Cours de psychologie

Notions clés

Techniques et Méthodes de la Psychologie Clinique – Notions Clés

 

 

Conflit : le sujet est divisé, il ne peut pas faire parfaitement un avec lui-même, lui-même ne peut pas se rejoindre. L’humain ne pourra avoir accès que partiellement à ce qu’il fait/est et il lui manquera toujours quelque chose, ceci est le moteur du désir puisqu’on pourra investir à partir du fait que nous sommes des êtres manquants (structurellement et définitivement manquants). Lutte entre deux tendances simultanées opposées. Lorsque deux désirs contradictoires, deux impulsions opposées se présentent en même temps à la conscience, on vit dans une tension désagréable, un conflit psychologique. Si l'on ne parvient pas à le résoudre de façon satisfaisante, il peut naître de l’angoisse, voire des troubles psycho-émotionnels.

DSM : référence mondiale en matière de psychiatrie. Deux principales fonctions : Outils pour les médecins (critères définissent par un panel d'expert et décider s'il faut établir un diagnostique et établir un traitement), et pour la recherche. Publiée en 1952, la première édition de cette classification nationale américaine était principalement marquée par l'influence d’Adolf Meyer et de son concept étiopathogénique de réaction. De même que la neuvième édition de la classification internationale des maladies (CIM-9), le DSM-II (1968), mêlait encore des éléments symptomatiques, évolutifs et étiopathogéniques. Sous la direction de R.L. Spitzer, les principaux procédés utilisés dans le DSM-III (1980) pour répondre à des objectifs prioritaires de pragmatisme et de recherche d'un langage minimal commun destiné à améliorer la fidélité interjuges des diagnostics, ont été : un "athéorisme" proclamé, l'utilisation systématique du procédé dit des critères diagnostiques, en ne retenant que ceux simples, clairs, dénués le plus possible de toute ambigüité sémantique ; l'enregistrement des informations disponibles selon un système de cotations dit multiaxial. Ainsi sont enregistrés, à côté des syndromes (axe I), les troubles spécifiques du développement (axe II), les troubles somatiques concomitants (axe III), la sévérité globale des stress psychosociaux (axe IV) et le niveau d'adaptation et de fonctionnement le plus élevé du sujet au cours de la dernière année (axe V). Après le DSM-III-R (1987) et avec le DSM-IV (1994), les critères diagnostiques révisés tiennent compte non seulement des avis des commissions de consensus, mais aussi des premiers résultats des études sur le terrain concernant les problèmes les plus controversés, enfin des revues récentes de la littérature. On donne au sigle DSM tantôt le genre masculin puisque c'est un manuel, tantôt le féminin puisque c'est une classification.

Fait clinique : construction complexe qui requiert la mise en œuvre des théories, des techniques et des théories de la technique. On ne peut pas réduire la clinique psychologique à un modèle unique, à cause de la différence des projets psychologiques de base qui structurent les différentes orientations. Une conséquence est que les faits cliniques sont différents pour les différentes cliniques psychologiques. Pourtant, il y a des points incontournables : la définition du setting et la prise en charge de la relation sujet/clinique. On discute les conséquences d’utilisation de la relation comme instrument de connaissance et d’intervention.

Fidélité : qui correspond à la reproductibilité des résultats obtenus.

Héliocentrisme : correspond à la première grande castration sur l’humanité comme point de référence de l’humain. Théorie physique qui place le soleil au centre de l’univers (et non la terre).

Individu : notion retrouvée dans le juridique. Renvoi au groupe, littéralement c’est celui qui ne se divise pas. Ca renvoi à une espèce de cohérence unitaire. L’individu est indivisible.

Méthode : le « methodos », littéralement c’est ce qui ouvre, montre le chemin. La méthode est le chemin qu’on emprunte pour atteindre un objet de recherche ou pour exercer une pratique clinique. C’est à la fois la recherche d’une voie et à la fois la poursuite ou l’insistance dans l’emprunt de cette voie. C’est donc une manière de conduire sa pensée, de faire ou de dire quelque chose suivant certains principes, suivant certains critères, et dans un certain ordre, logique. La méthode est étroitement liée dans la production, dans les résultats d’une recherche, c'est-à-dire que la méthode nous donne, nous enseigne quelque chose de la théorie à laquelle elle s’articule. La méthode ne nous donne pas un résultat valide dans l’absolu mais elle donne un résultat qu’il faudra de toute façon interpréter à partir et en fonction (de façon extrêmement dépendante) de la méthode avec laquelle on a abordé le sujet. On pourrait même dire que le résultat obtenu est le fruit de la méthode. La méthode, suite d’opérations ou de procédés que l’on va appliquer de façon homogène, se réalise toujours en vue d’obtenir des résultats déterminés. Effectivement, suivant la méthode utilisée, on ne peut pas parler du même sujet.

Méthode clinique : elle va aller chercher la singularité du sujet ou du groupe. Le singulier de la rencontre est ce qui va se jouer de manière originale et unique, et donc singulière, dans la rencontre avec tel ou tel psychologue. La relation ne s’ouvre pas de la même façon en fonction du praticien rencontré. La demande du sujet ne s’énonce pas de la même façon, d’abord parce qu’il aura choisi en amont à s’adresser à un certain type/genre de psychologue. Ce qui sera produit de cette rencontre est tout à fait singulier, on n’est pas sur le même modèle : c'est-à-dire l’administration de l’emprunt ne se fait pas par la répétition de phénomène a partir de paramètres invariants. La singularité est aussi du coté du sujet lui-même. La singularité est replacée du coté d’un savoir non pas comparatif ou expérimental, mais d’un savoir inconscient, c'est-à-dire méconnu du sujet lui-même quant à la cause et à la fonction. Le sujet souffre mais la cause de cette souffrance lui est énigmatique. On présuppose qu’il y a un savoir qui se construit dans la rencontre et ce n’est pas un savoir qui est présupposé, déjà là, avant que ce réalise cette rencontre. Autrement dit c’est la singularité des manifestations du sujet, la perpétuelle et incessante analyse de ce qui se voue dans la relation, que le phénomène apparait, en situation de rencontre, en situation de face à face. Elle nécessite un tas de reprises après coup et un tas d’analyses. Notamment de l’implication du clinicien dans sa rencontre. La méthode clinique n’est pas une simple application d’une méthode, mais une implication d’une méthode. Le clinicien est impliqué dans la rencontre et dans ce qui s’y joue. C’est le modèle de la subjectivité : on est à l’opposé de la démarche expérimentale et du modèle de l’objectivité scientifique, et on réinjecte de façon essentielle cet aspect de singularité. « Pathei mathos » : littéralement signifie « le savoir dans la rencontre, dans l’expérience ». C’est la tradition tragique du psychopathologique. On parle d’une rencontre clinique qui n’est pas harmonieuse. On parle d’une rencontre humaine qui à a voir avec la dimension du tragique de la condition humaine. La méthode qui est articulée à cette théorie (et vice-versa) conçoit la souffrance de l’humain non pas comme un trouble du comportement, non pas comme une dysharmonie, un dysfonctionnement, mais elle la conçoit du coté de ce qui fait l’humain, c'est-à-dire des passions de l’être. Le sujet dans la vision psychanalytique, qui inclut le domaine tragique, est divisé. La division du sujet signifie qu’il y a quelque chose d’un savoir qui fait que le moi n’est pas maitre dans sa demeure : le sujet n’est pas pleinement conscient, il n’est pas totalement maitre et tout puissant, il dispose également d’un savoir inconscient à partir duquel il devra composer et qui va le diviser entre des aspirations conscientes et ce qu’on appelle le désir inconscient. Effectivement ces deux choses là ne se regroupent pas. Il faudra essayer de travailler avec le patient en tournant, en tant que clinicien, autour de ce savoir là, parce que ce savoir là n’a pas la même qualité suivant comment son rapport est défini selon le type de pathologie dont le patient est atteint (névrose, psychose, perversion). La division du sujet est du coté de l’inconscient et du conscient, du désir inconscient et de la jouissance, du coté des mots et des choses. C'est-à-dire que la division du sujet est liée au fait que l’homme est un animal parlant. Autrement dit, comme nous l’avons travaillé par rapport au sujet qui n’a qu’une existence symbolique, à partir du moment où l’on nomme la chose, on ne peut plus s’approprier ou intégrer le signifiant dans la représentation.

Méthode comparative : comparer diverses populations ou divers groupes. Pour les comparer il faudra donc créer des groupes qui seront composés, qui vont relever ou qui vont adopter, divers critères homogènes et similaires. C'est-à-dire, pour travailler à partir de la méthode comparative, il faudra déterminer des classes d’individus homogènes. Ce que l’on va travailler à partir de cette méthode c’est la dimension de la particularité. On va comparer un groupe témoin qui va être une sorte de référence, ce à quoi je vais me référer, dans la comparaison que je vais vouloir faire avec une autre classe, un autre groupe d’individus, qui possède une particularité que j’aurai évidemment isolée pour les besoins de l’étude comparative. Il s’agit d’un modèle qui se rapproche d’un modèle objectif et qui se compose d’un certain nombre de présupposé psychologique. Le premier, le plus important, est la constitution d’une classe d’individus homogènes (on travaille la dimension de la particularité, c'est-à-dire je vais comparer un groupe témoin qui va être notre référence, et un groupe qui possède une particularité que j’aurais évidemment isolée pour les besoins de l’étude comparative) ; le second présupposé est qu’on exclut la subjectivité (méthode qui essaye d’exclure d’emblée le lien à l’expérimentateur, ça exclue le lien au clinicien) ; troisième point, il n’existe pas de résultat pur (faut interpréter les résultats, voir ce qui est fiable et valide).

Méthode expérimentale : cherche à isoler des phénomènes psychophysiques, psychologiques. L’idée c’est de les évaluer le plus objectivement possible. Ca se passe en laboratoire. On va essayer d’isoler le plus possible le phénomène, et pour cela on va créer une sorte d’environnement artificiel (le laboratoire) dans lequel on va essayer de se pencher sur la répétition de ce phénomène. D’une part on a la permanence des conditions de l’expérience ou de composition des groupes et d’autre part, on a la répétition du phénomène observé. C'est-à-dire si on garde les mêmes paramètres d’expérimentation, on doit aboutir aux mêmes résultats.

Modèle hygiéniste : aucune conscience du problème chez le sujet, les besoins sont relevés par un technicien, la responsabilité du sujet appartient à l’hygiéniste, et bien évidemment la relation n’est absolument pas prise en compte.

Modèle médical : le patient peut avoir conscience d’un problème mais l’énonciation du problème appartient au médecin, le savoir est du côté du médecin puisque celui-ci ordonne au malade non seulement la thérapie mais aussi le régime de vie. Cette responsabilité est évidemment réversible et se termine avec la fin de la maladie.  Dans ce modèle là, la relation au patient n’a pas grande valeur du point de vue thérapeutique et diagnostique, les processus de connaissance (diagnostic) et les processus d’intervention (thérapie) n’impliquent pas la relation en tant que telle. Une bonne relation peut faciliter ou être même indispensable pour l’adaptation du patient mais, en soi, il n’y a rien dans la relation qui puisse aider le médecin dans la formulation d’un diagnostic et dans l’ordonnance d’une thérapie.

Modèle objectif : le traitement se fait en extériorité. On s’intéresse à l’objet, on essaie de saisir quelque chose de l’objectivité des cas, on va mettre en place des méthodes et techniques.

Modèle psychologie : il y a une certaine conscience d’un problème dont il va se plaindre, même si la conscience de ce problème peut être assez confuse, et que la cause peut être attribuée à l’extérieur de soi. La responsabilité en reste toujours au patient. La relation est le lieu de la connaissance et l’instrument de l’intervention. Comment le sujet va se mettre en relation, formule une demande, porte certains contenus, avance ses attentes…ce qui se joue dans la relation va être le lieu et l’objet de la connaissance et de l’intervention.

Modèle subjectif : le traitement se fait en intériorité. On ne l’atteint jamais, mais on peut tendre à s’en rapprocher. Ce qui se joue sur le plan de l’intégrité, à partir de la définition sujet : le sujet divisé. La clinique analytique, ou psychologie humaniste. Modèle qui ne dépend pas d’un savoir qui est construit à priori de la rencontre, mais construit dans la rencontre, travailler sur l’implication et pas application méthode.

Névrose : savoir inconscient refoulé, mis en dessous. Si on lève le refoulement, le savoir est à disposition du sujet.

Objet : ce qui est posé devant soi, c’est ce que l’on vise, ce que l’on chercher à atteindre.

Personne : étiologiquement « persona », c’est le masque utilisé dans l’antiquité par les acteurs grecs. La personne renvoie à notre masque social, c'est-à-dire à tous les identifiants sociaux-culturels qui nous façonnent.

Pervers : savoir « on sait bien que, mais quand même », dans la perversion le savoir c’est d’essayer de faire tenir ensemble deux savoir incompatibles.

Psychologie : évolution en 4 temps : psychologie comme science naturelle (physiologie = cerveau), la psychologie comme science du comportement (béhaviorisme, contrôler le comportement et induire des comportements sous l’effet des renforcements positifs et négatifs), la psychologie comme science du rapport sujet-monde (ce qui s’intéresse au projet de détromper l’esprit), la psychologie comme construction de la réalité (la réalité n’est pas donnée, résultat d’opérations spécifiques de construction).

Psychologie clinique : prend sa source dans le sacré, la philosophie et la médecine. L’objectif est celui de diagnostiquer et de soigner, voire de guérir. On ne s’intéresse pas au patient, on ne s’intéresse pas à soi mais à la relation, à ce qui se dit, ce qui ne se dit pas, aux manifestations d’humeurs passionnelles, à la posture du sujet, etc.

Psychose : le savoir n’est pas à la disposition du sujet puisqu’il a été forclos. La forclusion est un terme juridique et d’assurance avant d’être : exercice d’un droit que s’il n’est pas exercé au moment propice, on perd le droit de l’exercer. D’un point de vue psychologique ce savoir n’est pas à disposition du sujet puisqu’au moment où des choses auraient pu être refoulées, elles ne l’on pas été, et donc ce savoir est forclos. Le psychotique devra inventer quelque chose pour maintenir le symptôme.

Pulsion : poussée d’énergie du corps vers le psychisme. Va se traduire en image, en représentation, mais la pulsion en tant que telle est inaccessible.

Réalité : articulation entre le réel imaginaire et le réel symbolique.

Réel : le réel, n’est pas la réalité, c’est ce qui ne rentre pas dans la représentation, c’est ce qui ne rentre pas dans la parole. Le réel est ce qui est hors sens. L’humain est un point de réel, c'est-à-dire un point de hors sens qu’il ne pourra pas atteindre, il va le traduire en symbolique, en représentations, etc (opposition avec la science). Au final le réel est la tuile qui va nous tomber dessus sans qu’on puisse le prédire, et pour lequel il y aura un avant et un après à partir desquels tout changera puisqu’il nous faudra composer avec ça.

Refoulé originaire : premier temps mythique de la constitution de l'inconscient postulé par Freud. Il suppose une acceptation, une affirmation première à l'introjection du premier symbole, point de départ du symbolique, suivie d'une expulsion de tout ce qui n'a pu être symbolisé (réel). Le refoulement originaire, premier noyau du refoulé, est le centre d'attraction des refoulements ultérieurs.

Refoulé secondaire : refoulement à proprement parler, après coup, notion courante du refoulement. Processus grâce auquel un acte susceptible de devenir conscient, c'est-à-dire faisant partie de la préconscience, devient inconscient.

Setting : situation psychanalytique, l’étude, l’analyse, l’interprétation, le cadre.

Singularité : chacun prend en main sa vie, on lui donne un sens particulier.

Subjectivité : une façon qu’a le sujet de se penser, de penser son rapport à lui même, le rapport aux autres, le politique ; le vivre ensemble, et son rapport au monde ; ce qui lui arrive.

Sujet : exactement l’inverse de l’individu. « sub » = dessous : le sujet est celui qui est mis en dessous, c’est le soumis. Le sujet de l’inconscient, est un sujet qui est un processus continu d’avènement et émergence du sujet, il est reconduit dans la rencontre clinique, il émerge dans la rencontre. Dans la théorie stimulus réponse, il s’agit d’un sujet passif, qui répond à des stimuli (sujet obstacle). Dans le cognitivisme, ce qui est souligné est l’activité de construction d’un sujet, d’une part dans l’élaboration du problème, dans l’élaboration des informations qui lui proviennent du monde (collaboration fondamentale du sujet). Celui via Piaget et Freud, autour du constructivisme, une représentation du sujet autonome dans le sens où il construit lui même et le monde (importance de ce qui se passe dans la relation).

Symptôme : Sinthome : très vieux français, l’ancienne terminologie de symptôme, le sinthome est le symptôme avec la souffrance en moins. Production d’envie, le sujet est affecté et va le manifester sous troubles de conduites et comportements. En psychanalyse, le symptôme a une utilité pour le sujet, il n’est pas simplement une production morbide, il est ce que chacun bricole pour faire tenir un rapport à l’autre, il est une tentative de guérison.

Syndrome de répétition avec réminiscence : récurrence de la scène d'où émane le traumatisme. L'individu revit avec brutalité des parties ou la scène entière du traumatisme, les souvenirs oniriques peuvent apparaître d'une grande fidélité avec la scène réelle, tant celle-ci s'imprima dans la psyché. Tentative d'abréaction, l'individu a un besoin urgent de décharger l'émotion emmagasinée. D'un point de vu psychanalytique on peu voir le syndrome de répétition comme lié au refus du changement et à la pulsion de mort.

Thérapie : il y a la présence du Dieu (Théos). Aujourd’hui la thérapie à un sens curatif, mais dans l’antiquité, elle n’avait pas ce sens là, elle en avait un autre : « celui qui prend soin » dans le sens du serviteur et de l’adorateur de dieu. Ca se rapporte au service et au culte que l’homme rend aux divinités, par la suite il va s’en découler les autres définitions de la thérapie. Méthode curative. La thérapie est un moyen de prévenir, traiter, soigner ou soulager une maladie. Il existe un grand nombre de thérapies. Certaines agissent uniquement sur le psychisme à l’exemple des psychothérapies (qui elles mêmes sont nombreuses). Certaines médecines non conventionnelles sont assimilées à des thérapies : hypnose, luminothérapie, art thérapie. Les thérapies paramédicales comme la kinésithérapie. Il y a des thérapies brèves, et des thérapies longues, des thérapies individuelles ou en groupe (thérapie de couple, thérapie familiale).

Validité : exactitude des résultats, de la mesure.



01/05/2013
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