Cours de psychologie

Notions clés

Anosognoses : ne pas avoir conscience de son état.

Agrammatisme : trouble de l'agencement syntaxique et de la morphologie des phrases. Trouble qui consiste en l’absence dans le discours oral ou écrit des mots fonctionnels (= mots de connexion entre les mots importants, parfois aussi il peut s’agir du genre et du nombre, les terminaisons de verbes incorrectes, des adjectifs, etc.) et qui vont déstructurer grammaticalement une phrase. Peut aboutir à une locution du type télégraphique. Typique des aphasies de Broca.

Anomie : impossibilité à nommer les choses, à trouver les mots : « manque de mots ». Elle peut se jouer dans deux registres : Traduit un déficit lexical (perte de la représentation de la forme des mots), Déficit sémantique (perte de la signification du mot).

Aphasie : privation du langage, trouble du fonctionnement interne de la langue. Perturbation de la bipolarité qui mène à une tendance vers l’unipolarité du langage. Accident qui prive le sujet d’une langue apprise. Les causes sont soit des ischémies (absence d’irrigation de certaines zones du système nerveux), soit un hématome qui envahit une zone. Selon la zone lésée, cela donne naissance à différentes aphasies. Champ des aphasies :

- Traits : traits ou unités de la 3ème articulation, aux mouvements élémentaires de l’appareil bucco-phonatoire (gorge, poumon, larynx, pharynx, langue). On effectue une salade de traits qu’on combine.

- Phonèmes : Unité de 2ème articulation, les plus petites unités de son (syllabe, mot), il y a un nombre différent de phonèmes bien que cela soit plutôt stable. En combinant correctement ces phonèmes on arrive à un monème (mot). Permet de distinguer les mots les uns des autres. En français on a une 40aine de sons.

- Monèmes/morphèmes : unités de 1ère articulation, la plus petite unité de sens (mot), il y a un contenu sémantique, le signifié mais il y a aussi une sonorité particulière qu’on appellera le signifiant. Double signification. Ils vont avoir une fonction grammaticale : par sélection et combinaison de monèmes, on arrive à une phrase.

- Syntagme : (phrase) ne se fait pas n’importe comment, il y a des règles qui organisent ces différents monèmes pour en faire une phrase et pour que cela ait un sens.

Aphasie de Broca (aphasie motrice) : ne peut plus organiser les phrases, mêmes les mots, les syllabes ne sont plus liées = difficulté à s’exprimer, à être émetteur. Incapacité de combiner les unités entre elles, et cela donne une incapacité à produire un message. Les éléments ne peuvent plus être assemblés bien qu’ils soient sélectionnés. Le patient peut s’exprimer par phrase en style télégraphique, information de base, pas de pronom, juste l’élément primordial. Il n’a pas le choix, il ne peut pas s’exprimer autrement. Trouble qui tend à faire régresser le sujet parlant jusqu’aux 1ères étapes de l’acquisition du langage. Incapacité à créer le contexte. Trouble du signifiant.

→ Altération de l’axe syntagmatique. Problème de combinaison, d’élocution, d’ordre, d’encodage, quelques fois de décodage. Problèmes pour soutenir un rapport de contigüité. Problèmes pour former des métonymies mais pourra utiliser la métaphore.

- Aphasie dynamique : limitation de l’aphasie motrice car le sujet arrive à s’exprimer, a des phrases simples, mais il ne peut pas réaliser un discours où les phrases s’enchainent les unes à la suite des autres. Il n’y a pas de trouble pour associer les unités, mais pour associer des phrases.

 - Broca → détérioration → phrases non produites.

        Dynamique → limitation → discours non produit.    

- Aphasie kinesthésique : trouble de la coprésence, le patient présente un trouble qui est l’incapacité à réaliser un phonème correctement, discours difficile à comprendre voire quasi incompréhensible, il n’arrive pas à rassembler et à maîtriser la réalisation du phonème. C’est un non encodage (comme l’aphasie motrice et dynamique).

Aphasie de Wernicke (aphasie sensorielle) : difficulté dans la compréhension du message reçu = difficulté à être récepteur. Problème d’identification des unités, il connaît les paradigmes mais il ne peut pas choisir les unités. Il connaît sa structure, trouble sémantique pas lexical.

- Aphasie sémantique : le patient comprend des phrases simples mais dès que la phrase se complique il se perd dans le décodage. Comparé à l’aphasie de Wernicke, il arrive à choisir, mais si c’est trop compliqué non. C’est un trouble de la compréhension d’un message compliqué. C’est donc limité.

- Wernicke → détérioration → pas de décodage.

      Sémantique → limitation → décodage des phrases simples.

- Aphasie acoustico-amnestique : le patient n’a pas de relation de dépendance des unités, seulement successivement. Si les éléments sont coordonnés, il ne peut pas les identifier, difficulté si sélection multiple.

Aphasies fluentes : il y a un débit de mots excessif. Le langage va être donc atteint qualitativement.

Aphasies logopéniques : la production des mots et la grammaire sont correctes. Le discours est ponctué par des arrêts, hésitations, temps de latences assez nombreux.

Aphasies non fluentes : ce sont des aphasies où il y a une réduction conséquente du nombre de mots, mais aussi une qualité de la syntaxe qui est sévèrement mise en cause. Il s’agit d’aphasies type Broca.

Axe paradigmatique : un axe de la sélection, du choix, un axe de la substitution, sur cet axe, il se soutient un rapport de similitude, c’est l’axe qui permet le langage métaphorique. C’est au niveau de cet axe que se poseront les problèmes au niveau de l’aphasie de Wernicke.

Axe syntagmatique : cet axe est l’axe des combinaisons, des concaténations, de l’articulation, de l’ordre et permet de soutenir un rapport de contiguïté, c’est lui qui permet ce qu’on appelle le langage métonymique (changement de désignation). C’est cet axe qui posera problème dans l’aphasie de Broca. 

Code : le message a besoin d’un code commun ou une partie du code qui puisse être commune au récepteur et émetteur, qui permette l’encodage et le codage.

Conative : la fonction conative c’est la mise en place d’éléments dans le message, qui en fonction de l’autre, va nous permettre de maintenir le contact, on appelle ça aussi une fonction phatique : ce sont des mots, des phrases toutes faites qui permettent de tenir toujours la communication en vie et de savoir si cette communication est bien établie. Cette fonction peut être soit verbalisée, soit psychologiques (toucher, rire).

Conduites d’approche : chez certains patients aphasiques, il s’agit d’une tentative de (re)produire des mots ou des syntagmes en procédant par approximations progressives qui vont aboutir plus ou moins rapidement, et quelques fois pas du tout, au mot ou au syntagme cible, qu’ils voulaient prononcer au départ. Il s’agit en quelque sorte d’autocorrections faites de déviations phonémiques, de déviations sémantiques (versant plutôt Wernicke), de déviations verbales (des périphrases, etc.). Ces conduites d’approche peuvent se transformer en conduites d’éloignement : on lui présente un objet qui correspond au mot cible, qu’il prononce à 90% juste, et au lieu de s’en rapprocher par autocorrection il va s’en éloigner par déviation. Se manifeste principalement chez individus atteints d’une aphasie de Broca.

Contexte : un message va être émis en fonction du contexte, un référent et ce contexte va influencer la verbalisation. Sorte de référence. 

Destinataire : aussi récepteur, reçoit le message, capacité de décoder le message.

Déviations phonétiques : modification d’un mot ou d’un syntagme par la déformation phonétique d’un ou plusieurs phonèmes. Le patient peut articuler des phonèmes qui n’appartiennent pas au registre de la langue (nasalisations, occlusions, distorsion du son).

Echolalie : manière incontrôlable de répéter à la fin d’un mot sa dernière syllabe. Il s’agit d’une sorte d’écho. Peut arriver avec ses propres mots mais aussi avec les mots prononcés par autrui.

Expéditeur : aussi émetteur, émet le message, capacité d’encoder le message. Fonction expressive ou émotive.

Fluence : débit verbal.

Hémianopsie : perte ou diminution de la vue dans la moitié du champ visuel d’un œil ou des deux yeux.

Jargon : il s’agit d’un terme qui va être employé ou fréquemment employé dans ses productions verbales. Cette production verbale est tellement riche en nombre de mots, de déviations ou en néologisme, qui fait qu’à un moment donné certains mots ou déviations vont réapparaitre fréquemment pour nommer certaines choses. On l’observer le plus souvent dans l’aphasie de Wernicke.

Langage : caractéristique purement humaine, procède de l’innéité (inscrit dans nos gênes). Qui permet de communiquer. Aptitude à s’approprier une langue, à mettre en fonctionnement une langue. Signe de reconnaissance.

Langue : caractérise une communauté spécifique. Produit acquis, instrument de communication, code constitué en un système de règles communes à une même communauté. Code qui comporte un lexique, du vocabulaire, et des règles.

Linguistique : science de la langue, permet à l'être humain d'être en relation et d'avoir une communauté linguistique.

Logorrhée : production extrêmement importante de phrases avec des successions d’unités lexicales appartenant au même paradigme.

Maladie de Huntington : maladie héréditaire qui bien souvent évolue vers la mort, dégénérescence neuronal qui affecte les cognitions jusqu’à la démence.

Maladie de Parkinson : maladie neurologique, chronique qui affecte le système nerveux central, avec des manifestations de troubles moteurs.

Maladie de Pick : symptômes : il peut y avoir des altérations dans le comportement social, cela se manifeste bien souvent dans des désinhibitions, de l’apathie, un appétit accru, troubles du langage (soit dans l’élocution même, ou le patient répète à haute voix), des problèmes de reconnaissance.

Message : ce qui est en train de se dire, une suite de phonèmes appartenant à notre système linguistique, et celui qui reçoit cette suite la découpe. Il est dépendant du contexte.

Métalangage : un formalisme conçu pour décrire rigoureusement un langage. Si le langage en question est décrit par une grammaire, la description de la grammaire est le métalangage. Un métalangage ne décrit pas seulement la syntaxe, il sert aussi à décrire la sémantique. Un langage qui est son propre métalangage pour la syntaxe et la sémantique est dit réflexif.

Mutisme : absence totale de fluence. C’est le cas extrême de l’aphasie non fluence. C’est souvent parce qu’il y a mutisme que l’on peut juger de la sévérité du cas.

Néologismes : production d’un segment verbal n’appartenant pas à la langue, qui n’a aucun sens. Ce type de néologisme on le retrouve essentiellement dans des aphasies de type Wernicke.

Niveau illocutoire : fonction performative de l’acte de langage au niveau conventionnel, intention de l’énonciateur.

Niveau locutoire : production d’un énoncé selon un certain nombre de règles linguistiques.

Niveau perlocutoire : désigne l’effet psychologique ressenti par le destinataire.

Nomenclature : liste de termes correspondant à autant de choses, instance de classification.

Palilalies : il s’agit dans le discours de phonèmes de répétitions spontanés et involontaires, de manière itérative, d’une même syllabe, d’un mot ou d’une partie de mot. Peut parfois s’accélérer.

Paradigme : ensemble d’unités qui entretiennent entre elles une certaine relation, les unités sont équivalentes dans le fonctionnement linguistique, un nom est commutable.

- Paradigme fermé : unités limitées, ne se modifient pas.

- Paradigme ouvert : unités illimitées, s’ouvrent sur de nouvelles unités.

Paraphasie fantastique : le patient va créer une sorte d’histoire autour d’un mot. Cette histoire ne correspond pas à l’objet ou au mot qu’il perçoit, cependant le patient pense vrai : sa pensée est intacte alors que ce qu’il dit n’est pas cohérent. On la retrouve souvent dans l’aphasie de Wernicke.

Paraphasie mixte : on retrouve plusieurs types de déformation. Ces déformations vont être associées dans cette paraphasie. Cependant un y retrouve principalement des paraphasies sémantiques et phonétiques. On les retrouve fréquemment dans les aphasies de Wernicke.

Paraphasies phonémiques : se joue au niveau de la 2ème articulation. Elles correspondent à la transformation d’un mot cible par des phonèmes de substitution ou bien des omissions, adjonctions, inversions, déplacements. Ces déformations peuvent être isolées ou associées dans un même mot.

Paraphasies verbales : le sujet remplace le mot cible par un autre mot qui appartient au registre de la langue française, mais sans qu’il y ait un rapport évident entre les deux mots.

Paraphasies verbales sémantiques : se joue au niveau de la 1ère articulation. Substitution d’un mot proche au niveau sémantique.

Parole : usage exclusif d’utiliser une partie d’une langue, utilisation individuelle du code linguistique par un sujet parlant.

Pathologies neurologiques dégénératives : Alzheimer, Alois insistait sur le fait que ses patients avaient des troubles du langage, par la suite il va admettre qu’il y a des troubles du langage pour ensuite avoir perte total du langage.

Pathologies vasculaires (AVC) : déficit neurologique soudain d’origine vasculaire, qui sont causé par des infarctus ou une hémorragie au niveau du cerveau, accident ischémique cérébral.

Persévérations : répétition involontaire qui persévère alors que le mot cible a changé. Peut s’agir d’un progrès dans la prise en charge, puisqu’il a su intégrer un mot qu’il ne pouvait peut être plus prononcer ; ou d’une régression : puisque le patient va buter sur le mot qu’il a retrouvé précédemment, il va le répéter sans cesse.

Phonèmes : unité sonore qui a une valeur dans la langue. Somme des impressions acoustiques et des mouvements articulatoires, de l’unité entendue et de l’unité parlée, l’une conditionnant l’autre.

Rapport associatif : coordination de mots en mémoire.

Récepteur : fonction conative (vient du latin s’efforcer de, donc le récepteur va s’efforcer de comprendre et de répondre aux attentes de l’émetteur).

Sémiologie : science qui étudie la vie des signes au sein de la vie sociale.

Signe : union d’un signifiant et d’un signifié. Radicalement arbitraire.

Solidarité syntagmatique : presque toutes les unités de la langue dépendent soit de ce qui les entoure sur la chaîne parlée, soit des parties successives dont elles se composent elles-mêmes.

Syntagme : combinaison des unités les unes avec les autres, combinaisons de mots les uns à la suite des autres et qui ont pour support l’étendue.

Trait sémantique : les unités lexicales ont des traits propres. Possibilités entre ces possibilités, similarités mais différences. Permet de définir.

Tropes : des figures de style, pour embellir le texte, employé un mot dans un sens détourné, les deux principales étant la métaphore et la métonymie. Détournement de la structure normale de la phrase.

- Métaphore : vient du mot transport, permet d’utiliser un mode de relation, qui va être basé sur la question de la similarité, de l’analogie mais aussi par un rapport de substitution avec quelque chose qui ressemble, ce n’est pas une pure comparaison. Une analogie de ressemblance avec une association. Unité lexicale à la place d’une autre, emprunt d’une unité pour en remplacer une autre. Se joue sur l’axe paradigmatique.

- Métonymie : veut dire changement, il va y avoir un transfert de dénomination va nous permettre de désigner un terme par un autre qui lui est habituellement propre, ces deux termes sont reliés par un effet de matière bien souvent un rapport de contenant à contenu. Quand on site un élément pour désigner un ensemble. Economie au niveau du message. Se trouve sur l’axe syntagmatique.

Trouble de l’articulation : si l’individu éprouve des difficultés dans la prononciation d’un son.

Trouble de la parole : si l’individu éprouve des difficultés à combiner les sons pour en faire des mots (des ajouts, des substitutions).

Trouble de langage : si l’individu éprouve des difficultés à choisir les mots et à les combiner pour faire des phrases.

Troubles extralinguistiques : troubles presque similaires aux aphasies. Mais ce n’est pas une aphasie au sens linguistique, car les aires du langage ne sont pas lésées, mais d’autres aires proches le sont (un tout, l’information circule partout). Troubles qui affectent un autre niveau. Portent sur le rapport entre les unités lexicales et le référant. Trouble de la pensée qui se reflète sur le langage. Le langage déviant comme conséquence du trouble. Donc signifiant et signifié sont indemnes, mais il y a un trouble du référant, comportement inadapté. Certains éléments de l’objet non pris en compte, les éléments ne sont pas pris dans leur totalité. Il y une rupture entre signe et référant.

Unité : tranche de sonorité qui est, à l’exclusion de ce qui précède et de ce qui suit dans la chaine parlée, le signifiant d’un certain concept.



18/04/2013
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