Cours de psychologie

Perception - cours

Psychologie Cognitive

 

Perception

 

 

I. Introduction : les phénomènes Perceptifs.

 

 

Le domaine de la perception est un domaine pluridisciplinaire (science, philosophie etc).

La perception c’est « l’ensemble des mécanismes et des processus par lesquels l’organisme prend connaissance du monde et de son environnement sur la base des informations élaborées par les sens. » C.Bonnet (Grand Dictionnaire de la Psychologie).

Et qui « nous permettent de construire nos propres représentations de ce monde ». J.Bagot (1999).

Percevoir pas = à capter des informations sensorielles.

→ Perception comme acte cognitif.

Forme de traitement des informations relatives à l’environnement physique, ces informations sont transmises à l’organisme par les différentes modalités sensorielles (vision, audition, olfaction, toucher, goût) puis traitées.

Occupe une place centrale dans les activités vitales = conduites adaptative.

 

Les différentes étapes de traitement de l’information perceptive :

      - 1ère : traitement sensoriel :

          → Traitements précoces, locaux, pré-attentifs, en parallèle et dépendant (1) des caractéristiques de l’information en entrée et (2) des propriétés du système visuel.

      - 2ième : structuration :

          → Organisation des informations extraites à la 1ère étape : traitements + globaux.

      - 3ième : identification :

          → Mise en rapport des informations sensorielles élaborées aux 2 premières étapes avec des représentations stockées en MLT (notamment sémantiques) → attribution d’un sens.

 

 

Structuration : organiser entre elles les différentes structures de l’information extraites lors de la 1ère étape.

Il s’agit de mettre en rapport les différentes informations élaborées lors des 2 premières étapes avec des connaissances stockées en MLT. Ces connaissances sont en 2 étapes : connaissances structurelles et représentations sémantique.

- Les représentations sémantiques relatives à la forme et à la structure de l’objet, niveau sémantique.

- Connaissances qui nous permettent de dire qu’une forme vue de haut ou de profil est la même chose (non sémantique). A l’issu de ces différentes étapes et que l’individu ait repéré ces connaissances, il pourra dénommer le stimulus.

 

La perception repose en plusieurs systèmes de sous-traitement.

 

1. Le monde perçu est-il identique au monde réel ?

 

a. L’hypothèse du « réalisme naïf » :

 

« Le monde réel est identique au monde perçu ».

Analogie entre la perception et la prise d’une photographie.

Cette hypothèse n’est pas validée par l’étude scientifique de la perception.

Il suffit de prendre une photographie pour percevoir → NON ! Notre rétine et nos organes vont…

Possibilité : On voit la même chose et on peut l’interpréter différemment.

 

b. Les hypothèses basées sur des connaissances scientifiques :

 

Le cerveau n’enregistre pas une image du monde, mais crée sa propre image, va reconstruire sa propre image.

Il existe une différence entre le monde réel et le monde perçu. Percevoir le monde c’est aussi réinventer, ré-imaginer le monde. Processus de création de nouvelles réalités qui sont la somme de nombreux processus.

Les récepteurs sensoriels reçoivent l’information sous forme physique (ex : odeurs → agréable ou désagréable puis va être interprété au niveau neuronal).

 

c. Les trois grandes étapes du traitement perceptif :

 

Processus cognitif d’interprétation perceptive : Attentes, connaissance, savoir, langage, motivation.

Processus cognitif d’organisation perceptive :

     - Processus descendant (conceptuel).

     - Processus ascendant (conduit pas les donnée).

Processus sensoriel : Stimulation.

 

 

d. Deux types de processus de traitements :

 

Des traitements guidés par le stimulus (en anglais : Stimulus-Driven ou Bottom-Up) :

     - Prédominent des informations sensorielles directement liés à la stimulation.

     - Le traitement dépend des capacités de nos organes sensoriels.

     - Il s’agit d’une détection sensorielle indépendante de la signification de l’information.

(Ex : téléphone : la personne regarde un téléphone pendant un moment et va dire « c’est un portefeuille »).

 

Des traitements guidés par les représentations ou par nos concepts  (en anglais : Concept-Driven ou Top-Down) :

     - Prédominent des informations liées à nos connaissances, motivation et attentes.

     - Le traitement dépend des processus mnésiques (= de mémoire), attentionnels, d’intégration, et d’interprétation, etc.

     - Le traitement dépend de la signification des informations perçues et donc de leur interprétation.

(Ex : il faut avoir le concept d’une pomme et reconnaitre l’odeur d’une pomme).

 

e. Distinguer les deux notions :

 

Réception sensorielle. Réception perception.

Développement des processus cognitifs permettant d’élaborer des représentations des objets et d’actions.

Représentation générale de la perception comme un système de traitement de l’information.

Représentation générale du cheminement des informations visuelles vers les différentes régions du cerveau.

 

2. Cheminement des informations visuelles vers les différentes régions du cerveau :

 

Il y a une spécialisation et une hiérarchisation du cortex visuel.

On parle d’un pré-câblage cérébral le système est pré-câblé à recevoir une information, il y a un réseau qui existe pour traiter l’information.

(Le cerveau peut se reconstruire, il garde une certaine plasticité → d’où l’importance de la neuroplasticité, ça dépend de la capacité qu’a le cerveau de réapprendre différentes fonctions, ou faire d’une ancienne fonction défaillante une place accessible qu’une nouvelle fonction).

 

3. Les deux voies visuelles : la voie dorsale (ou ?) et la voir ventrale (quoi ?) :

 

L’information, après le cortex visuel, va être cheminée par ces deux voies dans le cerveau.

 

a. La voie ventrale ou occipito-temporale :

 

→ Quoi ?

UNGERLEIDER et MISHKIN (1982).

MILNER et GOODALE (1991).

Reconnaissance des objets et des visages, déterminer ce que nous regardons.

L’interruption de cette voie provoque un déficit dans la capacité à reconnaitre et à discriminer les objets et les visages sans affecter la perception de leurs relations spatiale ou de leur configuration.

 

b. La voie dorsale ou occipito-pariétale :

 

→ Où ?

Perception spatiale des objets.

Analyse de la configuration spatiale des différents objets d’une scène.

L’interruption de cette voie provoque une désorientation spatiale caractérisée par un déficit de la perception des relations spatiales entre les objets et un déficit du comportement visuo-moteur tout en préservant les capacités de reconnaissance des objets (on est dans l’incapacité de reproduire le dessin d’une maison, tout en ayant identifié les différentes formes qui la composent) incapable de se projeter, de se représenter les relations élémentaires entre les différents composants d’une image.

 

c. Ségrégation fonctionnelle entre les zones cérébrales pour les différentes catégories d’objets :

 

La perception d’objets et des parties du corps.

Si un individu ne reconnait pas un objet il peut le reconnaitre par sa fonction (ex : téléphone → téléphoner), par son odeur etc.

Activation sélective du cortex occipito-temporal droit pour la perception des parties du corps.

Le traitement perceptif des outils et des animaux repose sur des régions différentes.

La perception des visages humains : le rôle du gyrus fusiforme (FFA).

Les lésions du FFA n’empêche pas la reconnaissance émotionnelle des visages, mais empêche la reconnaissance des visages.

 

4. Percevoir et imaginer :

 

Animaux : gyrus fusiforme (FFA) et médian et gyrus temporal repose sur des régions distinctes du cerveau (de même pour les objets mobiles/immobiles, visages/objets).

 

Activation de la voie dorsale lors d’une exploration réelle ou imaginaire d’une carte.

 

 

Percevoir et imaginer implique les mêmes zones du cortex cérébral et les mêmes processus, à l’exception du cortex visuel.

Activation de la voie ventrale durant l’imagerie mentale visuelle d’un objet à partir de sa définition donnée oralement, il y a activation du FFA et du gyrus temporal inférieur qui fait partie de la voie ventrale.

L’activation correspond à l’activation d’une représentation mentale de l’objet stockée dans la mémoire à long terme.

Activation de la voie ventrale lors de taches d’imagerie mentale des visages et d’objets :

      - La ségrégation fonctionnelle entre les zones cérébrales pour les différentes catégories d’objets est également retrouvée en imagerie mentale.

      - En particulier on trouve l’activation du FFA pour les visages et les aires pariétale (dorsales) pour l’imagerie des lieux.

L’imagerie utilise les mêmes zones que la perception.

FFA et discrimination des visages (Pessoa et al, 2002, Winston et al, 2004).

FFA et détection et discrimination automatiques de personnes (des visages → impliqué dans les troubles d’identification des visages / traits des visages) (Grill et Dpectora et al, 2004).

Les lésions de FFA n’empêche pas la reconnaissance émotionnelle des visages (Damasio et al, Farah et al, 1995, Tranel et al, 1988, Wanda and Yamamoto, 2001).

 

5. La perception des mouvements « sociaux » : le rôle du sillon temporale supérieur (STS) :

 

Mouvements « sociaux » = regard, lèvres, mouvement corporel, etc.

Perception et identification de l’état mental et émotionnel d’un personnage :

    - Le rôle de l’amygdale.

    - Du gyrus parahippocampique.

    - Du STS.

    - Du cortex préfrontal médian (cortex paracingulaire).

Un déficit de l’identification des mouvements « sociaux » est causé par un mauvais fonctionnement du lien entre ces différentes zones du cerveau.

 

La perception des émotions sur le visage : le rôle de l’amygdale dans la perception de la peur :

    - Les sept expressions émotionnelles universellement reconnues : peur, dégout, joie, surprise, mépris, colère, tristesse.

    - Tâche : identification de l’expression émotionnelle.

La perception des intentions d’autrui :

    - Implique principalement le cortex préfrontal médian (cortex paracingulaire antérieur).

    - Aussi impliqué dans le processus de prise de décision, d’évaluation perceptive, traitement des intentions d’autrui.

La perception de la douleur (vers l’étude des bases cérébrales de l’empathie) active le cortex cingulaire antérieur et insula bilatéral antérieur.

    - Identification de l’individu lui-même de la douleur d’autrui (femme-homme).

La perception et l’amour :

    - Il y a certaines zones du cerveau qui vont s’activer (insula, cortex frontal, etc.) lorsqu’on regarde son amoureux ou son bébé.

    - Mais surtout il y a des zones qui sont désactivées notamment les régions qui correspondent au traitement de la peur et de la douleur.

 

 

II. Neuropsychologie clinique des phénomènes perceptifs.

 

 

1. Les troubles de la reconnaissance des objets : agnosie visuelles :

 

Cas de Monsieur Paul :

                - A la suite de son AVC, Monsieur Paul n’arrive plus à identifier certains objets par la modalité visuelle.

                - Pourtant, il ne souffre pas d’un déficit visuel, ni d’une détérioration intellectuelle.

L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau (Oliver SACKS) «  la rose » (page 29) :

     - SACKS achète une rose. Il décide de la montrer à son patient, M.P.

     - Le patient à la vue de la rose, il décrit d’abord l’objet. Par déduction il va dire que c’est une fleur, mais ce n’est qu’en sentant son parfum qu’il l’identifie comme étant une rose. Il y a une identification par l’odeur mais pas par la vue.

 

Les agnosies : ce terme désigne la difficulté des personnes à identifier les stimuli de l’environnement à travers une modalité perceptive donnée, en absence de trouble sensoriel ou d’une détérioration intellectuelle notable.

Agnosie : privation de la connaissance de.

Ces perceptions peuvent être perturbées après une lésion cérébrale.

Lissaeur (1890) dit que les patients après un accident cérébral étaient dans l’incapacité de nommer les objets qu’ils voyaient.

On parle d’agnosie quand on une déficience de la reconnaissance des stimuli.

On peut avoir une agnosie dans la modalité auditive, visuelle, etc.

 

Différentes catégorie d’agnosies :

     - Dans l’agnosie visuelle : il s’agit du trouble d’identification des objets/des personnes (elle peut toucher sélectivement une catégorie de stimuli visuels) par la voie visuelle. Incapacité à reconnaître les stimuli divers présentés dans la modalité visuelle. Il y a 4 critères de diagnostic (selon BRUER, 1994) :

          + Le patient présente une déficience de la reconnaissance de certains (ou de tous les) stimuli visuels. Le patient doit avoir une lésion cérébrale.

          + Le trouble se limite à la seule modalité visuelle (l’objet peut être reconnu dans la main par le toucher, par l’odeur, mais pas par la vision). Les objets non reconnus le sont immédiatement par leur bruit caractéristique. Quand on demande aux patients d’explorer en manipulant l’objet, il le reconnaît et le nomme.

          + Absence de déficit visuel élémentaire ou détérioration intellectuelle globale. Il n’existe pas de déficit sensoriel primaire dans la modalité visuelle. Le champ visuel est normal et l’acuité visuelle est normale. S’il y a une baisse de l’acuité visuelle, cela ne peut expliquer ce trouble.

          + Absence de troubles majeurs dans d’autres domaines (langage, mémoire) ou de détérioration intellectuelle globale qui peuvent expliquer les troubles).

    - Dans l’agnosie auditive : il s’agit du trouble d’identification des objets personnes par le canal auditif.

    - Agnosie des couleurs.

    - Dans l’agnosie multi-sensorielle : touchent plusieurs modalités perceptives à la fois.

 

Simultagnosie : Incapacité de percevoir une scène visuelle alors que les éléments isolés sont bien perçus (perturbe lecture, dénombrement, interprétation images complexes, etc.)

Agnosie des couleurs : Perte de la connaissance sémantique dans le domaine des couleurs (1ers niveaux perceptifs intacts, permettant d’ordonner du bleu au rouge ? Fanworth, 1947).

Les patients se rendent compte de leurs problèmes mais ne peuvent se corriger.

Agnosie des visages (prosopagnosie) : Trouble limité à l’identification des visages, même les plus familiers.

Les patients ne reconnaît pas ses proches et ne se reconnaît pas dans le miroir.

Agnosie des objets : Trouble limité à l’identification des objets, même les plus usuels.

 

La démarche diagnostique comporte d’examiner au moins deux types de critères :

   - Des critères d’inclusion : présence de critères permettant d’affirmer un trouble de l’identification des objets.

   - Des critères d’exclusion : éléments permettant d’affirmer que ce trouble de l’identification ne soit pas du à des troubles sensoriels élémentaires.

   - Il s’agit d’un trouble de la construction perceptive.

→ Il est important de prendre les critères présents et absents.

 

Diagnostic (exemple des agnosies visuelles) :

Avant de partir d’un trouble cognitif de la reconnaissance visuelle, il faut démontrer que :

   - Les fonctions visuelles élémentaires sont intégrées : bilan ophtalmologique complet (acuité visuelle), champ visuel, perception des couleurs, etc.

   - La mémoire est préservée.

   - Ensuite, tests neuropsychologiques d’agnosie.

 

L’agnosie peut toucher sélectivement une catégorie de stimuli visuels (agnosies des objets, des visages, des couleurs)

Comment expliquer que l’agnosie peut toucher une seule catégorie d’objet ? → Il y a une ségrégation fonctionnelle des aires cérébrales qui codent certaines informations reliées à certaines informations.

En résumé, les critères d’exclusion : l’agnosie visuelle :

                - n’est pas un trouble du langage (différent de l’aphasie).

                - n’est pas un trouble de la mémoire (pas une amnésie, ex : sa fille, ce n’est pas parce qu’il ne reconnait pas sa fille, qu’il a oublié sa fille).

                - n’est pas liée à une déficience visuelle.

                - n’est pas liée à un déficit intellectuel.

                - n’est pas liée à un déficit cognitif général.

 

Agnosie aperceptive : Difficulté de structuration perceptive (aperception = « perception consciente d’une impression sensorielle ») :

     - Le niveau de déficit se situe au niveau de l’intégration des éléments perceptifs primaires en un tout signifiant. Impossibilité de construire une représentation perceptive adéquate des stimuli visuels.

     - Fonctions déficitaires :

         + La dénomination d’objets présentés visuellement.

         + La désignation d’objets présentés visuellement.

         + L’appariement d’objets identiques.

         + L’appariement catégoriel des objets.

         + Copie de l’objet.

         + Pantomime (ex : démontrer le geste d’utilisation de l’objet).

         + Figues enchevêtrées (ex : chapeau, bouteille : dire qu’il y a un chapeau et une bouteille).

    - Fonctions préservées :

         + Le patient peut dénommer l’objet si le nom de l’objet est présenté sous forme auditive.

         + Dessin d’un objet.

         + Absence de troubles sémantiques la personne a des connaissances sémantiques, mais il ne peut pas les indiquer lors de la dénomination des objets.

Ex : peintre aveugle sait dessiner des paysages superbes : phénomène cognitif.

 

 

De quel type de déficit souffre M. Mika ?

Souffre d’une intoxication importante qui a provoqué des lésions cérébrales bilatérales. Cet accident n’avait pas provoqué des troubles de la vision : Mika pouvait distinguer des différences de luminosité ou de couleurs.

Cependant Mika était totalement incapable de distinguer des formes de la même forme mêmes les plus simples : la différence entre deux triangles. N’arrive pas à lire des lettres (sauf les « I »). Incapable de copier un dessin. Il n’arrivait à reconnaitre son visage (dans un miroir ?).

 

Agnosie associative : Perception normale, difficulté dans l’association du percept à sa signification.

    - Le déficit se situe au niveau de l’intégration sémantique.

    - Fonctions déficitaires :

         + Dénomination de l’objet.

         + L’appariement catégoriel des objets.

         + Pantomime (ex : démontrer le geste de l’utilisation de l’objet).

         + La reconnaissance des objets présentés sous un angle inhabituel ou de dessins incomplets de l’objet.

    - Fonctions préservées :

         + La désignation d’objets (elle se fait par déduction, mais il n’arrive pas à accéder à la connaissance sémantique en elle-même).

         + Copie de l’objet (+-).

         + Dessin de l’objet (de mémoire) (+-).

         + Appariement d’objets identiques.

         + L’objet peut être reconnu par des indices tactiles, auditifs ou olfactifs (différence avec l’aphasie).

         + Enumération des composantes de l’objet ou de l’image, reconnaissance par déduction possible.

         + Le contexte et le contenu émotionnel de l’objet jouent un rôle important dans l’amélioration de la reconnaissance de l’objet  le contexte est un indice pour l’identification de l’objet il va y avoir une association entre contexte et contenu émotionnel et l’objet à identifier.

   - Elle peut être sélective, c'est-à-dire qu’elle peut toucher sélectivement certaines catégories sémantiques (ex : objets animés ou inanimés).

   - Elle s’accompagne souvent d’un déficit de l’imagerie mentale des objets (plus le temps passe, plus la personne perd la capacité de reproduire un objet).

 

 

Monsieur Jack :

(1) Le neuropsychologue demande à Monsieur Jack de dessiner un objet, il effectue un dessin tout à fait correct. Cependant, de manière étonnante ; il n’arrive pas à reconnaitre l’objet de son dessin si on ne lui demande.

(2) Monsieur Jack arrive à se servir sans problème de ses couverts à table et effectue de manière autonome un grand nombre de tâches quotidiennes habituelles (ex : il peut sortir seul et se repérer à la rue).

(3) Il arrive à décrire des objets par la couleur et leur forme générale.

On lui présente à un cadenas, il dit que c’est un téléphone.

→ Reconnaissance des formes élémentaires → assemblages → les chiffres, le cadran → lui fait penser à un téléphone.

 

Agnosies aperceptives et associatives (Lissauer, 1890) :

Ex d’un déficit agnosique catégoriel chez un patient avec des lésions temporales.

 

- Objets biologiques :

                - Animaux, végétaux → objet + action non reconnue.

                - Partie du corps → reconnu / action reconnue.

- Objets manufacturés:

                - Meubles, moyens de transport, ustensiles de cuisine et de menuiserie, vêtements → objet +

 

 

S’accompagne souvent d’un déficit de l’imagerie mentale des objets.

Exemple d’un dessin d’objets réalisés par un patient agnosique.

(Magnié et col, 1999)

 

Remarque :

En général les agnosies s’accompagnent d’un trouble de la reconnaissance des lettres (alexie).

Anosognie : Les patients agnosiques ne sont pas autocritiques face à leur déficit. Ils ont du mal à reconnaitre qu’il y a un trouble perceptif.

Ex : les patients se plaignent que « tout a changé », que les objets « disparaissent », qu’ils « changent ».

Le patient produit le plus souvent des réponses confabulatoires, il peut construire des récits à la base des perceptions entières.

Présence de réponses de persévération (le patient nomme l’objet avec le nom d’un objet présenté précédemment).

L’information visuelle primaire est traitée par le cerveau de façon incomplète, interprétation erronée de cette information visuelle.

 

Exemple de réponses utilisant une analogie formelle entre les objets rencontrée dans les agnosies perceptives.

 

 

 

Ex : de réponses rencontrées dans l’agnosie associative.

- Présent d’une image un « lapin ».

- Réponse « un lion avec un escargot sur son museau » (la personne va construire un récit en mélangeant les deux images, le lion était apparu juste avant).

Présence d’approximation sémantique

 

a. Evaluation :

 

PEGV. BORB.

 

Epreuves/ évaluer distinctement le degré d’intégrité des traitements. :

→ Perceptifs (versant discriminatif/perceptif du PEGV).

→ Sémantiques (versant associatif/sémantique du PEGV).

PEGV : 4 épreuves.

→ Versant perceptif :

Test des figures identiques : repérer/distracteurs le stimulus identique au stimulus cible.

Test des figures enchevêtrées : retrouver/choix multiples les éléments qui constituent la figure cible, figure complexe ou se superposent plusieurs dessins d’objets au trait.

Ex : identification des figures superposées.

→ Versant perceptif :

Appariement fonctionnel entre un dessin d’objet-cible et un dessin d’objet avec lien associatif présenté parmi des distracteurs (certains présentant un lien visuel mais non sémantique avec la cible).

Appariement catégoriel.

 

Agnosie visuelle aperceptive :

 

Problème perceptif provoqué par une lésion cérébrale :

    - Acuité visuelle normale.

    - Incapacité à reconnaître par leur forme les objets présentés visuellement (téléphone, etc.).

Benson et Greenberg (1969) : cas d’un patient.

   - Saisir des aiguilles disposées sur une table.

   - Différencier des stimuli différents par leur couleur, leur taille.

   - Mais ne pas les différencier lorsqu’ils se distinguent seulement par leur forme.

   - Objets >> formes géométriques bidimensionnelles.

   - Objets en mouvements >> objets statiques.

   - Copie de dessin très mauvaise.

Copie – Le patient essaie de copier les modèles qui lui sont donnés.

→ Performances très détériorées.

Diagnostic cognitif : on émet l’hypothèse sur le lieu dans le système de traitement de l’information qui dysfonctionne. Un même espace peut amener à 2 déficits cognitifs.

 

Perceptions des propriétés locales des objets, difficulté d’extraction de la structure globale.

 

Lésion temporale et bilatérale (HG et HD).

→ Difficulté à relier les éléments.

→ Empêche structuration perceptive de l’objet.

 

Agnosie visuelle associative :

 

Perception normale : difficulté dans l’association du percept à sa signification.

 

Copies formes géométriques et dessins ++ (Test 1 BORB).

Difficultés ++ tâche de décisions d’objet (T10) association.

Sémantique (T12) etc.

 

Ratcliff & Newcombe (1982) :

   - Copie correcte d’un dessin au trait.

   - Différencie correctement des objets par leurs formes.

   - Ne peut ni identifier des dessins d’objets.

   - Ni dessiner des objets de mémoire.

→ Absence d’identification visuelle de l’objet.

Contraste avec la capacité à écrire l’aspect et les détails des objets non reconnus.

→ Perception efficace, copie correcte et descriptions verbales correctes de ce qui est vu (formes générales, type de contours, détails).

Copie de dessins très correctes les détails sont vus correctement).

Le patient est incapable d’identifier les objets présentés.

Visuellement, erreurs de type « c’est un tronc d’arbre » pour le dessin de l’oiseau.

 

Déficit dans la capacité de transférer l’information perceptive aux mécanismes impliqués dans le langage et la sémantique.

Lésion temporo-pariétale (hémisphère gauche ou bilatérale).

→ Difficulté à relier les éléments d’angles.

→ Empêche structuration perceptive de l’objet.

 

Serait-ce du à un déficit dans la capacité à associer les informations perceptives aux mécanismes impliqués dans la sémantique et le langage.

En d’autres termes : que le déficit cognitif est le suivant : les traitements perceptifs sont intègres mais incapacités de relier, d’associer la perception actuelle aux représentations stockées en MLT.

 

2. Les troubles de la reconnaissance des visages :

 

a. La prosopagnosie :

 

Forme d’agnosie visuelle qui correspond au déficit de reconnaissance des visages.

Elle est due à des lésions anatomiques dans le cerveau.

 

Les patients atteints de prosopagnosie sont incapables de reconnaitre des visages connus même ceux de leurs proches (néanmoins, ils peuvent les reconnaitre par la voix, l’odeur, ou certains attributs comme une moustache, une pipe, une coiffure etc.).

Dans les formes sévères le patient ne reconnait pas son propre visage.

Lésions bilatérales de la partie occipito-temporale du cerveau.

Ils peuvent reconnaitre leurs proches quand ils ne changent pas trop (doute).

 (Autre : agnosie visuelle chez les enfants → ils peuvent être perturbés ++, troubles des comportements, très concentrés sur le « verbal » (car il n’y a pas de mouvements, pas de changements).

 

 

Sur le modèle des agnosies visuelles, on distingue différents types de prosopagnosie :

   - Prosopagnosie perceptives : l’analyse structurale est déficiente et ne conduit pas à une représentation susceptible d’activer la reconnaissance faciale.

   - Prosopagnosie associative : la représentation structurale est bien construite, mais elle n’active plus les registres ultérieurs du système de traitement  troubles d’accès au traitement sémantique (on reconnait que c’est un visage mais les processus ultérieurs ne marchent pas, on ne sait pas qui c’est).

 

Niveau d’évaluation des prosopagnosies :

 

- Niveau perceptif :

                - Décision de visages.

                - Indentification de l’âge, du sexe, des émotions.

                - Appariement des visages (selon des caractéristiques communes).

- Familiarité : la personne peut catégoriser des photos de visages connus et inconnus.

- Niveau sémantique :

                - Catégorisation (de visages) (ex : de bandes dessinés, chanteurs connus, hommes politiques).

                - Evocation d’informations à partir des photos et des noms (elle peut demander des éléments sur leur identité).

 

Le déficit de l’identification visuelle du visage n’empêche pas une identification émotionnelle de la personne :

- DAMASIO et TRANEL (1985) ont montré que ces patients peuvent faire une distinction inconsciente entre les photos des personnes familières et des photos de personnes inconnues.

- Même si les patients ne reconnaissent pas consciemment les personnes sur les photos, ils montraient une réponse électrodermale différente pour les photos des personnes familières.

- Référence au modèle anatomo-fonctionnel de la reconnaissance des visages (ELLIS et YOUNG, 1990) hypothèse d’un double système anatomique visuo-limbique hémisphérique droit.

 

b. Le syndrome de CAPGRAS :

 

Syndrome de Capgras = délire d’identification des personnes (elle identifie les visages mais ne reconnait pas la personne) (ex : je reconnais mon mari, mais ce n’est pas lui ! C’est un homme qui s’est déguisé en mon mari).

 

 

c. Prospagnosie et reconnaissance implicite :

 

La reconnaissance implicite (non consciente) peut être observée chez certains patients.

Il y a donc différent niveau de reconnaissance.

 

Selon Bruyer (2000): la reconnaissance implicite n’est pas observée chez tous les patients.

→ La prosopagnosie aperceptive → déficit des traitements structuraux. Pas de reconnaissance implicite.

→ La prosopagnosie associative : analyse perceptive intacte, mais n’active plus les registres ultérieurs. La reconnaissance implicite est possible.

 

d. Différents noms pour les délires d’identification des personnes :

 

Syndrome d’illusion des sosies.

Syndrome de Capgras.

Syndrome d’illusion de Fregoli.

D’inter métamorphose de charme.

De doubles subjectifs.

Plus variantes de ces syndromes.

 

e. Éléments sémiologiques :

 

Problème de méconnaissance :

   - Croyance.

   - non croyance concernant l’existence d’un proche, qui est devenu étranger.

   - Production d’un délire riche à thèmes et mécanismes multiples.

   - Dans les troubles délirants « psychiatriques » et dans certains troubles « neurologiques ».

 

f. Approche psychologique :

 

Interprétation délirante d’une perception « normale ».

Intrication d’un trouble cognitif et d’un trouble psychiatrique.

 

g. Au niveau cognitif : deux phénomènes :

 

Reconnaissance formelle du visage plus au niveau perceptif.

Identification partielle.

Référence au modèle anatomo-fonctionnel de la reconnaissance des visages (Ellis et Young 1990).

Hypothèse d’un double système anatomique visu limbique hémisphérique droit.

 

3. Les hallucinations :

 

a. Introduction :

 

L’acte perceptif en tant que « perception des objets » à une pathologie propre dont le symptôme le plus typique est « la perception sans objets à percevoir » d’après la définition d’Henri EY concernant les hallucinations.

Différence entre acte perceptif (= décrire un acte perceptif, les mécanismes de perception) et le phénomène perceptif (= propre à chaque individu, façon dont l’individu vit ses perceptions).

 

Le mot « hallucination » vient du grec : hallucinare – se tromper, se méprendre, divaguer (dans la psychologie ça concerne le point de vue de l’observateur, pour celui qui vit les hallucinations c’est réel).

 

b. Les hallucinations :

 

Il faut distinguer les hallucinations de :

   - L’illusion : perception inexacte d’un stimulus réel.

   - L’erreur d’interprétation : jugement faux porté à partir d’une perception exacte.

   - Du rêve : imagerie visuelle pendant le sommeil.

   - L’onirisme : transformation globale du monde perçu dans un contexte d’altération globale de la conscience.

   - L’imagination : peut être d’une grande vivacité de qualité sensorielle, visuelle et de localisation spatiale.

 

Il faut aussi distinguer plusieurs types d’hallucinations :

    - Psychosensorielles :

          + L’hallucination au sens fort implique que le trouble psychosensoriel est un phénomène sensoriel, donc il doit avoir tous les attributs de la sensorialité.

          + En tant que perception sans objet, elle doit se produire sans les stimuli qui normalement déclenchent la perception.

          + Procurent la même sensation immédiate de la réalité qu’une perception réelle mais en l’absence de stimulation externe de l’organe sensoriel intéressé.

          + Les hallucinations auditives :

                 . Elémentaires (bruits, son simple, sifflet, cloche, etc.).

                 . Complexes (voix, conversations, mélodie, bruit de la pluie, de pas, etc.).

                 . Acoustico-verbales hallucinations auditives qui correspondent à la perception de la voix.

                 . Les voix peuvent avoir une localisation spatiale : venir de prés ou être plus éloignées.

                 . Elles peuvent avoir une tonalité/prosodie précise (être chuchotées ou intenses, hommes ou femmes).

                 . Compréhensibles ou non.

                 . Les voix peuvent être connues ou inconnues (voix de défunts, de Dieu, du diables, etc.).

                 . Dans la langue maternelle ou dans une autre langue.

                 . Les voix s’adressent directement au patient ou conversent entre elles (ex : délires alcooliques).

                 . Peuvent répéter la pensée du sujet, commenter ses actes ou encore lui donner des ordres.

                 . Le contenue des hallucinations est le plus souvent de nature désagréable, hostile (injures, menaces, ordres, etc).

                 . Peuvent être entendues par une oreille ou par les deux.

                   L’ensemble des caractéristiques sensorielles entrainent une conviction très forte de la réalité des hallucinations.

                 . Elles ont un retentissement émotionnel variable.

                   Attitude d’écoute : le patient à la tête tournée dans une direction et semble attentif, prêtent l’oreille.

                 . Réponses du patient (dialogue hallucinatoire).

                 . Moyens de protection divers (coton dans les oreilles, musiques, etc.).

                   Actes et attitudes apparaissant incohérents mais correspondant à la réalisation d’ordre hallucinatoires.

          + Les hallucinations visuelles :

                . Simples : images très simples (flammes, points lumineux, etc.).

                . Elaborées (objets, personnages, scènes, etc.).

                . Immobiles ou en mouvement.

                . Colorées ou blanches.

                . De tailles différentes.

                . Tonalité affective qui accompagne l’hallucination peut être très variable (angoissante, neutre, passionnée, mystique, religieuse, etc.).

          + Hallucinations olfactive :

                . Odeurs de gaz, souffre.

                . Elles sont souvent associées à des hallucinations tactiles.

          + Hallucinations gustatives : les plus souvent ont une tonalité désagréable.

          + Hallucination tactile :

                . Fourmillement, picotements, décharge électriques, brulure ou froid.

                . Très souvent retrouvés dans les délires alcooliques.

          + Hallucinations somatique ou cénesthésiques : impliquent la perception d’un phénomène physique à l’intérieur du corps.

     - Intrapsychiques : phénomène sans caractère sensoriel, se communiquant directement aux pensées du sujet.

          + Se sont des hallucinations qui manquent des attributs complets de la perception.

          + Correspondent à une perception intrapsychique sans localisation spatiale.

          + Elles sont le plus souvent acoustico-verbale, donnant des idées imposées, télépathiques, commentaires des actes.

          + Impression de transmission de pensée, de vol de pensée, de divulgation de secrets de la pensée.

    - Ces deux types d’hallucinations se retrouvent dans le syndrome d’automatisme mental accompagné du syndrome d’influence.

    - Hallucinoses :

          + On en parle dans les cas de troubles neurologiques acquis, souvent suite à des traumatismes neurologiques, hallucinations très simples.

          + Peuvent se manifester dans les pathologies psychiatriques.

          + Remarque : dans les hallucinoses le sujet reconnait le caractère pathologique/inexacte de la perception et ne l’intègre pas dans un système délirant. Souvent les causes sont neurologiques ou toxiques.

 

c. Manifestation des hallucinations :

 

Pathologies psychiatriques :

     - Dans les troubles de l’humeur (maniaques [change d’humeur très violemment] ou mélancoliques) : hallucinations congruentes à l’humeur ou non.

     - Dans les délires chroniques, troubles schizophréniques, troubles psychotiques bref (= bouffée délirante aigue.

     - Intra psychiques : à l’intérieur de son corps.

     - N’a pas les attributs de la sensorialité.

Dans d’autres situations :

     - Privations sensorielles.

     - Isolement sensoriel important et prolongé, hallucination simple (flash).

     - Hallucination induites par un stress majeur (sommeil, sortie d’anesthésie…).

     - Manque d’oxygène (comme les alpinistes).

     - Lors de l’endormissement (hallucinations hypnagogiques).

Causes toxiques :

     - Alcool :

           + Hallucination des buveurs

           + Lors du sevrage : les hallucinations visuelles d’allure oniriques dominent le tableau.

     - Drogues : LSD, cannabis, amphétamines, cocaïne, etc.

Causes neurologiques :

     - Maladie d’Alzheimer (surtout lors de lésions pariétales) et autres démences.

     - Epilepsie temporale.

     - Tumeurs cérébrales du lobe temporal.

     - Neurosyphilis.

60, 70% des étudiants, surtout masculin disent avoir déjà eu des hallucinations de type verbale.

Cependant, les hallucinations verbales complexes sont rares dans la population générale.



11/07/2012
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