Cours de psychologie

Notions Clés

Genèse des Concepts Freudiens – Notions Clés

 

Abréaction : réaction émotive par laquelle le malade se libère, par des gestes ou des mots, de tendances refoulées dans le subconscient ou d'obsessions résultant d'un choc affectif ancien. En retrouvant la situation qui a provoqué la création du symptôme, l’affect qui avait été bloqué peut à nouveau s’écouler, et ainsi le symptôme disparaître.

Agalma : ce terme, issue de la Grèce ancienne, signifiait « petites boites », très jolies et bien travaillées, précieuses qui étaient pour les grecs des pièges à dieux. L'agalma est cet objet précieux, brillant, magnifique, qu'on attribue à l'autre lorsqu'on lui suppose le savoir et le pouvoir de nous aider. A chaque fois qu'on demande de l'aide ou du savoir à quelqu'un, on met en jeu l'agalma : lui ou elle saura. C'est le moteur du transfert. L'agalma ce n'est pas le désir, mais l'objet que le désir croit atteindre.

Analyse : moment où le patient se détache de ce qui lui a permis de traverser, de se confronter à la jouissance et en quelque sorte d'y résister. A la fin de la cure on pourra dire qu'il y a eu analyse, parce qu'il y a eu détachement.

Attention flottante : ce n'est pas une attention qui rêvasse, elle ne va pas s'attacher à certains passages du récit, mais, cependant, elle va donner la même importance à chaque énoncé du patient. C'est cette attention flottante qui permettra de ne pas avoir à diriger le discours du patient, et, par conséquent, à le cueillir dans sa spontanéité.

Carapace du lundi : terme pour exprimer les résistances induites chez les patients par la pause du week-end quand les séances se déroulaient tous les jours. Aujourd'hui on parle de la carapace des vacances, puisqu'il n'y a plus de séances quotidiennes.

Compulsion de répétition : obsession à répéter ce qui a précédé un échec, ce que répète le patient est une tentative de revivre différemment la scène en tentant de trouver une autre issue.

Construction : récit fictionnel que le clinicien fournit au patient à partir des éléments qu'il a pu récolter. La construction permettrait de venir combler les pans de l'histoire qui seraient inaccessibles.

Contre-transfert : il s'agit de ce que le transfert du patient viendrait susciter chez le clinicien : agacement, ennui, désir de protéger...

Déterminisme psychique : une idée, aussi saugrenue soit-elle, lorsqu'elle apparait dans le champ de la conscience, à avoir avec ce qui s'y trouve déjà. Ce qui exclut toute forme de hasard et de non-sens.

Diagnostic : repérage du fonctionnement psychique. Il y a deux façons pour poser un diagnostic : soit par une démarche sémiologique (démarche psychiatrique qu’a adopté le DSM), soit par la démarche psychopathologique qui se fait par le transfert. La mise en place du transfert va permettre de repérer la place qu'est la notre : dans la névrose on est tout de suite posé comme sujet sensé savoir, dans le cas de la psychose le transfert renvoie à un autre persécuteur dont il conviendrait de se défendre.

Diagnostic différentiel : des indices schizophrènes peuvent se cacher derrière des symptômes névrotiques, il faut donc un certain temps pour poser un diagnostic névrotique ou psychotique. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut faire rapidement ou facilement. Donc, processus qui vise à établir un diagnostic plus sûr, en différenciant l’affection du patient d’autres maladies qui pourraient avoir les mêmes symptômes ou des symptômes proches.

Dimension de foi : (sujet supposé savoir, par Lacan) le patient qui va consulter va prêter un savoir sur son symptôme. Cette dimension de foi est le vecteur même du transfert : attribuer un savoir au thérapeute.

Economie psychique : équilibre personnel et unique globale du sujet, prenant en compte l’aspect quantitatif des forces en présence : l’intensité de l’énergie pulsionnel, l’intensité des mécanismes défensifs et des contrinvestissements, la quantité d’énergie mobilisée par le conflit. Le refoulement est une sorte de couvert qui maintient le refoulé actif et qui se manifeste au travers de la résistance.

Engagement : engagement d'une partie par l'analyste avec le patient. En 3 temps : l'initiation du traitement,  la question des premières informations, la dynamique du traitement.

Entretiens préliminaires : premiers entretiens pendant lesquels le patient et l'analyste se rencontrent pour déterminer la pertinence de la psychanalyse. Cela permet au patient de connaitre l'enjeu d'une psychanalyse et au clinicien de déterminer la pertinence de cette analyse.

Ethique : limitation des pulsions. L'histoire de bien et de mal prise dans la découverte infantile. C'est l'insatiable besoin d'amour et de reconnaissance.

Fixation : au cours du développement sexuel, la sexualité peut se fixer sur une zone érogène qui deviendra primat de la sexualité. Là où il devrait y avoir circulation d'une zone érogène à l'autre, on se retrouve avec une zone particulièrement investie et sans jeu possible entre ces différentes zones.

Hospitalisme : syndrome dépressif chez les enfants hospitalisés à long terme séparés précocement de la mère. Ces enfants dépérissent, ils perdent rapidement leurs acquis.

Hypnose exploratrice : le médecin ne donne pas d’ordre au malade, il est dans la recherche du sens, dans la technique de l’exploration. Le but étant de permettre au malade de reconstruire lui-même son passé mais avec un thérapeute qui ne serait que le spectateur de cette activité.

Imago : clichés, prototypes ou modèles inconscients élaborés dans l'enfance selon les modèles parentaux qui se répètent et se reproduisent tout au long de la vie.

Individu : celui qui cherche à échapper à la division, c'est le moi, celui qui est indivisible. Là où l'individu ne veut rien savoir de ce qui lui échappe. L'individu c'est celui qui croit maitriser sa vie.

Interprétation : récit que le clinicien fournit au patient à partir des restes, des bouts (rêves, lapsus, symptômes, etc.). L'interprétation c'est faire ressortir un sens d'un texte manifeste.

Lapsus : une façon de dire quelque chose là où on voulait dire autre chose, à travers le lapsus le désir trouve à s'exprimer. Dans le lapsus il y a quelque chose de l'ordre de la honte, c'est le moment où quelque chose de nous-mêmes est dévoilé au regard de l'autre alors qu'on pensait le dissimuler.

Libre association : dire tout ce qui passe par la tête sans faire de sélection, de restriction, même si ces idées se montrent incohérentes, impudiques ou dépourvues d’intérêt. La libre association va permettre d'identifier un certain nombre de choses par leur répétition. Freud pense que l'association n'est libre en rien et qu'elle est surdéterminée par un réseau inconscient.

Méthode cathartique : vient du grec qui renvoie à l'idée de purgation, de libération. Méthode qui consiste à faire tomber les barrières psychologiques du patient par hypnose pour réveiller les souvenirs traumatiques enfouis, à l'origine de troubles, générant ainsi une décharge émotionnelle à valeur libératrice. Cette méthode comprend trois étapes : 1. la première étape consiste à hypnotiser le malade hystérique ; 2. une fois hypnotisé, le médecin lui pose des questions afin que celui-ci puisse revivre affectivement des événements douloureux traumatiques ; 3. une fois cette expérience terminée, le médecin réveille le patient et lui ordonne de se rappeler tout ce qu'il a dit pendant la transe. Une fois réveillé, le patient se souvient de tout ce qu'il a dit pendant la transe et les symptômes hystériques ont disparu.

Neutralité bienveillante : l’analyste ne doit pas être moralisateur, tout en évitant que le patient se sente mal à l'aise.

Névrose de transfert : la névrose originelle est remplacée dans la cure par une névrose artificielle, les symptômes sont alors pris dans la relation transférentielle, et son interprétation permet d’accéder à la névrose infantile. La névrose de transfert nait dans et de la cure même.

Objet « petit a » : objet manquant qui pousse à désirer l'objet agalmatique, objet comme cause du désir.

Passage à l'acte ou acting out : incapacité de penser, au sens élaboré, et donc de poser un acte, la plupart du temps violent et agressif, la où la souffrance, la perte, la dépression ne peut être élaborée. Le passage à l'acte est ce qui va permettre momentanément de venir faire l'économie de ce qui va être trop douloureux à élaborer. Plutôt que de se confronter à la blessure narcissique, on va élaborer une réponse auto-agressive.

Perlaboration : élaboration à travers, qui s'exerce à travers les résistances, une élaboration fondant le travail psychanalytique et visant la suppression du symptôme.

Pervers polymorphe : il jouit par tous les trous, sexualité non génitale mais chaque zone érogène satisfaite.

Perversion : négatif de la névrose.

Psychanalyse : méthode d'exploration de l'inconscient et de la sexualité. Propose une attache au patient (le transfert), mais son optique est d'attacher le patient pour pouvoir, à un moment, délier le transfert.

Psychanalyse sauvage : type d'interventions d'analystes amateurs ou inexpérimentés, ce qui donne une interprétation qui méconnaît une situation analytique déterminée.

Psychopathologie : méthode de traitement psychologique des maladies psychiques utilisant comme moyen thérapeutique la relation entre le patient et le thérapeute.

Pulsion : instinct pris dans le langage, peut se satisfaire de ne pas être satisfaite. La pulsion est l'usage inconscient d'un organe à des fins libidinales, plutôt qu'a des fins d'autoconservation.

Pulsion d'autoconservation : qui permet la survie de l'organisme, c’est un ensemble des besoins liés aux fonctions corporelles nécessaires à la conservation de la vie de l'individu.

Pulsion partielle : la pulsion sexuelle peut là être facilement rattachée à une zone érogène particulière, voire à une source somatique. Chaque pulsion partielle cherche sa satisfaction (plaisir d'organe : la pulsion se satisfait là même où elle prend sa source).

Pulsion thérapeutique négative : la relation qui relie le patient au thérapeute, peut avoir un effet inhibant, négatif.

Réalité psychique : le réel lu au travers du fantasme. Les processus inconscients ne tiennent pas compte de la réalité extérieure, et ils la remplacent par une réalité psychique.

Refoulement : lié à quelque chose qui créé dans la conscience un état de déplaisir. Pour autant, cette idée refoulée, une fois positionnée dans l'inconscient, n'en perd pas pour autant sa force. Le travail du refoulement c'est de rejeter de la conscience une idée insupportable, cependant une fois refoulée, l'idée va rester active et tenter de se faire percevoir par la conscience.

Refoulement originel : trou dans l’inconscient auquel personne n’a accès, c’est la formation de l’inconscient.

Régression : ce n'est pas le retour mais un recours à des modalités relationnelles qui à un moment ont fonctionné pour résoudre des problèmes.

Résistance : le patient met en place des mécanismes qui visent à ne pas avoir accès à ce matériel inconscient. S’oppose au retour dans le conscient de pensées inconscientes qui pourraient participer à la guérison du patient. C’est l’expression de la présence d'un refoulement. L'ensemble des réactions d'un patient dont les manifestations dans le cadre de la cure font obstacle au déroulement de l'analyse. Elle est inconsciente.

Résistance de transfert : quand le transfert sert la résistance et peut même aller jusqu'au fait d'entraver le processus de guérison. Remémoration qui passe par la mise en acte.

Rêve : réalisation hallucinatoire d'un désir qui ne peut venir à la conscience. Le désir ne peut apparaître que sous une forme déguisée. La censure se situe entre l'inconscient et le travail du rêve. Elle va travailler à partir de deux mécanismes qui sont le déplacement (on prend un personnage et on va le situer dans un autre contexte pour qu'on ne le reconnaisse pas) et la condensation (on prend plusieurs traits pour en faire un seul personnage).

Savoir insu : il y a un savoir chez le patient dont il n'a pas connaissance, c’est le savoir de l’inconscient. Le sujet n’est pas sans savoir, il ne sait pas tout mais il ne sait pas rien. C’est le savoir qui l’affecte comme formations de l’inconscient (rêves, lapsus, actes manqués et surtout symptômes).

Silence : un silence d'élaboration et un silence de sidération (silence lié à des pensées transférentielles, c’est ce silence qui est important dans la clinique).

Sitting Analytique : c’est le divan analytique. Permet de ne plus être face au patient et de se détacher de tout ce qui relève de la subjectivité.

Souvenir écran : souvenir reconstruit fictivement par le sujet à partir d'événements réels ou de fantasmes et qui s'interpose entre la conscience et le souvenir d'une scène traumatique.

Sujet : vient de subjectum, c'est celui qui est soumis à l'inconscient, au fait qu'il y ait quelque chose qui lui échappe.

Symptôme : il est plurivoque, il s’organise en couches. Modalité de la jouissance. Formation de compromis entre le désir et son interdiction. C'est l'impossibilité à dire.

Symptôme hystérique : l'affect qui n'a pas pu être élaboré va rester bloqué dans le corps et va se transformer en symptôme.

Symptômes névrotiques : effet d’un traumatisme, caractère compulsionnel (intense). Ils peuvent servir à contenir une psychose.

Synthèse : interprétation, c'est le moment où le patient se reconnait dans son symptôme. Accentuer sur la synthèse c'est accentuer le moi et donc faire croire aux patients qu'ils sont des individus, alors que nous sommes tous sujets.

Thèse organiciste : les symptômes développés par l'hystérique ont un substrat neurologique. Doctrine qui se référait à un support organique pour analyser les fonctions mentales et leurs troubles.

Thèse psychogénétique : l'hystérie est un symptôme créé. Doctrine pour laquelle l'origine des maladies est purement psychique (thèse qui s’impose).

Transfert : relation qui unit le patient et le thérapeute. C'est la réactivation d'un modèle qui a été élaboré au cours de l'enfance et qui va se rejouer dans le cadre de la cure sur la figure du psychologue. Processus par lequel les désirs inconscients de l'analysant, concernant des objets extérieurs, viennent se répéter dans le cadre de la relation analytique sur la personne de l'analyste. Dans le transfert le patient nous fait des demandes qui en principe s'adressent à quelqu'un d'autre. Le transfert peut être positif (fait de sentiments tendres et amoureux) ou négatif (fait de sentiments hostiles et agressifs), c’est la dualité du transfert. Ces deux sentiments sont souvent liés l'un à l'autre et permettent de rejouer l'ambivalence qui a été le propre des relations qui nous ont unis à nos parents. Le transfert est un phénomène qui intervient dans toutes les relations particulières où on prête un savoir à l'autre. Le transfert c'est de l'amour qui s'adresse à du savoir. Dans la cure, le transfert peut être interprété alors que dans la vie quotidienne il ne peut pas l’être. Le transfert permet aux souvenirs de faire retour. Le transfert ne suffit pas à lui seul à faire disparaitre le symptôme. C'est la liquidation du transfert qui permet la guérison.

Transfert tout prêt : le transfert, souvent, préexiste même à la rencontre.

 



14/01/2014
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