Cours de psychologie

Psychologie judiciaire - notions clés (L3 - S5)

Acting out : signifie qu'on effectue une action au lieu d'y résister ou de maîtriser ses impulsions. L'action va habituellement au-delà des règles sociales et peut prendre des formes diverses : s'abandonner à une dépendance (alcool, drogue, vol, ...) ou, inconsciemment ou partiellement consciemment, attirer l'attention par des provocations ou des comportements anormaux. De manière générale, l'action est autodestructive ou dérangeante envers autrui, et empêche le développement de réponses plus appropriées aux sentiments ressentis. Là où le passage à l'acte est une séparation brutale, une sortie de scène, l'acting out est un message avec un destinataire, une montée sur scène.

Action : c'est l'acte en tant qu'il fait symptôme, notamment au travers des actes manqués, pulsionnels…

Action spécifique : est ce qui permet de cerner le déplaisir suscité par un besoin non satisfait, une explication de l'état de détresse du nourrisson. Cela induit la présence d'un tiers secourable qui comprend la détresse et assure l'action.

Agir : c'est la traduction de l'acting out. C'est ce qui définit la traduction sous forme d'actions de ce qui ne peut être remémoré. L'acte va venir à la place du souvenir. L'acting out est adressé alors que le passage à l'acte ne s'adresse à personne et n'attend aucune interprétation.

Amorçage : consiste à modifier à l'insu du sujet le niveau d'accessibilité de ses connaissances. On va ensuite essayer de voir si des changements sont obtenus et donc si la personne a été influencée.

Angoisse : surgit quand le sujet est confronté au « manque du manque », c'est à dire une altérité toute puissante qui l'envahit au point de détruire en lui toute faculté de désir. Freud détermine trois coordonnées de l'angoisse : L'angoisse devant un danger réel (l'angoisse est caractérisée par ce qui la motive, c'est à dire un danger extérieur qui a pour cause l'immaturité biologique de l'homme), L'angoisse automatique (elle est une réaction à une situation traumatique d'origine sociale par laquelle l'organisme se défend spontanément), et Le signal d'angoisse (elle est la reproduction sous la forme atténuée d'une situation traumatique vécue primitivement [trauma infantiles]. Le signal d'angoisse est alors un mécanisme purement psychique qui fonctionne comme un symbole mnésique et qui permet au moi de réagir par une défense).

Analyse comportementale : peut être menée par des personnes qui ne sont pas affiliées aux services de police. Il s'agit d'apporter des éléments ou des données dans le domaine du comportement humain.

Analyse criminelle : on va essayer de mettre en évidence d'une façon systématique, pas à pas, toutes les données qu'on possède sur le crime lui-même avec d'autres données.

Anthropologie morbide : étudie les caractères qui sont dus à certaines influences maladives spéciales ainsi qu'aux transmissions héréditaires de certaines natures.

Attentes inconscientes : celles qui vont orienter notre traitement des informations.

Avouer : c'est admettre que nous sommes l'auteur d'un crime, le responsable de ses actes. D'une certaine manière, c'est une façon de montrer qu'on en assume les conséquences. La reconnaissance de l'acte va permettre de le rendre plus vrai et plus réel : le sujet peut s'en approprier. Priver un individu par l'irresponsabilité mentale c'est en quelque sorte l'exclure de la société des hommes.

Biais d'hindsight ou « sagesse après coup » : on surestime les capacités des personnes à prévoir les conséquences de leurs actes (Fischhoff, 1975).

BSU : Unité des Sciences Comportementales (aux USA).

Changement d'ordre dans la narration : on encourage la personne à (re)raconter l'événement en démarrant par la fin et en terminant par ce qui est arrivé au tout début.

Changement de la perspective visuelle : on demande de raconter l'événement depuis une autre perspective, on veut que la personne raconte l'histoire par les yeux d'autrui.

Criminel : aventurier, vagabond, un oiseau perdu, un méchant, un rateur et un violeur de fille, un renieur de dieu, un cruel, un inhumain, (etc.) faisant de vice et de vertu, ne sachant rien faire ni rendre service. 

Criminologie : étude des sciences du crime et des criminels. Dans l'étymologie du terme crime (crimen en latin) renvoi à l'acte de juger ou d'étiqueter un comportement. Alors que la criminologie va se préoccuper des causes du crime et du délit, à l'origine, à l'étiologie. Elle étudie leur accomplissement, leur contexte et leurs conséquences à l'aide de différentes sciences de l'homme : biologie, anthropologie, psychiatrie, psychologie, sociologie, etc. Une des taches de la criminologie est d'essayer de concilier dans l'analyse du passage à l'acte, la part du libre arbitre (la capacité de se déterminer par soi même, le pouvoir de choisir) et celle du déterminisme.

Croyance dans un monde juste : chacun reçoit ce qu’il mérite et mérite ce qui lui arrive. La justice fait la cohérence.

Département des sciences du comportement : centre technique localisé/associé à la gendarmerie, pour les cas des meurtres (en France).

Déterminisme : ce sont des contraintes extérieures, comme des contraintes juridiques. En effet nous sommes tous conditionnés par la loi à ne pas vouloir faire quelque chose. Principe de causalité.

Droit « naturel » : ce à quoi tous les hommes peuvent prétendre. Par hypothèse, nous estimons que le droit et la justice sont fondés sur deux valeurs : la justice et l'équité. C'est le sentiment/impression des personnes qui importe au psychologue.

Droit objectif : ce qui est applicable à tous.

Droit « positif » : comprend les aspects très concrets, par où ça passe, comment on va gérer les mouvements collectifs.

Droit subjectif : le droit d'avoir un avocat, la présomption d'innocence…

Entitativité : (Campbell, 1958) faculté à former une entité. L'entitativité est la possibilité pour un groupe humain de former une unité de personnes où la place des individus peut être interchangeable. Similarité des membres d'un groupe.

Entretien cognitif : repose sur deux objectifs : quantité et qualité du témoignage ; outil à destination des professionnels. Et sur deux principes : quantité et qualité d'un souvenir d'autant plus grande qu'il y a recouvrement entre la situation de récupération et celle d'encodage, il faut laisser un maximum d'espace au témoin/victime pour qu'il puisse s'exprimer librement et donc restitue mieux ses souvenirs ; la récupération peut emprunter différentes voies d'accès à la mémoire. La restitution de souvenir n'est pas linéaire, il faut donc lui laisser une marge de manœuvre relativement importante.

Entretien standard de police : récits généraux, les éléments fournis sont vagues. Les récits obtenus sont incomplets et en partie faux. A chaud, il y a 1/5 d'erreurs, cela varie très vite au fil du temps. En toute logique, il s'agit de mettre le témoin ou la victime dans les meilleures conditions possibles pour qu'il puisse raconter ce qu'il a vu ou vécu. Souvent l'introduction est minimaliste. Rappel des faits, par un récit et des questions des enquêteurs. Le policier met le sujet sur la voie de la remémoration.

Envie : ressenti de colère ou de tristesse face au bonheur de quelqu'un d'autre.

Etrange familier : l'inquiétante étrangeté est cette variété particulière de l'effrayant qui remonte depuis longtemps connu, depuis longtemps familier. Cette impression d'étrangeté surgit dans la vie quotidienne quand des complexes infantiles refoulés sont brutalement réveillés. Elle se déploie alors en plusieurs thèmes angoissants : peur de la castration, la figure du double, le mouvement de l'automate. Ces trois modalités de l'étrange ont pour points communs de faire réapparaitre des forces primitives que la civilisation semblait avoir fait disparaitre et que l'individu pensait avoir surmonté. Dans la figure du double ou de l'automate, on doute qu'un être en apparence inanimé soit vivant et l'on pense qu'un objet sans vie est animé. Quand à l'angoisse de castration, elle se dévoile dans les descriptions de vampires, de membres dévorés ou de corps désarticulés que nous révèlent certains de nos rêves.

Faux souvenirs : pseudo-mémoires, illusions mnésiques, etc. Sont des souvenirs présentant des distorsions par rapport à l'expérience réelle, un mixte de diverses expériences ayant eu lieu à des moments différents, des souvenirs d'événements qui ne sont jamais advenus. Les deux premiers sont catégorisés comme de la désinformation. Le troisième est de la création. Dans les deux cas, il ne s'agit pas de mensonge, pour les travaux. On croit sincèrement à ce qu'on dit.

Géoprofiling : cette méthode utilise le Rigel, qui est un logiciel d'analyses automatiques, qui au départ était voué à résoudre des crimes sexuels, sans qu'il y ait forcément meurtre. Ces crimes sont ceux auxquels cette méthode s'applique le mieux. De nos jours il s'étend aux criminels type pyromanes. A l'aide d'analyses spatiales, on peut déterminer le lieu de résidence du criminel.

Groupe interministériel d'études : devait clarifier, en France, les situations de profilage, sauvage ou non. Il avait pour but aussi d'officialiser le statut et de l'intégrer au système judiciaire et policier. Dans leur rapport ils ont proposé de différencier : l'analyse criminelle et l'analyse comportementale.

Honte : est formatrice et fait partie intégrante de la névrose. Affect qui surgit dans un moment de rupture par rapport aux exigences de l'idéal du moi. La honte fait figure de protestation narcissique. Si le sujet éprouve de la honte c'est qu'il y a toujours un sujet qui est présent.

Honte primaire : héritière du narcissisme primaire, liée à l’impuissance narcissique. Toute expérience de passivation serait constitutive de cette honte primaire, liée au débordement par la pulsion sexuelle et qui laisse le sujet dans une certaine détresse. C’est-à-dire qu’il existerait pour tout sujet un temps de passivité non sexuelle, qui ne s’unirait que secondairement à la sexualité - dans le temps de surgissement de la pulsion sexuelle - et qui deviendrait alors la honte primaire.

Honte secondaire : apparaîtrait au cours du développement œdipien puis à la période de latence et pourrait éventuellement faire retour à l’adolescence. Cette honte secondaire s’apparente aux sentiments de culpabilité éveillés par les préformes du surmoi (idéal du moi) et émergerait en corollaire des sentiments œdipiens éprouvés par l’enfant. Autrement dit, la transformation de la honte primaire en une honte secondaire serait liée à un conflit entre les instances psychiques que Freud a défini par l’expression de « digues psychiques ».

Hypermnésie : consiste à inviter la personne à rapporter/relater, tous les événements qui lui viennent à l'esprit, même si elle doute de leur exactitude ou de leur importance. Cela permet d'éviter la censure et l'autocensure. Condition où la mémoire est stimulée.

Idéal du Moi : instance de la personnalité qui résulte de la convergence du narcissisme (idéalisation du moi) et des identifications aux parents, à leurs substituts et aux idéaux collectifs. En visant une expansion narcissique du moi, cherche à forcer le moi à réaliser des fantasmes de puissance illimitée, aspirant à la réalisation intégrale des désirs les plus narcissiques.

Inceste : consiste à avoir des rapports sexuels entre membres de la même famille. Ces relations sont considérées comme indésirables d'un point de vue génétique mais aussi du point de vue des considérations religieuses et morales qui ont conduit les sociétés à les condamner. La loi de l'interdit de l'inceste se fonde sur le fait que l'inceste désorganise la famille, de plus il perturbe gravement et irrémédiablement le développement affectif et sexuel des enfants qui y sont contraints. Au niveau du droit, le droit pénal français ignore l'inceste : ce terme ne figure pas dans le code pénal. Pour la loi, cette transgression va être appréhendée comme un viol sur mineur par ascendant légitime ou personne ayant autorité. Sa répression s'exerce donc par le biais de la qualification de viol, la minorité et la relation de filiation étant considérés comme facteurs aggravants. Le viol est considéré comme crime et leurs auteurs vont être envoyés devant la Court d'Assise. Ils risquent une peine de réclusion de 15 à 20 ans de prison.

Jalousie : désir d'exclusivité face à un amour passionné.

Jugeabilité : va infléchir nos évaluations, elle peut être maniée par l'expérimentateur. Il suffit de faire croire aux personnes, expérimentalement, qu'on a des informations sur elles. On fait donc toujours passer une pseudo tache à ces sujets. On induit un sentiment et non quelque chose de vrai, pour aboutir à des stéréotypes.

Justice : institution publique, de la République. Ce qui la caractérise ce sont les lois, elle se doit d'être garante des lois, de les gérer. La loi est « faite par les hommes », le législateur fait les lois et sont mises à disposition de ceux qui gouvernent. Il faut qu'elles aillent dans le sens de la gouvernance du pays. La loi est « faite pour les hommes », elle doit s'appliquer à tous et nous devons tous la comprendre. Elle est générale et impersonnelle. Il y a une sorte de permanence et de stabilité dans l'institution.

Moment psychotique : moment avant le passage à l’acte. Le sujet peut soit choisir le passage à l'acte soit le délire. Si cette voie du délire n'a pas été empruntée, c'est certainement du au fait que les ressources imaginaires du sujet n'ont pas pu être mobilisées, du coup c'est la voie du réel qui a été empruntée. La survenue de l'angoisse dans ce moment psychotique a submergé les capacités du sujet, qui s'est retrouvé mis hors scène en ayant comme seule alternative le recours, par le réel, de l'acte.

NCAVC : Centre National d'Analyse des Crimes Violents (aux USA). Il met à jour le VICAP et propose des formations.

Objet a : objet manquant, qu'on représente par quelque chose qui se passe à la naissance : lorsqu'on coupe le cordon ombilical qui relie l'enfant au placenta (qui appartient à l'enfant). Puisqu'on le sépare d'une partie de lui, on peut le représenter comme le premier objet perdu de la totalité, une totalité qu'on ne retrouvera jamais. C’est donc un manque à être, il manque toujours quelque chose, et ce « quelque chose » ne peut être symbolisé.

Parades : lorsqu'on confronte un témoin ou une victime à un ensemble de personnes parmi lesquelles est sensé se trouver le suspect. On lui demande d'identifier la personne qui a commis un acte délictueux. La personne est isolée des suspects, de sorte qu'ils ne soient pas en contact. Il faut systématiser l'utilisation de la glace teintée. Il faut qu'une seule personne impliquée dans l'affaire fasse partie du lot, les autres doivent être extérieurs à l'affaire. Nombre minimum de membres = 5. La probabilité de sélectionner le suspect au hasard est de 1/6. L'auteur de l'infraction n'est pas forcément celui désigné.

Paradigme de désinformation : (Loftus, 2005) il suffit de proposer un événement et ensuite de le compléter avec de fausses informations. On demande ensuite de remémorer l'événement. On regarde si les éléments erronés sont mémorisés ou non. Il y a des facteurs internes et externes impliqués dans la désinformation. Ces facteurs sont liés à des caractéristiques individuelles et aux procédures expérimentales.

Passage à l'acte : action ou conduite impulsive dont les motivations sont, pour une part, inconscientes. Il peut viser le sujet lui-même, quelqu'un d'autre (hétéro-agressivité), ou en miroir, le sujet en la personne de l'autre et réciproquement. Coupure, rupture radicale de la relation à l'autre. Là où le passage à l'acte est une séparation brutale, une sortie de scène, l'acting out est un message avec un destinataire, une montée sur scène. Des moments particuliers dans l'existence d'une personne. Il marque un moment qui est en lien avec une manifestation d'angoisse extrême. Il s'agit d'un moment dans lequel il s'opère une rencontre entre différents éléments psychiques qui vont basculer la réalité dans laquelle se trouve le sujet. Passages à l'acte comme autant de tentatives que le sujet, en désespoir de disparition psychique, trouve pour se permettre de se reconstituer comme sujet dans l'après coup du passage à l'acte. Le passage à l'acte est une défense contre une angoisse de mort psychique. Il peut aussi être une tentative de symbolisation d'un trauma, souvent vécu dans l'enfance.

Phrénologie : étude des bosses sur la tête, par le Docteur Gall. Il est le premier à établir une relation causale entre l'organisation cérébrale d'un individu et ses actions. Gall pense ainsi qu'il est possible d'expliquer certains types de crime commis, dans de terribles circonstances et sans motifs apparent, par un développement exagéré de l'instinct carnassier. On peut se demander s'il n'avance pas la notion de pulsion développée par Freud plus tard. Il a largement appliqué sa théorie à la question criminelle. Il est l'initiateur de la tradition bioanthropologique de l'étude du criminel.

Portraits robots : utilisé lorsqu'on ne peut pas recourir à la parade, c'est-à-dire, lorsqu'on n'a pas de suspects ou que la personne n'est pas en capacité d'identifier physiquement le suspect. Cette technique a été introduite dans les années 60. A cette époque c'était des artistes qui s'occupaient, lors de l'entretien avec la victime ou le témoin, de reconstruite, par la tactique d'essais erreurs, le visage du suspect. De nos jours, on utilise des systèmes informatiques. Entre les deux on a utilisé des systèmes mécaniques d'élaboration des portraits robots. Il y a toujours interaction entre deux personnes. Procédure aussi importante et suspecte que la parade. Très fréquemment, les témoins, lorsqu'on les confronte au résultat final, ne retrouvent pas dans le portrait les caractéristiques de celui qu'ils ont essayé de décrire. C'est une méthode peu efficace, puisqu'on ne peut pas arrêter quelqu'un sur la base d'un simple portrait robot. On tend de plus en plus vers des portraits animés plutôt que vers des portraits robots.

Procès en cours d'assise : aussi appelés justice inquisitoire, en France. Il y a un juge avec des accusés et des plaignants. Le procès se divise en plusieurs phases : Phase 1 = enquête policière avec un dépôt de plainte ; Phase 2 = un procureur décide, ou non, d'entrainer des poursuites ; Phase 3 = information judiciaire, menée par un juge d'instruction et une chambre d'instruction. Le juge décide de tous les actes d'informations qu'il faut mener (perquisitions, écoute téléphonique) et la chambre d'instruction est là pour s'assurer qu'il faut bien son travail : il doit instruire aussi bien à charge qu'à décharge ; Phase 4 = sanctions pénales, diffusées publiquement. Suivant les pays, les catégories de peines vont varier. En France il y a : privation de liberté, restriction de liberté, privation des droits civiques, peines patrimoniales, peine affectant la réputation, travaux forcés.

Profilage : méthode consistant à intégrer les sciences humaines (psychologie, anthropologie, sociologie, et victimologie) dans des enquêtes criminelle non élucidées, pour des faits uniques ou multiples, qui sont sans mobile apparents ou évidents. Permet aux services de polices d'accroitre les informations sur les suspects. Il s'agit de l'étude du crime, dans sa facette comportementale. Pendant un temps elle a eu le statut d'une technique psycho-criminologique. Les experts en techniques comportementales se sont livrés à l'exercice de donner à voir au publique (média) cette nouvelle méthode. Dans ces interviews/livres, ils vont raconter leur histoire d'enquêteurs. Cette méthode reflète l'époque et la société dans laquelle elle évolue. Elle s'attache donc aux croyances de cette société. Tout cela va donner lieu aux sciences comportementales. Il existe des écoles de criminologie, des théories associées à cette pratique. On a donc des écoles de profiling. Tourne autour de quatre hypothèses : la scène d'un crime reflète, plus ou moins, la personnalité d'un criminel ; son mode opératoire reste similaire au fil des crimes, dans le cas d'un tueur en série ; sa signature reste identique ; et la personnalité du criminel ne change pas. Le profilage se déroule en trois phases : 1ère phase = recueillir le maximum d'informations concernant l'infraction et la victime ; 2ème phase = analyse victimologique approfondie (le profilage de la victime, une fois mis en place, va permettre de commencer à faire des inférences sur le mode opératoire du tueur et à la suite on recherche les mobiles possibles) ; 3ème phase = ébauche du profil du criminel avec les informations sociodémographiques, psychologiques et juridiques qui ont été relevées.

Profiling psychologique : inférence relativement à la personnalité d'un délinquant, en fonction des actes qu'il a commis et des connaissances psychologiques du profiler (de sa formation). C'est donc quelqu'un qui a acquis des connaissances psychologiques et scientifiques. Il va interpréter tout ce qui relève de la personnalité du délinquant.

Psychologie légale : englobe l’étude, l’explication, l’évaluation, la prévention, le conseil et le traitement des phénomènes psychologiques, comportementaux et relationnels qui incident sur le comportement légal des personnes. La psychologie légale est un champ de domaine dont l’objet d’étude est le comportement des acteurs juridiques dans le cadre du droit, de la loi et de la justice. Elle comprend plusieurs appellations : Psychologie juridique (rapport que les citoyens entretiennent avec la justice, quels services j'en attends, comment je l'imagine...), Psychologie (du) judiciaire (plus du domaine de la psychologie sociale et s'intéresse à ce qui se passe de subjectif dans le groupe formé par le tribunal et tous ses protagonistes), et Criminologie ou psychologie criminologique (s'intéresse, avec un certain regard, entre les facteurs de risque individuels et des problématiques intrafamiliales/proximales. Les rapports d'expertise prennent en compte tous les éléments présents dans l'environnement proximal de l'individu).

Psychopathe : apparait comme un personnage préœdipien, narcissique, qui ne connait ni limites, ni culpabilité post-œdipienne, car il n'est jamais passé sous les fourches de l'angoisse de castration.

Psychose : le phénomène délirant signe un état dans lequel l'activité imaginaire du sujet prend le dessus sur les autres coordonnées de la vie psychique.

Reconstitution environnementale et émotionnelle : on demande à la personne de se remettre mentalement dans le contexte dans lequel elle a assisté à la scène. On souhaite avoir les émotions du moment et pas celles post-événement.

SALVAC : Système d'Analyse des Liens de la Violence Associée au Crime (en France). Il répartit les crimes en fonction de leurs natures.

Serial killers : tueur en série est un criminel auteur d'homicides qu'il réitère dans le temps. Se définit par sa motivation intrinsèque, issue de fantasmes et par un passage à l'acte d'une extrême violence sexualisée. Holmes caractérisent 4 catégories : Visionnaire (c'est le serial killer qui est poussé à réaliser une vision, il y a quelque chose d'interne qui le pousse à commettre un acte. Ce type peut planifier, ce n'est pas juste tuer pour tuer), Missionnaire (il se donne pour tâche d'éradiquer une certaine catégorie de population. Ses victimes correspondent à un profil et ses actes sont accompagnés d'un discours), Hédoniste (l'acte va lui procurer un certain plaisir, hédonisme. L'acte en lui-même est signifiant), et Dominant (son idée est, comme dans toute domination, le pouvoir et le contrôle sur l'autre).

Statement Validity Asessment : (Steller & Köhnken, 1989) il s'agit d'une liste de 19 critères et est utilisé dans les cas d'enfants ayant subit des abus sexuels. Il y a trois étapes : entretien structuré, analyse des informations du témoignage et une liste de vérifications. Ces 19 critères sont plus présents dans les récits véridiques.

Suggestivité interrogative : importance avec laquelle, lors d'une interaction sociale étroite, les individus en arrivent à accepter les messages communiqués au cours d'un entretien formel, ce qui entraine un changement comportemental ultérieur. 

Surmoi : héritier du complexe d’Œdipe, il se constitue par intériorisation des exigences et des interdits parentaux. L’enfant, en renonçant à la satisfaction de ses désirs œdipiens frappés d’interdit, transforme son investissement sur les parents en identification aux parents, il intériorise l’interdiction. En visant exclusivement et aveuglément l'interdiction et la répression pulsionnelle, cherche à contraindre le moi et à restreindre la réalisation de ses désirs, favorisant le refoulement et la soumission aveugle aux lois.

Théorie de la source monitoring : un individu attribue un souvenir à une expérience vécue (source externe) ou à l'imagination (source interne). L'événement imaginé est plus flou et plus général que le récit d'un événement vécu qui lui sera plus riche en détail et en sensations éprouvées. L'impératif est que ce soit réalisé le plus rapidement possible après l'événement source ou imaginé.

VICAP : programme d'appréhension des criminels violents (aux USA). Il répertorie les criminels en série, c'est une base de données qui va être consultée systématiquement.

VICLAS : Système d'Analyse des Liens des Crimes Violents, c'est la même chose que le VICAP, mais made in France.



12/04/2014
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