Cours de psychologie

Méthodologie de travail universitaire

Méthodologie de Travail Universitaire

 

 

I. Oral.

 

 

1. Préparation d’un oral :

 

Se familiariser avec le texte : auteur du document (recherche à la BU) : qui il était, courant de pensée, écoles qui parfois s’opposent, les affluences, filiation pro/idéologiques etc.

 

A quoi avons-nous à faire ? : chercher la source pour savoir de quoi on parle, et de permettre aux profs de savoir si on a inventé les sources, et de les retrouver. Extrait d’un livre (ou se situe l’extrait dans l’ouvrage, ce qui l’entoure), article, ouvrage collectif (dans quel ouvrage, quels sont les différentes idées abordées), etc.

 

Replacer un texte dans un contexte, dans une période donnée : le texte change de signification selon le contexte ou l’époque dans lequel on le place, même s’il s’agit du même auteur.

 

2. Avant l’oral :

 

Repérer un certain nombre de termes clefs, il s’agit souvent de termes théoriques, communs qui sont essentiels et qu’il ne faut pas rater (pas toujours évidents dans un texte) : direction BU regarder dans dictionnaire.

 

Repérer les difficultés car peuvent servir pour l’oral :

      - Le style de l’auteur.

      - Est-ce que l’argumentation est claire ?

      - Est-ce qu’il y a des incohérences ?

      - La structure du texte.

      - Remarquer s’il s’agit d’un texte descriptif ou polémique ou théorique : visée/objectif du texte.

      - Faut-il se positionner, être critique (dans un premier temps le w de critique fait partie de l’émancipation, dé-fascination de l’auteur, tout en gardant en mémoire les émotions ressenties durant la lecture du texte) ? Demander au prof ce qu’il attend comme w de l’étudiant qui prépare le texte ! Il faut le plus souvent rester objectif pour faire une bonne préparation, et être constructifs.

 

Objectif : faire émerger notre réflexion, faire réagir les personnes qui écoutent (questions, etc.).

 

3. Pendant l’oral :

 

La tenue vestimentaire : pas trop décontracté, ni trop sérieux.

Le maintient : se tenir droit, bien.

Ne pas perdre le contact avec la salle : ne pas se contenter de lire l’exposé mais garder un contacte visuel avec les occupants de la salle pour conserver leur attention.

Eviter toute manifestation de stress.

Parler ni trop vite, ni trop doucement.

Organiser la présentation orale, planifier et répartir équitablement la présentation orale.

Répartir équitablement le travail.

Répartir équitablement le tps de présentation.

Dynamiser l’exposé.

Ne pas se laisser distraire/déborder par ce qui se passe autour de soi pendant un exposé.

 

 

II. Prise de notes :

 

 

Ce n’est pas une dictée, pour bien apprendre il faut reprendre le soir même, s’attacher au sens qui est dit, de noter les idées directrices.

Se mettre dans la pensée de l’auteur, du professeur et de comprendre sa logique, ce qu’il dit.

On ne nous demande pas notre avis sur le cours mais de comprendre les différentes approches (pouvoir les reformuler avec nos mots), il faut comprendre sans juger.

La priorité est la compréhension par rapport à la mémorisation. Le but est de forger une culture générale qui sera utile sur le terrain, pour cela il faut réellement s’investir dans les études.

 

1. La prise de note :

 

Points essentiels de l’enseignement proposé : pas tout noter.

Indices pour savoir quoi noter :

      - Reformulation ou répétition (pas forcement phrase, mais une idée).

      - Numérotation d’éléments.

      - Indices explicites (demande de prendre note, ou souligner l’importance d’une notion).

      - Interaction prof – élève.

      - Indices stylistiques = exemples.

 

Prose de note = codage des infos données par les profs = travail de réflexion pour savoir quoi noter.

 

Jalon = cours en ligne mais ne remplace pas le cours.

 

2. Utilité de prendre des notes et de les travailler :

 

Revoir les notes : lire mémoriser et comprendre.

     - Effet de répétition.

     - Ressources attentionnelles = capacité d’attention : écouter puis résumer ce que dit le prof.

 

3. Méthode de la prise de notes :

 

Avant le cours = lire prise de notes du cours précédent.

Pendant le cours = écouter, comprendre, noter éléments importants – structurer les cours.

Apres le cours = relire les notes.

 

4. Recherche documentaire :

 

Recherche bibliographique : il y a une méthodologie sur cela, qui permet d’organiser de façon structurée nos recherches. De faire une démarche scientifique, de connaître tout ce qui existe sur la question.

Il y a 2 grands axes : les classiques (livres) avec auteurs (Freud) et les articles. Pour retrouver les articles il y a la B.U (livres et banque de données par Internet) ; Les banques de données utiles : 2 en sciences humaine (Francis → sciences politique, et Pascal → sciences humaine). Elles sont utiles pour connaître les différents domaines.

 

Il y a « psy first » ou « psy info », qui donnent accès à des articles internationaux (souvent en anglais). « med live » → banque de donnée médicale.

 

Dans ces banques, différents types de recherches possibles (auteurs, mots-clés), la recherche se fait sur la forme du mot et non le sens, plus le nombre de mots clés augmente et plus les réponses seront précises.

Il faut connaître les termes techniques de la psychologie.

Les revues ne sont pas prises en compte dans les références fiables de recherche.

Certaines revues sont intéressantes : « pratiques psychologiques », « journal de psychologie appliquée », il faut aussi avoir des recherches internationales.

Il faut pouvoir synthétiser pour être prêt à l’examen.

 

Auteurs de référence.

Mots clés.

Recherches antérieures du domaine étudié.

= Essayer de repérer et sélectionner le doc le
plus pertinent, en allant du plus global au plus précis.

 

5. Les différentes sources bibliographiques :

 

Répartition du travail : un chapitre = un auteur = ouvrages coordonnés.

Bibliographie seule.

Articles scientifiques : articles qui sont validés par les pairs de l’auteur, le plus souvent on peut accéder a ces revues dans les bibliothèques.

Articles de vulgarisation : pour un publique plus large, tout en restant ciblé sur un sujet particulier.

 

6. Localisation des documents :

 

Vérifier puis aller voir.

SUDOC.

Se référer au l’ouvrage, et a l’auteur qui a coordonné l’ouvrage pour le retrouver.

 

7. Exploitation d’informations :

 

a. Sélectionner documents :

 

Titre (parfois révélateur du contenu du document).

Informations sur l’auteur (son domaine).

Editeur ou collection de l’ouvrage (niveau de difficulté de l’information fournie).

Date de l’ouvrage.

La revue (dans le cas de l’article).

Regarder dans un ouvrage le sommaire, la table des matières, les premières pages, la préface, la 4eme de couverture, etc.

Se poser la question sur ce que je chercher et quel est mon objectif ? Qu’est ce que je veux savoir sur ce sujet ?

 

b. Traitement de l’information :

 

Lecture rapide sans prise de note.

Souligner ou surligner les ouvrages s’ils nous appartiennent.

Attention de ne pas salir un ouvrage (les choses qui sont essentielles en premier temps ne le seront peut être pas dans un second).

Repérer introduction et conclusion.

Première et dernière phrase d’un paragraphe retiennent l’unique idée ou l’idée principale du paragraphe.

Important de prendre des notes a la fin du chapitre/partie (4-5 lignes sur ce qui a été développé dans le chapitre).

 

Formes de lectures de l’article :

     - Lecture informative = concentrer sur les aspects techniques, sur la méthodologie.

     - Lecture critique = questionner sur toutes les sources d’information qu’on a utilisé.

 

c. Normes bibliographiques (normes APA) watch on net :

 

En italique = source de l’information (titre pour un livre, ou revue pour un article) ce qui faut taper dans la base de recherche.

Ouvrage : NOM AUTEUR, INITIALES DES PRENOMS, (DATE D’ECRITURE, DATE DE REEDITION), TITRE DE L’OUVRAGE. VILLE D’EDITION : EDITION.

Pour un chapitre d’ouvrage.

 

8. Synthèse d’article :

 

a. Morphologie des articles scientifiques :

 

Entre 5 et 15 pages.

Enormément d’informations, style épuré (ce n’est pas de la littérature, ce n’est pas ludique = nécessite beaucoup d’attention).

Texte très synthétique.

On y trouve toutes les informations pour reproduire la recherche = c’est un peu comme un mode d’emploi.

 

Découpé en 7 parties :

      - Titre de l’article.

      - Le résumé.

      - L’introduction :

            + Problématique (situer le sujet d’étude dans un champ précis).

            + Encrage théorique.

            + Objectif.

            + Hypothèses générales sur la problématique.

      - Méthodologie :

            + Hypothèses opérationnelles/concrètes (hypothèse plus précise que celle générale) = ce qu’on va mesurer.

      - Analyse de résultats.

      - Interprétation des résultats.

      - Références bibliographiques : doivent contenir la totalité des sources d’informations utilisées par l’auteur pour écrire son article.

 

b. L’activité de résumer :

 

Ça doit être objectif = pas de commentaire, pas ridiculiser ni modifier les idées de l’auteur, et respecter la logique de l’auteur.

Résumé qui doit faire 200 mots 10 %.

Comprendre, trier et hiérarchiser les infos.

Noter idée principale, mais aussi le mot ou la charnière qui va le faire passer d’un paragraphe à l’autre pour permettre la continuité/compréhension de la logique de l’auteur.

 

Différents niveaux de lecture :

 

1ere lecture : sans notes.

2eme lecture : saisir les idées des paragraphes.
Il faut saisir le plan de l’auteur depuis cette lecture (thème, thèse, antithèse, arguments).

3eme lecture : faire apparaitre les idées telles qu’il les a exposées.

 

Structure du texte :

 

Connaissance sur thème vont permettre de comprendre le texte, mais ne doivent pas apparaitre dans le résumé du texte.

 

Phase de rédaction :

 

Nombre de mots précisé, sinon 200 mots 10 %.

Respecter la pensée et la logique de l’auteur : synthétiser la pensée de l’auteur, il ne faut pas trahir l’auteur : il ne faut pas donner son avis, ni tenter d’adoucir ses propos.

Pas d’introduction ni de conclusion.

On ne paraphrase pas le texte !

Relire texte pour fautes d’orthographe !!!

 

c. La fiche de lecture :

 

Englobe résumé mais apporte des informations supplémentaire que le résumé.

Nom d’auteur, date originale et de réédition, titre, nom de la revue, titre/sujet/thème, mots clés, résumé, quelques références bibliographiques.

 

 

III. Recherche documentaire.

 

 

Objectif du mémoire : savoir, apprendre à connaître et transmettre, savoir analyser, structurer, prendre du recul pour rédiger.

 

Le mémoire représente l’aspect pratique, le CM montre la théorie. A l’aide des deux nous comprendrons la méthode.

 

Rhétorique : ensemble de procédés et de techniques permettant de s’exprimer avec élégance.

Dialectique : art de discuter pour accéder à la vérité.

 

1. L’héritage culturel de la rhétorique :

 

Pourquoi nos sociétés font-elles d’une exigence éducative de l’orientation ?

 

Du VIième siècle avant notre ère à cette fin de siècle, depuis les « présocratiques » (ex : Zénon d’Elée), avec aussi les Sophistes (Rotages), depuis Platon, Aristote et les Stoïciens, jusqu’au Politique de l’Etat spectacle et à nos psychosociologues, argumenter a toujours partie lié avec la liberté et la culture.

 

Il existe des lieux privilégiés de cette histoire culturelle de l’argumentation : tribunal, Agora (place publique), lycée, livre, journal…).Bref tous les lieux de paroles où se forgent la démocratie en même temps que se renouvellent les formes sociales du pouvoir et de la création. Le savoir seul ne suffit pas. La vie démocratique de nos sociétés est caractérisée par cette aptitude des citoyens à débattre à plébisciter, à faire savoir, bref à argumenter.

 

a. L’héritage de Platon : la rhétorique, un instrument de perversion :

 

Dans les faits, la 1ère approche théorique de l’argumentation apparaît en Sicile avec la rhétorique dès le Vième siècle av J.C. Or, paradoxalement c’est Platon qui établira son acte de naissance en la disqualifiant. Dès lors, l’histoire de l’argumentation sera marquée du sceau de l’ambiguïté. Tantôt art du discours tantôt technique de manipulation. La rhétorique passera par une succession de période de discrédits, de survalorisation, de réhabilitation sans que jamais ne soit véritablement remis en cause son existence ni sa nécessité.

 

L’argumentation juridique et l’art oratoire chez les sophistes :

 

A l’origine, la rhétorique est un art de persuader qui permet de défendre sa cause devant les tribunaux.

Pour les sophistes, l’argumentation est d’abord une pratique sociale d’argumentation.
Un art oratoire destiné à aider ceux qui sont engagés dans les procès.

L’art oratoire doit permettre de faire valoir sa cause et de gagner.

La Sicile dont Gorgias est issus fournie le cadre juridique où s’exercent les talents des grands orateurs.

 

Peu à peu, la rhétorique devient un art de l’éloquence. Gorgias ouvre la voie à l’école des sophistes dont certains comme Protagoras donnèrent à la rhétorique une portée philosophique : les apparences se valent, tout est égal à tout, tout peut donc se défendre, l’homme est la mesure de toute chose.

Avec Gorgias et Protagoras, la rhétorique devient art et pouvoir de la parole dans la controverse : elle devient éristique (art de la controverse, disputer).

 

Avec Platon : la critique platonicienne :

 

Ce sont les pseudos-fondements philosophiques de celle-ci qui servent de cible à Platon (429/347 av J.C), il dit : « si tout est égal, et si le vrai n’est que subjectif, tout peut-être vrai et faux simultanément, rien à proprement dire n’est vrai », ainsi le discours des sophistes s’effondre dans son auto contradiction.

 

En fait Platon a opposé une philosophie du langage centrée sur la recherche désintéressée des Idées.

Il y a une assimilation rhétorique à la sophistique et à la rhétorique technique de l’abus de pouvoir.
Platon oppose dialectique, c’est-à-dire un discours au service du Vrai, donc de la science.

→ La rhétorique vient d’être culturellement disqualifiée et pour longtemps.

 

b. Aristote : les fondements de la rhétorique :

 

Elève de Platon, Aristote (384/322) est le véritable fondateur de la rhétorique dont le système subsiste encore de nos jours. Il réhabilite la rhétorique en la rapprochant de la dialectique.

 

Dialectique et rhétorique :

 

A cause de leurs désaccords, les hommes doivent argumenter sur tous les sujets. La dialectique est pour Aristote cette méthode qui met en mesure d’argumenter ainsi sur tout problème.
Contrairement à Platon, chez Aristote la dialectique n’est plus élevée au rang supérieur de la science.

 

Elle est encore démonstration logique mais à partir d’opinion probable.

Les précurseurs d’Aristote ont seulement développé les moyens de capter la faveur des juges. Aristote lui, met à jour ces procédés qui forcent la persuasion. Parmi ces procédés, il y a en particuliers l’enthymème (ou syllogisme : raisonnement en trois propositions : majeure, mineure et conclusion, et la conclusion est déduite de la majeure par l’intermédiaire de la mineure).

La rhétorique est une méthode qui donne certes le moyen de persuader mais en essayant aussi de convaincre en employant pour cela les démonstrations de la science. Au fond, dialectique et rhétorique ont les mêmes méthodes mais pas les mêmes objets.

La rhétorique recherche l’efficacité vulgarisatrice, elle reste un instrument d’éducation et de formation du citoyen au service de la communication et de la parole.

 

Le système rhétorique :

 

Il comprend l’étude des 3 genres principaux de discours et celles de leurs 4 phases constitutives.

Les 3 genres de discours  découlent des 3 sortes d’auditeurs, selon que l’auditeur est juge, membre de l’assemblée ou spectateur, le discours rhétorique sera judiciaire, délibératif ou épidictique.

 

Appartient à ce genre judiciaire, la défense d’une cause devant un tribunal et l’argument utilisé est l’enthymème.

Au genre délibératif appartient le discours qui s’exerce dans la sphère politique donc la finalité est l’utile et la démarche argumentative la plus fréquente est le recours à l’exemple.

Le genre épidictique est celui dont relève les différents éloges qui visent le beau et usent largement du procédé d’amplification.

 

Les 4 phases :

       - Inventio → recherche du thème et des arguments.

       - Dispositio → la mise en ordre des arguments et l’élaboration d’un plan.

Le modèle classique comprend l’exorde, la narration (l’exposé des faits), la confirmation, la présentation des preuves et la péroraison qui clôture le discours en faisant appel à l’émotion.

       - Elocutio → phase de rédaction du discours.

       - Actio → prononciation du discours.

Comment générer les arguments ? Comment argumenter sur tous les problèmes proposés ?

 → Par ce qu’on appelle les lieux (loci).

Les lieux classés par Cicéron dans les topiques (où on cherche les arguments).

 

Le système rhétorique d’Aristote indique aussi les moyens de séduire l’auditoire par les recours à l’émotion. Il en découle une anthropologie des  passions, une connaissance des caractères, il y a ainsi 2 sortes d’émotions : celles que l’on a exprimé (éthos) et celle que l’on provoque (pathos).

 

La postérité Aristotélicienne (des latins à la renaissance) :

 

Les latins, en particuliers Cicéron puis Quintilien, maintiennent les logiques pages, littéraires, qui font les bons orateurs.

Au Moyen-Âge et à la renaissance, l’enseignement de la rhétorique s’affirme associer à celui de la science démonstrative et à la dialectique spéculative.

 

Un tel idéal éducatif soutenant la pédagogie des Jésuites jusqu’au XVIIième siècle. La rhétorique est pour eux comme le souhaitait Cicéron par opposition à certains rhéteurs latins, un art de penser, un moyen de culture.

Pour les pères de l’Eglise, la rhétorique n’est plus comme en Grèce, n’est plus une pratique culturelle et sociale, destinée à développer dans la cité. Mais est un instrument de la théologie des consciences au service de la théologie chrétienne.

 

c. La rhétorique au risque de la science au XVIIième  siècle :

 

La fonction éducative et culturelle pouvait se justifier tant que la science était affaire de démonstration.

La révolution scientifique et moderne introduit au XVIIième siècle une nouvelle conception de l’argumentation et dès lors s’engage un procès contre Aristote et les docteurs de la scolastique.

 

Scolastique : relatif à l’école. Enseignement philosophique et théologique propre au Moyen-âge.

 

Une nouvelle philosophie de la méthode utilise pour la formation et la construction du savoir accompagne la naissance de la science moderne.

La fin du syllogisme et la nouvelle façon de prouver dans les sciences :

La science appelle un nouveau genre de preuves différentes de celles qu’a porté le syllogisme.

La science moderne génère de nouvelles connaissances grâce à la méthode éducative et expérimentale.
L’argumentation qui n’est pas une déduction, c’est-à-dire qui n’a pas pour elle l’évidence rationnelle du vrai qui n’est qu’un pseudo-savoir.

 

Descartes et la quête du vrai :

Aux rhéteurs dont la réputation n’est que de convaincre, succède le savant. Donc le discours est fait de longues chaînes dont se sert le géomètre.

Le projet du savant est de rendre compte de la rationalité du monde grâce à cette faculté qu’il a en partage avec l’humanité, le bon sens, c’est-à-dire la raison humaine.

Désormais, les règles essentielles pour la direction de l’esprit, c’est-à-dire « observer pour bien penser » sont les mêmes que celles qui fondent la connaissance scientifique, c’est-à-dire l’évidence rationnelle, sa construction graduelle, l’analyse et la synthèse.

Descartes appelle cette science générale « la mathématique universelle », nouvelle méthode qui a définitivement rompu la rhétorique.

 

Pour la science moderne, l’art rhétorique n’est qu’une discipline prétentieuse qu’aucune vraie science ne peut justifier ni corriger.

Avec Descartes et les Modernes s’ouvrent donc pour la pensée occidentale : une conception renouvelée de l’argumentation qui aura cours jusqu’au début du XXième siècle.

 

Désormais, la méthode argumentative repose sur l’existence et l’exercice d’une faculté rationnelle et universelle en s’efforçant d’être une démonstration.

On peut donc dire qu’après la critique  éthique de Platon, après la récupération religieuse par les Jésuites, voilà que la rhétorique n’est plus au XVIIième siècle que l’expression la plus dévalorisée du sujet scientifique.

La rhétorique est renvoyée du côté de la littérature, du style et de l’ornement.

 

2. De la rhétorique à l’argumentation :

 

La rhétorique va connaître en retour en force dans la 2nd moitié du XXième siècle où le débat social est réintroduit en particuliers par l’intermédiaire de l’audio-visuel.

Aujourd’hui, notre société s’est transformée en univers communicationnel.

L’argumentation est omni-présente, revendiqué par les publicitaires, traditionnellement utilisé par les hommes politiques et les étudiants, et consommés quotidiennement par les citoyens soumis au défoulement de l’information.

 

a. Eclatement :

 

La psychologie cognitive, les théories de l’énonciation et la pragmatique chez les Linguistes, la sémiologie, ont contribué à repenser la rhétorique et à la faire éclater en études distinctes.

Ainsi la psychologie voir la psychanalyse ont d’une certaine matière empiétée sur son domaine. Par exemple l’analyse des motivations inconscientes qui favorisent les actes d’achats à renouveler et approfondir l’étude  du « Pathos » (l’art de toucher l’auditoire) de la rhétorique traditionnelle.

Cependant, au même moment, des philosophes et des linguistes empruntent une autre voie, celle de l’argumentation et renoue  avec ses origines grecques pour lui redonner ses lettres de noblesse, en effet ces 3 dernières décennies ont marqué un recentrement sur le discours persuasif.

L’argumentation comme activité discursive devient un objet d’étude à part entière et se détache nettement de l’ancienne rhétorique tout en revendiquant les origines.

 

b. La naissance d’un nouvelle rhétorique : « le traité de l’argumentation de Perleman » :

 

En 1958, Perelman publie un livre : « Le traité de l’argumentation », sous-titré « la nouvelle rhétorique ». L’intérêt majeur de cette ouvrage est de réhabilite la rhétorique en ouvrant une 3ième voir permettant d’échapper à l’alternative « démontrer ou persuader ».

 

La toute grande découverte du traité de l’argumentation est qu’entre la démonstration scientifique et l’arbitraire des croyances, il existe une logique du vraisemblable, une logique du préférable, une rationalité que l’on ne peut plus ignorée dans la mesure où elle valide les choix de toute communauté humaine fondée sur le pluralisme des valeur morales et des opinions.

 

Rupture de Descartes : ouverture du champ de la raison :

 

Perelman rompt avec Descartes, auquel il reproche d’avoir limité le domaine de la raison en posant la prévalence de l’évidence comme critère rationnel.

Il lui reproche d’avoir au nom de l’évidence, évoquer la raison du domaine de l’argumentation, en tenant pour presque faux tout ce qui n’était de vraisemblable. Or le domaine de l’argumentation est celui du probable.

Il ouvre le champ de la raison à l’argumentation.

 

Il s’agit donc désormais d’analyser les arguments qui gouvernent les décisions et de s’interroger enfin sur le fondement des jugements de valeur.

En réalité Perelman vient d’établir l’acte de naissance de l’argumentation en la distinguant de la rhétorique, science globale du discours persuasif.

 

 

IV. Faire un mémoire.

 

 

Choisir le sujet : par rapport au comportement social :

      - Compétence.

      - Savoir, connaissance (contenu riche).

      - Plaisir.

      - Ciblé.

      - Pertinent (société actuelle).

Il y a 3 parties (de 2 à 3 pages).

 

1. Décrire le fait :

 

Le phénomène tel qu’il apparaît (le pourquoi du comment), comment il se manifeste.

→ Qu’est ce que je constate ? Et comment cela se manifeste t’il ?

→ recueillir des données, preuves, utiliser sources : livres, articles, terrain, commentaires perso… classer et se documenter puis restituer.

→ décrire avec précision et objectivité.

 

2. Analyser (question du pourquoi ?) :

 

Essayer de comprendre en profondeur, après les causes 1ères évidentes, les causes profondes, le processus, le fonctionnement qui aboutit au phénomène.

→ Bienvenus des connaissances.

 

3. Critiquer, examen au jugement personnel :

 

Interpréter, comprendre (ex : faillites du sujet), hypocrisies, influences (+ et -), solutions déjà apportées ? Est-on sur la voie ?

 

Quel regard jetez-vous sur le phénomène ? Les causes ? Ambiguïtés des discours ?

Influences de notre civilisation ? De l’état ?

Réinscrire le phénomène dans notre civilisation, culture.

 

Il faut raisonner et démontrer !

 

 

V. Explication de texte.

 

 

L’explication ou le commentaire de texte philosophique est un exercice scolaire et codifié qui vise, non pas à recouvrir un texte ancien sous un texte nouveau, mais à rendre le texte proposé plus intelligible. Les premières explications et les premiers commentaires dont nous disposons remontent à la période Hellénistique, mais on peut faire remonter cette tradition de lecture et d’écriture aux écoles de philosophie athéniennes au sein desquelles elle servait à la formation intellectuelle des étudiants.

 

La paraphrase est le contraire de l’explication : le texte est déjà écrit, et souvent bien écrit. Il est donc parfaitement inutile de redire (et qui plus est de redire un peu moins bien) ce que le texte dit déjà une première fois.

 

1. L’art de s’attarder sur un texte : bien lire :

 

[La philologie est un art qui] enseigne à bien lire, c'est-à-dire lentement, profondément, en regardant prudemment derrière et devant soi, avec des arrière-pensées, avec des portes ouvertes, avec des doigts et des yeux subtils (…). (Nietzsche, Aurore, préface, §5.).

 

Pourquoi tel argument, pourquoi tel exemple ? Pourquoi la voix active, pourquoi la voix passive ?

Pourquoi l’affirmative, pourquoi la négative ? Un article défini ou indéfini ? Pourquoi telle conjonction de coordination et pas telle autre ? Il s’agit de savoir faire usage de ses connaissances grammaticales.

 

Lire, c’est bien lire ce texte-ci qui est sous vos yeux : Vous devez expliquer ce texte-ci et pas un autre. Ne pas réciter tout ce que vous savez sur l’auteur ou sur l’œuvre dont le texte est extrait, mais expliquer ce texte qui vous est proposé, tout le texte, et rien que ce texte.

Par exemple, si l’on vous demandait l’analyse d’un tableau. Ne vous repliez pas sur un autre tableau du même peintre, et encore moins sur l’ensemble de  l’œuvre. Il s’agit bien plutôt d’examiner la disposition des éléments, la cohérence de leur distribution sur la toile, d’être attentif à l’usage des couleurs. Bref, il s’agit bien de considérer ce tableau comme un tout unique et structuré.

 

2. Concrètement au brouillon :

 

Faire une première lecture silencieuse, rapide, puis une lecture à vision sélective.

Enfin une lecture approfondie, détaillée.

 

Ecrire sur le texte : souligner et noter en marge les notions correspondantes. Encadrer les mots-clefs. Mettre des bornes de séparation logique : pour cela utiliser un code : / ; //. Entourer les connecteurs logiques : ceux qui situent deux propositions sur le même plans, les entourer par exemple, ceux qui hiérarchisent, les encadrer par exemple.

 

Formuler des interrogations sur les questions, les enjeux, les mouvements, les articulations, la progression, les présupposés implicites, les implications conséquentes.

 

Prêter attention aux détails : les exemples, les tournures, les personnes (pronoms personnels), les termes articulatoires, les signes de ponctuation qui peuvent parfois avoir une signification logique.

 

Se méfier de ses premières réponses : faire des hypothèses, éventuellement les faire varier.

 

Revenir en arrière, reprendre au début.

 

3. Découverte de l’argumentation :

 

Dégager les mouvements du texte : Il s’agit de déterminer ce qui est logiquement premier ou second. Déceler ce qui initial de ce qui est dérivé.

 

Logiquement premier, ne signifie pas nécessairement premier dans l’ordre du texte. On peut présenter un argument à visée polémique en premier lieu avant de le justifier.
On peut évoquer d’abord une thèse adverse avant d’aborder le sienne…

 

4. La préparation de l’explication :

               

On peut faire un tableau :

 

 

5. L’introduction :

 

Vous avez identifié tous les éléments du texte. Vous voyez la raison de leur enchaînement. C’est l’introduction qui doit faire apparaître ce travail préparatoire. Et c’est encore l’introduction qui va déterminer la manière dont l’explication va s’ordonner.

Dans l’introduction, on doit trouver les réponses simples et précises aux questions suivantes :

 

1 : Quel est le thème traité par ce texte ? Si le texte s’attaque à un thème classique et clairement identifiable, on peut l’annoncer : il est question ici du bonheur, de la liberté, de la raison d’Etat, etc. S’il n’y a pas de thème identifiable, on passe à l’étape suivant.

 

2 : Quel est le problème traité par ce texte ? Après avoir énoncé, s’il y a lieu, le thème, il faut préciser : quel est le problème particulier que l’auteur cherche à résoudre dans ce texte ? Admettons que le thème soit le bonheur en général, de quel problème en particulier est-il question ici ?

 

3 : Quelle est la thèse défendue ? Sur ce problème, quelle est la thèse, quelle est la position défendue par l’auteur. Pour mettre en valeur cela, il est assez efficace de présenter la thèse de manière interrogative.

 

4 : Quels sont les enjeux ? Quelle est la portée de la thèse ? Quelles sont les conséquences de cette thèse pour le thème ? Les enjeux correspondent au prix à payer pour la solution théorique proposée. Qu’exclut-elle ? Que renforce-t-elle ? Quel est l’intérêt de cette voix ? Bref, Si ceci…, alors ? Risques ? Gains ? Pertes ? Dans tel domaine, à cause de tel énoncé ou de telle position ?

 

5 : Quel est le plan suivi pour parvenir à cette thèse ? Comment le problème est-il résolu par étapes ? Au fond : quelle est la stratégie suivie par l’auteur pour fonder sa position ? (Quels sont les arguments ? Comment s’enchaînent-ils ? A quoi servent les exemples ? Etc.). La thèse pouvant être considérée comme l’enjeu ou la fin du texte, ce qu’il faut parvenir à établir et à défendre, quels sont les moyens mis en œuvre pour y parvenir, et comment s’articulent-ils les uns aux autres ?  Enoncer la stratégie suivie par l’auteur (les moyens qu’il met en œuvre pour « parvenir à ses fins »), la manière dont le texte progresse par étapes, c’est donner le plan de l’explication. Si vous dégagez trois ou quatre moments, votre explication se fera elle aussi en trois ou quatre parties. Le plan de l’explication ne fait que suivre la structure argumentative du texte lui même.

 

Exemple de structure assez classique. Enoncé de la thèse, puis raisonnement qui doit permettre de fonder la thèse. Illustrations. Nouvel énoncé de la thèse et conséquences dérivées éventuelles. Si telle est la structure, tel sera le plan de l’explication. Il suffit de repérer la thèse, de dégager la structure argumentative et de la présenter clairement, étapes par étapes. Le plan est fait.

 

Conseil. Afin de gagner du temps et pour plus de clarté, numérotez les phrases du texte. Ce procédé doit vous permettre d’énoncer sobrement le plan du texte, et vous évite de citer des lambeaux de phrases dénuées de signification.

 

6. L’explication proprement dite :

 

Moment par moment :

      - Relever les termes importants, les rattacher aux notions philosophiques correspondantes, qui sont à analyser en fonction du contexte si elles sont sous-jacentes : c’est-à-dire qu’il faut aller de la déduction à l’analyse. Chaque notion a sa fonction.

      - Relever les problèmes et les questions rencontrées, ou déduites par implication : utiliser la forme interrogative. Les réponses à ces questions sont dans le texte.

      - Développer les articulations : expliciter un rapport de conséquence, de causalité, une coordination, une opposition.

      - A la fin de chaque partie, faire une mise au point. Elle doit se distinguer typographiquement.

            + Quels sont les acquis ? Qu’est-ce que cette étape de l’argumentation a permis d’établir ?

            + Quelle est la nouvelle question qui se pose, question qui est la conséquence logique de ce qui précède ? La mise au point doit faire clairement apparaître ce qui logiquement fait le lien avec la partie suivante. Il faut faire apparaître la question sous-jacente aux idées qui vont être développées : c’est cela qui permet de faire apparaître l’argumentation.

 

7. La conclusion :

 

Reprendre les questions essentielles et y répondre s’il y a une réponse dans le texte.

Statuer sur le débat en restant dans le cadre du texte.

Rester mesuré et modeste : pas –isme, pas d’humanité, pas de dieux…

 

NB : La rédaction :

Limiter le brouillon, mais rédiger entièrement au brouillon l’introduction et la conclusion.

Avoir un œil constant sur le texte. Ne pas citer de longs passages.

Attention aux fautes d’orthographes : j’y suis particulièrement sensible. Elles distraient mon attention du contenu de la copie. 



22/06/2012
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