Cours de psychologie

Perception - cours (suite)

III. Processus cognitif et cérébraux impliqués dans les hallucinations.

 

 

1. Quel est le rôle des aires cérébrales du langage dans la genèse des hallucinations verbales ?

 

Quel est le rôle de ces aires :

   - Aire de BROCA : production du langage (comprend mais ne parle pas).

   - L’aire de WERNICKE : compréhension du langage (niveau temporal) (parle mais a des difficultés pour construire un discours cohérent et ne comprend pas ce qui est dit).

   - Aires auditives primaires : écoute du langage (activent systématiquement).

   - Aires pré-motrices : contrôle et planification du mouvement volontaire (planifié avant d’être débité).

Implication des aires auditives dans les hallucinations verbales : est-ce que le patient entend vraiment des sons ou des voix en absence de stimulation ?

   - Chez le sujet sans hallucination on peut observer que les aires auditives s’activent lorsqu’on imagine écouter de la musique  le cortex auditif peut être activé même en absence de stimulation auditive.

   - Si on stimule le cortex auditif (le long du sillon temporal), le sujet fait l’expérience d’hallucinations auditive :

        + La stimulation des aires auditives primaires provoque l’audition de bruits élémentaires.

        + La stimulation des aires auditives secondaires (plus liées à l’élaboration de la compréhension du son) provoque l’audition de sons complexes (des hallucinations musicales, des voix, etc.).

        + La stimulation du cortex auditif provoque des hallucinations.

→ Les aires cérébrales sont activées dans la parole. Ces hallucinations peuvent être très simples ou très complexes (en fonction de la partie que l’on stimule).

   - Chez les patients avec hallucinations : activation cérébrale avant et après les hallucinations :

        + Méthode : les sujets indiquent l’occurrence des hallucinations en appuyant sur un bouton.

        + On compare une période de 30 secondes avec et sans hallucination verbale.

        + On observe une activation forte des aires auditives pendant les hallucinations verbales → ca montre la sensorialité du phénomène, les voix ne sont pas seulement imaginées puisqu’il y a l’activation du cortex auditif.

   - Cependant lorsque le cortex auditif est occupé avec l’écoute de stimuli verbaux, on observe une réduction des hallucinations verbales  peut être la raison pour laquelle les patients utilisent la musique et d’autres sons pour diminuer l’expérience hallucinatoire.

   - Modification structurelle des aires auditives chez les patients avec des hallucinations :

        + Réduction du volume du cortex auditif primaire.

        + Réduction du volume du gyrus temporal supérieur (STS).

        + Augmentation du volume des ventricules (chez les patients schizophrènes) (s’il y a cette augmentation alors il y a diminution de la matière grise du cerveau).

        + Augmentation du gyrus frontal inférieur.

        + Plus ces modifications sont importantes, plus les hallucinations sont sévères.

→ Tout ça c’est au niveau physiologique ! Il faut ensuite expliquer pourquoi il y a ces changements.

 

2. « D’où viennent les voix ? » : anatomie du cerveau des patients schizophrènes (étude) :

 

Il existe une différence dans la région impliquée dans la localisation spatiale du son (cortex temporo-pariétal de l’hémisphère droit).

Si les voix viennent de l’extérieur de la tête la jonction est significativement déplacée en avant du cerveau.

Si les voix viennent de l’intérieur de la tête la jonction est significativement déplacée en arrière du cerveau.

 

L’anatomie du cerveau est un déterminent possible de l’expression d’un phénomène aussi subjectif et intime que la localisation des voix dans la schizophrénie :

    - La position de jonction de sillons pourrait indiquer l’existence de déviations lors de la maturation du cerveau, durant le troisième trimestre de la grossesse.

    - En effet au début de la vie ces deux plissements apparaissent d’abord séparés puis se connectent.

 

3. L’activation du cortex auditif primaire pendant les hallucinations verbales et pendant la production des mots chez patient avec des hallucinations :

 

Normalement le cortex auditif primaire ne s’active pas lorsque l’on génère du langage (le cortex auditif primaire ne s’active pas quand on produit des mots [ils ne s’activent pas quand c’est mous qui parlons mais oui pour les autres quand on les écoute]).

Cette zone s’active systématiquement chez le patient avec hallucinations verbales (ça fait le même effet que lorsqu’il s’écoute parler). Il est possible que cela donne l’impression de réalité des hallucinations.

 

Durant l’écoute des hallucinations : On observe des activations dans des zones du cerveau impliquée dans :

   - perception auditive (cortex auditif primaire).

   - traitement d’émotion (amygdale).

   - la mémoire (l’hippocampe).

 

4. Le décours temporel des hallucinations verbales :

 

On observe que l’activation du cortex auditif est précédée par l’activation des zones de la production du langage intérieur et par l’activation des zones sous-corticales impliquées dans l’émotion (avant qu’il s’active, il y a tout ça).

Interprétation : cette activation auditive serait donc une conséquence de la présence des hallucinations et non pas la cause d’hallucination. Certains vont entendre des choses différentes (voix gentilles, voix méchantes, d’où toutes ces zones activées) (si on connait la personne → mémoire).

Ce n’est pas parce qu’il y a des stimulations qu’il y a automatiquement des hallucinations, néanmoins, si hallucinations → activation !).

(Stergill et col. 2004 ; Van de Ven et col. 2005).

 

 

IV. Thérapie cognitive des hallucinations.

 

 

Très peu de spécialistes, thérapie reste confidentielle, informations pas encore vraiment diffusées, « Faire face aux hallucinations auditives ».

Démarches utilisant des connaissances dans différentes matières de la psychologie cognitive.

Prise en charge globale (pas que dans un symptôme isolé).

 

1. Prise en charge des hallucinations et du délire : Dimensions à prendre en compte :

 

La vision négative du soi et des autres.

Les relations interpersonnelles.

La régulation émotionnelle (capacité à contrôler les émotions), capacité de contrôler, de gérer, de réfléchir sur ses émotions, etc.

Les biais d’attributions.

L’expérience hallucinatoire et les perceptions inhabituelles.

L’abus de substance qui augmente l’expérience hallucinatoire.

Les stratégies de résolution de problèmes et des conflits.

Comportement dangereux pour soi et pour autrui.

Les symptômes post-traumatiques.

Psychoéducation des symptômes psychotiques.

Focaliser sur des situations précises de la vie quotidienne (course, promenade dans une rue commerçante, etc.) pour aider le patient à s’autonomiser, à se prendre en charge. Relations sociales.

 

2. Traitement cognitif des hallucinations :

 

Il ne vise pas à supprimer les hallucinations, mais vise à :

    - Diminuer l’impact négatif des hallucinations sur la vie quotidienne et les émotions du sujet. Ex : les contraintes exercées par les hallucinations dans la vie quotidienne du patient.

    - Diminuer les sentiments négatifs associés à la survenue des hallucinations, en agissant sur l’interprétation délirante consécutive aux phénomènes hallucinatoires.

    - Diminuer la souffrance liée aux hallucinations. Interprétation → perception hallucinatoire (BIRCHWOOK et CHADWICK, 1997 ; CHADWICK et BIRCHWOOD, 1994).

    - Aider le patient à modifier les croyances dysfonctionnelles liées aux expériences hallucinatoires.

    - Mise en évidence du discours intérieur (négatif) associé au phénomène hallucinatoire.

    - Le manque des compétences sociales.

    - La difficulté dans la résolution de problèmes.

Donner un nouveau sens, apprendre à l’individu à mieux vivre avec.

Le traitement est souvent mené en association avec un traitement pharmaceutique : Les médicaments antipsychotiques permettent de diminuer l’intensité des hallucinations mais agissent peu sur le système délirant.

 

 

On peut ajouter une 4e étape : La psychoéducation sur les hallucinations : Se servir de nos connaissances sur les phénomènes hallucinatoires pour les transmettre aux patients.

Instaurer une alliance thérapeutique des hallucinations.

 

Synchronique = analyse fonctionnelle.

Diachronique = comment les phénomènes sont apparus au cours du temps.

 

3. Psychoéducation :

 

a. Spécificités pratiques et psycho-éducatives.

 

Lorsque les hallucinations sont vécues comme « toutes puissantes » et obligent à « l’obéissance » :

   - Recadrage de la relation aux voix.

   - Le voisin gêneur.

   - On-off.

   - Test de désobéissance.

→ Apprendre au patient à travailler sur son autonomie p/t aux voix.

→ L’intensité des hallucinations diminue et même disparaît parfois.

Conçue comme ayant une identité et une intention précise :

   - Analyse critique (en collaboration).

   - Remise en cause des croyances.

→ Permet de mettre le doute, assoupir la croyance associée à la voix.

Lorsque les hallucinations sont non reconnues comme ayant un lien avec les préoccupations du sujet (caractère intrusif) :

   - Focalisation sur les voix.

   - Réponses alternatives.

   - Fiche : répertoire des voix.

Quand les hallucinations sont accentuées par des réactions émotionnelles et des cognitions catastrophiques :

   - Technique de normalisation.

   - Décatastrophisation.

   - Technique d’autocontrôle.

Quand les hallucinations sont reconnues comme ayant un lien avec des traumatismes ou avec des schémas précoces de la personnalité :

   - Identification des schémas dysfonctionnels, des croyances et des stratégies compensatoires.

   - Restructuration cognitive centrée sur les schémas.

Lien avec des traumatismes ou avec des schémas précoces de la personnalité.

 

b. Psychoéducation :

 

Dire au patient qu’il peut se retirer de la thérapie à tout moment.

Préciser que s’il conserve sa conviction, il ne s’agit pas d’un échec.

Conduire le patient à considérer l’impact de sa conviction sur sa vie.

Mettre en lien le fait que les gens sont perturbés par l’interprétation des perceptions inhabituelles plutôt que par les perceptions a proprement dit.

 

Le cas de Madame VERO :

 

51ans. Idée de persécution à mécanisme hall. Pas d’antécédents médico-chirurgicaux particuliers. Diagnostic : schizophrénie.

Impact des voix dans la vie quotidienne :

Craint la voix au point de ne plus pouvoir vivre seule à son domicile. Au chômage depuis quelques mois, car la voix l’empêche de se concentrer et de travailler. Ne conduit plus car elle a peur d’avoir un accident du fait d’une distractibilité en rapport avec la voix ou d’obéir à un ordre dangereux.

Analyse fonctionnelle-diachronie (1) :

Données de vulnérabilité bio-psycho-sociale :

Vulnérabilité biologique : frère : schizophrénie.

V psychologique :

   - Style de pensée ruminatif.

   - Schéma de pensée : isolement, incompétence, échec.

Vulnérabilité sociale :

   - Statut de migrant.

   - Maitrise moyenne de la langue.

   - Isolement social.

Analyse fonctionnelle-diachronie (2)

Facteurs déclenchant :

   - Conflit de voisinage.

   - Ménopause.

Facteurs précipitant :

   - Épisode dépressif majeur.

   - Insomnie.

Facteurs de maintien :

   - Déménagements successifs.

   - Perte d’emploi.

   - Sentiment d’incapacité à retravailler.

   - Comportement : passivité.

   - Prise de distance progressive de son ami.

Analyse fonctionnelle-synchronique:

Situation :

   - Toute la journée.

   - Plus intense le soir et surtout au moment de se coucher = silence.

Émotion :

   - Peur, tristesse.

Contenu de la voix :

« Tu es nulle » « je veux te tuer » « tu vas mourir » « tu es mauvaise » « tu es punie » « qu’est-ce que tu fais ? » « Elle est vraiment mauvaise ».

   - Ton: agressif, ordre parfois.

Cognitions :

« C’est MK qui veut me tuer » « Je ne peux rien faire car c’est lui qui a tout manigancé » « Il me punit car je me suis emportée contre lui » « Je ne suis pas en sécurité chez moi » « Je ne peux rien faire contre lui »

Comportement :

Reste passive.

   - Essaie de dormir.

   - Demande de l’aide.

Entourage :

   - Prend ses distances, la considère comme folle.

Anticipation :

« Je suis incapable de lutter contre la voix seule chez moi j’ai peur de ce qui pourrait m’y arriver ».

 

Jungiger, traduit par Favrod (1985) :

 

Hallucinations psychosensorielle à 100% (d’après la patiente) et réelles.

Croyances liées aux hallucinations :

2 croyances cibles :

Idée d’omnipotence : « je ne peux pas contrôler leur apparition où leur disparition ».

Degré de croyance 100%. Degré de détresse 100%.

Idée délirante de persécution : « Mr K me harcèle avec sa voix à distance » « elles ne proviennent pas de moi mais de Mr K ».

Degré de croyance 90%. Degré de détresse 100%.

Techniques pour faire face :

Verbalisation à haute voix (Margo et al 1981). Lire à haute voix, parler à quelqu’un, réciter l’alphabet, fredonner ou chanter. Relaxation : Se détendre avec ou sans cassette de relaxation, dormir. Distraction de pensées sur un autre but : Regarder la tv, résoudre un problème, engager une conversation… Écouter une autre source sonore : Écouter de la musique, quelqu’un qui parle… Exos physiques : Courir, faire du sport, faire du ménage…

Application progressive des techniques spécifiques avec une mise en situation :

Quand les hallucinations sont vécues comme « toutes puissantes ».

 

Montrer par des témoignages que l’on peut expliquer l’expérience de façon constructive ou qu’elle peut être maitrisées :

   - Prendre conscience de l’universalité de l’expérience.

   - Montrer qu’une même expérience peut être interprétée de manière diverses.

Hypothèses concernant la provenance des voix.

Présentation de données scientifiques :

   -  Imagerie fonctionnelle.

   -  Hallucinations chez personnes sourdes de naissance (comment ça se fait ?).

→ Phénomènes de nature cérébrale.

Formulation des hypothèses à haute voix par la patiente :

Ex : Les voix sont des pensées verbales qui apparaissent indépendamment de notre pensée.

 

Normalisation des hallucinations : exercice :

 

30% de la population décrit avoir eu au moins une fois dans sa vie une hallucination.

« Le cerveau peut nous jouer des tours » → illusions d’optiques.

Modèle du stress et de la vulnérabilité (Zubing and Spring).

Recadrer la relation avec la voix.

Réduction de l’impact :

   - Degré de détresse significativement diminué.

   - La patiente va entamer des démarches pour travailler.

   - Intégration de l’expérience  la patiente pense que la voix est une façon de dévaloriser.

   - Maintenant elle pense que le principal objectif est de se revaloriser.

 

 

V. Processus cognitifs et cérébraux impliqués dans les hallucinations.

 

 

1. Les hallucinations :

 

 

 

Sous l’effet de drogues, les personnes peuvent avoir des hallucinations. Dans ces cas là on parle d’altération de conscience. En dehors de cet épisode il garde l’idée que c’était un épisode singulier et isolé.

Dans le cas des rituels le but est d’induire des états de conscience altérée, pour rendre la séance mystique.

 

2. Hallucinations et processus sensoriels :

 

Etudes basées sur la stimulation des zones cérébrales.

Troubles acquis du système nerveux central.

Hallucinations sous l’influence de drogues.

 

a. La stimulation du cortex auditif (le long du sillon temporal) :

 

Suscite des hallucinations auditives.

La stimulation des aires auditives primaires provoque l’audition de bruits élémentaires.

La stimulation des aires auditives secondaire produit des sons complexes (des hallucinations musicales, voix, etc.).

Les personnes se rendent compte de ces hallucinations, et les différencient des vrais bruits.

PENFIELD et PEROT (1963).

 

b. Lésions du cortex occipital :

 

Peuvent susciter des hallucinations visuelles.

Chez les patients avec un infarctus dans les zones occipitales bilatérales (DE HAAN et col, 2007).

Chez les patients avec la maladie de Parkinson : activation du cortex visuel associatif et une réduction de l’activation dans le cortex visuel primaire (HOLROYD et WOOTEN, 2006).

 

c. Activation cérébrales et hallucinations visuelles :

 

Activation des zones du traitement visuel (aires occipitales, gyrus fusiforme, gyrus lingual).

Le cortex temporal médian.

Lorsque les hallucinations sont en couleur : activation de l’aire V4 alors que cette aire n’est pas activée lorsque les hallucinations sont en noir et blanc.

Ca montre qu’il s’agit bien de phénomènes sensoriels, et qu’il ne s’agit pas uniquement d’une interprétation de la part des sujets.

 

d. Hallucinations suscitées par des drogues :

 

L’hypothalamus reçoit les stimuli de l’extérieur, il les trie et les distribue dans les zones cérébrales.

Les drogues vont modifier le fonctionnement de l’hypothalamus et vont donc modifier tout le système perceptif.

 

e. Un modèle neurocognitif (adapté de Allen et col., 2008) :

 

 

Souvent chez les patients qui souffrent souvent des phénomènes d’influence, ils ont du mal à reconnaitre d’eux-mêmes.

 

3. Hallucinations et contrôle conscient de l’action :

 

Hallucination et action auto-générée. Hallucination et intentionnalité ou source de l’action.

Mémoire de la source : « source monitoring » : représente l’ensemble des processus cognitifs qui sont impliqués dans la reconnaissance de l’origine de l’information.

La mémoire de la source externe : la discrimination entre différentes sources externes, par exemple entre deux personnes ou entre ce qui a été entendu dans la rue ou à la radio.

La mémoire de source interne ou « self-monitoring » :

   - Distinguer les différents processus par lesquels un sujet a généré une information.

   - Ex : différencier ce que le sujet a dit de ce qu’il a pensé.

Discrimination interne – externe constitue la mémoire de réalité : différencier les informations générées intérieurement (pensée, éléments imaginaires, etc.) des informations provenant de l’extérieur (événement perçu, etc.).

 

4. Hallucination et langage auto-généré :

  

Est-ce que les patients produisent sur eux-mêmes un discours intérieur qu’ils ne reconnaissent pas comme le leur ?

Arguments pour :

   - L’enregistrement de mouvements articulatoires ou de la parole à voix haute au moment des hallucinations (ex : quand il entend des voix sa mâchoire remue, c’est donc lui qui l’autoproduit) (SEGLAS, 1892 et GOULD, 1949).

   - Enregistrement des mouvements du larynx et de la parole (GREEN et PRESTON, 1981).

   - Le maintien de la bouche ouverte ça bloque les hallucinations verbales (contrairement au fait de fermer les paupières ou de serrer le poing).

   - Le fait de discuter, chantonner ou déglutir inhiberait l’activité hallucinatoire.

Argument contre : pas pour toutes les hallucinations :

   - Tous les patients avec HV ne présentent pas une vocalisation audible des voix.

   - Le langage subvocal serait plutôt une conséquence des hallucinations verbales.

   - Le blocage des sub-vocalisations laisserait intacte la composante perceptive des hallucinations.

 

a. Activité cérébrale pendant les hallucinations verbales :

 

Activation de l’aire de production du langage Broca : elle ne s’active pas quand nous nous parlons à nous-mêmes, tandis qu’elle s’active dans le cas d’hallucination. 

Le cortex cingulaire (processus attentionnel).

Cortex temporal gauche (perception de la parole et de la mémoire).

Ces structures seraient liées à la modulation de la valence émotionnelle des hallucinations, seraient reliées au contenues des hallucinations.

 

Implication des régions sous-corticales :

   - On observe l’activation des zones de langage.

   - En même temps plusieurs autres structures sont activées :

       + Thalamus, putimen, noyau codé.

       + Gyrus parahippocampique.

       + Cortex cingulaire.

       + Cortex orbitofrontal.

Ces structures seraient liées à la modulation de la valence émotionnelle des hallucinations.

 

b. L’absence de l’activation de l’aire pré-motrice pendant les hallucinations verbales :

 

Reflète l’absence d’une planification volontaire de la production de la parole.

Reflète que la parole n’a pas été produite délibérément.

 

c. L’activation du cortex auditif primaire pendant les hallucinations verbales pendant les hallucinations :

 

DIERKS et col, 1999.

Normalement le cortex auditif primaire ne s’active pas lorsque l’on génère du langage.

Or cette zone s’active chez les patients avec des hallucinations verbales.

Il est possible que cela donne l’impression de réalité des hallucinations.

Durant l’écoute des hallucinations, on observe des activations dans les zones du cerveau impliqués dans :

   - La perception auditive (cortex auditif primaire).

   - Le traitement des émotions (amygdale).

   - La mémoire (l’hippocampe).

 

d. Le décours temporel des hallucinations verbales :

 

On observe que l’activation du cortex auditif est précédée par l’activation des zones de la production du langage intérieur et par l’activation des zones sous-corticales impliquées dans l’émotion.

Cette activation auditive serait donc une conséquence de la présence des hallucinations et non pas la cause des hallucinations.

SHERGRILL et col (2004). Van De VEN et col (2005)- arguments contre :

   - Tous les patients avec des hallucinations sensorielles ne présentent pas une vocalisation audible des voix.

   - Le langage sub-vocal serait plutôt une conséquence des hallucinations verbales.

   - Le blocage des sub-vocalisations laisserait intacte la composante perceptive des hallucinations.

 

5. Modifications structurelles des aires auditives chez les patients avec des hallucinations :

  

Réduction du volume du cortex auditif primaire. Réduction du gyrus temporal supérieur (STS).

Augmentation du volume des ventricules (chez les patients schizophrènes). Augmentation du gyrus frontal inférieur.

Plus ces modifications sont importantes plus les hallucinations seront importantes.

Il existe une différence dans la région impliquée dans la localisation du son (cortex temporo-pariétal de l’hémisphère droit) : jonction entre deux plissements, ou sillons, du cortex  le sillon temporal supérieur et le sillon angulaire :

   - Si des voix à l’extérieur de la tête, la jonction est significativement déplacée en avant du cerveau.

   - Si des voix à l’intérieur de la tête, la jonction est déplacée significativement en arrière du cerveau.

Augmentation du volume de la substance grise  connectivité augmentée et anarchique entre différentes structures cérébrales et hallucinations verbales. Article « Arch Gen Psychiatry, 2004;61:658-668 ».

 

6. Rôle et fonction de l’insula : aspect subjectif et corporel de l’expérience émotionnelle :

 

Cortex émotionnel adéquat pour une expérience sensorielle. Intégration de l’information relative à l’état du corps  pour des processus cognitifs et émotionnels d’ordre supérieur. Traitement des émotions et de la douleur (sa partie antérieure fait partie du système limbique) et de l’aspect subjectifs de l’expérience émotionnelle. Les désirs conscients qui affectent le corps (recherche active de nourriture ou de drogue).

La représentation de notre propre corps.



12/07/2012
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