Cours de psychologie

Relations humaines - cours (suite)

2. Une théorie générale de la socialisation dans les groupes :

 

Une théorie générale de la socialisation dans les groupes à MORELAND et LEVINE (1982) :

    - Il y a trois étapes à la base du modèle (out examen) :

           + Evaluation.

           + Engagement (à un moment donné on n’est pas entièrement engagé, accepté dans un groupe. L’engagement dans le groupe évolue dans le temps).

           + Changement de rôle.

                  . Ex : un noir, on va dire que leurs différences sont inscrites dans leur nature (grosse tête, inférieurs, etc…).

    - C’est un processus dynamique qui comporte une entrée, une évolution et éventuellement une sortie, avec des étapes.

    - Il y a 5 phases d’appartenance, stades de socialisation (MORELAND, LEVINE & CHOI, 2002) :

           + Investigation : membre potentiel. Point de transition = entrée dans le groupe.

           + Socialisation : nouveau membre. Point de transition = acceptation.

           + Maintien : membre a part entière. Point de transition = divergence.

           + Resocialisation : membre marginal. Point de transition = sortie.

           + Souvenir : ancien/ex-membre (il reste une influence).

Négociation continuelle entre le groupe et l’individu.

Pression vers l’uniformité et résistance à l’influence :

 

 

a. Engagement dans le groupe :

 

Rappel : ARONSON et MILLS (1959) → les effets de l’initiation.

L’investissement dans l’apparence : FESTINGER, RIECKEN et SCHACHTER (1956) → « When prophecy fails ».

 

b. Déviance et rejet :

 

Festinger (1950) : les membres recherchent le consensus afin d’atteindre les objectifs du groupe. Des règles sont nécessaires pour atteindre ces buts. D’où des pressions vers l’uniformité.

Prédit qu’un individu déviant risque d’attirer beaucoup de pression de la part du groupe. Il va rester dans le groupe à condition qu’il se laisse influencer. Si exclusion pas possible → devient virtuelle.

 

Illustration expérimentale :

    - Schachter (1951) : (déviant/conformiste/converti).

            + Groupes de 8 à 10 incluant 3 compères.

            + Discussion par exemple sur le sort d’un délinquant juvénile.

            + 1 compère déviant, 1 compère modal, 1 compère converti.

On constate que dans une 1ère phase de discussion le déviant et le converti (qui ne l’est pas encore) vont attirer l’attention du groupe (qui veut qu’ils soient uniformes). Le déviant va à un moment donné être exclu. Le converti, on continue à lui parler.

Au niveau de l’évaluation : le déviant est dévalorisé. Ce qui n’est pas le cas pour le converti et le conformiste.

    - Les pressions vers l’uniformité sont encore plus fortes lorsque l’existence du groupe est menacée :

            + LAUDERDALE et al (1984) : réplication de l’expérience de SCHACHTER (1951) où cette menace est manipulée.

            + ROKEACH, TOCH et ROTTMAN (1960) : analyse des canons émis par l’Eglise Catholique Romaine entre le Concile de Nicée (4ème siècle) et le concile de Trento (10ème siècle) l’intensité des sanctions prévues pour les dissidents est fonction directe des menaces dans l’institution faite à l’objet. Résistance à l’influence.

 

c. Pressions vers l’uniformité et résistance à l’influence :

 

La réactance (Brehm, 1966) : motivation à recouvrer sa liberté lorsque l’on croit que celle-ci est menacée.

Exemple : Wicklund et Brehm (1976) :

   - Orateur (favorable au changement d’âge de vote) censé parler au sujet de l’abaissement de l’âge du droit de vote. Annulé parce que malade ou parce que censure.

   - On prend leur opinion avant et après : dans le premier cas, il n’y a pas de changement, dans l’autre cas, il y a une augmentation du nombre de personnes favorables à l’abaissement de l’âge minimum pour voter.

L'unicité : le désir d’être différent, unique.

Exemple : Duval (1972) :

    - On fait passer un questionnaire de culture générale.

    - Le feedback donné après le questionnaire est le suivant : « Vous partagez 5 %, 50 % ou 95 % des 10 attitudes les plus importantes des étudiants. »

    - Résultat : les « 95% » se conforment le moins dans la tâche ultérieure d’estimation.

    - Conformisme selon le statut dans le groupe : les plus déviants sont les moins intégrés et les plus intégrés (Harvey et Consalvi, 1960).

 

3. Structure du groupe :

 

Sherif (1969) définit la structure de groupe comme « un réseau interdépendant de rôles et de statuts hiérarchiques ».

Rôle : attentes de comportements associés à des personnes particulières.

Différenciation progressive ou définition de façon formelle (équipe de travail, entreprise).

Statut : en plus de la différence des attentes, différence de valeur (lié à la comparaison sociale).

Leader : désigne l’individu le plus influent, la personne la plus populaire, le chef élu ou imposé… Sa caractéristique centrale : la personne qui exerce l’influence prépondérante sur le groupe.

 

a. Statuts et dynamique sociale :

 

La situation extérieure et les statuts :

- Sherif, Harvey, White, Hood, et Sherif (1961) : changement de leader en fonction de la situation intergroupe (compétition). Expérience faite en camps de vacances.

- Rabbie et Bekkers (1978) : politique plus compétitive décidée par un leader moins assuré de sa position.

 

Le leadership comme processus :

     - Hollander (1980): le crédit personnel (crédit idiosyncrasique) = modèle un peu économique : un chef pour gagner de l’assurance, il faut qu’il montre au groupe qu’il est la personne la mieux placée pour apporter le groupe à son but. Une fois qu’il a obtenu ces points, il peut essayer de mener le groupe là où il le souhaite.

            + Hollander : processus du leadership – interaction avec le groupe.

                    . Plus on montre qu’on avance vers les objectifs du leader, on voit que le leader gagne du pouvoir : d’influencer le groupe.

                    . Si le leader va dans le sens du groupe, il gagne du crédit.

    - Merei (1949): la conformité préalable. Il travaille avec des groupes d’enfants. Dans une première phase il ne fait qu’observer et repère le leader dans chaque groupe. Suite à ce repérage, on laisse le groupe se consolider pendant un an. Une fois que l’habitude est acquise, on retire le leader de chaque groupe pour le placer dans un autre. Il essaye de devenir le chef, mais il se heurte à la culture du nouveau groupe. Pour redevenir chef, ils doivent faire leurs preuves comme dans l’expérience de HOLLANDER.

            + On observe des groupes d’enfants et on voit les leaders émerger. Puis on recommence les groupes en enlevant les leaders. Et là avec de nouveaux leaders sortant des groupes, plus tard on y remet les anciens leaders.

                     . On constate que les anciens leaders vont tenter de le redevenir. Ceux qui arrivent à le redevenir sont ceux qui se conforment aux nouvelles règles.

                     . Ils gagnent du crédit par rapport aux autres. Ainsi ils peuvent réorganiser le groupe après.

            + Hollander : il montre aussi que le leader est plus influant par sa légitimité.

                     . Par tirage au sort, ceux qui sont moins légitimement élus (par le hasard), alors le leader tiendra moins compte de l’avis des membres du groupe.

Le leadership :

     - Sheriff et d’autres pensent que la structure et les rôles sont importants.

     - Rôle : dans un groupe, ce sont des attentes par rapport à une seule personne qui a un statut, notion de valeur, de pouvoir.

     - On va parler de leader, définir la personne qui a le plus d’influence dans le groupe, notion liée à l’autorité. Pouvoir d’obtenir sans recours à la force, un certain comportement de la part de ceux qui y sont soumis.

Qu’est ce qui fait d’être leader ?

     - Une approche personnologique : recherche les caractéristiques de personnalité. Il n’y a pas grand-chose.

     - L’assertivité : la capacité de prendre sa place dans la parole. Manifestation de confiance en soit, extravertie.

     - Approche situationniste : éléments de la situation qui font que la personne est leader.

     - Dès les années 50, on s’intéresse aux réseaux de communication dans les groupes.

 

Rechercher de Sande (1988) : étude sur des sujets sur 2 journées.

    - Effet de simple position. On est mis dans un endroit à un certain rôle et déjà on pense que vous en avez la correspondance, la carrure. On attend que le rapport de pouvoir soit là.

    - Approche interactionniste : entre les personnes.

    - Si compétition entre plusieurs, si leader passif, il peut-être remplacé.

Bales :

    - Leader qui pousse à la tâche.

    - Leader rentré sur la relation entre les membres du groupe.

    - Ces 2 types de leader vont émerger et pas forcément la même personne qui fera ce même rôle.

 

b. Le pouvoir : des conséquences négatives ?

 

Lewin, Lippit et White (1939): les styles de leadership (autocratique [à tout moment c’est l’enfant qui décide ce qui va se faire], démocratique [demandent avis de l’enfant pour chaque acticité] et laisser faire).

   - On forme des groupes avec des enfants, et on leur impose un style.

   - On observe que les styles autocratiques et démocratiques sont plus efficaces que le laisser faire.

   - Du point de vue de la productivité : l’autocratique fonctionne uniquement dans le cas ou l’autorité est présente, tandis que la démocratique fonctionne tout le temps.

   - Du point de vue des relations sociales : de loin le style démocratique est le plus efficace. Le style autocratique donne naissance à des violences.

 

Pierro, Mannetti, De Grada, Livi et Kruglanski (2003) : pression de temps et leadership autocratique.

 

Caetano (1993): statut et jugement.

   - A certaines personnes on leur donne un feedback bidon positif (bons chef, etc.).

   - On leur demande de donner leurs impressions sur les individus du groupe qu’il dirige.

   - Il va se contenter de moins d’informations pour les juger. Donc il jugera de manière plus superficielle tout en étant plus sur de son jugement → puisque j’ai été choisi pour les diriger, je peux juger plus facilement.

 

Hollander et Julian (1970): légitimité et décisions.

   - Deux conditions :

           + L’expérimentateur désigne le chef dans un groupe.

           + Après avoir formé les groupes, le chef est élu « démocratiquement » par les autres membres du groupe.

   - On veut voir de quelle manière le chef prend les décisions, écoute les propositions des autres.

   - Lorsque le chef est élu, se sent légitimement à sa place, il écoutera moins les propositions des autres membres du groupe. Et inversement, dans le cas ou le chef est imposé, il écoutera plus les autres.

 

Kipnis (1977) : Il remarque que l’effet du pouvoir perverti. 5 étapes de la corruption par le pouvoir :

1) L’accès à des moyens de pouvoir augmente la probabilité que le pouvoir sera utilisé.

2) Plus le pouvoir est utilisé, plus le détenteur du pouvoir est susceptible de croire qu’il contrôle les actions de la cible. Les sujets ayant du pouvoir ne croient pas que la performance est due à la motivation de la cible.

3) A mesure que le détenteur du pouvoir en vient à prendre le crédit des actions de la cible, celle-ci peut sembler devenir moins valable.

4) A mesure que la valeur de la cible décroit, sa distance sociale avec le détenteur du pouvoir augmente. Les sujets au pouvoir élevé disent moins souhaiter rencontrer les cibles en dehors du travail.

5) L’accès au pouvoir et son utilisation peuvent accroître l’estime de soi du puissant : corrélation positive entre exercice du pouvoir et estime de soi

 

Rabbie et Bekkers (1978) : différents choix de stratégie. Que vont-ils choisir en fonction de leur chef ?

→ Soit le leader reste jusqu’à la fin (stable) soit instable.

→ Les groupes vont donc choisir des structures compétitives.

Langer : observations dans une maison de retraite, perte d’autonomie.

→ Il y a moins de mort, de consommation de médicaments, les personnes se sentent moins contrôlées.

 

Seligman : impuissance apprise en fonction qu’elle est soumise ou pas.

→ Certains animaux reçoivent une décharge, d’autre contrôle l’arrivée de la décharge.

→ Ceux qui ne contrôlent pas la décharge se résignent d’où l’impuissance apprise.

 

GUIMOND, DAMBRUN, MICHINOV et DUARTE (2003) :

    - Faire croire à des sujets qu’ils ont le profil d’une personne capable d’occuper une position sociale dominante mène ceux-ci à exprimer envers des groupes sociaux de bas statut des jugements plus discriminatoires que ceux exprimés par des sujets chez qui on n’a pas suscité cette croyance.

    - Le fait de placer une personne dans une position sociale dominante, et ce de façon …

 

Lammers & Stapel (2009) :

«Comment le pouvoir influence la pensée morale ».

Série de 5 expériences montrant que les personnes en position de pouvoir ou chez qui on a amorcé le concept de pouvoir préfèrent les décisions morales basées sur le respect de la règle, alors que les personnes en situation dominée préfèrent les décisions prises en tenant compte des conséquences, et donc admettant des exceptions.

 

c. Pouvoir et mode de pensée :

 

FISKE (1993) : le pouvoir augmente la stéréotypisation.

 

SMITH et TROPE (2006) : amorçage du pouvoir et traitement de l’information sociale. Un pouvoir élevé augmente la distance psychologique que l’on ressent à l’égard des autres. Ceci suscite un traitement de l’information plus abstrait. Un pouvoir élevé suscite une pensée centrée davantage sur la catégorisation.

 

LAMMER et STAPEL (2009) : « comment le pouvoir influence la pensée morale » :

- STAPEL est célèbre car il a triché sur une recherche : il a trafiqué des données lors d’expériences. Cependant il semble que cette recherche n’a pas été trafiquée. Cet épisode serait du à la compétition installée entre les chercheurs.

- Il s’agit de voir comment le fait d’être au pouvoir va influencer notre pensée morale.

- Ex : problème déontologique du policier : interdiction d’utiliser les moyens de torture face au fait qu’un enfant ait été enlevé par un pédophile.

- On se retrouve dans le cas particulier vs le cas général.

- Série de 5 expériences montrant que les personnes en position de pouvoir ou chez qui on a amorcé le concept de pouvoir préfèrent les décisions morales basées sur le respect de la règle alors que les personnes en situation dominée préfèrent les décisions prises en tenant compte des conséquences et donc admettant des exceptions.

 

HUMPHREI : observe la façon dont des gens ayant travaillé ensemble vont s’évaluer les uns les autres. On constate que même si les rôles sont attribués au hasard, ceux qui ont un rôle plus important sont ceux qui se montrent les plus intelligents.

 

SELIGMAN :

- Dans une première situation il y a un son qui prévient des chiens qu’un choc électrique va leur être administré et qu’ils ne peuvent pas y échapper.

- Ces chiens apprennent le concept d’impuissance, et quand il sera placé dans une autre situation, ce concept sera encore présent.

 

Expérience de LANGER d’une part et SCHULTZ d’autre part (années ’70).

- On donne plus de pouvoir dans le domaine du travail à des gens.

- LANGER donnait plus de pouvoir aux gens sur leurs choix quotidiens.

- SCHULTZ donnait plus de pouvoir sur les horaires de consultation.

- On constate moins de décès, mois de maladies et plus de bien être chez les gens du groupe ayant un contrôle accru.

- Chez LANGER une fois l’étude terminée, les nouvelles règles de pouvoir ont été maintenues. Deux ans après, on constate que les améliorations persistent.

- Chez SCHULTZ, ces règles sont enlevées à la fin de l’expérience. Dans ce cas là on constate que les gens s’étant habitués à leur nouveau statut, régressent lorsque celui-ci leur est enlevé.

 

VOHS et al (2006) :

- On s’intéresse aux conséquences de l’activation d’idée d’argent (= leur faire reconstruire des phrases où il y a le mot argent).

- Ensuite on les place dans une situation qui est soi-disant sans rapport avec la première. On constate des réponses différentes en fonction qu’il y ait eu ou pas activation de l’idée d’argent : l’idée d’argent évoquerait un sentiment de puissance. Il y a moins d’aide fournie par quelqu’un dont la notion d’argent vient d’être activée, que dans le cas contraire ou aussi ils ont la possibilité de garder la main dans un bac de glaçons pendant plus de temps : en relation avec la notion de pouvoir.

 

Fonctionner en groupe veut aussi dire qu’on travail ensemble, qu’on est synchronisés. La capacité de coordination est un aspect très important. Parmi ces processus de coordination, il y en a qui sont automatiques :

     - Recherche de Gregory WEBSTER (1986) :

             + Recherche qui montre que la coordination est quelque chose qui se fait spontanément et en fonction de la situation sociale.

             + Il s’intéresse au fait que lorsque deux interlocuteurs parlent, leur conversation va converger : la conversation de l’un va influencer celle de l’autre. Ils vont aller vers un mode de fonctionnement commun.

             + Ils ont fait des analyses d’interview à la TV américaine et ils se sont intéressés à la façon dont cette influence se fait en fonction du statut des gens qui conversent.

             + Ils concluent que cette coordination se fait en fonction du statut social des personnes : celui qui fait le plus de chemin est celui qui a un statut social moins important. Cette adaptation est inconnue à la personne, elle est inconsciente.

             + Ce qui est aussi inconscient c’est le fait qu’ils le font en fonction du statut de la personne en face. Il y a une cohérence inconsciente qui se fait en fonction du statut social des autres personnes présentes dans la discussion.

    - Recherche de ZAJONC et al (1987) :

             + Montre que des gens vivant ensemble vont se mettre à s’accorder l’un à l’autre si la relation se passe bien, au point qu’il y ait une manifestation réciproque qui peut se manifester jusqu’à dans les traits.

             + Ils se sont intéressés à des groupes formés par des couples mariés depuis un certain temps. Ils les comparent à des couples qui sont inexistants (qui n’ont jamais vécu ensemble, qui ne se connaissent pas).

             + Ils comparent des photos. Au bout d’un certain nombre d’année, on constate une ressemblance physique et dans les gestes, au bout de 25 ans de cohabitation. Cette observation se fait à condition que les gens dérivent leur relation comme harmonieuse et qu’ils considèrent être en empathie avec leur conjoint(e).

             + Plus tard on parlera de l’effet caméléon et on essayera de voir comment ce phénomène se passe et quelle est sa fonction sociale.

   - CHARTRAND et BARGH (1999) :

             + On met des sujets dans une situation de communication avec un comparse. Ce dernier va reproduire des gestes pendant la conversation (ces gestes sont des manies = gestes spécifiques qu’on répète durant la conversation).

             + On observe ce que va faire le sujet : il va reproduire le geste du comparse. Il y a à nouveau un effet caméléon. Les gestes sont inconscients, à condition que le geste ne soit pas trop fréquent.

             + Dans une autre expérience, ils vont observer ce qui se passe lorsque le comparse imite les gestes du sujet (après qu’ils aient fait une étude pour connaitre les maniérismes de la personne qui participe à l’expérience).

             + Cela ne marche que lorsque c’est discret. Donc lorsque le comparse se met à imiter le sujet. On film tout l’entretien. A la fin de l’entretien on demande au sujet d’évaluer la conversation. On fait visionner le film de la conversation à un jury. Aussi bien le sujet que les juges sont d’accord pour dire que l’entretien s’est bien passé, dans le cas ou le sujet à été imité discrètement par le comparse.

   - VONBAREN et al.

             + Etude de l’effet caméléon sur le terrain.

             + Testé dans cafés ou la serveuse est complice. On demande à la serveuse de prendre la commande soit en imitant le client (répéter la commande) soit sans imitation (elle ne reprend pas les mots du client). La VD est le pourboire laissé à la serveuse.

             + Lorsqu’il y a imitation du client, le pourboire sera plus important.

 

Il y a un grand débat sur la façon dont la recherche se fait en psychologie sociale :

- BERRI : l’effet mis en évidence par ASCH (conformisme) est différent en fonction de la culture dans laquelle on se situe.

- Idem pour l’erreur fondamentale d’attribution.

- Ces deux principes ont plus d’influence dans notre société que dans les autres.

 

Recherche de HEINE :

   - On donne un feedback à des sujets canadiens et à des sujets japonais.

   - Résultats :

           + Les canadiens dans le cas d’un feedback positif vont augmenter leurs performances alors qu’il va régresser. Il s’implique donc dans ce qu’il est bon.

           + Dans le cas du japonais, c’est l’inverse. Cela vient avec leur attitude d’auto perfectionnement chez les japonais, leur but d’atteindre un certain niveau de compétence.

   - Cette différence est due à la différence d’une norme dans la société.

   - Ce genre d’étude est valable pour toutes les sociétés : un environnement spécifique créé des normes différentes.

 

4. Coordination dans les interactions.

 

Zajonc, Adelmann, Murphy et Niedenthal (1987).

L’évolution de l’apparence physique des époux.

Convergence des traits après 25 ans de mariage. Pourquoi cet effet ?

    - Imitation (« mimicry ») : capacité de reproduire volontairement ou de chercher à reproduire une apparence, un geste ou un acte d’autrui.

     - Empathie : consiste à saisir avec autant d’exactitude que possible, les références internes et les composantes émotionnelles d’une autre personne et à les comprendre comme si l’on était cette autre personne.

Effet caméléon.

 

Chartrand & Bargh (1999).

   - Expérience 1 : Test de l’imitation involontaire entre étrangers.

   - Expérience 2 : La fonction adaptative de l’effet Caméléon.

        + Les sujets imités jugent le comparse plus sympathique lorsque celui-ci les a imités (6.62) que lorsqu'il ne l'a pas fait (5.91).

        + Ils trouvent que l'interaction s'est mieux passée (« smoother ») lorsqu'il les a imités (6,76) que lorsqu'il ne l'a pas fait (6.02).

 

Gregory & Webster (1996) :

Convergence vocale et statut de l’interlocuteur.

Matériel : Talk-show de Larry King.

Invités de statuts divers (Elisabeth Taylor, Sean Connery, George Bush, Bill Clinton, Bill Cosby...).

    - Lorsque deux interlocuteurs de statut différent entament un entretien, les caractéristiques de leurs voix convergent peu à peu, à leur insu et c'est le partenaire dont le statut est le moins élevé qui accommode le plus sa voix à celle de son interlocuteur.

    - Il y a ici une régulation du degré d'influençabilité des interlocuteurs. Ce n'est plus le concept susceptible de l'influencer que le sujet analyse automatiquement, c'est sa propre position dans la situation sociale. Et cette analyse automatique peut déterminer l'importance d'une influence non consciente qui s'exerce sur lui à ce moment.

 

Frith, C., & Frith, U. (2008). Implicit an explicit processes in social cognition. Neuron, 60, 503-510.

« De nombreuses études montrent que des processus implicites facilitent le partage de la connaissance, des émotions et des actions, et dès lors, de façon peut-être surprenante, servent l’altruisme plutôt que l’égoïsme ».



14/07/2012
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