Cours de psychologie

Notions clés

Psychopathologie de l’Enfant et de l’Adolescent – Notions Clés

 

 

Amnésie infantile : amnésie qui occulte généralement le temps vécu des premières années de l'existence. Pour Freud, elle résulte du refoulement qui porte sur la sexualité infantile et s'étend à la presque totalité des évènements de l'enfance. Le temps recouvert par l'amnésie infantile se situe dans le déclin du complexe d'Œdipe et à l'entrée dans la période de latence.

Appareil psychique : système en équilibre et qui tend à la stabilité en se vidant de son contenu énergétique. Il est donc sous la domination du principe de plaisir et le but de l’appareil psychique sera de décharger l’excitation. Parce que le désir est ce qui fait augmenter l’excitation. Freud explique que lorsque l’excitation augmente, elle amène du déplaisir, qui devient une tension.

- L’appareil psychique chez Freud se définit à partir de trois points de vue : Topique (provient de « topos » qui veut dire lieux, donc l’appareil psychique est caractérisé par l’existence de plusieurs lieux psychiques. Il en défini deux : Inconscient – préconscient – conscient [vise à décrire l’origine des forces en présence dans l’appareil psychique. Le concept d’inconscient se rattache à cette première topique freudienne] et Ça – moi – surmoi [vise à décrire la nature de la relation de leurs forces], Dynamique (l’appareil psychique est lié à la notion de conflit intrapsychique. C’est plutôt une description qualitative des forces en présence), Economique (met l’accent sur l’aspect quantitatif des forces en présence et sur la manière dont l’énergie circule à l’intérieur de l’appareil psychique)

- Dans le fonctionnement de l’appareil psychique de la 1ère topique, Freud différencie : Des processus primaires (c’est ce qui se passe dans nos rêves. Le rêve est un rébus à entendre à la lettre. Le rêve manifeste est abrégé par rapport aux matériaux très abondants dont il est issu. Il y a un déplacement facile des intensités psychiques, c'est-à-dire des investissements. La particularité du rêve qui peut être important peut se retrouver accessoire, et inversement, dans le rêve. Il peut y avoir une légère allusion à la pensée essentielle du rêve. Freud a mis en évidence deux moyens [condensation et déplacement] qui permettent au ça [réservoir des pulsions] de déjouer la censure et de décharger les quantités d’excitation. La censure c’est lorsque le sujet refoule lorsqu’il rêve, il ressort un objet  de ses refoulements mais les transforme et les déguise en rébus à déchiffrer. La décharge d’excitation c’est lorsque le sujet a des choses à décharger. L’inconscient est donc soumis au processus primaire qui se caractérise par un système de décharge), Des processus secondaires (le processus secondaire est régi par le principe de réalité et concerne le préconscient et le conscient).

- Dans sa 2ème topique, il décompose trois lieux complémentaires à sa première topique : Au commencement il y avait le ça. Il s’agit d’une masse informe et considérable, qui constitue le réservoir des pulsions. C’est à partir de ce ça que vont se développer le moi et le surmoi ; Moi en allemand se dit « ich », qui veut dire moi et je. Le moi est chargé des relations extérieures et cherche à mettre de l’ordre dans le ça. Il a une fonction logique de cohérence, car il ne supporte pas la contradiction, et de synthèse des différents courants qui le compose. Il défend l’appareil psychique des agressions internes et externes. Il est au service des forces d’autoconservation du sujet ;  Le surmoi se différencie à partir du moi. Freud nous dit que « le surmoi est l’héritier du complexe d’Œdipe ». C’est l’instance morale qui tyrannise le moi lorsque les exigences pulsionnelles du moi s’éloignent de l’idéal. On retrouve chez Lacan une autre définition : le surmoi à une figure obscène et féroce qui commande au sujet de jouir. → Les trois sont toujours en interaction, et la tache du moi est de maintenir l’harmonie entre les trois alors qu’il est tiraillé entre le ça et le surmoi. Il va essayer de trouver des compromis auxquels il ne peut pas toujours aboutir puisque les conflits sont trop compliqués.

Autisme : syndrome qui appartient aux troubles envahissants du développement. L’autisme est une maladie infantile que l’on peut diagnostiquer dès le plus jeune âge (avant 3 ans). Ce trouble du comportement qui touche plus souvent les garçons, est un trouble neurologique qui provoque un défaut de transmission entre la réception et le traitement des informations. Les autistes ont beaucoup de mal à s’adapter à un environnement social, et ne parviennent que très rarement à communiquer avec leur entourage. 3 types de troubles : Trouble du comportement (c'est le repli sur soi, absence de contact avec les autres, dès la naissance ou dès les premiers mois. Ce sont souvent des bébés calmes, qui ne demandent rien à personne. L'enfant semble éviter la rencontre avec le vivant. Il fuit le regard de l’autre. Son propre regard ne se fixe pas, il est vide, absent, « impossible à accrocher ». Cependant, il y a un intérêt pour les objets inanimés. Il semble sourd aux bruits extérieurs. Il y a une suspicion de surdité. Il y a des stéréotypies très tôt. Le fait de répéter des gestes inhabituels. Il marche sur la pointe des pieds. Rapport particulier avec la salive, avec les fèces. Il peut se balancer (il se balance lui-même), avec parfois des crises stridentes. Il se frappe, se mutile. Il ne supporte pas les changements du monde extérieur (changement de place des objets, changer de chemin → tout doit rester identique)), Trouble du langage (c'est une forme de mutisme, d'absence de langage articulé. L'enfant émet des bruits bizarres, grincements de dents. Souvent l'enfant s'est mis à parler tardivement. Le langage est anarchique, il « n'a pas de valeur de communication ». Ce sont des phrases toutes faites. Pas de parole mais des sons et donc peuvent apprendre à parler → langage anarchique est sans valeur de communication. Stéréotypies langagières. Néologismes : mots qui n’existent pas. Echolalies : répétition en écho des fins de phrases ou de mots → collage à l’autre, ce n’est pas vraiment une identification. Anomalie de la tonalité et de la mélodie. Cela marque l'impossible accès : Aux fonctions symboliques. Dans le langage il y a un code, dans le cas de l'autisme non. Il n'y a pas non plus l'accès au « je ». Au fonctionnement intellectuel, marquent l’impossibilité d’établir des relations avec les autres) et Trouble du fonctionnement intellectuel (souvent les apprentissages précoces sont impossibles, mais parfois, il y a des attitudes étonnantes qui permettent de compenser (calcul mental, mémoire). La pensée est concrète, opératoire et robotisée : elle est binaire (soit l'un soit l'autre). La pensée colle aux choses, elle n'est pas distante). Les causes de l’autisme ne peuvent être clairement définies. Il y a, outre l’autisme infantile, d’autres formes d’autisme. Parmi lesquelles : le syndrome de Rett et le syndrome d’Asperger. Le syndrome de Rett ne touche lui, que les filles. Cette maladie génétique neurologique apparaît après les six premiers mois de croissance du nourrisson, et se distingue avant tout par des mouvements désordonnés des mains, mais également par un retard psychomoteur. Tout comme pour l’autisme infantile, le syndrome d’Asperger est un trouble qui affecte les fonctions du cerveau. Repli sur soi, difficultés à communiquer avec l’extérieur, expression incohérente d’émotions, perception faussée de certains actes, sont les principaux symptômes.

Autre : c'est ce qui était là avant, la famille, une histoire, des parents, le langage, son nom et son prénom qui a été choisis pour lui. Ce que Lacan appelle grand Autre, c'est ce lieu du langage, ce lieu du symbolique qui préexiste au sujet.

Clivage : c'est le premier mécanisme de défense psychotique, ou primaire. Le clivage concerne soit l'Objet, soit le Moi. Dans le clivage, l'Objet est séparé en 2 parties, bonnes ou mauvaises, ayant des destins indépendants (bon et mauvais Objet). Dans le clivage, on préserve le bon Objet du mauvais Objet, pour éviter la contamination. Le clivage du Moi préserve la bonne partie de soi liée à la libido, de la mauvaise partie de soi, liée à la pulsion de mort (l'ambivalence est le mécanisme qui remplace le clivage dans la névrose, car le clivage est uniquement d'ordre psychotique). Le bébé va donc se défendre en projetant à l’extérieur toutes les mauvaises expériences et en introjectant à l’intérieur toutes les bonnes. Se constituent alors : un objet dangereux, mauvais, persécuteur et donc objet extérieur dont le bébé doit se protéger, cet objet est la préforme du Surmoi archaïque maternel ; un bon objet, idéalisé, gratifiant, intérieur au bébé et qu’il doit donc protéger, cet objet est la préforme du Moi archaïque.

Décompensation : des troubles peuvent être pendant un certain temps compensés, c’est-à-dire qu’ils existent potentiellement mais que leurs conséquences néfastes n’apparaissent pas du fait de défenses, de ressources qui les équilibrent. Quand cet équilibre est rompu, le trouble va se manifester, il ne sera plus compensé par autre chose, la maladie est donc décompensée. Si la personne bascule dans un effondrement de ce qui lui permettait de compenser (refoulement, soutien social, etc.) alors l'apparition d'un symptôme spectaculaire (passage à l'acte, aggravation brutale ...) sera appelée décompensation.

Détresse originelle : l’enfant naît prématuré, décalage entre le développement de ses différentes capacités sensorielles, immaturité du système nerveux. Impuissance fondamentale du nourrisson qui entraîne une dépendance absolue à l’environnement qui peut être vécue par certains comme confortable, et par d’autres comme insupportable. Etat d’inachèvement et de dépendance physique, comme psychique, par rapport à l’adulte.

Enfant : se définit de façon variable selon les attitudes, les époques, les âges. Son étymologie est « infans », « infantia » et veut dire : celui qui ne parle pas, celui qui a un souci d’éloquence.

Fantasme : compréhension de ce que l’on interprète soi-même, avec nos images et pas celles des autres. Conscient ou inconscient, le fantasme est une mise en scène comprenant le plus souvent, deux personnes (ou plus) et une action qui les relie. Les fantasmes coexistent chez chacun de nous et leur libre représentation est un signe de santé psychique. Il arrive cependant que certains d’entre eux, inconscients car refoulés, soient les organisateurs de névroses.

Fantasmes originaires : dans l’œuvre de M. Klein, il s’agit d’une fonction du moi qui implique une organisation plus complexe que ce que Freud en avait postulé. Ils ont une fonction défensive, protectrice et même structurante puisqu’ils sont un moyen d’éviter la rencontre avec la réalité externe et interne. L’analyse des premières relations révèle des fantasmes d’objets introjectés dans le moi depuis la plus tendre enfance (le sein idéalisé ou persécuteur, le pénis) : ce sont des objets partiels, fonctionnels pour l’enfant, en plus des objets de la réalité…

Forclusion : terme emprunté au droit et introduit par Lacan pour donner tout son relief au concept freudien de rejet, comme mécanisme de la psychose. Pour Lacan, c'est le signifiant fondamental de la fonction paternelle (le Nom-du-Père), à partir duquel s'ordonne l'ordre symbolique, qui a été forclos au tout premier temps de la mise en place de la structure du sujet. Ainsi, quand la psychose se déclenche, ce qui n'avait pas été admis dans l'inconscient, ce qui avait été forclos du symbolique, revient dans le réel sous la forme de l'hallucination.

Handling : correspond aux manipulations du corps : soins de toilette, habillage mais aussi caresses, échanges cutanés multiples.

Holding : correspond au soutien, à la maintenance de l’enfant, physique mais aussi psychique.

Identification projective : idée qu’un objet extérieur peut être détesté dans la mesure où il représente une partie haïssable du sujet. Le sujet projette son mauvais sur l’autre et l’identifie ainsi comme mauvais. Il peut aussi projeter des parties bonnes et développer ainsi des relations stables aux objets nécessaires à la constitution du Moi. 

Inconscient : l’ensemble des contenus non présents dans le champ actuel de la conscience. L’inconscient grave autour de la représentation, ce qui amène à l’irreprésentable, et donc il y a forcément des choses qu’on ne peut pas dire ni penser, et c’est ce qui fait que l’être humain n’est pas en harmonie avec lui-même. Le désir inconscient détermine le sujet. D’après Freud l’inconscient a la particularité de : de pas connaitre le temps, il résiste à tout ; ne connait pas la contradiction, tout peut exister en même temps dans l’inconscient, le tout et son contraire ; ne pas connaitre la négation, le doute, l’incertitude et surtout la différence des sexes. Pour Lacan l’inconscient est quelque chose qui surgit sans qu’on puisse le contrôler, ce n’est pas quelque chose d’enfoui en profondeur, c’est le fait que l’homme soit habité par des signifiants.

Introjection : la libido investit un objet et en ramène l’imago.

Jouissance : ce terme, rarement utilisé par Freud, devient un concept dans l’œuvre de Lacan. En faisant une distinction entre plaisir et jouissance, Lacan situe celle-ci du côté de la recherche constante d’outrepasser les limites du principe du plaisir. Dans le séminaire Encore, Lacan propose une distinction entre jouissance masculine et jouissance féminine. La jouissance phallique se situe du côté masculin, la jouissance de l’Autre du côté féminin. La jouissance envisagée sur le mode de la satisfaction, et en tant qu’elle se distingue du désir, inclut la libido et la pulsion de mort ; elle fait connexion entre ces deux concepts comme deux formes sous lesquelles circule la même énergie.

Métaphore du nom du père : dans la névrose, le désir de la mère est symbolisé, un signifiant vient faire coupure permettant  de se dégager de ce qui peut être vécu comme volonté de jouissance sans limite. Quand ce  signifiant, qui est appelé Nom-du-Père, vient à la place du désir de la mère, c’est-ce qu’on  appelle la métaphore paternelle. Par cette opération, un signifiant vient symboliser ce qu’il  en est du désir de la mère et donc de la jouissance qui y est liée, le désir est refoulé sous la  barre du signifiant mais s’inscrit dans le symbolique.

Mignotage : vient de l’ancien français « mignot » qui veut dire gentil. C’est décrit comme un sentiment superficiel qui consiste à dorloter et à traiter délicatement l’enfant. Il était donc une petite chose drôle et gentille qu’on pouvait dorloter.

Néologisme : création par le patient d'un mot nouveau qui ne fonctionne pas dans l'échange linguistique et ne parvient pas à fonctionner dans le langage commun, ou utilisation d'un mot habituel avec une signification détournée, dite paralogisme. Qu'ils soient phonétiques ou sémantiques, ces « mots fabriqués » peuvent être isolés au milieu d'un langage normal ou constituer un véritable néolangage. En psychiatrie, où ils ne sont pas fréquents, il s'agit surtout de schizophrènes, de délirants chroniques ou de maniaques. C'était un signe classique de chronicité. Dans l'aphasie de Wernicke, destinés à remplacer les mots perdus, ils sont très nombreux et peuvent constituer une jargonaphasie.

Neurasthénie : fatigue, anxiété, maux de tête, névralgie, déprime, se rattache à la mélancolie, la nostalgie.

Névrose : troubles psychiques sans rupture avec la réalité. La psychanalyse range au chapitre des névroses les dysfonctionnements psychiques dont une personne a conscience, qui entraînent une perturbation de sa personnalité sans pour autant l’empêcher de vivre normalement. On les attribue à des conflits infantiles souvent inconscients. L'hystérie, l'hypocondrie, les phobies, l'angoisse et les troubles obsessionnels sont quelques unes des formes de la névrose. Elle concernerait 12 % de la population et se traite par les psychothérapies ou l'analyse qui en débusque les causes.

Névrose de transfert : effet de la relation analytique selon lequel les symptômes ou les conduites pathologiques du patient acquièrent une nouvelle fonction, une nouvelle signification. Le conflit infantile se joue maintenant dans le cadre dynamique du transfert sur l'analyste et se prête mieux à l'élucidation.

Névrose infantile : Freud va d’abord déduire la névrose infantile à partir de reconstructions. Il la définit comme un « complexe nodal » où s’organise la vie pulsionnelle de l’enfant, un processus pendant lequel les diverses pulsions partielles orales, anales et phalliques doivent s’unifier. Il fera du complexe d’Oedipe le moteur de la névrose infantile dont le travail est de régler le conflit lié à ce complexe et à son axe central, le complexe de castration. La névrose infantile est le plus souvent refoulée durant toute la période de latence pour resurgir ou non, à la puberté, en névrose constituée. L’équilibre psychique dépendra de la capacité du petit sujet à résoudre sa névrose infantile et à la « dissoudre » comme Freud le disait du complexe d’Oedipe. La névrose infantile est donc un moment structurant de l’organisation psychique et génitale de l’enfant, distinct de la névrose chez l’enfant qui ne refoule pas les symptômes. Phase de développement de l’enfant qui commence à la fin du stade anal pour se résoudre à l’entrée dans la phase de latence, ou au plus tard dans les remous psychiques de l’adolescence.

Objet a : séparation d’un objet, si séparé il peut désirer, ne peut être désigné par aucun objet réel.

Objet fétiche : l’enfant déni la réalité que la mère n’a pas de pénis, comme il ne supporte pas cette réalité, il choisit un objet qui se substitut au pénis. C’est un arrêt sur image, objet de ce qu’il a vu avant la constations du manque de pénis.

Object-presenting : caractérise la capacité de la mère à mettre à la disposition de son bébé l’objet au moment précis où celui-ci en a besoin, ni trop tard ni trop tôt, de telle sorte que l’enfant a le sentiment tout-puissant d’avoir créé magiquement cet objet.

Objet transitionnel : cet objet n’est ni interne, ni externe, à la fois moi et non-moi. Il appartient au monde de la réalité mais l’enfant l’inclut au début dans son monde d’illusion et d’omnipotence. Il est antérieur à l’épreuve de réalité et représente le sein ou l’objet de la première relation. Il est le lieu de projection de l’illusion, de l’omnipotence et de la vie fantasmatique de l’enfant. C’est par essence même l’espace du jeu chez l’enfant.

Oedipe : la mère est une femme qui trouve dans son enfant une satisfaction qui vient calmer son besoin de phallus. Ce qui est très bien au départ pour se sentir aimé et désiré, puis l’enfant doit changer de position. C’est de pouvoir s’inscrire dans un sexe et une lignée.

Phallocentrisme : centration sur le phallus. Le phallocentrisme ne décrit pas seulement des concepts de psychanalyse comme la castration, qui concernerait les deux sexes, l'envie du pénis chez la femme ou la compréhension du fétichisme sexuel comme déni de cette castration. Car il s'agit également de remettre en cause l'idée d'une seule libido, masculine, idée qui provient de Sigmund Freud. Le désir peut porter à la soumission, mais en tant que recherchant activement cette soumission passive, il est actif. Et en tant qu'active, Freud décrie la libido comme masculine.

Phallus : nomme le désir humain. Le phallus c'est ce qui interprète le manque, le désir. Le phallus est le symbole qui permet de nommer le manque. Le phallus est le signifiant de la signification.

Phobie : sert à inhiber l’angoisse, c’est une protection. Ce n’est pas une structure. Lien avec la rencontre du sexuel qui est toujours traumatique. C’est un compromis, le sujet créer une phobie pour condenser une angoisse. La phobie vient condenser dans un seul signifiant, l’angoisse.

Pervers polymorphe : l’enfant passe par toutes les perversions humaines au cours de son développement. Il découvre son corps et le monde autour de lui à travers ses pulsions partielles.

Position dépressive : celle-ci s’explique par la possibilité nouvelle pour l’enfant de reconnaître, grâce aux expériences répétées du maternage, l’unicité de l’objet bon et mauvais, du bon et du mauvais sein, de la bonne mère et de la mauvaise mère (ils ne font qu’un et ne sont plus des parties !). Face à cette unicité, l’enfant ressent une angoisse dépressive et une culpabilité : il doit affronter le fait que l’objet de l’amour est le même que celui de la haine. Mais aussi, il craint de perdre cet objet aimé. Ainsi, si les bonnes expériences l’emportent sur les mauvaises, si le bon objet n’est pas trop menacé par le mauvais, le Moi (investi par la pulsion libidinale) peut accepter ses pulsions destructrices. Source de souffrance transitoire, cette acceptation permet une atténuation du clivage et rend plus réaliste la perception de l’objet et du Moi de l’enfant. L’enfant passe alors d’une relation d’objet fragmenté (bon/mauvais sein) à une relation d’objet clivé (bonne/mauvaise mère) avant de parvenir, selon Klein, à une relation d’objet total où la mère apparaît comme un objet total, personne sur laquelle le nourrisson fait l’expérience de ses sentiments d’ambivalence. C’est le moment où l’enfant s’inquiète à l’idée d’anéantir, par l’intensité de sa vie pulsionnelle, l’objet qu’il aime et dont il est encore dépendant. L’enfant peut perdre cet objet aimé qu’est la mère mais donc aussi le sein que lui-même a été autrefois. Par conséquent, il est en proie au regret, à la culpabilité, à la nostalgie et au deuil. C’est de l’issue de ce travail de deuil de l’objet primordial que dépendra la sortie de la névrose infantile et de la névrose de transfert (car la fin de la cure est équivalent à un état de deuil).

Position schizo-paranoïde : concerne le premier semestre de vie, soit au cours du stade sadique anal et du stade sadique oral, décrit précédemment par Abraham. L’enfant combat toute perte en faisant dériver la pulsion de mort sur des objets externes et en luttant contre l’anéantissement, la persécution. Cette phase est dominée par le sadisme et l’enfant se sert du mécanisme de l’identification projective pour détruire ce qui le persécute. La possibilité pour le nourrisson de contenir ses angoisses précoces et de les maîtriser conduira à une organisation de son monde interne. Le nourrisson est capable d’établir un premier mode de relation d’objets dit « partiel ». Le sein maternel, par exemple, est représenté de façon distincte comme sein nourricier (idéalisé, « bon objet ») et sein persécuteur (angoisse paranoïde, « mauvais objet ») quand il fait défaut. C’est le mécanisme de projection d’une pulsion agressive contre le mauvais objet qui suscite le fantasme de l’existence d’un agresseur (c’est en ce sens que la psychologie de l’individu est largement dominée par ses fantasmes, liés à l’énergie pulsionnelle). Dès lors, le mécanisme de clivage protège le « bon objet » idéalisé des agressions du « mauvais objet ». Le déni permet aussi, de façon omnipotente, d’anéantir fantasmatiquement le persécuteur, luttant ainsi contre l’angoisse paranoïde. Pour Mélanie Klein, cette phase est porteuse de réalisations nécessaires : le clivage est la base de ce qui sera la faculté de discrimination, l’identification projective est une forme primitive de l’empathie (qui n’existe pas encore en tant que telle dans une relation à un objet partiel), l’idéalisation, sans être vraiment rationnelle, ajoute à la richesse de l’existence, dans la capacité d’aimer, les idéaux sociaux, politiques ou esthétiques.

Pulsion : poussée d'énergie du corps vers le psychisme. Le corps connaît des excitations internes qui déclenchent des besoins impérieux et amènent un état de tension. Les pulsions communiquent ces besoins du corps au psychisme. Selon Freud, toutes les pulsions ont quatre caractères communs : la source, dans une zone érogène du corps, la poussée, le but, satisfaction du besoin pour apaiser l'état de tension, et l'objet, outil de cette satisfaction. Selon la psychanalyse, la pulsion de mort vise à la suppression radicale des tensions liées aux pulsions de vie.

Pulsions de mort : elles ont été comparées à Thanatos qui est la personnification de la Mort. Les pulsions de mort sont d'abord dirigées vers l’intérieur mais la liaison avec la libido grâce au masochisme primaire qui permet dans un premier temps qu’elles soient dirigées vers l’extérieur et ce de différentes façons grâce, dans un second temps, aux mécanismes de défenses du Moi.

Pulsion de savoir : sublimation du besoin de maîtriser qui utilise comme énergie le désir de voir. L’enfant qui s’attache avec intensité aux problèmes sexuels, va éveiller son intelligence à partir de là et de cette fameuse question : d’où viennent les enfants ?

Pulsions de vie : permettent à l’individu de maintenir son existence et au delà, elles poussent à la reproduction de l’espèce et à la reproduction de la vie. Elles ont été assimilées à Eros, en tant que dieu de l’amour. De plus, toutes les pulsions qui auront pour but de lier, créer, de reproduire, d’améliorer les comportements, la réalisation humaine etc...seront qualifiées de pulsions de vie ou génitales. Elles s’opposent en permanence aux pulsions de mort telles deux grands principes (attraction-répulsion, anabolisme-catabolisme, amour-haine etc... principe de couple d’opposé).

Pulsion épistémophilique : l’apparition du Surmoi entraine le refoulement des pulsions sexuelles (attirance du parent) qui seront mises au service de la connaissance. Il y aura de nouveaux buts à la pulsion, l’enfant s’intéresse à autre chose, c’est la connaissance. Il y a un déplacement de la jouissance du côté de la connaissance.

Projection : tentative d’expulser le sadisme ou bien l’objet mauvais.

Psychose : trouble mental grave et invalidant. Il existe plusieurs sortes de psychoses, comme les délires, la schizophrénie, etc. Leurs causes encore mal comprises peuvent être d'origine organique, psychique ou génétique. Il s'agit de troubles graves, qui altèrent la personnalité, et qui empêchent le malade de communiquer rationnellement avec son entourage. Ils nécessitent habituellement un traitement neurochimique et une hospitalisation ponctuelle. La caractéristique majeure de toute psychose est la dégradation de la relation à la réalité. Le malade projette dans le monde extérieur sa propre réalité psychique, les désirs et les affects qu'il se refuse à reconnaître pour siens. La réalité est modifiée, niée, il se met à délirer. Un psychotique délirant croit à son délire et n'a aucune conscience de sa pathologie. Il souffre parfois de visions, de sensations bizarres, il éprouve des bouffées d'angoisse et un sentiment "d'étrangeté". La psychose est une pathologie qui coupe celui qui en souffre du monde réel et des autres. Il n'arrive plus à communiquer, il fuit généralement le contact et se replie dans son monde intérieur. On distingue plusieurs sortes de psychoses, la psychose maniaco-dépressive, qui se caractérise par des troubles de l'humeur, la schizophrénie, qui se caractérise par une dissociation profonde de la personnalité et une atteinte des fonctions cognitives, les psychoses délirantes chroniques comme la paranoïa et les psychoses hallucinatoires.

Psychose infantile : terme générique qui groupe des formes très diverses, source de confusion. La psychose infantile précoce porte sur l'organisation du Moi de l'enfant, de son appareil psychique et de sa relation au monde et à autrui. Elle se caractérise cliniquement par des troubles majeurs du comportement face à la réalité, de la communication, du développement dans le domaine cognitif, praxique, du langage et du sentiment de continuité, enfin dans la différenciation entre le soi et le non-soi. Le début survient généralement vers la fin de la première année. Le tableau clinique est complet avant l'âge de trois ans dans l'autisme et autour de trois à quatre ans dans les dysharmonies psychotiques. Les psychoses de la période de latence débutent entre six et douze ans. Elles sont bien plus rares que les psychoses précoces.

Refoulement : correspond à des traces mnésiques pour Freud, des traces du passé qui subsistent. Stratégie de défense qui se met en place pour faire passer ces pulsions indésirables dans l'inconscient, en les effaçant parfois même de la mémoire consciente. Ils sont cependant toujours actifs et deviennent les moteurs cachés d'actes ou de comportements, qui substitueront au plaisir interdit un dérivé acceptable.

RIS (réel, imaginaire, symbolique) :

- Réel : fonctionne sur la privation, quelque chose dont on sera privé toute la vie, on n’a pas accès au réel. C'est ce qui n'a pu être réduit par le symbolique (refoulement originaire) et reste comme tel, marque du traumatisme psychique originaire, enserré au cœur de l'inconscient par le fantasme. Ce réel se manifeste chez le sujet névrosé sous la forme de répétition et dans la psychose sous celle de l'hallucination.

- Imaginaire : gérer par le principe de frustration. Registre du moi et de l'identification narcissique, l'imaginaire s'appréhende à partir du « stade du miroir ».

- Symbolique : fonctionne du côté de la castration. À ce registre est liée la fonction du langage, à laquelle est soumis tout être parlant (le "parlêtre" de Lacan). Dans la structuration du sujet, l'ordre symbolique marque sa prééminence sur celui de l'imaginaire, et sur le réel. Il est connoté de la fonction du manque que le sujet a eu à symboliser à partir de la perte initiale de l'objet.

Self : (par Winnicott) :

- Vrai self : désigne l'image que le sujet se fait de lui même et qui correspond effectivement à ce qu'il est et perçoit à travers une réaction adaptée.

- Faux self : désigne une instance qui s'est constituée pour s'adapter à une situation plus ou moins anormale et contraignante. L'image qui est alors en cause est défensive et fonction de réactions inadaptées de l'environnement et est surtout représentative d'un rôle qu'on lui aurait imposé.

Sexualité infantile : façon dont ce qui deviendra la sexualité se manifeste chez l'enfant, la notion s'utilise donc pour parler de la genèse de la sexualité adulte. Cette notion de sexualité infantile naît de la description des modalités, conscientes et inconscientes, de la recherche du plaisir au cours du développement dont les avatars vont retentir notamment sur l’exercice de la sexualité de l’adulte ainsi que sur l’organisation globale de la personnalité. La sexualité infantile est étudiée sous l'angle de « pulsions partielles prégénitales » et est de nature essentiellement auto-érotique, ce qui la distingue clairement de la sexualité adulte et son existence n'a donc aucun lien avec des pratiques pédophiles. La « sexualité de l’enfant » proprement dite concerne quant à elle uniquement ceux de ses comportements qui sont centrés sur les parties génitales de son corps. Il existe 3 stades prégénitaux : oral, anal, phallique ou urétral (0 à 4 ans), puis le complexe d’Oedipe (4-7 ans), suivi de la période de latence (7-12 ans) et de la puberté.

- Stade oral (0-12 mois) : Source de la pulsion : bouche, zone orale. Objet pulsion : sein maternel. A ce stade se développe l’ambivalence à l’égard de l’objet : désir de sucer mais aussi de mordre (avec l’apparition des premières dents). Karl Abraham différencie d’ailleurs 2 sous-stades (oral primitif jusqu’à 6 [c’est la phase orale de succion où l’enfant ne fait pas la différence entre lui et le sein : c’est le stade schizoparanoïde] et sadique oral de 6 à 12 mois [correspond aux poussées dentaires et à la période de sevrage. L’enfant prend plaisir à mordre et cherche fantasmatiquement à incorporer l’objet : correspond à la séparation entre lui et le sein. L’objet est perdu donc il faut le retrouver. Cette période permet d’articuler le dedans et le dehors : ce qui vient à la conscience est que ce sein, que je pensais être fusionné à moi va disparaitre ! Ce stade introduit aussi l’ambivalence de l’enfant sur l’objet « J’aime » ou « Je n’aime pas »). Lorsque l’enfant tête le sein, il l’incorpore (c’est l’introjection) tout comme il incorpore les fragments du monde extérieur pour en faire du soi. L’enfant va petit à petit concevoir la notion d’objet extérieur à lui ; car au départ, lui et le sein ne font qu’un… L’infant, dans sa toute-puissance illusoire de maîtrise de l’autre, convoquant le sein par son cri, dispose de l’objet pour sa satisfaction. Cet état psychique initial caractéristique de la relation mère-enfant, matrice du fantasme, maintient l’illusion que la rencontre de deux corps peut constituer un seul appareil psychique.

- Stade anal (2-3ans) : Ce stade commence avec le début du contrôle sphinctérien mais le plaisir anal existait déjà avant, c’est juste qu’il devient là dominant. Source pulsion : muqueuse anorectale. Objet pulsion : boudin fécal. C’est une phase d’extrême ambivalence où l’enfant est sans cesse entre la conservation, la rétention et l’expulsion, le dedans et le dehors, l’activité et la passivité (le sadisme et le masochisme). Les fèces sont une monnaie d’échange entre lui et ses parents et il peut décider de les garder ou de les donner comme un cadeau ou une punition…. K. Abraham distingue entre 2 sous-stades : sadique anal (plaisir pris à l’expulsion avec le sadisme lié à la destruction) et le stade rétentionnel (plaisir recherché dans la rétention avec l’opposition au désir des parents. C’est le 1er refus : la 1ère opposition de l’enfant au désir maternel. Mais c’est aussi un moment important en ce qui concerne l’autonomie : ça veut dire que cette acquisition de la propreté veut dire un contrôle sur une partie de son corps : l’enfant intègre psychiquement que son corps est un tout, qu’il peut exercer un contrôle sur son corps. Cela part d’une idée de refus.).

- Stade phallique (3-4 ans) : Source pulsion : organes génitaux (gland, clitoris). Objet pulsion : le pénis pour les 2 sexes. La satisfaction provient de l’érotisme urétral (fonction urinaire, laisser couler) et de la masturbation (frottement, pression). A partir de là commencent la curiosité sexuelle et les « théories sexuelles infantiles » autour des questions essentielles que se posent les enfants : la différence des sexes, l’origine des enfants. Ces questions de curiosité vont précéder l’émergence des conflits Œdipien : le pénis va être considéré comme un objet puissant et se crée autour de celui-ci une angoisse : la peur de perdre son pénis et de devenir une fille !  C’est l’angoisse de castration. Cette angoisse de castration sera mise en lien avec le  complexe d’Œdipe qui va aller vers une résolution : le sujet va trouver une solution à un moment donné.

- Complexe d’Oedipe (4-7 ans) : Objet de la pulsion : partenaire privilégié du couple parental (avec alternance même entre mère et père/ Oedipe inversé). Source pulsion : excitation recherchée dans la possession de ce partenaire. L’angoisse de castration inaugure l’entrée dans l’Oedipe marquée pour le garçon par la peur de perdre son pénis et pour la fille par l’envie d’en posséder un.  Il s’agit là de la question d’être homme ou femme et de s’inscrire dans le lien à l’autre avec constitution du surmoi, de l’idéal du moi… Il s’agit donc de résoudre la crise œdipienne.

- Période de latence (7-12 ans) : Il s’agit d’une phase de transition entre la résolution du conflit œdipien et la puberté. L’enfant accuse le coup (après l’Oedipe) et il y a un temps d’arrêt dans le développement de la sexualité humaine. L’enfant devient pudique, plus sociable… Il refoule tout cela plus ou moins bien, voire sublime ou pas…

- Puberté et adolescence : Cette période est plus une crise qu’un stade. Elle apparaît avec l’ensemble des phénomènes physiologiques qui remettent en question l’intégrité du corps, le sexe. Il s’agit d’une crise narcissique avec réactivation du complexe d’Oedipe sur des substituts parentaux. Le choix d’objet sexuel s’affirme, la différence sexuelle est intériorisée et « la recherche générale de plaisir commence à s’intégrer à la fonction sexuelle ». Freud explique donc que le choix d’objet se fait très tôt et en 2 temps (entre 2 et 5 ans) et que toutes les pulsions partielles se réunissent sous le primat de la zone génitale : toutes les tendances sexuelles convergent vers une seule personne et cherchent dans celle-ci leur satisfaction. Ainsi, après la puberté, avec le primat de la zone génitale ; la sexualité prendra sa forme définitive avec cette synthèse des pulsions partielles.  Lacan maintiendra lui, que la pulsion ne peut être que partielle, ce que nous remarquons d’ailleurs dans la clinique, et que Freud lui-même note en précisant que certaines régions peuvent conserver toute la vie un certain degré d'excitabilité génitale (plaisir lié à la retenue ou à la défécation, troubles intestinaux, hémorroïdes pour la zone anale, alcoolisation, anorexie pour la zone orale…).

Signifiant maître du sujet : celui auquel on s’identifie à notre insu et qui va nous déterminer.

Stade : se caractérise par la mise en correspondance d’une source pulsionnelle particulière (zone érogène), d’un objet particulier et d’un certain type de conflit. A chaque phase, l’enfant est censé réaliser un équilibre temporaire.

Stade du miroir : le nourrisson ne se vit pas distinct de sa mère, et donc il n'a pas conscience de son propre corps. Ce n'est que progressivement qu'il va prendre conscience de lui-même, et intégrer les limites de ce corps qui est à lui et différent des Autres. Il distinguera ainsi ce qui est de l'ordre du Moi et ce qui ne l'est pas. On peut remarquer que déjà vers 4 mois il réagit à son image reflétée par le miroir, mais comme à n'importe quelle apparition d'enfant. Il sait par contre reconnaître sa mère et la reconnaît dans le miroir, il n'a pas encore réalisé qu'il s'agissait d'une image. Dans cette évolution psychique du petit enfant, survient vers 7 ou 8 mois un stade important pour son développement que Jacques Lacan nomme le « stade du miroir ». Cette étape doit permettre au bébé d'identifier ce corps qui est à lui et qui est différent de l'Autre, le premier Autre, la mère. Son corps à lui, il l'a déjà exploré des mains, de la bouche, et ses yeux ont enregistré les mains et les pieds qui passaient devant son visage. Il reconnaît aussi les visages de ses proches. Quand il se voit dans le miroir, il attend une réaction de cet Autre devant lui. La mère qui le tient dans ses bras (ou qui est placée derrière lui) va lui nommer cette image et lui dire « c'est l'image de ton corps, c'est toi que l'on voit dans le miroir ». Cette parole de la mère va lui faire prendre conscience de leur existence distincte, à elle et à lui. Il va chercher confirmation en se retournant pour voir sa mère derrière (ou à côté de) lui. Cette étape du stade du miroir a une grande valeur symbolique dans l'évolution psychique de l'enfant. Elle le force à prendre conscience qu'il est différent de sa mère, des Autres. Elle lui donne des limites dans la vision de ce corps « limité » par un contour, et aussi par une taille. Il se perçoit comme un tout, unique, et aussi comme extériorité. Il découvre les parties de son corps qu'il ne connaissait pas encore, le schéma corporel se construit. La relation affective que l'enfant entretient avec les autres, de symbiotique (relatif à un soutien mutuel) devient anaclitique (conscience de ce soutien). Désormais l'enfant sait qu'il a besoin de la mère. C'est une période très importante de distinction, que ce soit extérieur/intérieur ou Moi/Autre (le Moi se forme en même temps que se forme l'Objet extérieur, l'un n'existant que par rapport à l'autre). Il découvre aussi que l'Autre dans la glace n'est qu'une image et non un être réel. C'est un leurre, l'enfant passe du réel à l'imaginaire.

Sublimation : processus détournant les forces sexuelles de leur but et les employant à des buts nouveaux, constitue l'un des facteurs les plus importants pour les acquisitions de la civilisation.

Succion : prototype des manifestations sexuelles de l'enfance, mouvement rythmique et répété des lèvres qui n'a pas pour but l'absorption d'un aliment. Le suçotement est un acte sexuel, dit Freud, et nous pouvons étudier en lui les traits essentiels de la sexualité infantile. Celle-ci est marquée par l'autoérotisme (le terme est de Havelock Ellis) car l'enfant se satisfait de son propre corps. Ainsi, explique Freud, quand il suce, l'enfant recherche dans cet acte un plaisir déjà éprouvé et qui lui revient alors à la mémoire. Il cherche à renouveler un plaisir qu'il a déjà éprouvé une première fois. C'est l'activité initiale et essentielle à la vie qui le lui a appris : la succion du sein maternel, ou de ce qui le remplace. Les lèvres de l'enfant : zone érogène et l'excitation causée par l'afflux du lait chaud a provoqué le plaisir. Ce qu'il est important de comprendre est qu'au début, la satisfaction de la zone érogène fut étroitement liée à l'apaisement de la faim. Ainsi, l'activité sexuelle s'est tout d'abord étayée sur une fonction servant à conserver la vie, dont elle ne s'est rendue indépendante que plus tard. C'est ainsi que le besoin de répéter la satisfaction sexuelle se sépare du besoin de nutrition. Les objets érogènes sont d'abord ceux du corps propre avant de devenir (normalement) des objets extérieurs : lèvres, cigarette, alcool... (pour ceux chez qui la zone aura été fortement investie). A l'inverse, le refoulement peut agir de façon importante dit Freud et conduire à un dégoût autour de cette zone bucco-labiale et donc à des symptômes tels que des troubles de l'appétit, des vomissements... On le voit dans l'hystérie.

Sujet : le sujet tourne autour d’une infinité de signifiants. Le sujet n’est pas un être mais un manque-à-être. Il me manque quelque chose pour me penser, il manque un objet. Et c’est parce qu’il me manque quelque chose que je désire.

Surmoi : dans la conception psychanalytique freudienne, le surmoi est avec le moi et le ça une des composantes du psychisme. Plus proche de l'inconscient que du conscient, il se constitue à partir du moi par identification de l'enfant au parent symbolique incarnant l'autorité. Il exerce les fonctions de juge. De son conflit avec les désirs du moi naissent les culpabilités conscientes ou inconscientes. Chez Freud, le Surmoi est l’héritier du complexe d’Oedipe. Ce que constate Klein est que les enfants subissent l’influence d’un Surmoi décrit comme féroce, capricieux, d’une sévérité tyrannique et impitoyable. Le noyau de ce Surmoi archaïque trouve sa racine dans la première identification de l’enfant au père (chez Freud) : il s’agit d’incorporer une exigence de jouir de tout, de vivre et en cela elle est pulsion de destruction.

Symptôme : « formation de compromis » (Freud). La construction du sujet se fait par des symptômes. Donc c’est le signe et le substitut d’une satisfaction. Il y a du sexuel en excès, du non symbolisable, donc on refoule, mais c’est toujours présent et quand ç fait retour c’est le symptôme. Tenant lieu d’une réalité inconsciente. Définit le sujet. Il y a deux phases dans un symptôme : Sens (le symptôme a un sens et il s’interprète) et Jouissance (aspect du substitut d’une satisfaction, moyen que le sujet a choisi pour jouir de son inconscient). Le symptôme de l’enfant est une réponse à une question essentielle. L’enfant va s’offrir lui-même comme symptôme en réponse à ce qu’il y a de symptomatique dans la structure familiale.

Théorie cloacale : nous naissons entre l’urine et l’excrément. Ainsi, il n’y aurait ni vagin dans le corps maternel ni trou dans l’image du corps. La fécondation est alors orale, mictionnelle, sadique par déchirure ou par exhibition, masturbation, contact.

Zone érogène : « régions de l'épiderme ou de la muqueuse qui, excitées d'une certaine façon, procurent une sensation de plaisir d'une qualité particulière », Freud, les zones érogènes tiennent une place de première importance dans la sexualité infantile, où la primauté n'est pas encore donnée à la zone génitale. Le but de la sexualité infantile, qui n'a pas encore d'objet sexuel, est déterminé, en effet, par l'activité de ces zones érogènes, qui sont alors indépendantes. Si toutes les parties de l'épiderme et de la muqueuse peuvent servir de zones érogènes, il existe cependant des régions d'élection : celles qui sont d'abord excitées par la mère et qui jouent un certain rôle dans les échanges avec l'entourage. Il en est ainsi, par exemple, de la zone bucco-labiale, dont les premières stimulations par le sein ou le biberon sont liées à une fonction vitale : la nutrition. Bientôt, l'excitation interne de cette zone devient indépendante de la fonction, l'enfant trouvant du plaisir à l'apaiser par toute sorte de succion. La zone anale, au départ stimulée par la rétention et l'expulsion des fèces, les zones génitales, excitées par les soins de la mère, par la miction ou au hasard, deviennent, elles aussi, des sources d'excitation interne que l'enfant cherche à apaiser par différentes stimulations extérieures qui créent une satisfaction, telles que les attouchements anaux ou la masturbation. Dès la puberté, toutes les pulsions partielles (orales, anales, urétrales) coopèrent à l'acte sexuel ; et les zones érogènes dont elles proviennent se subordonnent au primat de la zone génitale. Lorsque les zones érogènes des pulsions partielles viennent à remplacer les fonctions de l'appareil génital, peuvent apparaître la névrose ou la perversion.



22/04/2013
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