Cours de psychologie

Neurobiologie - cours

Neurobiologie

 

 

I. Historique et anatomie du cerveau humain.

 

 

1. Historique :

 

Un peu avant l’antiquité on considérait que les fonctions mentales se faisaient au niveau du ventre. On pensait que c’était là que se déroulaient toutes les fonctions nécessaires à la vie de l’individu.

Avant les gens pensaient que le cœur était la source de toutes les fonctions, c’est pourquoi on retrouve des phrases, telles que « je connais par cœur » « tu as un cœur dur ». On distinguait d’un côté tout ce qui est somatique (le corps) et de l’autre la partie psychique, tout ce qui se rapporte en dehors de l’organisme. Cela peut être modulé par des forces extérieures mais le centre de tout était le cœur. Tout ce qui concerne la pensée humaine est en relation avec cet organe (le cœur).

On a gardé l’héritage que le cœur est le centre de nos émotions, alors qu’on a démontré que toutes ces émotions se situent dans le cerveau et non dans cet organe.

 

a. Les hypothèses sur les fonctions encéphaliques :

 

Pythagore (autour de 600 av JC) : propose que l’encéphale soit le centre du raisonnement.

 

Hippocrate (460 – 377 av JC) : médecin, propose que l’encéphale soit le centre de nos émotions et de notre conscience. Il est considéré comme le père de la médecine.

 

Platon (420 – 347 av JC) : propose la localisation encéphalique de l’esprit. Pour lui, l’esprit n’est pas en dehors du corps, ce n’est pas quelque chose qui se balade mais se localise au niveau de l’encéphale.

 

Aristote (384 – 322 av JC) : soutient l’idée de la localisation des émotions dans le cœur, l’encéphale ne jouant qu’un rôle de refroidissement du sang (comme le sang circule dans notre corps, il se chauffe à cause des frottements, comme il savait déjà à l’époque que le cerveau est l’organe le plus irrigué du corps humain, il a supposé que sa fonction était de refroidir le sang). Il a eu pendant des siècles une très grande influence.

 

Galien (139 – 201) : défend l’idée d’un lien étroit entre le psychisme et le fonctionnement encéphalique. Il propose un modèle de fonctionnement. Médecin, il avait pour spécialité les gladiateurs, blessés suite aux combats. Il remarqua que, ces derniers, touchés à la tête, pouvaient avoir leur personnalité modifiée.

 

Andreas Vesalius (1514 – 1564) : ne s’oppose à Galien que sur le mode de fonctionnement encéphalique. Si le système circulatoire utilise un fluide (sang) peut-être que le système nerveux utilise aussi un fluide (qui serait le fluide céphalorachidien). Dans la tête, il y a des ventricules (des trous dans lesquels on trouve du liquide céphalo-rachidien).

 

René Descartes (1596 – 1650) : propose l’idée selon laquelle les processus mentaux dérivent d’une petite région encéphalique appelée « glande pinéale ». En y réfléchissant bien, on trouve dans l’encéphale et dans le reste du corps, certaines parties en double (2 bras, 2 jambes) alors que certaines sont uniques, comme la glande pinéale. Tout n’est pas mélangé, il doit y avoir des spécialisations.

         - Descartes et la naissance de la dualité « corps – esprit ».

         - Dissociation entre imaginer, méditer, penser, se souvenir et actes automatiques.

                               + Actes automatiques : mécanismes du cerveau contrôlant les comportements.

                               + Intelligence et âme : données par Dieu.

         - L’information (esprits animaux) serait véhiculée par des fluides des ventricules dans les nerfs.

 

Franz Gall (1758 – 1828) : défend l’idée selon laquelle la taille d’une région donnée de l’encéphale, mesurée directement sur le crâne, correspondait au niveau de compétence de l’individu (naissance de la phrénologie). Un jour, il se prend de fascination pour un de ses amis, très bavard qui avait un front bombé. Il fait alors le lien avec cette zone, qui n’est autre que le centre du langage. Par exemple, une bosse correspondrait à l’intelligence, l’autre à « dormir », etc. Une bosse = une capacité. Cependant, tout ceci ne reste qu’hypothèse. Il est focalisé sur l’ensemble du cerveau (cartographie le cerveau). Par la suite, il va séparer le cerveau en différentes zones, pour spécifier les aptitudes.

Quelques grandes idées sur le cerveau (influence de la phrénologie) :

                - Le cerveau est l’organe de l’esprit (intelligence).

                - Les capacités cérébrales peuvent être analysées en un nombre défini de facultés indépendantes.

                - Ces facultés sont innées et chacune a son siège dans une région définie à la surface du cerveau.

                - La correspondance entre la surface externe du crâne et le contour du tissu cérébral est suffisamment proche pour permettre à un observateur de reconnaître les tailles relatives de plusieurs organes par l’examen de la surface externe du crâne.

 

b. La certitude sur les fonctions encéphaliques :

 

Phinéas Gage (1823 – 160) : 13 septembre 1848, Cavendish, Vermont (USA).

Homme, touché gravement au cerveau, qui par la suite va avoir un changement complet de sa personnalité et ce définitivement.

 

Paul Broca (1824 – 1880) : contribue énormément à la compréhension d’aphasie (qui est l’inhabilité de parler parce que la musculature des organes de parole ne reçoit pas le signal du cerveau). C’est Monsieur Leborgne, un de ses patients, ne sachant prononcer que le son « Tan » qui a orienté ses recherches dans cette voie (à sa mort, il a prélevé son cerveau et a constaté que la partie gauche était lésée, il en a conclu que c’est cette partie qui est liée au langage de l’homme).

 

Carl Wernicke (1848 – 1904) : propose que la structure cérébrale responsable de la compréhension verbale est située dans le gyrus temporal supérieur.

 

Aujourd’hui : nous savons que le cerveau, et en particulier le cortex cérébral, est le siège de la conscience, de l’intelligence, des perceptions sensorielles, de la régulation de la motricité volontaire, de la communication (parole, écriture, lecture), de l’apprentissage, de la mémoire, de l’attention, du calcul, de la planification, de la créativité, du raisonnement, du jugement, de la volonté et de l’analyse. C’est également le siège de ce que chaque être humain est (la personnalité, le moi).

 

2. Morphogenèse, morphologie externe et constitution interne :

 

« Morpho » : en relation avec la formation (comment le cerveau se forme).

Morphologie externe : comment c’est à l’extérieur.

Constitution interne : comment c’est à l’intérieur.

 

a. L’apparition du tube neural :

 

Tube neural désigne le système nerveux primitif des embryons. Il se forme par invagination de la plaque neurale en une gouttière, puis par convergence et fusion de ses bords. Du côté de l'extrémité antérieure, il se dilate en 3 puis 5 vésicules pour former l'encéphale. Le reste du tube neural est à l'origine de la moelle épinière. La cavité du tube neural est à l'origine du canal de l'épendyme et des ventricules qui contiennent le liquide céphalo-rachidien.

 

 

 

 

Le tube digestif est ouvert (bouche/anus), le tube nerveux doit se fermer en haut et en bas.

Comment peut-on passer d’un tube à une tête ? Il faut des changements importants : il faut la tête d’un tube.

Il y a une partie que l’on va appeler la partie encéphalique (cerveau).

 

b. L’établissement des grandes régions :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

c. La morphologie externe :

 

Les premières études sur le cerveau ont été faites sur des animaux, puisqu’on considérait que le corps humain, même mort, était sacré.

Malgré le fait qu’on travaille avec des êtres humains, on a maintenu les mêmes nomenclatures (instances de classification) que celles utilisées pour les animaux.

Sillon différent de fissure !

Cerveau plissé car pas assez de place.

 

 

 

 

 

 

Entre les sillons on a des gyrus.

Gyrus = monts → bombé.

Sillons = vallées → fissures.

 

Sillon est une dépression linéaire de la surface du cortex. Les dépressions les plus importantes sont aussi appelées des scissures. Les sillons qui apparaissent les premiers lors du développement embryonnaire formeront les sillons primaires ou scissures. Ils sont faciles à identifier chez tous les individus et servent à définir les frontières entre les lobes cérébraux (lobes frontal/pariétal, frontal/temporal etc.). La scissure interhémisphérique est la première à apparaître puis viennent la scissure de Sylvius (à partir de la 10e semaine de gestation) et la scissure de Rolando (vers la 20e semaine).

Circonvolution cérébrale ou gyrus est un ensemble de replis sinueux du cortex cérébral, délimités par des sillons plus profonds ou constants, qui marquent la surface du cerveau.

 

 

d. La constitution interne :

 

Pour voir ce qu’il y a dans le cerveau, il faut le couper en deux.

 

 

La matière grise et la matière blanche :

 

Matière grise : partie des tissus du système nerveux central. Neurone = composé de corps cellulaires (avec les corps de NissL) et de prolongements. Matière à peu prés transparente. En assemblant plusieurs corps cellulaires (ex : cortex cérébral et les noyaux gros centraux), on atteint une couleur foncée qui tend vers le gris, ce qui donne le nom à la matière grise.

Matière blanche : composée des prolongements des neurones. La myéline qui recouvre les axones donne une couleur blanchâtre qui donne le nom à la matière blanche.

 

 

La matière grise :

 

Les corps cellulaires forment la substance grise caractéristique de certaines régions du SNC (ex : le cortex cérébral et les noyaux gris centraux).

 

 

La matière blanche :

 

 

On distingue trois types de fibres : (voir schéma au dessus)

- Fibres d’association  (rouge) : relient deux parties d’un même hémisphère et d’une même région (télencéphale) encéphalique. Ex : capsules internes, externes et extrêmes. Lorsque l’on passe d’un hémisphère au même hémisphère (je reste dans la même région/zone encéphalique, je suis dans un hémisphère et je ne fais que bouger) → (France à France).

- Fibres commissurales (vert) : relient deux parties de chaque hémisphère d’une même région (télencéphale). Ex : corps calleux et la commissure antérieure (relient les deux parties encéphaliques de la même région). Quand je change d’hémisphère → (France Suisse → Europe)

→ La différence entre les deux : la cible est éloignée.

- Fibres de projection (bleu) : relient deux parties de deux régions distinctes (télencéphales, mésencéphale, etc.) quelque soit l’hémisphère. Quand je change de continent (France – Afrique).

 

 

Commissurale : association d’un même hémisphère.

Le corps calleux fait partie de la matière blanche. C’est une commissure (moyen d’union entre deux parties) transversale du cerveau. Il interconnecte les deux hémisphères cérébraux. C'est la plus importante commissure du cerveau car elle relie les quatre lobes du cerveau entre eux (lobes frontaux, temporaux, pariétaux et occipitaux gauches et droits). Le corps calleux assure donc le transfert d'informations entre les deux hémisphères et ainsi leur coordination.

→ C’est parce qu’il relie les deux hémisphères qu’on coupe en plein dedans.



19/07/2012
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 1519 autres membres