Cours de psychologie

Notions clés

Concept Psychanalytique – Notions Clés

 

Castration : renoncer à être le phallus, c’est renoncer à être l’objet qui satisfait la mère. Le désir est marqué par le manque. Expérience psychique complexe, vécue inconsciemment par l’enfant vers l’âge de 5ans et décisive pour l’assomption de sa future identité sexuelle. Reconnaissance des différences anatomiques des sexes.

Changement contre-transférentiel : changement des réactions inconscientes de l’analyste vis-à-vis du patient qui peuvent interférer avec son interprétation.

Demande : demande à double sens, explicite et implicite. S’inscrit dans le manque, recherche d’un manque qui ne peut être comblé.

- L’au-delà de la demande : ce auquel on ne peut répondre.

Forclusion : mécanisme de défense dans un processus psychotique face à une faille du symbolique. Défaut d’inscription dans l’inconscient de l’épreuve normative de la castration.

Idéal du moi : représentations culturelles, sociales, impératifs éthiques, tels qu’ils sont transmis par les parents.

Imaginaire : fonctionnement psychologique, ce qui gravite autour de l’image mentale et de l’image de soi-même (moi et narcissisme). Ce qui gravite autour de l’agressivité (ex : le père devient un rival, complexe d’Œdipe). Production de sens.

- Image mentale : évocation intériorisée des qualités perceptives d’un objet en l’absence de cet objet.

Inconscient : ce qui comble les trous de la conscience. 3 niveaux :

- Le non-conscient : Freud prend les caractéristiques de la conscience et va dire que c’est l’inverse. Temporalité, négation, contradiction, réalité, absents de l’inconscient.

- L’enclave inconsciente : noyau de représentations inconscientes qui ne pourront jamais venir dans la conscience. Lien inconscient où il y a des idées inconscientes qui ne seront jamais consciente, le langage n’aura aucun accès. C’est un inconscient forclos,

- L’affect perçu-méconnu : lié à la théorie du jugement. L’affect est toujours conscient, si c’est inconscient c’est que c’est une erreur. Un affect est lié à une représentation qui va être refoulée, donc l’affect peut se déplacer sur une autre représentation. L’affect est conscient, ce sont les représentations qui sont inconscientes. L’affect peut être un indice de jugement.

Jouissance : qui se ressent mais qui est informulable.

Libido : forme des pulsions qui est psychique, énergie psychotique sexuelle.

Manque : c’est un registre symbolique définit. Le manque prend consistance si on représente un objet perdu, si on sait que l’objet devrait être présent. On distingue 3 sortes de manque :

- Privation : manque réel d’un objet symbolique. Ce qui signifie qu’il est absent du réel et présent au niveau symbolique.

- Frustration : ne pas avoir de pénis. Quelqu’un éprouve le manque d’une chose qui n’a pas à lui manquer car s’il l’avait ça changerait sa nature/son être. Pour qu’il y ait frustration, il faut un objet. Manque imaginaire d’un objet réel. Ce qui signifie qu’il est absent de l’imaginaire mais présent dans le réel.

- Castration (symbolique) : manque symbolique d’un objet imaginaire. La castration c’est ce qu’impose le père, l’enfant renonce au phallus (objet imaginaire) pour être un sujet désirant. L’enfant imagine pouvant combler la mère, mais la mère s’intéresse à beaucoup de choses, et vers 4-5ans l’enfant s’en aperçoit et c’est un drame pour lui. La castration c’est comprendre qu’on n’est pas le phallus, l’objet tout-puissant qui satisfait la mère.  Ce qui signifie qu’il est absent du symbolique, mais présent dans l’imaginaire.

Médiation double : un sujet prend modèle et ce modèle peut prendre modèle sur le sujet. S1 → S2 et S2 → S1.

Narcissique : mode particulier du rapport à la sexualité.

Narcissisme primaire : (supposition, ne s’observe pas) est la projection du narcissisme des parents sur l’enfant. Les pulsions partielles cherchent chacune pour soi, leur satisfaction sur le corps propre. Le moi n’est pas encore constitué. Représente un espace de toute-puissance qui se crée dans la rencontre entre le narcissisme naissant de l’enfant et le narcissisme renaissant des parents.

Narcissisme secondaire : narcissisme du moi. On s’éprouve à travers l’autre. Investissement libidinal (sexuel) de l’image du moi, cette image étant constituée par les identifications du moi aux images des objets.

Nœud Borroméen : un nœud de langage, représentant l’imaginaire, le symbolique et le réel, c’est une topologisation d’un dire, ce n’est pas imager un sujet mais rendre compte de son discours.

Nom-du-Père : fonction paternelle telle qu’elle est intériorisée et assumée par l’enfant lui-même. Métaphore du désir de l’enfant traversé par le désir de la mère. Expression signifiante occupant la place de cette métaphore.

Objet de désir : nom donné par Lacan pour parler d’une absence d’objet dans la demande, c'est-à-dire objet impossible à fournir parce que ça n’existe pas, donc il faut y renoncer.

Oedipe : structure qui se met en place entre 3 et 5ans. Joue un rôle structurant pour le psychisme. Marqué par le fantasme de castration → représentation imagée de la perte d’une partie du corps, réponse à l’énigme posée à la différenciation des sexes, concerne le rapport à la réalité, rapport au corps, problème d’identité.

Paranoïa : un paranoïaque se caractérise par un démarrage lent (ce qui est l’inverse de la schizophrénie), évolution chronique vers un système délirant. Conservation des grandes fonctions intellectuelles. Egocentrisme. Homosexualité latente, non assumée.

- Paranoïa passionnelle : paraît normal mais fou, on ne remarque pas la maladie jusqu’à ce que le sujet pète les plombs. Pour l’entourage, c’est un sujet tout à fait normal, très bien. Se caractérise par l’exaltation de l’humeur, violent, hypertonie, mais paraît tout à fait normal. Se découpe en 3 sous-catégories : Revendication (malades procéduriers, très intelligents), Jalousie (malades qui tuent, jaloux sans raison valable), Erotomane (prêt à tout pour que l’autre reconnaisse un amour non existant).

- Paranoïa interprétative : paraît fou mais normal, socialement il paraît totalement fou, mais en fait il a une structure normale. C’est la paranoïa proprement dite. Complet contre eux, veulent les tuer. Folie. Persécution exogène, délire par structure en réseau. Un élément perceptif absorbé dans un fonctionnement délirant. Impossible à ébranler. Chronique et irréversible. Plus le délire est structuré plus il est inébranlable.

Parole pleine : le sujet assume son discours dans toutes ses dimensions.

Parole vide : un sujet tabou fait trou, il perturbe. Quelque chose ne parvient pas à se dire dans une parole adressée à un partenaire, mais ce quelque chose déforme le discours. Pour Lacan, la parole vise se situe sur le versant imaginaire, sur le versant de la communication. La parole vide c’est l’émergence de la résistance, elle correspond à la présence de l’autre.

Père : il faut que la mère reconnaisse le père comme père, c’est par le désir qu’elle désigne le père, et c’est ainsi que l’enfant pourra le reconnaître comme père. En psychanalyse, on distingue 3 types de père (RIS), et le père est basé sur la différenciation radicale des 3 mais doivent s’articuler en un point.

- Père réel : réel, biologique, ou celui qui s’occupe de l’enfant.

- Père imaginaire : c’est le rival de la situation œdipienne, qui fait obstacle à la relation mère-enfant. On projette son agressivité sur le père, image du père castrateur, qui veut faire du mal. C’est le produit de l’imaginaire. Le père jouit, non l’enfant.

- Père symbolique : ce qui fonde la paternité au niveau symbolique. A la fin de l’Œdipe, les 3 pères se distinguent. Ce qui permet au père d’être reconnu comme père dans l’ordre symbolique. Pour Lacan, c’est le signifiant Nom-du-père ou métaphore paternelle, qui représente la paternité symboliquement, le père est le support de ce signifiant.

Phallus : doit être distingué du pénis, ça n’a rien à voir avec l’organe anatomique. Le phallus c’est la fonction symbolique dans la relation amoureuse extra et intra-suggestive. Objet imaginaire, séparable du corps, signifiant de la différenciation des sexes. Le phallus est déterminé par sa fonction symbolique qui organise toute sa sexualité. C’est la case vide qui est absent de la femme et de l’homme, mais qui organise toute la sexualité et fonde la place de l’homme et de la femme, organise l’homme et la femme dans les relations amoureuses.

- Phallus imaginaire : représentation psychique inconsciente qui résulte de 3 facteurs : anatomique, libidinal et fantasmatique.

- Phallus symbolique : valeur d’objet détachable du corps, amovible et échangeable avec d’autres objets. Etalon symbolique qui rend possible que des objets quelconques soient sexuellement équivalents, c’est-à-dire référés tous à la castration.

Prématuration humaine : quand on naît, on naît prématuré, on n’est pas fini. Il y a une impuissance, détresse originaire du nouveau né = état de prématuration. Il faut se faire comprendre. Dépendance à autrui.

Psychanalyse : exploration de la vie psychique consciente et inconsciente, un réel qui échappe à la conscience.

Réaction thérapeutique négative : les patients veulent guérir, mais ils tiennent à leurs symptômes. Quand ils prennent conscience qu’ils vont changer, ils prennent la fuite et aggravent leurs symptômes → pulsion de mort.

Réel : libido (force psychique de pulsion) et jouissance. Ce qui fait rupture dans l’imaginaire ou le symbolique, ce qui ne peut être repris par la pensée imaginaire ou par le symbolique, le langage. Ça renvoie à des évènements inouïs, surprenants. Ne peut être repris par la pensée d’anticipation → réel. Echappe radicalement à l’imaginaire et au symbolique.

Résilience : faculté à « rebondir », à vaincre des situations traumatiques. La résilience est la capacité pour un individu à faire face à une situation difficile ou génératrice de stress. Cette faculté n’est pas innée, mais elle trouve ses racines dans l’enfance, et dans la relation que les parents entretiennent avec leur enfant.

Résistance : quand le patient ne dit rien. La règle en thérapie est de parler, dire tout ce qui passe à l’esprit, mais là le patient ne dit rien. Il peut également y avoir un oubli. Il n’y a plus de travail analytique. Par contre, dans la vie il arrive plein de choses (accident, TS…) qui expriment le psychisme malheureux du patient.

Signifiant : image sonore d’un mot, représentation, on comprend le concept mais on se fait sa représentation. Il est en relation avec une réalité extra-langagière, avec une représentation, avec la signification (signifié). Il désigne un signifié, et grâce à lui on retrouve ce qui a été refoulé. Elément d’une chaîne langagière ou le désir de l’autre s’inscrit.

Signifié : concept, sens, signification.

Stade phallique : moment particulier du développement de la sexualité infantile pendant lequel culmine le complexe de castration.

Sujet : c’est le moment de saisi par un point conscient d’un point inconscient. Un signifiant conscient appelle un signifiant inconscient qui va être récupéré et devenir conscient. L’instant précis où les 2 entrent en contact, c’est l’émergence du sujet. Le sujet n’est donc que ça en psychanalyse.

Symbolique : langage en tant qu’il a une autonomie (bloc structuré extérieur à autrui) et une efficacité (retrouve la scène traumatique et la met en mot).

- Symbole : vient du grec sumbolon, c’est un signe de reconnaissance. Ex : pièce en terre que l’on casse en deux, la réunion des deux forme le symbole. L’ajustement devient symbole. Notion de contrat social. Signe qui a été convenu par contrat, marque de reconnaissance convenue.

- Symbolisme : fait partie de l’imaginaire, comme le lion est le symbole du courage. Un même mot peut avoir des sens différents. Le symbolisme est sur le versant de l’imaginaire.

- Systèmes symboliques : équivaut aux institutions, système complexe d’idées, d’interdits, de représentations sociales, de rites, de lois… Qui préside au fonctionnement d’une société. Une société s’organise autour de ça. Ordre structuré auquel le sujet est confronté, et cette confrontation permet de se suggestiver. Identification par le symbolisme. Systèmes d’idées par rapport auquel vont se structurer les individus, l’individu se structure comme sujet par un système symbolique. C’est constitutif de la subjectivité.

- Autre : le grand autre avec un A. Lieu du signifiant, de l’énonciation, d’où viennent les paroles. Catégorie abstraite de condition d’énonciation. Le fait de parler est de poser des signifiants les uns à la suite des autres.

Symptômes de conversion : propre à l’hystérie, métaphorisation de problèmes psychiques, les symptômes ont une origine psychologiques et disparaissent psychologiquement (ex : comme sous hypnose). Ils doivent être différenciés des troubles psychosomatiques (comme l’asthme, le diabète… soma sema = corps tombeau, matérialité du corps, s’oppose à ce qui n’est pas saisissable. Il y a toujours une cause physique) et des troubles corporels.

Théorie de l’identité de perception : moment de la rencontre avec l’objet qui provoque la satisfaction, c’est répéter compulsivement sur le mode le plus direct (souvent le mode hallucinatoire) la perception du premier objet de satisfaction pour se satisfaire, alors même qu’il n’a aucune connaissance véritable de cet objet. Moment où l’hallucination va recoller avec la 1ère perception. C’est le désir, et pour Freud le désir est une hallucination.

Théorie de la séduction : réalité clinique et conception de la causalité.

Théorie du jugement : processus de pensée inconscient. Le jugement structure l’objet en 2 : Attribut (partie de l’objet qui fera une compréhension de l’objet, partie compréhensible consciemment) et Chose (refoulement, représentation inconsciente de l’objet, objet perdu à jamais. Versant inconscient de l’objet). A l’aide de mots, une représentation passe de l’inconscient au conscient.

Théorie du mimétisme : l’imitation engendre et explique tous les phénomènes humains. Pour René Girard, désirer c’est copier le désir de quelqu’un d’autre. Cette théorie s’appuie sur un désir mimétique, sur une crise mimétique (la violence propre à toute société) et la résolution qui est le meurtre d’une victime émissaire.

Toxicomane : identité du sujet centrée sur le produit. L’objet, c’est moi. Purement psychique. Est caractérisé par 3 choses : rapport au trauma (assume son trauma, il le revendique et l’exhibe), volonté d’agresser l’autre (fixer l’autre dans ses jugements sur la toxicomanie pour le disqualifier), rapport à la loi (il est un traumatisé de la loi).

Transfert : relation du psychanalyste et du patient. Accrochage du psychisme du patient sur l’analyste. Le patient envoie un affect à l’analyste, et cet affect est lié à une représentation. C’’est un affect déplacé. L’analyste ne répond pas, ce qui permet au patient de voir ce transfert et de chercher à comprendre. Un affect déconnecté d’une représentation refoulée, se déplace sur représentation avec l’analyste. Il faut donc retrouver la représentation d’origine et recoller les deux. Fonctionne dans la vie courante, c’est un phénomène humain qui s’éprouve à des degrés variables dans toutes les relations entre individus.

Traumatisme : comme psychique, le monde extérieur ne cause pas le traumatisme. Le traumatisme est intrapsychique. Ce sont 2 évènements qui se combinent. C’est lié à une conception structurale de la sexualité.



12/04/2013
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