Cours de psychologie

Psychologie sociale (suite)

2. D’autres impacts : autres modèles, autres médias…

 

L’impact des meurtres médiatisés :

 

Berkowitz et Macaulay (1971).

 

Berkowitz s’intéresse au meurtre du président Kennedy.

→ Est-ce qu’on constate après cela d’avantage de meurtres dans la société ?

Non.

→ Est-ce que ça veut dire que la violence présente dans les journaux n’a pas d’impact ?

Il constate donc qu’il n’y a pas plus de meurtres.

 

L’impact de matchs de boxe :

 

Phillips (1983) reprend la liste des conditions qui se sont révélées susceptibles d’augmenter l’impact des modèles violents : il faut que cette violence soit réelle, excitante, justifiée, récompensée, non-critiquée.

 

Il s’intéresse à la violence présentée comme légitime, il s’intéresse aux matchs de boxe.

→ Est-ce que ce genre de modèle (meurtre du président) ?

Il mesure 2 choses :

     - Quel est le degré de médiatisation de la boxe ?

     - Le nombre de meurtres et ses caractéristiques varient-ils avant et après le combat ?

 

→ Juste après un combat très violent et très médiatisé où le vainqueur est montré comme un héros, dans la période de 2 mois qui suit, on remarque une augmentation des meurtres, d’autant plus forte que le combat a été médiatisé.

On remarque également que si le vaincu est un blanc, ce sont le nombre de meurtres envers les blancs qui augmente et si le noir est le vaincu, c’est le nombre de meurtres envers les noirs qui augmentent.

 

→ Si le combat est médiatisé, les agressions qui suivent augmentent.

 

La question de la peine de mort :

 

Phillips, 1980.

Question : impact de la punition vicariante ou modèle, norme sociétale ?

 

Phillips s’intéresse aussi sur la question de la peine de mort, un événement également médiatisé.

→ D’un côté on montre que la société peut tuer quelqu’un.

→ D’un autre, on montre qu’on punit quelqu’un.

On remarque donc que la société se permet le droit de vie ou de mort mais que si l’on tue cette personne c’est que c’était un assassin.

→ Quels sont les effets sur la société ? Est-ce que ça a une efficacité ?

Il fait des recherches sur des statistiques d’exécutions publiques anglaises à Londres.

→ Impact sur les médias.

→ Impact sur les meurtres dans la période qui suit.

 

 Diminution puis augmentation qui se compensent.

 

Quand un assassin est condamné et que sa condamnation est médiatisée, on observe une baisse des agressions et cela pour n’importe quel type de condamnation.

 

→ Ce qui démontre que la peine de mort ne sert pas.

 

La contagion du suicide :

 

L’ « effet Werther » (Goethe, 1774) :

Diekstra (1973) : apprentissage social et suicide.

Phillips (1986) : augmentation des suicides après un suicide médiatisé (vedette, politicien…) en fonction de nombre de jours en 1ere page du New-York Daily News. Similitude suicidés-modèle (âge…).

 

Il y a un type de violence particulière qu’on parle dans les médias, c’est celle où l’agresseur et la victime sont la même personne, c’est le suicide.

 

On s’interroge sur le modèle que constitue un suicide, depuis l’apparition du livre de Goethe (auteur romantique allemand), « les Souffrances du jeune Werther », livre qui se termine par la mort du héros.

Et juste après, on remarque une vague de suicide, surtout de jeunes gens auxquels ils se sont identifiés sans doute.

→ Est-ce qu’il y avait un rapport entre le héros et les gens qui se sont suicidés après ?

→ Est-ce un phénomène exceptionnel ou quelque chose qui se produit ?

Les spécialistes du suicide savent qu’il y a des effets de contagions (ex : quartier, milieu social, etc.).

→ On s’interroge sur l’effet de contagion et sur le rôle de ces modèles.

 

Le suicide dans les années 60 le plus imité est celui de Marilyn Monroe, imité surtout par les jeunes femmes.

→ Le problème avec les suicides c’est quand est-ce qu’une mort est comptabilisée comme un suicide ?

 

Phillips va aussi s’intéresser aux accidents, et dans la même période les accidents augmentent avec les personnes qui ont des caractéristiques similaires.

→ Choses troublantes : quand le modèle se suicide seul, les suicides individuels en voiture augmentent et quand le suicide de 2 ou plus de personnes, les suicides en groupe augmentent alors.

→ On ne transforme pas quelqu’un qui est bien dans sa peau en un suicidaire parce qu’il s’est identifié à quelqu’un qui s’est suicidé.

 

Il y a une progression dans le suicide, les personnes sont dans un processus, il y a des tentatives de suicides avant.

 

→ Les personnes qui risquent de se suicider sont dans un processus de négociation.

 

D’où l’impact limité, mais les médias doivent faire attention à la façon dont ils présentent les choses.

 

A noter : les impacts des modèles positifs :

 

Bandura et Menlove (1968) : traitement de la phobie des chiens.

→ Font des tests de différents modes de thérapies des phobies (ex : des enfants ont peur des chiens et qui arrivent à se surpasser sont récompensés et d’autres enfants imitent).

 

O’Connor (1972) : insertion en maternelle.

→ Il s’intéresse à des enfants qui ont des problèmes sociaux, il utilise comme thérapie des films d’enfants qui ont les mêmes problèmes et qui font des tentatives pour s’intégrer et sont récompensés.

 

→ Là aussi il y a le phénomène de l’imitation.

 

3. Bilan des constats :

 

Méta-analyse de Bushman et Huesman, 2006 :

 

4. Mécanismes explicatifs :

 

Apprentissage, normes et désinhibition :

     - Désinhibition et apprentissage social : Bandura.

     - Les normes descriptives (Goldstein, Cialdini et Griskevicius, 2008).

     - Apprentissage d’options de comportement utilisables (Diekstra).

     - Contrôle social : Joy et al. (1986).

 

Les scripts sociaux :

Un script est une « séquence cohérente d’événements typiques dans une situation bien connue » (Abelson, 1981). Les scripts jouent un double impact : sur la compréhension d’une situation et sur le comportement. Un script suggère quels événements sont susceptibles de se produire dans l’environnement, comment y répondre et quels sont les résultats possibles de ces comportements.

 

Automatisme et accessibilité :

Divers travaux montrent que notre comportement est largement déterminé par les scripts, souvent à notre insu.

Ex : Langer, Blannk et Chanowitz (1978) ; Milgram et Sabini (1975).

 

Todorov et Bargh (2002) : amorçage et accessibilité chronique.

Carver et al (1983) : amorçage du concept d’agressivité.

Bargh, Chen et Burrows (1996) : politesse/grossièreté.

Influence de l’amorçage de traits et de stéréotypes sur le comportement social et le comportement moteur.

 

 

 

Montagné :

→ Il distingue les enfants « leader » (→ ceux qui vont être imités), les violents et les soumis.

Les leaders ont un langage spécifique dont ils n’ont pas conscience. Il y a un  répertoire qui n’est pas maîtrisé par un enfant soumis (ex : il détourne le regard).

→ Il s’intéresse donc à ce langage. Plusieurs années après, les enfants ont les mêmes relations sociales qu’ils maîtrisent par leur langage.

 

Zajonc et ses collègues en 1989 :

→ Ils s’intéressent à des couples à travers des photos. Ils voient que les gens qui sont en couple se ressemblent de plus en plus après des années. Ils s’imitent et développent des « tics communs », c’est surtout quand le couple a une relation harmonieuse.

→ Nous nous adaptons à des imitations de l’autre, cela permet que la conversation se passe mieux. Nous apprenons sans le savoir le modelage inconscient, nous apprenons des choses sans le savoir inconsciemment.

 

Abelson en 1981 :

→ Il parle des scripts sociaux, il les définit comme une séquence cohérente d’événements typiques dans une situation bien connue.

   Ex : Le restaurant, y rentrer dedans on le fait plusieurs fois et sans qu’on y pense on sait tout de suite la suite logique d’événements qui va se déroulait, on l’a appris, c’est l’apprentissage.

→ On fonctionne plus ou moins  de façon automatique, ce qui nous permet de plus trop penser après.

→ Dans le social, nous ne pensons pas à la façon dont nous allons nous adresser aux autres.

 

Recherche de Langier, Blank et Chanowitz (1982) :

→ Ils s'intéressent à la façon dont les gens vont demander à nous doubler dans une file d'attente.

1) Cas où il y a une demande sans justification.

2) Cas où il y a une demande avec justification.

3) Cas où il y a une demande avec justification placébique.

 

Il faut prendre en compte la réflexion et les enjeux, s'ils sont importants ou pas.

→ Quand la justification est correcte, dans les 2 cas les gens acceptent.

→ Quand il n'y a pas de justification, dans les 2 cas les gens refusent.

→ Quand la justification est placébique et qu'il y a peu d'intérêt, les gens acceptent, quand il y a de l'intérêt, les gens refusent.

 

→ Il suffit d'avoir une image en tête pour réciter un script.

 

Chartrand et Bargh (1999) :

→ Les gens en Amérique pensent que les noirs sont plus agressifs, le visage noir est associé à l'agressivité, et cela même chez les gens non racistes (Þ→idée qui a eu beaucoup d'impact chez les gens).

→ Autre recherche (1996) : pendant que les gens travaillent, on leur montre des idées de jeunesse et à d'autres des idées de vieillesse. Si on est amorcé sur l'idée de vieillesse, les gens vont mettre une seconde de plus à la sortir.

 

→ Ils sont inconsciemment influencés à force de voir et revoir la même chose, ils finissent par avoir le script en tête.

→ Les scripts influencent notre comportement à notre insu.

 

Cialdini étudie une secte qui utilise une rose pour attirer les gens à la charité. Il observe que les gens veulent éviter la rose ou sinon il la repose tout de suite, mais personne n'ose prendre la rose et partir avec sans rien donner en échange.

La recherche est basée sur l'engagement, si on me donne quelque chose je dois donner en retour.

 

→ Script de réciprocité.

 

L'apprentissage se fait par imitation, désinhibition (si on voit ça, ça doit être bien).

 

 

IV. Les phénomènes de socialisation.

 

 

On s'est intéressé à un phénomène d'influence, et ce qui en ressort c'est l'importance d'autrui dans la détermination de notre comportement, cette perception.

→ Cette importance d'autrui commence tôt.

 

1. L’importance d’autrui : quelques exemples :

 

Spitz (1945) :

 

L’hospitalisme.

Dès la naissance, observation de Spitz (1945), il écrit l'hospitalisme, c'est le constat qui montre que des nourrissons dont on prend soin mais sans contact avec leur mère, où l'on observe d'avantage de problèmes de santé.

D'autres études sur des nourrissons, comme les recherches de Suzi et Hoffman (1971), sur des nourrissons, sur des nourrissons d'une trentaine d'heures et leur font écouter Þ des pleures de bébé et des sons artificielles de bébé.

Et ils vont se rendre que dès une trentaine d'heures, les bébés réagissent différemment en fonction des sons, ils réagissent beaucoup plus avec les vrais sons.

 

Bowlby (1969) :

 

Les conséquences du retrait du cadre familial : désespoir, irritation, indifférence.

 

Cordon et Sander (1974) :

 

Dans la maternité d’un hôpital, des enfants âgés de quelques jours à peine synchronisent leurs mouvements à un discours humain.

Ils remarquent que des enfants réagissent au rythme de la voix humaine, qu'il s'agisse d'une voix de leurs parents ou d'autres personnes, mais ne réagissent pas à d'autres sons.

 

→ On a une réceptivité particulière pour la voix humaine, l'espèce humaine.

 

Cette spécificité a commencé très tôt, vie intra-utérine.

 

Sagi et Hoffman (1976), Ainsworth et al (1978) :

 

Les pleurs du nourrisson, débuts de la communication.

 

Twenge, Catenese et Baumeister (2002) :

 

Impact d’un feed-back concernant un risque de « manque d’attachement ».

 

Gewirtz et Baer (1958) :

 

L’accroissement de la sensibilité à autrui après une phase d’isolement.

 

Cohen et Herbert (1996) :

 

Le réseau social comme facteur de santé  et d’espérance de vie accrue.

 

2. Les études sur l’isolement :

 

Harlow (singe et mères).

 

Harlow a étudié les primates (macaques rhésus), il va observer et intervenir sur le contact entre lé bébé singe et son entourage (parents, autres singes). Il les isole dès la naissance, les installe dans une cage où ils sont seuls, et il y a en dehors d'eux, 2 poupées qui ont à peu près la taille d'un signe adulte : la mère laine et la mère fer.

Pour certains bébés singes, on va placer le biberon sur la mère laine ou la mère fer. Ce que l'on constate c'est que même quand c'est la mère fer qui les nourrit, ils vont s'efforcer, s'arranger que durant qu'ils prennent le biberon, ils s'efforcent de rester quand même en contact avec la mère laine.

→ Donc attachement d'emblé, sans apprentissage, ce constat contredit le principe de l'étayage, principe qui dit que l'on attache à notre mère car elle nous nourrit.

 

→ L'attachement serait donc secondaire au nourrissage.

 

La recherche de Harlow montre que c'est faux, que dès le départ il y a un besoin de survie et d'attachement.

→ Dans l'espèce humaine comme chez les primates, il y a les réflexes de sussions et des réflexes d'agrippements.

 

Le 1er contact est le besoin d'attache d'emblé et indépendamment d'autres attachements.

 

Ces substituts à la mère montre quand on introduit quelque chose d'effrayant, ils se précipitent sur la mère laine (qui les a nourrit ou pas).

 

Quand le petit singe découvre le monde, là, Harlow va distinguer d'autres singes. Ceux avec les 2 mères, ou l'une des 2.

 

→ Que feront-ils s'ils sont dans une grande salle avec beaucoup d'objets ?

 

→ Ils ont tous la même réaction au départ : ils vont se prostrer ou courir très vite, une panique totale.

 

→ Si on introduit l'une des 2 mères :

- Mère fer : ça ne les calme pas du tout (que les singes aient été élevés avec elle ou pas).

- Mère laine : même si le singe bébé ne la connaît pas, ça ne les calme pas. Ça les calme que si le bébé singe la connaît d'avant, et là les signes de paniques disparaissent.

 

→ Qu'est ce qui se passe après ?

 

→ Quels sont les singes qui vont explorer l'environnement le plus vite ?

→ Ceux avec le point d'encrage ou les autres ?

Ce sont ceux avec le point d'encrage, les autres mettront beaucoup plus de temps. Ils sont plus rapides car ils se rassurent puis commencent à faire des petites incursions, voir même ramener des petits objets.

 

→ Ce minimum d'attachement permet d'explorer d'avantage.

 

Ainsworth (1978) fit avec des enfants des recherches. On sait que les enfants avec leurs parents vont aller explorer  ailleurs plus facilement.

→ Dès que l'attachement est certain et sécurisant, il ira ailleurs plus facilement vers autrui.

 

Tous cela sont des faits de substituts matériels, mais le fait de ne pas avoir de vraie mère déstabilise quand même le singe.

Quand on l'introduit dans une société singe, ils sont inadaptés, des inadaptés sociaux qui se font agresser par les autres, ils ne se placent pas dans la hiérarchie.

→ Ca se passe du mouvement où ils ont été isolés.

 

→ La question qui se pose est : est-il possible de les guérir ? Quelle est la cause du problème ?

→ Il ne suffit pas de les mettre dans l'environnement naturel.

 

Harlow va faire différentes tentatives :

     - Remettre avec une mère → ça ne marche pas.

     - Le mieux comme thérapie est de les remettre avec des singes plus jeunes qu'eux.

 

Ce qui marche pour les rééduquer quand ils ont 6 mois est de les mettre avec des singes de 3 mois.

Ces jeunes de 3 mois vont influencer les autres, les singes de 6 mois vont reprendre leur développement.

Et là, ils seront à état d'adaptation normal quand on les remet.

 

Harlow a été au-delà, il a tenté les effets de l'isolement grave.

Il a placé des singes dès la naissance où ils ne voient rien, n'entendent rien et ne voient rien quand ils se font nourrir par les expérimentateurs (nourris pas des machines).

→ Au bout de quelques mois d'isolement, ils sont prostrés, ils s'automutilent.

 

→ L'attachement est donc un besoin fondamental dès la naissance.

 

Twenge et ses collaborateurs (2002) s'intéressent à la façon dont les adultes peuvent ressentir l'attachement.

Ils ont fait passer à leurs sujets des tests et à la fin on va donner aux sujets un résultat qui est inventé, et on va leur dire qu'ils ont une personnalité particulière, qu'ils n'arrivent pas à créer un attachement durable, ou sinon on leur dit qu'ils ont des tendances autodestructrices.

Et les gens à qui ont leur dit ça, on leur fait faire des travaux, et remarquer s'ils réussissent les tâches, s'ils prennent des risques sur des décisions.

Pour ceux qui ne sont pas durables sont atteints, ils vont mal gérer les risques, leurs travaux.

 

→ Ces études sont très rares car influent énormément le comportement.

 

3. Les recherches sur l’affiliation :

 

Schachter (1959) :

 

Anxiété et affiliation ; comparaison sociale (Festinger, 1954) et recherche de référents.

Si on cherche la présence d'autrui, c'est pour se rassurer quand on éprouve de la peur, de l'anxiété.

Qu'est ce qui se passe quand on a peur et quel comportement on a ?

 

Les sujets pensent participer à une recherche de neuropsychologie. Et dans le cadre de la recherche, on va leur lancer une série de choc électrique. Et on mesurera des paramètres.

→ 2 conditions expérimentales :

      - On envoie  des chocs légers.

      - Le chercheur dit qu'on va envoyer des chocs douloureux.

 

Dans les 2 cas, on fait patienter les sujets et on leur demande s'ils veulent rester seul ou en groupes.

 

→ Le 1er constat qu'on fait c'est quand les sujets vont recevoir un choc douloureux, anxiété, 2/3 souhaitent attendre en groupe.

→ Et 1/3 pour les chocs légers.

 

Le chercheur va introduire des changements :

     - On compare ce qui se passe quand on leur dit d'attendre seul ou en groupe avec des personnes du même groupe.

Quand les sujets ont le choix, on a l'effet vu avant.

     - Les autres ont la même expérience, les gens veulent même si on leur interdit de parler avec les autres.

 

On constate qu'il n'y a plus de préférences chez les sujets pour attendre en groupe, les sujets recherchent la présence d'autrui pour réaliser la comparaison sociale.

 

→ Comment réagissent les autres ?

 

Si les autres ne font pas la même chose, qu'ils ne réagissent pas comme le sujet, cela ne sert à rien.

 

Si nous cherchons  la présence d'autrui, c'est pour évoluer notre réaction dans une quelconque situation. L'avis d'autrui nous renseigne sur le monde et notre influence.

 

→ Comment vivre ça ? Comment percevoir ça ?

 

Schachter et Singer (1962) :

 

Un sujet en état d’activation physiologique et ne disposant pas d’une cognition appropriée concernant cet état est susceptible d’utiliser les indices présents dans son entourage pour s’appliquer une étiquette émotionnelle (théorie bifactorielle des émotions).

Ils travaillent sur une recherche qui porte "sur la comparaison sociale". Pour eux, une émotion est fait de 2 éléments :

      - Un état physiologique, d'activation.

      - Une cognition qu'on va appliquer à cet état d'activation (une étiquette).

 

La plupart du temps, il n'y a pas de grands problèmes, il y a des cas où l'on ressent quelque chose (l'activation) sans comprendre ce qui se passe, et alors on cherche dans l'environnement social une réponse, une explication.

 

Cette recherche est donc présentée aux sujets comme une étude sur la perception visuelle et on leur dit qu'ils vont recevoir une injection de vitamines pour l'effet de l'acuité visuelle, en réalité c'est faux, on va leur injecter de l'épénéphrine (de l'adrénaline), une substance qui va leur donner une sensation de chaleur, d'excitation.

 

3 groupes expérimentaux reçoivent cette injection :

      - A un groupe on leur injecte et on ne les informe pas sur les effets.

      - Il y a un groupe que l'on informe bien sur les effets, chaleur, activation.

      - A un autre, on va mal les informer, sensation de froid, engourdissement.

      - Et le dernier groupe contrôle qui n'a pas d'injection.

 

Après cela, on leur dit d'attendre et de remplir un questionnaire.

Dans la salle d'attente, il y a une autre personne que l'on présente comme un autre sujet, il s'agit d'un comparse, il va jouer 2 types de rôles :

→ Se montrer euphorique.

→ Se montrer colérique.

 

→ Est-ce que le comportement du sujet va se laisser influencer par le comparse ?

 

→ Tout dépend de l'injection et des informations qu'on lui a données.

 

+ Pour le groupe contrôle, il passe bien le test et reste stoïque (pas d'influences).

+ Pour le groupe bien informé, il n'imite pas le comparse car il était au courant des informations.

+ Pour le groupe mal ou pas informé, il imité le comportement du comparse (euphorique et colérique), il croit ressentir tel ou tel sentiment.

 

→ L'affiliation c'est donc aller vers autrui → phénomène de socialisation.

 

a. Les effets de l’initiation :

 

Ex : le bizutage.

Son rôle est important dans l'intégration.

 

Aronson et Mills (1959) :

 

Si des personnes rencontrent beaucoup de difficultés à faire partie d’un groupe qui, après coup, se révèle inintéressant, elles expérimentent un état de dissonance (Festinger, 1957). Cet état de dissonance étant désagréable, les individus cherchent à le réduire par la superposition de cognitions consonantes ou en changeant l’une ou l’autre des cognitions. C’est pourquoi en condition d’initiation sévère, les jugements sont plus favorables au groupe qu’en condition d’initiation légère ou sans initiation. Les sujets nient que l’initiation ait pu les influencer mais admettent qu’elle a pu influencer d’autres personnes.

 

Recherche sur des étudiantes américaines, on leur dit qu'elles vont participer à des groupes de discussions. On leur dit que le dernier groupe est en rapport avec la sexualité et qu'il faut passer un test : une sorte de mots sur le sexe à lire.

Puis un autre groupe doit lire une liste de mot pornographique, et un groupe est un groupe contrôle.

Il y a donc une initiation légère ou sévère.

Après, le chercheur fait écouter un enregistrement ennuyeux et on leur demande ce qu'elles en pensent et dans quelles mesures elles veulent intégrer ce groupe.

 

→ Et ce que l'on va constater c'est que le groupe avec l'initiation sévère est beaucoup plus intéressé pour participer.

 

Il y a plusieurs interprétations :

      - Le groupe sévère est soulagé.

      - Le groupe sévère est excité.

 

Arronson et Mills interprètent cela autrement :

→ Dissonance cognitive de Festinger.

Quand on a une cognition opposée on va vouloir rechercher l'équilibre.

 

Ces interprétations disent qu'elles viennent de faire quelque chose de pénible pour assister à une conversation nulle, donc elles se rassurent en disant que la conversation n'était pas pénible.

 

Gérard et Mathewson (1966) :

 

Leur étude montre que l’effet ne peut être attribué à une excitation sexuelle ou à un effet de contraste. Pour cela, ils déconnectent la variable indépendante (chocs électriques) du contenu de la discussion (moralité sur le campus ; tricherie aux examens).

 

Ils ont repris le principe de l'initiation pour vérifier que les autres possibilités étaient bonnes.

Et cette fois-ci, l'initiation était soit légère soit sévère avec des chocs électriques. Ces chocs sont présentés dans la moitié des cas comme un rituel d'initiation pour continuer ou sinon comme une condition pour une autre expérimentation.

Ce que l'on remarque c'est qu'il y a une condition où les sujets se prennent des chocs électriques et que c'est pour rentrer dans l'initiation.

 

→ On a cette confirmation que lorsqu'il y a une épreuve difficile pour accéder à un groupe, ça les motive. Cela fait partie de la façon  dont on va engager une personne dans un groupe.

→ C’est quelque chose qui échappe à notre conscience, on ne sait pas qu’on contribue à soi-même pour s’enfermer dans un groupe (qui éventuellement nous rend manipulable).

 

Exemples de QCM :

 

Laquelle de ces variantes de l’expérience de Milgram provoque le taux de soumission le plus bas :

A : les avis de deux autorités divergent.

B : deux comparses se rebellent.

C : le sujet voit la victime.

Réponse : A.

Commentaire : Lorsque le sujet voit la victime, le % de soumission totale est de 40% ; lorsque deux comparses se rebellent, il est de 10% ; lorsque les autorités divergent, il est de 0%.

 

Lorsqu’une personne a besoin d’aide, les aidants potentiels seront d’autant plus passifs :

A : qu’ils ne se connaissent pas entre eux.

B : qu’ils sont plus nombreux.

C : qu’ils sont moins nombreux.

Réponse : A et B.

Commentaire : Il s’agit des résultats des recherches de Latané et Darley. La non-intervention résulte de la diffusion de responsabilité (argumentée par le nombre) et de la mauvaise interprétation de la passivité d’autrui (définition de la situation) favorisée lorsque les personnes ne communiquent pas, ce qui est fréquent si elles ne se connaissent pas.



20/05/2012
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 1520 autres membres