Cours de psychologie

Psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent (suite)

II. L’enfant, le symptôme et sa famille.

 

 

1. L’Oedipe et la castration : la métaphore paternelle :

 

Freud a une théorie : que tout enfant pense qu'il a un pénis, on parle de phallocentrisme. Et que chez la petite fille soit ça va pousser soit elle l'a déjà perdu.

Phallocentrisme : centration sur le phallus. Le phallocentrisme ne décrit pas seulement des concepts de psychanalyse comme la castration, qui concernerait les deux sexes, l'envie du pénis chez la femme ou la compréhension du fétichisme sexuel comme déni de cette castration. Car il s'agit également de remettre en cause l'idée d'une seule libido, masculine, idée qui provient de Sigmund Freud. Le désir peut porter à la soumission, mais en tant que recherchant activement cette soumission passive, il est actif. Et en tant qu'active, Freud décrie la libido comme masculine.

 

L'enfant nie la réalité anatomique, il se dit que quelque chose qui peut être présent peut manquer.

La découverte majeure pour chacun de la castration maternelle c'est ce qu'il y a de plus dur (voir que la maman n'a pas de pénis), cela ne peut pas rester sans réponse. Parce que quand l'enfant découvre que la mère n’a pas de pénis, ça pose l’énigme de son désir.

Freud va reprendre le mythe d’Œdipe et le mythe du père de la horde primitive.

Le père mort introjecté par les fils entraîne la culpabilité et l'interdit de l'inceste.

 

Dans un premier temps l'enfant arrive à combler la mère de ce phallus imaginaire. Il se met à la place du phallus, il essaye de lui plaire puisqu'il aime qu'elle prenne soin de lui. Il faut que le père intervienne pour ouvrir la dynamique œdipienne. L'idée c'est que l'enfant accepte la castration : j'accepte le manque et je me positionne comme homme ou comme femme.

Donc le père dans sa fonction symbolique aura pour rôle de permettre à l'enfant l’assomption de son sexe, son inscription dans une lignée.

Le père est l'aliénation de son désir, pour demander quelque chose il va être obligé de passer par la parole.

Le père → symbolique.

Lacan appel cette opération : une métaphore du nom du père.

Métaphore = substitution de quelque chose par autre chose.

Métaphore du nom du père : dans la névrose, le désir de la mère est symbolisé, un signifiant vient faire coupure permettant  de se dégager de ce qui peut être vécu comme volonté de jouissance sans limite. Quand ce  signifiant, qui est appelé Nom-du-Père, vient à la place du désir de la mère, c’est-ce qu’on  appelle la métaphore paternelle. Par cette opération, un signifiant vient symboliser ce qu’il  en est du désir de la mère et donc de la jouissance qui y est liée, le désir est refoulé sous la  barre du signifiant mais s’inscrit dans le symbolique.

Le père dans sa fonction symbolique aura pour rôle de permettre chez l’enfant :

- Assomption de son sexe : l'enfant finit par déterminer s’il est homme ou femme (il s'identifie en temps qu’homme ou femme).

- Inscription dans une lignée : je suis fils de…, fille de... et pas de mélange de génération (pas la mère de ma mère par exemple).

Là où l'enfant est le phallus imaginaire de la mère, le père va devoir modifier sa position pour qu'il devienne un sujet désirant. C'est comme s'il venait nommer l'énigme du désir maternelle. Cette opération ne se fait pas qu’auprès de l’enfant, mais auprès de la mère également.

« La véritable fonction du père c'est de mettre un bâton dans la bouche du crocodile maternelle ».

A la place du désir de la mère, le père va substituer le nom du père. Là où il n'y a pas de sens au désir de la mère l'opération du père va permettre de transformer le phallus en un signifiant, en un symbole.

En fait, le phallus nomme le désir humain.

Le phallus c'est ce qui interprète le manque, le désir. Le phallus est le symbole qui permet de nommer le manque. C'est parce que l'enfant voit que la mère désire le père que l'enfant va essayer de faire comme le père pour être désireux dans le mythe d’œdipe.

Fonction symbolique du père = séparation. L'enfant se déloge de cette place incestueuse avec la mère.

Père imaginaire = le fantasme.

L'enfant au départ « être ou ne pas être le phallus de la mère » mais lorsqu'il y a la séparation du père il va passer de « être ou pas » à « l'avoir ou pas ».

 

Quand le garçon sort de l’œdipe la petite fille y entre.

La fille qui s'identifie au père devient une hystérique car elle ne sait pas devenir femme, elle revendique le phallus.

Freud est assez insuffisant sur cette question. Il suppose que pour arrêter d'être en manque de ce phallus il faut avoir un enfant.

Pour Freud être une femme c'est être une mère ou alors elle va essayer de devenir le phallus d'un homme.

Le phallus c'est tout ce que l'être humain manque.

L’œdipe c'est une théorie qui permet de montrer une norme, c'est-à-dire ça donne la norme qui existe entre les sexes.

 

Lacan lui dit que ce n'est pas grâce à l’œdipe que l'enfant est castré c'est le langage qui castre véritablement. La vraie perte est à cause du langage.

L'idée de la métaphore du nom du père c'est qu'on a un modèle qui nous permet de jouir du signifiant. C'est d'inscrire l'enfant dans se qui est possible ou pas, ce qu'il a le droit de faire ou non.

Le phallus est le signifiant de la signification.

Le père c'est une fonction qui permet d'unir un désir à la loi.

L'inscription dans l'autre se fait par la perte d'une jouissance. C'est parce que le sujet est confronté à cette perte qu'il peut exister. Mais chacun a une réaction face a cette perte. Le sujet va pouvoir accepter ou refuser cette perte de jouissance. Et selon la façon dont il l'accepte ou refuse il va se situer dans une structure.

Quand il refoule on parle de névrosé.

Quand il le refuse complètement, forclusion on parle de psychotique.

Quand il fait un déni on parle de perversion.

La forclusion est toujours précoce, car si la symbolisation ne survient pas suffisamment tôt après c'est trop tard on ne peut pas être psychotique et devenir névrosé, mais on peut être psychotique et un jour il se passe quelque chose qui fait que le sujet va s'effondrer : ou il fait une dépression ou il va délirer.

 

2. Le symptôme est une réponse de l’enfant (définition symptôme) :

 

Symptôme : « formation de compromis » (Freud). La construction du sujet se fait par des symptômes. Donc c’est le signe et le substitut d’une satisfaction. Il y a du sexuel en excès, du non symbolisable, donc on refoule, mais c’est toujours présent et quand ça fait retour c’est le symptôme. Tenant lieu d’une réalité inconsciente. Définit le sujet.

Le symptôme est différent selon la structure du sujet, et il y a plusieurs formes. Dans les psychoses, les délires et hallucinations ne sont pas vraiment des symptômes car il n’y a pas de refoulement, mais ce sont des manifestations.

Le trouble on veut l’éradiquer, il ne sert à rien, mais le symptôme même si on veut l’éradiquer également, il n’est pas là pour rien, il signe le rapport au monde d’un sujet, on peut dire que ça définit le sujet, son rapport aux autres.

On a un fantasme qui nous constitue et plusieurs fantasmes autour. Pour le symptôme c’est pareil. Ex : cas d’une patiente qui se plaint de ne pas pouvoir dire non, c’est une réponse à une énigme, elle a besoin de garder l’amour de l’autre donc elle dit toujours oui.

Quand on dit « c’est plus fort que moi », c’est de l’ordre du symptôme.

Tous les symptômes ne sont des décompensations.

Décompensation : des troubles peuvent être pendant un certain temps compensés, c’est-à-dire qu’ils existent potentiellement mais que leurs conséquences néfastes n’apparaissent pas du fait de défenses, de ressources qui les équilibrent. Quand cet équilibre est rompu, le trouble va se manifester, il ne sera plus compensé par autre chose, la maladie est donc décompensée. Si la personne bascule dans un effondrement de ce qui lui permettait de compenser (refoulement, soutien social, etc.) alors l'apparition d'un symptôme spectaculaire (passage à l'acte, aggravation brutale ...) sera appelée décompensation.

 

« Refoulement et retour du refoulé ne sont qu’une seule chose ».

Satisfaction inconsciente.

Le sujet a besoin de symptômes.

Il y a deux phases dans un symptôme :

- Sens : le symptôme a un sens et il s’interprète.

- Jouissance : aspect du substitut d’une satisfaction, moyen que le sujet a choisi pour jouir de son inconscient.

Les symptômes ne signent pas la structure d’un sujet, on peut trouver les mêmes symptômes dans d’autres structures. Ex : toc, ce n’est peut-être pas une névrose obsessionnelle mais une décompensation de la psychose.

 

Chez l’enfant, le symptôme est la même chose que chez l’adulte, mis à part qu’il est là pour dire quelque chose qui est lié à sa place dans la famille.

Le symptôme de l’enfant est une réponse à une question essentielle. L’enfant va s’offrir lui-même comme symptôme en réponse à ce qu’il y a de symptomatique dans la structure familiale.

Il n’y a pas d’instinct qui permet de régler son rapport au réel, donc création d’un symptôme.

 

Quelle est la question en jeu pour un petit sujet ? Pour Lacan, il y a 2 grands axes :

- Le symptôme de l’enfant représente la vérité du couple familial, l’enfant se trouve en place de répondre à ce qu’il y a de symptomatique dans sa structure. Cas le plus complexe mais le plus ouvert aux interventions. Qui suis-je ? Où est ma place ? Questions existentielles. Question du désir de l’autre. La métaphore paternelle ne répond pas, mais canalise, ça calme. Ex : cas du petit Hans, cas de névrose.

- Le symptôme ressort à la subjectivité de la mère. Pas objet entre les parents, mais uniquement dans la mère, la fonction du père n’opère pas. Lacan dit « l’enfant devient l’objet de la mère et n’a plus de fonction que de révéler la vérité de cet objet, il réalise la présence de l’objet a dans le fantasme de la mère ». S barré < > a.

Objet a : séparation d’un objet, si séparé il peut désirer, ne peut être désigné par aucun objet réel.

Ca veut dire que l’enfant s’offre pour combler le manque de la mère. L’enfant devient l’objet de fantasme, il ne peut rien faire ailleurs, il ne peut être que objet, non sujet.

Normalement, on est sujet et objet. Sujet qui cherche objet, et objet pour un autre sujet.

On doit donc repérer dans quelle position se trouve l’enfant, les questions qu’il a.

 

La thèse de Lacan : la notion du manque de l’objet est au centre de la relation mère-enfant. C’est à partir de l’objet que l’enfant aura été pour l’autre qu’il aura une chance ou pas d’accéder à une position subjective.

Pour Lacan, la fin de l’analyse c’est quand on peut se dire « ah, j’ai été cela ».

L’homme a des ressources insoupçonnées, mais les premiers temps de la vie marquent.

La mère est une femme qui trouve dans son enfant une satisfaction qui vient calmer son besoin de phallus. Ce qui est très bien au départ pour se sentir aimé et désiré, puis l’enfant doit changer de position, c’est ça l’Oedipe.

Comment l’enfant s’inscrit dans la relation de la femme/mère à ce manque d’objet essentiel qu’est le phallus ?

Insondable décision de l’être. Pour Lacan, l’être humain fait un choix, mais on ne sait pas pourquoi, ni comment.

La mère introduit l’enfant au manque, à la relation symbolique. La mère fait ce qu’il peut, c’est avec ses propres expériences.

Pour Lacan, l’important est de savoir si l’enfant lui-même sert ou non d’objet transitionnel à la mère.

Avec Hans, on voit quand l’enfant réalise que sa mère n’est pas le phallus, n’est pas toute puissante, angoisse à laquelle il doit répondre. La mère manque de quelque chose, pas que de lui.

 

3. Le sujet et la structure (les 3 structures) :

 

La façon dont un enfant se positionne face à l’Oedipe, va déterminer sa structure. Comment il supporte la castration.

On distingue 3 grandes structures qui sont 3 types de réponses qui font valoir 3 mécanismes de défense :

- Refoulement : solution du sujet névrosé.

- Perversion : déni, désaveu, démenti (cf. Freud Le fétichisme où il met en évidence le mécanisme. Le déni concerne une image, l’enfant déni la réalité que la mère n’a pas de pénis, comme il ne supporte pas cette réalité, il choisit un objet qui se substitut au pénis, c’est l’objet fétiche. C’est un arrêt sur image, objet de ce qu’il a vu avant la constations du manque de pénis. Il y a aussi la solution homosexuelle, ce qui est aujourd’hui remis en cause car tous les homosexuels ne sont pas pervers, mais refus de la castration maternelle donc on se tourne vers l’homosexualité, ce refus caractérise rien de la perversité. Le pervers reconnaît l’absence mais la refuse).

- Psychose : forclusion, défaut du complexe d’Oedipe et castration, nom du père forclos.

On reconnaît les 3 structures par le langage et par la réaction à la castration maternelle.

En tant que clinicien, on observe les effets.

 

La névrose est le négatif de la perversion. Le névrosé refoule le fantasme, non le pervers.

Toutes les structures se construisent à l’Oedipe.

A part du rapport à l’objet on voit la structure.

 

 

III. Les grands tableaux psychopathologiques.

 

 

1. La phobie, plaque tournante : l’assomption du sujet :

 

La phobie est un symptôme très répandu chez l’enfant.

Hans aide à comprendre ce qu’est un symptôme phobique, à quoi il sert et comment il se déclenche et comment il se résout.

Freud va nommer les limites de la métaphore paternelle (un père ne va jamais être vraiment à la hauteur de sa tâche), l’angoisse qui surgit face au pénis réel (le sien propre, la jouissance que l’enfant va ressentir dans son corps), l’importance de la mère.

Ces trois points sont bien centrés grâce à l’histoire de Hans. Avec sa phobie, il cherche une sortir de sa période œdipienne, en tentant de résoudre la difficile question de la castration.

 

La phobie n’est pas une structure, mais il y a symptômes phobique (que l’on peut retrouver dans la névrose et dans la psychose). Freud rapprochait la phobie de l’hystérie d’angoisse.

La phobie sert à inhiber l’angoisse, c’est une protection.

Chez l’enfant, quand il se trouve face à quelque chose qu’il ne peut pas se représenter, il crée une phobie. Lien avec la rencontre du sexuel qui est toujours traumatique.

Freud explique que l’objet phobique est un avant-poste, une protection. C’est un compromis, le sujet créer une phobie pour condenser une angoisse. L’objet n’est pas forcément choisi au hasard.

 

Pour Hans : ça commence quand il observe la différenciation des sexes chez les animaux. Freud veut comprendre. Il y a de l’angoisse et du sexuel dans cette histoire. Toute la théorie de Freud est retrouvée chez Hans. Hans ne veut pas supporter que sa mère n’ait pas de pénis, ça le menace lui-même (castration). Sa phobie a double fonction : lui interdire la mère, et de pouvoir rester avec sa mère. Il y a phobie car la père de Hans a le plus grand mal à s’interposer symboliquement entre la mère et l’enfant, et la mère ne soutient pas le discours du père, elle est inassouvie. Donc Hans s’invente une phobie.

Lacan nous dit « le petit Hans trouve une suppliance à ce père qui s’obstine à ne pas vouloir le castrer ». Et le plus drôle c’est que Hans demande à son père de la castrer, l’enfant réclame la loi. La phobie vient condenser dans un seul signifiant, l’angoisse.

Freud ne dit pas comme Lacan, pour lui Hans crée phobie car le père représente la menace de castration. Et Lacan c’est parce que le père n’assume pas de porter cette menace, ne joue pas assez son rôle de père castrateur, donc Hans va devoir se trouver un symptôme qui va lui interdire des choses. Le cheval opère imaginairement à la place du père. Le signifiant du cheval vient à la place du nom-du-père pour se mettre entre la mère et l’enfant. Hans doit faire décliner la puissance maternelle.

A la fin, pour Lacan, Hans n’est pas complètement guéri. Il y a bien la fin de la phobie, mais peut-être pas de la castration car il pense toujours à des mythes sur les sexes et la venue des enfants. Car l’Oedipe c’est de pouvoir s’inscrire dans un sexe et une lignée.

 

La phobie est très importante, c’est un carrefour structural, si l’enfant va ou non sortir de l’Oedipe, et la phobie doit à ce moment là trouver les réponses.

Ce que l’enfant va faire de la découverte du manque phallique de la mère est très important.

 

2. La névrose infantile et le concept d’infantile : L’homme aux loups :

 

Freud s'attache à développer la notion de névrose infantile, dans le cas de l'homme aux loups, en 1918.

Il dit « je suis prêt à affirmer que toute névrose d’adulte se construit sur une névrose d’enfant, qui n’est pas toujours assez intense pour être remarquée et reconnue comme telle ». Quelques fois ça passe inaperçu mais il y a une base de névrose chez l'enfant.

 

L'homme aux loups se nomme : Sergueï Pankejeff.

Dans les cours précédents, on disait : « l'inconscient c'est l'infantile en nous, c'est ce qui reste de l'enfant à l'adulte ».

Serguei est né en 1887. Il a un premier épisode dépressif à 17 ans, avec une gonorrhée (MST).

Avant ça, deux autres inflammations du pénis. Sa gonorrhée réactive ses deux premières inflammations. Ca réactive aussi la menace de son père : le pourrissement. Puis sombre véritablement suite au suicide de sa sœur. Serguei discute avec son père mais ses doutes contaminent le père. Il fait des études de droit, est agoraphobe. Les deux hommes vont consulter un neurologue. Le docteur lui diagnostique la neurasthénie (fatigue, anxiété, maux de tête, névralgie, déprime, se rattache à la mélancolie, la nostalgie). Suite à une hypnose, il « guérit » trois jours. Son père meurt en 1908.

Kraepelin découvre qu'il souffre de troubles maniaco-dépressifs. Mais il s'est trompé de diagnostic. Un jour il se réveille dans un état lamentable (il pense à Thérèse). Elle accepte plusieurs temps après de l'épouser, mais il doute.

 

Il rencontre Freud.  Sur la question de Thérèse, il interprète ceci comme une fuite devant la femme.

Freud étudie ce cas pour mettre en avant la scène primitive et la névrose infantile.

Il oblige Serguei à mettre fin à la cure pour l'obliger à faire face à ses problèmes.

Le parcours de l'analyse passe obligatoirement par la reconnaissance de la névrose infantile et de sa scène infantile, pour espérer atteindre les fondements et la résolution de la névrose actuelle.

→ Pour faire une vraie analyse, il faut retrouver la névrose infantile et sa scène infantile.

Le récit que fait Freud n'est pas celui de la cure de Serguei mais il veut résoudre la névrose infantile.

 

A ce moment Freud est confronté à l'analyse de Hans. Avec Serguei, il va pouvoir tout réarticuler. Ce cas constitue sa première psychanalyse.

Il va écrire à K. Abraham « je prétends que l'influence de l'enfance se fait sentir jusque dans la situation initiale où se forme la névrose, en jouant un rôle décisif, et en quel point l'individu faillira devant les problèmes de la vie ».

Les racines de la névrose s'enracinent progressivement, tout au long de la vie.

 

La névrose de l'homme aux loups :

Pour Freud, Sergueï est un névrosé obsessionnel, pour tous les autres thérapeutes il est diagnostiqué comme psychotique.

Quand Sergueï vient consulter Freud pour la première fois, il est atteint de constipation. Freud va trouver chez lui une névrose obsessionnelle qui va survenir après une hystérie d’angoisse.

Sa névrose débute à l’âge de 3 ans par un changement brutal de caractère (calme → colérique et caractériel). Serguei ne va pas cesser de questionner son orientation sexuelle.

A l’âge de 5 ans, il y a un deuxième changement : apparition de la phobie des loups. La sœur prend une part importante dans cette folie. Une fois que c'est passé, des obsessions à thème religieux apparaissent. Freud pense qu'il est en face d'une véritable névrose obsessionnelle avec des traits sadiques à côté de la piété obsessionnelle.

 

Freud va rechercher un traumatisme originaire, il va le trouver grâce à 2 souvenirs écrans :

- Gouvernante anglaise (présente au moment de son changement de caractère) : fait écran de la castration.

- Séduction de la petite sœur (jouissance sexuelle passive).

On a l'impression que quelque chose de l'ordre sexuel va se mettre en place.

14 ans : Anna.

Ensuite, frustration face aux femmes, qui sont de niveau intellectuel inférieur.

→ Mythe œdipien bien présent mais pas d'angoisses qui se manifestent.

De la sœur, Sergueï va déplacer l’objet de la pulsion sur la gouvernante, qui est figure de castration.

A chaque fois que Sergueï est confronté a une menace de castration, il régresse au stade antérieur (ex : retour à analité). Chez les obsessionnels, les processus primaires refoulent sans arrêt les processus secondaires.

Sergueï met en place plusieurs déplacements : sœur → bonne → père. Le père devient donc son objet sexuel, c’est plus qu’une simple identification. Pour Freud, c'est plus que de l’œdipe inversé.

Il y a ensuite une période de latence qui correspond à 10 années de calme. A 18 ans, la pathologie fait retour, lors de la gonorrhée, c’est à ce moment que Freud prend conscience d'une théorie : l’après coup.

Pour lui, l'histoire se déroule en deux temps.

- Existence d’une scène originaire traumatique, qui est réelle ou fantasmée, révélant des désirs sexuels, impossibles vis à vis de l'angoisse de castration. Refoulement.

- Temps de latence, puis retour du refoulé → symptomatologie névrotique chez l'adulte.

La névrose se constitue donc en deux temps.

Quand un adulte va consulter, il va reproduire une deuxième névrose : la névrose de transfert, qui est un effet de la relation analytique selon lequel les symptômes ou les conduites pathologiques du patient acquièrent une nouvelle fonction, une nouvelle signification. Le conflit infantile se joue maintenant dans le cadre dynamique du transfert sur l'analyste et se prête mieux à l'élucidation.

 

La névrose infantile de Sergueï, se distingue très nettement de celle de Hans.

En effet, Hans se focalise sur un seul signifiant (cheval), sa phobie est transitoire et sera oubliée. Pour Sergueï, c’est une détresse psychique, c’est en fait la poursuite d’une symptomatologie qui est présente depuis l’enfance. C'est divers et continu.

Très tôt Sergueï refuse de s'alimenter correctement (ne veut que des bonbons). Il pousse à bout toutes les « bonnes ».

Vers l’âge de 4 ans, le tableau devient névrotique. C'est la menace de castration (tu vas voir une blessure) qui provoque le changement de caractère de Sergueï. Il va se mettre à torturer des animaux, accès de rage, tendances sadomasochistes (coups sur le pénis).

A ce moment, le rêve des loups apparaît. A partir de ce rêve, il va introduire la névrose infantile. Sergueï va accepter que ce rêve soit la cause de sa névrose infantile.

Freud dit que les loups représentent les substituts paternels et que c'est la peur du père qui provoque l’entrée dans la maladie. Sergueï va dire qu'enfant il était horrifié par une image de loups (dans un conte). Freud force l’interprétation et accélère la cure.

Il faut reconstituer la scène originaire. Sergueï a vu ses parents en plein ébats sexuels.

- La sexualité infantile est toujours de l'ordre du réel.

- C'est le sexuel qui vient faire traumatisme, effraction chez l'enfant.

Freud postule que c'est le rêve qui va traumatiser Sergueï.

Il a peur d'être dévoré par les loups. La phobie de Sergueï est liée à la castration maternelle. Il prend une position passive (sœur puis bonne avec la castration). Freud essaie de reconstituer quelque chose qui s'est vraiment passé alors que ce qui importe c'est le fantasme et la réalité subjective.

Les autres thérapeutes vont dire que Sergueï n'est pas parvenu à symboliser la castration. Ce passage montrerait plutôt la pré-histoire du traumatisme qui n'arrive à intégrer la représentation du manque.

 

Ce cas est très paradoxal :

- Niveau conscient : très actif = sadisme…

- Niveau inconscient : très passif.

 

3. La psychose infantile et l’autisme :

 

Freud différencie la névrose et la psychose notamment à partir du rapport à la réalité.

- La névrose ne dénie pas la réalité, elle veut seulement ne rien savoir d’elle (un peu le refoulement).

- La psychose dénie la réalité et cherche à la remplacer.

Dans un autre texte (Névrose et psychose) :

- Névrose : réussite d’un conflit entre le moi et son ça.

- Psychose : issue d’une perturbation dans les relations entre le moi et le monde extérieur.

 

Ce remplacement de la réalité, on le voit dans toutes les manifestations que l'on repère dans la psychose, c'est à dire, les délires, les hallucinations, la projection. Là où il manque un symbole pour organiser la réalité (symbole phallique) et pour faire tenir le monde, le psychotique va devoir inventer un autre monde, d'où ses troubles du langage (invention de mots), d'où le délire qui demeure incompréhensible pour les autres.

Le psychotique parle une autre langue, son délire. Le délire est une tentative de guérison où de reconstruction selon Freud « il est trouvé comme une pièce à appliquer là où originairement, il a une déchirure dans la relation du moi et du monde extérieur ».

 

Pour Lacan, c'est un trou dans la signification.

Quand il manque le symbole phallique pour organiser la réalité, le sujet doit réinventer un autre monde, une autre réalité.

Lacan explique la psychose par la forclusion du nom du père.

Forclusion vient du droit. « Après l'heure, ce n'est plus l'heure ». Quand le nom du père n'est pas là pour gêner le couple mère/enfant, il se produit des manifestations telles qu’on en retrouve dans la psychose ou l’autisme.

Forclusion : terme emprunté au droit et introduit par Lacan pour donner tout son relief au concept freudien de rejet, comme mécanisme de la psychose. Pour Lacan, c'est le signifiant fondamental de la fonction paternelle (le Nom-du-Père), à partir duquel s'ordonne l'ordre symbolique, qui a été forclos au tout premier temps de la mise en place de la structure du sujet. Ainsi, quand la psychose se déclenche, ce qui n'avait pas été admis dans l'inconscient, ce qui avait été forclos du symbolique, revient dans le réel sous la forme de l'hallucination.

 

On peut retrouver ceci dans le stade du miroir (reconnaissance de l'enfant dans le miroir → essentiel dans la constitution du sujet).

- L'enfant ne s'imagine pas comme un corps unifié. C'est un temps logique qui permet de se reconnaître, s’aliéner dans une image pour la vie, et de rentrer dans une relation à l’autre. Son avènement permet la constitution du « Je ».

- Reconnaissance de l'image du corps.

- Reconnaissance du je (se constituer de manière subjective, différencié de l'autre).

- Là où il se vivait comme décomposé, il va se vivre comme une image unifiée. Mais dans la psychose, il y a les angoisses de morcellement.

Chez l'enfant, la psychose ne se vit pas comme chez l'adulte.

 

Comment fait-on le diagnostic de structure avec Lacan ?

Il nous apprend à faire des diagnostics de structure à travers le langage. Notamment le néologisme (inventer un mot et croire qu'il existe vraiment) et le rapport à la jouissance/au corps.

Quelques fois, on passe à côté de psychose en diagnostiquant des enfants hyperactifs. Dans la névrose, la jouissance est canalisée (jouissance phallique) alors que dans la psychose ça part dans tous les sens.

 

Les psychoses infantiles :

Les classifications des psychoses chez l’enfant, ont été profondément modifiées par les classifications internationales au cours de l'histoire (DSM). On a d’abord parlé de démences précocissismes (= très précoces).

Ensuite schizophrénie de l'enfant, puis des troubles envahissants de développement.

Pour Lacan, la psychose est un rapport au langage troublé.

En psychiatrie, c’est un trouble de l'organisation de la personnalité et de la relation de l'enfant avec lui-même et avec le monde (les autres).

 

D'autres : les critères cliniques sont marqués par la « bizarrerie ». La psychose correspond à une absence partielle, totale de l’identification du moi, indifférenciation entre soi/non-soi, entre le dedans/dehors, entre tout et partie etc.

Pour Lacan « ça relève d'une insondable décision de l'être ». Quelque chose est décidé par le sujet, même si c'est inconscient.

 

Pour Winnicott, « ce qui devient une personne ne tient qu’à un fil ».

 

On a les psychoses précoces (3 -4 ans) et d'autres qui s'expriment de façon plus tardive, dans la période de latence (6 ans). Mais ça ne veut pas dire que la psychose n'était pas présente avant.

Ces psychoses précoces peuvent relever de l'autisme et/ou être déficitaires.

Dans la psychose, le rôle de l'éducation est très important.

 

L'autisme :

Toujours défini hors psychose mais Mme Choukroun le voit comme une psychose extrême.

→ L'autisme de Kanner (1943).

Tableau très caractéristique dès 2 ans, bien qu'un certain nombre de caractéristiques d'appel permettent de faire le diagnostic plus tôt.

3 troubles :

- Trouble du comportement :

+ C'est l'autisme (Bleuler, 1911) : c'est le repli sur soi, absence de contact avec les autres, dès la naissance ou dès les premiers mois.

+ Ce sont souvent des bébés calmes, qui ne demandent rien à personne. L'enfant semble éviter la rencontre avec le vivant.

+ Il fuit le regard de l’autre. Son propre regard ne se fixe pas, il est vide, absent, « impossible à accrocher ». Cependant, il y a un intérêt pour les objets inanimés.

+ Il semble sourd aux bruits extérieurs. Il y a une suspicion de surdité.

+ Il y a des stéréotypies très tôt.

+ Le fait de répéter des gestes inhabituels.

+ Il marche sur la pointe des pieds.

+ Rapport particulier avec la salive, avec les fèces.

+ Il peut se balancer (il se balance lui-même), avec parfois des crises stridentes.

+ Il se frappe, se mutile.

+ Il ne supporte pas les changements du monde extérieur (changement de place des objets, changer de chemin → tout doit rester identique).

- Trouble du langage :

+ C'est une forme de mutisme, d'absence de langage articulé. L'enfant émet des bruits bizarres, grincements de dents. Souvent l'enfant s'est mis à parler tardivement. Le langage est anarchique, il « n'a pas de valeur de communication ». Ce sont des phrases toutes faites. Pas de parole mais des sons et donc peuvent apprendre à parler → langage anarchique est sans valeur de communication

+ Stéréotypies langagières.

+ Néologismes : mots qui n’existent pas.

+ Echolalies : répétition en écho des fins de phrases ou de mots → collage à l’autre, ce n’est pas vraiment une identification.

+ Anomalie de la tonalité et de la mélodie.

+ Cela marque l'impossible accès :

. Aux fonctions symboliques. Dans le langage il y a un code, dans le cas de l'autisme non. Il n'y a pas non plus l'accès au « je ».

. Au fonctionnement intellectuel, marquent l’impossibilité d’établir des relations avec les autres.

- Trouble du fonctionnement intellectuel.

+ Souvent les apprentissages précoces sont impossibles, mais parfois, il y a des attitudes étonnantes qui permettent de compenser (calcul mental, mémoire).

+ La pensée est concrète, opératoire et robotisée : elle est binaire (soit l'un soit l'autre).

+ La pensée colle aux choses, elle n'est pas distante.

→ D'où l'impossibilité de construire des relations avec le monde.

 

Récapitulatif : au delà de l'autisme, quand on parle de la psychose, on peut la reconnaître par le langage par :

- Echolalies.

- Vocalises (sons prononcés, sans sens, ne vont pas pour la communication).

- Néologisme (on peut le reconnaître par sa langue).

- Il soliloque (il parle seul, mais à lui-même → grande question) (un discours d’une personne qui se parle à elle-même, il hallucine en lui-même). Lacan pensait que l'autisme attachait une grande importance aux mots.

- Pas d’accès à l’imaginaire, à la métaphore (c'est la cerise sur la gâteau, prenez la porte).

- Pas de distance aux mots/choses → pas de symbolisation.

- Il n’y a pas de dimension affective et subjective quand il parle.

- Pas de « je », ni de « tu ».

→ L’enfant Psychotique est parlé (par l'autre) au lieu de parler (lui-même). Il est parlé par quelque chose, sans vraiment qu'il y ait du sujet.

Lacan  « L'enfant est hors discours mais pas hors langage ».

 

Un enfant qui arrive en consultation, n'a que son symptôme pour se faire entendre.

Est-il en position de sujet dans ce symptôme ?

C'est grâce à son symptôme, que l'enfant va se construire en tant que sujet. D'où l'importance de ne pas éradiquer le symptôme et de prendre bien tout en compte.

 

 

IV. TD : qu’est-ce que la psychopathologie ?

 

 

On va introduire cette notion de psychopathologie. La notion de psychopathologie va s’appuyer sur une conception (il y a plusieurs conceptions qui s’opposent : les conceptions comportementales) nous on va s’intéresser aux conceptions psychiques à partir de Freud et de Françoise Dolto.

On va aborder l’énigme qu’est l’infance (celui qui n’a pas encore accès à la parole). Selon Lacan, l’enfant naît mais n’est pas encore achevé.

L’apport de la psychopathologie est de considérer qu’il y a une évolution psychique de l’enfant qui à un moment donné va quitter le chemin et il est donc nécessaire de suivre la régression de ces états normaux.

 

Freud va supposer l’existence de stades libidinaux, notamment dans 3 essais sur la théorie sexuelle qui est un ouvrage qui va faire scandale car s’oppose à la représentation angélique et asexuée des parents. Il fait scandale car il suppose une sexualité infantile dont les répercussions auront lieu à l’âge adulte.

La psychologie clinique s’appuie sur des hypothèses, L’hypothèse fondamentale de la psychologie clinique est qu’il y aurait un inconscient grâce à Freud.

Une autre hypothèse va en découler (de l’inconscient) à savoir l’existence d’une sexualité infantile. Freud va construire une psychogénèse (naissance du psychisme) qui débuterait dès les 1ers jours de la vie où la naissance va conditionner le désir de l’enfant envers sa mère et son développement psychique, notamment jusqu’à l’élaboration et la résolution de l’Œdipe. On insiste sur la notion d’hypothèse car ce qui peut sembler surprenant est que Freud ne reçoit pas d’enfants dans son travail et pourtant il va poser les bases du développement psychique de l’enfant.

Ex : Freud et le petit Hans, il ne l’a rencontré qu’une seule fois, c’est un travail par procuration car c’est le père qui parle de son fils à Freud.



Cette notion de normalité est une notion complètement inventée, c’est une théorie, un scénario fictionnel ou même peut être un fantasme.

Françoise Dolto va ainsi développer, soutenir, approfondir les théories freudiennes avec ses patients enfants. 

Quant à la normalité, la mère est ce qui pour l’enfant est tout. Dès la naissance de l’enfant il y a un élément qui est présent : c’est le cordon ombilical. Et la 1ère chose que nous faisons lorsque l’enfant nait est qu’on le coupe c’est ce que Dolto appelle la castration ombilicale. C’est dans le but de l’autonomisation mais ce cordon garde une place très importante pour l’enfant, car il va tomber et il va rester une trace, une cicatrice : le nombril qui est le reste du lien de l’enfant et de sa mère.

Ce lien extrêmement fort se retrouve dans l’expression « Lui il n’a pas encore coupé le cordon ».

Donc la mère va être et est pour l’enfant TOUT : elle le nourrit, s’en occupe, elle apporte le plaisir sensoriel dans le contact qu’elle entretient avec son fils. L’enfant nait dans un  bain de langage.

C’est une relation qui est tout d’abord fusionnelle : la mère est la 1ère figure d’attachement.

Cette notion de sexualité, dans la psychologie clinique est de différencier le sens commun et le sens qu’on y accorde en psychologie clinique. Ce déploiement va l’évoquer sous le terme de stade ou de phase. Là encore c’est un peu confus car c’est un enchevêtrement de fonctions propres : je termine un stade et j’en commence un autre. Ces stades sont à considérer comme possédant un objet, une source et un but !

Ces stades suivent ainsi une logique propre : ils sont naturels, communs à tous les enfants : ce sont des épreuves qui les aident à grandir selon un schéma qui les aide à se développer : ces stades pour Dolto sont naturels et communs à tous et suivent un schéma qui se répètent. Ce sont des castrations qui sont utilisés dans le sens où les désirs de l’enfant lui sont interdits. Dolto développe l’image de l’enfant qui se développe à partir de différentes castrations (castration ombilicale, orale, anale et symboligènes).

C’est un travail chez Dolto qui va développer une théorie freudienne, va l’amplifier. Freud part de la naissance tandis que Dolto fait l’hypothèse de quelque chose qui commence avant la naissance avec des Désirs inconscients : l’enfant nait selon elle dans le désir de ses parents, dans la manière ou les parents investissent l’enfant à naitre.

Freud dit qu’à la naissance le système nerveux n’est pas arrivé à maturation. L’appareil psychique est constitué du Ca qui est un réservoir à pulsions. A la naissance le Moi se crée et s’organise au fur et a mesure des contacts avec l’extérieur il y aura une 1ère articulation entre le Ca et le Moi : une partie sera consciente et une partie sera inconsciente. C’est ce qui entrainera chez l’enfant un conflit intrapsychique et toutes les théories du développement psychique s’appuient sur la résolution de ces conflits. La psychopathologie est quand ce conflit devient tel que l’enfant ne peut le résoudre : va s’opérer ainsi un mécanisme de régression. On va créer des solutions de suppléance qui vont peut être, être pathologiques.

 

Les différents stades, (empiriques) :

- Le 1er de ces stades serait le stade oral jusqu’aux environs de 18 mois. Il serait l’organisation constituée par le 1er lien (celui avec la mère) pour l’enfant. Le sein est porteur de nourriture et va être confondu avec la bouche. « La bouche est le lieu de la jouissance, de la satisfaction et le sein est l’objet qui fournit ce plaisir ». C’est donc la 1ère articulation qui se met en place.

- Pour Abraham il y a 2 sous stades à considérer dans cette relation :

+ 1° Le stade oral primitif de 0 à 6 mois. C’est la phase orale de succion où l’enfant ne fait pas la différence entre lui et le sein : c’est le stade schizoparanoïde.

+ 2°- Le stade sadique oral de 6 à 12 mois. Correspond aux poussées dentaires et à la période de sevrage. L’enfant prend plaisir à mordre et cherche fantasmatiquement à incorporer l’objet : correspond à la séparation entre lui et le sein. L’objet est perdu donc il faut le retrouver. Cette période permet d’articuler le dedans et le dehors : ce qui vient à la conscience est que ce sein, que je pensais être fusionné à moi va disparaitre ! Ce stade introduit aussi l’ambivalence de l’enfant sur l’objet « J’aime » ou « Je n’aime pas ».

- Chez Dolto la question de la castration orale est très importante pour l’apprentissage de la parole.

- La 2nde phase est ce qu’on appelle le stade anal qui est lié au plaisir de contrôler ces voies d’excrétions. Ce stade est souvent associé à la propreté et au début de la marche (autonomie).

- Quelque chose se déplace entre ces 2 stades : l’objet de pulsion c’était le sein et maintenant c’est la matière fécale : la zone érogène n’est plus le sein mais l’anus. L’enfant apprend qu’il peut faire plaisir avec le caca. Freud parle de donner quelque chose de soi.

- Abraham distingue 2 sous stades :

+ 1° Le stade sadique anal : L’enfant prend plaisir à l’expulsion des matières fécales.

+ 2° Le stade anal de rétention : C’est le 1er refus : la 1ère opposition de l’enfant au désir maternel. Mais c’est aussi un moment important en ce qui concerne l’autonomie : ça veut dire que cette acquisition de la propreté veut dire un contrôle sur une partie de son corps : l’enfant intègre psychiquement que son corps est un tout, qu’il peut exercer un contrôle sur son corps. Cela part d’une idée de refus.

- La phase suivante est la phase phallique de 3 à 6 ans : la zone érogène va encore se déplacer : cette fois sur l’organe génital (pénis chez le garçon et le vagin et clitoris chez la fille) Cette phase se traduit souvent par des conduites masturbatoires de l’enfant, des attouchements qui vont entrainer une satisfaction, un plaisir, un apaisement.

- C’est aussi une phase de curiosité sexuelle : les questions que se posent les enfants « Pourquoi j’ai un pénis et pas lui ? ».

 - Cette question de curiosité va précéder l’émergence des conflits Œdipien : le pénis va être considéré comme un objet puissant et se crée autour de celui-ci une angoisse : la peur de perdre son pénis et de devenir une fille !  C’est l’angoisse de castration. Cette angoisse de castration sera mise en lien avec le  complexe d’Œdipe qui va aller vers une résolution : le sujet va trouver une solution à un moment donné.

- La 4ème phase est la phase de latence de 6ans jusqu’à la préadolescence : L’objet n’est plus le pénis, mais le parent du sexe opposé d’où le lien avec le complexe d’Œdipe.

- Le complexe d’Œdipe est l’attirance pour l’enfant du parent du sexe opposé.

- Qu’est ce qui va se passer dans la résolution du complexe d’Œdipe ? Chez le garçon : Je veux me marier avec maman et je dois tuer papa. (Je le tue symboliquement) Une trace sera laissée, sera intégrée dans le psychisme : je ne dois pas tuer papa dans la réalité et donc l’enfant renonce à l’interdit de l’inceste.

- Résolution par l’apparition du Surmoi. Cette apparition du Surmoi entraine le refoulement des pulsions sexuelles (attirance du parent) qui seront mises au service de la connaissance : c’est ce que Freud va appeler la théorie de la pulsion épistémophilique : il y aura de nouveaux buts à la pulsion, l’enfant s’intéresse à autre chose, c’est la connaissance. Il y a un déplacement de la jouissance du côté de la connaissance.

- La dernière phase est donc l’adolescence : L’adolescence vient signer la réactualisation des conflits Œdipiens. Dans l’appareil psychique du Surmoi des nouvelles choses apparaissent et le narcissisme de l’adolescence est ainsi mis en place. On voit la recherche de l’adolescent qui se penche vers d’autres objets de jouissance. On s’éloigne du cercle familial.

 

C’est à partir de ce cadenas (édifice empirique) que la psychopathologie va considérer ce qui s’écarte de cet édifice. C’est ce qui sera tellement conflictuel chez l’enfant qu’il n’arrive pas à le dépasser et qui se traduit par une régression ou la manifestation d’un symptôme.

Etude des 2 cas cliniques : celui d’Olivier et de la poupée Bella.

- Prenons le cas d’Olivier : bébé de 2 mois et demi. Il arrive avec des symptômes (des manifestations qui se voient). La mère souhaite que l’enfant soit adopté par des parents blancs. Il y a également la question respiratoire, la psychopathologie s’adresse à ce qui s’écarte d’un schéma normal. Au lieu qui est une respiration  normale, il y a un problème respiratoire. Le passage de la fonction maternelle (biologique) à la fonction adoptive. La fonction maternelle sera intégrée par une autre personne.

- Le cas de la poupée Bella : Elle sourit pour être aimée : la question du narcissisme est posée !  Elle donne l’image d’une poupée afin d’avoir sa dose d’amour : on parle de faux self. C’est l’élaboration d’une fausse personnalité. Chez Bella, elle cherche imaginairement à être conforme au désir de l’autre pour recevoir sa dose d’amour.  Quand la personne aimée par Bella disparait, tout s’effondre, elle tombe malade. Il reste ainsi le réel de l’abandon : c’est terrible pour elle. La difficulté pour Bella est d’interpréter la bonne réponse. Cet enfant qui ne renvoie rien à la psychanalyste elle va le questionner, elle comprend qu’elle veut être aimée, elle ne s’autorise pas à exprimer autre chose que le sourire etc… La psychanalyste souhaite introduire cette personnalité chez l’enfant. Chez Bella, elle ne peut pas intégrer une figure d’attachement (problèmes respiratoires, coliques) Ce qui est intéressant aussi est son prénom : le prénom n’a pas été choisi par la mère mais par les sages femmes. La nomination est assez surprenante : il y a un 1er processus de symbolisation lié à la nomination de cet enfant. Le choix du prénom est lié en référence à la poupée.



22/04/2013
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