Cours de psychologie

Représentation et attribution sociale - cours (suite)

Liens entre plusieurs objets de représentation : l’activité professionnelle :

 

Expérience : auprès de chômeurs de longue durée et de militaires en reconversion.

 

Les termes que l’on emploie pour désigner l’activité professionnelle, ne recouvrent pas la même chose, elles n’ont donc pas la même représentation.

Dans cette expérience, les questionnaires diffèrent sur les différents mots pour désigner l’activité professionnelle. Soit avec le mot :

                - emploi.

                - travail.

                - métier.

 

Résultats :

En fonction du mot que l’on emploie, on n’aura pas la même représentation.

→ Pour le mot « travail » :

                - salaire + contraintes + horaires.

                - militaires : obligations + fatigue + entreprises.

                - chômeurs : relations humaines + évolution + bien être.

 

 

→ Pour le mot « emploi » :

                - salaire + entreprise + horaires.

                - militaire : stabilité + entreprise + métier.

                - chômeurs : sécurité + loisirs + chômage.

 

 

→ Pour le mot « métier » :

                - compétences, art, artisanat, savoir-faire, accès à l’emploi.

                - militaire : accès à l’emploi + reconnaissance + formation + expérience + plaisir.

                - chômeurs : salaire, apprentissage, épanouissement.

 

 

→ C’est le mot « métier » qui a la meilleure RS.

Dans tous les cas, il leur manque l’idée de la production.

 

 

Thème : « L’influence des médias sur les jugements (attributions) et les représentations sociales ».

Le lecteur va-t-il aller sur la piste terroriste ? On va regarder le poids des médias sur les gens, dans leurs représentations et au long terme sur leurs explications données par rapport aux éventuelles causes de l’explosion.

 

Rappels du scénario : « …une forte explosion … dans grosse usine de matériel informatique équipant l’aviation civile et militaire Britannique et Européenne. …banlieue très urbanisée ... détruit la totalité de l’usine, ébranlé les immeubles d’habitation du quartier... on dénombre 47 morts et au moins 250 blessés… la police ne fait état d’aucune revendication mais a procédé sur place à des arrestation … 2 britanniques (un jeune déjà fiché … pour implication dans une affaire de crime, et un quadragénaire qui n’a pu justifier sa présence sur les lieux), un Africain en situation illégale inconnu de la police, un arabe fréquentant une mosquée du quartier… connue pour les prêches propagandistes de son Imam…. des perquisitions devraient avoir lieu dans l’entourage des suspects, cependant, les enquêteurs ne privilégient pour l’instant aucune thèse et explorent toutes les pistes, y compris celle de l’accident (…). ».

 

Variations :

   - scénario classique d’étude des situations critiques.

   - insertion d’une variation dans l’étiquetage de l’un des suspects (V.I) : « Arabe » vs « Islamiste » VS « Musulman ».

   - lien avec l’expression sociale et médiatique du terrorisme.

Travail collectif : annulation mentale :

   - Q.1 : indiquez les 4 faits pouvant changer le cours des choses.

   - Q.2 : choisir des éléments pouvant expliquer l’événement.

   - Q.3 : scénario type rapport de police (avec conclusion).

 

Résultats :

Q.1)

 

 

Les chiffres ci-dessus correspondent à des % de réponses.

Pour chaque colonne du tableau, le % le plus fort est mis en rouge et les % supérieurs à 20% en gras.

→ Réponse dominante : erreur humaine (de la part des employés).

 

Q.2)

 

 

Erreur humaine, concours de circonstance, groupes terroriste local

 

Q.3)

 

 

 

Accident, attentat.

Questionnaire individuel :

1) éléments les plus importants pour l’enquête.

2) évaluation de diverses pistes (11).

3) ce qui oriente les soupçons pour chaque suspect.

4) l’individu qui est le meilleur coupable.

5) nature de l’événement.

 

Q.1)

 

 

Les chiffres ci-dessus correspondent à des % de réponses. Pour chaque colonne du tableau, le % le plus fort est mis en rouge.

 

Q.3)

 

 

Les chiffres ci-dessus correspondent à des % de réponses.

 

Q.4) : le « meilleur » coupable.

 

 

Les chiffres ci-dessus correspondent à des % de réponses. Pour chaque colonne du tableau, le % le plus fort est mis en rouge et les % supérieurs à 20% en gras.

 

Q.5) : nature de l’événement.

 

 

Q.2) : pistes les plus plausibles

 

1/ analyse de la variance croisant Q2 et Q5 (items de la Q2 spécifiques à chaque conclusion de la Q5) :

Accident : mauvais état des machines, non respect règles sécurité, erreur humaine, concours de circonstances.

Attentat : Al Qaïda, groupe terroriste local, suspects appartenant à une organisation terroriste.

Crime : règles de sécurité non respectées, groupe terroriste local, vengeance criminelle.

Conclusions : il semble que les choix faits en Q2 influencent les conclusions en Q5. Donc :

                - le choix explicatif/représentationnel repose sur la première impression.

                - les conclusions sont en cohérence avec ces premières impressions.

 

2/ analyse de la variance croisant VI (terme utilisé pour qualifier l’un des suspects) et Q2 items de la Q2 spécifiques à chaque terme utilisé :

Arabe : erreur humaine.

Islamiste : règles de sécurité non respectées.

Musulman : groupe terroriste local, suspects appartenant à une organisation terroriste.

 

Conclusions :

                - incohérences et absence de rapport entre les items de Q2 retenus et les 2 premiers termes qualifiant l’un des suspects.

                - cohérence entre les impressions de départ (réponses à Q2) et l’utilisation du 3° terme.

 

Une RS se forme sous un processus de et d’ancrage ??

On retient les éléments qui expliquent le mieux le fait (30%).

Les résultats reposent sur notre première impression.

 

Liens RS/attributions :

 

Conclusion du cours : Liens RS/attributions :

1/ RS : construction de la réalité et des objets :

                - attribution = activité organisatrice (elle sert à donner du sens aux événements).

                - RS = système cognitif et affectif organisé.

2/ Partage des RS dans un groupe, attributions fonctionnant dans le sens de ce partage.

3/ Différenciation sociale entre les groupes : les représentations orientent les attributions entre groupes.

 

Autrement dit :

   - 1) mes RS nous servent à construire la réalité et avoir une vision des objets qui nous entourent or pour construire cette réalité, j’utilise des attributions (faire des attributions = organiser les éléments de l’environnement, il se passe quelque, je me demande pourquoi, j’en cherche les causes).

Une RS contient un système d’explications qui sert à organiser tous les éléments les uns avec les autres.

   - les RS sont partagées dans un groupe, donc avec des communications, nous la faisons fonctionner dans les attributions.

   - sert à créer de ma différence entre groupes.

 

RS/Attributions : relation dialectique :

Les RS influencent les explications des événements en rapport avec l’objet représenté.

Les liens effets/causes participent à la création /transformation/actualisation des RS.

 

c. Approche expérimentale de la transformation des représentations sociales :

 

Objectif :

Provoquer expérimentalement une/des modification(s) dans la RS d’un objet. On s’attend du fait de la logique expérimentale, à ce que le changement dans la RS soit effectif et immédiat mais peu durable dans le temps. A long terme, on souhaite parvenir à une application concrète des découvertes expérimentales.

 

Questions de départ :

Quel contenu de RS peut-on transformer expérimentalement : Éléments centraux ou périphériques? Comment agir sur une RS pour qu’elle se transforme : Attaque centrale ou périphérique ? Comment procéder pour obtenir cette transformation : Manipulation expérimentale optimale ?

 

Règle de base :

Si on obtient des modifications dans le système périphérique, on parlera d’évolution de la RS. Si on obtient des modifications dans le système central, on parlera de transformation de la RS.

 

Méthodologies :

Propres à la théorie du noyau central (Questionnaires, Choix multiples, Associations à un inducteur…) + Procédure expérimentale (Mise en place d’un protocole et détermination des variables).

 

Etapes d’un protocole expérimental classique :

    - Pré-enquête : exploration de la RS de l’objet (entretiens), puis conception d’un questionnaire de représentation destiné à l’expérimentation proprement dite.

    - Expérimentation en 3 étapes :

         + Etape 1 : Connaissance de la RS :

               . Questionnaire issu de la pré-enquête (connaissance des EC et EP).

               . Sélection des éléments à « attaquer » dans la manipulation expérimentale.

               . Montage de l’expérience.

         + Etape 2 : expérimentation et mesure du changement :

               . Exposition des sujets à la contradiction d’un ou plusieurs éléments de la RS (Même population qu’en étape 1, Se déroule 2-3 semaines après l’étape 1).

               . Mesure de la transformation immédiate de la RS (Passation du même questionnaire qu’à l’étape 1).

         + Etape 3 : nouvelle mesure du changement :

               . Mesure de la transformation différée de la Représentation (étape facultative) : Se déroule 2-3 semaines après l’étape 2 (Passation du même questionnaire qu’aux étapes 1 et 2).

               . On peut mesurer le changement obtenu :

    - Seulement sur les éléments «attaqués» (étude des modalités de «l’attaque»).

    - Sur la totalité des éléments de la RS (étude des conséquences de «l’attaque»).

 

Exemple de mesure des seuls éléments attaqués : (Mugny, Moliner et Flament, 1997).

 

 

Mesure de tous les éléments de la RS :

Etude des conséquences de l’attaque.

 

EC :

→ Système central.

→ Système périphérique.

 

EP :

→ Système central

→ Système périphérique.

 

Choisir un ou plusieurs EC versus EP ?

Choisir en fonction de la force des liens entre EC et EP ?

 

Manipulations expérimentales possibles :

 

Travailler sur les communications, lieu d’élaboration des RS. On utilise alors les théories de l’influence sociale.

La manipulation expérimentale peut porter :

   - Sur le message (contradiction d’1 ou plusieurs EC vs EP).

   - Sur la source du message (personne crédible ou non, nombre de personnes….).

 

Exemple de protocole d’expérience :

 

 

Travailler sur les pratiques qui sont en interaction avec les RS. On utilise alors des actes engageants (cf. Théorie de l’engagement : Kiesler, 1971).

L’engagement c’est :

   - Le « Lien qui unit l’individu à ses actes comportementaux » (Kiesler et Sakumura, 1966).

   - « L’engagement correspond, dans une situation donnée, aux conditions dans lesquelles la réalisation d’un acte ne peut être imputable qu’à celui qui l’a réalisé » (Joulé et Beauvois, 1998).

La stratégie de l’engagement c’est :

   - Acte engageant = réalisation « en toute liberté » d’un comportement contraire à nos convictions ou nos attitudes.

   - Contradiction liée à l’acte accompli : mise en place d’un processus de rationalisation ou de réduction de la dissonance.

   - Alignement des convictions et attitudes sur l’acte accompli et non l’inverse.

Différentes stratégies d’engagement existent. Par exemple :

   - Pied dans la porte : requête d’un acte peu coûteux suivi d’un plus coûteux (acte engageant).

   - Porte au nez : requête d’un acte extrêmement coûteux suivi d’un moins coûteux (acte engageant).

   - Amorçage : décision prise sans disposer de toutes les informations. Persistance de la décision (acte engageant).

Différentes modalités d’engagement existent. Par exemple :

   - Engagement public.

   - Caractère explicite de l’acte engageant.

   - Plusieurs actes (ou plusieurs fois le même acte).

   - Acte irrévocable.

   - Nombreuses conséquences.

   - Acte coûteux.

   - Fort sentiment de liberté.

 

Exemple d’étude : Les économies d’énergie (Joule & Beauvois, 1998). Protocole mis en place :

1/ Pied dans la porte (entretien de 10 minutes + acceptation d’une réunion).

2/ Amorçage : obtention de décisions collectives engageantes.

3/ Engrenage : nouvelle requête de poursuite de l’acte engageant.

 

 

II. Attribution sociale.

 

 

I. Introduction : le cadre de la pensée sociale.

II. Les théories de l’attribution :

   1. Définitions.

   2. Première théorie et modèles d’attribution classiques.

   3. Les biais cognitifs.

   4. La dimension sociale des attributions.

III. Les représentations sociales :

   1. Pensée sociale et représentations: antécédents, définitions.

   2. Quelques orientations de recherche sur les représentations en psychologie sociale.

IV. Représentations sociales et attributions : liens et proximités.

 

1. Introduction : le cadre de la pensée sociale :

 

a. Pensée scientifique :

 

Standardisée : sous contrainte, cadre fort, peu de liberté dans le fonctionnement.

Cherche une forme de vérité (connaissances objectives).

Applique les principes de rationalité et d’objectivité.

Recherche des lois générales de fonctionnement.

Progresse du général au particulier.

 

b. Pensée sociale :

 

Cherche des connaissances pratiques.

Enracinée dans l’expérience des personnes.

Gestion des situations concrètes.

Raisonnement focalisé sur le cas particulier.

Recherche l’utilité sociale des inférences.

Progresse du particulier au général.

 

La pensée ordinaire est dite sociale parce que :

   - Elle est partagée par un ensemble de personnes.

   - Elle est élaborée à partir de différentes formes de communication.

   - Elle sert à maîtriser l’environnement.

   - Elle a une pertinence pratique.

 

2. Les théories de l’attribution :

 

a. Définitions :

 

Attribution causale : le fait d’observer un acte et d’en rechercher les causes pour lui donner une explication. C’est un fonctionnement qui est basé sur les inférences qui vont consister à déduire de ce que l’on observe, un certain nombre d’informations qui vont nous conduire à émettre un jugement.

 

Attributions :

   - explications/compréhension des faits et événements quotidiens.

   - recherche des causes d’un acte ou d’un événement.

On fait des attributions quand :

   - on nous demande de rechercher des causes.

   - en cas de doute ou d’incertitude.

   - quand un acte est inhabituel ou inattendu (motivé pour raisonner).

   - lors d’un échec (le mien, celui de quelqu’un d’autre, je veux savoir pourquoi).

 

Quand est-ce-que je suis plus le tenté, le plus motivé ?

 

Suffisant pour mettre en place des théories → 1944-1948, Heider : Il est le 1er à s’interroger aux processus d’attribution et à la perception des personnes. Il s’est demandé dans quelles conditions se forment nos impressions sur les autres (traits de personnalités, sentiments, intentions, etc.).

Selon lui, c’est d’après ce que fait ou dit une personne que l’on peut inférer des traits de personnalité, des sentiments, des intentions. On établit un lien entre le comportement d’une personne et ses causes.

Il s’est intéressé par la confrontation entre plusieurs personnes (où des personnes étaient en interaction), se demande « comment je réagis par rapport à une personne nouvelle ? », « comment je me forme mon impression ? », « comment j’en parle ? ». Il a essayé de comprendre toutes les interactions possibles entre les personnes puisqu’il y a des régularités dans le fonctionnement de l’être humain (vital pour l’homme de comprendre ces interactions, car il n’aime pas avoir des incohérences et des incertitudes). La meilleure façon est de trouver une attribution, ou une explication qui soit stable ou générale.

 

b. Première théorie et modèles d’attribution classiques :

 

Théorie de Heider (1944, 1958) :

 

- Attributions = formes d’explications qui rendent compréhensibles :

    + Nos actions (auto-attributions) : on donne des attributions sur notre/nos propre(s) actions, on veut les rendre compréhensibles pour nous et pour les autres.

    + Celles des autres (hétéro-attributions) : qui ont pour but de rendre compréhensible les actions des autres.

Cette recherche des causes va nous permettre de donner un sens à ce que l’on voit.

- Attributions = codage de l’information pour obtenir une description économique et stable de ce qui est expliqué (je code cette information pour la simplifier, afin d’avoir quelque chose de stable et qui va durer).

 

Perception des causes (exemple donné par Heider, 1958) :

 

Personne à qui il arrive quelque chose de négatif ou de désagréable alors qu’elle est dans son quotidien habituel.

La première chose qu’elle va faire, c’est se demander « pourquoi ça m’arrive ? » → Pourquoi ?

Elle va faire des inférences, des hypothèses.

 

Premier niveau de réponse :

                - C’est la faute de quelqu’un d’autre.

                - C’est le hasard (ça aurait pu tomber sur quelqu’un d’autre).

                - C’est de ma faute (ex : un échec lors d’un entretien d’embauche)

Ce que va faire la personne pour essayer d’expliquer son origine du désagrément est une recherche sur l’une de ces causes.

Que va-t-on préférer parmi ces trois réponses?

       - Si hasard : on ne peut pas aller plus loin dans l’explication (élément non maîtrisable).

       - Si ma faute : ça me servira de leçon, je vais tout mettre en œuvre pour ne pas que ça se passe.

J’ai mon explication causale à ce qui s’est produit donc je ne vais pas plus loin.

       - Si autre personne : Heider constate que l’on n’est pas satisfait et c’est là que l’on va recommencer à se redemander pourquoi → je passe alors au niveau 2 : l’intention.

 

Niveau 2 :

Pourquoi cet événement désagréable m’est-il arrivé ? Pourquoi cette personne m’a-t-elle fait ça ?

     - Si accidentel → on ne peut pas aller plus loin (elle ne l’a pas fait exprès, soit je pardonne/soit non, mais quoiqu’il en soit on ne va pas plus loin).

 

 

     - Rendre service : elle a voulu me servir de leçon (ex : enfant avec allumettes, on lui dit plusieurs fois de ne pas jouer avec et c’est une fois qu’il se brûle qu’il a compris), elle a voulu me faire comprendre quelque chose → j’ai mon explication.

     - Si elle a voulu me faire du mal (cette autre personne a voulu me faire du mal, ce n’est donc pas un accident, ni rendre service, mais elle avait bien eu l’intention de me faire du mal) → mais pourquoi a-t-elle voulu me faire du mal ?

 

Niveau 3 :

    - Mauvaise humeur : (elle était de mauvaise humeur or c’est passager, donc je ne peux pas lui en vouloir).

    - Agressivité (temporaire ? ou c’est son caractère ?).

    - Antipathie.

 

 

Je m’arrête là où je suis le plus satisfait.

(Une personne peut dire que c’est accidentel, d’autre le hasard etc.).

C’est un jugement (ex : si je dis que c’est de l’agressivité, je l’ai étiqueté).

 

 → Nous sommes tous motivés à trouver des explications dans les actes des personnes.

 

Pourquoi cette forte motivation ?

Pour un Homme, une fois que l’on a expliqué cet événement, on peut passer à autre chose. Au moins je sais à quoi me tenir avec cet événement là.

Tant que j’ai mon explication, je m’arrête.

 

 

Nos attribuons obéissent à des caractères de formes.

2 facteurs-causes principaux (Heider, 1944, 1958) :

1/ la forme des attributions :

      - Causes internes (caractéristiques personnelles de l’acteur, uniquement l’auteur).

      - Causes externes (impersonnelles, non lié à des personnes visibles) :

           a/ situation, environnement, contexte.

           b/ autres personnes que l’acteur.

On a une grande préférence aux causes internes (par rapport aux causes externes).

2/ La nature des attributions :

      - Causes stables (cause que je peux appliquer à tout un ensemble d’acte).

      - Causes instables (pas maîtrisable, je n’ai aucune prise).

On a une préférence sur les causes stables et maîtrisables. Car en modifiant notre environnement, ce sont des attributions qui vont nous permettre d’expliquer de nombreux éléments de la vie quotidienne. Cela nous permet de céder de manière simple toutes les apparences d’un événement. Ainsi on va obtenir une représentation stable d’événement qui sinon resterait complexe. Les attributions déterminent en fait ce à quoi nous nous attendons (ex : de la part d’une personne) et la façon dont nous devons réagir à ces actes. C’est la raison pour laquelle on est motivé pour arriver à des attributions stables et ordonnées.

(La meilleure cause que l’on peut trouver, c’est la personnalité de quelqu’un, pour cela on est prêt à tout au quotidien,  pour pouvoir stigmatiser cette personne. On a l’impression de la maitriser).

 

Dans les années 60, on a la fabrication de modèles.

Les chercheurs se sont uniquement intéressés aux causes internes.

 

Ross (1977) établit une préférence de l’être humain pour les attributions internes.

 

→ L’erreur attributive fondamentale (EAF).

 

Modèle de Jones et Davis (1965) :

 

Les inférences correspondantes :

    - Concerne seulement les actes et non les événements.

    - Met en scène 1 observateur et un acteur : l’observateur effectue des attributions sur l’acte accompli par l’acteur.

    - Modèle qui traite uniquement du processus d’attribution de causes internes à l’acteur.

 

A partir de ces trois restrictions, il va mettre en place un modèle :

 

 

1) On a au départ un acteur et une action.

     - Je vois l’acteur agir mais ce qui m’importe ce sont les effets de ces actions.

2) Ensuite, il faut que je démarre un modèle qui va permettre à l’observateur d’établir une relation entre l’acteur et ses actions.

3) L’acteur est pleinement conscient de ce qu’il fait, il sait qu’il agit pour faire ses effets là.

4) Il a la capacité à produire ces effets.

    - Je vais me poser : pourquoi cette action ?

Notre acteur a accompli cette action et pas une autre (mais il y a d’autres façon d’agir, on va devoir examiner toutes les actions possibles pour trier ces effets parmi tous les effets possibles, qu’est-ce-qui distingue cette action que l’acteur n’a pas fait ?

5) Il a fait cette action X avec des effets Y pour avoir telles ou telles intentions.

    - Je vais creuser au-delà de ces intentions pour obtenir des causes stables → disposition(s) (c’est la chose la plus stable que nous avons).

 

Ex : Monsieur X a décidé d’acheter une maison à la campagne.

En tant qu’observateur, je cherche ses intentions (s’isoler, se mettre au vert ? etc. et pourquoi avait-il cette intention ? → Il a besoin de se mettre au calme (= disposition)).

Une fois que je sais que Monsieur X est porté sur le calme, une fois que j’aurais fait ces déductions sur son comportement, je vais savoir comment me comporter avec lui.

Désirabilité d’une action.

Dans toute société, il y a des attentes : « ça c’est bien »,  « ça ce n’est pas bien » etc. → on attend de moi que j’agisse comme ça.

Attentes normatives : celles que l’on attend car « c’est normal ».

 

Aujourd’hui, modèle encore efficace.

 

Modèle de la co-variation (Kelley, 1967, 1972) :

 

- Part du principe que l’individu fonctionne comme un statisticien naïf.

- Concerne :

     + Les attributions internes et externes.

     + Les auto- et hétéro-attributions.

- Co-variation : l’élément choisi comme cause est ce qui est présent quand l’événement se produit et absent quand l’événement ne se produit pas.

 

Modèle de Kelley (1967, 1972) :

 

4 facteurs de variations sont pris en compte :

1/ l’objet sur lequel porte l’attribution.

2/ Les personnes en interaction avec cet objet.

3/ Les modalités temporelles de l’interaction avec l’objet.

4/ Les modalités circonstancielles de l’interaction avec l’objet.

Ex : Une personne aime un film : pourquoi ?

1/ Cela vient du film lui-même :

Critère de consensus.

2/ Cela vient de la personne :

→ Critère de différenciation.

3/ Cela vient du temps et des circonstances :

→ Critère de constance.

 

Si c’est un bon film alors : tout le monde l’aime (fort consensus), quel que soit le moment et en toutes circonstances (forte constance) et l’acteur n’aime pas tous les films (forte différenciation) → Attribution externe.

Si cela vient de l’acteur alors : il aime tout le temps tous les films (forte constance), ce film n’est pas aimé de la majorité (faible consensus) → Attribution interne.

 

Intervention de plusieurs causes, toutes indispensables à la production de l’action : schéma des causes multiples nécessaires.

On ne fonctionne pas tout le temps ainsi :

   - Sélection de la/les causes qui ont le plus de poids : schéma à causes multiples suffisantes (la cause qui nous convient).

   - Relation additive entre plusieurs causes : schéma des causes compensatoires (on ajoute des causes).

 

Pourquoi on ne se comporte pas de la meilleure façon qu’il soit et pourquoi faisons-nous des erreurs ?

 

Récapitulatif :

 

Heider : situations où peu d’informations sont disponibles.

Jones et Davis : perception des personnes (acteurs) et situations fortement structurées.

Kelley : existence d’un grand nombre de causes possibles.

 

c. Les biais cognitifs :

 

Individu = statisticien.

→ S’efforce d’être objectif sans y parvenir.

→ Recherche des invariants mais s’y prend mal.

Donc il pense moins bien que le scientifique, c’est-à-dire :

   - Néglige ou surévalue certaines informations.

   - Emprunte des raccourcis.

 

L’erreur attributive fondamentale (Ross, 1977).

 

« Tendance générale à surestimer l’importance des causes personnelles ou dispositionnelles ».

On se pose souvent : « A qui la faute ? », plutôt que « à cause de quoi ? ».

3 explications :

   - Cognitive (sélection erronée d’informations) : dans la mesure où l’erreur est généralisée, il y a une sélection fausse de l’information, nous fonctionnons avec des préférences. J’aurais tendance à rechercher une forme de responsabilité.

   - Motivationnelle (besoin de prédire) : nous aurions un besoin de prédire ce qui va se passer par la suite et surtout de prévoir le comportement des personnes.

   - Sociétale (existence d’une norme sociale) : souvent favorisée par les sociétés expérimentales = la norme d’internalité (tendance des formes internes)

 

La divergence acteur/observateur.

 

Ici on établit, que nous ne réagissions pas de la même façon quand nous sommes acteur (quand on explique nos propres actions ou celles où nous avons à faire) que lorsque nous sommes observateurs.

Les attributions des acteurs sont externes et celles des observateurs sont internes.

Explications :

   - Ils ne disposent pas des mêmes informations : je connais mes comportements habituels et j’ai tendance à considérer que mes actes sont constants et reflètent ma personne, ce ne sont pas mes comportement qui vont ressortir mais tout ce qui est autour (personnes etc) et donc je vais attribuer des causes à cet environnement. En tant qu’observateur, j’ai surtout besoin d’avoir des informations.

   - Ils traitent différemment les informations disponibles.

 

Externe → acteur.

Interne → observateur.

Succès et échecs.

 

Succès :

→ Soi : attribution interne.

→ Autrui : attribution externe.

Echec :

→ Soi : attribution externe.

→ Autrui : attribution interne.

 

Il y a des biais et divergences liées à des échecs et des succès. Quand je fais une action, où je réussis, où je rate.

   - Quand succès : je suis le plus fort, je suis le meilleur → interne.

   - Une amie réussit → interne : je traite les gens proches de moi un peu comme moi, je lui attribue le succès car je l’apprécie.

   - Si je n’aime pas cette personne → externe, « c’était de la chance ».

 

Succès et échecs (Weiner, 1974).

 

Weiner : a considéré qu’il pouvait y avoir plusieurs causes internes et externes.

 

Succès :

→ Soi : interne capacité (plus capacité que pour mon travail).

→ Autrui proche : interne effort.

→ Autrui éloigné : externe chance.

Echec :

→ Soi : externe difficulté tâche.

→ Autrui proche : idem.

→Autrui éloigné: interne : peu de capacités.

 

Heuristique de représentativité.

 

Raisonnement raccourci mais risqué et va se substituer à un raisonnement plus long, détaillé mais moins risqué.

Avantages : on a très vite la solution du problème, du coup on fait moins différent (« on dépense moins de ressources cognitives »).

 

Expérience de Kahneman et Tversky (1973) :

100 interviews : 30% avocats, 70% ingénieurs, 30% ingénieurs, 70% avocats.

Afin de faire des profils types.

A la suite, il faudra dire : c’est un avocat ou un ingénieur.

Si condition 1 : j’ai plus de chances de tomber sur la fiche d’un ingénieur ou d’un avocat.

 

Exemple de fiche : Jacques est âgé de 45 ans. Il est marié et a 4 enfants. Il est généralement modeste, consciencieux et ambitieux. Il ne montre de l’intérêt ni pour la politique ni pour les questions sociales et consacre la plupart de son temps libre à ses nombreux loisirs comme le bricolage, la voile ou la résolution de problèmes mathématiques.

 

Je préfère les informations avec ce que je sais déjà.

Représentativité : j’ai plusieurs éléments concernant un ingénieur, un certain nombre de représentations. C’est notre expérience, nous avons un profil type d’un certain nombre de personnes.

Le premier jugement a tendance à rester, on ne révise pas notre jugement mais on garde une certaine suspicion : biais de supposition d’hypothèses.

 

Croyance en un monde juste (Lerner, 1980).

 

« Dans la vie les gens ont ce qu’ils méritent et méritent ce qu’ils ont »

Cette croyance génère :

   - De l’harmonie.

   - Des pensées positives.

   - Elle diminue le poids de l’aléatoire.

Quand on ne peut pas réparer la faute, on a tendance à blâmer la victime !

Nous voulons ce qu’il nous revient et ainsi pour les autres.

 

d. La dimension sociale des attributions :

 

Jusqu’à maintenant, on considérait la personne comme un individu (un personnage tout seul, isolé en train de donner ses explications). Il y a donc forcément des cas où les attributions sont collectives. Et on va tomber sur des fonctionnements collectifs.

L’image que l’on a sur certains groupes sociaux a une grande importance sur nos représentations.

Ex : les stéréotypes (images simplifiées, modifiée, étiquette que l’on colle à un groupe social).

Ex : 14 – 17 ans, évaluer la performance (atteinte parfait du but) d’un homme ou d’une femme en train de réaliser une tâche dite spécifiquement masculine ou spécifiquement féminine → stéréotype du genre.

 

La tâche masculine :

Homme : interne

Femme : externe

Tâche féminine :

Homme : interne

Femme : interne les deux sont compétents.

 

Cela marche pour tous les stéréotypes !!



12/07/2012
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