Cours de psychologie

Méthode et entretien clinique - notions clés

Méthode et Entretien Clinique – Notions Clés

 

A-théorisme : (France) se réfère à une approche empirique des manifestations pathologiques.

Anamnèse : nous permet de recueillir des éléments de l’histoire du patient, pour savoir qu’est-ce qui fait qu’il ait besoin de consulter un psychologue.

Auto-questionnaire : la personne va le remplir elle-même en se questionnant elle-même (comme si on pouvait se connaitre soi-même, transparence).

 

Cadre : Pas de clinique sans cadre. Dimension formelle du cadre : Une partie du cadre (de l’entretien) renvoie à l’ensemble des règles fixées entre le psychologue et le patient. Le cadre ne vient pas imprimer une contrainte, c’est-ce que met en place le clinicien par sa façon par exemple de ne pas juger, ce qu’il va interdire à un patient, vient poser une limite qui permet quand même de délimiter une zone dans laquelle quelque chose peut s’inventer.  Fonction contenante du cadre → contenir le risque de la parole, les angoisses, le transfert. Le clinicien fait en sorte que les règles ne soient pas les même pour tous.

Cause organiciste : Maladie mentale est le fait d’une dégradation d’un organe, peut être localisée dans le corps. Chercher la cause du côté du corps. La parole est-elle encore prise en compte ?

Cécité hystérique : si l’œil se met à trop servir la pulsion sexuelle, l’énergie n’est plus prise par les pulsions du moi, il ne va plus se mettre à fonctionner.

Clinique : [G] Kliné = lit (selon les époques il va prendre des valeurs différentes). Clinicus : (4ème s) des hérétiques : demandaient le baptême sur leur lit de mort. On va voir apparaitre le mot « clinique » dans une connotation médicale puisqu’en 1696, on va parler de médecins clinique, qui se déplaçaient, « allaient vers » les personnes « dans leur lit », ils s’opposaient à ceux qui donnaient des consultations où les patients allaient eux vers le médecin.

Confession : Implique une chose qui la démarque de l’entretien : point de vue moral, ce que le sujet amène c’est un aveu, un péché. De suite la parole est jugée, amenée du côté de la moralité (le prêtre peut donner le pardon : absolution vise à lever la culpabilité). En pardonnant il entérine le point de vue moral → si je te pardonne c’est que tu as fait une faute, mais je te pardonne. Cette conception morale de la culpabilité n’a rien à voir avec la conception clinique de la culpabilité. Il n’y a pas de jugement moral dans un entretien clinique. Le clinicien n’a pas à se prononcer sur la moralité des faits et des pensées des patients. Quand un patient dit « je veux tuer quelqu’un », il ne faut pas le juger, mais se demander quelle réaction le patient attend-il d’une telle déclaration → arrêt de l’entretien pour glisser vers une confession ? Cependant au bout d’un moment on est obligés de faire un signalement. Mais la façon de faire le signalement est très importante. Il ne faut pas que le patient se sente aussi persécuté par le clinicien. Le psychologue doit avoir en tête qu’il faut rester dans le champ de l’entretien.

Conversation (n’est pas un entretien) : Echange d’informations, d’idées, d’opinions, dimension d’une relation symétrique (échange), deux personnes dont les places sont symétriques/pareilles (ex : une idée de l’un vaut très bien une idée de l’autre). Personne ne peut se mettre à la place de l’autre. Toute fois le patient cherche souvent à faire dériver l’entretien vers la conversation, cependant le clinicien doit maintenir cette différence des classes. Il arrive évidement, que le Psychologue prenne la parole, mais c’est dans l’optique de conduire l’entretien. Il ne conduit pas le patient, cela voudrait dire qu’on lui montre comment penser. Dans son écoute, il peut d’une façon ou d’une autre éventuellement, repérer ce sur quoi il intervient dans la discussion avec le patient (ex : tournure de phrases). Mais il a quand même l’idée de ce qu’il doit souligner dans la parole, il laisse la liberté au patient la possibilité de se saisir de cette intervention, de ne rien écouter etc.

 

Décalage : cette asymétrie fondamentale sur laquelle se construit la relation clinique. Repose sur le fait que le sujet parle et le clinicien écoute. Le clinicien n’a pas à parler de lui en retour. Il vaut mieux qu’il essaye de se retenir. C’est là où toute la différence du travail réside, c’est au psychologue d’assumer le fait que les places ne sont pas interchangeables.

Demande : point central de la clinique, spécifié d’un entretien clinique. Le clinicien n’a pas à répondre à cette demande. Analyse de la demande n’est possible qu’à une condition : ne pas y répondre. Répondre à la demande : nier que derrière cette demande il y en a une autre, ne pas laisser quelque chose d’autre apparaitre.

Discussion : On cherche surtout à avancer des arguments, à répondre à des objections, des attaques, à essayer de convaincre, d’avoir le dernier mot, or cette dimension d’avoir raison sur l’autre n’a aucun sens en clinique. Le psychologue n’est pas là pour avoir raison. Personne n’est au-dessus de l’autre. Le clinicien ne doit pas convaincre le patient ou avoir raison sur lui. Le clinicien est là pour entendre comment le patient vit avec ses difficultés, et non à prendre du pouvoir sur lui.

DSM (diagnostic and statistical manual of menthal disorders) : va être mis en place, élaboré par l’American psychatric association (APA) mis à jour régulièrement. Grand livre dans lequel les désordres mentaux (on ne parle pas de maladie, désordre implique qu’il y a un ordre) sont compris comme des signes, des manifestations coupées de toute dimension fonctionnelle ou dynamique, de toute dimension subjective (pas de psychanalyse). Ce qui est important sont les critères objectifs et descriptifs. Il s’agit de décrire ce qui se donne à voir dans l’ici et le maintenant. Les symptômes pris dans leur manifestation extérieur ne sont pas compris comme ayant une valeur fonctionnelle, à quoi ça sert, ni ayant une valeur de solution pour les patients. Le symptôme n’a pas d’utilité pour le sujet, n’a pas non plus de fonction dynamique (un symptôme peut être pris comme mobilisant un certain nombre d’énergies/ressources psychiques). Il pousse donc le clinicien à se limiter à ce qu’il voit, éventuellement à ce que le patient peut dire de son trouble. Mais il n’y a pas de prise en compte de ce qui vient, de l’implication du clinicien. Les troubles sont classifié très distinctement les uns des autres, et donc comme il se veut a-théorique, le DSM ne pose pas de théorie globale du fonctionnement psychique.

 

Empirisme : (apparaît aux Etats-Unis) doctrine philosophique et épistémologique à la fois, qui postule que les ou la connaissance(s) pourrai(en)t être issue(s) uniquement de l’expérience sensible, de l’expérience perceptive, c’est-à-dire détachée(s) de toute théorie → il n’y a pas besoin de théorie présupposée, la connaissance peut être détachée de la théorie puisque je ne me fie qu’à l’expérience sensible. Détaché de toute théorie, ce courant se revendique comme a-théorique.

Entretien directif : C. CHABERT et B. VERDON, Psychologie clinique et Psychopathologie : « L’entretien directif utilise des questions directes, fréquentes et ciblées, plus ou moins fermées et surtout établies à l’avance. » Ce qui signifie que quand un clinicien a recours à cette méthode il a préalablement établi ces questions, elles sont à poser systématiquement. Appellent à des réponses très souvent courtes et sans déploiement, en rentrant le moins possible dans les détails. Très souvent il s’agit de rabattre la réponse du côté d’une information généralement précise et qui correspond au champ exploré. Le psychologue fait en sorte que le patient soit cadré. (Entretien mené de façon orientée avec une grille de question qui vaille pour tous les sujets rencontrés en général. Certains patients peuvent attendre du clinicien qu’il se comporte de cette façon, qu’il soit centré sur les symptômes. Difficulté : tout étant préétabli, ce dispositif met complètement de côté la méconnaissance de ce qui habite le patient, ce qui lui échappe et ce qu’il demande. Certains patients peuvent se traiter eux-mêmes comme des machines. Le choix méthodologique a des effets radicaux sur le patient).

Entretien semi-directif : Cadre méthodologique un peu différent car le clinicien à la fois respecte ce que le sujet peut dire spontanément, mais également il y a l’idée selon laquelle une série de thèmes doivent être évoqués à un moment ou à un autre. (Respect de la spontanéité (de la parole) : accueillir la façon dont les patients se débrouillent avec la parole, leur style d’énonciation, comment ils s’y prennent avec le langage. Le clinicien respecte le fait que tout ne peut pas être dit, respecte les oublis, les omissions… Ce qui permet d’être à l’écoute des manifestations de l’autre. Les erreurs ont une fonction. On n’essaye pas de corriger le patient. Thèmes abordés → Se passe souvent dans les 1eres entretiens : entretiens préliminaires).

Entretien non directif : C’est précisément celui qui est mis en avant dans l’approche analytique. 2 consignes :

- Une concerne le patient : libre association. Dans l’association libre il n’y a pas de thèmes définis à l’avance, c’est le patient qui essaye de faire face à cette invitation folle, dire tout ce qui lui passe par la tête. Freud : « Einfall » ce qui nous tombe dans la tête, dans l’esprit alors qu’on ne s’y attendait pas : incidente, en français. Dire tout ce qui nous passe par la tête sans faire de sélection, de restriction, même si ses idées se montrent incohérentes, impudiques ou dépourvues d’intérêt. Association est dite libre de la censure, le patient essaie de ne plus censurer ses pensées, de ne plus avoir une activité morale. L’idée est de mettre en évidence un autre type de principe qui vient organiser les associations, principe qui ne relève pas de l’inconscience, du moi. C’est l’écoute de ces associations qui peut permettre au psychologue de repérer un autre type de causalité, toutes les causes que le moi est prêt à se construire. Il s’agit d’encourager le surgissement des représentations inconscientes, et en même temps ça actualise la résistance, la censure. S’il n’y a pas de libre association, il n’y a pas de rencontre clinique. Il faut que le patient arrête de prendre le temps de réfléchir mais qu’il se laisse étonner par quelque chose de nouveau. « Tu es autre chose que ce que tu crois être ». Tout ceci est la tâche du patient : parler sans réfléchir. Travailler sur l’interférence.

- L’autre concerne le clinicien: l’attention flottante (attention en suspens). Freud dit que c’est la contrepartie de la libre association : autant le patient essaye de parler sans réfléchir, autant le clinicien essaye de se mettre dans cette position en l’écoutant, ne fait pas de choix dans ce que dit le patient. Écoute dans laquelle on essaye de suspendre ce qui habituellement focalise notre attention (ex : nos points d’intérêts personnels). Ecoute qui essaie de tout mettre à plat. Cette attention permet de se dégager de ce que le moi du patient essaye de mettre en avant.

 

Impliquer : 14ème siècle – le verbe impliquer signifie embarrassé → on est embarrassé par la situation qu’on ne comprend pas. Dans la psychologie clinique c’est le transfert qui embarrasse. On ne ressort pas indemne des relations avec les patients. Il y a une dimension de risque dans la clinique. Il n’y a pas de clinique sans mise en jeu d’être bouleversé soi-même par ce qu’on va entendre. Il y a une différence entre s’impliquer et être impliqués → y aller et être dépassés par ce qu’on a créé. En clinique la parole est un acte, prendre parole c’est prendre un risque.

Implication réciproque : le clinicien doit repérer ses propres limites dans l’application. Le mot implication est nouveau dans cette définition, et il permet de lutter contre l’objectivisation. Ce mot a la capacité de mettre l’accent sur le fait que le psychologue clinicien est lui aussi impliqué dans la situation, dans un réseau d’histoire, de faits, de paroles, il rentre dans l’histoire du patient et dans un premier temps il ne réussi pas à repérer le rôle qu’il occupe dans l’histoire du patient.

Instruments psychométriques : dans le cadre des tests cliniques, c’est un instrument qui mesure la psyché, on peut mesurer la douleur, la mémoire, etc.

Interrogatoire : C’est une situation dans laquelle on veut obtenir des réponses à des gens. Dans l’idée de l’interrogatoire : on va faire sortir l’idée malgré la volonté du patient. Il y a la notion d’obligation, obligation de rencontrer un psychologue. L’obligation de rencontrer un psychologue ne doit pas être confondue avec l’obligation de répondre à ses questions. Un psychologue n’est pas là pour tirer des réponses des personnes qu’il rencontre. Le psychologue essaie de renverser ce dispositif et c’est le patient qui peut alors poser des questions. Le psychologue va essayer de tourner la situation dans un autre sens : l’obligation de venir à un entretien ne doit pas signifier obligation de répondre aux questions du clinicien.

 

Libido : force de la pulsion sexuelle, l’énergie de la pulsion sexuelle.

- Libido d’objets : attachement à quelque chose d’autre, comment je peux rentrer dans un rapport d’intérêt, on lie un rapport sexuel avec cet objet-là (ex : être amoureux).

- Libido du moi, que l’on appelle le narcissisme : la pulsion sexuelle se dirige vers le moi. A rester en amour uniquement avec cette image, on meurt.

 

Objectivation du patient : réduire le patient à un diagnostic ou ne pas tenir compte de sa parole.

Objectivation du médecin : le corps du médecin devient un instrument de mesure (son contraire est la « subjectivation », ici on l’autorise à parler).

 

Psychanalyse : mot inventé par Freud, il opère un déplacement, un pas de côté par rapport à la psychothérapie. Il tente de prendre ses distances sur le fait de « convertir » puisqu’être psychanalyste, ce n’est pas détenir la vérité. La psychanalyse ne se réduit donc pas à une psychothérapie, elle tente de sortir de ce champ.

Psychologie : apparait vers 1600, ce qui désignait la science de l’apparition des esprits. Petits à petits le terme va intégrer le champ de la philosophie (qui tout de même traite de l’âme et de ses facultés). Sens moderne du terme apparait vers 1750 : Étude des phénomènes de la pensée

Psychologie clinique : apparait en 1886 → création de Witner : Essaie de lancer un traitement non médical de la maladie mentale (ne tient pas). Encore aujourd’hui on reste dans l’incertitude de cet acte de naissance. Ça a été compliqué dans la mesure où on a parlé d’abord de psychologie expérimentale avant de parler de psychologie clinique. Des qu’on parle de psychologie clinique, il y a d’un coté la tendance à l’intégrer dans la psychologie de l’époque, soit la psychologie expérimentale et d’un autre coté on l’associe à la médecine par la psychiatrie puisque la psychologie clinique a pour but de proposer des traitements. Ceux qui ont pour idée de promouvoir un traitement qui ne soit pas médicalisé, donc qui ne fasse pas partie de la médecine, et qui ne réponde pas au protocole expérimental, donc ceux qui veulent une indépendance de la psychologie clinique des ces deux domaines, ont du mal à se faire entendre.

- La tâche n’est pas de schématiser mais d’individualiser. Discipline fondée sur l’étude approfondie de cas individuels (LAGACHE), c’est l’étude de la personne totale en situation, avec comme buts conseiller, guérir, (ré)éduquer, et prévention et réduction des conflits.

- Vise l’étude d’une personnalité singulière dans la totalité de sa situation et de son évolution (FAVEZ-BOUTONNIER), la psychologie est conflictuelle, du conflit peut naitre quelque chose de nouveau. Nécessité de penser la relation en termes d’implication, relation à la souffrance non objectivant.

Psychothérapie : (4ème s également) soigner l’âme (dans un contexte religieux, art de convertir les païens). Mettre en avant sa croyance comme étant la vraie, l’autre étant dans l’erreur, employer tous les moyens à sa disposition.

Psychopathologie de la vie quotidienne : idée étrange que nos actes de la vie de tous les jours peuvent aussi être l’effet d’un conflit inconscient.

Pulsions : Pulsions du moi : autoconservation : permet sa survie (ex : bouche → se nourrir // « déguster », « dévorer un livre », « embrasser » = pulsions sexuelles). Pulsions sexuelles : certains organes du corps ont d’autres fonctions (quelque chose qui attraie à l’amour et non au sens génital → dimension de plaisir) (ex : l’œil → pulsions du moi : regarder un danger qui arrive // « se rincer l’œil », « faire les gros yeux », « perdre de vue quelqu’un » = pulsions sexuelles).

 

Symptôme : objection à un phénomène sociale, mais c’est une objection dont on prend conscience avec le temps. C’est là que la psychanalyse propose une autre approche du symptôme, elle donne des outils de résistance. Selon FREUD le symptôme est l’expression d’un conflit psychique. Et qu’en tant que tel, tout conflit suppose une dynamique. Ce n’est pas uniquement une insuffisance psychique. Selon JANET le trouble avait selon lui une origine dans l’insuffisance des forces. Selon FREUD ce n’est pas une question d’insuffisance ni de caractère, mais parce qu’il y a un conflit en lui. Pour FREUD le conflit est le mode de fonctionnement du conflit en lui même. Toute la théorie de FREUD n’est pas une théorie de la pathologie, mais du fonctionnement psychique général avec pour idée qu’on va retrouver les mêmes mécanismes dans un rêve ou dans une névrose obsessionnelle.

 

Vexations : 3 selon FREDU : Cosmologique : controverse de la terre au centre de l’univers ; accepter ceci est accepter qu’on n’est pas au centre de la terre (on n’est pas si important ce ça). Biologique : l’homme n’a pas un statut qui le distingue, qui lui permet de se mettre au-dessus des animaux. Il est issu d’une chaîne. Même biologiquement, on n’est pas à part. Psychologique : « le moi n’est pas maitre dans sa demeure/sa propre maison ».

Vexation narcissisme : c’est ce rendre compte que le narcissisme n’est jusqu’une image, ce n’est pas moi, c’est mon image ! C’est quand on accepte de ne pas être totalement collé à son image.



15/07/2012
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