Cours de psychologie

Méthode d'étude du développement - cours (suite)

IV. L’expérimentation.

 

 

1. Principe général :

 

Définition de l’expérimentation :

“ (La médecine)…. Ne peut se constituer, ainsi que les autres sciences, que par la voie expérimentale, c’est à dire par l’application immédiate et rigoureuse du raisonnement aux faits que l’observation et l’expérimentation nous fournissent. La méthode expérimentale, considérée en elle-même, n’est rien autre chose qu’un raisonnement à l’aide duquel nous soumettons méthodiquement nos idées à l’expérience des faits ”. Bernard (1856) dans l’introduction à la médecine expérimentale.

 

La démarche expérimentale consiste :

                -  A comparer des comportements pour rechercher des causes et trouver des explications.

                - A comparer de façon systématique ce qui se passe en présence d’un phénomène dans l’environnement à ce qui se passe en son absence.

 

Expérimentation = pas une investigation naturelle, on créé les conditions nécessaires à l’apparition d’un comportement.

Expérimentation = environnement systématiquement manipulé (VI) et effets mesurés sur un comportement quelconque (VD).

 

Maintenir constant les autres aspects pour ne pas influencer le cpt.

 

→ Établir des relations de causalité pour expliquer un cpt et prédire les conditions de son apparition.

 

 

→ Pas un choix a priori.

Il faut être capable d’anticiper le lieu d’étude.

Rôle fondamental du lieu qui peut affecter les résultats :

 

 

 

Les variables :

 

“ Une caractéristique de notre environnement physique ou social, une dimension d’un ou plusieurs comportements dont les manifestations, que l’on appelle modalités, peuvent être classées en catégories ou mesurées et prendre plusieurs états ou valeurs ” (Sockeel & Anceaux, 2002).

 

 

Autres facteurs = variables parasites.

 

Variables dépendantes (VD) :                                                 

↓ Réponses des individus.

Ce qui est mesuré, les données.

Ex. : le temps en secondes.

               

Variables indépendantes (VI) :

↓ Caractéristiques du sujet ou de la situation.

Ce que le chercheur fait varier.

Ex. : l’âge des participants.

C = f (S,P).

 

→ Le comportement est fonction des changements des caractéristiques de la situation et/ou des personnes.

 

Variables provoquées :                                                 

Caractéristiques de la situation ou de l’environnement, que le chercheur manipule.

Ex. : mode de présentation des stimuli.

               

Variables invoquées :

Caractéristiques personnelles de chaque participant.

Ex. : âge, sexe.

               

Méthode expérimentale : preuve empirique d’un effet du facteur manipulé (VI) sur les variations du comportement étudié (VD) → relation de causalité.

 

Les VI en psychologie du développement :

 

Variable âge.

Variable niveau de fonctionnement (ex. niveau de lecture).

Approche transversale + expérimentation = psy du dvlpt.

Variable apprentissage : Processus microgénétiques de laboratoire = processus macrogénétiques du dvt naturel :

   - Pré-test (évalue le niveau initial des participants dans le domaine).

   - Entrainement (chaque groupe reçoit un entrainement particulier).

   - Post-test immédiat (vérification de l’effet de chaque entrainement).

   - Post-test différé (évalue l’effet de l’entrainement sur une longue durée).

 

Facteurs techniques : nécessaires à l’élaboration de certaines expériences pour éviter certains problèmes (fatigue), sans qu’on attende un effet sur le comportement. Si ces facteurs ont un effet, on le constate a posteriori.

 

Le répertoire des réponses :

 

Quels comportements étudier chez le jeune enfant ?

   - Naissance : succion et activité oculaire.

  - Activité oculaire : on mesure comment elle s’organise spatialement et temporellement en fonction de différents stimuli ; à la fois sur des objets ou des personnes.

  - Activité motrice : plus difficile à mesurer en raison de l’hypotonie générale de l’axe du corps et de l’hypertonie des membres (chez le BB).

 

Avantages / Critiques de l’expérimentation :

 

Avantage principal = Contrôle des variations extérieures.

    - Tous les facteurs sont constants sauf les facteurs étudiés. Les VD ne sont dues qu’aux VI.

Critique 1 d’ordre « moral » :

    - Utiliser les mêmes méthodes pour étudier l’homme, les plantes, etc ?

    - Aujourd’hui cela a évolué, il y’a moins d’impact de la part de religion, c’est pour cette raison que la méthode expérimentale est récente.

Critique 2 = généralisation ?

    - Lois générales de fonctionnement psychiques vs. Être humain complexe et diversifié.

   - Idée de la Psychologie Clinique, qui pense qu’on ne peut pas généraliser l’ensemble les comportements sur un individu. Chaque individu fonctionne de façon différente. Les lois générales sont-elles pertinentes ? Peut-on se baser sur des résultats obtenus dans un groupe pour tirer des conclusions ?

Critique 3 = position analytique :

   - Un comportement global peut ne pas être égal à la somme des parties.

Critique 4 = caractère artificiel de la démarche expérimentale :

   - Environnement spécifique pour provoquer un cpt vs. Environnement naturel pour cpt spontané.

 

2. Expérimentation et techniques d’étude du nouveau-né :

 

Présentation :

 

En dvlpt on étudie l’évolution temporelle d’un comportement.

▲ Age chronologique (écart entre deux groupes d’âge).

Il ne suffit pas de comparer des enfants d’âge chronologique ≠ il faut souvent s’intéresser aux compétences (ex. lecture), au niveau de compétences.

Apprentissage :

  - Rapidité d’exécution (transversale).

  - Suivi pas à pas (longitudinale).

  - Les effets d’un entrainement peuvent être considérés comme des indicateurs du dvlpt actuel de la notion étudiée.

 

Difficultés :

 

Aménagements en fonction de l’âge des participants :

   - Compréhension du langage :

         + Faire comprendre la consigne sans utiliser forcément le langage.

   - Maintenir l’attention :

         + Stimuli attrayants, fatigabilité des BB.

   - Panel de réponses limité :

         + BB pas de réponses verbales, donc réactions physiologiques, activité oculaire, exploration tactile d’objets, mimiques, etc.

   - Difficulté de l’interprétation :

         + Comportements étudiés pour atteindre des phénomènes cognitifs plus complexes.


Le temps de fixation relatif :

 

Evaluation du temps de traitement de l’information.

BB : Perception opérationnelle, mais limitée.

BB fixe préférentiellement les zones contrastées et le déplacement des contours des objets/individus.

Le contrôle oculomoteur se développe pour que l’enfant explore son environnement de manière sélective.

On remarque que chez les bébés, il y’a une préférence visuelle et une préférence à la nouveauté.

Orientation sélective du regard = indice de l’activité cognitive de l’enfant.

Etudie l’orientation du regard, qui n’est pas aléatoire.

Deux objets cibles (objets, dessins…) sont présentés à l’enfant, l’un à droite de l’axe oculomoteur, l’autre à gauche.  Les objets sont placés à environ 50 cm du bébé et à 15 cm l’un de l’autre (vision périfovéale réduite). Cette distance permet à l’expérimentateur d’évaluer l’orientation du regard de l’enfant sur une cible ou l’autre. La cible regardée par l’enfant se reflète dans l’œil du bébé (reflet cornéen).

 

 

Préférence visuelle :

 

Comparer le temps de fixation visuelle pour l’un des 2 objets.

Préférence = Temps fixation significativement > 50% temps total.

 

Fantz (1963, cité par Lécuyer, Pêcheux et Streri, 1994) présente à des bébés de 2 à 5 mois des stimuli dont l’un représente un objet quelconque et l’autre un visage humain. Le temps de fixation du visage humain est plus long que celui des autres objets. Il est ainsi établi qu’à 4 mois la différenciation entre un visage et un non visage est systématique et qu’elle peut apparaître dès 2 mois lorsque les durées de présentation sont assez longues.

 

Alternance de la position spatiale des 2 objets.

La cible préférée :

- Comporte un nombre optimal d’informations (ni trop ni trop peu).

- Présente des propriétés que le système perceptif du bébé est capable de traiter.

 

Hershenson (1964) :

- Le nouveau-né préfère l’échiquier le moins complexe.

- Le BB de 4 semaines préfère un échiquier plus complexe.

 

Préférence à la nouveauté :

 

= Technique identique mais en 2 phases :                                    

                - Familiarisation : un seul stimulus (S1) est présenté en 1 ou 2 exemplaires.

                - Test : un stimulus différent (S2) du premier remplace un des 2 exemplaires.

 

→ Si temps de fixation S2 > S1 précédent = préférence à la nouveauté (discrimination visuelle des stimuli).

Le délai entre 2 phases varie de quelques minutes à 24h (mémoire de reconnaissance).

 

 

Préférences sur le triangle : BB discrimine le cercle du triangle.

Absence de préférence :

- BB n’explore pas les éléments à l’intérieur d’une figure.

- BB garde son regard sur l’extérieur (carré).

 

Le BB est capable très tôt de discrimination.

L’absence de préférence entre A et B n’indique pas forcément une absence de discrimination → ennui ?

 

L’habituation :

 

Forme d’apprentissage élémentaire, présente dès la naissance.

Hypothèse théorique sous jacente : disparition progressive de la réponse du bébé, suite à la présentation répétée d’un stimulus = intégration cognitive des propriétés des stimuli.

La présentation répétée d’un S conduit à la construction d’une représentation symbolique (image mentale IM) de ce S.

→ Construction d’une représentation symbolique :

- IM = S : représentation renforcée = habituation :

- IM ¹ S : représentation en cours = réaction comportementale.

La vitesse d’habituation traduit la vitesse à laquelle l’enfant sélectionne, traite des infos et construit une représentation du S présenté.

Mesurée par indices comportementaux : durée de fixation oculaire, rythme cardiaque, rythme respiratoire, rythme de succion (variation des indices = discrimination).

Va se construire une représentation de l’objet qu’on lui présente = image mentale, copie abstraite

Cette image: plus le stimulus va être identique à l’image mentale, plus l’image va être renforcée.

Plus il y a une discordance, plus il y a manifestation d’une réaction comportementale qui suggère que l’individu va chercher à extraire les propriétés de l’objet pour renforcer son image mentale.

 

La succion :

 

Réflexe de survie.

Besoin physiologique, puis moyen d’exploration du monde environnant, un moyen de se rassurer affectivement.

Succion non nutritive : sucette reliée à un appareil d’enregistrement (amplitude de succion, intervalles intersuccions).

Toute variation des caractéristiques de succion (amplitude, intervalle) est considérée comme la manifestation d’une activité cognitive de discrimination de la part de l’enfant.

 

Dispositif d’habituation visuelle :

 

 

Bébé dans un transat.

Matériel = caméra + écran vidéo reliés à un ordinateur.

Stimulus projeté depuis l’écran vidéo sur un miroir incliné.

Regard du BB enregistré par la caméra et transmis à l’ordinateur.

 

Procédure à essais fixes :

 

Présentation d’un stimulus de manière répétée et définie.

Définir préalablement :

   - Nombre de présentation du stimulus.

   - Durée de chaque essai.

   - Intervalle inter-essais.

Enregistrement des regards du BB ; sur le temps total, on décompte le temps pendant lequel le BB fixe le S (% de temps passé à regarder le S à chaque essai), puis moyenne des temps individuels au même essai pour obtenir la courbe d’habituation.

Inconvénients : difficile de déterminer a priori un nb de présentation fixe pour chaque enfant ; difficile de mettre en relation la stimulation et le regard puisque automatique.

 

Procédure contrôlée par l’enfant :

 

Début de l’enregistrement des durées de fixation lorsque l’enfant regarde le S et arrêt quand il cesse de regarder.

On compare les durées de fixations moyennes des 3 premières présentations avec la durée moyenne des 3 dernières présentations :

    - Si durée moyenne des 3 dernières < à la moitié des durées de fixations moyennes 3 premières = HABITUATION.

Le nombre d’essais varie d’un BB à l’autre car la procédure ne s’arrête que lorsque :

   - Le temps de fixation moyen diminue de moitié.

    - La présentation d’un nouveau S provoque une nouvelle augmentation de la durée des fixations.

Inconvénients : courbes d’habituation pas forcément décroissantes ; variation des durées de fixation d’un BB à l’autre.

 

Réaction à la nouveauté :

 

Habituation : disparition progressive de la réponse.

Ensuite, on présente au BB un nouveau S différent du premier.

Il y a réaction à la nouveauté lorsque le temps de fixation augmente par rapport aux derniers essais de la phase d’habituation. Mais :

    - Les 2 stimuli sont attirants de la même façon (contre-balancement).

    - Désintérêt, fatigue, stimulus « d’échauffement ».

Eimas : catégorisation des sons de la parole.

Habituation du son /pa/ : le rythme de succion diminue.

Présentation d’un son physiquement différent /ba/

Le BB réagit à ce changement de catégorie phonémique, rythme de succion augmente.

 

La catégorisation :

 

Lécuyer.

Capacité de catégorisation de figures chez des BB de 3 à 5 mois.

Catégorie : représentation structurée de dimensions et de caractéristiques communes à un ensemble d’objets.

Phase d’habituation : 4 stimuli d’une même classe d’objets.

Phase test : on présente successivement soit un objet de la catégorie, soit un objet nouveau et on évalue le temps de fixation.

Réaction aux stimuli hors catégorie, donc capacité de catégorisation précoce.

 

Habituation tactile :

 

Modalité tactile.

Streri (1991) :

   - Si on place de manière répétée un petit objet dans la main d’un BB, il va le lâcher de plus en plus vite.

   - Si on lui présente ensuite un objet tactilement différent, on observe une réaction à la nouveauté.

L’exploration tactile combinée au temps de fixation relatif permet d’étudier les capacités de transfert intermodal des BB.

Meltzoff et Borton (1979) : transfert oral-vision (habituation tétine lisse, BB fixe plus longtemps orange rugueuse).

Streri et Gentaz (2000) : transfert manipulation-vision (temps de fixation augmente pour un objet non manipulé).

 

 

V. Autre méthode : l’imagerie cérébrale.

 

 

Le cerveau n’est jamais inactif.

Des informations sous forme de courant électrique circulent en permanence.

Berger, 1929 : 1er enregistrement de l’activité électrique cérébrale : électro-encéphalographie.

 

1929 : Electro-encéphalographie (EEG) :

   - Enregistrement de l'activité électrique du cerveau par des capteurs posés sur la tête.

1972 : Magneto-encéphalographie (MEG) :

   - Mesure des champs magnétiques induits par l'activité électrique du cerveau.

1973 : Imagerie par résonance magnétique (IRM).

1975 : Tomographie par émission de positons (TEP) :

   - Mesure les modifications du débit sanguin au moyen d'un traceur radioactif préalablement injecté par voie intraveineuse.

1992 : Imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf).

 

Les méthodes d’imagerie sont de 2 types :

- à haute résolution temporelle (potentiels évoqués PE).

- à haute résolution spatiale (IRMf).

 

Electro-encéphalographie : les potentiels évoqués :

 

Enregistrement de l’activité électrique du cerveau par des capteurs posés sur la tête.

La région cérébrale qui traite un S va modifier son activité neuronale et donc l’activité électrique recueillie à la surface de la tête.

Mais comme le cerveau ne reste jamais inactif, cette modification est perdue dans l’activité cérébrale de fond.

→ Il faut donc répéter la même tâche de nombreuses fois pour, par moyennage, extraire la séquence des événements électriques entraînés par cette tâche.

La localisation des aires cérébrales actives ne peut être que supposée avec les Potentiels Évoqués (diffusion du champ électrique).

 

Imagerie par résonance magnétique fonctionnelle IRMf :

 

Détermine avec précision les aires cérébrales activées lors de la réalisation d’une tâche.

Hémoglobine (Oxyhémoglobine et Désoxyhémoglobine).

Seule la désoxyhémoglobine est visible en IRMf car elle s’aimante dans le champ magnétique de la machine.

 

 

VI. Les tests.

 

 

1. Définition et principes généraux :

 

Détermine sous forme numérique des caractéristiques individuelles et qui vont nous permettre dévaluer de comparer le développement d’un individu à un autre.

 

Zazzo (1969, Manuel pour l’examen psychologique de l’enfant) :

« un test correspond à une preuve strictement définie dans ses conditions d’application et dans son mode de notation et qui permet de situer le sujet par rapport à une population elle-même bien définie biologiquement et socialement ».

 

La Méthode des tests (= psychométrie) permet d’évaluer les caractéristiques spécifiques d’un individu au moyen d’épreuves standardisées, c’est à dire que le matériel de test, les conditions de passation et la notation de ce test sont définis. Ces critères doivent être respectés et identiques à chaque individu. A partir de la notation de ce test, on va comparer les résultats de l’individu à un groupe de référence (= phase de l’étalonnage) et on va déterminer les performances.

Les tests sont beaucoup utilisés en Psychologie du développement. Ils permettent de catégoriser les individus entre eux, de comparer les comportements d’un individu par rapport à son groupe de référence.

 

Epreuves standardisées (matériel, conditions de passation et notation).

Comportement individu / groupe de référence => Étalonnage.

 

Caractéristiques :

- procédure de passation.

- notion fixée à l’avance, à laquelle l’expérimentateur va se référer.

- condition stricte de passation et de notation (sinon, aucun intérêt).

- dans tous les tests, il faut un étalonnage (un groupe de référence) que l’on va faire passer à plusieurs individus par rapport à des caractéristiques.

→ Un test permet de comparer UN sujet en particulier par rapport à son groupe de référence

 

La construction d’un test doit respecter :

- Fidélité : les résultats à un test doivent être identiques quand il est reproduit dans des situations comparables (reproductible).

- Sensibilité : les résultats doivent permettre de mettre en évidence de faibles variations entre comportements.

- Validité : le test doit bien mesurer ce pour quoi il  a été élaboré.

Intérêt des tests : accent sur l’individualité et les différences interindividuelles.

Deux catégories de test :

- Test d’efficience, « d’intelligence ».

- Test de personnalité.

 

2. Les tests d’intelligence :

 

Évaluent :

- la capacité intellectuelle globale.

- l’état de développement mental.

- les aptitudes et les connaissances.

L’objectif est de déterminer l’aptitude d’un individu face à telle ou telle tâche cognitive ou son « âge mental ».

Détecter retard ou précocité de développement (mais on ne peut pas connaître la nature des avancées ou des retards).

 

L’échelle métrique d’intelligence :

- mesure de l’intelligence en âge mental = le niveau où items réussis (ex : âge mental : 4 ans alors qu’il a 5 ans).

 

Binet : début XXe pionnier de la psychologie différentielle et créateur du 1er laboratoire français de psychologie de l’enfant.

Intérêt pour la psychologie, la pédagogie et l’analyse des fonctions supérieures (langage, mémoire, raisonnement, etc.). Ecole obligatoire → besoin de détecter les enfants « inaptes ». 1904 Binet construit un outil permettant de dépister ces enfants.

 

Binet et Simon (1905) : 1ère échelle métrique d’intelligence.

Série d’épreuves variées dont chacune est caractéristique d’un âge et correspond aux échelons d’une échelle (Echelle psychométrique).

Les épreuves correspondent à des situations de vie quotidienne ou de vie sociale et à des pb de type scolaire.

Exemples d’items :

 

 

 

→ Dernière version du Binet Simon en 1911 :

- 54 items de 3 ans à l’âge adulte.

Mesure empirique de l’intelligence en termes « d’âge mental ».

Age mental : niveau où tous les items sont réussis.

Le test est appliqué jusqu’à un niveau auquel l’enfant échoue à tous les items.

Age mental calculé à partir de l’âge de base auquel est ajouté un nombre de mois correspondant au nombre d’items réussis.

 

La notion de Quotient Intellectuel (Q.I.) :

 

Etablit par STERN (1912).

Mesure l’avance et le retard mais ne permet pas de les caractériser.

La notion d’âge mental n’a pas le même sens selon l’âge réel (âge chronologique).

Stern (1912) :  notion de QI                                                                  

QI = (âge mental / âge réel) x 100      

QI moyen = 100

retard de 2 ans à 3 ans ou à 16 ans ?

- Age mental = avances ou retards de développement → problème.

 

Exemples :

Retard de 2 ans à 3 ans : QI = (1/3) x 100 = 33.        

Retard de 2 ans à 16 ans : QI = (14/16) x 100 = 88.

 

Le QI exprime la vitesse de développement : 

- il consiste à faire le rapport entre les performances effectives (ce qu’est réellement capable à un moment T, c’est à dire son âge mentale) à son âge chronologique (ce qu’il devrait être capable de faire).

- Rapport entre dvlpt de l’enfant et son groupe de référence.

- Rapport entre les performances effectives de l’enfant et celles qu’il devrait avoir compte tenu des perf moyennes des enfants du même âge chronologique.

Terman (1916) : Standford-Binet pour USA. NEMI (1966) de Zazzo, Gilly et Verba-Rad, en France (révision des items et réétalonnage de l’échelle).

Le test de Binet et Simon connait un succès mondial. En France, il a fallu attendre 1985 avec Zazzo qui ont créé la NEMI = nouvelle échelle métrique d’intelligence.

Notion de QI très discutée aujourd’hui, n’y a-t-il qu’un seul chiffre pour refléter le développement psychologique d’un enfant ??

 

Évaluer l ’intelligence dans sa globalité :

 

Echelle de Wechsler : différents subtests.

3 versions :

- Âge préscolaire : Wechsler Preschool and Primary Scale of Intelligence (WPPSI-III, de 2 ans et 6 mois à 7 ans et 3 mois).

- Enfants et ados : Wechsler Intelligence Scale for Children (WISC-IV, de 6 ans à 16 ans et  11 mois).

- Adolescents et  adultes  : Wechsler Adult Intelligence Scale (WAIS-IV, de 16 ans à 79 ans et 11 mois).

WISC-IV et WAIS-IV évoluent et évaluent :

- Compréhension verbale (similitude, vocabulaire…),

- Raisonnement perceptif (cubes, complément d’image…),

- Mémoire de travail (des chiffres, arithmétiques…),

- Vitesse de traitement (code, barrage…).

L’évaluation de l’individu repose sur des indices étalonnés.

→ Echelle très performante, avec ou sans langage (ex : arrangement d’images, assemblages d’objets (où il doit rassembler la figure)).

 

Wechsler : différentes formes de tests :

- épreuves de performances.

- épreuves verbales.

→ Epreuves homogènes pour tous les âges.

Un enfant d’âge mental et un enfant d’âge réel différents peuvent avoir le même Q.I (loi normale).

Par la suite, Wesler a revu la notion de Q.I et a proposé un Q.I standard, afin que des enfants d’âges mentaux différents aient le même Q.I (ceux qui ont le même écart, ont le même Q.I). On essaie de remédier aux problèmes cognitifs et ne pas se contenter de dire « toi tu as tel Q.I » ou « toi celui-là ».

 

3. Les tests pour les très jeunes enfants (baby-tests) :

 

Evaluent l’harmonie du développement de l’enfant (l’enfant doit parvenir à se différencier de l’environnement car il y a de potentialités innées qui interagissent avec l’environnement → baby test permet d’évaluer cet équilibre c'est-à-dire, si les bébés sont dotés de potentiels innés et si il y a justement cette interaction avec l’environnement).

 

2 tests :

    - Echelle de Brazzelton = « Equipement neurologique ».

            + 3 jours après la naissance + 3 jours (notamment réflexes, fatigabilité, sensibilité, réponses visuelles et auditives...) du BB de 0 à 2 mois.

            + Ce que possède tout bébé est un ensemble de réflexes. L’absence de l’un de ces réflexes signifie que le bébé détient un problème neurologique.

            + C’est une échelle d’évaluation du niveau neurologique du bébé, qui va évaluer le sommeil, le niveau de fatigabilité, leurs réponses visuelles, auditives => évaluation des réflexes.

            + Réflexe : mouvement automatique en réponse à des stimulations extérieures spécifiques.

→ « Bagage » le plus important du BB. On s’assure que tous les réflexes sont présents.

            + Deux types de réflexe :

                    . De survie (succion, inspiration-expiration).

                    . Archaïques (normalité du système nerveux) :

   -  Grasping (fermer ses doigts sur un objet).

   - Réflexe de marche automatique.

   - Réflexe d’enjambement.

   - Réflexe de Moro (écartement des bras en croix et repliement quand bruit).

   - Réflexe de Babinski (écartement des orteils et rétractation avec stimulation de la plante des pieds).

   - Echelle de Brunet-Lezine :

           + Développement psychomoteur (des 1ers mois à 5 ans) par 4 aspects du développement :                                                                                         

                   . postural (lever la tête assis).                                                                                    

                   . coordination oculomotrice.                                                                           

                   . langage (sons gutturaux).                                                                                                      

                   . comportements socio-personnels (regard sur autrui).                                                          

→ Quotient de Développement.

         + Ce sont des tests qui permettent de déterminer/d’obtenir des quotients de développement, qui vont oui ou non correspondre à son groupe.

         + Ils sont réservés aux neuropsychologues.

 

Multiplication de ces tests.

→ Débats en recherche fondamentale :

                - Que mesurent les tests?                                                                     

                - Facteurs communs entre ces tests?                                                    

                - Facteur g d’intelligence ou facteurs spécifiques (numérique, verbal, spatial…)?

 

4. Les tests de personnalité :

 

Interprétés en termes numériques : Explorent l’affectivité, l’intérêt, les motivations et les manières d’être et d’agir.

3 objectifs :      

- Étude du développement affectif et émotionnel.

- « Classification » de l’individu dans un profil (paranoïa, dépression, etc.).

- Mettre en évidence la présence ou l’absence de signes pathologiques pour une prise en charge adaptée.

→ Le test permet plus de prendre en compte les émotions, à l’affectif, aux sentiments d’un individu.

On va mettre en œuvre des moyens d’accompagnement.

L’utilisation est réservée à des professionnels (Psychiatres). Ils sont très complexes, et ont de nombreuses manipulations.

→ Ils permettent de définir un profil type.

 

2 types de tests :                                                                               

     - questionnaires :

                + Autour de la théorie cognitive.

                + Questions décrivant comportements et sentiments caractéristiques de traits de personnalité.

                + Questions ouvertes.

→ Définir des profils.

     - tests projectifs.

                + Autour de l’interprétation psychanalytique.

                + Reposent sur de la sollicitation.

                + Matériel standardisé au contenu flou avec plusieurs significations.

                + La façon dont se projette l’individu exprime certains traits de son caractère, de ses émotions → mode de fonctionnement psychique.

                + Pas de bonnes ni de mauvaises réponses, mais SES réponses.                                                             

→ Evaluation quantitative + appréciation qualitative

Quand les questionnaires sont utilisés chez les enfants, ce sont les parents qui y répondent.

 

Tests projectifs chez les enfants :

 

Test du Rorschach : planches avec taches de peinture comportant une symétrie.

Children Aperception Test (CAT) : planches représentant des animaux dans situations typiques → inventer une histoire.

Test du village d ’Arthus : construction d’un village miniature → types de village associés à des types de personnalité.

Patte noire…

 

Difficulté d’interprétation :

- Interpréter les réponses + relation à la situation.

- Utilisés principalement par le psychologue clinicien (orientation psychanalytique).

 

Conclusion :

 

Toutes les méthodes visent à recueillir des données que l’on va analyser pour tester une hypothèse.

A priori, il n’y a pas de méthode plus efficace qu’une autre.

Observation et expérimentation → généralisation (ont pour but de généraliser les résultats, tandis que les tests sont centrés sur l’individu (on le comparer par rapport à une catégorie).

Tests → centrés sur l’individu.

Données numériques et traitements statistiques pour l’expérimentation.

Données qualitatives pour observation et tests.

 

5. Méthode d’étude du développement de Piaget :

 

Méthode clinique ou méthode d’exploration critique :

 

 

 

6. Bilan des méthodes – conclusion :

 

Toute méthode vise à recueillir des données que l ’on va analyser pour tester une hypothèse.

Pas a priori une méthode + efficace qu’une autre.

Observation et expérimentation → généralisation.

Tests → centrés sur l ’individu.

Données numériques et traitements statistiques pour expérimentation.

Données qualitatives pour observation et tests.



16/07/2012
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