Cours de psychologie

Psychologie de la santé (L3 - S6) (suite)

II. Santé et maladie.

 

 

Conceptions de la santé et de la maladie : passage obligatoire du biologique au psychologique :

 

La maladie serait un vécu comme un autre. Nous faisons avec mais nous avons tendance à la poser comme dysfonctionnement et la médecine nous a enseigné à aller chercher de l'aide. Ainsi nous avons pris l'habitude de mettre dans les mains des médecins quelque chose qui nous est propre : notre corps. Cela signe une sorte de déresponsabilisation de la part des personnes malades. Les médecins ont un statut à part des autres hommes, et ce depuis la création de la médecine aux temps d’Hippocrate.

 

Dans le sens médical, la maladie est une altération organique ou fonctionnelle que l'on considère dans son évolution.

Selon le Nouveau Larousse médical, la maladie est une « altération de la santé comportant un ensemble de caractères définis : une cause, des signes et des symptômes, une évolution des modalités thérapeutiques et un pronostic ».

 

Dans la conception biomédicale du 19ème siècle, on retrouve différents points :

- La maladie peut avoir différentes origines :

+ Externe : conséquences d'agents pathogènes, le corps est agressé par des agents extérieurs au corps.

+ Interne : il y a quelque part, du fait d'un organe ou d'une fonction, un déséquilibre biochimique, un changement dans notre organisme.

- Dans tous les cas, que la maladie soit externe ou interne, il n'y a pas de provocation. C'est pour cela que le malade peut/doit être considéré comme une victime dans la mesure où il est passif dans le déclenchement de la maladie. Par conséquent, en tant que victime, il va chercher quelqu'un pour le soigner.

- Quand on est malade, il parait logique de se soigner. Il s'agit de thérapies classiques pour le processus de guérison. Ce dernier est possible par la consultation et les conseils d'un médecin.

- Il y a une différence qualitative dans le domaine biomédical : on est soit malade soit en bonne santé, on n'est pas un peu l'un et un peu l'autre, il n'y a pas de continuité. Quand on consulte, ce qui est verbalisé c'est la maladie et non les aspects positifs qui restent.

- D'un point de vue médical, ce à quoi le médecin a à faire c'est le corps puisque c'est là que la maladie est localisée. L'esprit n'intervient pas puisque le patient est passif, l'esprit est inerte/absent dans la maladie. Il y a donc une distinction entre corps et esprit. Cependant, les médecins reconnaissent les maladies mentales comme des troubles à part.

- Ce que le corps médical reconnait c'est que la souffrance d'un malade peut être importante. Il est donc logique de penser que la maladie a des conséquences psychologiques. Mais en vertu du point précédent, si le corps et l'esprit sont séparés, la maladie n'a pas de causes psychiques.

 

Le concept biomédical permet d'avoir un regard objectif sur la maladie. Il est encore en vigueur de nos jours, avec en plus la possibilité donnée à chaque médecin de s'y tenir plus ou moins. Cette conception reste encore le schéma explicatif majeur utilisé par la population et ce que la population vit et ressent nous intéresse particulièrement.

 

Cette conception nous convient dans la mesure où les campagnes de prévention marchent, mais…

 

Le premier mouvement s'est discerné dans une nouvelle façon de poser les choses.

 

Il y a trois aspects non exclusifs de la perte de santé (Eisenberg, 1977) :

- Desease : dimensions biologiques de la maladie, l'organisme est modifié par une pathologie déterminée et qui affecte une personne.

- Illness : la personne fait l'expérience de la maladie. La maladie est un état et ne représente pas uniquement un changement physiologique.

- Sickness : aspect social du cheminement de l'individu malade.

 

Ces aspects ne s'opposent pas au biomédical, mais on parle à présent de psychosomatique. Ce terme, à son apparition, définissait le malade imaginaire. Cette médecine soutient le fait qu'il y ait un lien entre le corps et l'esprit. A partir des travaux de Freud on a commencé à admettre que les maladies peuvent traduire une souffrance psychique ou psychologique. On passe donc du malade imaginaire à la vraie souffrance : substance des départements douleur qui soignent toutes les douleurs avec des causes non reconnues.

A partir de là, il a été accepté le fait qu'il est possible de conditionner ou de reconditionner le corps et l'esprit par rapport à la maladie. Tout n'est pas aussi figé que le montre le concept biomédical.

 

Vers la psychologie de la santé :

 

Selon Matarazzo (1980), la psychologie de la santé correspond à la synthèse des contributions éducatives, scientifiques et pratiques pour la promotion et le maintien de la santé, la prévention et le traitement de la maladie.

 

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L'origine de la maladie serait issue de la combinaison de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux. Le malade est en partie un acteur responsable de sa santé et de sa maladie. Il n'est donc pas totalement passif ou victime. Pour le soigner il faudra prendre en compte sa personne sur un mode global. Il faut aussi tenir compte de la façon dont le patient utilise les soins qui lui sont prescrits. On s'intéresse à la conception qu'il a de sa maladie. Le malade joue un rôle, il participe au processus de soins.

Il faut impérativement que le malade participe à sa guérison, autant que faire se peut.

Ce qui change aussi c'est l'aspect quantitatif. On est plus totalement malade ou totalement sain, ces deux aspects sont placés sur un même continuum. De plus, l'interaction corps-esprit est enfin considérée comme pouvant jouer un rôle dans la maladie. Il y a un cerveau qui contribue à la guérison.

 

Quatre ans plus tard, Matarazzo redéfinit la psychologie de la santé comme une application de l'ensemble des savoirs fondamentaux de la psychologie à la compréhension de la santé et de la maladie, ainsi qu'à la prévention et au traitement des maladies et des dysfonctionnements associés.

Selon Sarafino, cette discipline consiste en l'étude des facteurs et des processus psychologiques qui jouent un rôle dans l'apparition des maladies. Ces processus peuvent accélérer ou ralentir l'évolution des maladies.

 

Psychologie de la santé : discipline d'intégration :

 

Diverses sous-disciplines de la psychologie de la santé se sont créées, chacune ayant une spécificité qui lui est propre.

 

Voici quelques exemples :

- La psycho-neuro-immunologie : l'état psychologique d'un sujet peut avoir une influence sur son système immunitaire via le système nerveux. C'est une « maxi »-hypothèse qui a été émise sur le fait que les événements de la vie, l'humeur, etc. ont un impact sur le fonctionnement du système immunitaire.

- La psycho-oncologie : facteurs psychologiques opérant dans le développement et l'évolution des cancers. Il s'agira de tout explorer au niveau de l'interaction psychique-social.

- La psychologie médicale : connaissances destinées aux médecins. Il s'agit de rendre accessible, dans le vocabulaire et les connaissances de la maladie qui sont les leurs, les concepts psychologiques. On propose une lecture de la maladie au travers de concepts qui ont un impact concret et pratique.

- La psychosomatique : relation entre psychisme et corps.

- La psychologie clinique et pathologique : c'est la plus reconnue dans le domaine médical, concerne la santé mentale et les troubles pathologiques.

 

La psychologie de la santé à différents objectifs :

- Prévention, diagnostic et prise en charge.

- Etude des facteurs psychologiques, sociaux, émotionnels et cognitifs.

- Développer des connaissances en étiologie (étude des causes de la maladie) et en protection de la santé, s'oriente vers la prévention.

 

On utilise toutes les théories s'avérant utiles et fonctionnelles.

Pour mettre en place ces théories, on se base sur quatre pistes :

- Promotion des comportements bénéfiques pour maintenir une bonne santé.

- Modification des comportements « à risque » et prévention.

- Mécanismes psychosociaux à l'œuvre à tous les niveaux, y compris à celui de l'impact des traitements et la prise en charge des patients.

- Etudier le comportement des malades, ce qu'ils pensent et gèrent en dehors du domaine médical.

 

Le modèle bio-psycho-social se définit comme utilisant les approches quantitatives et qualitatives. Cependant, les méthodes employées correspondent plus à des outils quantitatifs que qualitatifs. Ces derniers sont principalement employés dans le cadre de la psychologie clinique, employant des techniques de verbalisation, d'observation des personnes, des méthodes biographiques et des études de cas. La psychologie sociale de la santé préfère employer des méthodes plus objectives, telles que l'expérimentation, les questionnaires et les protocoles individuels.

 

Psychologie sociale et santé :

 

Différents niveaux :

- Individuel ou intra-individuel : impact sur soi-même.

- Inter-individuel et situationnel : impact de la maladie sur nos proches et sur notre environnement.

- Positionnel : conséquences d'une maladie sur le domaine professionnel.

- Idéologique : détermine les politiques de soin et de santé qui ont un impact sur le malade.

 

La problématique de la santé concerne principalement le social, comme milieu, mais surtout comme système d'interprétation générale du monde. Il y a une dimension symbolique de la connaissance. Ce qui nous intéresse c'est comment le patient va intégrer les connaissances qu'il a sur la maladie dans son parcours vers la santé.

Les personnes, et non les malades, sont insérés dans des contextes spatio-temporels. Il y a donc une étude de la pensée quotidienne dans sa logique et sa cohérence propre.

 

1. Emotions et vie quotidienne :

 

a. Les émotions :

 

Définition et rôle des émotions :

 

Les émotions sont des sentiments intenses dirigés vers quelqu'un ou quelque chose. La genèse d'une émotion se passe dans le système limbique de notre cerveau. Dans le cas d'une émotion positive, ce système est inactif, et inversement pour les émotions négatives. C'est une fenêtre qui nous permet d'interpréter l'effet des émotions sur notre corps. Tout le monde ne réagit pas de la même façon à un stimulus émotionnel.

Les recherches récentes montrent que les émotions sont nécessaires pour la pensée rationnelle. Cela est du au fait que ces émotions nous apportent des informations qui nous permettent de mieux comprendre et de s'ajuster à notre environnement.

 

L'humeur est un sentiment moins intense que l'émotion et sans cause contextuelle, objective ou décelable. Elle est plus globale que l'émotion et se base sur deux dimensions générales : affects positifs et affects négatifs. Globalement, au repos, on n'est pas d'humeur neutre mais d'humeur légèrement positive.

 

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Principales causes de l'émotion et de l'humeur :

- Le temps : moment de la semaine, de la journée.

- Les rapports sociaux : la vie en société à tendance à améliorer l'humeur des personnes.

- Le sommeil : la fatigue exacerbe les émotions négatives.

- L'exercice physique : contribue à l'amélioration de l'humeur.

- L'âge : en avançant avec l'âge, on éprouverait plus d'émotions positives et nos émotions négatives dureraient moins longtemps.

- Le sexe : les femmes vivent leurs émotions plus intensément que les hommes, qu'elles soient positives ou négatives.

 

Frijda, en 1986, définit l'épisode émotionnel. Il s'agit du vécu de l'émotion.

Il y a plusieurs étapes :

- Evaluation de la présence d'un stimulus qui déclenche une émotion.

- Un sentiment va émerger, positif ou négatif, qui s'assorti très vite de réactions motrices et physiologiques. Au même moment se produisent des réactions endocriniennes.

- A partir de là, tout est mis en place pour produire une réponse.

 

Le stimulus qui induit une réponse émotionnelle doit nous apparaître pertinent, il doit être important dans le sens digne de notre attention. Cela va produire un ressenti et une évaluation cognitive. Ces derniers vont créer un état de préparation à l'action ou à la réaction. Il y a une idée de maitrise, surtout dans le cas d'une émotion négative. Par conséquent, quand on est dans un épisode émotionnel, on fait une expérience subjective d'un état mental différent des états mentaux habituels.

 

L'émotion est donc un système de réponses couvrant les sphères des réactions physiologiques, comportementales et expressives ainsi que cognitives et expérientielles.

 

Débat et théories :

 

Est-ce que les émotions sont propres à l'être humain ? Ou, au contraire, est-ce que l'émotion est une fonction expressive liée aux cultures humaines ?

 

Il a été démontré que les grands primates ont aussi des émotions de base. On retrouve : joie, peur, tristesse, colère et dégout. Toutes les autres émotions sont des composites de ces cinq émotions. Ces dernières sont des émotions brutes, les autres sont des combinaisons.

 

En 1884, James, et un an plus tard, Lange, vont produire une théorie sur les émotions. Ils vont définir le processus émotionnel. Ils le définissent comme un moment dans lequel il y a des changements corporels qui vont suivre la perception du stimulus. A la suite de la perception de ce dernier, il y a donc une réponse corporelle, une sensation de ces changements périphériques et enfin ressenti de l'émotion. L'expérience de ces changements corporels est des réponses adaptatives : une fois que l'émotion est identifiée le sujet va produire des comportements.

 

Cannon, en 1927, affirme que les circuits du système nerveux central traitent l'information pertinente et sont responsables du sentiment subjectif d'une émotion. Les changements physiologiques accompagnent ce sentiment mais ne lui sont pas antérieurs.

 

En 1966, grâce à Lazarus, apparaissent les théories cognitives sur les émotions. Ces dernières sont déclenchées sur la base d'une évaluation subjective directe et intuitive.

Elle se fait sur la base de :

- Détection de la pertinence de la situation.

- Evaluation de l'implication.

- Potentiel de maitrise.

- Evaluation de la signification normative.

 

Les théories socio-constructivistes, et d'après Gergen (1985), affirment que la majorité des comportements, des attitudes et des états de l'individu sont des constructions sociales et culturelles.

 

Aujourd'hui on parle de phénomène adaptatif multi-componentiel : réaction expressive, physiologique, tendance à l'action et réaction comportementales, ainsi qu'évaluation cognitive et expérience subjective.

 

Confrontation aux événements (émotion et personnalité) :

 

Un portrait ce n'est pas la réalité, il y ressemble mais c'est quelque chose de plus global.

 

Costa et McCrae définissent le modèle du Big Five :

- Névrosisme : anxiété, hostilité, colère, dépression, timidité sociale, impulsivité et vulnérabilité.

- Extraversion : chaleur, grégarité, assertivité, recherche de sensation et émotions positives.

- Ouverture aux expériences : rêveries, esthétique, sentiments, actions, idées et valeurs.

- Caractère agréable : confiance, droiture, altruisme, compliance, modestie et sensibilité.

- Caractère consciencieux : compétence, ordre, sens du devoir, réussite, autodiscipline et délibération.

 

b. Le stress, un cas particulier d'émotions :

 

Il y a une approche psycho-physiologique, plutôt neuro-physiologique, du stress. On ne prend en considération que le bien-être physiologique de l'organisme. Cette approche est valide jusqu'à dans les années 1960 puisqu'on cherchait à avoir des mesures objectives, des choses quantifiables. On peut aussi considérer qu'il y a un besoin instinctif de gérer le stress. Souvent, le stress est considéré comme un « réflexe », et qui devient pathologique lorsque l'organisme ne peut pas le gérer.

 

Cannon est le premier à parler de stress physiologique en 1914. Selon lui, le stress est une réaction physiologique liée aux émotions. En 1915, il commence à envisager la possibilité d'une régulation du stress. C'est à dire que l'organisme réagit, se bat, ou fuit le stress. On parle de modèle « fight or fly ».

En 1932, Cannon définit l'homéostasie comme un équilibre nécessaire pour retrouver un état d'apaisement physiologique après une émotion forte.

 

La véritable référence par rapport au stress physiologique c'est Seyle. En 1926, il définit le stress comme une réponse non spécifique produite par le corps. Cela signifie que l'organisme va toujours réagir de la même manière, quelque soit le stimulus. Il a considéré que l'organisme avait besoin du stress : il existerait selon lui un niveau de stress positif. Le stress devient négatif quand il est présent en trop grandes quantités dans l'organisme.

 

Lazarus est celui qui a commencé à faire basculer de l'automatisme inconscient du coté de la conscience. En 1966, le stress devient une influence des évaluations cognitives sur les réactions corporelles. En 1991, Lazarus va proposer une théorie cognitive et motivationnelle du stress avec l'idée qu'il y a une possibilité d'évaluation cognitive du stress.

 

Différentes conceptions du stress :

 

Approche neurophysiologique :

 

En 1926, Seyle identifie le Syndrome Général d'Adaptation (SGA) comme un effort de l'organisme pour gérer la maladie ou pour gérer le stress. Ce syndrome apparait lorsqu'un stimulus aversif entraine une maladie et l'organisme va toujours réagir de la même façon pour lutter contre le stress engendré.

Il va décrire trois étapes à ce syndrome :        

- Alarme : peut être considérée comme un stimulus ou une réponse. C'est une réaction face à une situation extérieure à laquelle l'organisme n'est pas habitué/adapté. L'organisme va essayer de mobiliser toutes ses ressources pour résoudre le problème.

- Résistance : il va de soi que, puisque nos ressources sont limités, on sera plus vulnérable sur un autre plan. Cet état d'alerte doit donc être bref. Il y a une phase pendant laquelle l'organisme résiste aux stimuli aversifs.

- Epuisement : si la réaction dure trop longtemps, il y a épuisement des ressources. L'organisme ne peut plus résister, et cela peut conduire à la mort.

 

Ce qui évolue chez Seyle c'est sa conception du stress :

- Au départ, le stress est un stimulus.

- En 1950, le stress évolue en réponse de l'organisme et le stimulus devient un stresseur.

- Un an plus tard, le stress devient définitivement le stimulus associé à la réponse.

 

Le stimulus est une variable de l'environnement physique et social. En revanche, la réponse est fonction de la résistance physique de l'individu et des caractéristiques du stimulus. Bien sûr, la résistance de l'individu peut varier, mais le défaut de ces conceptions est qu'on considère que le stimulus a des caractéristiques qui lui sont intrinsèques. On est donc dans une évaluation objective, ce qui n'est pas possible dans la mesure où l'approche du stimulus varie en fonction des sujets.

 

Approche psychologique :

 

Pour le stress en tant que stimulus, on a beaucoup discuté sur le type de stimulus stressant. Il a été conclu que les événements de vie majeurs et les tracas quotidiens peuvent être source de stress. Ces tracas du quotidien ont un impact plus fort que les événements majeurs sur la santé et sur l'humeur des sujets.

La critique majeure de cette approche se situe au niveau de la négligence des variations inter-individuelles. Les situations ne sont pas stressantes de la même manière pour tous. Les recherches produisent des données normatives.

 

Lazarus et Folkman (1984) définissent le stress comme la résultante d'une « transaction entre la personne et l'environnement dans laquelle la situation est évaluée par l'individu comme débordant ses ressources et pouvant mettre en danger son bien-être ». Le stress met en danger les ressources que l'individu croit avoir. On bascule ici de la conception objective à la conception subjective du stress.

 

L'individu interprète les situations et estime ses capacités à y faire face. Il s'agit là du point central de cette approche, il reste à identifier les outils utilisés par les sujets pour identifier, interpréter et résoudre ces situations.

L'épisode de stress est donc une menace, ou une perception de menace, à partir de laquelle va s'activer un processus d'adaptation. Lazarus va interposer une évaluation consciente entre la présentation du stimulus et la réponse fournie à une situation de stress.

 

L'approche évolue au fil du temps :

- Arnold (1960) : la signification d'un événement produisant une émotion s'établit par un processus d'évaluation (appraisal).

- Lazarus (1966) : complète la définition d'Arnold en ajourant qu'il y a une réévaluation constante du stimulus. C'est un processus dynamique de considération et de reconsidération du stress, autant de fois qu'il est nécessaire. On parle d'appraisal et de reappraisal.

- Lazarus et Folkman (1984) : aboutissent au modèle transactionnel. Pour y aboutir, Lazarus et Folkman ont décomposé les choses en plusieurs étapes.

 

Le modèle transactionnel se décompose en :

- L'évaluation du stress : détermine en grande partie la réaction. Dans cette évaluation il y a des jugements. Ces derniers vont suivre un parcours de deux étapes.

+ Evaluation primaire durant laquelle l'individu va essayer de déterminer si l'événement mérite son attention. Cette évaluation peut être positive ou négative, en facilitant ou en compliquant l'atteinte d'un objectif. Il y a aussi un caractère facilitateur ou obstructif de l'événement par rapport aux buts ou à la satisfaction d'un besoin.

+ Evaluation secondaire qui est une estimation par l'individu de ses ressources et capacités de contrôle de la situation de stress.

- Trois composantes :

+ Blâme ou crédit attribuables à soi-même ou à un agent extérieur. Quand c'est positif, on a tendance à s'attribuer un crédit, et inversement dans le cas où c'est négatif.

+ Potentiel d'adaptation pour faire face, qui varie en fonction de chacun.

+ Attentes pour le futur.

- La gestion du stress :

+ Comportement de faire face qui est actif et conscient.

+ Lazarus, Kanner et Folkman (1980) qualifient la gestion du stress comme un « ensemble d'efforts cognitifs et comportementaux destinés à maitriser, réduire ou tolérer les exigences internes ou externes qui menacent ou dépassent les ressources d'un individu ».

 

Les outils de mesure du stress :

 

Mesures objectives :

- Mesures de l'activation du système nerveux :

+ Ces mesures sont recueillies à l'aide d'appareils médicaux. Elles servent, quand on peut les recueillir pour compléter, mais on ne s'en sert jamais seules.

- Echelles générales des événements de vie majeurs :

+ Il s'agissait de faire comprendre aux spécialistes médicaux que le stress pouvait dépendre de ce qui se passe dans la vie des patients. Ces mesures sont quantitatives avec pour idée une passation facile et rapide. Il fallait aussi qu'elles produisent des données chiffrées immédiatement accessibles. Pour mettre en place ces échelles, il a été considéré, d'une manière ou d'une autre, qu'il y a des événements négatifs qui font rupture dans le quotidien dans la vie d'une personne. Ces événements vont rompre le cours habituel de la vie d'une personne et cette dernière va devoir les gérer.

+ Les échelles générales proposent toujours des événements classés selon leur degré de gravité. Il y a donc des événements de la vie quotidienne moins graves que d'autres. Elles sont composées d'une liste de 43 événements. Le sujet doit cocher ceux qui lui sont arrivés sur une période antérieure déterminée (entre 6 et 24 mois).

+ L'étude a été menée sur des personnes avec différents degrés de stress au quotidien. Ces personnes ont été suivies pendant 10 ans. Il en a résulté que les personnes avec un stress fort au quotidien, 79% ont développé une maladie grave alors que pour les personnes avec un stress faible on tombe à 37%.

- Echelles spécifiques sur les tracas quotidiens et stresseurs chroniques :

+ Cette échelle a été mise en place par Kanner, Coyne, Schaefer et Lazarus en 1981. Il a été démontré que l'ensemble des tracas du quotidien ont un effet plus néfaste que des événements majeurs de la vie.

+ L'échelle est composée de 117 éléments regroupés sous huit catégories. Il s'agit de soucis quotidiens plus ou moins bénins/sérieux. Pour chacun on demande combien de fois le mois précédents ces événement se sont produits et quelle est le niveau de gravité subjective attribué à chacun (peu, assez ou très grave).

+ Pearlin et Lieberman, en 1979, ont mis en place une échelle pour mesurer les tensions liées aux rôles sociaux. Elle mesure les rôles habituellement source de stress et considérés comme des stresseurs chroniques. Ce qui est évalué c'est les tensions associées à chacun de ces rôles.

 

Mesures subjectives : échelles générales et échelles spécifiques.

 

La gestion du stress :

 

Trois catégories de situations stressantes :

- Catégorie qui s'inscrit en creux, la personne a subi un préjudice, une perte ou un dommage. L'inconvénient est que les chercheurs qui travaillent là-dessus s'attendent à observer des émotions particulières, comme la tristesse, la colère, la déception, etc. Cependant perdre un conjoint ou perdre au loto ce n'est pas la même chose. Une autre émotion attendue est la culpabilité.

- La menace, la personne est dans une attente d'un événement négatif. Il semblerait que ce soit moins stressant puisqu'à partir du moment où on anticipe on commence à établir une stratégie pour éviter cette menace.

- Le défi, qui peut être abordé positivement ou négativement. Les émotions dépendent de la façon dont on aborde cette épreuve. Normalement, le défi, puisqu'on a la possibilité de penser aux couts et aux bénéfices, est considéré comme générant plus des émotions positives.

 

Pourquoi gérer/réguler ?

 

Les hypothèses sont les suivantes :

- Il est dans la nature humaine de rechercher le bonheur donc de diminuer les émotions négatives et le stress ressenti.

- On régule pour modifier notre image auprès des autres, c'est pour des besoins sociaux (Fisher et al., 2004). Par conséquent, il y a l'aspect conscient et intentionnel qui rentre en compte.

- Des formes de régulation automatique servent au maintien de l'équilibre biologique et psychologique de l'organisme.

- Il existerait une expression sociale des émotions, il faut maintenir les émotions à un niveau acceptable en fonction de la situation.

 

A partir de ces hypothèses on s'est demandé s'il n'y aurait pas des paramètres qui nous permettraient de mieux gérer nos émotions. Un des médiateurs intéressants c'est l'humeur. Un autre paramètre est l'optimisme et on retrouve aussi des théories liées, d'une manière ou d'une autre, à un contrôle de soi possible.

Bandura parlait d'auto-efficacité, ce qui correspond à la confiance qu'on a de nos capacités à mobiliser les ressources nécessaires pour accomplir une action désirée ou maitriser des situations. Ce qui nous intéresse c'est la partie de maitrise des émotions pour pouvoir gérer une situation. Cela empêche quelque chose qui est quasi-instantané lorsqu'on éprouve un stress assez long : il y a un affaiblissement de nos défenses immunitaires. Si on croit en l'auto-efficacité, on n'observe pas ce changement.

L'endurance psychologie ou Hardiness, selon Kobasa et al. (1982), reflète des sentiments personnels de contrôle, un désir d'accepter les challenges et l'engagement.

Karasek et Theorell, en 1990, mettent aussi en évidence l'importance accordée à la maitrise et au contrôle du stress.

 

Comment gérer/réguler ?

 

Il faut différencier :

- Régulation :

+ Il s'agit d'actes non conscients et processus conscients. Elle a lieu tout au long du processus émotionnel. Elle relève des rapports sociaux et des normes prescrites. De plus, elle peut avoir une issue positive ou négative. Les émotions et leur régulation provoquent un ensemble coordonné de réponses physiologiques, expressives et comportementales, selon Scherer (1995).

+ Gross, d'abord 1999 puis en 2007, établi un modèle du processus de régulation. Il y a une différenciation entre deux dimensions : l'une centrée sur les antécédents de l’émotion, permettant l'évitement des éléments désagréables, et l'autre centrée sur les réponses émotionnelles, soit par rumination mentale (positive) soit par répression (négative).

- Adaptation :

+ Il s'agit de la diversité des niveaux (neurophysiologiques, comportementaux, psychologiques et émotionnels) de réactions aux modifications de l’environnement ou aux changements de l’organisme (Lazarus et Folkman, 1984).

- Coping :

+ Il recouvre les efforts de régulation conscients changeant et adaptés à un problème donné (seulement du négatif).

+ Le coping est relié à deux domaines de recherche :

. Expérimentale sur le comportement animal : par l'adaptation avec pour but la survie. Cette dimension prend en compte un aspect instinctif et des adaptations comportementales.

. Psychanalytique : par la régulation des conflits intrapsychiques, échappant en grande partie à la personne.

+ Ce sont des processus, parfois très concrets, que le sujet va placer comme barrière entre lui et un stimulus stressant ou menaçant. L'objectif est de, si possible, maitriser, et si pas possible tolérer et éventuellement diminuer l'impact de cet événement perçu comme menaçant. C'est à partir de là qu'on voit apparaitre la notion de bien-être physique ou psychologique (Lazarus et Launier, 1978).

+ Il y a deux types d'approches du coping :

. Approche différentielle : il y a pour un certain nombre d'individus des caractéristiques stables qui vont le prédisposer à certain types de stratégies. On va avoir des préférences personnelles, interindividuelles, pour diverses stratégies. Cela s'explique par des traits de personnalités spécifiques à chacun et prédisposant à certains choix de stratégies, ainsi qu'a l'existence de différents types de coping.

. Approche situationnelle : liée au modèle transactionnel du stress. Elle rapproche deux domaines jamais envisagés conjointement jusqu'alors : le stress et le coping. L'approche situationnelle propose trois stratégies de coping centrées sur :

- L'émotion : l'individu se focalise sur son ressenti, ce sont des stratégies de replis ou de coping passif puisqu'il peut très bien ne pas être détecté ou détectable. Cette stratégie permet de ne pas se focaliser sur la source de stress par le repli sur soi. Pour gérer cette émotion (stress), certains sujets vont mettre en place des comportements et des activités de substitution. Cela permet de décentrer l'attention du stress et donc de mieux le gérer. C'est une stratégie efficace à court terme. Si le stress continue, cette stratégie ne marche plus. De manière générale, soit on fait comme le stresseur n'existait pas, soit on attend qu'il disparaisse. Certaines stratégies peuvent induire une réévaluation positive des stresseurs : il s'agit là d'une modification du sens que l'on donne à l'événement ou au stresseur.

- Le problème : elle est visible extérieurement puisqu'il s'agit d'affronter l'événement ou le stresseur. C'est donc une stratégie tournée vers le comportement ou la cognition, et non vers les émotions. C'est pour cette raison qu'on a tendance à le considérer comme un coping actif. Là, il s'agit de modifier soit le stresseur lui même, soit la relation qu'on entretien avec lui. Sur le plan cognitif, on va mettre en place des stratégies et des plans pour agir, ou on va agir spontanément. L'idée étant toujours de transformer la situation que l'on est entrain de vivre. On peut aussi tenter d'anticiper un événement.

- La recherche du soutien social.

+ Chacune de ces stratégies sont liées aux préférences individuelles.

+ Le choix de ces stratégies dépend de facteurs :

. Socio-biographiques : le type de stratégie mise en place va dépendre du niveau socio-économique de chaque individu.

. Age : tendance avec l'âge pour abouti d'une stratégie de lien social chez les jeunes à une stratégie centrée sur les émotions chez les seniors.

. Genre : les femmes ont plus tendance à se tourner vers un lien social que les hommes.

. Personnalité.

+ Le vrai problème du coping c'est son efficacité. L'efficacité du coping correspond à une stratégie qui marche. Mais pour juger cette efficacité on utilise une multitude de facteurs, parmi lesquels on retrouve : les réactions physiologiques et biochimiques, réduction de la détresse psychologique, comportement de la personne, reprise des activités habituelles, bienêtre et celui de l'entourage du sujet, retour sur l'efficacité de la stratégie mise en place, etc.

+ On ne peut pas dire qu'une stratégie est plus efficace que l'autre. Leur efficacité est subjective et de plus nous n'avons pas tous les outils nécessaires pour évaluer l'efficacité de la stratégie.

+ Pas d'efficacité à 100%, mais :

. En ce qui concerne l'adaptabilité des stratégies varie en fonction de la situation et de la personne.

. Certaines personnes considèrent qu'il vaut mieux faire quelque chose plutôt que rien faire.

. L'efficacité est fonction des ressources et du contexte.

. L'efficacité est différente pour la santé physique et l'état émotionnel.

 

Selon Rivolier (1992), les émotions et notamment le stress, ont un lien avec :

- Etats physiologiques voisins.

- Le stress aigu est considéré comme une émotion.

- Le stress en général comprend des éléments plus diffus est plus vastes que les émotions.

 

Il y a un lien entre stress et maladies :

- Le stress provoque des maladies quand il y a une interaction prolongée entre facteurs physiologiques, comportementaux et psychologiques.

- La maladie est en soi un facteur de stress, non seulement pas ses complication mais aussi parce qu'elle rompt le cours habituel de la vie de la personne.

 

2. Santé, maladie et vie quotidienne :

 

a. Les événements de la vie :

 

Les événements de la vie des événements qui signalent une rupture dans le vie de la personne. Il s'agit d'événements graves du point de vue de la personne.

 

Différentes études ont été menées sur :

- Le lien entre événements et santé : il y a une recherche des liens causaux entre ces deux points. Les recherches ont abouti à un échec.

- L'étude des réactions différentielles des personnes (Brown et Harris, 1989 ; Stroede, 1982 ; Rosnet, 2002) : il y a un effet du stresseur sur la santé que si la personne concernée n'arrive pas à gérer le stress qui y est associé. Cependant, on constate des effets qu'on ne peut pas forcément justifier.

Donc, si l'événement stressant est mal géré, on est vulnérable à la maladie. Certaines caractéristiques environnementales sont fragilisantes, puisqu'elles sont nuisantes.

 

b. Qualité de vie et bien-être :

 

Fallowfield (1990) définit quatre dimensions de la qualité de vie :

- Psychologique : comporte les affects positifs et négatifs.

- Sociale : relation et activités sociale, avoir quelque chose à partager avec d'autres.

- Occupationnelle : il s'agit là de l'environnement du travail et du job en soi.

- Physique : regroupe la santé physique et les capacités fonctionnelles, comme la mobilité.

 

Plus tard, sous l'impulsion de la psychologie de l'environnement, on a ajouté le cadre de vie : reste la relation que la personne entretien avec son environnement concret, physique.

 

Selon l'OMS, la qualité de vie c'est « la perception qu'à un individu de sa place dans l'existence, dans le contexte de la culture et du système de valeurs dans lesquels il vit en relation avec ses objectifs, ses attentes, ses normes et ses inquiétudes ».

 

c. Partage social des émotions :

 

Le bien-être subjectif (Diener, 1984) est défini comme une expérience fréquente d’affects positifs, avec un faible degré d’affects négatifs, sentiment élevé de satisfaction. Le bien-être psychologique quant à lui est correspond à l'acceptation de soi, autonomie, etc. On considère qu’il a un impact sur la santé mais rien n’est certifié.

 

L’absence prolongée de contact avec l’autre peut aller jusqu’au mal être. La solitude va très mal à l’être humain.

La communication à autrui de ses expériences émotionnelles permet :

- La ré-évocation des émotions personnelles : socialement dirigée, il s'agit d'un effort d’articulation spatio-temporelle du vécu en propension à la répétition. Elle sert à revivre l’expérience émotionnelle et elle a des effets bénéfiques sur la santé.

- Les réactions de l’auditeur : être exposé aux émotions d’autrui augmente l’activation physiologique, induit un état émotionnel subjectif (par exemple augmente fortement l’anxiété), déclenche des propos et attitudes automatique, produit parfois un sentiment d’épuisement émotionnel (burnout).

- L'affiliation ou l'isolement : fonction des émotions suscitées, fonction des attentes vis-à-vis d’autrui. Il existe des événements émotionnels socialement approuvés ou désapprouvés.

 

d. Le bonheur :

 

La définition du bonheur se rapproche de la définition que l'on a du bien-être psychologique.

Il y a deux composantes au bonheur :

- Emotionnelle : présence d’affect positif et pas d’affect négatif.

- Cognitive : satisfaction globale et spécifique.

 

Le bonheur est donc une disposition personnelle assez stable qui consiste à éprouver souvent des états émotionnels agréables, à être satisfait de sa vie et à éprouver rarement des affects négatifs.

 

On retrouve différents concepts reliés au bonheur :

- Le bien-être : subjectif, psychologique et social.

- Le bonheur authentique : vie plaisante, qui a du sens, bonne vie, etc.

 

3. La psychologie positive :

 

La psychologie positive cherche à comprendre ce qui donne du sens à la vie d'un individu. On cherche à obtenir des informations et des savoirs sur ce qui forme les forces de l’individu.

 

a. Quelques éléments de définition :

 

On retrouve :

- « Science du bonheur » ou plus largement « étude des conditions et processus qui contribuent à l'épanouissement et au fonctionnement optimale des individus, des groupes et des institutions » (Lecompe, 2009).

- Des fondements humanistes puisque la psychologie positive nait et se développe dans les années 1990, sous l'impulsion de M.E.P. Seligman (USA).

- En réaction à la psychopathologie qui soigne les problèmes des personnes mais ne se demande pas en amont ce qui peut les rendre heureuses.

 

Définition large : « étude scientifique des forces et des qualités qui permettent aux individus et aux communautés de s’épanouir » (Manifeste de psychologie positive, 1998)

Psychologie clinique + philosophie.

 

Valeurs et idéaux : justice, responsabilité, civisme, parentalité, soutien éthique professionnelle, leadership, esprit d’équipe, projet, tolérance.

 

Différente de la pensée positive.

 

b. Travaux : définir scientifiquement ce qui rend heureux et donne du sens à la vie :

 

Il existe six traitements positifs de l'être humain, regroupés dans The character Strenghts and Virtues, de Peterson et Seligman (2004).

- Sagesse et connaissance (acquisition et utilisation).

- Courage (volonté pour attendre des buts).

- Humanité (se soucier des autres).

- Justice (forces civiques de la vie communautaire).

- Tempérance/modération (forces qui protègent contre les excès).

- Transcendance (lien avec l’univers, sens à la vie individuelle).

Quelques compétences qui font de nous des individus heureux (Seligman, 2008) :

- Estime de soi.

- Optimisme.

- Sentiment de sécurité.

- Croyances solides.

- Autonomie.

- Sens de l’humour.

 

La première étude a utilisé l'argent comme stimulus, et elle était basée sur un proverbe connu de tous : « L'argent ne fait pas le bonheur mais il y participe ». Dans le monde entier, les études ont retrouvé les mêmes résultats selon lesquels un peu plus d'argent peut contribuer à l'augmentation de l'état heureux, cependant l'argent ne représente pas la condition d'accès au bonheur.

Etre heureux réduit le risque de mortalité.

 

 

III. TDs.

 

 

1. TD 1 :

 

a. La prévention :

 

Il s'agit de l'attitude à prendre pour éviter qu’une situation (sociale, environnementale, économique, etc.) ne se dégrade ou qu’un problème de santé ne survienne.  La prévention correspond à des mesures prises pour éviter ou anticiper ce type de problématique. Son but est de modifier la probabilité d’occurrence ou de survenue de l’événement négatif.

 

Il existe 3 types de prévention :

- Prévention primaire : modification des facteurs de risques (tabac, alimentation, alcool) avant le déclenchement de la maladie. Les campagnes de promotion de la santé sont des exemples de prévention primaire.

- Prévention secondaire : fait référence aux interventions destinées à la détection des maladies à un stade asymptomatique de leur développement afin que leur progression soit stoppée ou retardée. Le dépistage fait partie de ce type de prévention.

- Prévention tertiaire : fait référence à la réhabilitation des patients ou aux interventions thérapeutiques mis en place une fois que la maladie s'est manifestée.

 

Les campagnes de prévention souhaitent changer les attitudes pour pouvoir changer à terme les comportements.

 

b. L'attitude :

 

L'attitude est l'évaluation en terme d’attirance ou de répulsion, d’un objet, d’une situation, d’un groupe, d’un individu, etc. (Osgood, Succi et Tannenbaum, 1955).

 

Les 3 composantes de l’attitude sont :

- La composante affective (j’aime ou je n’aime pas).

- La composante cognitive (croyances et connaissances).

- La composante comportementale (intention de comportement).

 

L'attitude n'est pas stable, elle peut donc changer selon Rosenberg et Hovland (1960).

 

c. Le message :

 

Message persuasif a pour but d'obtenir un changement d’attitude. Il y a trois facteurs essentiels à la communication persuasive : la source, le message, le récepteur

 

La source : c'est la personne qui transmet le message persuasif.

- Elle a deux caractéristiques déterminantes :

+ La crédibilité de la source (Hovland et Weiss, 1951) :

. Elle doit être jugée compétente et digne de confiance.

. Elle est moins efficace sur le long terme sauf s'il y a un rappel.

. On observe un effet d’assoupissement : à terme persuasion similaire avec crédibilité de la source ou non.

+ L'attractivité de la source (Mills et Aronson, 1965) :

. Elle doit être jugée attirante.

. Le message est plus persuasif lorsque la source est attractive que lorsqu’elle ne l’est pas.

 

Le contenu du message : pour qu'un message soit persuasif, selon Petty et Cacioppo (1984), il doit contenir des arguments du message perçus comme forts.

Il existe deux types d'argumentation qui permettent d'obtenir un message persuasif :

- L'argumentation unilatérale : arguments allant dans le même sens (Hovland, Lumsdaine et Sheffield, 1949).

- Argumentation explicite : annoncer directement l’information (Hovland et Mendel, 1952).

Le contenu du message peut être :

- Vivide :

+ On parle de message « vivant » puisqu'il fait référence aux émotions fortes qu’il suscite.

+ Les éléments utilisés sont concrets et proches de la cible (Nisbett et Ross, 1980).

+ Il suscite plus d’attention car il contient des images qui évoquent des émotions fortes (Taylor et Thompson, 1982).

+ Ce type de message crée un sentiment de vulnérabilité car ce message attire et est facile à mémoriser.

+ Il n'y a pas d'informations sur les recommandations à suivre, et c'est ce qui le différencie des techniques d’appel à la peur. 

- L'appel à la peur :

+ Un fort appel à la peur suscite une forte émotion mais il a peu d'efficacité (Janis et Feschbach, 1953 ; Janis et Terwilliger, 1962).

+ La peur crée un évitement du message et non du danger.

+ Il y a un souhait de contrôle de la peur et non le danger (Leventhal, 1960).

+ On constate un effet boomerang : rejet source et message, dénier les conséquences (Janis, 1962, 1967).

+ L'efficacité de l'appel à la peur dépend de la pertinence de la menace, qui doit être perçue comme étant sévère (ce qui ne veut pas dire qu’on va effrayer la cible) et se sentir vulnérable.

+ Pour être efficace, le message persuasif doit aussi contenir des recommandations, et qui sont des solutions pour les comportements futurs. Elles doivent être : efficaces pour éviter la menace et réalisables soit à la portée du sujet.

 

Le cadrage consiste en la présentation des inconvénients (pertes) liées à un comportement ou à une décision. Le message n'aura pas les mêmes conséquences que la présentation des avantages (gains). Le cadrage est utilisé à des fins persuasives.

Selon Girandola (2003), « le cadrage positif présente, en termes d’opportunités, les avantages d’adopter les recommandations proposées dans le message » et « un cadrage négatif présente, en termes d’opportunités perdues, les inconvénients d’un rejet de ces mêmes recommandations ».

Le cadrage positif est plus persuasif que le cadrage négatif dans le cadre de la prévention (Meyerowitz et Chaiken, 1987) alors qu'un cadrage négatif est préférable à un cadrage positif afin d’amener les gens à produire des comportements de détection, comme par exemple faire une radio des poumons.

En fonction du type de cadrage, il y aura des effets opposés pour les comportements de prévention (Rothman et Salovey, 1997).

La répétition :

- Elle a quatre fonctions qui augmentent la probabilité (Kapferer, 1978) :

+ Qu’une personne soit exposée à un message.

+ Qu’elle lui accorde de l’attention.

+ Qu’elle le décode.

+ Qu’elle s’en souvienne.

- Différentes conclusions on été tirées à partir d'études variées :

+ Selon Zajonc (1968), les sujets préfèrent les stimuli répétés à ceux qui ne le sont pas.

+ Le message présenté 3 fois est plus persuasif que présenté 1 ou 5 fois.

+ La répétition augmente l’implication des sujets et la probabilité de considérer le contenu du message.

+ Mais trop d’exposition suscite de la réactance et l’évitement de l’information (Cacioppo et Petty, 1984).

 

La cible est la personne confrontée et à qui est destinée la communication. Le but est qu'elle se sente vulnérable et/ou concernée. Les messages persuasifs fonctionneraient davantage chez les personnes ayant une estime de soi plus faible que chez les celles ayant une forte estime de soi (Janis, 1954).

 

d. Le traitement du message :

 

Petty et Cacioppo (1980) établissent un modèle des voies de traitement : voie centrale et voie périphérique. La voie empruntée dépend des capacités cognitives des sujets, de la motivation à traiter le message, ainsi que de l'humeur, de l'implication personnelle, de la similarité perçue, etc. Quand les individus sont motivés et capables, il y a une préférence pour la voie centrale, et inversement quand les individus sont peu motivés ou peu capables c'est la voie périphérique  qui est empruntée.

 

Voie centrale :

- Traitement profond du contenu, du sens, du message.

- Les effets sont :

+ Impact durable sur l’attitude.

+ Prédictive du comportement.

+ Résistante au changement.

- Elle est favorisé par :

+ Arguments du message.

+ Humeur négative.

+ Connaissances élevées et concerné.

 

Voie périphérique :

- Traitement superficiel du message au profit d’éléments annexes.

- Les effets sont :

+ Changement d’attitude plus faible et peu stable dans le temps.

+ Attitude peu prédictive du comportement.

- Elle est favorisé par :

+ La source du message.

+ La distraction.

+ Humeur positive.

 

e. Exercice de prévention :

 

Questions :

- Quel est le thème de cette campagne ? Type de prévention ?

- A quelle composante de l'attitude (affective, comportementale ou cognitive) cette campagne vous impact ? Pourquoi ?

- Quel chemin de persuasion cette campagne semble utiliser (centrale ou périphérique) ? Pourquoi ?

- La campagne décrit-elle la source ? Quelles sont ces caractéristiques ?

- Que pouvez-vous dire des arguments, de la forme (appel à la peur, vividité, etc.), du cadrage ?

- Qui est la cible concernée ?

- Quelles améliorations sont possibles ?

 

Vidéo 1 :

- Le burnout, secondaire et tertiaire.

- Comportementale : pousse à un changement d'attitude - Cognitive : par rapport aux informations fournies vis à vis du burnout.

- Centrale : arguments.

- La source est la voix qui représente l'association.

- Menace réelle avec recommandations pour se prendre en main - Négatif.

- Les travailleurs.

- Recommandation, identification.

 

Vidéo 2 :

- Sécurité routière, primaire et secondaire.

- Affective : implication de différents états émotionnels - Comportementale : pousse à un changement d'attitude.

- Périphérique.

- Non.

- Vivide, négatif.

- Tous les usagers de la route.

 

2. TD 2 : rappels cours sur l’optimisme comparatif :

 

L'optimisme comparatif correspond à la perception auto-favorable de l’avenir par rapport à autrui. Un individu pense vivre dans l’avenir plus d’événements positifs et moins d’événements négatifs qu’autrui (Weinstein, 1980 ; Harris et Middleton, 1994).

 

Il s'agit d'un état qu'on exprime à un moment donné sur différents événements spécifiques. Ce n'est pas une mesure d'une disposition ou d'une personnalité plus ou moins optimiste. La mesure est réalisée dans une comparaison entre soi et autrui, c'est pour cela qu'on parle d'optimisme comparatif. Initialement, il était appelé « optimisme irréaliste » car il s'agissait d'une comparaison entre soi et ce qui pourrait se produire dans la réalité. Il est difficile de différencier, et savoir, objectivement ce qui va se passer et ce qui ne va pas se passer dans la réalité.

 

Pourquoi exprimerait-on de l'optimisme comparatif ? Quelles sont les explications de cet effet?

 

Il y a deux explications ou approches possibles : cognitive et motivationnelle. Ces explications se complètent puisqu'elles ne s'opposent pas l'une l'autre.

- Explication cognitive :

+ Le biais de traitement de l'information : issu du fait que l'on sous-estime nos risques et on surestime ceux d'autrui. Cela s'explique par le fait qu'on dispose de plus d’information sur soi que sur autrui et on retient davantage les informations positives nous concernant (Job, 1990).

+ Le biais d’égocentrisme : on a tendance à se centrer sur nous-mêmes (Weinstein, 1980 ; Weinstein et Lachendro, 1982).

+ Victimisation d’autrui : on considère autrui comme victime potentielle et plus vulnérable entrainant une comparaison descendante (Kahneman et Tversky, 1975).

- Explication motivationnelle :

+ Permet une réduction de l'anxiété face à l'incertitude de l'avenir (Taylor, Kemeny, Aspinwall, Schneider, Rodriguez et Herbert, 1992).

+ Un bien-être, un confort psychologique (Peeters et Czapinski, 1990).

+ Valorisation de soi vis à vis d'autrui, donner une bonne image de soi (Taylor et Brown, 1988 ; Regan, Snyder et Kassin, 1995).

 

Par rapport à quel type de cible ? Pourquoi ?

 

Il y a davantage d'optimisme comparatif lorsque la cible est éloigné et vague que lorsqu'elle est proche (Perlof et Fetzer, 1986 ; Regas, Snyder et Kassin, 1995). Il n'est pas avantageux de se montrer optimiste par rapport à ses amis ou à sa famille, c'est peu appréciable et de plus on n'a pas envie qu'il arrive quelque chose de mauvais aux personnes proches.

 

Les questions ont quelle forme ou construction ? Quels types d'événements ?

 

Il y a plus d'optimisme comparatif observé sur les événements négatifs que positifs (Armor et Taylor, 1998). Les événements négatifs sont plus anxiogènes que les événements positifs. Pour réduire cette anxiété liée aux événements négatifs on exprimerait de l'optimisme comparatif.

L'optimisme comparatif est observé sur des événements contrôlables. De manière générale, on se considère plus capable, qu'on fait plus d'efforts qu'autrui pour que cet événement arrive ou pour l'éviter. Il n'y a pas d'optimisme comparatif sur les événements non contrôlables et dus au hasard (catastrophes naturelles, gagner au loto, etc.), selon Seligman, 1992, et Weinstein, 1980.

 

La proximité de l'événement joue également dans l'expression de l'optimisme comparatif. Plus l'événement est proche et moins on exprime d'optimisme comparatif, plus il est proche et moins il est contrôlable (Shepperd, Ouellette et Fernandez, 1996).

 

Qu'est ce qu'on sait de la valeur sociale de l'optimisme comparatif ? Est-ce qu'on apprécie les personnes exprimant de l'optimisme comparatif ?

 

L'optimisme comparatif est valorisé socialement, plus la dimension d'utilité sociale (tout pour réussir socialement) que sur la dimension de désidérabilité sociale (tout pour être aimé) (Le Barbenchon et Milhabet, 2005).

 

Il y a beaucoup d'études dans le domaine de la santé réalisées sur l'émergence ou non de l'optimisme comparatif. Par exemple, il a été démontré que l'on pense moins contracter, dans l'avenir, le VIH qu'autrui, de même sexe et âge que soi (Milhabet, Desrichard et Verlhiac, 2002).

L'optimisme comparatif est donc une entrave à la prévention dans la mesure où il présenterait le risque comme plus grand pour autrui que pour soi et induirait un sentiment d'invulnérabilité. Le fait de se rendre compte qu'on est aussi vulnérable qu'autrui réduirait l'optimisme comparatif et serait bénéfique pour l'adoption de comportements préventifs.

 

Si le message est trop menaçant, il y a augmentation de l'optimisme comparative et donc entrave à la prévention. Par exemple, les fumeurs expriment davantage d'optimisme comparatif lorsque les messages sont très anxiogènes et montrés plusieurs fois. L'anxiété et le stress sont des facteurs qui augmentent le risque de continuer, voire d'augmenter, le comportement que l'on souhaite supprimer par le message préventif (Courbet, Milhabet et Priolo, 2001).

 

Un autre modérateur de l'optimisme comparatif est la source du message. Il a été montré qu'une source experte du message réduit l'expression de l'optimisme comparatif. Cependant, ce n'est pas parce qu'il y a réduction de l'optimisme comparatif qu'il y a automatiquement une intention d'adopter les comportements bénéfiques. De nombreuses variables liées au contexte modulent ces effets.



21/05/2014
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