Cours de psychologie

Psychométrie

Psychométrie et Examens Psychologiques

 

 

Bibliographie :

- Bernaud, J. L. (2007). Introduction à la psychométrie.

                                      Les méthodes d’évaluation de la personnalité.

- Chartier, P., & Loarer, E. (2008). Evaluer l’intelligence logique.

- Guillevic, C., & Vautier, S. (2005). Diagnostic et tests psychologiques.

- Lussato, A. (1998). Les tests de recrutement.

www.ecpa.fr

 

Plan du cours :

I. Psychométrie :

                1. Les tests.

                2. Les mesures :

                               a. Fidélité.

                               b. Validité.

                               c. Sensibilité.

                3. Exemples de tests.

II. Examens psychologiques :

                1. Généralité.

                2. Les tests :

                               a. Différents tests.

                               b. Interprétation et compte-rendu.

 

 

I. Psychométrie.

 

 

Mesures : variables latentes ; constructions abstraites, définies par des spécialistes. Établir un étalon.

Divers objectifs et utilisations, entre autres, la prise de décisions.

- On utilise les tests dans le contexte scolaires ou dans le contexte de recrutement pour prendre des décisions. On peut aussi faire des bilans de compétences. On peut conseiller la personne jusqu’à la prise de décision.

- Il faut insister sur le fait de quand on parle de mesures, de tests, ce n’est pas limité par des tests papiers et crayon. Tout entretien est situation de mesures, on est en train de proposer des jugements, des analyses, même si ce n’est pas chiffrer par des scores, on va quand même avoir des étiquettes sur la personne. Quelle est la pertinence de ces jugements, évaluations faites ?

- Il y a l’utilisation des tests dans la recherche, la conséquence est moins lourde, on essaie de comprendre comment la personne se comporte.

Quelle est la qualité de nos mesures (tests administrés, lors d’entretien, tests informatiques). Qualité de ces mesures, et des décisions qui en découlent ?

- On doit toujours se poser la question, est-ce valide de caractériser la personne dans cette catégorie ?

 

1. Les tests :

 

Les tests mesurent des attributs afin de comprendre ou de décrire des comportements humains.

On sait d’emblée que nos outils ne sont pas parfaits en psychologie. Au delà, quelque soit le test, il y a toujours une marge d’erreur, notre objectif est de réduire cette marge d’erreur pour avoir des outils les plus fiables possibles.

 

3 caractéristiques principales :

- Echantillon d’un type de comportement spécifique de façon systématique : on veut insister sur la diversité de comportement et de type de tests.

- Standardisation, des conditions d’échantillonnage du comportement : différences de contextes, de conditions, comportements de l’examinateur peut influencer.

- Règles de cotation, pour attribuer un chiffre aux comportements : ce n’est pas forcément un chiffre mais ça peut être des qualificatifs, l’objectif est que quelque soit l’évaluateur on devrait obtenir le même résultat.

 

Elaboration de tests :

- Objectifs : que souhaite-on mesurer et pourquoi ? Est-ce plutôt pour prendre des décisions ou les orienter ?

+ Utilisation, populations, réseau nomologique (concept élaboré par Cronbach et Meehl en 1955, idée de penser à quels sont les antécédents et conséquences du construit qui nous intéresse).

+ Ex : anxiété : on va penser à pourquoi on va mesurer cela, notre objectif est de réduire l’anxiété, on va cibler certaines populations et quelles sont les causes possibles. Proposer que les variables aient des liens avec l’anxiété. Il faut penser qu’il y a des conséquences de l’anxiété. Cela va nous aider à savoir comment procéder et montrer que la mesure d’anxiété est pertinente. On va proposer que l’anxiété n’a rien à voir avec l’intelligence, des autres variables ne sont pas dépendantes de notre variable. Quand on propose une nouvelle mesure, il faut réfléchir a ce qu’est censé représenter le concept et s’il est en lien avec d’autres variables ou pas.

- Contenu : théorie dans un premier temps, domaine, univers des items. On va ensuite définir le domaine de comportement, et donc de l’univers des items. Ex : on va décomposer l’anxiété en plusieurs facettes. Plus on va décomposer le domaine et plus cela va délimiter les items.

- Catégories ou types de Tests :

+ Tests de performance : de vitesse, de puissance, pour rendre compte de ce que la personne est capable de faire.

+ Questionnaires d’auto-évaluation : biais, question de l’anonymat car les personnes sont plus honnêtes. Il peut y avoir des biais et distorsions de la part des personnes qui vont répondre aux questionnaires.

+ Observations, avec un dispositif clair et explicite : on peut mettre en place des réunions de médiations pour des hauts postes.

+ Tests implicites : associations, stéréotypes, possibilité d’évaluer les stéréotypes, mesurés en fonction de la rapidité de réponse.

 

Construction du test :

- Procédure rationnelle : théorie, si jamais notre théorie n’est pas valide, le test ne sera pas valide.

- Procédure empirique : définir des groupes selon un critère, ex : Réussite vs. Echec ; Honnête vs. Malhonnête ; Malade vs. En bonne santé…

+ MMPI : 500 questions auxquelles il faut répondre par vrai ou faux. Idée de base de comparer les réponses des patients psychiatriques et des réponses de personnes dans la salle d’attente. Si les personnes hospitalisées répondent d’une façon et les autres d’une autre façon, cette question sera typique de la population visée.

- Analyse factorielle : il faut prendre en considération les types d’items et les applications (passations, débats). L’idée est de poser beaucoup de questions, quels sont les items qui vont bien ensemble, on va identifier 4 facteurs qui ont des choses en commun.

+ Ex : différentes composantes de l’anxiété. Il peut y avoir des facteurs plus ou moins indépendants de cet attribut qu’on est en train de mesurer.

+ 5 facteurs OCEAN : ouverture, conscience professionnelle, extraversion, agréabilité, neuroticisme.

 

Types d’items : format, cotation, nombre.

La cotation subjective : bonne ou mauvaise réponse.

Le nombre d’items est pertinent pour beaucoup, il va nous permettre d’avoir une meilleure fidélité (l’erreur de mesure).

 

Considérations pour les applications :

- Passations : faire un choix de tests. L’interprétation des scores, le retour.

- Débats : beaucoup :

+ Validité : aucun test n’a de validité qui permette d’avoir zéro de marge d’erreur. Il faut aussi savoir les alternatives, et est-ce que cela a moins d’erreurs que le test.

+ Etiquette : il est difficile de modifier l’étiquette affectée à une personne.

+ Application : spécifique ou générale, cela ne va pas nous donner la précision du comportement de la personne à un moment bien précis

Quelles sont les alternatives ? Il est difficile de trouver une alternative pour un recrutement

 

Développement en cours :

- Testage dynamique :

+ Insiste sur le processus et non sur les réponses du sujet. C’est intéressant pour voir l’interaction entre l’évaluateur et le sujet. Relation pédagogique, l’évaluateur va voir comment le sujet aborde le test et comment il va procéder pour trouver la réponse. C’est un accompagnement du sujet pour savoir comment il agit.

+ Ce test est pertinent pour travailler avec des enfants en difficulté ou des enfants autistes. L’accent est moins mis sur la réponse, mais plutôt sur le processus et comment le sujet s’y prend.

- Diagnostic informatisé :

+ L’ordinateur est un outil qui facilite la passation et la cotation. Il permet un testage adaptatif, ce qui veut dire qu’en fonction des réponses données, l’ordinateur choisir les questions suivantes (si le sujet a des difficultés pour répondre, l’ordi va donner des questions plus simples, et inversement). Ca permet de limiter les questions et de rester au niveau du sujet.

+ Mais cela implique un problème de sincérité. De plus en plus de tests sont accessibles à domicile, mais comment savoir si le sujet est seul ou s’il ne triche pas ? Certains tests nécessitent une webcam, ce qui permet de surveiller le sujet. Néanmoins le mieux reste de faire venir le sujet pour être face à l’évaluateur.

- Validité sociale :

+ Quel intérêt d’utiliser les tests ? Quelles sont les interprétations des tests ? Que faire des résultats ? On se demande aussi ce que pensent les sujets qui passent les tests. Quelles sont les réactions du sujet face au test ? Est-ce qu’un a priori négatif peut influencer le test ? Quelle influence peut avoir les réactions du sujet ? Un sujet négatif aura de moins bons résultats, il faut donc savoir présenter les tests.

 

2. Les mesures :

 

Fidélité : évaluer l’erreur de mesure, l’aspect reproductible des scores. Peut-on faire confiance au score attribué ?

Validité : sens du test : contenu (le test représente-il bien le construit mesuré ?), construit (quelles sont les bases qui permettent de dire le thème, qui définissent le test ?), critérielle (peut-on prédire d’autres variables à partir du test ?). Quelle est l’interprétation du score et son sens ?

Sensibilité : étendue et variabilité des scores. Ex : si pour une question on donne trois choix possibles, oui, non, moyen, il y a une faible sensibilité car les nuances sont réduites à trois catégories. La sensibilité dépend donc des questions, réponses et items.

Fiabilité : regroupe la sensibilité, la fidélité et la validité (Guillevic et Vautier).

 

a. Fidélité (reliability) :

 

Idée qu’on peut mesurer avec stabilité les scores, confiance que ce score a peu d’erreur. Si on repasse le test on s’attend au même score.

Le problème est qu’on n’a pas d’outils acceptés universellement pour nos mesures en psychologie. Il faut donc trouver des méthodes de calcul.

Ex : le poids sur la balance. Si en montant sur une balance par deux fois, et qu’on obtient deux poids différents, on peut soit se peser plusieurs fois et prendre le poids qui revient le plus, soit on fait la moyenne des poids obtenus.

Chaque question est une mesure imparfaite de ce qu’on attend, du coup on pose plusieurs questions et on fait la moyenne pour avoir une meilleure idée. Cela rend donc le test plus long, ce qui est assez pénible, mais il est réaliste.

On a confiance en nos scores dès qu’ils sont reproductibles, quand on obtient les mêmes résultats à plusieurs reprises.

 

La théorie classique des tests : on note X = v + e, où v est la vérité et e la part d’erreur. On ne connaît pas v et e, on ne connaît que X.

L’erreur est aléatoire, elle peut être positive ou négative.

 

On note la fidélité Rvv, c’est le pourcentage de variance dans les scores qui est la partie vraie, le restant est attribuable à l’erreur de mesure.

Ce qui est aléatoire ne peut être prédit, ça corrèle avec rien.

La seule fois où on interprète en pourcentage c’est pour la fidélité.

Le but est de savoir ce qui est vrai.

 

On est obligé d’inventer les approches pratiques, on ne va pas avoir la possibilité de connaître les scores proches aux sujets, on va inventer des approches qui vont l’estimer. Il y a 3 approches pratiques :

- Test- retest : 2 fois le même test. Les personnes passent le même test une première fois, puis après un laps de temps, elles le repassent une seconde fois, puis on confronte les deux scores.

+ La question est de savoir comment de temps doit s’écouler entre les deux tests.

+ Différences des scores attribuées à la mémoire, à l’apprentissage, à l’état de la personne, aux conditions liées à l’environnement, au changement réel du sujet. Toutes les différences sont traitées comme l’erreur. Et s’il y a trop de temps entre les tests, on trouve encore plus de différences.

+ Il faut également faire attention à la population testée, si ce sont des enfants, ils évoluent. Donc le test reste dépend du laps de temps et de la population testée. La plus grande difficulté est de trouver le laps de temps approprié. Il n’y a pas de figures types, il faut réfléchir à tout.

+ L’interprétation est nuancée par les résultats des tests. Pour cela il faut calculer la corrélation :

 

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+ Ex : si on obtient un résultat de .74, c’est stable et reproductible, cela représente la partie vraie, et donc les 26% restant sont attribués à l’erreur sachant que ce pourcentage d’erreur représente toutes les différences citées plus haut. Donc, l’interprétation de la corrélation dépend de tous les facteurs.

+ Avec un laps de temps long, on parle de coefficient de stabilité, si les classements sont respectés, maintenus. Avec un laps de temps court, on parle de coefficient de confiance, confiance que l’on a dans le test.

- Formes parallèles (parallel form) : le même test présenté sous 2 formes différentes, ce sont 2 versions équivalentes du même test. Mais ça demande beaucoup de préparation.

+ Les différences sont : état du sujet, équivalence des tests, influence du 1er test (effet du test). On a réduit certains facteurs qui contribuent aux différences mais on en a introduit d’autres.

+ Si là on obtient un résultat de .74, ce n’est pas énorme, pas très significatif car ça doit représenter la même chose.

- Cohérence interne (internal consistency) : un seul test une seule fois. C’est la méthode la plus utilisée, on évacue pas mal de soucis, l’approche est facile à mettre en place. La difficulté est qu’on a besoin d’une corrélation et donc de 2 scores.

+ 2 approches :

. Les deux moitiés (split halves) : on partage en deux pour corréler les résultats. Mais il peut y avoir des différences : les contenus peuvent être différents, effet de fatigue, on se lasse on ne termine pas. On peut sinon séparer les items pairs des items impairs, mais il y a toujours le problème lié au contenu. C’est donc une approche à éviter.

. Cohérence interne/alpha de Cronbach : méthode la plus intéressante. Ici le coefficient de fidélité est équivalant à la moyenne de toutes les divisions possibles, de tous les coefficients obtenus.

- La formule K-R 20 Kuder Richardson s’applique pour les items dichotomiques (vrai ou faux). On ne l’utilise plus, mieux vaut utiliser l’alpha de Cronbach qui est généralisable à des échelles : avec k nombre d’items, et rij la moyenne des corrélations entre les items :

 

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- On corrèle ainsi chaque réponse à chaque item (1 à 2, 1 à 3, 2 à 3…) comme si chaque item était un test à part. Plus il y a d’items et plus l’alpha est élevé, car il y a une correction entre les items positifs et négatifs.

- La question est sur la cohérence interne. Si la corrélation est élevée cela veut dire que les items qui vont ensemble mesurent la même chose, les réponses sont stables. Si l’alpha est bas, les items ne vont pas bien ensemble.

Ces 3 approches sont approximatives, on ne peut jamais savoir le score exact.

Les tests les plus longs sont les plus fidèles. En règle générale, il vaut mieux utilisée la cohérence interne qui est mieux que les formes parallèles qui elles-mêmes sont mieux que le test-retest.

 

Pour interpréter la fidélité, il faut prendre en compte le contexte et l’approche utilisée.

Pour des décisions, le score doit être supérieur à .90. S’il y a une bonne fidélité, ça veut dire que le score obtenu est proche de la réalité. Pour d’autres utilisations, le score doit être supérieur à .70 voire à .60. A ce moment, les scores ne sont pas figés, il peut y avoir des nuances. Si le score obtenu est en-dessous, à .50, ce n’est pas intéressant car il y a le même taux entre vrai et erreur.

Chaque type de coefficient a une interprétation spécifique.

 

La fidélité est faible lorsque les sujets sont trop homogènes sur l’attribut mesuré :

- Restriction de l’étendue limite la fidélité.

- La fidélité est spécifique à une population.

- Ce n’est pas l’exactitude de mesure.

L’objectif de nos tests est de trouver les différences entre les individus. Si tout le monde est identique on a du mal à trouver les différences.

Quand le coefficient de fidélité indique une corrélation 0, c’est qu’il n’y a pas de différences entre les deux tests et les personnes. On ne peut pas différencier les personnes, cela ne veut pas dire que c’est une erreur, juste qu’on ne peut pas détecter des différences stables entre les personnes.

La fidélité dépend du test, des conditions de passation, et quand les populations sont homogènes, on a une fidélité faible.

 

Pour améliorer la fidélité :

- L’analyse des items : il faut trouver les items problématiques pour les améliorer ou les retirer. Pour cela on utilise :

+ Indice de difficulté: p = Nc/N.

. Nc = nombre de sujets ayant la bonne réponse.

. N = nombre total de sujets.

+ p varie de 0 à 1:

. 0 – personne n’a eu la bonne réponse.

. 1 – tout le monde a la bonne réponse.

→ Dans les 2 cas, l’item n’a aucune utilité pour nous aider à détecter les différences, on ne cherche pas à avoir de bonnes ou mauvaises réponses, juste des différences.

. 0,50 – différencie le mieux les sujets, chaque item divise la population en deux groupes, c’est là où on obtient la plus grande fidélité.

- Corrélation item-total : on calcule la corrélation entre la réponse à une question et le score total, donc soit :

+ La corrélation est forte et positive, ce qui veut dire qu’une réponse donnée est en lien avec le test pris dans son ensemble.

+ La corrélation est près de 0, ce qui veut dire que ça n’a rien à avoir avec l’ensemble.

+ La corrélation est négative, ce qui veut dire qu’on a à faire à un item problématique, la personne de cette corrélation serait faible ou forte si on se trompe c’est l’inverse attendu.

 

Pour utiliser la fidélité : l’erreur standard de mesure qui indique la proximité du score avec le score vrai :

- Avec une bonne fidélité, X est proche de v (X = v +e), ce qui donne une indication de l’étendue probable du score vrai en fonction de l’erreur de mesure : σE = σ √1 - rxx (avec σ écart-type, rxx corrélation de fidélité.

- Si la fidélité est parfaite 1, on obtiendrait 0, donc pas d’erreur.

- Plus la fidélité est grande, moins il y a d’erreur.

Ex : si σ = 2 et rxx = .60, on obtient σE = 2 √1 - .60 = 1.26, donc en moyenne, le score diffère de +1,26 points du score obtenu. Alors si on a un score de 8 au test, l’erreur est à +1,26, ce qui veut dire que le score exact se situe entre 6,74 et 9,26. Donc si la fidélité est trop faible, on aurait un écart d’erreur trop large, le test n’est pas suffisamment fidèle.

Autre ex : si rxx = .80 et σE = 0.89, l’erreur du score se ressert. L’erreur indique dans quelle mesure on est proche ou éloigné du score vrai.

La fidélité est un prérequis pour la validité.

 

b. Validité :

 

Quelle est la validité d’un test pour une population donnée ? Peut-on donner du sens au score (d’où nécessité d’une fidélité pour avoir le score) ? Validité du test ? Validité de l’interprétation des scores obtenus à un test.

En fait, avec la fidélité on obtient le score, et avec la validité on voit si on peut interpréter ce score.

Que veut dire ce score ? Mesure-t-on ce qu’on prétend mesurer ?

Un test peut être fidèle sans être valide, on peut avoir une bonne fidélité mais on ne sait pas forcément ce que ça veut dire. Mais un test doit être fidèle sinon il ne peut être valide.

 

La validité est représentée par une corrélation : rxy < √ r xx (avec rxy pour la validité, et rxx pour la fidélité). La validité est limitée par la fidélité, ou même c’est égal.

- Si r xx = .60 alors rxy < √.60 = .77, la validité est de .77, ça indique les erreurs de mesures, ça ne peut corréler avec autre chose.

- Si r xx = .80 alors rxy < √.80 = .89, ce qui est mieux.

Il faut donc avoir une bonne fidélité avant de voir la validité.

 

Les approches pour évaluer la validité :

- Validité « Prédicteur-critère » (validité critérielle, validité de critère) - Criterion-related validity : il faut déterminer un critère pour avoir une indication de mesure. On se situe par rapport aux objectifs du test. Avec :

+ Validité prédictive (predictive validity) : tester les sujets sans utiliser les scores pour prendre des décisions (le test n’a pas encore fait ses preuves), on mesure le critère après un laps de temps (il y a toujours le problème du laps de temps), puis on corrèle les deux séries de scores.

→ Avec un test utilisé maintenant, peut-on prédire un critère mesuré plus tard ? Tester les sujets sans utiliser les scores pour prendre des décisions, mesurer le critère après un laps de temps, corréler les 2 séries de scores.

+ Validité concourante (concurrente ; concurrent validity) : on prend des raccourcis, on obtient tous les scores au même moment. On teste les personnes pour qui on peut avoir le critère en même temps. On obtient les scores au critère et on corrèle les deux séries de scores. On voit de suite la relation entre le test et le critère.

→ On obtient tous les scores au même moment : tester les personnes pour qui on peut avoir le critère en même temps, obtenir les scores au critère, corréler les 2 séries de scores.

+ Qu’est-ce qu’une bonne validité ? Cela dépend du contexte (le laps de temps, ce qu’on veut prédire). On a une seule variable pour prédire une autre :

. Corrélation de .50 c’est excellent, validité très forte.

. Corrélation de .30 c’est très bon.

. Corrélation de .20 c’est utile, ça permet de prendre des décisions meilleures.

. Corrélation de .10 dans certains cas c’est acceptable si le critère difficile à prédire.

→ Ce n’est pas un pourcentage, r² = pourcentage de variance expliquée, une validité de .50 c’est 25% de prédicteur par rapport au critère.

- Validité de contenu (content validity) : évaluer par des experts, des juges qui évaluent la pertinence de chaque item. On commence par voir le plan du contenu, on établit le lien entre chaque item et le contenu, puis on calcule l’accord inter-juges. Donc on s’en remet aux experts. S’il y a un bon accord, on parle de bonne validité de contenu, toujours pour savoir si on mesure bien ce qu’on veut mesurer.

- Validité de construction (de construit) - Construct validity : l’objectif fondamental est toujours de savoir ce que l’on mesure. On utilise soit :

+ La Matrice multi-traits multi-méthodes (MTMM, Campbell et Fiske, 1959) ce qui permet de mesurer :

. Validité convergente : différentes mesures du même construit devraient donner des résultats similaires (seront corrélées).

. Validité divergente : des mesures de construits différents ne devraient pas corréler.

→ Pour corréler les deux tests, on voudrait  une corrélation forte, mais c’est difficile à cause de la population, du contexte… Donc supérieur à .50 pour convergente et à .30 pour divergente.

+ Des expérimentations.

 

c. Sensibilité :

 

C’est la capacité à différencier les sujets, c’est lié à la fidélité. Ça dépend du nombre d’items (plus c’est long plus on a de sensibilité), des modalités de réponse (échelles en X points, il en faut au moins 5), et de la variabilité dans la population (il faut une population hétérogène).

 

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Pour interpréter les scores, on peut transformer les scores. On utilise soit :

- Scores standards avec :

+ Score centré-réduit, ou z : z = (X – M)/s (avec x score, M moyenne et s écart-type) dont la moyenne est de 0 et l’écart-type de 1. Plus le x est élevé est plus on s’éloigne de la moyenne/

+ Ou Notes/scores T : T = 50 + 10z (la moyenne est de 50 et l’écart-type de 10).

→ Quand on voit une lettre grecque, c’est pour la population, et si ce n’est pas une lettre grecque alors c’est pour l’échantillon.

- Centiles/Etalonnages avec :

+ 50e percentile : P50 c’est la médiane, pour voir où se situe un sujet par rapport à la population.

+ Quartiles (Q1 = P25) : pour situer par rapport à la population.

. P25 = Premier quartile, Q1.

. P75 = Troisième quartile, Q3.

+ Score QI : QI = 15z + 100.

 

Le score du CEEB est peu utilisé en France, avec moyenne de 500 et écart-type de 100.

Stanines pour diviser en 9 catégories.

 

3. Exemples de tests :

 

Aptitude Cognitive (cf. Chartier et Loarer, 2008) :

- Intelligence générale :

+ Tests des Dominos: D48, D70, D2000 (303,60€ TTC, 25 passations-papier).

+ Tests de Raisonnement: R85, R2000 (154,80€ TTC).

- Aptitudes spécifiques :

+ DAT-5 (Tests Différentiels d’Aptitudes ; 8 épreuves ; 2002) :

. Raisonnement verbal, numérique, et abstrait (intelligence générale).

. Raisonnement mécanique et relations spatiales.

. Vitesse de perception et précision, orthographe et grammaire.

. 639,60€ TTC (manuel, + 25 passations papier; dispo CD, etc.).

- Synthétiques factoriels (intelligence globale à partir d’une variété d’aptitudes) : au départ, Binet et Simon :

+ WISC-IV (pour enfants) : échelle d'intelligence de Wechsler pour enfants et adolescents - quatrième édition (depuis 2005). 15 subtests, dont certains optionnels. Q.I. Total + 4 indices (compréhension verbale, raisonnement perceptif, mémoire de travail, vitesse de traitement). De 6 à 16,5 ans. Passation de 1H15 à 1h45. 1 384,80 € TTC.

+ WAIS-IV (pour adultes) : nouvelle version de l‘échelle d'intelligence de Wechsler pour adultes - quatrième édition (2011). Similaire au WISC-IV—pour ados, adultes, personnes âgées. 1H à 1H30. 1291,20€ TTC.

+ KABC-II (pour enfants) : batterie pour l’examen psychologique de l'enfant-deuxième édition. 1 495,20€ TTC.

 

Inventaires de Personnalité :

- Problèmes de styles de réponse : tendance à l’acquiescement, désirabilité sociale (pour contrer, méthode ipsative, obligation de choisir entre deux choses équivalentes, et consigne que ce sera détecté), échelles de mensonges.

- MMPI-2 RF : Inventaire Multiphasique de Personnalité du Minnesota 2 (forme restructurée, 2013) : 278,40€ avec matériel de base ; + 248€ pour 25 passations (CD rom).

- Big 5 (5 facteurs) :

+ NEO-PI R, Hogrefe.

+ 16 PF-5, OPP (opp.com).

+ PFPI : Inventaire de personnalité au travail, 2009, De Fruyt F. , J-P Rolland, ECPA (21 traits en 5 dimensions).

 

 

II. Examens psychologiques.

 

 

1. Généralité :

 

En 2006, il y a eu un consensus à propos des tests, car avant chacun voyait les tests différemment. Il a donc fallu donner une définition à un examen psychologique.

« Un examen psychologique c’est une situation relationnelle dans laquelle un processus d’observation temporellement limité vise, à partir d’une question posée, à établir un diagnostic psychologique au service d’un sujet en développement pris dans un réseau d’interaction familial et social et ce dans la perspective d’un établissement d’une prise en charge adaptée ».

Dans cette définition, plusieurs propos retiennent l’attention :

- « Situation relationnelle » : cas particulier, une personne, un temps, un lieu, il y a un échange voire un transfert, multifacteurs en jeu, ce n’est pas neutre.

- « Processus d’observation temporellement limité » : observation importante car c’est une part entière dans le test et ça participe à l’hypothèse du test.

- « A partir d’une question posée » : nous ne sommes pas des magiciens, il faut une question de base comme changement de comportement, chute niveau scolaire, surdoué. Attention, la première question n’est pas toujours la bonne.

- « Au service d’un sujet » : ce n’est pas pour enfermer la personne dans un cadre, et il faut l’autorisation de la personne, on ne force pas à faire le test. Et s’il s’agit d’un enfant, il faut les deux parents.

- « En développement » : le sujet évolue, croissant ou décroissant, remaniements psychiques tout au long de la vie pour s’adapter aux nouvelles situations, donc le test n’est qu’à un moment donné.

- « Réseau d’interaction familial et social » : le sujet n’est pas forcément concerner, il peut montrer des symptômes qui viennent d’ailleurs.

- « Perspective d’un établissement d’une prise en charge adaptée » : l’examen n’est pas pratiqué pour une simple feuille, mais pour engager autre chose derrière.

On ne classe pas quelqu’un dans une catégorie, le sujet est un tout (cognitif, affectif, social…). Pas d’étiquette car ne définit pas le sujet, ça n’amène à rien, on peut dire « il présente un retard », on ne dit pas « retardé ». On veut voir le sujet dans sa globalité, voir les potentiels et les limites, et voir les difficultés qui le freinent.

L’examen psychologique répond à une demande, il faut suivre les étapes pour répondre à cette demande : le premier contact téléphonique est important, c’est le premier travail sur la demande. Ensuite, le rendez-vous pour instaurer un cadre symbolique, temporel, spatial.

 

Pour faire un test, il faut avoir le titre de psychologue et avoir les compétences pour les faire, connaissances théoriques et pratiques. Le psychologue continue à se former.

Les précautions élémentaires à prendre : chaque personne est complexe et singulière, chaque sujet doit être examiné dans son milieu de vie (cadre ou personne).

Les problèmes de validité se retrouvent partout : entretien, hypothèse, investigation, résultats analysés, à tout moment il peut y avoir un couac. Téléphone, entretien, anamnèse, demande, cadre, passation des tests, cotation avec ce qu’on a observé, si ça répond à la demande, voir si on peut mettre en place quelque chose.

Le travail sur la demande : pourquoi, par qui, et dans quel but.

Accord éclairé : le sujet sait et a compris.

On est libre des choix méthodologique, et on dispose des conditions de qualité.

Le lieu d’examen doit être favorable à la relation clinique.

Les règles de déontologie et le code théorique sont intégrés dans le cadre.

 

Un entretien : c’est un cadre fermé pour faire émerger la demande, recueil des informations pour poser l’hypothèse. Il faut définir le rôle du psychologue (car des personnes ont des idées différentes), faut expliquer le secret professionnel, instaurer une relation de confiance, faut canaliser le transfert (on n’est pas le sauveur, c’est le sujet qui a la connaissance), puis on pourra poser une hypothèse (qui va déterminer les tests à utiliser et le nombre de séances).

La seule conduite de l’examen peut permettre à voir ce qui bloque, parfois la passation n’est pas nécessaire, il peut y avoir un effet cathartique.

Dès cet entretien, il faut une neutralité bienveillante (faut être neutre, ne pas projeter sur l’autre ses affects, et bienveillant par l’empathie, la capacité de se mettre à la place de l’autre).

Le psychologue ne peut pas juger, conseiller, éduquer.

L’outil de l’entretien c’est le psychologue.

 

Attention aux interprétations sauvages, faut faire attention au moment, aux mots utilisés. Le référentiel théorique guide mais il ne faut pas adopter ce langage face au sujet, faut avoir son propre langage.

Attention également aux représentations et jeux de rôle.

Et il faut rassurer le sujet quant à la destination des résultats.

 

Au compte-rendu, il faut être clair dès le début, avantage de l’écrit sur l’oral, mais l’écrit se transmet.

L’observation est cruciale, peut porter sur un sujet ou un groupe, ce sont des indices. On se base sur des comportements, on sélectionne des informations, c’est sensoriel, on détecte des choses puis un truc attire davantage, c’est l’attention flottante. On ne peut pas tout voir, faut savoir sur quoi se focaliser et être rigoureux. Tend à l’objectivité. Faut quand même noter un effet périphérique, sans l’interpréter, les indices mis ensemble ont un sens. C’est un acte de construction, inventaire de ce qui s’est passé.

Différents cadres : non participant ou participant, à l’intérieur de la situation. Ici des relations participantes.

Faut aussi observer ce qui appartient à sa propre identité (singulière et collective), faut savoir ce qu’on inspire.

Ce qu’il faut observer : on est dans une attention flottante, on est présent sans être absorbé par ce qui est dit, être à l’écoute des associations de la personne, de ses silences, aux changements de thématique, à l’écoute de sa propre chaîne de pensée, sens manifeste (ce qui est dit, le commun), sens latent (ce que la personne donne comme sens).

C’est une observation visuelle, les deux participants (patient et psychologue) s’observent.

Ce qui se joue dans la relation, les symptômes du sujet qui ne permettent pas de poser un diagnostic.

Etre à l’écoute de ce qu’on ressent soi-même.

Dans ce qui s’observe, il y a du verbal et du non verbal. Cela reste des indices et ne peut en aucun cas poser un diagnostic.

Il va falloir choisir les tests, on les choisit en fonction de l’hypothèse qu’on pose à ce moment là, en fonction de sa pertinence, de sa validité, et de sa fidélité.

 

Dans l’antiquité, on voyait qu’il y avait des styles d’examens : pour examiner les compétences des fonctionnaires. C’est surtout dans la moitié du 19ème siècle, qu’on s’est intéressé au test, on pensait qu’il y avait un rapport entre la taille du cerveau et l’intelligence. L’objectif était d’identifier les individus ayant des capacités mais qui n’avaient pas les moyens de poursuivre des études (bourse).

Intérêt pendant la première guerre mondiale : faire passer des tests aux gens, pour savoir qui allait être au front et ceux qui allaient être gradés.

Binet a créé une échelle très diffusée à l’étranger, mais peu de succès en France : des séries d’épreuves qui correspondaient à un âge mental. D’où l’intérêt de passer au QI. Le test est un médiateur entre la personne qu’on évalue et le psychologue mais en aucun cas le test nous donne des réponses. Binet dit que l’intelligence est ce qui mesure son test. Il part du principe que l’activité intellectuelle se mesure, elle s’accroit avec l’âge et de la même façon pour tous les enfants. Il a créé des exercices intellectuels de difficulté graduée.

Suite à la seconde guerre mondiale, on a eu une découverte de la compréhension humaine, on est sur quelque chose d’un peu plus modéré, on ne peut pas rejeter l’utilité d’un test, il peut nous permettre d’avoir des indications.

Il y a une valorisation de ce qui est performant aujourd’hui, il y a un développement de soucis éthique de l’utilisation des tests :

- Pour les enfants d’âges scolaire : WISK IV, CAT ABC, Matrice de RAVEN.

- Les matrices de Raven : les similitudes, le vocabulaire et la compréhension, sont les secteurs obligatoires à tester (si besoin information et le raisonnement mental peuvent être des secteurs supplémentaires à tester).

Lecuyer disait qu’on ne pouvait pas mesurer l’intelligence des jeunes enfants : il y a des baby tests : on s’intéresse à la coordination occulo-motrice, statut postural, conduites avec les objets, et adaptation sociale et quotidienne sur la prise de conscience de soi et celle d’autrui.

 

2. Les tests :

 

a. Différents tests :

 

Examen de la personnalité plus particulièrement sur le dessin : le dessin dans l'examen psychologique peut être un médiateur, on peut diviser le dessin pour rentrer en contact avec la personne avec qui on travaille.

Le dessin est une activité libre et gratifiante pour l'enfant mais c’est également une activité complexe qui fait intervenir des mécanismes moteurs. On peut également évaluer le développement cognitif, mais aussi comme épreuve projective et la dynamique du sujet.

 

Le développement du dessin : différent auteurs : Lucky, Royer et Widlosher (publier un ouvrage sur l'interprétation du dessin).

- De 1-3 ans : gribouillage où l'intérêt de l'enfant laisse une trace, il y a un plaisir moteur. A ce moment là, il y a une découverte de la représentation avec le bonhomme « têtard ».

- Vers 3 ans : le réalisme fortuit, rapprochement entre un tracé. L'enfant dessine et dit ensuite ce qu'il pense. Aux alentours de 3 ans, c'est plutôt un plaisir moteur et l’enfant pose une représentation une fois qu'il peut mettre des mots dessus.

- Vers 4-5 ans : le réalisme manqué : volonté de représenter quelque chose, il y a un dessin narratif. Il y a un rapprochement entre le dessin et la réalité. Le bonhomme « têtard » est détaillé. C'est le moment où on a l'impression que les objets flottent. Il y a une sensation d'objet flottante. Ici on peut trouver une interprétation.

- Vers 5-9 ans : représentation de ce qu’il sait et non pas de ce qu'il voit, c'est le moment de la transparence (ex : femme enceinte). Apparition du tronc dans le bonhomme « têtard ».

- Vers 6-8 ans : le dessin localisé : on voit apparaître des dessins avec un graphisme, volonté d’utiliser la règle, la gomme et des personnages. Le bonhomme « têtard » est complet, articulé.

- A partir de 9 ans : l'enfant perçoit la perspective, et représentation du corps. Equilibre, structure et cohérence dans le dessin.

- A 12- 13 ans : remplacer par un usage fréquent de stéréotypes, l'adolescent est autocritique, en général on commence à ne plus proposer le dessin vers cet âge.

 

Le dessin de la famille : par Corman en 1961 :

- Avantage : simple à faire passer, pratique, rapide 1 à 15 minutes, et apporte beaucoup de résultats. Il est accessible aux enfants à partir de 4-5 ans à 14ans, et l’objectif est de faire émerger la personnalité des conflits intime de l'enfant. C'est un test projectif qui présente l'énorme avantage d'être d'emblée centré sur le groupe familial, qui est le lieu privilégié des conflits enfantins. Si on pense que les images peuvent être conflictuelles, ce test permet d'apprécier la nature et l'intensité des conflits impliqués. Par ailleurs, ce test permet aussi de voir si ces conflits se situent dans une phase évolutive normale ou s'ils présentent un caractère plus ou moins pathologique.

- Passation :

+ Le matériel donné : feuille A4 et des crayons (pas de gomme et pas de règle, mais s’il en demande on lui en donne). La consigne est « dessine moi une famille que tu imagines ». Ce test n’est pas chronométré et le psychologue ne fait aucun commentaire.

+ Pendant la réalisation du dessin : observation de l'enfant, noter l’ordre d’apparition du personnage. Voir le 1er personnage dessiné, est-ce qu’il y  a une autocritique, est-ce qu’il hésite avant de dessiner un personnage ? Il faut noter toutes les résistances, ses hésitations avant chaque coup de crayon, le temps qu’il met à dessiner, si des personnages sont bâclés ou au contraire soignés,

+ Une fois le dessin terminé : il faut demander à l’enfant s’il est satisfait, s’il souhaite refaire le dessin, et lui demander de présenter chaque personnage (il faut noter l’ordre dans lequel il les présente, s’il présente des membres plus éloignés de la famille, et s’il s’est dessiné entre ses parents ou à côté). Ensuite on pose quelques questions :

                . Dans le dessin, qui est le plus heureux ? Le moins heureux ? Et pourquoi ?

                . Dans le dessin, qui est le plus gentil ? Le moins gentil ? Et pourquoi ?

                . A quel âge est-ce qu’on est le plus heureux ? Pourquoi ?

                . Si l’enfant pouvait choisir, quel âge aimerait-il avoir ? Pourquoi ?

                . Quel personnage l’enfant préfère ?

+ S’il n’apparaît pas, dans le dessin ou dans la présentation de son dessin, il faut lui demander pourquoi.

- Wilsher : d’après elle, il faut noter la localisation du 1er personnage et l’ordre d’apparition des suivants, elle propose une interprétation avec 3 niveaux : graphique, structures formelles (ajout de détails, proportion des personnages…) et niveau de contenu (analyse clinique). Elle invite à noter si c’est un dessin qui paraît sensoriel ou rigide, en fait si c’est un dessin vivant ou un dessin qui paraît assez rigide (décor, couleur, avec des personnages isolés…). Est-ce qu’une fois que l’enfant a fini le dessin c’est une famille réelle ou imaginaire. Elle ferait l’hypothèse que dans la vraie famille il y a une inhibition de la spontanéité. Sur la famille imaginaire hypothèse que les mécanismes de projection son plus actifs. On va échanger avec l'enfant autour des personnages qui nous semblent clés ou des personnage qui vont être le socle de projection interdit. Ce qui va nous aider à mettre à jour les tendances et les défenses du moi, on va s’intéresser aux personnages qui sont valorisés : on va faire l’hypothèse que ce sont les personnes qui prennent le plus soin de l’enfant ; un personnage qui est dévalorisé. On peut avoir des informations, est-ce que l’enfant s’identifie à ce personnage ou au personnage qui est valorisé et ensuite dans la discussion voir pourquoi il s’identifie à ce personnage là. Est-ce qu’il y a des liens entre les personnages (prise de main, distance…).

- Les identifications est-ce qu’elles sont conscientes ou inconscientes :

+ Dans le niveau conscient s’il s’identifie à son âge, à son sexe, est-ce qu’il va s’identifier au père et ce qu’il dit de cette identifications là, est-ce qu’il s’identifie à un personnage régressif, à un animal et comment il le justifie. Est-ce que les conflits apparaissent comme des conflits déplacés ou détournés ? Est-ce qu’on est plutôt sur une réaction dépressive (on peut voir ça avec une réaction régressive) ? On peut observer aussi les conflits relationnels avec les parents : on est sur des manifestations œdipiennes franches de type rapprochement avec le parent de sexe opposé, agressivité avec le sexe opposé (ex : sur les formes des mains, formes de la bouche…).

+ Les manifestations œdipiennes masquées : avec les symbolisations (ex : chiens) ou avec des manifestations de repli sur soi. Lorsqu’elles sont masquées, il y a plus de défense qui sont actives. Il y a une situation qui fait que les tendances ne vont pas s’exprimer librement. Toute chose qui interpelle dans le dessin, il faut en parler avec l’enfant. 

- Problèmes :

+ Si l’enfant refuse de dessiner ou s’il n’est pas content de ce qu’il a fait, c’est qu’il a une difficulté d’adaptation à la tâche demandée, et qu’il projette certains aspects de ses relations conflictuelles avec une personne de sa famille.

+ Si un enfant se montre indécis quant à la notion de famille, c’est qu’il cherche une assurance.

+ Certains enfants proposent de dessiner une famille d’animaux, ils ont le droit. La transposition sur une famille animale est le signe d’une réelle difficulté avec les images familiales humaines. Le choix de l’animal a beaucoup d’importance, mais il ne faut faire aucun commentaire et accepter toutes les représentations de famille de l’enfant.

+ Si l’enfant se dépêche, pourquoi veut-il se débarrasser au plus vite de tout ça ? Si au contraire il prend toute la séance pour dessiner, c’est qu’il évite le contact avec le psy.

+ S’il dessine une famille sans enfant, l’isolement du couple parental est très significatif.

+ S’il ne dessine pas un membre de sa famille, c’est qu’il supprime symboliquement un conflit ou une difficulté liée à ce personnage.

→ Certains enfants semblent projeter dans le dessin beaucoup plus leurs angoisses et leurs craintes que leurs désirs et leurs souhaits.

 

Le test de pâte noir : par Corman, s’adresse aux enfants de 4-10 ans : 19 dessins avec des cochons ou moutons. Un cochon ou un mouton a une pâte noire. On va présenter à l’enfant la famille de 5 membres et lui demander d’identifier l’âge, le sexe et le lien qu’il entretient.

La passation se déroule en 3 étapes :

- Elaboration libre d’un récit à partir des images.

- On va demander ensuite à l’enfant de dire les planches qu’il aime et ceux qu’il n’aime pas et pourquoi. 

- Enfin on demande à l’enfant de dessiner le rêve de pâte noire.

On met en évidence la personnalité avec les défenses du moi et les pulsions. On va s’intéresser à ses capacités d’identification, de différenciation. On va évaluer aussi ses rivalités fraternelles et ses références parentales, et on va tenter de mettre à jour son identité sexuelle et son mécanisme de défense. Prendre en compte l'actualité des images.

L'enfant peut donner à Patte Noire l'âge et le sexe qu'il veut. En général, l'enfant choisit le même sexe que lui. Si ce n'est pas le cas, il peut s'agir d'un trouble dans la résolution de l'Oedipe. Souvent, Patte Noire est donné comme plus jeune que l'enfant qui passe le test. Il faut interpréter cela comme une tendance régressive.

Un thème revient tout le temps : soit la rivalité fraternelle ou la culpabilité. Si un thème n’y est pas c’est inquiétant.

 

Le Rorschach : à partir de 2 ans : Test non figuratif : tache de peinture. Avantage : très complexe à interpréter, l’interprétation peut se faire seule. L’objectif est d’avoir accès aux mécanismes de défense du sujet et également à sa dynamique affectif. On présente 10 planches à la suite, pas de limites dans le temps de réponse mais par contre il faut le noter et noter le temps de latence avant chaque planche et le temps total noté aussi et la localisation.

Ensemble de réponses données peut donner des indications : on évalue 3 points :

- L'appréhension : approche globale ou approche du détail.

- Le déterminant de la réponse : forme couleur ou le mouvement.

- Le contenu : contenu riche, un contenu qui semble mettre à jour les préoccupations.

Est-ce qu'on est face à une personne qui est expansive, repliée ou équilibrée ?

Il y a des auteurs qui défendent l'idée qu'on peut le faire passer à partir de 2 ans (dès qu'on a accès au langage), ces auteurs s'en servent pour savoir si l'enfant est dans une étape de construction ou sur une mobilisation œdipienne. Est-ce qu’il est en prise sur l’identitaire ou sur l’excitation œdipienne ?

 

Le CAT = TAT : est la version enfant du TAT : test figuratif : destiné aux enfants de 3-10 ans : 10 planches avec des scènes des animaux dans des situations humaines (repas, couché, promenade…). Le fait que ce soit des animaux facilite la projection chez les jeunes enfants. Chaque planche présente un contenu manifeste et un contenu latent. L’enfant va décrire le dessin et ensuite avoir un récit plus libre sur ce dessin et on va tenter de faire émerger la dynamique de l’enfant.

3 étapes :

- Etude des procédés du discours : repérer les mécanismes de défense.

- Problématique abordée par le sujet en lien avec le contenu latent des planches.

- Ensuite synthèse de type de données recueilli.

Il met l’accent sur les thèmes attribués au héros de l’image, à son entourage. Ces thèmes, ces images, sont censés refléter les modes interactifs et conflictuels du sujet.

On doit travailler à partir du matériel obtenu sur les différents registres de conflictualisation par rapport au fondement de l’identité, à l’élaboration de la position dépressive, à la mise en place de l’axe œdipien. Chacune des 10 planches peut réactiver successivement ou simultanément plusieurs registres de conflictualisation chez le même enfant.

 

b. Interprétation et compte rendu :

 

Au niveau de l'interprétation du test :

A partir d'indice divers : grâce à ces indices on va pouvoir mettre à jour des potentialités et aussi des difficultés. On va avoir des informations sur le fonctionnement cognitif mais aussi sur le fonctionnement psychique et à la fin on va mettre en parallèle tous ces indices. Cela demande beaucoup de temps et de dépouillement. On va interpréter les indices en contrôlant les validités et on les croise.

Pour interpréter les résultats, les mesures sont souvent nominales ou ordinales. Ce n’est pas toujours simple de mettre en lien des données chiffrées avec des données de catégories de choses.

 

Compte rendu : commence toujours par le compte rendu avec la personne avec qui on a réalisé le bilan. Le but est de donner un sens qui va se rendre éclairant à un moment donné.

Avant 8 ans l’objectif est de rassurer narcissiquement l’enfant, il n’est pas question de minimiser ses difficultés mais plutôt de discuter avec lui de ses ressentis et de ses potentialités, et surtout faire une proposition thérapeutique (expliquer qu’il y a une possibilité d’avoir une solution à ses difficultés).

Après 8 ans c’est différent, l’enfant a une possibilité de métacognition, il peut avoir une connaissance sur son propre comportement, lui donner la possibilité de s’exprimer, on va rentrer plus dans le détail en discutant avec lui. On va pouvoir essayer de revenir sur la qualité du contact avec la situation nouvelle, est-ce que l’enfant se sent à l'aise ? Est-ce que, au niveau de la mesure de l'efficience, il a une analyse pertinente de ses difficultés et de ses potentialités ? Mettre en avant le positif. Au niveau de l’examen de la personnalité, voir si l’enfant va pouvoir faire preuve de réflexibilité, est-ce qu’il a connaissance de certains mécanismes de défense ? De ce qui le mobilise en se moment ? Montrer à l’enfant qu’il n’est pas seul dans cette situation là, et discuter avec lui des solutions proposées et des perspectives.

 

L’avantage de l’écrit, c’est que cela fixe les choses mais ca peut circuler auprès d’autres personnes.

L’objectif du compte rendu, avec par exemple des parents ou autres, cela doit être interactif et en pratique. Il y a aussi un objectif informatif. Le compte rendu définitif va se faire avec les entretiens des comptes rendu avec l’enfant et les parents.

Ensuite on va présenter l’objectif thérapeutique : l’intérêt c’est que les personnes le comprennent et comprennent la nécessité. Cet entretien peut avoir également un effet narcissique. On cherche à trouver une solution pour pouvoir s'appuyer sur la potentialité de la personne et trouver ce qui fait souffrance.

 

Le compte rendu écrit : soit à destination des parents soit à destination de l'institution : depuis 2002 le patient a accès à son dossier. Il va également témoigner sur la crédibilité du psychologue.

- Faire les phrases les plus courtes possibles. Minimiser au maximum l'interprétation. Identifier la demande de départ. Faire toujours apparaît le nom, prénom, signature et la mention confidentielle. On va identifier les destinataires, les motifs du bilan et quel sont les moteurs. Tout ce qui appartient au cadre : nombre de rencontres, dates, lieux et raisons de la rencontre tout cela est établi lors du 1er entretien. Il faut que ça soit entre 1 et 2 pages.

- Faire ensuite un travail de synthèse, on va avoir des pertes d'information. Il va falloir répondre à la question, on doit argumenter la proposition en soulignant les points positifs, il faut adapter le vocabulaire en fonction du destinataire. Il faut commencer par la présentation : contact avec la personne, les manifestations physiques d'anxiété, la qualité du langage. En gros c’est un paragraphe introductif.

- Puis faire l'anamnèse. Relever ses symptômes, ses défenses et ses traits de personnalité.

- Paragraphe ensuite sur le test : les tests qui ont été passés.

- Au niveau de la conclusion reprendre la question posée au départ, répondre avec des arguments qui nous semblent importants, mentionner les points positifs et qui vont nous permettre de faire la proposition thérapeutique.



18/12/2014
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