Cours de psychologie

Psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent

Psychopathologie de l’Enfant et de l’Adolescent

 

 

Ouvrages essentiels :

Freud :

- 3 essais sur la théorie de la sexualité.

- 5 psychanalyses (Analyse d’une phobie d’un petit garçon de 5ans, et L’homme aux loups).

- Métapsychologie.

- La négation, 1924.

Lacan :

- Séminaire IV, la relation d’objet (1956/1957).

 

Ouvrages généraux :

Freud :

- La vie sexuelle.

- Abrégé de psychanalyse.

Lacan :

- Ecrits.

- Note sur l’enfant, in Autres Ecrits (1969).

Daniel Marcelli : Enfance et psychopathologie.

J.C. Razavet : De Freud à Lacan, du roc de la castration au roc de la structure.

Mélanie Klein :

- La psychanalyse des enfants, 1932.

- Essai de psychanalyse, 1947.

- Développement de la psychanalyse, 1952.

- Envie et gratitude, 1957.

Anna Freud :

- Le moi et les mécanismes de défense, 1937.

- Le Normal et le Pathologique chez l’enfant, 1965.

D.W. Winnicott :

- De la pédiatrie à la psychanalyse, 1969.

- L’enfant et la famille, 1971.

- L’enfant et le monde extérieur, 1972.

- Processus de maturation chez l’enfant, 1970.

- Jeu et réalité : l’espace potentiel, 1975.

Lefort Rosine et Robert : Naissance de l’Autre, Seuil, 1980.

Williams D. : Si on me touche, je n’existe plus (1992), Robert Laffont. Paris, 1992.

 

Introduction :

 

« L'enfant est le père de l'homme », Wordsworth, poète, 1802, fut successivement repris par Freud et par Lacan.

Signifiant une vérité concernant l'humain. C'est par une reconstruction que Freud va découvrir que l'enfant est le père de l'homme. En effet, Freud n'a eu accès qu'à des cures d'adultes même s'il a supervisé la cure d'un enfant de 5 ans par l'intermédiaire de son père, le petit Hans. Dans Cinq psychanalyses, il relate le récit de cures qui lui ont permis de faire des avancées décisives dans la construction de la psychanalyse.

 

On s'attachera à deux d'entre eux :

- L'homme au loup: récit d'une cure d'adulte à partir de laquelle Freud va définir et construire la névrose infantile. Reconstruction de la névrose infantile à partir d'une cured'adulte.

+ Son nom : Serguei. Sa névrose est déductible du récit du patient et constitue « l'essentiel de sa névrose ». Freud considère que l'analyse de la névrose infantile est plus instructive que celle de la névrose de l'enfant. Même si la névrose de l'enfant est plus digne de foi, elle est moins riche en matériel car l'enfant ne dispose pas encore d'assez de mots pour faire valoir sa rencontre avec ce qu'on appelle le réel. A l'inverse, l'analyse d'une névrose infantile, pratiquée par l'intermédiaire d'un souvenir d'adulte, ne se heurte pas à ces limites là.

+ Il y a une sorte de distinction entre les deux névroses infantile :

. Le temps reconstruit dans la cure adulte.

. La névrose de l'enfant, la névrose que l'on rencontre chez un enfant, peut être plus digne de foi car en direct mais les mots lui échappent pour nommer ce qu'il rencontre. Amnésie et refoulement font la barrière.

+ Névrose infantile : Freud va d’abord déduire la névrose infantile à partir de reconstructions. Il la définit comme un « complexe nodal » où s’organise la vie pulsionnelle de l’enfant, un processus pendant lequel les diverses pulsions partielles orales, anales et phalliques doivent s’unifier. Il fera du complexe d’Oedipe le moteur de la névrose infantile dont le travail est de régler le conflit lié à ce complexe et à son axe central, le complexe de castration. La névrose infantile est le plus souvent refoulée durant toute la période de latence pour resurgir ou non, à la puberté, en névrose constituée. L’équilibre psychique dépendra de la capacité du petit sujet à résoudre sa névrose infantile et à la « dissoudre » comme Freud le disait du complexe d’Oedipe. La névrose infantile est donc un moment structurant de l’organisation psychique et génitale de l’enfant, distinct de la névrose chez l’enfant qui ne refoule pas les symptômes. Phase de développement de l’enfant qui commence à la fin du stade anal pour se résoudre à l’entrée dans la phase de latence, ou au plus tard dans les remous psychiques de l’adolescence.

- Le petit Hans.

+ Phobie des chevaux qui touche un enfant de 5 ans.

+ Peu à peu, grâce au père de Hans qui se fait l'intermédiaire entre le psychanalyste et le petit garçon, Freud va repérer la fonction de cette phobie. Ce symptôme phobique soulage le petit Hans d'une angoisse dont il ne veut pas parler contrairement à sa peur des chevaux. Cette angoisse est liée à la jouissance étrangère qui fait irruption dans son propre corps. 

Deux cas essentiel qui permettent de comprendre et de définir une psychologie de l'enfant.

Le point commun entre ces deux cas : il manque les mots pour dire ce qui se passe et donc l'enfant construit un symptôme.

 

On en arrive avec cette question à un bout de définition du réel par lequel l'enfant est concerné : ce que l'enfant éprouve dans son corps (la jouissance) fait traumatisme car les mots manquent pour le dire. La jouissance fait irruption dans le corps, elle est en excès (des sensations, des manifestations physique, ex : érection) c'est cela qui traumatise l'être humain.

La jouissance que Jacques Lacan a forgée pour rendre compte de cette question du plaisir mais aussi de la souffrance.

La jouissance concerne le corps, elle prend naissance dans le corps vivant qui ressent du plaisir ou du déplaisir. Elle peut prendre différentes formes : orales, anales... → Sexualité infantile.

Sexualité infantile : façon dont ce qui deviendra la sexualité se manifeste chez l'enfant, la notion s'utilise donc pour parler de la genèse de la sexualité adulte. Cette notion de sexualité infantile naît de la description des modalités, conscientes et inconscientes, de la recherche du plaisir au cours du développement dont les avatars vont retentir notamment sur l’exercice de la sexualité de l’adulte ainsi que sur l’organisation globale de la personnalité. La sexualité infantile est étudiée sous l'angle de « pulsions partielles prégénitales » et est de nature essentiellement auto-érotique, ce qui la distingue clairement de la sexualité adulte et son existence n'a donc aucun lien avec des pratiques pédophiles. La « sexualité de l’enfant » proprement dite concerne quant à elle uniquement ceux de ses comportements qui sont centrés sur les parties génitales de son corps.

Jouissance : ce terme, rarement utilisé par Freud, devient un concept dans l’œuvre de Lacan. En faisant une distinction entre plaisir et jouissance, Lacan situe celle-ci du côté de la recherche constante d’outrepasser les limites du principe du plaisir. Dans le séminaire Encore, Lacan propose une distinction entre jouissance masculine et jouissance féminine. La jouissance phallique se situe du côté masculin, la jouissance de l’Autre du côté féminin. La jouissance envisagée sur le mode de la satisfaction, et en tant qu’elle se distingue du désir, inclut la libido et la pulsion de mort ; elle fait connexion entre ces deux concepts comme deux formes sous lesquelles circule la même énergie.

 

Le réel c'est ce qui ne peut pas se dire. On peut en déduire que c'est parce que le sujet humain parle et qu'il ne peut pas tout dire qu'il est traumatisé. Pourquoi nous sommes tous des traumatisé de la langue ?

A cause de la sexualité et du langage. Pour introduire la question fondamentale et scandaleuse de la sexualité infantile. Même si cette découverte date de 1905, c'est toujours un tabou. Il demeure encore pour beaucoup impensable qu'un enfant puisse être concerné par la sexualité. Or, on peut observer qu'ils peuvent avoir du plaisir, même tout seul. Voir le livre 3 essais sur la théorie de la sexualité, de Freud. Malentendu qui règne autour de cette question de la sexualité infantile.

Cette question dépasse la question de la relation sexuelle.

 

Le fantasme c’est une compréhension de ce que l’on interprète soi-même, avec nos images et pas celles des autres. Conscient ou inconscient, le fantasme est une mise en scène comprenant le plus souvent deux personnes (ou plus) et une action qui les relie. Les fantasmes coexistent chez chacun de nous et leur libre représentation est un signe de santé psychique. Il arrive cependant que certains d’entre eux, inconscients car refoulés, soient les organisateurs de névroses.

Ce n’est pas une interprétation réflexive, c’est une interprétation non-réflexive qui se met à la naissance : l’autre et lui ne font qu’un. C’est déjà un fantasme. Par la suite cela sera refoulé (→ oubli). La mémoire en psychanalyse c’est l’inconscient. Cela constitue l’infantile, ça se refoule mais ça ne s’efface jamais, ça peut revenir, on peut en faire quelque chose. Ça reste des traces, ces traces on les localise.

Mais quand la mère « oublie » l’enfant, il se renforce dans son fantasme. On va passer d’une mère pareille à une mère sujet. Et on rentre dans une fusion où les 2 sujets fonctionnent, et on rentre dans un délire. Il faut donc une séparation. Ces traces sont une mémoire à laquelle on ne peut accéder car elle est inconsciente.

En 1915, dans Métapsychologie, Freud introduit l’épreuve du fantasme. Ça modifie notre perception du langage, ça nous affecte et constitue des traces, ce sont des sons, il va en avoir une représentation pour le subjectiver, processus de subjectivation. Et ce qui nous arrive on l’interprète, on va garder ce processus toute notre vie.

3 processus : originaire, primaire et secondaire, dans le développement psychosexuel.

 

Il y a donc du sexuel qui traumatisme l'être humain.

Freud a découvert aussi que ce qui se passe dans l'enfance laisse des traces, des marques qui vont déterminer l'adulte en devenir. Les premiers temps de la vie laissent des traces indélébiles en déterminant les relations ultérieures du sujet avec le monde qui l'entoure, avec les autres. Ces traces que l'être humain va devoir construire et déconstruire lorsqu'il va devoir entreprendre une analyse.

Freud a pu construire un modèle de l'appareil psychique destiné à rendre compte de ce qui se passe dans le psychisme humain.

Ex : l’oubli est un refoulement qui demeure actif, il existe encore mais dans un autre lieu, l'inconscient, l'Autre Scène.

Lorsqu'un sujet fait une analyse c'est pour se débarrasser de ses symptômes, beaucoup de choses changent mais l'ossature de départ, la marque de fabrique, demeure, d'où l'idée que tout se joue avant 6 ans par exemple et en ceci, on peut entendre que l'enfant est le père de l'homme.

Mais cet enfant n'est jamais seul, il est entouré d'un monde qui lui préexiste et il arrive dans une famille. Il arrive dans quelque chose qui existe déjà avant lui. Lacan dit : « L'enfant né dans un bain de langage" et il est d’emblé déterminé par cet Autre qui l'accueil ».

Quel est cet Autre ? C'est ce qui était là avant, la famille, une histoire, des parents, le langage, son nom et son prénom qui a été choisis pour lui. Ce que Lacan appelle grand Autre, c'est ce lieu du langage, ce lieu du symbolique qui préexiste au sujet.

Importance capitale pour la psychanalyse et la clinique car il faut arriver à déterminer avec quel Autre chaque enfant joue sa partie, à quel Autre il a affaire. Dans quelle relation est-il pris ?

Ex : Victor de l'Aveyron, l'enfant sauvage. Il s'agit là de l'histoire d'un enfant sans histoire. 8 Janvier 1800, enfant nu et muet aux comportements sauvages est recueilli. Questionnements sur cet enfant. L’attitude bien que bienveillante au départ va s'inverser et les comportements vont changer, rejet. Jean Itard, le médecin, ne cachera pas sa lassitude. Disproportion entre effort éducatif et résultats obtenue, pendant 11 ans. Manifestation, pulsion sexuelles deviennent très importante. Incompétence des médecins. Cas d'étude emblématique, idée du moment : pour montrer que la société bonne et généreuse, peut triompher de tout, même des sauvageries. Tout le monde va échouer. Cet enfant existe mais n'a en rien besoin de la société, c'est un sauvage. Seul Itard avait pressenti que l'idiotie n'était pas la cause de son comportement mais qu'il se repliait sur lui-même et que sa communication était sélective avec le monde extérieur.

 

Enfant qui ne peut pas parler, à la limite de l'humain, de l'humanisation. Pour rendre humain un enfant qui né, il faut un langage et il faut du désir, de l'amour, de la castration.

Toute l'œuvre de Freud, montre comment le drame de tout être humain, et c'est sa seule condition à sa socialisation, est de parvenir à réprimer ses pulsions. S'inscrire dans le lien social, c'est accepter une perte de jouissance, de liberté. C'est se dénaturer pour s'inscrire dans la culture. Autrement dit il faut faire un choix entre l'être social et l'être sauvage. Un enfant sans histoire, sans Autre, sans lien à l'Autre, restera à cet état de nature. Se socialiser c'est donc se dénaturer. C'est cette dénaturation qui comporte ce que Freud a appelé le refoulement.

Après un certain moment où les choses n'ont pas été faites, il y a quelque chose qui ne peut plus se symboliser.

« L'inconscient, c'est l'infantile en nous. L'infantile est ce qui reste de l'enfant en l'adulte », Freud. C'est avec cela que nous travaillons toujours que l'on soit face à un enfant ou face à l'adulte, on travaille avec cette part d'infantile, cette part d'inconscient. Dans cette construction, quelque chose ne passe pas parfois.

 

Éléments de méthodologie :

 

Victor. La découverte devient un pari de portée quasi philosophique. Va-t-on pouvoir le soigner ? Le socialiser ? Ou est-ce un idiot incurable ?

Itard prétendra que son idiotie serait acquise à la suite de son isolement. Peut être autiste ? Absence d'Autre (autre pour incarner le grand autre) l'a empêché de s'humaniser.

En l'absence de langage, d'histoire, l'être humain n'est pas un être humain. Quand il est coupé du monde symbolique.

 

Époque des débuts de la psychiatrie avec Pinel (1745-1826) : faut-il enfermer les aliénés ou au contraire les éduquer ? Il était pour l'abolition des chaînes et l'humanisation de leur traitement. On lui doit la première classification des maladies mentales. Grande influence sur la psychiatrie et traitements en Europe et USA. Il bouleverse le regard sur les fous en affirmant qu'ils peuvent être compris et soignés et préconise un traitement « moral » qui anticipe les psychothérapies modernes. Selon lui, le médecin devait comprendre la logique du délire de son patient puis s'appuyer sur le reste de raison demeurant chez tout aliéné pour le forcer peu à peu à reconnaître ses erreurs en usant du dialogue mais aussi au besoin de son autorité.

Le terme « erreur ». Pour Foucault, Pinel ne fait que remplacer une contention physique par un conditionnement moral, une exclusion par une autre qui fait que le malade psychiatrique se trouve livré à la toute puissance des médecins, seuls à juger de leur guérison dans leur asile. Qu'est ce que la guérison ? Qu'est ce que la maladie psychique ?

Question méthodologique/éthique : comment le clinicien doit et peut se positionner face au malade ?

Psychiatrie et psychanalyse (donc psychologie clinique) :

Question : positionnement du soignant par rapport à un sujet ?

- 1) On peut détenir un savoir puisqu'on est médecin et tenter de rétablir la norme, de remédier aux erreurs voire de rééduquer. Référence au DSM 4, sans comprendre ce qui s'est passé.

- 2) On peut considérer que la norme, le comme « tout le monde », n'est pas l'important. C'est ce que Freud a fait en considérant que la frontière entre le normal et le pathologique dépend d'autre chose : la plainte du patient, sa souffrance et l'intensité de ses symptômes. C'est le sujet qui détient le savoir et c'est moi qui vais essayer de comprendre. « Taisez vous, laissez moi parler ».

 

D'un côté il faut se socialiser, entrer dans une norme mais de l'autre côté, on doit garder la différence individuelle donc paradoxe.

« La différence entre un fou et moi, c'est que je ne suis pas fou ». Dali.

Qu'est ce qui doit être traité ?

L'enfant n'arrive jamais seul, la plainte vient de quelqu'un d'autre. Et donc cet enfant est un être en construction et il fait parfois un certain nombre de manifestations qui peuvent déranger.

« Ce qui fait symptôme chez un enfant c'est ce qui dure ou se manifeste avec une intensité trop importante ».

L'enfant passe par des stades, il développe des manifestations symptomatique qui sont normales, dû à son développement mais le problème, c'est quand ça dure.

 

La théorie de Freud est issue de la clinique et de l'observation. Il s'agit d'une reconstitution qui vise à extraire les universels de la structure même si chaque cas est différent. Va et vient constant entre la clinique et la théorie. Méthode au cas par cas. On se met au chevet du patient (klinos).

Ce qui est vrai pour l'un n'est pas forcément le cas pour l'autre mais il y a des irréductibles, des généraux : la structure.

Ex : le langage concerne tous les êtres humains, chacun est pris dans le langage, de manière différente. La sexualité infantile, l'Œdipe…

Les mêmes processus mais se nouent différemment chez chacun selon l'histoire, le contexte…

La grande découverte de Freud que Lacan a formalisé par la suite : « l'inconscient est structuré comme un langage, il suit des règles comme le langage, les mêmes règles que le langage », Lacan.

 

Plan du cours :

 

I. Introduction à la psychopathologie de l’enfant.

1. Aux origines de la psychopathologie de l’enfant : qu’est-ce que l’enfant ?

2. L’appareil psychique et l’inconscient.

3. Le scandale de la sexualité infantile et les stades (3 essais).

a. Les manifestations de la sexualité chez l’enfant.

b. Les stades.

4. Les grands courants de la psychopathologie de l’enfant, les postfreudiens.

a. Anna Freud.

b. John Bowlby.

c. Mélanie Klein.

d. D.W. Winnicott.

5. Ce que parler veut dire : Jacques Lacan.

a. L’homme naît dans un bain de langage.

b. L’exemple de l’autisme.

c. La symbolisation, le langage et le signifiant.

d. L’interprétation de la mère, le grand Autre.

e. La relation d’objet.

II. L’enfant, le symptôme et sa famille.

1. L’Oedipe et la castration : la métaphore paternelle.

2. Le symptôme est une réponse de l’enfant (définition symptôme).

3. Le sujet et la structure (les 3 structures).

III. Les grands tableaux psychopathologiques.

1. La phobie, plaque tournante : l’assomption du sujet.

2. La névrose infantile et le concept d’infantile : L’homme aux loups.

3. La psychose infantile et l’autisme.

 

 

I. Introduction à la psychopathologie de l’enfant.

 

 

1. Aux origines de la psychopathologie de l’enfant : qu’est-ce que l’enfant ?

 

Comment l’enfant est devenu peu à peu un objet d’étude en psychologie ?

Jean Jacques Rousseau, L’Emile ou de l’éducation :

- Cet ouvrage balbutie les débuts de la psychologie de l’enfant. L’idée de cet ouvrage : « l’homme est bon, c’est la société qui le perverti ». Cette idée à été délaissée depuis longtemps.

- L’Emile est un traité psychologique, une fiction recréant le mythe fondateur de la pensée de Rousseau : l’homme naturel.

- Jusqu'à l’âge de 12 ans, a l’abri des vices de la vie sociale, sans famille et sans livres, Emile a pour premier précepteur la nature qui saura développer en lui la vertu et la probité intellectuelle.

- A 12 ans il a besoin de satisfaire sa curiosité naturelle sans la précéder néanmoins, de lui inculquer quelques abstractions par le biais de situations concrètes et de lui inculquer un métier manuel (menuisier). Jusqu'à 12 ans Emile a vécu sans passion, et il est devenu, par le biais de la pratique physique, un adolescent sain et vigoureux. C’est à ce moment là que vient la tache de l’instruire en matière de sexualité et de lui faire connaitre la morale et la politique a travers l’Histoire et les fables qui mettent en scène la société humaine.

- Rousseau expose aussi sa croyance en la religion naturelle consistant à écouter sa voix intérieure qui énonce la perfection de Dieu face au spectacle de la nature. Ainsi son idée est que la conscience, qui est la voix de l’âme, ne se trompe jamais, et que si le mal existe, il est l’ouvrage de la liberté laissée à l’homme par Dieu.

- Le livre 5 de l’Emile se fini par le mariage d’Emile avec Sophie.

La question de l’éducation de l’enfant, ne recouvre pas celle de la psychopathologie. Cependant il faut s’interroger sur l’histoire de l’enfant et comment au départ on s’interroge sur son éducation.

Le terme d’enfant se définit de façon variable selon les attitudes, les époques, les âges. Son étymologie est « infans », « infantia » et veut dire : celui qui ne parle pas, celui qui a un souci d’éloquence.

Freud parle de détresse originelle du nourrisson, pour rendre compte précisément de cet état d’inachèvement et de dépendance physique, comme psychique, par rapport à l’adulte. L’enfant naît prématuré, décalage entre le développement de ses différentes capacités sensorielles, immaturité du système nerveux. Impuissance fondamentale du nourrisson qui entraîne une dépendance absolue à l’environnement qui peut être vécue par certains comme confortable, et par d’autres comme insupportable.

Phénomène de néoténie : l’enfant humain est le plus vulnérable, il serait incapable de survivre par ses propres moyens et il est donc dépendant des autres.

C’est à partir de cela que Lacan va fonder le « stade du miroir » : le nourrisson ne se vit pas distinct de sa mère, et donc il n'a pas conscience de son propre corps. Ce n'est que progressivement qu'il va prendre conscience de lui-même, et intégrer les limites de ce corps qui est à lui et différent des Autres. Il distinguera ainsi ce qui est de l'ordre du Moi et ce qui ne l'est pas. On peut remarquer que déjà vers 4 mois il réagit à son image reflétée par le miroir, mais comme à n'importe quelle apparition d'enfant. Il sait par contre reconnaître sa mère et la reconnaît dans le miroir, il n'a pas encore réalisé qu'il s'agissait d'une image. Dans cette évolution psychique du petit enfant, survient vers 7 ou 8 mois un stade important pour son développement que Jacques Lacan nomme le « stade du miroir ». Cette étape doit permettre au bébé d'identifier ce corps qui est à lui et qui est différent de l'Autre, le premier Autre, la mère. Son corps à lui, il l'a déjà exploré des mains, de la bouche, et ses yeux ont enregistré les mains et les pieds qui passaient devant son visage. Il reconnaît aussi les visages de ses proches. Quand il se voit dans le miroir, il attend une réaction de cet Autre devant lui. La mère qui le tient dans ses bras (ou qui est placée derrière lui) va lui nommer cette image et lui dire « c'est l'image de ton corps, c'est toi que l'on voit dans le miroir ». Cette parole de la mère va lui faire prendre conscience de leur existence distincte, à elle et à lui. Il va chercher confirmation en se retournant pour voir sa mère derrière (ou à côté de) lui. Cette étape du stade du miroir a une grande valeur symbolique dans l'évolution psychique de l'enfant. Elle le force à prendre conscience qu'il est différent de sa mère, des Autres. Elle lui donne des limites dans la vision de ce corps « limité » par un contour, et aussi par une taille. Il se perçoit comme un tout, unique, et aussi comme extériorité. Il découvre les parties de son corps qu'il ne connaissait pas encore, le schéma corporel se construit. La relation affective que l'enfant entretient avec les autres, de symbiotique (relatif à un soutien mutuel) devient anaclitique (conscience de ce soutien). Désormais l'enfant sait qu'il a besoin de la mère. C'est une période très importante de distinction, que ce soit extérieur/intérieur ou Moi/Autre (le Moi se forme en même temps que se forme l'Objet extérieur, l'un n'existant que par rapport à l'autre). Il découvre aussi que l'Autre dans la glace n'est qu'une image et non un être réel. C'est un leurre, l'enfant passe du réel à l'imaginaire.

 

L’œuvre de Philip Ariès, L’enfant et la vie familiale sous l’ancien régime :

- Cet ouvrage nous donne des éléments intéressants quant à l’évolution du statut de l’enfant au cours des siècles.

- Dans ce livre innovateur, Ariès émet l’hypothèse que l’idée de l’enfance comme tranche d’âge spécifique distincte de l’âge adulte, apparait seulement avec la modernité au 18ème siècle alors que s’affirment les valeurs bourgeoises et les valeurs conjugales. Avant cette distinction, il existait des différences qui étaient biologiques et sociales. Dans la société médiévale, il n’y avait pas de considération de l’enfance et de la singularité infantile. Autrement dit, dès que l’enfant pouvait vivre sans la sollicitude maternelle, il appartenait au monde des adultes : à partir de 7 ans les enfants partageaient les activités des adultes.

- Le 1er sentiment de l’enfance qui a été repéré, est le mignotage : vient de l’ancien français « mignot » qui veut dire gentil. C’est décrit comme un sentiment superficiel qui consiste à dorloter et à traiter délicatement l’enfant. Il était donc une petite chose drôle et gentille qu’on pouvait dorloter. A cette époque la notion de lignage (entraide quotidienne, hérédité, etc.) était bien plus importante que la notion affective. La famille ancienne avait des missions très différentes de celles d’aujourd’hui.

- Au 17ème siècle apparait un second sentiment de l’enfance, sous une influence extérieure à la famille puisque ce sont les hommes d’église et les moralistes qui commencent à considérer que l’enfant ne doit pas d’emblée être plongé avec les adultes. L’idée est donc qu’il convient de former l’enfant rigoureusement à une morale, de l’assagir, de former des esprits, d’inculquer des vertus. En somme, d’éduquer plus qu’instruire.

- On assiste à ce moment là à un système disciplinaire reposant sur :

+ La surveillance constante de ces enfants.

+ La délation qui est érigée en principe éducatif.

+ L’application étendue des châtiments corporels.

- On assiste à ce moment là à la naissance de la famille moderne, qui assume une fonction morale et spirituelle en cessant d’être seulement une institution économique et juridique.

- Ainsi le passage de la société traditionnelle à la société moderne s’effectue sous l’impulsion des idées du 17ème siècle : l’individu s’impose au détriment du groupe, l’homme a envie d’exister comme acteur de sa propre histoire. Et donc, peu à peu, les liens affectifs vont prendre de l’importance : le mariage va se fonder sur un autre système de valeurs (on choisit son partenaire), les relations mère/enfant vont évoluer et les mères vont s’attacher au bien-être de leur nourrisson. Et donc la vie privée et le foyer vont prendre une place prépondérante au détriment des relations avec les étrangers à la famille. Le sentiment de l’enfance est né lorsque la famille est devenue le lieu des échanges, de la sociabilité, puis de l’intimité. Quand les forces socio-économiques et familiales se sont équilibrées.

- On est dans la configuration que la famille est une petite société sous l’autorité absolue du chef de famille. Ce dernier avait droit de mort sur ses enfants et cela jusqu'au 18ème siècle. Jusqu’à la révolution, le père avait le droit d’enfermement et de déportation sur ses enfants si leurs conduites nuisaient à la moralité familiale. Ce pouvoir qui est tout puissant au départ, va décroitre au fur et à mesure que la législation va prendre des mesures pour l’enfant.

- Au 19ème siècle la liberté familiale va devenir une liberté surveillée. L’enfant va commencer à bénéficier de la protection de l’état qui va réduire la puissance paternelle. Cela inaugure la protection administrative, médico-sociale et juridique de l’enfant que l’on connait aujourd’hui. Les parents ont des droits et des devoirs vis-à-vis de l’enfant et la protection de l’enfant est une obligation. Son éducation et sa socialisation deviennent aussi des obligations. L’école deviendra gratuite en 1892, mais pas ouverte à tous.

 

L’œuvre de Rousseau a contribué à affirmer l’originalité de la vie psychique de l’enfant en faisant de l’enfance un processus distinguant plusieurs étapes dans le développement physique, intellectuel et moral de l’enfant.

 

2. L’appareil psychique et l’inconscient :

 

Avec la découverte freudienne de laquelle nous ne pouvons plus nous passer aujourd’hui :

- Fin du 19ème siècle, à Vienne, Freud s’apprête à infliger à l’humanité une blessure de taille. La troisième selon lui : la première date du moment où Copernic affirme que la Terre n’est pas le centre de l’univers, mais une parcelle infime d’un système du monde a peine représentable dans son intégralité ; la seconde a eu lieu lorsque la biologie moderne et donc Darwin renvoya l’homme à sa descendance du règne animal et au caractère … « La troisième vexation, la plus cuisante, la mégalomanie humaine doit la subir de la part de la recherche psychologie d’aujourd’hui qui veut prouver au moi qu’il n’est même pas maitre dans sa propre maison, mais qu’il en est réduit à des informations parcimonieuses sur ce qui se joue inconsciemment dans sa vie psychique. ».

- Freud amène avec cette découverte, l’hypothèse de l’inconscient. Dont il dit dans Métapsychologie, qu’il s’agit d’une hypothèse nécessaire et légitime pour la science. « L’inconscient est le psychique même, c’est là que réside le fond de toute la vie psychique. »

 

Inconscient : l’ensemble des contenus non présents dans le champ actuel de la conscience.

L’être humain refoule constamment mais ce refoulement reste actif dans l’inconscient : en quelque sorte le moi (conscience) n’est pas seul à régner sur le psychisme puisque les éléments refoulés continuent à être présents dans l’inconscient. Lorsqu’il y a refoulement, le refoulé refait surface sous forme de symptômes.

Freud va tenter de construire dans un premier temps un modèle neurophysiologique du fonctionnement de la psyché. Il en parle notamment dans L’esquisse d’une psychologie scientifique : dans cet ouvrage, il s’embarque dans des schémas où il essaye de dessiner des cerveaux. Il va y renoncer parce que « la chaine des processus physiologiques dans le système nerveux ne se trouve probablement pas dans un rapport de causalité avec les processus psychiques. Le processus psychique est parallèle au processus physiologique. ». Il précise que l’unité de base pour le psychisme, à partir de laquelle on pense, on réfléchit, c’est les représentations. Physiologiquement, l’unité de base est la cellule nerveuse. On ne peut pas superposer ces unités au risque d’une réduction épistémologique (construction de notre savoir). Le fait psychique relève du langage. On ne peut que faire le lien avec ce que dit Lacan : « l’inconscient est structuré comme un langage. ». Freud va imaginer un circuit qu’il va appeler l’appareil de langage. Un appareil est quelque chose qui est destiné à rendre compte de phénomènes complexes en les imageant, en les dessinant, et on tente une formalisation. Freud va esquisser un schéma psychologique de la représentation de mots comme image sonore. C'est-à-dire qu’une image sonore représente un mot. Ce schéma sert à séparer le point psychologique du point anatomique.

Sans le support cérébral, évidemment que l’être humain n’existerait pas, mais pour autant le fonctionnement du psychisme humain ne peut pas se calquer sur le modèle neurophysiologique. Avec Freud on assiste à une rupture épistémologique fondamentale.

Quand Freud se penche sur les paralysies hystériques, il écoute ses patientes comme clinicien hors pairs. Ces paralysies sont particulières car elles ne collent pas avec les règles anatomiques de la paralysie. Il se dit donc que puisqu’il ne peut pas exister deux systèmes neurologiques (un qui serait valable pour les paralysies organiques et un pour les hystériques), il faut imaginer/inventer une étiologie (rapport avec la cause) de l’hystérie, quelque chose qui nous explique comment nait l’hystérie, compatible avec une intégrité de l’organisme. Il faut trouver quelque chose qui explique que l’organisme fonctionne correctement mais qu’on peut avoir malgré tout des paralysies hystériques. Il faut trouver une étiologie qui suppose une autre détermination que la détermination organique. Freud amène que la paralysie hystérique est conforme à l’idée que le sujet se fait de l’organe atteint : ce n’est donc pas l’organe qui est malade mais c’est la représentation. Ce qui est à la base de la névrose hystérique c’est que la représentation est séparée de l’affect : cet affect, comme il est insupportable à la conscience, il va être séparé de la représentation originale, cet affect va ensuite passer de représentation à représentation, il se balade dans le corps. Freud explique que si la représentation d’un membre est refoulée c’est parce qu’elle a été chargée d’une valeur affective et que cette valeur se traduit comme un excès de sensibilité : c’est parce qu’il y a une grosse valeur affective qui s’attache à un organe que ce lien entre représentation et affect est refoulé puisqu’il est inconscient avec la morale/conscience. Le sujet qui habite le langage se sépare de ce qui est incompatible qui est souvent liée au sexuel et à la jouissance habitée dans le corps et qui ne peut pas se traduire en mots.

Cet autre moi-même qui est à l’intérieur de moi-même c’est le sujet de l’inconscient. Il y a dans le sujet quelque chose qui l’empêche de coïncider avec lui même. Le principe thérapeutique qui découle de cette découverte est qu’il faut mettre en parole le refoulé pour soigner. Ce n’est qu’au niveau de la parole qu’on peut agir sur la représentation. La question d’inconscient gravite autour de la notion centrale qui est celle de la représentation. Lorsqu’on parle de représentation on parle forcément de l’irreprésentable : il y a forcément des choses qu’on ne peut pas dire ni penser, et c’est ce qui fait que l’être humain n’est pas en harmonie avec lui même. Les lapsus, les oublis et les actes manqués de la vie quotidienne (formations de l’inconscient) sont là pour nous rappeler que c’est le désir inconscient qui détermine le sujet. Souvent ce désir inconscient n’est pas avouable et donc le sujet ne sait pas ce qu’il dit ou il en dit beaucoup plus que ce qu’il voudrait dire ou encore il dit le contraire de ce qu’il voudrait dire (il veut le contraire de ce qu’il désire). C’est dans ces choses là qu’on voit l’inconscient, il ne faut pas le chercher au plus profond du sujet, il peut faire surface à tout moment.

 

D’après Freud l’inconscient a la particularité de :

- Ne pas connaitre le temps, il résiste à tout.

- Ne connait pas la contradiction, tout peut exister en même temps dans l’inconscient, le tout et son contraire.

- Ne pas connaitre la négation, le doute, l’incertitude et surtout la différence des sexes.

A la réalité extérieur, l’inconscient substitue la réalité psychique et obéit à des règles propres qui méconnaissent les relations logiques consciences : la non contradiction ou la cause à effet.

C’est donc une véritable grammaire qu’il convient de déchiffrer : les rêves (voie royale vers l’inconscient), les symptômes, les lapsus.

Freud, L’abrégé de la psychanalyse : « Les règles de la pensée logique ne jouent pas à l’intérieur de l’inconscient, et on peut appeler ce dernier le royaume de l’illogisme. On y trouve cote à cote des tendances à buts opposés sans que nul besoin de les harmoniser ne se fasse sentir. ». L’inconscient se donne beaucoup de libertés.

 

Il y a beaucoup d’écrits dans lesquels Freud essaye de théoriser, de décrire l’appareil psychique et rendre compte du fonctionnement et de la nature de l’inconscient. En voici quelques uns :

- L’esquisse d’une psychologie scientifique.

- Lettre n°52 de Freud à Fliess, dans la Naissance de la psychanalyse.

- Chapitre 6 de L’interprétation des rêves.

- L’inconscient, dans Métapsychologie.

Pour Freud il s’agit de rendre compte d’un lieu virtuel entre la localisation cérébrale des fonctions du langage et la dimension symbolique du discours pour représenter un fonctionnement qui dépasse notre compréhension.

Son schéma de l’appareil psychique repose sur le postulat fondamental qu’il existe un appareil psychique lié au corporel. Il explique qu’entre la perception et la conscience, il y a un système qui traite la représentation.

Pour Freud, la représentation est une répétition de la perception. Le sujet va percevoir quelque chose, et c’est à partir de cette première perception qu’il va fabriquer une représentation de l’objet qui va se figer dans son appareil psychique. On entend bien qu’il y a une répétition de cette perception.

Freud nous explique que la mémoire est présente plusieurs fois et elle se compose de plusieurs sortes de signes. Ce signe est le résultat d’un enregistrement où de trois, voire plus, enregistrements distincts. Et ces inscriptions sont séparées par rapport aux neurones qui les transportent et elles correspondent à différentes époques successives de la vie. Selon lui, il y aurait des défauts de traduction entre les époques de la vie. Il y a des traces du passé qui subsistent et c’est ce que Freud appelle le refoulement. Pour lui le refoulement correspond à des traces mnésiques. A ce moment là, la névrose est due au fait que la traduction de certains matériaux ne s’est pas effectuée.

Freud précise que la mémoire consciente doit être séparée des traces mnésiques dans lesquelles se fixe les expériences vécues de l’inconscient. Les plus intenses et les plus tenaces de ces souvenirs sont souvent ceux qui ne sont jamais parvenus à la conscience. Il nous explique que ces souvenirs ne sont pas accessibles par le sujet parce qu’ils sont restés dans l’inconscient. La conscience va naitre là où s’arrête la trace mnésique. Le conscient et la mémoire s’excluent mutuellement.

Conscience : capacité de se décrire, de se définir et de choisir. La conscience est la capacité de se percevoir, s'identifier, de penser et de se comporter de manière adaptée. Elle est ce que l'on sent et ce que l'on sait de soi, des autres et du monde. En ce sens, elle englobe l'impression subjective de nos expériences et la perception objective de la réalité. Elle nous donne la capacité d'agir sur nous-mêmes pour nous transformer.

 

L’appareil psychique chez Freud se définit à partir de trois points de vue :

- Topique : provient de « topos » qui veut dire lieux, donc l’appareil psychique est caractérisé par l’existence de plusieurs lieux psychiques. Il en défini deux :

+ Inconscient – préconscient – conscient : vise à décrire l’origine des forces en présence dans l’appareil psychique. Le concept d’inconscient se rattache à cette première topique freudienne.

+ Ça – moi – surmoi : vise à décrire la nature de la relation de leurs forces.

- Dynamique : l’appareil psychique est lié à la notion de conflit intrapsychique. C’est plutôt une description qualitative des forces en présence.

- Economique : met l’accent sur l’aspect quantitatif des forces en présence et sur la manière dont l’énergie circule à l’intérieur de l’appareil psychique.

Dans le fonctionnement de l’appareil psychique Freud différencie :

- Des processus primaires : c’est ce qui se passe dans nos rêves. Le rêve est un rébus à entendre à la lettre.

+ Freud dit «  ce qui frappe c’est une tendance à condenser, c'est-à-dire à former de nouvelles unités à partir d’éléments qui, à l’état de veille, resteraient certainement séparés. En conséquence il advient fréquemment qu’un élément unique du rêve manifeste représente une quantité de pensée latente de ce rêve, comme s’il faisait allusion à tout à la fois. ». Le rêve manifeste est abrégé par rapport aux matériaux très abondants dont il est issu. « Une autre particularité du travail du rêve, qui n’est pas tout à fait indépendante de la précédente, c’est le déplacement. ».

+ Il y a un déplacement facile des intensités psychiques, c'est-à-dire des investissements. La particularité du rêve qui peut être important peut se retrouver accessoire, et inversement, dans le rêve. Il peut y avoir une légère allusion à la pensée essentielle du rêve.

+ Freud a mis en évidence deux moyens (condensation et déplacement) qui permettent au ça (réservoir des pulsions) de déjouer la censure et de décharger les quantités d’excitation. La censure c’est lorsque le sujet refoule lorsqu’il rêve, il ressort un objet  de ses refoulements mais les transforme et les déguise en rébus à déchiffrer. La décharge d’excitation c’est lorsque le sujet a des choses à décharger. L’inconscient est donc soumis au processus primaire qui se caractérise par un système de décharge.

- Des processus secondaires : le processus secondaire est régi par le principe de réalité et concerne le préconscient (correspond à ce qu’on définissait d’inconscient avant la définition de Freud) et le conscient.

- Ce fonctionnement renvoi directement à la première topique.

L’appareil psychique est un système en équilibre et qui tend à la stabilité en se vidant de son contenu énergétique. Il est donc sous la domination du principe de plaisir et le but de l’appareil psychique sera de décharger l’excitation. Parce que le désir est ce qui fait augmenter l’excitation. Freud explique que lorsque l’excitation augmente, elle amène du déplaisir, qui devient une tension.

En 1923, Freud exprime sa deuxième topique. Il décompose trois lieux complémentaires à sa première topique.

- Au commencement il y avait le ça. Il s’agit d’une masse informe et considérable, qui constitue le réservoir des pulsions. C’est à partir de ce ça que vont se développer le moi et le surmoi.

- Moi en allemand se dit « ich », qui veut dire moi et je. Le moi est chargé des relations extérieures et cherche à mettre de l’ordre dans le ça. Il a une fonction logique de cohérence, car il ne supporte pas la contradiction, et de synthèse des différents courants qui le compose. Il défend l’appareil psychique des agressions internes et externes. Il est au service des forces d’autoconservation du sujet.

- Le surmoi se différencie à partir du moi. Freud nous dit que « le surmoi est l’héritier du complexe d’Œdipe ». C’est l’instance morale qui tyrannise le moi lorsque les exigences pulsionnelles du moi s’éloignent de l’idéal. On retrouve chez Lacan une autre définition : le surmoi à une figure obscène et féroce qui commande au sujet de jouir.

→ Les trois sont toujours en interaction, et la tache du moi est de maintenir l’harmonie entre les trois alors qu’il est tiraillé entre le ça et le surmoi. Il va essayer de trouver des compromis auxquels il ne peut pas toujours aboutir puisque les conflits sont trop compliqués.

 

Freud va mettre en évidence la nature et l’existence des pulsions. En 1920 il va affirmer un dualisme pulsionnel : pulsion de vie et pulsion de mort. L'individu bizarrement tend vers cet état d'inertie, de réduction totale des tensions = la mort. « Toutes pulsions est virtuellement pulsion de mort », Lacan. Au delà du principe du plaisir donc, il y a ça. La pulsion est un concept limite entre le psychique et le somatique. Elle se caractérise :

- Par la source.

- Par une poussée.

- Par le but : qui est la satisfaction de la pulsion. Pour la satisfaire il faut satisfaire la tension.

- Par l’objet : n’importe quel objet réel qui peut permettre la satisfaction de la pulsion.

Pulsion : poussée d'énergie du corps vers le psychisme. Le corps connaît des excitations internes qui déclenchent des besoins impérieux et amènent un état de tension. Les pulsions communiquent ces besoins du corps au psychisme. Selon Freud, toutes les pulsions ont quatre caractères communs : la source, dans une zone érogène du corps, la poussée, le but, satisfaction du besoin pour apaiser l'état de tension, et l'objet, outil de cette satisfaction. Selon la psychanalyse, la pulsion de mort vise à la suppression radicale des tensions liées aux pulsions de vie.

Pulsions de vie : permettent à l’individu de maintenir son existence et au delà, elles poussent à la reproduction de l’espèce et à la reproduction de la vie. Elles ont été assimilées à Eros, en tant que dieu de l’amour. De plus, toutes les pulsions qui auront pour but de lier, créer, de reproduire, d’améliorer les comportements, la réalisation humaine etc...seront qualifiées de pulsions de vie ou génitales. Elles s’opposent en permanence aux pulsions de mort telles deux grands principes (attraction-répulsion, anabolisme-catabolisme, amour-haine etc... principe de couple d’opposé).

Pulsions de mort : elles ont été comparées à Thanatos qui est la personnification de la Mort. Les pulsions de mort sont d'abord dirigées vers l’intérieur mais la liaison avec la libido grâce au masochisme primaire qui permet dans un premier temps qu’elles soient dirigées vers l’extérieur et ce de différentes façons grâce, dans un second temps, aux mécanismes de défenses du Moi.

 

Pour résumer : l’inconscient se fonde de traces, d’une écriture qui mobilise les représentations de mots (représentation de son) et de choses (ce que ça désigne, l’objet du monde) qui ne seront dynamiques dans l’appareil psychique que parce que de l’énergie va s’y attacher. Le sujet refoule donc ce qui est inaccessible à sa conscience, cependant dans l’inconscient vont subsister des représentations de la pulsion qui vont induire une décharge. Mais comme il y a de la censure, cette décharge va se manifester sous une autre forme (par exemple, le rêve) pour aboutir à la satisfaction. Quand on refoule, cela appelle au retour du refoulé. Lacan traduit ces traces de la perception par le signifiant (qui est à la base l’image acoustique, chargée d’affect). L'inconscient c'est que l'homme soit habité par le signifiant. Cet autre lieu se situe précisément entre la perception et la conscience mais c'est aussi dans cet intervalle que se situe le sujet, il est dans un intervalle et pas à une place fixe. Pour lui l’inconscient est quelque chose qui surgit sans qu’on puisse le contrôler, ce n’est pas quelque chose d’enfoui en profondeur. Il dit que  « l’inconscient représente ma représentation là où elle manque, où je ne suis qu’un manque de sujet. ». Elle amène la question importante du manque : il manque quelque chose pour qu’il devienne sujet. L’être parlant n’est que représenté par le signifiant. « L'inconscient c'est la part de mon histoire qui m'échappe», cela signifie que le sujet n’est pas représenté par le signifiant. Il ne peut pas le définir. Mon sujet tourne autour d’une infinité de signifiants. Le sujet n’est pas un être mais un manque-à-être. Il me manque quelque chose pour me penser, il manque un objet. Et c’est parce qu’il me manque quelque chose que je désire.

Il faut savoir que c'est à partir du sujet qui a été amené par Descartes, que la psychanalyse va amener son sujet. Il a été pensé dans la philosophie comme un sujet de la conscience. Il a été pensé comme un sujet qui est maître dans sa demeure. Donc la psychanalyse doit subvertir le sujet pour définir le sujet de l'inconscient. Lacan va prendre le cogito de départ « je pense donc je suis » et va dire « je suis où je ne pense pas » = je pense où je ne suis pas.

Avec la psychanalyse on découvre aussi un sujet de la jouissance. Nous sommes des sujets qui jouissons par nos symptômes. Là où il ne peut pas se satisfaire au départ, il va utiliser le symptôme pour satisfaire. Ces symptômes apportent une satisfaction définie par Freud comme substitutive. Là où le sujet est en conflit, où il refuse quelque chose, en vérité, il ne le refuse pas complètement il va quand même le satisfaire par un symptôme. « Le symptôme est une formation de compromis ».

 

3. Le scandale de la sexualité infantile et les stades (3 essais) :

 

Freud avec son affirmation de la sexualité infantile fait scandale. Celui ci, est à la mesure du mal entendu qui règne quand à ce terme et d'ailleurs il prend toujours beaucoup de précaution au début de ses ouvrages et de ses texte comme s'il voulait préparer l'auteur à ses avancées. Il est souvent entendu comme sexualité génitale alors que pour Freud, il s'agit de tout ce qui concerne le plaisir, l'auto érotisme, la force de vie, la création = la libido.

La pulsion qui concerne les êtres humains se nomme la libido. C'est au chapitre 2 qu'il développe cette notion.

Il commence par avancer que l'enfant a été oublié dans l'étude de la sexualité, aucun auteur selon lui n'a perçu que la pulsion sexuelle chez l'enfant apparaissait. Ceci est lourd de conséquence tant ce temps de l'enfance est riche pour l'enseignement du futur adulte. Même les sociologues sont d'accord pour dire que la sublimation c'est à dire le processus détournant les forces sexuelles de leur but et les employant à des buts nouveaux, constitue l'un des facteurs les plus important pour les acquisitions de la civilisation. C'est tout le travail de ce que Freud appelle la période de latence, du dégout de la pudeur, de la morale à l'égard de la sexualité.

 

Il décrit la sexualité infantile qui fait place à la période de latence puis la puberté où la pulsion sexuelle s'épanoui. Freud donne des explications au fait qu'on ait oublié d'étudier la sexualité infantile : l'amnésie infantile pour ce qui concerne les premières années de la vie (« c'est l'amnésie infantile qui créant pour chacun de nous dans l'enfance une sorte de pré histoire et nous cachant les débuts de la vie sexuelle fait que l'on néglige de prendre en considération l'importance de la période infantile dans le développement de la vie sexuelle en général »).

Amnésie infantile : amnésie qui occulte généralement le temps vécu des premières années de l'existence. Pour Freud, elle résulte du refoulement qui porte sur la sexualité infantile et s'étend à la presque totalité des évènements de l'enfance. Le temps recouvert par l'amnésie infantile se situe dans le déclin du complexe d'Œdipe et à l'entrée dans la période de latence.

 

Qu'est ce que c'est que la sexualité infantile ? Elle est marquée en premier lieu par le plaisir que le bébé éprouve avec son propre corps : l'auto érotisme, la recherche de satisfaction, de jouissance. La seconde chose très importante, c'est que cette sexualité infantile structure le sujet parce que Freud nous explique que cet auto-érotisme est censé évoluer jusqu'à la relation à l'autre où il est censé prendre du plaisir avec un objet extérieur. Mais, ça ne fonctionne jamais totalement et tous les humains restent empreint à l'auto érotisme de leurs symptômes (ex : masturbation,..). Et à l'extrême, on trouve l'exemple du sujet autiste (condensation de l’auto-érotisme) qui est enfermé dans sa bulle sans relation à l'autre. Il s'agit de la manifestation extrême d'auto érotisme, il jouit tout seul. On peut prendre l'exemple aussi de la boulimie. Lacan disait « celui qui mange n'est jamais seul ». C'est la solitude.

La sexualité commence donc très tôt.

 

a. Les manifestations de la sexualité chez l'enfant :

 

La succion est le prototype des manifestations sexuelles de l'enfance. La succion et le suçotement qui existent déjà chez le nourrisson, qui peuvent subsister jusqu'à l'âge adulte et même toute la vie, sont constitués par un mouvement rythmique et répété des lèvres qui n'a pas pour but l'absorption d'un aliment. Le suçotement est un acte sexuel, dit Freud, et nous pouvons étudier en lui les traits essentiels de la sexualité infantile.

Celle-ci est marquée par l'autoérotisme (le terme est de Havelock Ellis) car l'enfant se satisfait de son propre corps. Ainsi, explique Freud, quand il suce, l'enfant recherche dans cet acte un plaisir déjà éprouvé et qui lui revient alors à la mémoire. Il cherche à renouveler un plaisir qu'il a déjà éprouvé une première fois. C'est l'activité initiale et essentielle à la vie qui le lui a appris : la succion du sein maternel, ou de ce qui le remplace.

Les lèvres de l'enfant : zone érogène et l'excitation causée par l'afflux du lait chaud a provoqué le plaisir. Ce qu'il est important de comprendre est qu'au début, la satisfaction de la zone érogène fut étroitement liée à l'apaisement de la faim. Ainsi, l'activité sexuelle s'est tout d'abord étayée sur une fonction servant à conserver la vie, dont elle ne s'est rendue indépendante que plus tard.

Freud précise que « quand on a vu l'enfant rassasié abandonner le sein, retomber dans les bras de sa mère, et les joues rouges, avec un sourire heureux, s'endormir, on ne peut manquer de dire que cette image reste le modèle et l'expression de la satisfaction sexuelle qu'il connaîtra plus tard ».

C'est ainsi que le besoin de répéter la satisfaction sexuelle se sépare du besoin de nutrition. Les objets érogènes sont d'abord ceux du corps propre avant de devenir (normalement) des objets extérieurs : lèvres, cigarette, alcool... (pour ceux chez qui la zone aura été fortement investie). A l'inverse, le refoulement peut agir de façon importante dit Freud et conduire à un dégoût autour de cette zone bucco-labiale et donc à des symptômes tels que des troubles de l'appétit, des vomissements... On le voit dans l'hystérie.

 

Freud précise que n'importe quelle partie du corps peut devenir une zone érogène. La rencontre du plaisir avec cette zone va se répéter et inscrire cette zone comme préférée. Dans l'hystérie, il y a un transfert de zone érogène à des parties du corps qui deviendront par la suite douloureuses. Ex : une douleur à la jambe (symptôme de conversion) est l'équivalent d'une satisfaction sexuelle! Je vous le concède, l'hystérique jouit mal ! Freud nous a appris à déchiffrer comment un symptôme de conversion peut s'interpréter à partir de l'histoire et du conflit inconscient d'un sujet. Vous trouvez par exemple des gens qui répètent des douleurs sur des organes qui ne sont pas anodins.

Zone érogène : « régions de l'épiderme ou de la muqueuse qui, excitées d'une certaine façon, procurent une sensation de plaisir d'une qualité particulière », Freud, les zones érogènes tiennent une place de première importance dans la sexualité infantile, où la primauté n'est pas encore donnée à la zone génitale. Le but de la sexualité infantile, qui n'a pas encore d'objet sexuel, est déterminé, en effet, par l'activité de ces zones érogènes, qui sont alors indépendantes. Si toutes les parties de l'épiderme et de la muqueuse peuvent servir de zones érogènes, il existe cependant des régions d'élection : celles qui sont d'abord excitées par la mère et qui jouent un certain rôle dans les échanges avec l'entourage. Il en est ainsi, par exemple, de la zone bucco-labiale, dont les premières stimulations par le sein ou le biberon sont liées à une fonction vitale : la nutrition. Bientôt, l'excitation interne de cette zone devient indépendante de la fonction, l'enfant trouvant du plaisir à l'apaiser par toute sorte de succion. La zone anale, au départ stimulée par la rétention et l'expulsion des fèces, les zones génitales, excitées par les soins de la mère, par la miction ou au hasard, deviennent, elles aussi, des sources d'excitation interne que l'enfant cherche à apaiser par différentes stimulations extérieures qui créent une satisfaction, telles que les attouchements anaux ou la masturbation. Dès la puberté, toutes les pulsions partielles (orales, anales, urétrales) coopèrent à l'acte sexuel ; et les zones érogènes dont elles proviennent se subordonnent au primat de la zone génitale. Lorsque les zones érogènes des pulsions partielles viennent à remplacer les fonctions de l'appareil génital, peuvent apparaître la névrose ou la perversion.

 

Revenons à nos enfants, que Freud appelle donc en vertu de cette sexualité infantile, des « pervers polymorphes » (ils passent par toutes les perversions humaines au cours de son développement).

Il y a différents procédés qui produisent la satisfaction soit l'activité masturbatoire, à partir de zones entrant en activité.

A ces différentes activités correspondent des stades du développement psycho-sexuel : ces différentes phases ne sont pas rigides et parfaitement délimitées. Elles se développent les unes après les autres, chacune s’étayant sur la précédente.

 

b. Les stades :

 

Un stade se caractérise par la mise en correspondance d’une source pulsionnelle particulière (zone érogène), d’un objet particulier et d’un certain type de conflit. A chaque phase, l’enfant est censé réaliser un équilibre temporaire.

Il existe donc 3 stades prégénitaux : oral, anal, phallique ou urétral (0 à 4 ans), puis le complexe d’Oedipe (4-7 ans), suivi de la période de latence (7-12 ans) et de la puberté.

 

Le stade oral (0-12 mois) :

- Source de la pulsion : bouche, zone orale.

- Objet pulsion : sein maternel.

- A ce stade se développe l’ambivalence à l’égard de l’objet : désir de sucer mais aussi de mordre (avec l’apparition des premières dents). Karl Abra ham différencie d’ailleurs 2 sous-stades (oral primitif jusqu’à 6 mois et sadique oral après). Lorsque l’enfant tête le sein, il l’incorpore (c’est l’introjection) tout comme il incorpore les fragments du monde extérieur pour en faire du soi. L’enfant va petit à petit concevoir la notion d’objet extérieur à lui ; car au départ, lui et le sein ne font qu’un… L’infans, dans sa toute-puissance illusoire de maîtrise de l’autre, convoquant le sein par son cri, dispose de l’objet pour sa satisfaction. Cet état psychique initial caractéristique de la relation mère-enfant, matrice du fantasme, maintient l’illusion que la rencontre de deux corps peut constituer un seul appareil psychique.

Le stade anal (2-3ans) :

- Ce stade commence avec le début du contrôle sphinctérien mais le plaisir anal existait déjà avant, c’est juste qu’il devient là dominant.

- Source pulsion : muqueuse anorectale.

- Objet pulsion : boudin fécal.

- C’est une phase d’extrême ambivalence où l’enfant est sans cesse entre la conservation, la rétention et l’expulsion, le dedans et le dehors, l’activité et la passivité (le sadisme et le masochisme). Les fèces sont une monnaie d’échange entre lui et ses parents et il peut décider de les garder ou de les donner comme un cadeau ou une punition….

- K. Abraham distingue entre 2 sous-stades : sadique anal (plaisir pris à l’expulsion avec le sadisme lié à la destruction) et le stade rétentionnel (plaisir recherché dans la rétention avec l’opposition au désir des parents).

Le stade phallique (3-4 ans) :

- Source pulsion : organes génitaux (gland, clitoris).

- Objet pulsion : le pénis pour les 2 sexes.

- La satisfaction provient de l’érotisme urétral (fonction urinaire, laisser couler) et de la masturbation (frottement, pression). A partir de là commencent la curiosité sexuelle et les « théories sexuelles infantiles » (1908) autour des questions essentielles que se posent les enfants : la différence des sexes, l’origine des enfants.

 

C’est donc aussi entre 3 et 5 ans que Freud situe ce qu’il nomme la pulsion de savoir qui est la sublimation du besoin de maîtriser qui utilise comme énergie le désir de voir. L’enfant qui s’attache avec intensité aux problèmes sexuels, va éveiller son intelligence à partir de là et de cette fameuse question : d’où viennent les enfants ?

Elle apparaît notamment avec la naissance d’un frère ou d’une sœur. L’enfant aura un certain nombre de théories qu’il élaborera dans la plus grande solitude.

Freud dégage 3 théories essentielles :

- Première théorie : « la femme au pénis », théorie d’un seul sexe.

- D’où viennent les enfants ? Théorie cloacale : nous naissons entre l’urine et l’excrément. Ainsi, il n’y aurait ni vagin dans le corps maternel ni trou dans l’image du corps. La fécondation est alors orale, mictionnelle, sadique par déchirure ou par exhibition, masturbation, contact.

- Fantasme de la scène primitive : vécu sadique du coït parental (bipartition fort/faible et actif/passif, en lieu et place de la différence homme/femme).

La grande question est alors celle d’avoir ou pas un pénis sachant que cet objet représente la puissance, la complétude narcissique (c’est le phallus) et donc, le garçon est introduit à l’angoisse de castration et la fille à celle du manque (qui les suivent à vie !).

 

Le complexe d’Oedipe (4-7 ans) :

- Objet de la pulsion : partenaire privilégié du couple parental (avec alternance même entre mère et père/ Oedipe inversé).

- Source pulsion : excitation recherchée dans la possession de ce partenaire. L’angoisse de castration inaugure l’entrée dans l’Oedipe marquée pour le garçon par la peur de perdre son pénis et pour la fille par l’envie d’en posséder un.

- Il s’agit là de la question d’être homme ou femme et de s’inscrire dans le lien à l’autre avec constitution du surmoi, de l’idéal du moi… Il s’agit donc de résoudre la crise œdipienne.

 

La période de latence (7-12 ans) :

- Il s’agit d’une phase de transition entre la résolution du conflit œdipien et la puberté.

- L’enfant accuse le coup (après l’Oedipe) et il y a un temps d’arrêt dans le développement de la sexualité humaine. L’enfant devient pudique, plus sociable… Il refoule tout cela plus ou moins bien, voire sublime ou pas…

 

La puberté et l’adolescence :

- Cette période est plus une crise qu’un stade. Elle apparaît avec l’ensemble des phénomènes physiologiques qui remettent en question l’intégrité du corps, le sexe. Il s’agit d’une crise narcissique avec réactivation du complexe d’Oedipe sur des substituts parentaux.

- Le choix d’objet sexuel s’affirme, la différence sexuelle est intériorisée et « la recherche générale de plaisir commence à s’intégrer à la fonction sexuelle ».

- Freud explique donc que le choix d’objet se fait très tôt et en 2 temps (entre 2 et 5 ans) et que toutes les pulsions partielles se réunissent sous le primat de la zone génitale : toutes les tendances sexuelles convergent vers une seule personne et cherchent dans celle-ci leur satisfaction. Ainsi, après la puberté, avec le primat de la zone génitale ; la sexualité prendra sa forme définitive avec cette synthèse des pulsions partielles.

- Lacan maintiendra lui, que la pulsion ne peut être que partielle, ce que nous remarquons d’ailleurs dans la clinique, et que Freud lui-même note en précisant que certaines régions peuvent conserver toute la vie un certain degré d'excitabilité génitale (plaisir lié à la retenue ou à la défécation, troubles intestinaux, hémorroïdes pour la zone anale, alcoolisation, anorexie pour la zone orale…).

 

En bref, la disposition perverse polymorphe de l’enfant, cette disposition à toutes les perversions est « quelque chose de profond et de généralement humain ». Il passe par toutes les perversions humaines au cours de son développement. Et les différents vécus de l’enfance peuvent donc donner lieu à des régressions et des fixations.

Ex : l’excitation douloureuse de la zone fessière (la fessée) est une des origines de la tendance passive à la cruauté : le masochisme. Cf. Rousseau

C’est pourquoi, du vécu de ces étapes (triomphe, culpabilité) dépendront la personnalité ultérieure (névrose, perversion…), les fixations particulières d’un sujet. Tout cela laisse des traces définitives.

Retenons enfin, que tout cela est une théorie bien figée qui ne correspond jamais totalement à la réalité…

 

4. Les grands courants de la psychopathologie de l’enfant, les postfreudiens :

 

La clinique auprès des enfants pose encore plus clairement la question essentielle de la différence entre le normal et le pathologique. Freud nous a appris que les mêmes processus étaient présents chez tout le monde et que ce qui fait le caractère pathologique est l’intensité. Il faut donc se garder de réduire la psychopathologie de l’enfant à une théorie des stades. Chez l’enfant, nous l’avons dit, il peut y avoir - et il y a souvent - des symptômes transitoires puisque celui-ci est en constant remaniement. Au clinicien donc de repérer ce qui est transitoire ou pas et d’interpréter ce dont il s’agit afin de traiter chaque cas.

 

Mélanie Klein reprend tout ce qu'a dit Freud mais en allant plus loin, elle parle d'archaïsme.

Il perd quelque chose, il perd un objet et va être amené à désirer.

Lacan écrit le fantasme : S barré poinçon de petit a. Chaque sujet va organiser sa vie, son monde à travers le filtre de son fantasme (chacun a ses représentations). Le sujet est divisé, il lui manque quelque chose et son fantasme c'est ce scénario inconscient qui va le mettre en relation avec un objet. Que veut dire ce poinçon ? Le sujet est aliéné à cet objet mais il est séparé en même temps. Double valence entre aliénation/séparation.

 

a. Anna Freud :

 

C’est avec elle que commence l’observation directe de l’enfant dès 1936, puisque S. Freud n’a parlé de l’enfant qu’à partir de reconstructions issues de cures d’adultes.

La fille de Freud (dernière née de ses 6 enfants) va s’engager dans une visée plutôt éducative et pédagogique aux antipodes donc du discours analytique et donc des découvertes de son père. Elle fondera en 1951 à Londres, la Hampstead Clinic, centre de soins, de formation et de recherches en psychothérapie infantile.

L’idée essentielle d’A. Freud est le moi. « Le moi est vraiment le domaine auquel doit toujours s’appliquer notre attention » dit-elle. Cette approche, qui fait débat, introduit une conception normative, adaptative et éducative de la cure analytique de l’enfant conçue comme une transformation du moi du patient sur le modèle de celui du psychanalyste en position parentale. Le but pour A. Freud est de « supprimer les troubles et de rétablir l’intégrité du moi ». Aussi, pour A. Freud, il est difficile de psychanalyser un enfant parce qu’il n’est pas encore un adulte. Ce qu’elle fera n’aura donc plus beaucoup de rapport avec la psychanalyse comme elle-même le reconnaîtra. Elle inspirera le mouvement psychanalytique encore d’actualité aux Etats-Unis.

 

b. John Bowlby :

 

Bowlby : Dès 1958, est conduit à réfuter cette théorie freudienne (l’étayage de la pulsion à partir de la satisfaction orale) pour reconsidérer à la lumière des travaux d’éthologie (étude de l’animal dans son cadre de vie normal) la notion d’attachement à la mère : l’attachement du bébé à sa mère et de la mère au bébé résulte d’un certain nombre de systèmes de comportements caractéristiques de l’espèce. Il décrit 5 systèmes comportementaux : sucer, s’accrocher, suivre, pleurer, sourire. Ceux-ci définissent la conduite d’attachement qui est primaire.

 

c. Mélanie Klein :

 

Psychanalyste britannique d’origine autrichienne (1882-1960).

C’est celle qui a permis une compréhension essentielle de l’enfant en posant le fantasme comme élément primordial de toute vie psychique. Elle fut en conflit avec A. Freud et lui reprochera de ne pas être freudienne ! Et elle avait raison !

Elle fondera également son école et montrera la possibilité d’une analyse précoce de l’enfant.

Elle s’oppose donc à A. Freud sur la question de la constitution du sujet psychique comme sur la technique de la cure et sa finalité.

Pour elle, prévalent dès la naissance des conflits internes (en opposition donc aux conflits d’environnement et d’adaptation de A. Freud) autour du dualisme pulsionnel (pulsion de vie/pulsion de mort). L’enfant est donc dès sa naissance, un sujet pulsionnel disposant déjà d’un moi archaïque et d’un surmoi archaïque.

Deux mécanismes fondamentaux opèrent dès le début, formant l’appareil psychique et les objets : l’introjection (la libido investit un objet et en ramène l’imago) et la projection (tentative d’expulser le sadisme ou bien l’objet mauvais).

Les toutes premières expériences instinctuelles (l’alimentation en particulier) servent à organiser ces opérations psychiques que nous pouvons déduire avec Klein du texte passionnant et fondamental de Freud : La négation (1925) dans lequel il donne une théorie de la naissance du sujet comme de la pensée. En somme, c’est à partir des sensations de plaisir et de déplaisir que vont se former le jugement, la pensée… Ce texte explique que c’est à partir d’un refoulement originaire que se fonde le sujet. Car au début, il n’y a pas de distinction entre l’intérieur et l’extérieur. Le bébé se confond même au début avec le sein…

 

Le monde interne, les objets :

- La relation avec l’objet suit des mécanismes constants et des fantasmes identiques à tous les enfants. Klein explique que :

+ Les bonnes expériences de satisfaction, de gratification, liées à la pulsion libidinale, seront introjectées à l’intérieur du bébé comme un affect lié à un fragment de bon objet qui servira de base à l’établissement du premier Moi fragmenté interne du bébé.

+ Les mauvaises expériences de frustration, de déplaisir sont liées à la pulsion de mort : comme telles, elles sont vécues comme dangereuses et sont projetées à l’extérieur. Ainsi se constitue une première unité fragmentaire faite d’un affect agressif et d’un fragment de mauvais objet rejeté à l’extérieur : le non-Moi.

- Cette dichotomie va déterminer une série d’oppositions constituant l’appareil psychique : Moi/non-Moi, bon fragment d’objet/mauvais fragment d’objet, intérieur/extérieur. Le bébé va donc se défendre en projetant à l’extérieur toutes les mauvaises expériences et en introjectant à l’intérieur toutes les bonnes. Cela par le mécanisme du clivage.

- Progressivement, se constituent alors :

+ Un objet dangereux, mauvais, persécuteur et donc objet extérieur dont le bébé doit se protéger. Cet objet est la préforme du Surmoi archaïque maternel.

+ Un bon objet, idéalisé, gratifiant, intérieur au bébé et qu’il doit donc protéger. Cet objet est la préforme du Moi archaïque.

- Mais pour que cette différenciation soit possible, il faut que le bébé soit capable de tolérer les frustrations que la réalité lui impose nécessairement.

- Les 2 positions définies par Klein :

+ Cette phase constitue l’essence même de la position schizo-paranoïde qui se situe dans les premiers mois de la vie de l’enfant : il combat toute perte en faisant dériver la pulsion de mort sur des objets externes et en luttant contre l’anéantissement, la persécution. Cette phase est dominée par le sadisme et l’enfant se sert du mécanisme de l’identification projective pour détruire ce qui le persécute. La possibilité pour le nourrisson de contenir ses angoisses précoces et de les maîtriser conduira à une organisation de son monde interne.

. Identification projective : idée qu’un objet extérieur peut être détesté dans la mesure où il représente une partie haïssable du sujet. Le sujet projette son mauvais sur l’autre et l’identifie ainsi comme mauvais. Il peut aussi projeter des parties bonnes et développer ainsi des relations stables aux objets nécessaires à la constitution du Moi. 

. Petit à petit, l’introjection et la projection permettent le déplacement d’objets en objets et les images intériorisées se rapprochent davantage de la réalité. L’identification du Moi avec les bons objets devient plus complète.

+ La phase suivante (à partir de 12-18 mois) est la position dépressive : celle-ci s’explique par la possibilité nouvelle pour l’enfant de reconnaître, grâce aux expériences répétées du maternage, l’unicité de l’objet bon et mauvais, du bon et du mauvais sein, de la bonne mère et de la mauvaise mère (ils ne font qu’un et ne sont plus des parties !)…

. Face à cette unicité, l’enfant ressent une angoisse dépressive et une culpabilité : il doit affronter le fait que l’objet de l’amour est le même que celui de la haine. Mais aussi, il craint de perdre cet objet aimé.

. Ainsi, si les bonnes expériences l’emportent sur les mauvaises, si le bon objet n’est pas trop menacé par le mauvais, le Moi (investi par la pulsion libidinale) peut accepter ses pulsions destructrices. Source de souffrance transitoire, cette acceptation permet une atténuation du clivage et rend plus réaliste la perception de l’objet et du Moi de l’enfant.

. L’enfant passe alors d’une relation d’objet fragmenté (bon/mauvais sein) à une relation d’objet clivé (bonne/mauvaise mère) avant de parvenir, selon Klein, à une relation d’objet total où la mère apparaît comme un objet total, personne sur laquelle le nourrisson fait l’expérience de ses sentiments d’ambivalence.

. C’est le moment où l’enfant s’inquiète à l’idée d’anéantir, par l’intensité de sa vie pulsionnelle, l’objet qu’il aime et dont il est encore dépendant. L’enfant peut perdre cet objet aimé qu’est la mère mais donc aussi le sein que lui-même a été autrefois. Par conséquent, il est en proie au regret, à la culpabilité, à la nostalgie et au deuil.

. C’est de l’issue de ce travail de deuil de l’objet primordial que dépendra la sortie de la névrose infantile et de la névrose de transfert (car la fin de la cure est équivalent à un état de deuil).

 

Les fantasmes originaires :

- Sont donc de la plus grande importance dans l’œuvre de M. Klein : il s’agit d’une fonction du moi qui implique une organisation plus complexe que ce que Freud en avait postulé. Ils ont une fonction défensive, protectrice et même structurante puisqu’ils sont un moyen d’éviter la rencontre avec la réalité externe et interne.

- L’analyse des premières relations révèle des fantasmes d’objets introjectés dans le moi depuis la plus tendre enfance (le sein idéalisé ou persécuteur, le pénis) : ce sont des objets partiels, fonctionnels pour l’enfant, en plus des objets de la réalité…

 

Le surmoi et l’Oedipe archaïques :

- Chez Freud, le Surmoi est l’héritier du complexe d’Oedipe. Ce que constate Klein est que les enfants subissent l’influence d’un Surmoi décrit comme féroce, capricieux, d’une sévérité tyrannique et impitoyable. Le noyau de ce Surmoi archaïque trouve sa racine dans la première identification de l’enfant au père (chez Freud) : il s’agit d’incorporer une exigence de jouir de tout, de vivre et en cela elle est pulsion de destruction. En jouissant de la vie, en buvant le lait de la mère, en la mordant, en dévorant, l’enfant vit et se constitue par une sorte de sadisme contre les objets extérieurs. Cela ne sera tempéré qu’après le déclin de l’Oedipe, quand l’enfant aura renoncé à la mère : bataille incessante qui commence dès le sevrage. Ainsi, l’Oedipe est lui aussi précoce. Les tendances œdipiennes sont libérées à la suite de la frustration que l’enfant éprouve au moment du sevrage (vers 2/3 mois nous dit-elle) et elles seront renforcées par la suite avec les autres frustrations liées à l’acquisition de la propreté.

- Ce que signale Klein est que l’angoisse et la culpabilité ne naissent pas de l’entreprise incestueuse œdipienne mais d’abord des pulsions destructrices. L’enfant est très tôt coupable de ses pulsions destructrices envers la mère. Quand il projette l’objet, c’est parce qu’il craint les représailles.

- La mère tient chez Klein une place centrale : elle, son corps précisément, est le lieu où se jouent les fantasmes, les désirs inconscients et donc la symbolisation et la constitution du Moi. Il y a toujours entre elle et l’enfant le sein qu’elle donne ou non, les fèces qu’elle exige, le pénis du père qu’elle recèle… Cette mère est non castrée, phallique et le trauma principal ne sera pas chez Klein la découverte de sa castration mais plutôt le trauma du sevrage. Le sein maternel est un « objet d’une bonté sans pareille dont le bébé aura la nostalgie ».

- Aussi, les enfants des deux sexes s’identifient à la mère. Ce qui lui manque (à la mère) n’est pas tant le pénis que ce que l’enfant lui a pris (sein, pénis) et qu’il peut donc lui rendre pour la réparer. D’où les thèmes kleiniens de la haine et de la réparation, de l’envie (envie du sein dans sa forme primitive. Sentiment de colère éprouvée face à un autre qui possède cette chose désirable et qui en jouit…)  et de la gratitude.

- Mélanie Klein a dit elle-même que toute sa contribution à la théorie psychanalytique dérive de la technique de jeu, qui n’est pas une thérapie par le jeu. Pour elle, l’enfant ne fait pas d’associations libres à cause de l’angoisse qui oppose une résistance aux associations verbales. C’est donc le jeu qui vient à la place, qui fait office de métaphore. Elle a rompu avec l’éducation pour faire de la psychanalyse. Freud n’a pas vraiment reconnu ses théories (qui remettaient peut-être en question ses propres découvertes) mais Lacan a su tirer l’essentiel de la théorie kleinienne (la jouissance, le surmoi archaïque).

Continuateur : W. Bion et sa théorie de l’appareil à penser.

Mais celui qui a donné sa portée la plus intéressante à l’œuvre de M. Klein est Jacques Lacan, qui s’il n’a pas tout retenu de son travail, la disait géniale.

Citons seulement le stade du miroir (la position dépressive), les signifiants (les objets intériorisés), le Surmoi archaïque (la jouissance), l’envie (la jouissance).

 

d. D.W. Winnicott :

 

Pédiatre d’abord et psychanalyste britannique (1896-1971).

Les hypothèses de Winnicott sont également le fruit de sa pratique. S’appuyant sur Freud qu’il admire, il a aussi lu et travaillé à partir de l’œuvre de Klein (laquelle lui demandera d’ailleurs de recevoir son fils en analyse). Elle recevra en analyse la deuxième femme de Winnicott !

Pour autant, il fera partie du Middle Groupe (comme son nom l’indique, groupe du milieu, dans le conflit A. Freud/ M. Klein).

Winnicott met l’accent sur l’influence de l’environnement dans le développement psychique de l’être humain en postulant que la structuration psychique dépend de la relation mère-bébé. Auront le goût de vivre, dit-il, ceux qu’on « n’a pas laissé tomber » étant bébés, et « garderont toute leur vie le souvenir de l’état où ils se trouvaient au moment du désastre » ceux qui ont subi une « expérience traumatique due à un laissé tomber »…

 

Car, un bébé seul, ça n’existe pas :

- Le petit enfant naît dans un état de dépendance absolue à l’égard de sa mère (de 0 à 6 mois) que le bébé méconnaît puisqu’ils ne font qu’un. La mère devra permettre, en s’adaptant parfaitement aux besoins de l’enfant, le libre déroulement des « processus de maturation ». La mère est quant à elle en proie à une maladie normale : la préoccupation maternelle primaire (repli, dissociation) qui disparaît peu à peu pour laisser place à une attitude moins systématiquement gratifiante.

- Dans un second temps, l’enfant se trouve dans un état de dépendance relative (6 mois à 2 ans). La mère devient alors une « mère ordinaire normalement dévouée » qui permettra à l’enfant de développer l’illusion active qu’il a prise sur le monde et qu’il le crée.

 

La fonction maternelle : holding, handling, object-presenting :

- La mère selon Winnicott doit donc devenir ce que Winnicott nomme une « mère suffisamment bonne » qui présente ainsi des défaillances transitoires mais qui ne sont jamais supérieures à ce que son enfant peut éprouver.

- Lorsque la mère ne peut se laisser spontanément envahir par la « préoccupation maternelle primaire », elle risque alors de se conduire en « mère thérapeute », incapable de satisfaire les besoins précoces de son bébé et empiétant par la suite constamment dans son espace. La mère alors angoissée et culpabilisée « soigne » son enfant au lieu de lui laisser faire ses expériences.

- Winnicott distingue dans la fonction maternelle, 3 rôles qu’il dénomme holding, handling, et object-presenting :

+ Le holding correspond au soutien, à la maintenance de l’enfant, physique mais aussi psychique.

+ Le handling correspond aux manipulations du corps : soins de toilette, habillage mais aussi caresses, échanges cutanés multiples.

+ L’object-presenting caractérise la capacité de la mère à mettre à la disposition de son bébé l’objet au moment précis où celui-ci en a besoin, ni trop tard ni trop tôt, de telle sorte que l’enfant a le sentiment tout-puissant d’avoir créé magiquement cet objet.

. La présentation trop précoce de l’objet ôte à l’enfant la possibilité de faire l’expérience du besoin, puis du désir. Elle représente une irruption brutale dont il doit se protéger en créant un « faux-self ». À l’inverse, la présentation trop tardive de l’objet conduit le bébé à supprimer son désir pour n’être pas anéanti par le besoin et la colère. Le bébé risque ainsi de se soumettre passivement à son environnement.

. Le « faux self » n’est pas créatif, il ne donne pas à l’enfant le sentiment d’être réel. Il peut être à l’origine d’une construction défensive contre la crainte d’un effondrement : c’est le concept chez Winnicott qui fait le lien entre le développement normal et le champ du pathologique.

- Ainsi, lorsque la mère est suffisamment bonne, l’enfant développe un sentiment de toute-puissance, d’omnipotence : il a l’illusion active de créer le monde autour de lui. Cette « activité mentale de l’enfant transforme un environnement suffisamment bon en un environnement parfait » dit Winnicott. Elle permet à l’enfant :

+ De se constituer un bon sentiment de sécurité en permettant à la psyché de résider dans le corps, d’accéder à un « self » vrai en parvenant à l’unité psyché-soma.

+ De supporter les frustrations liées aux défaillances maternelles en éprouvant une désillusion modérée, nécessaire. L’enfant s’y adapte activement en remplaçant l’illusion primitive par une aire intermédiaire, aire de créativité primaire. C’est l’aire transitionnelle dont le représentant caractéristique est l’objet transitionnel (le doudou), précurseur des objets culturels.

L’objet transitionnel :

- Cet objet est donc ni interne, ni externe, à la fois moi et non-moi. Il appartient au monde de la réalité mais l’enfant l’inclut au début dans son monde d’illusion et d’omnipotence.

- Il est antérieur à l’épreuve de réalité et représente le sein ou l’objet de la première relation.

- Cet objet « relève d’un domaine d’expérience entre pouce et nounours, entre érotisme oral et véritable relation d’objet » ; il est le lieu de projection de l’illusion, de l’omnipotence et de la vie fantasmatique de l’enfant. C’est par essence même l’espace du jeu chez l’enfant.

 

Winnicott, qui était surtout un clinicien, a contribué à poser les bases de la théorisation de la relation précoce mère-enfant. Il illustre que la clinique du nourrisson est une clinique de l’interrelation, de la communication inconsciente entre mère et enfant dont dépend l’avènement d’un espace de différenciation moi/non Moi.

Il a également travaillé sur la question de la créativité, sur le jeu, mais aussi sur la déprivation, la délinquance, la haine dans le contre-transfert, la régression dans la cure, la santé, le groupe familial, l’adolescence…

On peut noter que c’est à partir de l’objet transitionnel que Lacan construira son objet cause de désir (objet a).

Le sein, l’objet transitionnel, ayant cette caractéristique de n’appartenir ni vraiment à la mère ni vraiment à l’enfant, permet de rester conjoint à la mère en son absence, et du même coup de s’en disjoindre… Nous retrouverons cette logique dans l’écriture lacanienne du fantasme (S barré poinçon de a).

 

5. Ce que parler veut dire : Jacques Lacan :

 

Lacan a permis de parler de la psychopathologie de l'enfant sur des bases rigoureuses. On retrouve chez Lacan les apports d'autres comme Klein, Winnicott. Il amène le stade du miroir, la distinction entre le moi et le je, la question de la relation d'objet. Avec ça, il permet une distinctio indispensable entre les registres imaginaires, réels et symboliques sans quoi nous ne pourrions y voir clair dans la clinique. Il sera suivit de Dolto, Mannoni. Ces femmes ont pratiqué et théorisé la psychanalyse avec les enfants.

 

Lacan va partir  sur le structuralisme linguistique et le surréalisme. Il va travailler la question du langage (qui n’est pas la langue). Quelque chose qui est unique et maternel. La langue maternelle, celle de l’infantile, la langue de la relation fusionnelle à la mère. Cette langue maternelle, on tente de la traduire sans y arriver. Les mots ne peuvent donc tout dire, et donc continue de parler (désir). On est dans une traduction d’émotion pulsionnelle qu’on ne peut réellement traduire car c’est le désir.

IRS (imaginaire, réel, symbolique) :

- Réel : fonctionne sur la privation, quelque chose dont on sera privé toute la vie, on n’a pas accès au réel. C'est ce qui n'a pu être réduit par le symbolique (refoulement originaire) et reste comme tel, marque du traumatisme psychique originaire, enserré au cœur de l'inconscient par le fantasme. Ce réel se manifeste chez le sujet névrosé sous la forme de répétition et dans la psychose sous celle de l'hallucination.

- Imaginaire : gérer par le principe de frustration. Registre du moi et de l'identification narcissique, l'imaginaire s'appréhende à partir du « stade du miroir ».

- Symbolique : fonctionne du côté de la castration. À ce registre est liée la fonction du langage, à laquelle est soumis tout être parlant (le "parlêtre" de Lacan). Dans la structuration du sujet, l'ordre symbolique marque sa prééminence sur celui de l'imaginaire, et sur le réel. Il est connoté de la fonction du manque que le sujet a eu à symboliser à partir de la perte initiale de l'objet.

Il met ce schéma en place et ça constitue la réalité psychique. Cette réalité nous construit, nous structure et on y est toute notre vie. Ce qui fait notre fantasme c’est le mot qui est accolé à une image. Notre langage est accolé à des images. Et on va prendre les mots pour les choses, et là on arrive aux signifiants. Quand on arrive au symbolique, le mot devient un mot pur.

 

a. L’homme naît dans un bain de langage :

 

L'homme quand il nait, il a une famille, il est inscrit dans une lignée, dans un discours, dans un désir. Désirer et nommer un enfant avant sa naissance c'est déjà l'inscrire dans le langage. Le langage est une activité spécifiquement humaine, qui présuppose l'accès aux symboles. Nommer une chose, c'est pouvoir la symboliser = pouvoir se la représenter, même en son absence (ça se construit). Nommer quelque chose, c'est pouvoir se la représenter. Le rapport d'un sujet au langage ne signe rien de moins que son rapport au monde. C'est mon rapport au langage qui va déterminer mon rapport au monde parce que le monde je le nomme. Intégrer les lois du langage c'est s'inscrire dans le lien social. S'inscrire dans le lien social, c'est accéder à l'altérité, à la dimension de l'autre (grand et petit autre. Le grand autre est supporté par un petit autre).

Au départ le bébé n'est pas différencié des objets, l'homme nait prématuré, il est dans un état de détresse primordiale, il a besoin de l'autre pour sa survie, il parle parce qu'il a besoin de son semblable (appel à l'autre). C'est de ce socle là de réel (la prématuration de l'être humain) sur lequel s'appuie la relation primordiale dont nous gardons tous la cicatrice qui est indélébile sous la forme de ce que nous appelons l'amour. La dépendance à l'autre, peut prendre différente forme, mais le besoin d'aimer et d'être aimé, c'est quelque chose qu'on a toute la vie. Lacan dit: « toute demande est une demande d'amour ». L'être humain est plus intéressé par la relation que par l'objet de la demande. Il attend de cette demande d'être reconnu comme sujet c'est à dire que cet amour vise une reconnaissance de son existence au regard de l'autre. Le sujet existe dans le regard de l'autre et a besoin de lui pour exister.

L'être humain est caractérisé par une différence avec les autres animaux qui est qu'il n'est pas soumis à l'instinct. Les animaux sont dispensés de penser au lien à l'autre. C'est instinctif (accouplement, recherche de nourriture,..). Nous, nous sommes obligés de penser notre lien à l'autre. L'homme ne peut pas fonctionner comme les autres animaux, il n'est pas soumis à l'instinct. Les pulsions sont inscrites dans le langage. Parce que les humains pour régler leur rapport au réel, ils doivent penser, représenter ces liens avant d'y avoir accès. Entre l'adulte humain et le bébé, il y a une construction, un rapport complexe qui va permettre l'avènement psychique de l'enfant = le lien mère-enfant. La particularité de l'être humain est d'être pris dans le langage pour régler son lien à l'autre. D'un coté on a la survis biologique et là, à partir de ce lien mère-enfant, on a tout un cortège de manifestation psychopathologique: psychopathologie du lien. Ex : anorexie, du côté du trop ou du pas assez, du lien à l'autre qui passe d'abord par l'oralité, la toxicomanie…

 

b. L’exemple de l’autisme :

 

Très riche d'enseignements. L'essentiel c'est de pouvoir se représenter l'absence : je peux me représenter quelque chose même s'il n'est pas là. Qu'est ce que c'est la castration pour l'être humain, le principal agent ? C'est le langage. Du cri du bébé à la parole de l'enfant, il y a tout un processus qui permet de s'inscrire dans la parole, d'user de la parole pour dire le monde et être en relation avec les autres.

Pour certain sujet, ça ne fonctionne pas. Ils restent dans leur bulle. La relation à l'autre, l'échange représente une menace, c'est dangereux. Lacan est parti des extrêmes (les psychotiques) pour savoir ce que parler veut dire. Qu'est ce que parler implique ? Ça nous mène vers la question de la naissance du sujet. Symbolisation primordiale (Lacan) et refoulement originaire (Freud) : quelque chose qui se fait et qui permet au sujet d'exister en tant que sujet désirant. Départ : sensation corporelle. L'idée que le sujet humain, parlant, il doit arriver à s'exiler du premier rapport fusionnel à la mère pour pouvoir exister. Au départ, si on ne fait qu'un, on ne peut pas arriver à exister. Il faut arriver à concevoir l'autre. Lacan dit: « Il n'y a pas de rapport sexuel ». Rapport au sens mathématique du terme, deux choses qu'on met en rapport pour qu'il y ait un emboitement, une harmonie, un accord. Il n'est pas possible de se combler complètement, de se comprendre complètement.

On va courir après quelque chose qui nous manque, le désir file de signifiants en signifiants (homme, chaussures, vêtements...). Le désir est causé par un objet inconscient : le désir ne peut pas être comblé, le manque à être. On peut le rapprocher de l'hystérique qui jouit de son insatisfaction. Le rapport sexuel n'aurait pas besoin de parole et ne souffrirait d'aucun manque : ça n'existe pas sauf dans l'autisme ou dans la psychose (le sujet ne s'est pas séparé).

Le psychotique n'est pas séparé de l'objet a, il l'a dans sa poche. Il est persécuté parce que l'autre veut le lui prendre. On a un sujet qui a eu accès à la castration, il a réussit à l'accepter en quelque sorte, manque de quelque chose et donc il va avoir besoin de l'autre pour combler son manque. Un sujet qui n'a pas eu accès à la castration, n'a pas été séparé de l'objet et donc ça a plein d'effets notamment la persécution, le délire...

Dans l'autisme, la mère va combler le manque causé par la castration avec un objet : l'enfant, c'est le bouche trou de la mère. On est à la fois sujet et objet de l'autre alors que là l'enfant n'est qu'objet. Si on me touche, je n'existe plus (livre). Cas clinique : enfant autisme qui crie → on lui met un biberon dans la bouche. On l'empêche de demander, de désirer. Il faut le castrer, dire non. Celui qui est là, il a une fonction séparatrice, afin qu'il puisse désirer.

Lacan va nous apprendre à faire un diagnostique à partir du langage. Mon rapport au monde, c'est mon rapport au langage. C'est à partir des troubles du langage qu'on va faire un diagnostique de psychose. « Le mot est le meurtre de la chose » Hegel. A partir du moment où on nomme une chose, une partie se perd, à jamais. D'une certaine façon on la tue. Quelque chose du côté du ressenti et de l'éprouvé. Quand l'enfant tête le sein de sa mère, il éprouve quelque chose. A partir du moment où il va nommer quelque chose, il y a une perte de tout ce qu'on ressent dans notre corps. On ne peut jamais réussir à exprimer tout ce qu'on voudrait, tout ce qu'on ressent. C'est le langage qui est agent de la castration : c'est parce que je parle que je suis castré, c'est une limitation autant qu'une liberté. Le mot représente une absence, en même temps il nomme le désir. Ex : maman je veux gâteau. Le mot est une présence faite d'absence. Quand on parle, on a pris acte de l'absence (on symbolise) et de ce vide nécessaire pour exister. Quand un enfant accepte de parler c'est qu'il a réussi à s'extraire d'une certaine place et a consenti au manque. On peut postuler que le vrai sujet autiste, il n'arrive pas à parler et donc ça se joue à ce niveau là. A partir du moment où je parle, il y a forcément du malentendu, du manque à être, à savoir.

 

c. La symbolisation, le langage et le signifiant :

 

Linguistique structurale. Saussure dit que « Le langage est un système clos de signes » = tout signe va se définir par rapport à sa différence avec les autres. Rien ne signifie en soi et tout signifie en fonction des éléments.

Lacan va proposer « l'inconscient est structuré comme un langage ». Il fonctionne selon les mêmes règles que le langage. La langue est un cas particulier du langage, ensemble de signes utilisé par une communauté pour communiquer. « L'inconscient est une langue propre à chacun à l'intérieur de la langue commune qui est le français ». Elle est inconsciente, intime et première. Avant de commencer à parler, on a utilisé des mots propres à soi : la langue. Chacun a sa première représentation. Pour se comprendre il faut parler la même langue et comme la langue inconsciente est différente à chacun, on ne peut pas se comprendre totalement.

Avec la psychose, c'est comme si on avait accès à l'inconscient à ciel ouvert au contraire du névrosé, qui va cacher. On ne peut interpréter le délire d'un psychotique. La parole c'est ce sur quoi repose toute la pratique parce qu'elle véhicule la subjectivité, mon inconscient.

Le langage va découper un signifiant (un bout de son) et de l’autre côté un concept, une idée et un signifiant (part du son). C’est arbitraire, ex : un feutre (son) = un feutre (concept). La plus petite unité de signification = le phonème. Son = image acoustique. Le signe est l ensemble de ces 2 choses = signifié sur (/) signifiant = S/s.

Lacan va renverser ça : il va donner une place primordial au signifiant et on a vu que le signifiant recouvre les traces de la perception = signifiant = image sonore lié aux représentations de choses = traces mnésique sensorielle (Freud).

Ce qui est important c’est que ces traces sont associées aux affects = empreinte psychique de ce son c’est-à-dire une représentation = ce qui nous intéresse c’est que pour chacun il y a des signifiants important qui vont marquer l’histoire du sujet = le ton par exemple de la mère ca va lui rappeler quelque chose.

Chez Lacan c’est le signifiant qui va déterminer le sujet. Le signifiant représente le sujet pour un autre signifiant : le sujet on ne peut pas réellement le définir car c’est un ensemble de signifiants donc ça reste vide !

Quand je donne un signifiant qui me représente, ça renvoie à d’autres signifiants qui ne suffiront jamais à nous définir sujet = manque à être place vide = il est entre les 2 (signifiant/signifié).

Ce qui nous intéresse dans la cure c’est qu’il est intéressant de voir comment lui se signifie. But de l’analyse : retrouver les signifiants qui nous ont marqué = la place dans le fantasme de l’autre qui nous ont déterminé (vilain canard) et peut-être que dans mes relations je vais me débrouiller pour être le vilain canard. Ex : on nous préfère toujours quelqu’un d’autre, donc le mal aimé. La règle de la psychanalyse pour Freud c’est dire ce qui nous passe par la tête. Lacan appelle ce signifiant = le signifiant maître du sujet, celui auquel on s’identifie à notre insu et qui va nous déterminer.

L’hystérique commémore l’amour du père.

 

d. L’interprétation de la mère, le grand Autre :

 

Freud à l’époque où il écrivait il avait observé son petit fils de 18 mois, il regarde un peu comment se construit le symbole = « fort » = loin, « da » = là. Un petit garçon qui joue avec une bobine = il symbolise l’absence de la mère = il ne fait pas le jeu seulement il nomme l’absence également = c’est lui qui décide d’éloigner et de ramener la bobine ! Ce que Freud essaye de faire c’est qu’avec les 2 phonèmes qui s’opposent l’enfant, symbolise l’absence de la mère. Là où il perd quelque chose = l’absence de la chose = se transforme en mot et en parole = c’est comme ça que le sujet joue sur l’absence symbolique = la fonction symbolique joue sur l’opposition des signifiants-signifiés.

La mère de l’autiste interprète le cri de l’enfant, parce que la mère va répondre au besoin de l’enfant, elle va entraîner la demande (crée la demande de l’enfant). Au départ le sujet cri, et parce que la mère va interpréter ce cri et que rétroactivement elle va donner une réponse = transformé le cri en demande = l’adulte va considérer que quand l’enfant crie il demande quelque chose. Comme la mère interprète et répond, elle inscrit un schéma d’échange = elle l’inscrit dans l’Autre = ca veut dire quoi ? Vrai fonction de la mère = supposer à son enfant un échange, qu’il veut devenir sujet et qu’il va devoir en passer par la parole : nous tous on passe notre vie à interpréter.

 

e. La relation d’objet :

 

L’enfant à partir du moment où il commence à désirer on s’aperçoit qu’il y a toujours un décalage, un écart entre la demande et le besoin. Là où le sujet demande quelque chose dont il a besoin, il demande autre chose, soin amour, présence.

Ex : des problèmes de couple : une femme demande à son mari un cadeau, lui va le faire ou pas et à la fin elle dit qu’elle n’en veut pas de son cadeau.

Le sujet demande toujours au delà de sa demande → Lacan : toute demande est une demande d’amour. Même si on essaie de demander ce qu’on veut, on est toujours dans le malentendu = on est toujours dans le manque = malentendu = caractéristique spécifique au sujet de la parole et du langage, si on avait des instincts pour ça il n’y aurait pas de malentendu.

 

Aliénation dans le langage : sujet obligé de passer par le langage pour demander quelque chose. Il devient donc dépendant de l’autre qui est lui même dépendant du langage et c’est comme ça que c’est possible de s’aliéner à l’autre  = pour l’autisme c est pas possible.

Le jour où la mère a un deuxième enfant, elle est hospitalisée avec sa fille et c’est à ce moment que l’enfant (le 1er) avait besoin qu’on lui réponde = arrêt brutal = ne parle plus !

La base de la psychanalyse : il y a le manque d’un objet, chez Freud manque de l’objet perdu (ex : le sein) et que les bébés hallucinent ce sein ! Pour retrouver la satisfaction le bébé va se mettre à fantasmer, halluciner un objet = il me manque l’objet pour me dire, définir,  me satisfaire. Freud amène l’idée petit à petit l’enfant construit sa relation avec un objet total → objet génital = dans le service de l’amour → Lacan dénonce ça = le primat génital : n’annule pas la jouissance prégénital et il y a toujours un reste = Freud a voulu le croire et a voulu croire que cet objet du manque va être retrouver dans l’autre.

L’idée de croire que mon manque à moi va être comblé par l’autre et réciproquement, ce n’est pas ça, la relation d’objet n’est pas ça ! Mais c’est la relation en manque d’objet et chaque sujet doit essayer de faire avec son manque et l’idée c’est qu’il n’y a pas juste la relation mère/enfant mais mère/enfant/phallus (la 3ème personne).

La mère va être tentée de boucher son désir (phallus), va essayer de combler son manque par le bébé = relation au phallus qui est entre les êtres humains. Au lieu de dire « j’ai une relation à l’autre », on dit « j’ai une relation au phallus » (intermédiaire). Toute la psychanalyse est une théorisation du rapport de l’être humain au manque.



22/04/2013
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