Cours de psychologie

Psychologie de la santé - résumé (L3 - S6)

Psychologie de la Santé

 

Prévention : éviter, limiter et anticiper. Prévention primaire (campagnes pour éviter), prévention secondaire (détection, dépistage), et prévention tertiaire (réhabilitation). 

Risque : possibilité de danger. Représentation du risque (identifier, comprendre), prise de risque (perception, acceptation), et perception du risque (jugement).

Hermand et al. (2003) identifient six grandes catégories de risques : risques courants et individuels ; transports urbains et vie domestique ; activités extérieures, englobant les sports ; soins médicaux, avec prise en charge ; déviances vers comportements sexuels à risque et addictions ; violence et risques environnementaux dus à la pollution globale.

La communication persuasive se base sur quatre questions : comment persuader? Comment conduire à un changement de comportement? Comment être efficace en matière de prévention? Comment conduire aux comportements « sécuritaires ».

Si l’optimisme comparatif devait être une entrave à la prévention, alors la source experte répondrait en partie aux attentes des promoteurs de la santé en diminuant l’optimisme comparatif conduisant à une augmentation du sentiment de risque pour soi et diminution du risque pour autrui.

 

Message persuasif a 4 composantes : source (crédibilité pour une influence majoritaire, expertise mais il ne faut pas la juger dangereuse, ton à mesurer, flexibilité, rigidité, humour, et attractivité pour se projeter vers la source), message préventif (message vivide qui attire l’attention, et un appel à la peur sans être trop terrifiant il faut qu’on puisse se dire « c’est grave, ça peut m’arriver » en terme de conséquences et « ça marche, je peux le faire » en terme de recommandations ; message peut être bilatéral ou unilatéral, avoir un cadrage positif ou négatif), cible (un message sera efficace lorsque la position défendue par la source n'est ni trop éloignée ni trop proche de celle de la cible ; pour que le message persuasif ait un impact significatif sur la cible, cette dernière doit se sentir vulnérable et/ou concernée par les informations véhiculée par le message), canal (la contrainte passe par la dissuasion, efficacité discutable ; l’information doit permettre un traitement central ; stigmatiser pour dénigrer une identité, efficacité variable ; appel à la peur pour éveiller la peur et induire un changement, mais la peur doit être contrôlée).

Pour optimiser l’impact persuasif : conception d’un message utilisant 3 dimensions (menace, efficacité, plan d’action), choix de la recommandation (prévention ou détection), utiliser une forte menace associée à un fort sentiment d’efficacité et surtout d’auto-efficacité lorsqu’il s’agit d’un comportement de prévention ou utiliser une faible ou une menace modérée associée à un fort sentiment d’efficacité lorsqu’il s’agit d’un comportement de détection, prendre un compte l’empreinte des comportements passés sur ceux à venir, et ne pas sous-estimer les interactions avec des variables individuelles et les effets de fausse attribution.

 

L'intention de changement de comportement n’est pas étrangère à une perception de l'avenir forte. Le rôle « défensif » de la perception de l'avenir n'est pas exclusivement déterminé par l’intensité de l’émotion négative portée par le message. Une perception de l'avenir forte est partiellement associée à une diminution de la vulnérabilité exprimée pour soi.

La répétition augmenterait la probabilité : qu’une personne soit exposée à un message, qu’elle lui accorde de l’attention, qu’elle le décode, c’est-à-dire qu’elle le comprenne, qu’elle s’en souvienne. Un message présenté 3 fois aboutit aux effets les plus persuasifs, mais au-delà, la répétition génère un effet de lassitude qui se traduit par une exposition sélective à l’information (évitement du message trop répété). Quel que soit le nombre de présentation, la source peu crédible n’est pas persuasive. Lorsque le message n’est délivré qu’une seule fois par la source crédible, il y a un effet persuasif immédiat mais qui ne perdure pas dans le temps. Lorsque le message est délivré 5 fois, il y a un effet persuasif à long terme.

L'optimisme et le pessimisme comparatif  sont des réponses adaptatives assimilables à des stratégies permettant de faire face à une situation anxiogène. Sachant qu'en situation menaçante (image vivide) une stratégie de type pessimisme comparatif sera mise en place alors que dans une situation faiblement menaçante (sans images vivides) l'optimisme comparatif rentre en jeu. Le pessimisme comparatif permet d'envisager le pire pour mieux se préparer alors que l'optimisme comparatif permet d'envisager le meilleur parce qu'ils se sentent prêts.

L’information chiffrée peut avoir des effets contraires à ceux souhaités. Si elle va dans le sens de la valeur de ce que pense la personne alors les effets sont plutôt positifs. Si les chiffres vont dans le sens inverse, les effets sont plutôt négatifs. L’information chiffrée, de manière générale, éloigne les sujets des informations émises. Les statistiques déshumanisent au sens où elles renvoient à la masse, au groupe, aux autres. Elles peuvent ainsi contribuer à la diminution du sentiment de vulnérabilité.

Le message doit avoir un fond et une forme. Il est caractérisé par sa construction et son contenu qui se composent : des émotions et des informations, du ton, de l’argumentation, de la répétition, du cadrage, de l’humour, de l’interdit et de l’appel à la peur. L'efficacité du message dépend de la combinaison de tous ces facteurs.

Le cadrage positif est plus persuasif dans le cadre de la prévention, alors qu'un cadrage négatif est préférable afin d’amener les gens à produire des comportements de détection.

La nature du traitement du message et sa qualité vont notamment dépendre de ces différents facteurs : proximité/éloignement de la position défendue, pertinence du contenu et implication de la cible, image de soi et estime de soi, sentiment de vulnérabilité, sentiment de contrôle.

Si le message est trop éloigné de la position de la cible, alors il y a un rejet de la part de cette dernière voire même un renforcement de l'attitude initiale. Si le message est trop proche, il y a alors assimilation de ce dernier par la cible qui va demeurer sur sa position initiale.

Les sujets à forte estime de soi résistent plus à un message persuasif que les sujets à faible estime de soi.

Une source fortement attractive n'a pas d'intérêts à être associée à des arguments très forts, ces derniers détournant l'attention de la cible de l'information qui est transmise. Et inversement, une source peu attractive associée à des arguments très faibles n'atteindra pas la cible. La communication est efficace si la source attractive est associée à des arguments faible et inversement.

Dans le cas de l'appel à la peur, c'est le message menaçant qui est employé. Il est composé d'une menace ainsi que de recommandations efficaces et accessibles par le sujet. Son but est d’éviter les stratégies défensives et d’obtenir des comportements de prévention. Dans le cas de la perception de l'avenir, on évite de générer de l’angoisse, qui pourrait être apportée par un message menaçant, afin d’éviter d’augmenter l’optimisme comparatif, ce dernier entravant la mise en place de comportements de prévention.

Il est important d'établir un pont entre la persuasion et l’engagement afin d’optimiser les campagnes d’informations et de sensibilisation. Pour augmenter les probabilités que l'individu produise un changement de comportement, il faut le conduire à poser un acte préparatoire. Il faut rendre l’individu acteur et l'exposer à une argumentation persuasive en accord avec l’acte préparatoire réalisé.

L'anxiété et le stress sont des facteurs qui augmentent le risque de continuer, voire d'augmenter, le comportement que l'on souhaite supprimer par le message préventif.

 

3 aspects non exclusifs de la perte de santé : desease (dimension biologique de la maladie), illness (expérience de la maladie), sickness (aspect social).

La psychologie de la santé à différents objectifs : prévention, diagnostic et prise en charge ; étude des facteurs psychologiques, sociaux, émotionnels et cognitifs ; développer des connaissances en étiologie et en protection de la santé, s'oriente vers la prévention.

Pour mettre en place des théories, on se base sur quatre pistes : promotion des comportements bénéfiques pour maintenir une bonne santé, modification des comportements « à risque » et prévention, mécanismes psychosociaux à l'œuvre à tous les niveaux, y compris à celui de l'impact des traitements et la prise en charge des patients, et étudier le comportement des malades, ce qu'ils pensent et gèrent en dehors du domaine médical.

Différents niveaux : individuel ou intra-individuel (impact sur soi-même), interindividuel et situationnel (impact de la maladie sur nos proches et sur notre environnement), positionnel (conséquences d'une maladie sur le domaine professionnel), idéologique (détermine les politiques de soin et de santé qui ont un impact sur le malade).

 

Principales causes de l'émotion et de l'humeur : le temps (moment de la semaine, de la journée), les rapports sociaux (la vie en société à tendance à améliorer l'humeur des personnes), le sommeil (la fatigue exacerbe les émotions négatives), l'exercice physique (contribue à l'amélioration de l'humeur), l'âge (en avançant avec l'âge, on éprouverait plus d'émotions positives et nos émotions négatives dureraient moins longtemps), le sexe (les femmes vivent leurs émotions plus intensément que les hommes, qu'elles soient positives ou négatives).

Les circuits du système nerveux central traitent l'information pertinente et sont responsables du sentiment subjectif d'une émotion. Les changements physiologiques accompagnent ce sentiment mais ne lui sont pas antérieurs.

D’après les théories cognitives sur les émotions, elles sont déclenchées sur la base d'une évaluation subjective directe et intuitive : détection de la pertinence de la situation, évaluation de l'implication, potentiel de maitrise, évaluation de la signification normative.

Les théories socioconstructivistes affirment que la majorité des comportements, des attitudes et des états de l'individu sont des constructions sociales et culturelles.

 

Approche neurophysiologique du stress : le stimulus est une variable de l'environnement physique et social. En revanche, la réponse est fonction de la résistance physique de l'individu et des caractéristiques du stimulus. Bien sûr, la résistance de l'individu peut varier, mais le défaut de ces conceptions est qu'on considère que le stimulus a des caractéristiques qui lui sont intrinsèques. On est donc dans une évaluation objective, ce qui n'est pas possible dans la mesure où l'approche du stimulus varie en fonction des sujets.

Approche psychologique du stress : la critique majeure de cette approche se situe au niveau de la négligence des variations interindividuelles. Les situations ne sont pas stressantes de la même manière pour tous. Les recherches produisent des données normatives.

Le modèle transactionnel se décompose en : évaluation du stress (détermine en grande partie la réaction. Jugements en 2 étapes : évaluation primaire positive ou négative durant laquelle l'individu va essayer de déterminer si l'événement mérite son attention ; évaluation secondaire qui est une estimation par l'individu de ses ressources et capacités de contrôle de la situation de stress), 3 composantes (blâme ou crédit attribuables à soi-même ou à un agent extérieur, potentiel d'adaptation pour faire face, qui varie en fonction de chacun, attentes pour le futur), et gestion du stress (comportement de faire face qui est actif et conscient).

Pour évaluer le stress : mesures objectives (mesures de l'activation du système nerveux, échelles générales des événements de vie majeurs, échelles spécifiques sur les tracas quotidiens et stresseurs chroniques) et mesures subjectives (échelles générales et échelles spécifiques).

Pourquoi gérer le stress ? Il est dans la nature humaine de rechercher le bonheur donc de diminuer les émotions négatives et le stress ressenti. On régule pour modifier notre image auprès des autres, c'est pour des besoins sociaux. Par conséquent, il y a l'aspect conscient et intentionnel qui rentre en compte. Des formes de régulation automatique servent au maintien de l'équilibre biologique et psychologique de l'organisme. Il existerait une expression sociale des émotions, il faut maintenir les émotions à un niveau acceptable en fonction de la situation.

 

Il y a un lien entre stress et maladies : le stress provoque des maladies quand il y a une interaction prolongée entre facteurs physiologiques, comportementaux et psychologiques ; la maladie est en soi un facteur de stress, non seulement pas ses complication mais aussi parce qu'elle rompt le cours habituel de la vie de la personne.

Si l'événement stressant est mal géré, on est vulnérable à la maladie.

6 traitements positifs de l'être : sagesse et connaissance (acquisition et utilisation), courage (volonté pour attendre des buts), humanité (se soucier des autres), justice (forces civiques de la vie communautaire), tempérance/modération (forces qui protègent contre les excès), transcendance (lien avec l’univers, sens à la vie individuelle).

Quelques compétences qui font de nous des individus heureux : estime de soi, optimisme, sentiment de sécurité, croyances solides, autonomie, sens de l’humour.



21/05/2014
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