Cours de psychologie

Psychologie développementale (suite)

IV. Les réflexes archaïques ou primitifs. (automatismes primaires).

 

 

A la naissance, la caractéristique d’un nouveau-né à Terre est son état d’inachèvement, d’immaturité.

> Néoténie.

Le système nerveux du nouveau-né est inachevé à la naissance.

Mais qu’est ce qui n’est pas achevé dans ce système nerveux ? Une dimension fonctionnelle ? L’ensemble des neurones est présent, donc le problème est lié à un problème d’interconnections neuronales.

> Interconnections neuronales.

> Myélinisation.

 

Le réseau neuronale du nouveau-né n’est pas achevé (continue à se développer durant les premiers mois/années de la vie de l’individu, et reste en remaniement durant toute la vie de l’individu)

 

La myélinisation se met progressivement en place les premières années de la vie.

A la naissance, cette myélinisation n’atteint que les centres sous-corticaux (cerveau primitif, « archaïque »).

Les centres sous-corticaux sont les premières structures au centre du cerveau des nouveaux-nés, seules celles-ci fonctionnent (cerveau reptilien).

Sous le cortex, partie la plus ancienne. Le nouveau-né a tous les éléments mais ils ne fonctionnent pas encore tous.

 

Myéline : substance plus ou moins graisseuse qui recouvre les axones.

 

1. Caractéristiques des réflexes :

 

Déroulement stéréotypé :

Expression identique d’un individu à l’autre.

 

Obtention non-systématique :

Le réflexe, sa conduite n’est pas systématique.

 

Valeur adaptative, fonctionnelle ou traces de conduites phylogénétiques disparues au cours de l’évolution (ex : réflexe d’agrippement).

 

2. Significations des réflexes : (chez le nouveau-né à terme)

 

Absence à la naissance ou dans les premiers mois.

→ Signe d’immaturité neurobiologique.

Persistance au-delà du 6ième mois.

→ Les réflexes qui persistent au-delà est un signe de trouble (désordre) neurologique.

→ Les réflexes renseignent sur l’état « maturationnel » des nouveaux-nés.

 

3. Evaluation du nouveau-né :

 

Indice APGAR (1953).

Evaluation de l’état physique de 5 critères :

     - Fréquence cardiaque.

     - Capacité respiratoire.

     - Coloration de la peau.

     - Tonus musculaire.

     - Réactivité reflexe.

Chaque critère est noté de 0 à 2 points.

Evalué à 1 minute après la naissance, puis à 5 minutes.

Si score :

     - 7 : pas de problèmes.

     - Entre 4 et 6 : W assistance respiratoire

     - 3 : états critiques.

 

4. Réflexes principaux :

 

a. Réflexe de succion :

 

Apparition : 20-22ième semaine de gestation.          passage du sous-corticale                                                      

Disparition : pas de date précise.                            au corticale                                                           
Déclenchement : stimulation tactile des lèvres.

Déroulement : mouvement de succion.

 

b. Réflexe de fouissement (ou réflexe des points cardinaux) :

 

Apparition : 28ième semaine prénatale.

Disparition : 3ième semaine (après la naissance, toujours quand on parle de disparition).

Déclenchement : stimulation tactile dans la périphérie de la joue.

Déroulement : mouvement de va et vient de la tête, orientation du côté de la stimulation, prolongement en réflexe de succion.

 

c. Réflexe de Maro (réflexe de protection) :

 

Apparition : 28ième semaine prénatale.

Disparition : 3ième et 6ième semaine.

Déclenchement : on le saisit par les poignets, tirer à soi en soutenant le dos, dépasser le point d’appuis occipital et relâchement.

Déroulement : extension, puis repliement des membres supérieurs pour se protéger de la chute.

  ex : on tape sur une table, le nouveau-né sursaute, c’est un réflexe « proprio-certif », c’est ce que l’on ressent à intérieur de notre corps.

 

d. Réflexe de grasping :

 

1er aspect :

Apparition : 28ième semaine prénatale.

Disparition : entre le 2ième et 3ième mois.

Déclenchement : stimulation tactile de la paume ou de la face interne des doigts.

Déroulement : flexion des doigts (Médius, annulaire, auriculaire et index → maintien du « contenu ».)

 

2nd  aspect :

Apparition : 28ième semaine prénatale.

Disparition : entre 9 et 10 mois.

Déclenchement : provoquer une stimulation tactile de la paume de la main, pression des tendons internes.

Déroulement : réponse tonique des muscles fléchisseurs des doigts permettant la suspension/le port du bébé.

 

e. Réflexe d’allongement croisé (nociceptif) :

 

Apparition : 30ième semaine.

Disparition : pas de date précise.

Déclenchement : stimulation de la plante du pied.

Déroulement : flexion des membres inférieurs opposés à la stimulation.

 

f. Reflexe d’enjambement :

 

Apparition : 36ème semaine.

Disparition : pas de date précise

Déclenchement : maintien en position verticale dans le vide par le ventre, on rapproche le bébé de la table.

Déroulement : lorsque son pied va entrer en contact avec la table, mouvement de flexion du membre inférieur et enjambement de l’obstacle.

 

g. Réflexe de marche automatique :

 

Apparition : 36ième semaine.

Disparition : pas de date précise (8ème semaine ou 4ème – 5ème mois).

Déclenchement : tenus verticalement, la plante du pied prend contact avec le plan (→ redressement du corps), puis inclinaison du buste en avant.

Déroulement : mouvements de flexion-extension des membres inférieurs avec appuis plantaire (« marche »).

 

Qu’est-ce qui advient  de ces réflexes ? Pourquoi ils disparaissent également ?

Les conduites se situent dans le centre du cerveau. Ces conduites sous-corticales disparaissent puis reviennent au niveau cortical (comme la marche).

                              Sous-corticale → corticale (passage au niveau supérieur)

Intégration progressive du fonctionnement reflexe au fonctionnement cortical ?

 

Expériences de ZELAZZO a partir du reflexe de marche automatique :

     - Expérience 1 : réalisée avec des nouveaux nés entre la 1ère et la 8ème semaine.

       Groupe 1 : 12 minutes de marche automatique par jour.

                  + 1 évaluation a la fin de chaque semaine d’évaluation.

       Groupe 2 : 12 minutes d’entrainement moteur par jour.

                  + 1 évaluation de marche automatique a la fin de chaque semaine d’évaluation.

       Groupe 3 : aucun entraînement.

                  + 1 évaluation de marche automatique a la fin de chaque semaine d’évaluation.

       Groupe 4 : aucune évaluation.

                  + 1 évaluation de marche automatique a la fin de la 8ème semaine d’évaluation.

 

 

      - Expérience 2 :

        Groupe 1, 2 et 3 : entrainement quotidien de 12 minutes à la marche automatique.

 

 

On constate que le nombre moyen de pas par groupe augmente même après la 8éme semaine (qui correspond à la semaine ou le reflexe est supposé disparaitre).

Conduite qui reste à disposition chez le bébé, et si elle ne s’exprime pas c’est parce qu’il y a des éléments qui l’empêchent de s’exprimer (incapacité de soutient/équilibre du bébé).

 

4. Conclusion :

 

Cet équipement réflexe du nouveau-né constitue quel que soit le cadre théorique considéré (Freud, Wallon ou Piaget), une composante génétique fondamentale.

Piaget : le point de départ de la théorie opératoire repose sur l’exercice des réflexes au cours du 1er stade de l’intelligence sensori-motrice.

Wallon : insiste sur l’importance de l’impulsivité motrice au début du développement.

Freud : considère les activités bucco-labiales comme le point de départ du fonctionnement affectif de l’individu.

 

 

V. Les sens.

 

 

On va s’intéresser à ce qui concerne le développement perceptif (→ ce qui concerne nos 5 sens).

Ces différents systèmes sensoriels atteignent leur maturité fonctionnelle durant la vie prénatale.
Et surtout vers la période fœtale.

Est-ce qu’un fœtus, un nouveau-né, peut avoir ses 5 sens en marche ?

Chacun de ces sens aura des études différentes, en fonction du sujet fœtus, nouveau-né. Les modalités sensorielles suscitent un nombre de travaux différents.

 

Durant la vie prénatale : modalité auditive qui a le plus de travaux.

A la naissance et après : modalité visuelle car facilement étudiable, et le sens de la vision permet d’acquérir un maximum d’informations.

 

Très largement dépendant de la façon dont va se développer le système nerveux.

Pour les étudier durant la période prénatale, on a différentes sources d’infos :

      - développement neurologique : perception dépendante du système nerveux, donc en connaissant le système nerveux on peut connaitre ses perceptions sensorielles.

      - étudier le fœtus et ses modalités sensorielles in utero.

      - prématurité (= naissance avant la 37ème semaine d’aménorrhée) : en observant un prématuré on observera la même chose que chez un fœtus après la même période de gestation.

 

1. L’audition :

 

a. Chez le fœtus :

 

Est-ce qu’il entend ? Si oui, comment peut-on le savoir ? Que peut-il entendre ?

On a plusieurs façons de répondre à la 1ère question.

→ regarder ce que l’on sait de la maturation du système neurologique : qu’est-ce qu’on connaît de la maturation des voies nerveuses ? Le fœtus est capable d’audition ?

 

D’un point de vue neurologique :

Compte tenu de la maturation des voies nerveuses, dès le 6ème mois de gestation, le fœtus peut entendre.

→ On va avoir 2 modes d’approches possible pour voir comment il entend : in utero (dans l’utérus) et du prématuré (6 mois en fœtus = 6 mois en prématuré).

 

Mais ces 2 méthodes ne sont pas équivalentes :

     - Le fœtus lui, n’est pas encore sorti à l’air libre, et donc les sons vont devoir traverser toute une série de tissus, de barrières (peau, muscles, paroi utérine), autant d’obstacle à la bonne propagation qui vient de l’extérieur.

     - Le fœtus baigne dans le liquide amniotique. Le milieu aquatique ne transmet pas correctement les sons.

     - Le son avant d’arriver à l’oreille du bébé, doit passer par le canal auditif qui est obstrué par des mucosités.

     - Le prématuré est à l’air libre, un milieu tout à fait compatible avec une bonne propagation sonore.

     - Ce petit prématuré, dès lors qu’il arrive à l’air libre, sera dans un environnement qui va le solliciter, il sera bombardé par des stimulations, il ne sera plus protéger comme dans le ventre de la mère. Ces stimulations vont développer, accentuer le développement de ses capacités sensorielles. Donc dès qu’il arrive à l’air libre, il n’est plus comparable à un fœtus du même âge que lui.

     - Ce prématuré se trouve dans un état de « souffrance », il est difficile d’avoir les mêmes éléments qu’un fœtus qui est bien « logé ».

 

Donc il assez difficile, voire même impossible de transférer ces informations, et cela est aussi pour les autres sens.

 

Donc vers le 6ième mois, le fœtus perçoit des sons. Mais qu’entend-il ?

Pour cela on a mit un micro près de l’oreille du fœtus dans le ventre de la mère.

On observe en milieu assez bruyant, des « bruits de fond », des bruits internes. Ce sont pour la plupart des battements de cœur de la mère, des bruits digestifs, intestinaux, puis les bruits liés aux mouvements du fœtus et au cordon ombilical.

Donc il y a une mauvaise transmission des sons, car en plus des « barrières », il faut que les sons arrivent à émerger des « bruits de fond », et pour cela il faut qu’ils aient une intensité suffisante (≥ à 60 décibels) sinon il est masqué par le bruit de fond ou masqué par les barrières. Le son est donc filtré.

 

Quand on chuchote : ≈ 10 décibels.

Une conversation normale : ≈ 40 décibels.                                                        
Une conversation vive : ≈ 60 décibels.                                                                                                              
Une rue animée : ≈ 80 décibels.                                                                                                                                                               
Un concert de musique classique : ≈ 90 décibels.                                                                                                                                                                                

Un réacteur d’avion à 10 mètres : ≈ 120 décibels.                                                                                                                                                                                 

                                                                                    

Donc on montre qu’il faut une certaine intensité pour arriver à l’oreille du fœtus. Et qu’il faut une certaine fréquence (entre 500 et 800 Hz). Des fréquences qui correspondent aux sons les plus graves.

La voix du père peut facilement être perceptible par l’oreille du fœtus.

 

Malgré tout, il y a 2 cas particuliers :

    - la voie maternelle : possède un double mode de propagation→ externe, quand elle parle (la mère), part de l’extérieur puis passe les « barrières », et interne, car les cordes vocales vont vibrer intérieurement et extérieurement. Donc 2 propagations, c’est un statut particulier d’écoute.

    - les battements cardiaques : ils appartiennent à la mère et contrairement à la voix de la mère, ils sont continus et permanents. Ces battements vont traduire, refléter l’état émotionnel de la mère.

 

Parmi tous ces bruits, certains arrivent au fœtus.

 

b. Chez le prématuré :

 

Par rapport au fœtus, il y a une bonne propagation des sens.

 

Chez un prématuré de 6 mois :

On observe des modifications d’indices physiologiques : rythme cardiaque et respiratoire. Ce qui montre que le prématuré reçoit les différentes stimulations.

On montre également à la présentation d’un son qu’ils sont capables de réactions comportementales : le réflexe cochléo-palpéral (oreille interne et paupière) Þ clignement de la paupière chez le prématuré.

Et aussi le réflexe céphalique acoutrope (au niveau de la tête, sensible du côté du son) → observation d’une orientation de la tête du côté sonore.

 

Ces réflexes s’accompagnent toujours du rythme cardiaque et/ou respiratoire.

Donc au 6ième mois ils sont capables d’entendre.

 

Chez le prématuré de 8 mois :

On peut des modifications de traces encélographique (EEG) qui permettent d’évaluer le tracé cortical de l’individu.

Capable de différencier la voix de sa mère de celle d’autres femmes après quelques heures de vie.

Modification du rythme de succion pour pouvoir mieux écouter la voix de la mère (ralenti) : expérience de DECASPER et FIFFER.

 

Conclusion : Les stimulations sonores sont capables de produire des excitations des organes sensoriels auditifs.

 

Maintenant, qu’est ce que fait le fœtus de ces informations ? Comment sont-elles intégrées par le fœtus ?

 

c. Chez le nouveau-né : (né à terme)

 

Bombardés de stimulations sonores car il n’y a plus de filtres et il est à l’air libre.

Le nouveau-né n’a pas de moyen d’échapper à ces stimulations, même durant son sommeil. Il y aura un phénomène de bascule entre in utero et à l’air libre.

 

Les réponses du nouveau-né (orientation de la tête ou regard vers la source sonore, variation du rythme de succion, respiratoire au cardiaque) sont fonction d’un certain nombre de paramètres liés au stimulus sonores :

     - De l’intensité (décibel) :

          + son de forte intensité (> à 90 décibels) provoquent des sursauts, des mimiques de peur, une accélération du rythme cardiaque.

          + des sons faibles, eux ne provoquent pas deréaction et peuvent endormir le bébé.

    - De la fréquence :

          + de fréquence et intensité en augmentation provoquent des réactions de sursauts et de pleures chez le bébé.

          + moyen (fréquence et intensité) : un effet d’apaisement sur le nouveau-né.

    - La complexité : (ex : la voix humaine), les nouveaux-nés sont plus attentifs envers ces sons que les sons purs (ex : notes de musique).

 

Cas particuliers :

     - Voix maternelle : dès la naissance, celui-ci est capable de reconnaître la voix maternelle parmi plusieurs voix féminines. Il y a une reconnaissance très précoce de la voix maternelle par le bébé, du fait de l’exposition du bébé à cette voix durant sa prénatalité.

     - Reconnaissance de la langue maternelle parmi d’autres langues (étrangères). Très tôt, les nouveaux-nés sont capables d’identifier cela.

     - Battements cardiaques :

         → Méthode : 3 groupes de bébés à qui on a fait écouter des battements :

              Au groupe  A : des battements normaux.

              Au groupe B : des battements cardiaques rapides (stressé).

              Au groupe C : des bruits quelconques.

            Pour chacun de ces 3 groupes, on a mesuré 2 éléments : la durée des pleurs et la prise de poids.

            On se rend compte de :

                 - A : pleuré moins et prenez plus de poids que les 2 autres groupes.

                 - B : l’expérimentation a été arrêtée car les bébés étaient dans une période de mal être.

Donc l’effet des battements cardiaques sur les bébés est un facteur important sur le comportement des bébés.

 

2. La vision :

 

a. Chez le fœtus :

 

In utero ça pose quelques problèmes techniques.

D’un point de vue neurologique, la maturation nerveuse du système visuel laisse à penser à une fonctionnalité précoce (→ fin du 1er semestre).

Une forte intensité lumineuse à travers l’abdomen de la mère Þ clignement des yeux à partir du 6ième mois.

 

On a donc un élément observable in utero, dès le 6ième mois, le système fonctionne bien.
Mais dans le ventre de la mère, il n’y a pas « grand-chose » à voir… ! De plus le liquide amniotique ne facilite pas la capacité visuelle.

 

b. Chez le prématuré : (âge gestationnel équivalent)

 

Il va être assailli par des stimulations visuelles.

Un perfectionnement très rapide.

Impossible de transférer au fœtus les résultats obtenus auprès des prématurés.

 

c. Chez le nouveau-né : (et ses capacités visuelles)

 

La vision est la modalité sensorielle la plus étudiée.

Le développement est très rapide dès que le système va pouvoir être stimulé et s’exercer.

Le nouveau-né à la naissance, il y voit mais cela dit avec des difficultés.

 

Les caractéristiques de cela sont :

     - Difficultés d’accommodation : il voit nettement à une distance de 20-30 cm, et ce qui n’est pas dans cet espace est flou. Ces « 20-30 cm » Û au ventre de la mère durant la phase prénatale. Cette difficulté va durer jusqu’au 4ème mois. A trois mois et demi le bébé voit net à 5 cm (impossible pour l’adulte).

     - Capacité de suivre une cible (du regard dans les 20-30 cm) se déplaçant lentement.

     - Champ visuel : chez un adulte il est de normalement 180°. Chez le nouveau né il est réduit dans la mesure où il est d’environ 60° à la naissance. Il a un développement plutôt lent par rapport aux deux autres caractéristiques (équivalent à celui de l’adulte vers l’âge de 8 mois).

     - Capacité de détourner le regard d’une cible lumineuse.

 

Mise en évidence de « préférences » :

     - Patterns colorés plutôt que patterns neutres.

     - Formes complexes plutôt que formes simples.

     - Lignes courbes plutôt que lignes droites.

 

Discrimination des couleurs : sur un fond coloré, on bouge une cible d’une autre couleur, si le bébé perçoit l’objet, il prouvera qu’il discrimine les couleurs.

 

Conclusion : On remarque donc que le bébé a des difficultés, mais que vers le 6ème mois il est au même niveau qu’un adulte.

 

3. Gustation et olfaction :

 

a. Chez le fœtus :

 

Le système gustatif :

Fonctionnel dès le 3ème mois de gestation.

En fin de gestation, des substances aromatiques passent dans le liquide amniotique : préférences et aversions gustatives à la naissance ? Le fœtus déglutit plus vite en présence de saveurs sucrées.

 

Le système olfactif : (odorat : sert à percevoir des odeurs, se propagent que dans le milieu aérien)

Odeurs = milieu aérien !!!

Molécules odorantes présentes dans le liquide amniotique imprègnent les muqueuses olfactives : capacité de reconnaissance olfactive dès la naissance.

 

b. Chez le nouveau-né :

 

Système gustatif : 4 saveurs de base (sucré, salé, acide, amer) → réflexe gusto-facial.

Capacité de discriminer ces 4 saveurs dès la naissance.

 

Apprentissage en période prénatale des saveurs postnatale (exp MENNELLA & coll, 2001).

Les mères et leurs enfants sont filmés pendant qu’ils sont nourris :

     - Soit avec des céréales mélangées avec de l’eau,

     - Soit avec des céréales mélangées avec du jus de carotte,

Résultats :

     - Les bébés exposés à la carotte pendant la grossesse ou pendant l’allaitement, produisent moins d’expressions faciales négatives que ceux dont les mères n’avaient pas bu de jus de carotte pendant la grossesse ou l’allaitement.

     - Les bébés exposés à la carotte étaient perçus par leur mère comme appréciant d’avantage ce type de repas.

 

Système olfactif : reconnaissance très rapide de l’odeur maternelle (entre le 3ème et le 6ème jour) (de la mère par le bébé et du bébé par la mère.

→ Interactions précoces mère-enfant (attachement).

 

4. Le toucher :

 

a. Chez le fœtus :

 

La modalité sensorielle la plus précoce durant la gestation, dès la 9ème semaine de vie. La stimulation de la paume de la main a pour conséquence de provoquer toute une série de réactions motrices.

Modalité particulièrement sollicitée durant toute la vie prénatale.

 

b. A la naissance (prématurée ou à terme) :

 

Encore plus développé à la naissance.

Le nouveau-né réagit à la douleur.

Capacité à différencier son corps de l’environnement/objet qui se situe autour de lui (ROCHAT & HEPSOS, 1997) : existence d’un « soi perçu » par le nouveau né.

 

5. Conclusion générale :

 

La perception est une activité fondamentale dont dépendent en partie nos concepts (Þ notre vie cognitive dépend de notre perception.

 

Les différentes modalités sensorielles se développent progressivement dès la vie prénatale. Toutes sont fonctionnelles chez un nouveau-né à terme.

Le nouveau-né ne vit pas dans un monde « chaotique » de sons, de lumières… mais il perçoit des formes, entend des paroles. Il donne donc du sens à ces différentes perceptions.

 

→ La perception est donc une activité cognitive.
 
 

VI. Les facteurs de risque pré et périnatale.

 

 

Le développement pré et périnatale est régulier et prévisible.

Des anomalies peuvent venir perturber ce développement « normal ».

 

Question du normal et du pathologique :

     - Normal = norme statistique, ce qui s’écarte de cette norme est anormal, pathologique. Le danger, est d’exclure tout ce qui n’est pas dans la norme, sachant que la norme n’est pas une donnée dans l’absolue (évolue avec le temps et la santé, mais aussi en fonction de l’évolution des individus).

     - Normal = opposition à la maladie. Individu normal est l’individu qui est sain, qui n’est pas malade. Pose problème : un sujet asthmatique est-il normal en dehors de ses crises d’asthme ?

     - Normal = idéal de valeur. Ne s’appuie sur rien si ce n’est sur l’idée que l’on se fait.

 

1. Etude du développement troublé :

 

Tenter de mieux comprendre comment les choses se mettent « normalement » en place.

 

Considérer l’individu (en particulier l’enfant) handicapé, non pas comme un individu à qui il manque quelque chose, carencé, mais comme un être en développement, dont le développement va s’organiser à partir et avec sa déficience. Approche différente du handicap : l’accent est mis sur les processus spécifiques, et non sur les carences.


2. Anomalies du développement prénatal :

 

En grande partie liées aux techniques permettant de dépister ces maladies.

 

Techniques de dépistage vont déboucher sur un diagnostique anténatal, qui donne la possibilité d’une ITG (interruption thérapeutique de grossesse), peut survenir à n’importe quel moment de la grossesse a partir du moment où le fœtus est reconnu porteur d’une anomalie grave et/ou incurable. Technique en pleine évolution : progrès techniques, mais plus elles se développent et plus elles posent des problèmes éthiques (seul d’acceptabilité du handicap [parents contre médecins], etc.)

      - Echographie : la plus ancienne de ces techniques : utilise des ultra sons, et en regardant la réflexion des ultra sons, permettent ainsi d’observer un fœtus : permet de repérer la plupart des anomalies physiques, grossesses multiples, déterminer âge gestationnel avec une précision importante (3 jours). Se pratique entre la 12ème et la 20ème semaine d’aménorrhée, et permet le premier repérage d’un certain nombre d’anomalies.

     - Amniocentèse : introduire une seringue dans le ventre maternel pour prélever du liquide amniotique. A partir de la 14ème semaine d’aménorrhée : on va recueillir des cellules dans ce liquide, que l’on met en culture, pour pouvoir réaliser un caryotype de ces cellules et ainsi du fœtus. On va pouvoir détecter les anomalies chromosomiques et génétiques de l’individu.

     - Choriocentèse : on prélève des cellules a l’aide d’une seringue au niveau du trophoblaste, son intérêt est qu’elle peut se pratiquer de manière plus précoce que l’amniocentèse (dès la 10ème semaine d’aménorrhée).

     - Cordocentèse : prélever des cellules sanguines dans le cordon ombilical. A partir de l’étude de ces cellules (caryotype) on peut identifier les anomalies chromosomiques et génétiques de l’individu.

     - Fœtoscopie : consiste à introduire un micro caméra dans l’utérus, et permet d’observer le développement fœtal de manière plus précise qu’une échographie. Permet dans la mesure où on peut visualiser de manière précise le fœtus, de pratiquer des opérations chirurgicales in utero.

     - Diagnostique préimplantatoire : dans le cas d’une fécondation in-vitro (FIV), on fait un caryotype des cellules, et selon les résultats de l’analyse on décide si l’on va implanter l’embryon, ou quels embryons vont être implantés, dans l’utérus de la mère.

 

a. Les facteurs perturbant le développement :

 

Trois grands types de facteurs peuvent perturber ce développement :

     - Anomalie génétique.

     - Anomalie chromosomique.

     - Agents tératogènes.

 

Anomalie génétique :

 

Concernent les gènes, un défaut de fonctionnement d’un de ces gènes.

Se transmettent par l’hérédité.

Transmission des gènes selon le mode dominant/récessif.

Peuvent aussi bien porter sur les K sexuels que sur les autosomes.

  

Ex d’anomalies génétiques : daltonisme, certaines formes de diabète, hémophilie (portée par K sexuels)

 

Les anomalies chromosomiques :

 

Concernent le nombre normal de K ou une partie de chromosome.

Ne sont pas liées a l’hérédité, mais surviennent au moment de la conception (méiose des cellules sexuelles).

Souvent à l’origine d’avortement spontanés, de malformation, et/ou de retard intellectuel.

Environ 0.6% de naissances concernent des nouveau-nés porteurs d’anomalies chromosomiques.

 

Le matériel génétique présent :

     - Soit des anomalies numériques (trop ou pas assez de K).

     - Soit des anomalies structurales (recombinaison des K avec un certain nombre d’accidents).

Ex d’anomalie chromosomique : la trisomie 21 ou syndrome de DOWN (médecin anglais de la fin du 18ème ; premier à identifier cette pathologie) :

     - anomalie portée par la 21ème paire de K, qui comporte un K en plus. Concerne 1/660 naissance.

     - s’accompagne d’une déficience mentale, et concerne 1/5 des déficiences mentales.

     - se caractérise par une importante augmentation de l’espérance de vie. Avant 1850 58% mouraient avant 1 mois, 66% avant l’âge de 2 ans et la plupart ne dépassait pas l’âge de 9 ans. Aujourd’hui on estime que l’espérance de vie est autour de 60 ans.

     - facteurs étiologiques : variés et en interaction :

            . Intrinsèques (intérieur) : âge de la mère. Avant 30 ans le risque d’avoir un enfant trisomique est estimé à 1/1500, entre 30 et 35 ans à 1/900, être 35 et 38 ans 1/300, entre 38 et 39 ans 1/150, et après 40 ans a 1/50.

            . Extrinsèques (extérieur) : radiations, manipulation de certains éléments chimiques, réaction a certaines infections virales (hépatite et rougeole), carence importante de certaines vitamines.

            . Dépistage grâce a la présence de certains signes : échographie (raccourcissement des fémurs, épaisseur de la nuque, retard de croissante), marqueurs biologiques (augmentation du taux sanguin d’une hormone placentaire dans le sang de la mère : la gonadotrophine chorionique).

            . Confirmation par amniocentèse.

            . Incidences sur le développement psychologique de l’enfant :

     - Présentent tous une déficience mentale prononcée.

     - Développement moteur (hypotonie importante, etc.).

     - Maitrise du langage oral assez tardive, avec troubles articulatoires.

     - Trouble de santé (ORL, cardiaques, digestifs, etc.).

Relativement rares, puisqu’elles concernent seulement 3% à 8% des ovules fécondés présentent des anomalies de ce type.

Dans 90% de ces cas, les grossesses ne sont pas menées à terme.

 

Agents tératogènes :

 

Période critique/sensible aux agents tératogènes = 8 premières semaines de gestation.

Tout agent susceptible de provoquer des malformations ou de perturber le développement prénatal de embryon :

     - Toutes les maladies infectieuses que la mère peut contracter durant cette période critique :

           + rubéole : trouble cardiaque, surdité, cataracte.

           + infection cytomégalovirus (virus de la famille de l’herpes, peut être aussi transmis durant l’accouchement) : surdité, déficience intellectuelle importante.

           + herpes génital (au moment de l’accouchement), 1/3 des bébés contaminés vont décéder dans les semaines/mois qui suivent. 25 à 30% des survivants vont présenter des problèmes cérébraux et de cécité.

           + VIH : au moment de l’accouchement, au moment de l’allaitement, et lors de la gestation.

    - Maladie chronique de la mère :

           + Diabète : peut provoquer un certain nombre de lésions cérébrales ou retard du développement neurologique.

           + Epilepsie.

    - Les substances consommées par la mère durant la grossesse :

           + Le tabac : peut avoir comme conséquence une naissance prématurité, décollement du placenta, un bébé de petit poids (200g de moins qu’un bébé ordinaire). Conséquence à long terme : trouble de l’attention, du comportement, de l’apprentissage.

           + L’alcool : interdit pendant la grossesse : porte sur la façon dont va se développer le fœtus, et avant la fécondation sur l’ovule lui-même. Dans le cas de consommation importante syndrome d’alcoolisation fœtale (= malformation au niveau de la face, système nerveux mal développé (diminution taille et poids du cerveau, déficience intellectuelle marquée), désordre cardiaque chez l’enfant.

           + Drogue :

                  . Héroïne : avortement spontané, prématurité importante, 60 à 80% des nouveau-nés présentent une dépendance à la drogue.

    - Autres facteurs : une quantité excessive de vitamine A, de méthylmercure et de plomb, un produit chimique connu sous le nom de BPC, l’aspirine, les antidépresseurs, les hormones artificielles, des produits chimiques ainsi que des radiations (peu d’informations sur tout cela).

  

 

VII. L’élaboration des liens mère – enfant.

 

 

Mise en place des liens sociaux et affectifs entre l’enfant et son entourage.

 

Deux approches théoriques :

     - Courant psychanalytique (théorie de l’étayage) : besoin fondamental de nourriture, la recherche de la satisfaction de ce besoin va permettre un lien d’attachement entre mère et enfant. Il y a un premier besoin/besoin primaire et l’attachement à la mère est perçu comme quelque chose de secondaire vu que le besoin de satisfaire le besoin primaire est plus important.

     - La théorie de l’attachement de BOWLBY : position radicalement différente de la théorie de l’étayage : ce besoin d’attachement est issu d’un besoin inné d’autrui : besoin primaire au même titre que les besoins physiologiques et non un besoin secondaire.

Théorie introduite en France dans les années 1970’s, il a fallu quelques années pour que ces idées puissent s’imposer, et devenir une référence incontournable pour définir la manière donc les liens mère – enfant se forgent.

    - Théorie de l’attachement marque la convergence entre des travaux issus de l’éthologie et ceux issus de la psychanalyse (surtout des travaux menés à la fin de la 2ème Guerre Mondiale par R. SPITZ).

  

1. Apport de l’éthologie :

 

LORENZ (1935) : phénomène de l’emprunt = mécanisme inné par lequel les bébés animaux qui viennent de naître, vont se mettre à suivre le premier objet mobile qu’ils perçoivent au moment de l’éclosion (la maman oie dans ce cas). Ce mécanisme fonctionne avec n’importe quel animal/personne/objet. Cette étude va permettre de montrer que chez les animaux le besoin social est indépendant du besoin de nourriture, et donc de la satisfaction du besoin primaire de la nourriture.

 

HARLOW (1961) : travaux en laboratoire avec des jeunes singes rhésus nouveau-nés :

     - Des la naissance ces bébés sont éloignés de leur mère, et ils sont placés dans des cages distinctes :

          + Il leur propose deux leurres différents :

                . Un cylindre fait d’un grillage et recouvert d’un tissu pelucheux va être surmonté d’une représentation d’un visage (yeux et bouche).

                . Même cylindre mais non recouvert, et il va y fixer un biberon rempli de lait.

                . Il va montrer que ces bébés, mis au contact de ces substituts maternelles, vont passer la plus grande partie du temps sur le cylindre à fourrure et vont aller sur l’autre cylindre uniquement pour se nourrir, certains sont assez habiles pour se nourrir sans quitter le cylindre à fourrure.

          + Il va les séparer en 4 groupes :

                . Un groupe qui retourne auprès de leur mère.

                . Un groupe qui reste avec des paires.

                . Un groupe dans une cage avec un substitut maternel pelucheux.

                . Un groupe laissé seul pendant des périodes relativement longues : vont présenter des troubles du comportement : conduite stéréotypée de balancement, conduite de frayeur lorsqu’ils sont dans une situation nouvelle, vont être incapables de tisser des liens sociaux. Les femelles devenues adultes de ce groupe sont des individus particulièrement agressifs, et en plus il s’agit de femelles qui refusent de s’accoupler. De plus lorsqu’elles arrivent à mettre au monde un bébé, il y a une conduite maternelle caractéristique puisqu’elles ne vont pas s’occuper du bébé dans le meilleur des cas, dans le pire elles peuvent aller jusqu'à tuer leur propre bébé.

Il va montrer aussi que malgré la distance de la mère les bébés vont aller vers elle, et les mères vont finir par se laisser séduire par leur bébé, et qui redevient une mère normale pour son bébé, qui est « bébés thérapeutes ».

     - Il existe une véritable indépendance entre les besoins physiologiques primaires, et le besoin de s’attacher à la mère. Il relève bien d’un besoin inné de mise en relation avec autrui.

 

2. Apport de la psychanalyse :

 

SPITZ (1946) :

     - A l’époque il y avait un nombre impressionnant d’enfants orphelins. Il fallait accueillir ces enfants privés d’une présence maternelle. Ces établissements avaient pour but de présenter un environnement correct à ces enfant : le bien-nourrir de ces bébés, mais aussi l’hygiène (1ère cause de mort dans ces institutions = mort suite à contamination virale), placés dans des box individuels, limitant le contact avec les adultes au moment de soin, de toilette et de nourrissage.

     - En fréquentant ces orphelinats, il a observé un comportement particulier chez les bébés accueillis dans ces institutions.
Comportement dépressif : absence de sommeil, trouble du comportement, baisse du système immunitaire, souvent accompagné d’un retard du système psychomoteur. Ces symptômes pouvaient s’aggraver si l’absence de contact avec autrui perdurait dans le temps.

    - Il propose une explication : il considère que cette aggravation est liée à l’absence de lien affectif, social que l’on peut observer chez l’enfant. Cette dépression est appelée dépression anaclitique, et traduit ces enfant qu’ils deviennent des enfants pleurnicheurs, puis deviennent de plus en plus indifférents au monde extérieur et enfin vont devenir des enfants léthargiques.

    - Si cette situation perdure au delà de 5 mois, on atteint une phase « d’hospitalisme ».

 

La théorie de l’attachement, proposée par BOWLBY :

     - Importance vitale de l’objet d’attachement durant les premières semaines de la vie (cf. les psychanalystes).

     - Certains aspects des mécanismes de construction et de régulation du lien (cf. les éthologistes).

 

Pour BOWBLY, l’attachement :

     - N’est pas lié à la satisfaction du besoin physiologique.

     - N’a pas pour objet exclusif la mère.

     - Peut durer dans le temps.

     - Structure neurophysiologique : a tendance de répondre au besoin d’affection.

     - Revêt trois grands points :

            + Différencie et marque l’originalité de la théorie, besoin inné de la part de l’individu.

            + Alternative féconde de la théorie de l’étayage de l’établissement des liens sociaux entre mère – enfant.

            + Permet de rendre compte du cadre dans lequel l’enfant va pouvoir trouver une sécurité suffisante pour pouvoir s’ouvrir au monde dans lequel il va devoir évoluer.

     - Attachement = besoin inné indépendant de la satisfaction des besoins primaires correspond a la tendance de tout individu à chercher le contact avec autrui.

     - Différencie le lien d’attachement au comportement d’attachement :

            + La conduite de succion, permet un premier contact physique entre la mère et son bébé, de plus il va également permettre de satisfaire un besoin primaire (se nourrir). + Tout ce qui concerne l’activité vocale (les cris, les pleurs, etc.).

            + Tout ce qui concerne la capacité de prendre dans ses bras, l’étreinte du bébé dans les bras de sa mère.

            + Tout ce qui concerne le sourire.

            + Le regard, le contact visuel, et tout ce qui concerne le regard (capacité de suivre du regard, etc.).

    - Sur qui va porter cet attachement :

            + Il parait évident que la personne qui va s’occuper le plus souvent de l’enfant, a l’origine de l’ensemble de soins, c’est la personne envers qui le bébé va développer le comportement d’attachement, et c’est la mère du bébé. Il résulte d’un véritable apprentissage, ce n’est pas quelque chose de naturel en soi, et ne repose pas sur un mécanisme inné.

            + Peut aussi être un individu autre que la mère biologique du bébé.

            + Puisqu’il s’agit d’un comportement qui s’apprend, il peut se développer aussi envers d’autres individus (a la crèche, etc.).

   - La notion d’attachement va évoluer en fonction de l’évolution de l’individu. Il y a trois étapes du développement au cours de la première année de vie du bébé :

            + Phase d’orientation du bébé vers n’importe quelle figure humaine : se situe entre 0 et 3 mois. Capable d’interagir avec n’importe quelle personne de son environnement, et dans ses interactions, il remarque qu’il n’y a pas de différences marquées entre ces personnes : absence de partenaire préféré durant cette première étape.

            + Phase d’attachement focalisé : se situe entre 3 et 6-7 mois. Le bébé va commencer à montrer des réponses sociales et affectives privilégiées par rapport à l’adulte connu (celui qui s’occupe principalement de lui). L’enfant va répondre plus facilement aux sollicitations qui proviennent de cet adulte familier. Mais il ne réagit pas négativement aux autres individus : distinction entre les personnes familières et celles non.

            + Phase de consolidation du lien d’attachement : située entre le 7ème mois et le 18ème mois. Marquée par le fait que l’objet d’attachement est constitué. Les personnes ne sont plus interchangeables. Donc seul une ou deux personnes réussissent à calmer le bébé.

    - Une fois que le lien d’attachement est consolidé, il va y avoir l’apparition de nouveaux comportements. Ces comportements nouveaux vont être réservés aux personnes privilégiées :

            + Dans les moments de détresse, le bébé recherche la personne préférée.

            + On va pouvoir mettre en évidence que le bébé va pouvoir explorer un environnement nouveau qu’il ne connait pas de façon beaucoup plus sereine si la figure d’attachement est près de lui.

            + Il va réagir négativement lorsque la figure d’attachement va quitter la pièce dans laquelle il se trouve.

            + Inversement il va réagir positivement lorsque celle-ci va revenir.

    - Ce lien ne s’établit pas avec une personne unique, il n’est pas exclusif de tout autre lien, et de toute figure d’attachement possible. Les enfants sont tous attachés à une figure d’attachement (mère, père, frères et sœurs, personnes de la garderie, etc.).

    - La stabilité de ce lien d’attachement, permet un détachement, une autonomie de l’enfant la plus optimale possible.



17/05/2012
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 1519 autres membres