Cours de psychologie

Mini manuel de psychologie sociale - Ingrid Plivard

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I. Définitions, historique et méthodes.

 

Eléments de définition et positionnement.

 

Psychologie sociale : décrit, explique et prédit le fonctionnement social. Prend comme unité d’analyse l’individu, inséré dans un contexte social donné et porteur d’appartenance à des groupes sociaux. Se focalise sur des processus internes. S’intéresse aux cognitions, aux attitudes et aux comportements des individus dans leurs activités de « connaissance du monde » comme dans leurs interactions avec autrui.

Les niveaux d’analyse de Doise : intra-individuel (perception, évaluation et comportements face à une situation sociale), interindividuel (niveau situationnel, sujet interchangeable), positionnel (relation), idéologique (croyances, normes et représentations).

Paradigme de la victime innocente (Lerner & Simmons) : si des évènements viennent remettre en cause notre croyance en un monde juste confrontée à une victime innocente, nous réduisons la contradiction en tentant de faire concorder les faits.

La sociologie se centre sur la structure et le fonctionnement des groupes, tandis que la psychologie sociale s’intéresse à l’individu comme unité d’analyse de base. De plus, seule la psychologie sociale met en œuvre des techniques d’expérimentation dans ses recherches, et elle se centre sur des processus internes, tandis que la sociologie utilise les propriétés du groupe.

La psychologie sociale s’intéresse à une relation ternaire : sujet individuel (ego), sujet social (alter) et objet.

 

Rapide historique du développement de la discipline.

 

Difficile d’identifier clairement les origines.

Les 1ères réflexions datent de la fin du XIXe siècle avec Gustave le Bon (influence de la foule) et Gabriel Tarde (loi de l’imitation). Suit de très près la méthode expérimentale avec Triplett (facilitation sociale) et Ringelman (paresse sociale). Mais le socle est surement Allport avec l’étude des attitudes.

3 éléments permettent de caractériser une attitude : sa direction, son intensité, ses dimensions. Rosenberg et Hovland distinguent 3 composantes : affective, cognitive, conative.

La psychologie sociale est traversée par 2 grands champs théoriques : béhaviorisme et cognitivisme.

Béhaviorisme : courant de recherche fondé sur le postulat de base que l’action humaine est avant tout gouvernée par des éléments extérieurs.

Cognitivisme : courant de recherche qui s’intéresse aux perceptions des individus sur les évènements et à la façon dont ils se représentent le monde. Qui s’intéresse aux processus internes.

 

Les méthodes en psychologie sociale.

 

La question de départ doit respecter 3 qualités : clarté, faisabilité, pertinence.

4 types de variables : dépendante, indépendante, intermédiaire, parasite.

L’hypothèse répond à 4 critères : plausibilité, vérifiabilité, précision, communicabilité.

Expérimentation : variables et indicateurs manipulés, hypothèses de type causal. Expérience en milieu naturel ou en laboratoire. Méthode explicative, tend à mettre à jour des liens de causalité entre les variables.

Observation : simple identification de variable. Type corrélationnel, lien sans cause. Méthode d’investigation d’un phénomène naturel. Avec 2 types : observation directe (sans outils) et observation indirecte (avec matériel : grilles d’observation, enregistrements, entretiens, questionnaires, études de cas).

Savoir plus explicatif pour l’expérimentation, et plus descriptif pour l’observation.

Entretien : situation d’échange conversationnel entre 2 personnes afin d’obtenir des informations dans un cadre spécifié.

Questionnaire : constitué d’une suite organisée de questions.

Biais cognitif : schémas de pensée erronés que nous employons fréquemment dans la vie de tous les jours.

Variable : caractéristique, attribut ou encore dimension d’un phénomène observable empiriquement et dont la valeur varie en fonction de l’observation.

 

II. Les influences sociales.

 

Normalisation : processus de création de normes, dans lequel la source d’influence et la cible de l’influence sont tout autant l’individu que le groupe.

Conformisme : se caractérise par l’existence d’une norme dominante et par le fait que l’individu accepte cette norme et s’y soumet, où la source est un groupe majoritaire. Changement d’attitude d’un individu en vue d’adopter celle d’autres individus.

Innovation : caractérisée par le fait qu’une source minoritaire propose une alternative à une norme et réussit à l’imposer.

Soumission librement consentie : l’individu ne se considère à aucun moment sous l’emprise d’une influence.

Soumission à l’autorité : la pression à se conformer est forte et explicite.

 

Influence sociale et construction du sujet.

 

Socialisation : ce qui permet à l’individu d’être intégré dans la société, car il en a intériorisé les codes, les normes, les valeurs, les rôles. Il sait comment se comporter et ce que l’on attend de lui, sans toutefois être passif. Processus par lequel les individus apprennent les modes d’agir et de penser de leur environnement pour s’y conformer et être membre de groupes ou de collectivités dans lesquels ils évoluent. On en distingue 3 types : socialisation primaire (renvoie en premier lieu à la cellule familiale puis à l’école), socialisation secondaire (plus diversifiée que la première et se réalisant par l’action d’agents socialisateurs liés aux relations sociales de l’individu. L’individu y enrichit son répertoire de normes, valeurs et rôles en transformant parfois ce qui a été acquis lors de la socialisation primaire [enfance]) et socialisation organisationnelle (processus par lequel un individu acquiert les connaissances sociales et les compétences nécessaires pour assumer un rôle dans une organisation).

Enculturation : processus par lequel l’individu intériorise et s’approprie la culture de son groupe.

Identité personnelle : perception subjective que l’individu a de son individualité. Renvoie au sujet dans son unicité.

Identité sociale : versant sociocognitif du concept. C’est une identité assignée par autrui qui regroupent les éléments permettant d’identifier l’individu de l’extérieur. L’accent est mis sur les appartenances car celles-ci vont déterminer le statut de l’individu.

Identité culturelle : rend compte des processus d’appropriation et de partage par l’individu des éléments culturels de son environnement social et culturel.

Soi : système psychique fondé par l’expérience de l’individu et par ses groupes d’appartenance (qualités, goûts, rôles, valeurs…). 3 types de soi : soi privé (relèverait des cognitions qui impliquent des traits ou des comportements propres à la personne. Evaluation de soi par le soi), soi public (rendrait compte des cognitions concernant le point de vue généralisé des autres sur le soi. Evaluation de soi par autrui généralisé), et soi collectif (concernerait le point de vue sur le soi que l’on peut trouver dans ce qui est collectif comme la famille, les collègues de travail, la tribu. Evaluation de soi par un groupe spécifique de référence.

Le soi se développerait en 2 phases : 1- organisation des attitudes particulières des autres dans le cadre des interactions, 2- organisation des attitudes sociales de l’autrui généralisé (groupes sociaux, société).

Je : aurait trait au soi en tant que sujet et relèverait du domaine de la spontanéité, de la créativité.

Moi : représenterait le soi en tant qu’objet, correspondant à l’ensemble des rôles que l’individu apprend à tenir en société.

Soi comme contenu : « moi », constitué par notre autobiographie qui évolue.

Soi comme processus : « je », traitement de l’information pour raconter et animer notre autobiographie

Concept de soi : connaissances qu’a l’individu de lui-même, versant cognitif du soi.

Estime de soi : dimension évaluative de soi, renvoie à la valeur que l’individu a de lui-même. Différents types : estime de soi personnelle (représente l’évaluation subjective de nos attributs personnels), estime de soi collective (évaluation subjective des caractéristiques du groupe d’appartenance), estime de soi d’état (renvoie aux évaluations soumises à variations ponctuelles du soi), estime de soi dispositionnelle (renvoie à une évaluation générale de nous-mêmes), estime de soi globale (évaluation globale de nos caractéristiques), estime de soi multidimensionnelle (représentation de soi comme entité à multiples facettes).

Présentation de soi : image de soi que l’on souhaite offrir aux autres.

Cognitive → concept de soi. Conative → présentation de soi. Affective → estime de soi.

Comparaison sociale : renvoie à une évaluation de soi. Comparaison ascendante (on se compare à meilleur que soi ou à un groupe de plus haut prestige social), comparaison descendante (on se compare à moins bon que soi ou à un groupe social de plus faible prestige), et comparaison latérale (on se compare à ceux que l’on perçoit comme étant semblables à soi).

 

Influence sociale et relations sociales.

 

Facilitation (Triplett) : phénomène par lequel les performances d’un individu à une tâche donnée vont être améliorées par la présence d’une ou plusieurs personnes en coaction.

Théorie remise en cause par Zajonc.

Paresse sociale (Ringelman) : la performance d’un individu serait plus faible lorsqu’il effectue une tâche en groupe, et plus exactement en coopération, que lorsqu’il l’accomplit seul.

Norme sociale : ensemble de règles et de prescriptions portant sur la façon de percevoir, de penser, de sentir et d’agir qui contribuent à guider notre comportement.

Valeur : principe. Interdépendantes et s’organisent en structures, hiérarchisées. Ne s’actualisent pas toujours dans les comportements ou attitudes de l’individu. La socialisation permet l’intériorisation des valeurs. Productions socioculturelles.

L’adhésion aux normes et valeurs n’est pas identique pour tous les individus à l’intérieur d’une même société.

Normalisation (Sherif) : création des normes par une influence réciproque entre les individus.

4 conditions à la création de normes : si aucune norme établie, si individus incertains, si individus se perçoivent comme égaux, et s’ils doivent partager un sort commun.

L’autre sert de point de référence, et évitement du conflit.

Conformisme (Asch) : pression sociale exercée par une majorité afin d’obtenir le changement d’attitude d’un individu en vue d’adopter celle de la majorité. Sert à conserver et à maintenir le statu quo. Se conformer est perçu comme relevant d’une bonne intégration. 3 types de conformisme (Kelman) : par complaisance (le sujet cherche une approbation sociale, il souhaite être tranquille et ne pas se faire remarquer. C’est superficiel et ne peut pas atteindre les croyances internes de l’individu. Ce conformisme est l’apanage des situations de pouvoir, la source d’influence possédant alors une emprise sociale), par identification (la personne se conforme car elle est identifiée à un groupe et elle souhaite soit s’y faire accepter soit conserver des relations positives. Le changement d’opinion est durable et profond. Il s’exprime même en dehors du cercle public), et par intériorisation (la source d’influence est perçue comme crédible, voire experte. C’est une conversion car le changement s’opère sur le fond. Il y a assimilation, intériorisation de l’opinion ou de la norme).

L’individu peut être dépendant lorsqu’il se trouve dans un état d’incertitude, et en raison de l’emprise que la source détient sur le sujet.

Incertitude émotionnelle : nait du fait de ne pas connaître l’issue d’une situation. Cette situation engendre une crainte, un état émotionnel déplaisant. Ce qui engendre un besoin d’affiliation qui procède d’une dépendance vis-à-vis d’autrui.

Incertitude informationnelle : quand l’individu ne possède pas les moyens objectifs pour établir la validité de son jugement, il est alors incertain et la référence à autrui permet de réduire cette incertitude.

Influence informationnelle : l’opinion de la majorité est nantie d’une aura de vérité, et plus exactement d’une impression de compétence. Ainsi, les individus seront d’autant plus réceptifs à la source d’influence qu’ils souhaitent dissiper le doute et que la majorité est perçue comme compétente.

Influence normative : l’individu se laisse influencer par complaisance, pour être bien vu, être accepté.

Soumission à l’autorité (Milgram) : pression explicite (injonctions, ordres) de la part de la source d’influence. L’individu va être amené à modifier son comportement en se soumettant à une autorité. La condition sine qua non à la survenue de ce phénomène est l’existence d’une dyssimétrie de statut et de pouvoir entre la source et la cible d’influence.

Etat agentique : l’individu est l’agent exécutif d’une autorité qui le transcende, il ne se sent pas responsable de ses actes, la responsabilité étant transférée à l’autorité.

Soumission librement consentie (Joule & Beauvois) : la soumission s’obtient sans que le sujet ait le moins du monde le sentiment que son libre arbitre est entravé. Le sujet a l’impression de choisir ce qu’il doit faire et il ne se sent pas contraint. L’individu va d’autant plus émettre la conduite attendue quand il va avoir l’impression d’être à l’origine de la décision. 3 techniques : pied dans la porte (consiste à obtenir un comportement coûteux en ayant préalablement fait réaliser au sujet une action moins importante. Il s’agit de demande peu pour ensuite obtenir plus), amorçage (le coût réel du comportement est caché au sujet car on cherche d’abord à obtenir son consentement. Une amorce est utilisée à cette fin), porte au nez (consiste à solliciter beaucoup en premier lieu, en s’exposant sciemment à un refus, pour ensuite demander moins et obtenir par là même ce que l’on souhaitait réellement).

Déviance : marginalité, renvoie à l’idée de rejet des règles et des normes, de personnes se plaçant volontairement hors des frontières de la société.

Chaque membre d’un groupe est cible et source de l’influence et ce indépendamment de son statut. L’influence peut produire un changement social et non pas seulement du contrôle social. L’influence est sous-tendue par la production de conflit et non pas seulement par l’incertitude.

Innovation (Moscovici) : influence de la minorité, création du conflit, confrontation des opinions. La minorité doit être consistante. C’est une alternative. Influence latente mais à long terme.

Consistance intra-individuel : l’individu doit toujours réaffirmer ses positions sans en dévier, sans contradiction dans ses arguments. Cela lui permet d’être crédible, condition incontournable pour pouvoir prétendre influencer.

Consistance interindividuel : les individus source d’influence sont en harmonie par rapport à leurs arguments.

Raccourcis cognitifs : prêts à penser, simplification pour éviter d’avoir à approfondir son raisonnement.

Décentration (Nemeth) : quand une source favorise une pensée de nature divergente, orientation des formes de pensée et de traitement de l’information.

Conversion : validation de l’information issue de la source minoritaire.

L’exposition à une source d’influence majoritaire aboutit à un mode de pensée convergent, on observe une focalisation sur le point de vue de la source considérée comme correcte. Tandis que l’exposition à une source d’influence minoritaire aboutit à l’activation d’un mode de pensée divergent, on observe la mise en œuvre d’un processus de décentration.

Persuasion (Hovland) : acte de communication ayant pour but de modifier l’état mental de l’individu.

Pour un changement d’attitude : source du message (émetteur et ses caractéristiques), message (sa nature), canal de communication (écrit, oral, contexte…), audience (récepteur et ses caractéristiques), attention accordée au message et sa bonne compréhension, notion d’attitude-cible (toutes les attitudes ne sont pas égales devant une tentative de persuasion, certaines y étant plus sensibles que d’autres, tout dépend de leurs centralités dans la définition du sujet et de leur accessibilité cognitive).

Hovland voit 2 étapes dans la situation de changement d’attitude : 1- réception du message, 2- adhésion ou phase de traitement des arguments.

McGuire en voit 12 : 1- le récepteur doit être cognitivement disponible, 2- le récepteur doit orienter son attention vers le message, 3- l’attention doit être maintenue, 4- le récepteur doit comprendre le message, 5- il génère des cognitions relatives aux traitements du message, 6- le récepteur acquiert éventuellement des informations qui attestent le bien-fondé du message, 7- le récepteur agrée aux positions contenues dans le message, 8- les changements subséquents sont stockés en mémoire, 9- le sujet récupère en mémoire le matériel cognitif qui dans le cadre du message va être pertinent, 10- prise de décision à partir de la phase précédente, 11- mise en œuvre d’un comportement en adéquation avec cette décision, 12- phase de consolidation où ces nouvelles informations sont intégrées dans le système de croyance.

Pour induire un changement d’attitude, il faut un traitement systématique, renforcé par : la présence de facteurs motivationnels à évaluer le contenu, et la cible doit posséder des capacités cognitives.

La source doit être crédible (liée à son expertise, statut social…), et similaire, sympathique, attractive.

 

III. La pensée sociale.

 

Perception sociale.

 

Perception sociale : façon dont nous traitons l’information sur la base d’éléments issus de l’environnement social (cognition sociale), dont nous percevons autrui (formations des impressions, théories implicites de la personnalité) et à la façon dont nous nous représentons les objets sociaux sur la base de cette même perception (représentation sociale).

Cognition sociale : processus par lequel les individus construisent leur connaissance de la réalité sociale. Champ du traitement de l’information. S’intéresse aux activités mentales renvoyant à l’acquisition, la représentation et le rappel de l’information concernant tout type d’objets sociaux. Champ de recherche visant à comprendre comment nous pensons les situations dans lesquelles nous sommes impliquées.

La cognition est sociale si : nature sociale de l’objet (chargé d’une signification sociale), réaction sociale (ce que l’on dit ou fait à un impact sur un autre sujet), fonction sociale (statut), co-extensivité (validité sociale quand partagé par plusieurs individus).

Traitement de l’information : processus par lequel nous traitons l’information de nature sociale, nous permettant ainsi de construire nos savoirs et nos croyances.

Traitement heuristique : ensemble des mécanismes permettant de choisir entre toutes les méthodes de résolution possible celle qui peut avoir le plus de chance de conduire à la solution. C’est un traitement de surface.

Traitement systématique : formation d’une liste exhaustive de toutes les solutions possibles à partir des données afin de constater lesquelles sont recevables.

Asch a fait les premiers travaux sur la formation de l’impression. Lorsque le nombre d’informations à disposition sur une personne est limité, nous nous en faisons quand même une idée, une impression globale se forme. Deux caractéristiques accolées à une même personne entrent immédiatement en interaction. Si une caractéristique est modifiée, la structure peut s’en trouver bouleversée et être alors remaniée. S’il y a des contradictions entre certaines caractéristiques, le sujet tente de les résoudre par un examen plus attentif des informations.

Caractéristiques centrales : celles qui vont guider la formation de l’impression. Elles impactent le sens que l’on va attribuer aux autres caractéristiques plus secondaires.

Caractéristiques périphériques : ont une influence limitée sur l’impression globale. Elles s’insèrent dans un réseau de significations guidé par les caractéristiques centrales.

Effet de halo : tendance à interpréter une caractéristique en fonction d’une autre plus centrale. C’est un effet de contamination.

Ancrage mental : difficulté que les individus ont à se départir de leurs premières impressions sur une personne.

Erreur logique : tendance à croire que certaines caractéristiques vont ensemble alors que d’autres sont incompatibles.

Effet d’indulgence : surévaluation des traits positifs et une sous-évaluation des traits négatifs.

Personnalité : ce qui confère sa singularité à l’individu. Caractéristique relativement stable d’une personne dans le temps dans sa façon de réagir aux situations.

TIP (théories implicites de la personnalité) (Beauvois) : théories naïves que possède chaque individu sur la personnalité et qui l’amènent à considérer que certains traits de personnalité s’accordent tandis que d’autres s’excluent. Croyance sur la fréquence d’un trait, sur sa variabilité, sur ses liens avec d’autres traits.

Représentation sociale (Moscovici) : produit et processus d’une activité mentale par laquelle un individu ou un groupe reconstitue le réel auquel il est confronté et lui attribue une signification spécifique. Système d’interprétation régissant notre relation au monde et aux autres qui orientent et organisent les conduites et les communications sociales. Phénomènes cognitifs engageant l’appartenance sociale des individus par l’intériorisation de pratiques et d’expériences, de modèles de conduites et de pensée.

Les représentations sociales contribuent à maintenir ou à créer des identités et des équilibres collectifs.

Les représentations sociales ont 4 fonctions : fonction de savoir (elles renvoient à la compréhension de la réalité et permettent de l’expliquer), fonction identitaire (elles permettent de situer par rapport à autrui et sont fortement partagées entre les individus d’un même groupe social), fonction d’orientation (elles orientent nos conduites), et fonction justificatrice (elles nous servent à justifier nos comportements ou nos décisions).

Objectivation : mécanisme qui permet la concrétisation de ce qui est abstrait. L’inexplicable se trouve transformer en une image concrète, ce qui permet de faciliter la communication entre individus. Se décompose en 2 phases : transformation iconique (sélection de certaines informations relatives à l’idée ou entité objectivée, puis matérialisation de l’objet abstrait en une image ce qui donne un schéma/noyau figuratif [simplification, schématisation qui permet une meilleure mémorisation et qui rend plus simple la compréhension]) et naturalisation (l’objet ou le concept transformé en image est choisifié, décontextualisation du concept transformé en image, le noyau figuratif devient une réalité tangible).

Ancrage : mécanisme qui permet de transformer ce qui est étrange en quelque chose de familier. Ce qui paraissait étranger va trouver du sens en étant inséré dans un réseau de catégories et de significations préexistant. Une fois le concept transformé en image, il peut être relié à ce qui est ancien et trouver sa place dans un cadre de référence qui permettre de l’interpréter. L’image va donc s’ancrer.

Pour Abric, une représentation sociale serait constituée d’un noyau central (fonction génératrice, organisatrice et de consensus) et d’éléments périphériques.

 

De la consistance à l’attribution.

 

Les individus sont censés fonctionner de façon consistante à plusieurs niveaux : comportemental, discursif et cognition.

Consistance cognitive : tendance à aller vers des situations équilibrées.

Théorie de l’équilibre cognitif (Heider) : les individus cherchent l’équilibre garantit par l’ordre et la cohérence entre les différents éléments de leurs environnements. S’il y a contradiction entre ces éléments, l’individu va opérer un travail cognitif pour rétablir l’équilibre en modifiant les rapports entre ces éléments, ou en modifiant la représentation qu’il se fait des éléments ou de leurs apports.

Théorie de la dissonance cognitive (Festinger) : les individus vont ajuster leurs opinions et croyances à l’acte qu’ils viennent de réaliser. Si une personne agit en désaccord avec ses croyances, il en résultera un certain mal-être, un état de tension inconfortable, la dissonance. Pour réduire cet état, l’individu va amoindrir l'écart entre croyances et comportement, il va adopter des stratégies, soit évitement ou fuite, soit négation de certaines cognitions, soit ajout de cognitions consonantes.

Les relations entre éléments, prennent 3 formes : dissonante (quand les éléments ne s’accordent pas), consonance (quand ils s’accordent) et neutre (quand ils ne peuvent être connectés).

La dissonance dépend de 3 variables : écart entre les cognitions, importance relative de chacune des cognitions, nombre de cognitions dissonantes en présence.

Soumission forcée : il s’agit de faire réaliser à un sujet quelque chose qu’il n’aurait pas fait de lui-même, spontanément.

Paradigme de la décision (Brehm) : les individus sont amenés à choisir entre deux alternatives séduisantes, tout en sachant que s’ils optent pour une option, ils perdent automatiquement les bénéfices de l’autre. La réduction de la dissonance se fait en maximisant après coup les attraits d’une option et en minimisant ceux de l’autre.

Paradigme de l’infirmation des croyances : lorsqu’un individu est exposé à une information dissonante qui remet en cause une de ses croyances, il va avoir tendance à adopter des stratégies qui visent à justifier la croyance mise à mal.

Paradigme de l’hypocrisie : il arrive parfois que nous défendions une opinion mais que nous nous rendions compte après réflexion, que nous ne nous sommes pas toujours comportés en accord avec cette conviction. Pour réduire cette dissonance, nous nous efforçons par la suite de générer des comportements congruents avec ce que nous avons défendu.

Attribution (Heider) : inférence qui a pour but d’expliquer pourquoi un évènement a eu lieu, ou de déterminer les dispositions d’une personne. Le processus attributif consiste à identifier les causes ou les origines des évènements par l’usage des informations relevant de la situation ou préalablement acquises. 3 groupes : attribution causale (recherche des causes d’un évènement), attribution dispositionnelle (cherche à déterminer dans quelle mesure l’action d’un individu va nous renseigner sur celui-ci), attribution de responsabilité (responsabilité légale et morale, les aspects de responsabilité relative à un effet produit).

Causalité interne : facteur dispositionnel, renvoyant aux caractéristiques propres de la personne.

Causalité externe : facteurs situationnels, émanant de l’environnement. Employée dans 2 cas : si l’individu pense que celui qui a accompli l’acte n’en avait pas la capacité, et si l’individu pense que l’acte a été régi par le hasard.

Heider a défini 5 niveaux de responsabilité : association (un individu sera considéré responsable de toute action entretenant un lien avec lui), causalité (la responsabilité relève de la participation à l’action, même si cette participation n’est pas intentionnelle), prévisibilité (concerne les cas où l’individu aurait pu prévoir ce qui allait se passer mais qu’il n’a rien entrepris pour l’empêcher de se produire), responsabilité (contrairement à la causalité, la participation est intentionnelle), justification (l’action est intentionnelle mais la responsabilité ne peut pas être entièrement imputée à la personne car elle y a été contrainte par des facteurs environnementaux).

Erreur fondamentale d’attribution (Ross) : tendance à surestimer l’importance de facteurs internes au détriment de facteurs externes. Il s’agit d’une erreur dans la mesure où elle ne renvoie pas à une représentation objective de la réalité sociale.

Norme d’internalité : acquisition culturelle et normative, la culture occidentale tendrait à favoriser l’internalité (nous sommes responsables de nos actes, ce qui est socialement valorisé).

Biais acteur- observateur (Nisbett & Ross) : nous produisons encore plus d’explications en termes de causes internes pour les autres que pour nous-mêmes.

Locus of control (Rotter) : une récompense consécutive à un comportement rend plus probable la répétition de ce comportement. L’individu établit des liens causaux entre le renforcement (positif ou négatif) qu’il reçoit et le comportement qu’il a produit. On parle de 2 types de contrôle : contrôle interne (la personne a tendance à penser que les renforcements dépendent de ses propres capacités, de ses dispositions personnelles), contrôle externe (la personne pense que les renforcements sont liés à des facteurs externes).

Modèle de la covariance (Kelley) : les individus, soucieux de déterminer la structure causale de leur environnement, vont se comporter comme des scientifiques le feraient dans leur imputation d’un effet à une cause. Observation de la co-occurrence. La co-occurrence désigne le fait que 2 évènements surviennent toujours en même temps. L’individu va repérer à la fois les conditions suffisantes pour qu’un événement apparaisse (un élément est dit suffisant si sa présence coïncide avec celle d’un autre élément) et les conditions nécessaires (un élément est dit nécessaire si son absence coïncide avec celle de l’autre élément).

Kelley avance que les sujets se servent de 3 sources d’informations pour donner une explication causale : différentiation ou distinctivité (c’est une comparaison du comportement de la personne dans d’autres situations, on doit savoir si le comportement se produit en présence de l’objet et s’il ne se produit pas en son absence), consensus (comparaison entre le comportement de l’individu et celui d’autres personnes dans la même situation), consistance (liée aux modalités circonstancielles et temporelles).

Schémas causaux : nos expériences nous permettent de tisser des répertoires de relation cause-effet. Ils agissent à la manière d’heuristiques et sont utilisés dans un but d’économie cognitive car l’examen minutieux de toutes les hypothèses pourrait saturer notre système de traitement de l’information.

 

IV. Les relations interpersonnelles et intergroupes.

 

Le groupe et les décisions de groupe.

 

Groupe : ensemble d’au moins 2 personnes, réuni sur la base d’au moins une caractéristique commune, poursuivant au moins un objectif commun, conscient de leurs nécessaires interactions et collaborations dans l’atteinte de ces mêmes objectifs et, s’il n’est pas éphémère, porteur d’un sentiment d’appartenance et d’une identité le plus souvent attestée par les autres groupes. Cooley a divisé cette notion en groupe primaire (groupe restreint, se caractérise par un petit nombre d’individus de manière à ce que les membres du groupe puissent interagir, relations intimes d’association et de coopération, sentiments de forte sympathie, soutien mutuel, identification mutuelle, sentiment d’unité, ce groupe contribue à la satisfaction des besoins fondamentaux de l’individu [expérience d’Elton Mayo puis Kurt Lewin]) et groupe secondaire (de plus grande taille et ne nécessite pas une grande interconnaissance, forme impersonnelles, formelle, groupe hiérarchisé pourvu de règles contractuelles que chacun se doit de respecter et qui tendent vers la réalisation d’une tâche précise). On peut également parler de groupe formel (dimensions de forte organisation, de hiérarchie et de pouvoir, la place de chaque individu est statuairement définie et les rôles clairement distribués, existence d’un ensemble de règles prescrites, tournées vers l’efficacité du groupe, donc mu par un but à atteindre), et groupe informel (registre de l’implicite, la répartition des rôles est mouvante et pas formellement établie, ils se répartissent sur la base des caractéristiques personnelles des individus et des rapports d’influence réciproque qui se construisent entre les membres du groupe, libre adhésion). Autre distinction entre groupe d’appartenance (auquel l’individu appartient, adhésion par forcément volontaire ni durable) et groupe de référence (auquel se réfère l’individu en ce qui concerne ses attitudes, avec une fonction normative [dans la mesure où l’individu s’identifie aux normes du groupe qui lui sert de modèle, et ce sans aucune réserve], fonction évaluative [le sujet va se servir du groupe pour évaluer ses propres comportements et opinions tout comme pour comparer et évaluer ce qui a trait aux autres groupes] et fonction protectrice [contre l’influence sociale et la pression sociale émanant d’autres groupes, support social]). Groupe réflexif (type de groupe ayant une conscience groupale ainsi que des caractéristiques pour, d’une part se définir, et d’autre part se différencier des autres).

Effet Hawthorne : cas où l’impact d’une situation expérimentale n’est pas tant dû à la manipulation des variables qu’à la conscience qu’ont les sujets de participer à une expérience, ce qui se traduit par une plus grande motivation.

L’objectif commun doit être perçu comme tel et valorisé par l’ensemble du groupe, l’intégration de ce but commun est la clé de voûte de la constitution d’un groupe. De plus, un nombre suffisant d’interactions psychologiques doivent être produites pour créer de la solidarité et se situer les uns par rapport aux autres, mieux se connaître et s’apprivoiser. Le groupe en devenir se dote d’une existence et d’un dynamisme qui lui sont propres.

Energie de groupe : énergie de production (source et effet de la participation, elle alimente la production), de solidarité (source et effet de la communication, elle alimente le processus de solidarité) et d’entretien (alimente un processus d’autorégulation permettant de dépasser les obstacles).

Cohésion du groupe : ensemble des forces qui concourent au maintien d’un lien entre les membres du groupe afin que celui-ci ne se désagrège pas.

Les réseaux de communication centralisés sont efficaces pour les tâches simples, et la décentralisation est plus conseillée dans le cas de tâches complexes.

Effet brainstorming : résoudre des problèmes complexes requiert bien souvent un effort de créativité qui va naître des interactions.

Statut : position relative qui n’a de sens que par rapport aux autres.

Rôle : conduite attendue en fonction du statut, il en est l’aspect dynamique.

Groupements d’individus → objectif commun + interaction et coordination = formation du groupe → détermination des différentes fonctions → assignation de rôles correspondants = maturité du groupe + atteinte de l’objectif.

Rôles dans le groupe : (Anzieu et Martin) rôles centrés sur la tâche (progression du groupe, stimuler le groupe, rechercher des informations, rechercher des opinions, apporter des informations, donner son opinion, reformuler les opinions, clarifier et coordonner les idées, orienter le groupe, procéder à l’examen critique, rôle d’activiste, régler les questions matérielles, rôle de secrétaire), rôles de maintien de la cohésion (celui qui encourage les autres, celui qui cherche à établir l’harmonie entre les membres du groupes, celui qui favorise les compromis, celui qui sert de relais, celui qui formule les normes du groupe, celui qui observe et commente, celui qui opine du bonnet), rôles parasites et liés aux besoins individuels (l’agressif, le freineur, l’intéressant, celui qui prend le groupe pour un tribunal, le négateur, le dominateur, le battu d’avance, l’avocat d’intérêt particulier). (Bales qui propose trois critères, l’activité, la compétence et la sympathie) le spécialiste de la tâche (rang élevé pour l’activité et la compétence, mais pas forcément pour la sympathie inspirée), le spécialiste social (avec un rang élevé pour la sympathie mais pas pour le reste), le déviant sur-actif (avec un rang élevé pour l’activité, mais bas pour le reste, individus qui parlent à tort et à travers ou qui essayent de s’imposer sans en avoir forcément les moyens), le déviant sous-actif (avec un rang bas pour tout, personne qui se met en retrait, elle peut éventuellement faire office de bouc émissaire).

Animateur : doit faciliter la production du groupe dans le but d’atteindre les objectifs de travail. 3 niveaux de participation de l’animateur dans le groupe : niveau de contenu (lié à l’objectif poursuivi, l’animateur doit veiller à ce que chacun soit compris), niveau de la procédure (concerne les méthodes de travail et les procédures avec lesquelles le groupe va fonctionner, même si l’animateur les propose lui-même, il doit s’assurer de l’adhésion de chacun), niveau du climat (en lien avec les tensions et les affinités qui ne vont pas manquer de survenir, l’animateur doit veiller à ce que la charge socio-émotive ne bloque pas le groupe).

Leadership : exercice d’une influence d’un ou plusieurs individus sur un groupe dans l’optique d’atteindre les buts que celui-ci s’est fixé et d’en garantir la cohésion par le maintien et l’intérêt dans la participation, de la motivation et d’une bonne entente entre les membres. La source d’influence est personnelle et non coercitive. Force collective qui appartient au groupe, influence qui se prend et qui s’accorde et dont les pôles sont susceptibles de varier en fonction des moments de la vie du groupe, de son activité. Le leadership n’est pas forcément endossé par une seule personne.

Leader : celui qui est reconnu comme tel par les autres membres du groupe.

Autorité : à ne pas confondre avec le leadership. Ici le supérieur n’est pas élu démocratiquement, et il doit réglementer ou appliquer une réglementation.

Décision de groupe : la capacité de décision est importante pour le groupe car elle est le reflet de sa capacité à atteindre ses objectifs. Plusieurs types : décision unanime (tous les membres du groupe partagent explicitement la même opinion, ils vont dans le même sens), consensus (une décision est adoptée au-delà des opinions divergentes, certains vont se rallier à la proposition d’autres pour le bien du groupe et de l’objectif collectif, cela nécessite un certain niveau de confiance), décision majoritaire (les membres ne partagent pas la même opinion mais c’est la majorité qui l’emporte), décision minoritaire (une minorité prend une décision pour la majorité, la minorité possède la compétence décisionnelle), décision unitaire (décision prise par un membre du groupe, avec ou sans consultation). Pour une prise de décision, 3 niveaux renvoient à des facteurs émotifs : niveau intra-personnel (qui se réfère par exemple au fait que réussir ou échouer va modifier l’estime de soi), niveau interpersonnel (qui implique les sentiments tels que l’admiration, la jalousie…), niveau intra-groupe (où se jouent les mobilisations, les unions, les clivages et les tensions). 4 phases dans la prise de décision : définition du problème (explicitation des positions de chacun), inventaire des possibilités de solution (recueil des idées, des suggestions), évaluation des options (synthétiser, identifier, analyser et critique méthodiquement les principales options), décision (reformulation des options examinés pour que tous sachent clairement ce pour quoi ils vont devoir prendre une décision). C’est lors d’une prise de décision que le changement peut être impulsé (Lewin).

Pensée de groupe (groupthink) : (Irving Janis) processus selon lequel les individus d’un groupe ont tendance à rechercher le consensus plutôt qu’à appréhender de manière réaliste la situation. Ce phénomène est l’apanage des groupes cohésifs, plus précisément il semblerait que ce soit le désir de cohésion plutôt que la cohésion elle-même qui soit à l’origine de ce phénomène.

Polarisation collective : correspond au fait que les individus vont adopter lors d’une discussion de groupe des opinions ou des décisions plus radicales, plus extrême par rapport à celles initialement favorisées. Extrémisation des opinions et des choix. On trouve 2 types d’explications à ce phénomène : la comparaison sociale où l’individu chercher à se présenter sous un jour meilleur que celui d’autrui, et la théorie des arguments persuasifs où la polarisation est facilitée par l’exposition de l’individu à des arguments persuasifs allant dans cette direction.

Le changement des conduites requiert un engagement des sujets dans la décision. La discussion est indispensable car elle permet l’expression des points de vue, ce qui aboutit à une décristallisation des normes en place permettant la prise de décision et le changement.

 

Les interactions sociales.

 

Relations interpersonnelles : liens qu’entretiennent entre eux les individus, liens qui peuvent être de différentes natures.

Attraction : attitude interpersonnelle positive qui est le produit d’un ressenti positif à l’égard d’autrui. Elle implique un désir de rapprochement vis-à-vis d’autrui. Cette attitude est constituée de 3 composantes : une cognitive qui renvoie aux croyances sur la personne, une affective qui correspond aux sentiments à l’égard de la personne, une conative se référant aux comportements vis-à-vis de cette personne.

Si nos paroles et comportements reçoivent des renforcements positifs successifs de la part d’une personne, nous serons enclins à éprouver des sentiments positifs à son égard. L’inverse vaut pour des renforcements négatifs. Nous serions par ailleurs d’autant plus attirés que le renforcement est immédiat (Lott).

Ce que nous éprouvons pour une personne est conditionné par le profit que nous pouvons retirer de la relation (Thibault et Kelley).

La proximité serait un facteur d’attraction dans la mesure où elle crée une certaine familiarité entre les individus.

La beauté est un facteur d’attraction plus important pour les hommes que pour les femmes (Berscheid et Walster).

La beauté physique est fréquemment associée à une plus grande performance professionnelle, à plus d’habileté sociale. Une personne attirante physiquement renvoie également l’image de quelqu’un de plus chaleureux, de plus heureux… (Dion, Berschied et Walster).

Nous sommes attirés par les individus qui nous ressemblent. On peut dire qu’une personne ayant des attitudes similaires aux nôtres facilite l’attraction car il valide une de nos caractéristiques personnelles, ce qui est gratifiant et qui en outre permet des interactions satisfaisantes. De plus, ce sentiment de similitude mène à une inférence d'’ppréciation réciproque (Byrne).

Nous recherchons également la complémentarité. La recherche de complémentarité concoure tout autant à la satisfaction des besoins de l’individu que la similitude (Winch).

Effet d’exposition : (Zajonc) le fait d’être exposé fréquemment à un stimulus identique engendrerait une attraction pour ce dernier.

Principe de l’équité : il convient de s’acquitter de ce que l’on se doit l’un à l’autre. Equilibre gain-coût des deux protagonistes, faute de quoi la relation sera considérée comme insatisfaisante (Walster et Berscheid).

Théorie de l’équilibre : (Heider) nous choisissons nos relations afin de conserver notre vision du monde, c’est-à-dire sans introduire de déséquilibre.

Intimité : forte proximité entre les individus, ce qui implique des liens affectifs forts. Le sentiment d’interdépendance est important, les individus se sentant fortement engagés dans la relation. De plus, cette proximité et cette interdépendance impliquent une forte connaissance mutuelle, les individus révélant beaucoup d’eux-mêmes.

Amitié : lien affectif partagé par 2 personnes, et qui vont en conséquence avoir plaisir à interagir. 2 composantes : tendance à percevoir autrui comme similaire à soi, tendance à évaluer favorablement l’autre sur différents domaines. Relation se développant progressivement, durable dans le temps, relativement objective.

Amour : sentiment beaucoup plus intense que l’amitié et qui induit un attachement très fort. Dépendance à l’être aimé très forte. 3 composantes : l’attachement à l’autre basé sur le fait qu’il est le vecteur de satisfaction des besoins de bien-être et de bonheur, préoccupation de l’autre qui renvoi au don de soi et à la volonté de maintenir la relation, sentiment d’exclusivité vis-à-vis de l’autre.

Altruisme : on va accomplir un acte de manière délibérée dans un souci d’autrui (indirect) ou dans un but d’aider (direct) et ce sans rien attendre en retour ni gratification morale ni compensation financière. 3 composantes : le comportement émis est volontaire et ne se rattache à aucune autre sorte de contrainte, le comportement bénéficie à d’autres personnes de manière directe ou indirecte, le comportement est une fin en soi on n’en attend aucune compensation. L’acte altruiste augmente l’estime de soi, il joue sur l’image que la personne se fait d’elle-même, forcément plus positive en cas d’altruisme. Le sujet pourrait aussi vouloir réduire les émotions négatives, voire pénibles, qu’il ressent devant le spectacle de la détresse d’autrui (Hoffman). 3 formes d’altruisme (Moscovici) : altruisme participatif (il se base sur un lien d’attachement à un groupe donné, très signifiant pour l’individu), altruisme fiduciaire (qui renvoie au fait que ce que nous faisons en faveur de l’autre dépend du degré de confiance que nous avons dans la relation), altruisme normatif (qui correspond aux aides fournies par certaines institutions).

Diffusion/dilution de la responsabilité : (Latané et Darley) si le nombre de témoins est important, l’incident est moins vite repéré et surtout son interprétation comme situation potentiellement dangereuse est différée. Paradoxalement, la passivité d’un sujet nourrit celle d’un autre, c’est un genre d’influence mutuelle de passivité, chacun constatant l’inactivité de l’autre. De plus, du fait du nombre d’individus présents, le sujet se sent moins responsable puisque la responsabilité est partagée par tous.

Un comportement altruiste permettrait de neutraliser le sentiment de culpabilité et de redorer son image (Regan Willians et Sparling).

Les individus peuvent se demander si la personne en difficulté mérite d’être aidée. Et les caractéristiques de la personne qui demande l’aide sont à prendre en considération, on aidera plus facilement les sujets perçus comme aimable ou attirant ou qui nous ressemble.

Norme de responsabilité personnelle : (Schwartz) inculquée depuis l’enfance, sorte d’obligation morale personnelle qui se traduit par un sentiment de responsabilité vis-à-vis de ceux qui ont besoin d’aide.

Agression : comportement physique ou verbal dirigé vers une personne avec l’intention de faire mal, que ce soit à un niveau physique ou sur un plan psychologique (on parle d’agression interpersonnelle, Berkowitz). Acte intentionnel aux répercussions négatives. 2 types d’agression (Feshbach) : agression directe (se réfère aux comportements qui visent à porter directement préjudice à quelqu’un, le comportement est ici une fin en soi et ne vise pas plus que le rétablissement d’un état émotionnel stable, elle est souvent dite défensive car provoquée par les comportements d’autrui), agression indirecte (vise autre chose qu’un préjudice direct, elle est instrumentale dans la mesure où elle sert des fins déterminées et permet d’atteindre des objectifs). Il y aurait agression s’il y a préexistence de frustration, et la frustration conduit à l’agression, sous une forme ou une autre (Dollard, Doob, Miller, Mowrer et Sears). Il faut en fait que le seuil de tolérance à la frustration soit abaissé, que l’individu soit très frustré et qu’il ne puisse plus « encaisser », l’intensité de la frustration va alors déterminer la survenue de l’agression qui aura un effet cathartique. Explication non suffisante, on peut plutôt dire que la frustration doit susciter des émotions négatives telles que la colère pour déclencher l’agression (Berkowitz). Bandura parle plutôt d’un apprentissage de l’agression, de manière directe par la récompense lors de la survenue du comportement agressif, ou par l’observation d’autrui c’est de manière vicariante. Lorsque l’individu observe un comportement agressif, il prend acte de ce type de comportement et l’intègre à son répertoire comportemental. Il va également observer les conséquences du comportement agressif, si les répercussions du comportement sont positives, l’effet sera désinhibiteur alors qu’il sera inhibiteur si le sujet constate des retombées négatives.

Sentiment d’appartenance : conscience individuelle de partager une ou plusieurs identités collectives et d’appartenir à un ou des groupes de références. L’individu a intégré dans sa socialisation un certain nombre de valeurs et modèles comportementaux afférents à ces groupes. Les sentiments d’appartenance constituent l’aspect collectif de l’identité et du sentiment de soi.

Identification : s’appuie en même temps sur du semblable et sur du dissemblable. 3 processus : identifier autrui (la simple perception d’autrui aboutit automatiquement à la mise en œuvre de processus de catégorisation. Autrui est classé dans une catégorie culturellement significative), s’identifier à autrui (le processus d’identification d’autrui va permettre celui d’auto-identification, l’individu va pouvoir se reconnaître dans le système de normes, de valeurs et « d’idéal-type » de personnes ou de groupes), être identifié par autrui (en plus du sentiment d’appartenance, il faut l’acceptation des membres du groupe et la reconnaissance de cette appartenance par des individus n’appartenant pas à ce groupe).

Catégorisation : processus par lequel l’individu organise et réduit la complexité du réel en différentes catégories, le signifiant pour l’intégrer. 2 effets : effet de contraste ou différenciation inter-catégorielle (accentuation des différences perçues entre les objets classés dans des catégories distinctes qui débouche sur un phénomène de discrimination, c’est le sociocentrisme), effet d’assimilation ou homogénéisation intra-catégorielle (accentuation des ressemblances perçues entre les objets classés dans une même catégorie, menant à la stéréotypie). 2 fonctions (Tajfel) : fonction cognitive (fournit des repères à travers lesquels l’environnement et les faits sociaux sont structurés et appréhendés), fonction identitaire (l’identité sociale est liée à la connaissance de son appartenance à certains groupes sociaux, et à la signification émotionnelle et évaluative qui résulte de cette appartenance. Consiste dans la recherche d’une identité sociale positive qui aboutit à ce que la catégorisation sociale se double souvent d’un biais de favoritisme intra-groupe).

Paradigme des groupes minimaux : (Tajfel) le simple fait d’appartenir à un groupe suffit à l’expression d’un comportement discriminatoire envers le hors groupe. Ceci est valable en l’absence de tout autre facteur, même lorsque les groupes sont constitués au hasard, sur des critères arbitraires.

Stéréotype : lien qui est établi entre l’appartenance à un groupe donné et la possession de certaines caractéristiques. Ensemble de croyances sur un certain nombre de personnes. Caractère verbal très fort, uniformité dans le groupe, exclusif, tonalité négative ou positive. Excès de généralisation qui accentue les différences. 3 types : auto-stéréotypes (croyances concernant les membres de son propre groupe), stéréotypes sociaux (croyances socialement partagées par un groupe de personnes), stéréotypes individuels (croyances d’un individu concernant un groupe social donné). 3 principales fonctions : recherche d’une explication causale sociale qui correspond à la recherche des causes d’un phénomène impliquant un hors groupe à un niveau social, recherche d’une justification sociale, recherche d’une différenciation sociale.

Préjugé : attitude de l’individu comportant une dimension évaluation, positive ou négative, à l’égard de personnes ou de groupes de personnes. Filtre qui n’accepte que les informations qui le confirment. 3 caractéristiques : composante cognitive (contenus du préjugé, idée que l’on se fait), composante affective (émotions, positives ou négatives, provoquées par la cible), composante conative (orientation de l’action de l’individu face à l’objet, sorte de discrimination).

Discrimination : comportement négatif injustifiable à l’encontre d’un groupe donné et de ses membres individuels. Vise à mettre un groupe cible à distance, à le défavoriser. Les pratiques discriminatoires sont renforcées et justifiées par les stéréotypes et les préjugés.

3 grandes stratégies de maintien de l’estime de soi : (Croizet et Martinot) comparaison avec les stigmatisés plutôt que les dominants, explications des causes possibles d’infortunes, désengagement des domaines où les individus stigmatisés sont menacés (= désengagement sélectif).

Théorie de l’identité sociale : les individus cherchent à atteindre ou à maintenir une identité sociale positive, une identité sociale positive implique des comparaisons favorables entre l’intra-groupe et des hors groupes, lorsque l’identité sociale est insatisfaite les individus vont chercher à quitter leur groupe et à rejoindre un groupe plus positivement distinct et/ou à rendre leur groupe plus positivement distinct.

Biais de favoritisme intra-groupe : on considère plus favorablement ce qui émane de notre groupe que ce qui provient des hors groupes.

Continuum de comportement : comportant le pôle comportement interpersonnel (interaction entre individus exclusivement sur la base de leurs caractéristiques individuelles) et le pôle comportement intergroupe (interaction entre les groupes uniquement orientée par les caractéristiques du groupe d’appartenance de l’individu impliqué). Ces deux pôles définissent les interactions sociales.

Continuum de système de croyances : comportant le pôle mobilité sociale (croyance en la possibilité offerte à l’individu de franchir les barrières pour passer d’un groupe à un autre à l’intérieur de la société) et le pôle changement social (idée que le groupe doit lutter s’il souhaite modifier les relations intergroupes). Ce continuum est d’ordre idéologique.

Stratégies pour rétablir une identité et une estime satisfaisante : stratégies individuelles (le sujet cherche à s’identifier à un groupe plus prestigieux, comparaisons avec des membres de son groupe bien moins lotis que lui), stratégies collectives (introduire des dimensions de comparaisons nouvelles permettant de valoriser le groupe, redéfinition des caractéristiques renvoyant à l’inversions de certaines dimensions du négatif vers le positif).

Le changement social est induit par des stratégies de compétition sociale.

Théorie de l’auto-catégorisation : (Turner) passage du pôle individuel vers le pôle social. L’individu se caractérise comme un être humain, il se définit comme un membre d’un groupe, et se définit en tant que tel par ses différences qui le distinguent d’autrui.

Concept de la personnalité autoritaire : (Adorno) un certain type d’éducation, très rigide et très stricte, pourrait engendrer des individus possédant une personnalité particulière, dite autoritaire.

Théorie des conflits réels : (Shérif) les intérêts réciproques de chaque groupe et l’importance qu’ils revêtent pour eux, peuvent engendre des conflits.

Buts supra-ordonnés : buts communs ne pouvant être atteints que grâce à un effort commun.

Hypothèse de contact : (Allport) : plus les contacts entre les groupes vont être fréquents, plus il y aura d’interconnaissances et moins les attitudes envers les hors groupes vont être négatives (théorie qui ne tient pas).

 

 

► Très bon livre. Il est simple, clair, toutes les bases de la psychologie sociale sont abordées, avec des encarts pour donner des expériences concrètes, et à la fin de chaque chapitre il y a un petit résumé ainsi que des exercices. Je le recommande vivement.



23/07/2013
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