc.). Attribuent des caractéristiques à l’objet. C’est la définition qu’on en a.

- Opinions (idée, interprétation, jugement) (ce que je partage avec les gens).

- Une représentation peut parfois se confondre avec un stéréotype.

- Attitudes (système construit à partir d’un ensemble d’opinions qui concernent toutes les dimensions de l’objet, il y a une dimension d’évaluation : danger permanent, fléau punitif…).

- Normes (règles imposées par la société, prescription, c’est le parce que) et valeurs (explications qui va avec la norme, soutiennent la norme, explique le pourquoi de la norme).

- Croyances (prise de position d’une personne qui tient pour vrai quelque chose mais qui a du mal à prouver que ce quelque chose est vraie) quand j’y adhère, c’est pour moi une vérité, quand c’est « faux » c’est une croyance. Il est difficile de travailler sur les croyances. C’est ce qui est le plus enfoui dans une représentation car c’est une position qu’adopte une personne, qui la considère comme vraie, bien qu’elle ne puisse pas en apporter la preuve.

 

Aspect systémique : logique propre :

- Tous les points du dessus on a une logique et un langage particulier, ils sont tous reliés entre eux, ce qui forme un système. Une fois que l’on a tous ces points, on va regarder comment elles se forment → on va regarder comment on les étudie.

- Les représentations, c’est un système. Suivant notre propre logique, on va obtenir un système cohérent, structuré où tout va se tenir.

- Cette logique peut être globalement celle du groupe, mais avec des éléments personnels.

 

 

III. Quelques orientations de recherche (ordre chronologique).

 

 

1. Approche globale :

 

Comment étudie-t-on une représentation ?

1 - Approche globale : on choisit un objet que l’on va étudier, on ne se donne pas de limites, on creuse aussi profond que possible, je m’intéresse à l’objet et je m’intéresse au maximum.

2 - Contenu et structure (des R) : comment c’est organisé ?

3 - Transformation expérimentale : on transforme les R, on peut avoir besoin qu’elle évolue au lieu de la laisser se développer.

 

Puisque c’est compliqué, on ne peut pas utiliser qu’une seule méthode (il faut appliquer la pluri méthodologie). Ensuite, l’approche globale demande beaucoup de travail, on doit chercher ce qu’il y a dedans (son contenu et l’organisation de son contenu). On va la  regarder fonctionner au quotidien (regarder comment elle fonctionne dans le groupe que l’on étudie).

On va se demander à quoi sert-elle dans la vie quotidienne ?

Pour y répondre, il faut aller sur le terrain (et pas au laboratoire et ni faire de théorie).

C’est donc une approche coûteuse (elle prend du temps).

Par l’approche globale on met en lien les représentations sociales avec l’aspect pratique.

Il n’y a pas de domaine précis d’application : le domaine peut varier d’une recherche à une autre.

 

C’est la première façon qu’on a eu d’étudier les représentations.

- Approche qualitative, en profondeur ;

- Approche longue.

Depuis les années 90, les chercheurs français l’ont un peu délaissée. Par contre dans les problématiques interculturelles et dans certains pays c’est la meilleure façon de travailler sur les représentations.

 

On doit très bien connaître l’objet. Pour ce faire, on ne va pas choisir les méthodes, on ne choisira pas l’expérimentation puisqu’on étudie la réalité.

On utilisera aussi bien des entretiens que des questionnaires.

Cette approche est donc caractérisée par l’utilisation de méthodes multiples.

 

Ne se limite pas à la psychologie sociale (sociologie, ethnologie …) : on va chercher des informations ailleurs si on en a besoin ;

S’intéresse prioritairement à des objets qui touchent tout le monde, dans tous les pays (paramètres culturels et interculturels).

Le domaine sur lequel on travaille peut varier d’une recherche à l’autre.

 

Questions qu’on se pose : Que contient la RS d’un objet ? Comment est-ce qu’elle fonctionne ? A quoi sert-elle dans la vie quotidienne ?

On étudie les liens Représentations sociales/pratiques.

 

Ex : la RS de la folie (Jodelet, 1989).

Il s’agit d’une approche de terrain très globale.

Méthodologies utilisées : observation (participante ou non), analyse de documents (statistiques, journaux…), entretiens plus ou moins directifs, questionnaires.

Résultats obtenus : une représentation de la maladie mentale et une catégorisation représentationnelle des malades.

 

Holi et représentation sociale :

- Les objets que l’on travaille sont des objets auxquels de nombreuses populations sont concernées. Mais on travaille dans des groupes bien définis. Jodelet a cherché une population qui était à la fois concernée par la maladie mais aussi qui en avait des savoirs.

- Antérieurement, et ce à plusieurs reprises, on a tenté de réinsérer dans la société des personnes victimes de maladies mentales.

→ Réinsertion des malades dans des familles d’accueil (dans 13 communes). Jodelet s’est donc orientée vers ces personnes confrontées aux malades mentaux dans leurquotidien.

- Etude de la RS de la folie dans une population au contact quotidien de malades mentaux.

 

En faisant cette étude, Jodelet s’attend à une RS :

- Informée (savoirs scientifiques, étant donné que ça fait plusieurs années qu’ils sont en contact avec des malades).

- Ancrée dans le réel (pratiques de contact, de rapport, de communication) (et non une représentation abstraite).

- Valeurs d’ouverture, tolérance (tolérer la différence) (de plus, en 1975, Mai 68 n’était pas loin  Révolution qui a libéralisé les mœurs etc.).

- Représentation sociale évoluant avec les savoirs médicaux.

Jodelet est partie de présupposés et de représentations documentées. A la suite de son étude elle n’a pas trouvé les résultats qu’elle supposait : il y a eu transmission de savoirs faire, de la culture sur les maladies mentales d’une génération à l’autre. Elle a donc observé un net décalage entre la représentation qu’elle mesuré et celle qu’elle s’attendait à mesurer.

Méthodologie de base :

- Observation participante (je vis à la fois avec une personne, partage interagit avec la population mais je reste en même temps un touriste scientifique, qui se permet de poser des questions) ou non (on se met un peu en retrait, on coche et on note dans la grille d’observation).

- Analyse de documents / documentaires (statistiques, journaux locaux…).

- Entretiens plus ou moins directifs (personnel) :

+ Non directif : une question que l’on pose à une personne et on la laisse totalement libre dans sa réponse après (ex : Quel mode de vie avez-vous ?) elle organise son discours comme elle le veut.

+ Directif : je veux que mon interlocuteur me parle de ça, ça et ça, je pose toutes les questions qui m’intéressent.

Jodelet a utilisé cette méthode au sein des familles d’accueil mais aussi avec les personnels.

- Questionnaires.

 

Toute son étude lui a pris 4 ans. Il y avait pratiquement 1 000 malades mentaux pour 473 familles d’accueil. Au bout de ces quatre années d’étude, elle est capable de nous parler des RS de la maladie mentale et si ses hypothèses s’avéraient vraies.

Elle remarque, qu’elle retrouve partout une sorte de gros système. Sur les 13 communes, il y a les mêmes représentations sociales, articulées autour de la RS de la maladie mentale articulée autour de la RS du contact avec les malades.

Les personnes d’accueil sont bien documentées (les traitements etc.), sur la maladie. Mais le canal d’une génération à une autre domine, autrement dit, les personnes se sont transmises des expériences au fur et à mesure des générations. Quel que soit l’âge et le niveau des personnes, les individus disent au sujet des malades « Ils sont malades » et non « ils ont une maladie ». Cet effet rajoute des symptômes aux malades, qui devraient être médicaux mais qui sont sociaux et moraux !

→ Elle a tenté d’observer les paramètres d’intégration des malades, mais ce qu’elle a observé c’est de la ségrégation.

 

Pratiques : on tire autant d’enseignement à les écouter parler qu’à les regarder fonctionner au quotidien. Discours de surface possible, mais au niveau des pratiques, les personnes sont obligées de rationnaliser et d’expliquer pourquoi elles fonctionnent de cette manière.

La représentation n’est ni documentée ni tout à fait moderne.

 

Représentation de la maladie :

 

Pour le reste, c’est différent, la différence se joue dans le cerveau (tout ce qui renvoie à la culture, à l’apprentissage. C’est le lieu d’une certaine activité, c’est par là que l’on acquiert des connaissances). Et les nerfs renvoient à la nature.

→ Ces 2 aspects diffèrent chez les malades mentaux et chez les familles d’accueil.

Il va y avoir une sorte de classification de la représentation de la maladie mentale.

 

 

Typologie des malades :

 

On sait que notre cerveau exerce une activité sur notre activité intellectuelle. L’être humain ne nait pas avec un cerveau déjà développé mais avec un cerveau qui se forme et croit en volume dans le temps. Certains disent alors que ce malade a le cerveau qui a arrêté de se développer et que par conséquent, il est « innocent » → « l’innocent » (dans le schéma).

On considère ce genre de malade que l’on appelle « innocent » comme un enfant. Or, on sait comment s’occuper des enfants, donc on sait aussi s’occuper de ce malade. « L’innocent » ne fait pas peur, on le laisse s’approcher des enfants, on trouve qu’il est sympathique. On va donc le laisser dans cette situation et ne pas chercher à développer ses capacités puisque l’on sait qu’il fonctionne comme un enfant.

→ C’est typiquement le malade que les familles recherchent.

 

La vie neurovégétative est censée réguler l’humeur et les émotions : soit elle va de pair avec des déficiences psychomotrices soit en lien avec les émotions (paramètres émotionnels faussés, décalés).

Autres différences cerveau-nerf : l’affection au niveau du cerveau est liée à l’enfance tandis que celles  neurovégétatives sont transmises de générations en générations.

 

Pour ce qui est des nerfs, la représentation de la maladie mentale va suivre ceci :

- « Le maboul », c’est la caractéristique la plus archaïque. Cette fois-ci, c’est la motricité qui ne va pas, c’est pourquoi on dit qu’« il a des problèmes moteurs ». Symptomatologie du problème nerveux.

→ Ce malade peut très bien passer pour un villageois comme un autre (grâce aux médicaments qui ralentissent la maladie).

- L’épileptique : on le considère comme dangereux. Il fait peur. C’est pour cela qu’on l’éloignera tout le temps des enfants (on a peur de la crise, crise que l’on ne peut pas prévoir. On est tout le temps exposé à la crise. Malgré les médicaments, il garde un air étrange).

→ On le reconnaît tout de suite.

- « Le gars de cabanon » /le fou : le gars qu’il faut enfermer. Il fait extrêmement peur, c’est une grande menace pour l’identité sociale (l’identité sociale est ce qui caractérise et définit un groupe, elle dit notamment que ceux qui accueillent les fous, sont aussi des fous). « Il n’y a pas de signes extérieurs qui montrent qu’il est malade mais il a des lueurs dans ses yeux » → intelligence forcée (perversité) !

→ On lui imagine un portrait criminel et on le considère comme dangereux.

 

Toute cette représentation renvoie à soit l’innocence, soit au mal / à la méchanceté (qui comporte trois degrés).

 

 

La représentation du contact/pratiques et RS :

 

L’étude montre que ces malades mentaux ont traitement à part, séparation plus que fusion ou intégration = les malades ont une nature autre, il faut donc les traiter à part, différemment des gens « normaux ».

On sait déjà qui ils sont, à quoi s’attendre grosso modo. Sauf que pour les maladies nerveuses, on est dans la logique d’une transmission entre les générations. La transmission est supposée se faire par le sang.

Si ça se transmet, il faut faire attention. Les malades doivent être mis à distance pour deux raisons :

- On n’est pas loin de grandes villes. Les villageois ont à cœur de rester identifiés comme des villageois : ils défendent leur identité et veulent qu’on les appelle « parents nourriciers ».

- Cette idée de contagion va avoir un certain nombre de particularités. Jodelet a observé un certain nombre de pratiques :

+ Certains malades mentaux ont une chambre à eux dans la maison ;

+ D’autres dans un bâtiment à côté (avec chambre et cuisine) ;

+ Ils ne peuvent pas aller dans certains endroits ;

+ La vaisselle et le linge ne se mélangent pas.

. Elle a trouvé un raisonnement tel que le linge du malade n’est pas exactement le même que celui de la famille. C’est comme ça qu’elle a mis en évidence cette idée de contagion.

88 % des malades mentaux mangent la même chose que la famille mais mangent à part.

9 % des cas ils sont invités dans les fêtes du village, famille, etc.

Ces comportements de mise à distance permettent aux familles de se transmettre des modes opératoires vis-à-vis des malades mentaux.

On ne parle pas avec son voisin comme on parle avec un malade mental. Il y avait donc des communications fonctionnelles (fais ça, fais ça).

 

Les personnes estiment, que lorsque que ce sont les nerfs qui déconnent, c’est une affaire d’hérédité, de gênes. La transmission de la maladie se ferait par voie sanguine. C’est pour cette raison, que leur fait tout à part. C’est articulé autour de la face cachée de la RS de la folie.

 

 

Il s’agit de savoir 3 choses :

- Système permis – interdits : Savoir comment le traiter, comment fonctionner avec lui : il doit réussir à adopter un maximum de comportement dont les caractéristique sont normales ;

- Comment l’éduquer : comment lui inculquer des règles de vie. Les faire participer aux tâches de la famille (leur donner un sentiment d’appartenir à la famille).

- Comment persuader : il faut influencer pour obtenir quelque chose de cohérent.

 

Balance entre la peur de la violence, de l’inattendu et la nécessité qu’il ait un fonctionnement le plus normal possible.

A travers les questionnements de Jodelet (« Pourquoi la vaisselle et le linge à part » ?) : la famille craignait la contagion tous azimuts (comme pour le sida) : elle peut passer par tous les canaux existants.

Malgré la légitimation de ces pratiques, il est arrivé que le malade finisse par acquérir le statut de membre à part entière de la famille par vie commune d’un membre de la famille ou par mariage.

Les unions non-officielles sont autorisées, mais s’il y a un enfant ou officialisation de l’union les familles sont exclues (elles ont déménagé).

 

La face cachée de la RS de la folie :

 

Cette politique de dénis marche pour tout ce qui est liaison (avoir des enfants, être en couple, s’afficher → exclusion). On ne parle pas de l’éventuelle sexualité d’un habitant et d’un malade mental. Il y a donc un réel tabou entre le mélange de la personne normale et le malade mental.

 

 

Le devenir de ces travaux :

 

Au Brésil, au Venezuela et en Inde, les pratiques en psychologie sont différentes. Ils sont plus sur le terrain et sont plus en réponse à des problèmes sociaux (demande sociale du gouvernement).

On reste sur des partitions de la population (au Brésil, vision des malades mentaux pour les adolescents).

 

On a une vision approfondie de l’objet qui est assez large. Ce sont des objets pour lesquels il y a des enjeux. On en trouve des traces dans des travaux faits sur la maladie d’Alzheimer.

 

Il reste toujours des inconvénients. Jodelet a mis en évidence un certain nombre de choses, mais on ne peut pas avoir des connaissances scientifiques car on n’a pas fait la démarche d’administration de la preuve.

Lien étroit entre les pratiques et les représentations mais, sur le plan de la preuve scientifique, ce n’est pas suffisant.

 

2. Approche structurelle des RS :

 

Cette approche demande beaucoup moins de temps et peut être extrêmement rapide, mais on ne peut pas creuser.

Questions qu’on se pose :

- Comment les éléments composant le contenu d’une représentation sont-ils ordonnés pour former un système cohérent et logique ?

- Une RS est-elle un système clos ou un système ouvert sur le monde ?

- Quel est le système des échanges représentation/monde ?

 

On a trois types de travaux :

- Ceux qui s’intéressent au contenu de la structure, à la représentation de l’objet pour une population donnée (travail incontournable) ;

- Contenu + structure, et on y ajoute l’étude les pratiques qui vont avec (mais background théorique) ;

- Contenu + structure + Essayer de voir s’il n’y a pas en réalité des systèmes de représentation (représentations qui regrouperaient plusieurs objets : « macro-représentations »).

 

Méthodes utilisées : Méthodes majoritairement quantitatives : Questionnaires, associations à un mot inducteur, classements de termes ou de propositions.

- Questionnaires :

+ Utiles pour travailler sur le contenu et la structure d’une représentation.

- Choix multiples (choix et / ou classements de termes ou de propositions).

+ Ex : à quoi vous pensez et on vous donne des groupes de mots, on aide la personne à se creuser la tête.

+ Simple d’usage, avec des propositions négatives, positives ou neutres (choix et rejet de position).

- Association à un mot inducteur :

+ Utilisée ++ en clinique psychiatrique, on pose une question à une personne (ex : à quoi vous fait pensez… ?).

+ On doit répondre le plus vite possible par des groupes de mots, ou des mots → technique inductive (certains disent que ce qui est prononcé en premier, est le plus important pour la personne qui le dit).

+ C’est une technique rapide par rapport à l’approche globale.

+ D’un point de vue clinique, le plus important c’est les premières impressions. En sociale, on met un bémol : soit c’est ce que pense vraiment la personne, soit c’est un stéréotype.

→ Première vision de l’objet.

On va faire une hypothèse, un postulat.

 

Postulat :

RS partagée par un groupe.

L’objet doit avoir de l’importance pour la population.

Cela suppose : de travailler sur une population « homogène », que l’objet soit le centre d’intérêt et porteur d’enjeux pour le groupe, qu’il n’y ait ni interdits ni restrictions à son sujet sinon la réponse risque d’être mauvaise et la vision très stéréotypée, que les responsables du groupe n’interviennent pas de manière directive. Il ne faut pas de leader.

On ne peut pas travailler sur des objets qui ont des tabous (maladies mentale avec questionnaires : moyen)

 

a. La théorie du noyau central :

 

Sous-bassement théorique : Abric (1976).

Dans toutes les RS, il y a deux dimensions :

- Dimension centrale / système central.

- Dimension périphérique / système périphérique.

On va donc commencer par trouver son système central.

 

Quelle que soit la nature des éléments d’une RS, son contenu est toujours organisé autour d’une signification centrale. Les autres éléments de la RS en dépendent directement sont des éléments périphériques :

- Système central : éléments qui définissent vraiment l’objet pour les personnes, donnent la signification. Eléments partagés par tous. Donne son sens et sa cohérence à la RS. Il est Stable et rigide. Il est Consensuel.

→ Représentation individuelle.

+ Le noyau est certes central mais il est difficile à faire changer.

- Système périphérique : comporte des éléments variables d’un individu à l’autre. Ces éléments sont de moyenne ou faible importance. Ils sont sensibles à la réalité extérieure. Le système périphérique permet l’adaptation de la RS à la nouveauté.

→ Représentation collective.

+ Le système périphérique permet le filtrage de la réalité, d’accepter les changements et donc protège le système central.

 

Modalités d’étude d’une RS :

La représentation est à la fois un système clos et un système ouvert. Métaphore : c’est un fruit avec un noyau. Les éléments périphériques gravitent autour. Tout ce qui les environne c’est la réalité.

On postule que c’est la réalité externe, par le moyen des pratiques nouvelles, qui est à l’origine des transformations d’une RS.

On travaille donc sur le contenu de la RS, les pratiques sociales et on effectue des comparaisons entre groupes.

 

 

La zone périphérique représente la nouveauté, la dynamique, tout ce qui bouge autour de nous.

La dynamique est dans les échanges entre la périphérie des représentations et les éléments extérieurs (la réalité).

On aborde l’idée d’interface représentation-réalité, mais surtout celle de changement. On peut alors voir si des groupes ont des représentations différentes.

Plus les objets qu’on étudie sont ciblés, petits, concrets, plus ça va marcher (ex : représentations des cadres, employés, études, policier, etc.). Les objets étudiés sont plus concrets que l’approche globale. Tant que ça n’atteint pas la zone centrale, il n y a pas de changements et donc la représentation ne prend pas forme.

Cette approche marche pour des objets bien concrets et non affectifs.

Si la représentation se transforme, c’est parce que les pratiques bougent.

 

On peut avoir plusieurs objectifs dans une recherche :

- Découvrir comment s’organise la représentation (éléments centraux + éléments périphériques).

- On va s’intéresser à l’évolution au fil du temps, c’est une approche longitudinale avec un même groupe et un même objet.

 

On peut comparer les représentations de plusieurs groupes : on va s’intéresser à la réalité extérieure : qu’est-ce-qui vient de la réalité extérieure et qui va transformer la représentation ?

On peut s’intéresser aux comportements, aux liens entre RS et les pratiques.

 

 

Qu’entend-on par pratiques sociales ?

«  Ce sont des systèmes complexes d’actions, socialement investis (tous les membres du groupe) et soumis à des enjeux (particuliers) socialement (relations à l’intérieur du groupe) et historiquement (histoire du groupe, qui a un passé et éventuellement un avenir) déterminés ».

C’est l’ensemble de conduites finalisées par tous les groupes sociaux.

 

Liens pratiques/RS :

En théorie : toute transformation des pratiques d’un groupe modifie leur RS de l’objet et corrélativement, toute transformation de la RS de l’objet entraine une modification des pratiques y correspondant.

 

b. Illustration :

 

Quel genre de pratiques peut changer une RS ?

Que se passe-t-il quand on nous donne des infos qui ne nous correspondent pas ?

 

Ex : interdiction de chasser le lapin car il y’en a de moins en moins. Les chasseurs étaient donc obligés d’appliquer de nouvelles pratiques. Or,

- Quand nous n’aimons pas → on rejette.

- Et quand on n’a pas le choix → obligation d’accepter.

 

Les pratiques sont complètement en contradiction avec la RS.

Ex : une loi ne peut pas se contourner longtemps.
 

Ex : La fonction d’infirmière (Guimelli et Jacobi, 1990 :

Les pratiques nouvelles (modifications de la fonction par la législation) transforment la RS de la fonction d’infirmière.

Coexistent donc deux représentations attachées soit au champ traditionnel (exécution des actes prescrits par le médecin) soit au champ du « rôle propre » (spécificité de la profession d’infirmière).

 

 

Hypothèse de départ : Ce sont les pratiques qui vont avoir un impact sur les représentations.

Population de l’étude : infirmières en poste dans les hôpitaux et développant soit le rôle traditionnel soit le rôle propre.

 

Champs d’applications des soins :

- Champ traditionnel : exécution des actes prescrits par le médecin.

- Champ du « rôle propre » : spécificité de la profession d’infirmière.

→ Définir tout un ensemble de compétences qui sont surtout au niveau relationnel. Cela les éloigne du titre de simples exécutantes du médecin.

Questionnaire de caractérisation « Rôle prescrit » :

- exécuter fidèlement les prescriptions médicales.

- surveiller étroitement les résultats des traitements.

- expliquer à un patient une technique chirurgicale.

- pouvoir effectuer les soins médicaux d’urgence.

- être performant dans les techniques chirurgicales de pointe.

- être bien intégré dans une équipe soudée.

 

 

Questionnaire de caractérisation « Rôle propre » :

- savoir conduire des entretiens auprès des malades.

- disposer d’une marge d’initiatives satisfaisante.

- participer à la formation des élèves et personnels auxiliaires.

- participer efficacement à l’éducation des malades.

- pouvoir considérer le malade comme une entité.

- pouvoir déléguer des soins aux aides soignants et les coordonner.

Observations :

a) les infirmières astreintes au rôle classique ont un système central de représentation organisé autour du rôle classique (prescriptions médicales, techniques chirurgicales, traitements, soins, diagnostics).

b) Les infirmières pratiquant le rôle propre ont une représentation organisée autour d’éléments liés à ce même rôle (entretiens avec les malades, marge d’initiatives, formation des élèves, éducation des malades).

 

Résultats : les pratiques des infirmiers vont rejaillir sur la représentation qu’ils ont de leur métier.

Conclusions :

a) Quand les informations ou les pratiques sont en contradiction avec la RS, soit il y a rejet des informations ou pratiques, soit il y a transformation de la RS. Cette transformation peut être soit progressive (comme dans le cas de la fonction d’infirmière) soit brutale (avec dans ce dernier cas, formation de schèmes étranges à l’intérieur de la RS).

b) Les représentations de divers objets peuvent former entre elles des réseaux plus ou moins intriqués (exemple : les RS de l’emploi, du travail et du métier).



27/04/2013
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