Cours de psychologie

Philosophie générale (L1 - S1)

Philosophie Générale

 

 

Descartes doute de tout afin de reconstruire la connaissance de manière solide → tout révoquer en doute et ne garder que ce dont on est certain.

Doute hyperbolique, sans limite (doute des maths, du monde extérieur).

Invention par Descartes du « malin génie » qui cherche à tout le temps nous tromper → prudence +++ dans la démarche de doute.

 

 

I. Descartes : l’expérience du sujet.

 

 

1. Existe-t-il quelque chose qui résiste à ce doute ?

 

IIème méditation :

 

Ne pas douter de l’existence d’un dieu ? → Pas nécessaire.

Ne pas douter qu’on a un corps ? → On peut se l’inventer.

Fait de doute = fait de penser = être quelque chose.

 

1ère pensée dont on ne doute pas « ego sum, ego existo » (sous une forme minimale qui est la pensée).

 

Ici, chacun peut être certain de sa propre existence, pas de celle des autres.

→ Le fait d’exister résiste au doute.

 

Descartes s’expose à la critique avant de publier son œuvre : il demande aux intellectuels de l’époque de faire des objections à la pensée.

L’existence est vue par l’unique inspection de l’esprit → « intuition intellectuelle » (existence saisie en un seul acte de la pensée).

Si « je pense, j’existe » avait été un syllogisme, il y aurait fallu y avoir d’autres vérités préalables. Or « ego sum, ego existo » est la 1ère vérité, donc il s’agit d’une intuition intellectuelle.

 

2. Qu’est-ce que/qui je suis ?

 

IIème méditation :

 

Je suis une chose qui pense.

Penser : douter, concevoir, affirmer, nier, vouloir, ne pas vouloir, sentir, imaginer.

Douter : refuser tout.

Concevoir : manipuler des concepts (différent de se faire une image).

Imaginer : se représenter dans le temps et dans l’espace.

Affirmer (nier) : à partir d’un doute, poser un énoncé.

Sentir : percevoir par les sens.

 

Pensée : ce dont on s’aperçoit sans intermédiaire, directement.

 

Avoir conscience de penser : COGITO.

L’être qui a conscience de lui a la certitude absolue de son existence.

 

1ère vérité ; cogito, sum.

     - Portée anthologique (à propos de ce qui est) → caractéristique de la pensée de Descartes : pour connaître l’existence du sujet, on supprime tout le reste.

     - Portée épistémologique (épistémologique : à propos de la connaissance) → forme commune aux énoncés que l’on peut tenir pour vrai : deux caractéristiques du cogito, modèle de vérité :

              + Claire : présente à l’esprit.

              + Distincte : ne peut pas être confondue.

 

3. L’égo comme substance pensante.

 

Je suis, j’existe.

Latin : sum, existo.

Descartes : ego sum, ego existo.

 

Que suis-je ?

IIème méditation :

 

Nature corporelle : être étendu, qui occupe de façon exclusive l’espace → peut être niée.

Attribut de l’âme : la pensée consciente ne peut pas être niée car elle ne peut pas être détachée de soi.

Combien de temps on existe ? Autant de temps que l’on pense.

→ Je ne suis pas une pensée ou un ensemble de pensées, mais je suis une chose qui pense, une substance pensante (propos confirmés dans début IIIème méditation).

Substance : notion du début de l’antiquité, ce qu’on ne peut pas changer (permanence), sert à rattacher des attributs.

 

Principes de la philosophie : penser = tout ce qui fait en nous qu’on aperçoit immédiatement par nous-mêmes (vouloir, imaginer, sentir…).

Réponse aux 2èmes objections : penser = tout ce qui est tellement en nous qu’on en est immédiatement.

 

« Chose qui pense » : substance pensante.

Substance : deux caractéristiques :

- Permanence : ce qui caractérise l’expérience sensible (changement). Mais choses qui durent car stabilité dans l’expérience sensible. Mutation parfaite, circulaire = ciel ; terre = mutation désordonnée → plus de stabilité = plus d’être.

- Attributs : la blancheur n’existe pas seule, la rectangularité non plus → besoin d’un support = la substance.

→ La substance existe par elle-même.

 

Chez les grecs : substance = fondement, base, « hypokeimenon », supports.

→ Le fondement repose sur lui-même.

Latin : hypokeimenon = subjectum, sujet au sens large.

Sujet au sens moderne/restreint : ego, « celui qui a la conscience de lui-même), pas de terme grec.

 

Descartes dit que l’égo est une sous partie du « subjectum ».

La substance : on voit ses attributs, on voit ses propriétés. On n’en fait pas l’expérience sensible/directe/immédiate. Expérience médiatisée de la substance : on ne voit/entend que les attributs.

Substance sans attribut : on ne saurait pas qu’elle existe, idem attribut sans substance : néant (pas de propriété).

 

L’égo : substance (support d’attribut) pensante (attribut essentiel de la substance → définit l’égo).

Attribut essentiel : défini la nature de la substance si on change l’attribut essentiel, on change l’essence de la substance.

Les attributs non essentiels peuvent varier sans changer la nature de la substance.

Substance = égo.

Attributs essentiels = pensée.

S’oppose aux substances matérielles.

Matériel : étendu : 3D, quantifiable, taille qu’on peut changer.

Pensée : non étendue : non quantifiable, on ne peut pas en modifier la taille car il n’y en a pas, non spatiale.

Res cogitans VS res extensa.

Chose qui pense VS chose étendue/spatiale.

 

3ème objection et réponse (celles de Hobbes) :

Un acte entraîne l’existence d’une substance, pas d’acte sans sujet → pas de pensée sans substance.

L’homme : union substance pensante et substance matérielle → union âme et corps.

 

Depuis Platon : âme prisonnière d’un corps, âme pilote le corps, si le corps devient maître de l’âme = scandale, catastrophe (drogues…). Plus vue comme libération de l’âme par le corps, l’âme a vu toutes les vérités mais les a oubliées en entrant dans le corps. Quand découverte d’une vérité = réminiscence (différent du souvenir).

 

« Philosopher c’est apprendre à mourir » : apprendre à se détourner du sensible, à se libérer du corps.

 

Descartes même vision que Platon mais âme pas seulement logée dans le corps car lien très étroit entre âme et corps.

Blessure du corps : douleur, affect immédiat, faim, soit → provient du mélange de l’âme et du corps.

Le corps n’a pas mal mais l’âme ressent de la douleur car affect → pas qu’une information.

 

4. Conclusion :

 

J’existe, je suis (ego existo, ego sum).

Je suis une substance pensante.

→ Les deux thèses livrées par l’expérience de soi-même.

 

 

II. Le sujet en question.

 

 

1. David Hume :

 

David Hume (1711 – 1776), Le traité de la nature humaine.

 

S’inscrit dans la tradition empiriste (fondé sur et tourné vers l’expérience, surtout sensible).

Expérience → source principale (unique) de la connaissance.

S’oppose au courant rationaliste qui s’appuie sur la raison plus que sur l’expérience.

 

1ère thèse de Hume :

2 catégories de perception :

     - Les impressions : les perceptions les plus vives, surtout les sensations (organes sensoriels) + sentiments + émotion.

     - Les idées/les pensées : moins vives.

Dans Traité de la nature humaine, livre 1, section 1 : uniquement différence de degré entre impression et idée (pas de différence de nature pour Hume).

Idée : image des impressions affaiblie dans la pensée et le raisonnement. Elaborée à partir des impressions.

 

 

Qu’est-ce qu’un carré ? Idée formée à partir de tous les carrés vus.

Qu’est-ce que le courage ? Idée formée à partir de tous les hommes, toutes les courageuses rencontres dans la vie.

Qu’est-ce que la liberté ? Idée formée à partir de toutes les expériences de liberté faite.

→ Toutes les idées viennent de l’expérience sensible.

→ Toutes les connaissances viennent de l’expérience sensible.

 

Pour résoudre problème de philosophie : remonter à la source, aux toutes premières impressions.

Impressions → (produisent) → idées.

Idée d’égo de Descartes considérée comme obscure par Hume → besoin de remonter à l’expérience.

 

Limite de la connaissance = limite de l’expérience.

Pour Hume, il faut refonder la science, l’ensemble du savoir, pour les problèmes philosophiques. Si on les pose bien, on arrive à les résoudre.

Dans L’enquête sur l’entendement humain, idées = copies moins vives des impressions.

 

 

Expérience du moi d’après Hume : livre 1, section 4 du Traité de la nature humaine.

 

 

Adversaires, Hume, Descartes, Malbranche, Locke.

Car ils considèrent l’existence du moi et sa continuité d’exister. « Moi » comme idée simple = indécomposable. Puissance qui dépasse la démonstration → attitude qui n’est pas le fruit d’un raisonnement.

→ Pas de malentendu dans les thèses.

 

Ce qu’il faut réellement dire de l’égo d’après Hume : pas d’idée d’identité transtemporelle → pas d’expérience qui soit invariable et qui dure toute la vie.

Succession de sensations différentes, changement perpétuel, pas d’impression permanente → même les souvenirs ne sont pas présents en permanence (même si à disposition).

→ Pas d’expérience de permanence.

Affirmer que le moi perdure à travers le temps c’est aller au-delà de ce que nous livre l’expérience.

 

 

Descartes = moi = substance pensante.

L’expérience de cette substance pensante ?

On trouve des perceptions, des impressions, créées par la pensée → mais substance ?

Aucune impression qui corresponde à la substance elle-même.

On fait l’expérience des attributs, mais pas de la substance elle-même, et ça Descartes l’admet.

 

Hume : sommeil profond = pas de sensation et de pensée = pas d’existence.

Pas d’expérience = pas d’existence car pas de substance/âme.

Nous sommes une suite de pensées et d’impressions uniquement.

 

L’expérience du moi : temps changeant, pas de permanence.

Pas d’expérience du moi, de l’égo, de la substance → scènes de théâtre sans pour autant de théâtre qui demeure.

 

De quoi a-t-on conscience ? James Joyce place une mini conscience dans la pensée de son personnage : bout de phrases saccadées, juxtaposées → flux de conscience changeant.

 

Qu’est-ce qui nous pousse à croire à cette identité pensant dont on ne fait pas l’expérience ?

Hume : toutes nos idées viennent de nos impressions.

Pour les choses matérielles : pas d’expérience de la substance (on perçoit les attributs). Idées distinctes de différents objets successifs et liés étroitement les uns aux autres. Imagination (production d’idées en rappelant des impressions) de nombreux objets semblables qui durent à travers le temps → même impression pour tous → on confond ces idées d’objets semblables.

 

 

Penser quelque chose qui ne change pas = facile. Qui change tout le temps = dur.

→ On enlève les détails et on fini par « voir » une continuité car plus facile.

Substitut d’idée d’identité à celle d’objets liés.

Processus tellement important et fort qu’on ne s’en rend pas compte.

Pour y résister il faut y penser tout le temps.

Ex : vélo qui s’use de jour en jour : on ne remarque pas la différence et les changements. Si on fait bien attention jour par jour, on remarque une succession de vélos différents, changés → pas de continuité et de substance.

On occulte les changements car plus facile de penser l’absence de changement.

Pour voir les changements : regard différent sur le monde, regard plus attentif au changement.

 

 

Mentalement, on affirme une absurdité (l’existence de continuité) en invoquant une substance → fruit d’une forme, de paresse de l’esprit.

→ Artifices de la pensée pour justifier après coup une confusion due à la paresse.

 

Bergson : on perçoit les objets en fonction de l’usage qu’on va en faire. On en ignore les qualités artistiques/ esthétiques.

L’artiste lui n’a pas uniquement un regard fonctionnel.

 

Hume dénonce quelques fictions métaphysiques (moi, substance…) comme de pures inventions qui vont au-delà de l’expérience.

Métaphysique : à Alexandrie, tirage des livres d’Aristote. Politique/logique/éthique/biologique… mais il en restait des « inclassables » qui parlaient « en général » avec des questions très vastes → rangés après la physique, d’où métaphysique.

Méta : ce qui va au-delà, au-dessus.

Métaphysique : ce qui va au-delà de la réalité sensible dont on peut faire l’expérience.

Hume : critique de la métaphysique car foyer de confusion, d’erreurs, une illusion métaphysique.

Illusion : erreur faite pas du tout par hasard. Erreur motivée.

Expliquer des illusions métaphysiques pour l’étude philosophique → pas de métaphysique, juste paresse intellectuelle.

 

Définition d’identité : pas de changement.

Notion forte et restrictive.

Problème du bateau de Thésée : bateau à réparer, de réparation en réparation, plus aucune planche du départ. Est-ce que pourtant le même bateau ?

 

 

2. Nietzsche :

 

De construction des erreurs en en faisant la genèse.

 

 

Certitude immédiate : pas de « je ».

Il vaudrait mieux dire « ça » pense.

Les pensées viennent quand elles veulent. Les pensées se produisent en moi, ce n’est pas moi qui produit la pensée → critique de Descartes car pas d’expérience.

 

Même le « ça » pense n’est pas très correct : pas d’expérience.

On fait l’expérience de la pensée : processus qui se fait lui-même, qui existe indépendamment du reste.

 

Erreur de chercher un sujet à penser → mauvaise règle de grammaire, problème de langage.

 

Pour Nietzsche la logique est une très grande source d’erreur.

Le langage sert à communiquer, à construire une pensée → les structures du langage déterminent en partie les structures de notre pensée.

 

En grammaire, à tout acte il faut un sujet. Donc pour la pensée, on a pris le « je » car la pensée se produit « en moi ».

 

Déconstructions du cogito cartésien.

En faisant l’erreur du cogito de Descartes, on en apprend sur nous.

 

Atomiste (Epicure) : la matière n’est pas divisible à l’expérience : existence d’atomes.

Atomes : en mutation, impénétrables, entrechocs entre eux.

 

Nietzsche fait référence à l’atomisme dans la fin du texte, parce que tout ce qui se produit dans le monde est explicable par les atomes : forces portées par les atomes → action et sujets à ces actions.

 

19ème siècle : physiciens cherchent des forces sans supporte : champs gravitationnel, champs électromagnétique.

Le change d’existence par lui-même n’a pas besoin d’atome → processus sans sujet, sans auteur = comme la pensée !

 

Ame cartésienne immatérielle : pensée sans support, pas de sujet, de chose qui pense.

 

Objection à Nietzsche : « il pleut » formellement, il y a un sujet, mais différent de « je marche » car conceptuellement à quoi « il » renvoie ? Existence des sujets grammaticaux qui ne renvoient à rien.

La façon la plus neutre de dire « il y a de la pensée car pas d’idée de quelqu’un ou quelque chose qui réalise la pensée ».

Racines plus profondes à la grammaire de l’erreur cartésienne.

Le point de départ n’est pas la pensée consciente mais le corps lui-même car pensée déterminée par le corps.

 

 

La pensée est un phénomène qui traduit un état du corps, déterminé par un état du corps. Totale opposition à Descartes qui disait que la 1ère vérité était la pensée.

 

La pensée n’est qu’un phénomène dérivé : donc il faut commencer par le corps. Pour comprendre la pensée il faut commencer par comprendre le corps.

 

Pensée : rapport momentané des « puissances » du corps.

Corps : instinct, pulsion, affect = complexe +++.

 

Primat de la matière sur la pensée (différent de Descartes, différent de Freud mis à part le fait que Nietzsche pense aussi à l’existence de l’inconscient).

 

Processus en nous qui s’affectent les uns les autres.

Une pulsion, un processus peut en affecter un autre qui n’aura pas le même effet → nouveau cadre pour penser l’existence, notre corps et notre pensée.

 

 

Aucune pensée n’est le résultat que d’un seul affect.

Une pensée = résultat d’un état global, du rapport de force entre les instincts, les pulsions → toutes les caractéristiques de la pensée sont finalement attribuées au corps.

Tout ce qui relève de la conscience vient du corps.

 

Pour désigner ces processus/instincts intérieurs au corps : forces, puissances, êtres vivants, âme.

Corps constitué d’une multitude d’êtres vivants.

 

 

Par-delà bien et mal, § 19 :

Corps : complexe d’âmes multiples.

Âme comme matière, différent de l’âme immatérielle pensante de Descartes.

 

Réintroduction de la notion de sujet : pas d’abandon totale de notion de sujet.

Sujet : multitude d’âmes en moi, en rivalité, qui déterminent d’abord mon corps puis ma pensée consciente.

 

 

Vision pas totalement mécaniste : chaque tendance peut être influencée.

 

Conception de la matière et du corps très particulière.

On n’est pas un être vivant mais un humain composé d’une multitude d’êtres vivants qui s’organisent, se coordonnent, entrent en conflit…

Ca n’est pas du à la conscience mais du au contraire au corps.

 

Algèbre supérieur à la table de multiplication : analogie (comparaison à 4 termes).

On compare les rapports.

Algèbre : tables de multiplication (émanation minime de l’algèbre).

Corps : pensée.

Chaque acte, chaque pulsion est le résultat d’un complexe de pulsion.

Les processus philosophiques renvoient à des processus corporels, physiologiquement multiples.

 

Penser, sentir, vouloir, construit par le cerveau ? Non, construit à partir des êtres vivants multiples en nous.

Pas besoin d’un cerveau pour penser : chaque élément de matière est un processus de pensée élémentaire en soi.

 

Homme : multitude de petites âmes qui forment une unité à peu près stable, système d’équilibre.

Pourquoi l’homme ne se désagrège pas ?

« Miracle des miracles ».

 

Fragments posthumes XII, 2 [91] :

 Phénomène plus riche et plus facile : corps.

Phénomène plus pauvre : pensée.

Provocation à l’égard de la tradition.

 

Pour décrire le corps : structure hiérarchique comme structure militaire, complexe, variable, où sont émis et transmis des ordres.

 

A quoi sert la pensée consciente ? Outil au service du corps qui va sélectionner, dégrossir, appauvrir notre expérience pour ne garder que l’utile, que ce qui va permettre d’élever la puissance du corps.

 

Notre expérience est trop riche et complexe : besoin d’écarter l’inutile et de simplifier → rôle de l’esprit.

Création des formes stables créées par la conscience pour faciliter l’action → vision de Hume (trouver de la stabilité et de l’identité où il n’y en a pas par paresse).

Stabiliser pour maîtriser.

Besoin d’identité, de permanence.

 

Volonté de puissance : besoin de maîtrise → besoin de stabilité → besoin de conscience.

 

La conscience doit s’ignorer elle-même, doit ignorer sa fonction simplificatrice pour ne pas prendre peur. Nécessaire de se tromper sur soi-même, illusion de la conscience nécessaire (ne pas percevoir son corps comme il est).

 

 

L’esprit doit être brut, élémentaire, simpliste : la conscience ignore ce qui se passe dans le corps → nécessité en vue de la puissance du corps.

 

Besoin de traiter uniquement le plus important.

 

Descartes : substance pensante = sujet cartésien / substance matérielle.

Homme = union substance pensante et substance matérielle.

Nietzsche : ce schéma est une grande simplification. Il est utile de penser dualité, mais multitude de dualités.

→ Besoin de logique et catégories métaphysiques traditionnelles pour simplifier les expériences.

 

NB : réintroduction d’un sujet, différent du sujet cartésien.

Processus en moi, pur et sans support → énergie, tendances…

 

Description de l’expérience sans utiliser de formules personnelles.

Ne rien ajouter et ne rien enlever à l’expérience.

Possible pour la perception, les croyances, les sensations…

L’expérience que l’on fait est impersonnelle, pas de tracé du « moi ».

 

Peut-on faire l’expérience de la reconnaissance de l’erreur ? (Erreur cognitive, erreur morale…).

Il y a un souvenir d’un jugement faux, mais présupposé d’identité à travers le temps.

 

Souvenir : perception atténuée.

Existence de faux souvenirs (= quasi souvenirs).

Du point de vue de l’expérience, les souvenirs ne sont pas sans une garantie.

 

Reconnaissance de la faute : construction sur la base de l’expérience.

Pour reconnaitre l’erreur, il faut un sujet.

On peut reconnaître la fausseté mais pas l’erreur.

 

« Je pense » est déjà une interprétation et ne se tient pas aux faits.

Pour penser la reconnaissance de la faute (la responsabilité), il faut un sujet.

Pas de sujet = pas de responsabilité (pas de faute/pas de mérite).

Un monde sans sujet : pas de notion de responsabilité, existence expérience sensible.

 

L’éducation porte à différencier le soi et le non soi → enseignement verbal.

Ce n’est pas l’expérience qui induit le « je ».

Conscience, idée de Hume et Nietzsche : le soi n’est pas une donnée de l’expérience.

 

Conséquences de l’absence de responsabilité : pas de morale, pas de jugement moral, pas de droit juridique, de liberté.

Un monde qui existe mais beaucoup moins riche que le notre. Tout se présente à la conscience de la même façon, de manière impersonnelle. On est en permanence spectateur et jamais impliqué dans le monde. Monde plat, pas forcément agréable.

 

Ne faudrait-il pas accepter la notion du Je même si elle n’est pas livrée par l’expérience ?

Car si suppression du sujet, trop de conséquences négatives.

Existence sujet : présent dans le monde et acteur (plus intense) dans le monde.

Création d’une illusion de sujet : pure invention.

Objection : on ne peut pas inventer des choses comme ça, sinon ça ouvrirait les portes à n’importe quoi.

Mais exemple de la force gravitationnelle : on ne la voit pas, on n’en voit pas ses effets.

Ne pas faire l’expérience de quelque chose n’est pas une raison suffisante pour la supprimer.

Ex : dé à 6 face : on en voit que 3 à la fois et pourtant le dé garde ses 6 faces → les 6 faces ne sont jamais données à nous en même temps dans l’expérience.

 

Il est légitime parfois de garder des objets de pensée alors à nous n’en faisons pas l’expérience.

La notion de sujet n’en fait peut-être pas partie.

Sujet : construction intellectuelle légitime, car elle permettrait de construire l’expérience d’une façon satisfaisante (penser la responsabilité donc l’éthique : le droit).

Comment la construire ? Car personne ne s’en tient qu’à l’expérience.

 

 

III. Le sujet comme construction.

 

 

John Locke (17ème siècle, contemporain de Descartes, donc différent de Hume et Nietzsche), dit que le sujet est une construction, car absent dans l’expérience, le sujet structure l’expérience.

 

1. Le sujet et la mémoire :

 

Essai sur l’entendement humain (1690) :

Sur la connaissance et ses limites.

Chapitre 27 du livre II.

 

Est-ce que A est identique à B ? La réponse dépend de la nature de A et de la nature de B.

 

3 catégories :

                - Choses purement matérielles.

                - Etres vivants (végétaux et animaux).

                - Les personnes.

→ Relation d’identité différente pour chaque catégorie.

 

Homme : personne + être vivant.

Nous en tant que simple être vivant → homme : étude biologique.

Nous en tant que personne → sujet.

Traitement différent en fonction des cas.

 

Distinction corps et sujet (la personne).

Un homme correspond toujours à la même personne.

Et si deux personnes échangeaient leurs corps ?

 

Ce qui fait l’identité :

    - 1ère catégorie : les atomes :

            + Problème du bateau de Thésée : le même car continuité dans le temps et l’espace, mais différent car rien d’origine → l’identité n’est pas une donnée de l’expérience, d’où la pluralité des réponses.

    - 2ème catégorie :

            + Identité d’une chose : vie qui est en elle, c’est-à-dire une certaine organisation qui va perdurer tout au long de l’existence de cet être vivant. C’est cette organisation qui différencie un être vivant d’un autre et qui va le faire durer à travers le temps. Même si les particules changent, même organisation donc même être. Identité en tant qu’être humain = organisation du corps.

            + « Ceci montre […] en quoi consiste l’identité d’un même homme = uniquement en la participation à la même vie entretenue par un flux de particules de matière qui se succède vitalement unie au même corps organisé. Voilà ce qui en tant qu’homme fait notre identité ».

            + Locke s’oppose à la tradition philosophique qui considérait l’homme comme un être vivant (animal) rationnel. Existence d’animaux intelligents : qui ne sont pas des hommes. Existence homme et personne : distinction espèce biologique et sujet quand nous sommes.

   - 3ème catégorie :

            + Identité d’une personne « Je crois que le mot de personne tient lieu de l’expression un être pensant, intelligent, qui a raison et réflexion et qui peut se regarder soi-même comme soi-même, comme la même chose qui pense en différents temps et lieux ; ce qu’il fait uniquement par la conscience qui est inséparable de la pensée et qui lui est à mon sens essentiel (car il est impossible à quiconque de percevoir sans percevoir qu’il perçoit) ».

            + Début de la sémantique. Elément central : la conscience de soi, capacité à se penser soi-même, différenciation moi et mon moi (objet). Capacité de s’attribuer certains éléments de l’expérience.

 

2. Explication de texte :

 

 

1ère partie : l’auteur reprend la thèse de Descartes.

2ème partie : critique de cette thèse.

 

Remarques générales :

Introduction : ne pas faire de rappels trop généraux sur l’auteur, ne pas mentionner des choses inutiles à l’explication.

Ne pas paraphraser le texte.

Ne pas faire des liens purement chronologiques entre les parties → faire des liens logiques, suivre une problématique.

 

1ère partie :

 

Evocation de Descartes. Pourquoi ? Descartes considéré comme crucial pour la philosophie.

Ce qui est utile à la philo : recherche d’un fondement, d’une certitude, tout révoquer en doute pour ne garder que le certain.

La subjectivité : ce qu’il y a de plus certain.

 

Descartes contribue à mettre l’idée d’expérience en point de départ à la reconstruction de la connaissance → on se rattache à l’expérience faite, même si elle est fausse, elle existe.

 

Doute méthode : démarche fondamentale.

Subjectivité : 1er élément « vrai » → l’expérience.

Russel est d’accord avec ces deux idées.

 

A propos du doute méthodique : d’abord, doute hyperbolique puis une certitude (cogito ego sum) → passage par le doute n’est qu’un passage vers la reconstruction.

Différent du scepticisme qui ne reconstruit rien.

Quelque chose qui résiste au doute → mon expérience.

 

Malin génie : hypothèse d’existence.

On ne porte pas de jugement sur son existence : ce n’est qu’un procédé méthodique acceptable.

 

L’expérience du cogito se fait à la 1ère personne.

 

Mais problème : Descartes est allé trop vite d’après Russel.

D’accord avec la méthode de Descartes mais pas sur le point d’arriver.

 

2ème partie :

 

Critique de la théorie de Descartes.

Moi réel ?

 

Expérience perceptive : expérience faite de la table.

Je vois une couleur marron ou une couleur marron est vue ?

Expérience impersonnelle : disparition du « je ».

On fait l’expérience du marron mais jamais du « je ».

Point de vue de Hume et Nietzsche.

L’expérience est l’élément subjectif indubitable.

 

Russel empiriste ? Retour à l’expérience.

 

Critique de la substance pensante : substance qui perdure à travers le temps, qui est le support d’attributs, ici la pensée.

D’accord avec l’idée de pensée différente de celui qui pense. Pourtant qui diffère avec Hume et Nietzsche.

Pas d’accord avec l’idée de permanence dans le temps.

Pas de permanence → pas de permanence du « je » → ce qui fait que l’expérience est peut-être différente à chaque fois.

On ne fait pas l’expérience de notre permanence dans le temps : point de vie de Hume.

 

Existence de quelque chose qui a la vision de la table marron.

Différence entre Russel et Hume/Nietzsche.

Russel : « le je supporte des pensées ».

 

Autre :

 

Discuter avec le texte : penser avec l’auteur, pas comme l’auteur ni contre lui.

Ce qui fait l’unité du texte : recherche de vérités, de connaissances sur lesquelles on peut vraiment s’appuyer.

 

Philosophie : recherche de la vérité → de quoi est-on certain ? Russel = existence d’un moi instantané.

 

NB : Russel dit que l’on peut croire (différent de certitude) être toujours le même.

 

L’identité dans le temps tolère le changement.

Changement, identité transtemporelle.



14/07/2012
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