Cours de psychologie

Méthode d'enquête

Méthodes d’Enquêtes – (Bonardi)

 

 

Vu d'ensemble et éléments concrets sur les enquêtes.

Pas de statistiques, une approche plutôt qualitative.

Présentation de la démarche de recherche des connaissances en insistant sur certaines méthodes. Le principe d’une enquête reste le même peu importe la discipline, ce qui va changer c’est les outils et les méthodes utilisés.

 

Validation par travail personnel : occasion de s'impliquer dans le montage d'une enquête dans ses différents aspects.

Monter point par point un protocole d'enquête, sans la partie appliquée.

Ce sera ce montage qui fera l'objet du dossier à rendre.

 

Le dossier de la validation :

Montage d'une enquête de terrain (avec réalisation d'un dossier écrit).

 

→ Justifier tous les choix (« pourquoi? »).

Ex : on utilise le questionnaire car c'est le plus adapté à certains individus car ils ont peu de temps.

→ Eviter les « copies wikipédia ».

→ Travail en binômes (même notes pour les deux membres du binôme).

→ Choix guidé des thèmes de travail.

 

 

I. La démarche de recherche.

 

 

1. Définitions : 

 

Ce qui n'est pas une recherche :

  - Un discours idéologique, car le discours scientifique doit être réfutable.

  - Un jugement de valeur, car le scientifique explique, décrit ce qui est. Il donne plusieurs alternatives possibles, sans émettre de préférence.

  - Un exercice de style ; une « œuvre d'art ».

  - Un remède aux angoisses et préoccupations personnelles (certaines choses nous impliquent plus que d'autres).

  - Un recueil d'impressions, les instituts de sondages ne sont pas des scientifiques ! Car en amont il n'y a pas la préparation utile à la recherche.

  - Un simple constat d'enchaînement entre phénomènes. Il ne faut pas faire juste de la description. Il faut la description de la recherche, mais les éléments doivent être mis en regard les uns des autres.

 

Il faut se poser une question :

Le fait scientifique est :

  - Conquis par les préjugés (il faut se battre contre son idéologie, ses jugements de valeurs...). Il faut s'abstraire de ses occupations personnelles.

  - Construit/reconstruit.
Il faut inscrire cet objet dans un champ de connaissance → la psychologie. Aide à orienter la question : s'orienter vers clinique par exemple, vers telle ou telle population... → construire tous les éléments utiles à l'enquête.

  - Constaté/vérifié dans la réalité.

 

2. Etapes :

 

Quivy et Van Campenhoudt, 1ère edition, 1988.

  - Recul des préjugés et idées personnelles :

          + La question de départ (Etape 1) → fil conducteur de la recherche. Elle doit être clair, précise, concise, simple, pertinente, faisable et réalisable...

                     . Il faut que les questions ne soient pas trop larges, ciblées sur la psychologie et il faut que tout soit justifié.

                     . Ex : comment faire pour améliorer l'intégration des handicapés dans le monde du travail ? → Postulat de depart : mauvaise intégration dans le monde du travail. Il faut justifier cela.

                     . Ex : Peut-on améliorer la qualité de vie des personnes handicapées.

→ C'est quoi la QDV ?

→ Où l'améliorer ?

                     . Ex : Comment faire pourquoi améliorer leur intégration dans le monde du travail ?

→ Implique un bilan de l'existant.

→ Appelle la recherche de réticences et freins non concrets.

          + L'exploration (Etape 2) → préenquête.

                     . Ex : définition du handicap, comment la psychologie cognitive travaille sur le handicap si ma recherche s'intègre dans ce cadre...

  - Construction de l'objet de recherche :

          + Cadre théorique et problématique (Etape 3) : recenser tous les travaux déjà fait sur le sujet choisi. Cela revient à des définitions. Dans le dossier, il faudra prendre une position scientifique : faire comme si on s'adressait à quelqu'un qui n'y connait rien.

                    . Problématique : agencement des éléments de définition entre eux. Assemblage logique des éléments retenus.

                    . La problématique répond à la question de l'étape 1. Il s'agit d'un pari sur une réalité, d'une hypothèse.

 

 

         + Le terrain (pas à faire pour le dossier) :

                    . Observation (Etape 5). On est confronté à notre population.

                    . Analyse des informations obtenues (Etape 6). Décrire les résultats + faire des liens. Dire si notre montage d'enquête est bon ou pas.

                    . Conclusions et suites à donner à la recherche (Etape 7)

  - L'enquête : précisions :

         + Du coté des participants :

                    . Ce n'est pas une situation de communication habituelle.

                    . Les participants sont très mal à l'aise.

                    . Le lieu est insolite : les participants ne sont pas habitués à ça. Les sujets vont faire des associations bizarres. Importance aussi de la couleur des murs (chromothérapies) !

                    . Contexte : rencontre sous contrainte. Contexte différence de celui de la vie quotidienne. C'est une rencontre inégale.

                    . Thèmes : imposés. Le sujet ne peut pas parler de ce qu'il veut. 

                    . Confrontation à un inconnu. A partir de 40 ans, les gens sont vraiment très méfiants. Mauvaise réputations des gens de la fac de psycho !!! Le sujet se fait une image de l'expérimentateur et aussi des attentes.

                    . Questions ou demandes inhabituelles.

         + Coté du chercheur :

                    . Dissimulation : le chercheur n'est pas un menteur, mais un dissimulateur. Si le chercheur donne son hypothèse au sujet, le sujet va répondre dans le sens de l'hypothèse. Le chercheur doit donc dissimuler une partie des informations.

                    . La consigne de présentation (de nous, de l'enquête, du travail à effectuer par le sujet...). A la fin de l'enquête, il faut faire un débriefing. Il faut expliquer au sujet tout ce qu'on ne lui a pas dit avant.

         + Les deux cotés de l'enquête : une relation conversationnelle inégale.

                    . Le chercheur :

                               - Veut obtenir quelque chose sans dire exactement quoi.

                               - Dépend de son interlocuteur mais le suppose compétent.

                    . Le participant :

                               - Frustré d'informations, il en reconstruit et fabrique un contexte (stratégie cognitive).

                    . Le producteur d'une enquête doit penser à tous les préparatifs.

 

 

II. L'acquisition des connaissances scientifiques.

 

 

1. Problèmes de terminologie :

 

Dès le départ, ils n’ont pas la même logique du questionnaire.

Pour les questionnaires il faut tout prévoir à l’avance, il s’agit d’un instrument qui nécessite beaucoup de travail en amont.

Pour l’entretien c’est un peu l’inverse. Il y a peu de travail à faire en amont, mais une fois que toutes les réponses ont été recueillies il faut les analyser et cela prend plus de temps.

 

On démarre toujours avec un discours, et l'analyse sera débrouillée à partir de ce discours.

Critique des entretiens :

  - Subjectivité.

  - Il n’y a pas de règle standard (hypothèses, etc.), on pourrait donc dire que ce n’est pas assez scientifique. Le discours est très variable d'une personne à une autre.

  - Problèmes de terminologie.

Un entretien peut varier d'un expérimentateur à un autre → existence d'une personnalité propre à chaque expérimentateur.

 

Existence d'une confusion : Interview → Entrevue.

Entretien → Counselling.

1ère utilisation du mot « entretien » dans le cadre d'une psychothérapie.

Ce n'est pas le mot qui est important, mais le sens qu'il y a derrière.

 

En psychologie, on étudie le mot Entretien (clinique ou de recherche)

L'entretien est mené par l'enquêteur, sur l'enquêté.

Entretien : situation d'échange conversationnel dans laquelle un interlocuteur, enquêteur ou clinicien, extrait une information d'un enquêté ou d'un patient, information initialement inscrite dans la biographie de l'autre.

 

Entrevue est un mot trop ambigüe dans la mesure où il peut être utilisé pour autre chose que pour qualifier un entretien en psychologie.

Entretien : il correspond mieux que le mot « entrevue », mais comme il est utilisé dans le langage courant il peut porter à confusion.

 

2. Situation et moyens de la communication dans l’entretien :

 

Il n’y a pas d’égalité entre les deux parties. Chacune a un rôle différent, mais ils ne sont pas égaux l’un par rapport à l’autre. Situation de communication déséquilibrée.

Il y a aussi des règles de fixées, qui doivent être prises en compte. Il faut donc les pré-programmer au maximum à l'avance.

Il y a tout de même des notions de base :

  - Analyse de la situation, de ce qui se vit lors de l’entretien. Situation de conversation entre l'expérimentateur et le sujet. Il s'agit d'un épisode de vie complet dont il faut tenir compte. C'est une situation très subjective. Il faut tenir compte de la façon dont le sujet réagit, de savoir comment la personne vit cette situation (gène, contrainte, à l'aise...)

  - Les moyens de communication : c’est ce qui permet d’améliorer les contacts lors de l’entretien, il faut pré-penser quelques petits paramètres pour faire en sorte que tout se passe au mieux pendant l’échange. Il y a différents moyens :

          + Cadre et ambiance : un entretien peut durer jusqu’à 3 heures, il faut donc choisir un bon endroit et une bonne ambiance où mener l’entretien, aussi il faut savoir comment se placer (en face ou à côté). Tous ces paramètres peuvent influencer le discours du sujet.

          + Durée : il faut savoir combien de temps il faut, globalement, pour obtenir ce dont on a besoin pour l’entretien. En fonction du sujet de l’entretien, la durée va varier.

          + Ecoute ou neutralité bienveillante : c’est le rôle de l’enquêteur. Il faut faire attention à ce que le sujet ne dévie pas le sujet, il faut réussir à lui faire garder la ligne et en même temps il faut être présent pour l’aider à parler.

          + Langage : ce que l'on va dire à la personne est appelé le langage de l'aide de l'accompagnement et de l'encouragement. Il faut que les discours et les relances soient aussi neutres que possible, tout en restant dans le thème général.

          + Reformulation : elle sert à relancer le discours, ca permet de donner le sentiment qu’on est attentifs à ses dires. Rogers (1945) propose un certain nombre de techniques pour la reformulation :

                       . Pour lui le langage de l’entretien, une fois passé l’évocation du thème de départ, est composé uniquement de reformulations.

                       . Clarification : elle sert à bien fixer les choses, on reprend pour mieux comprendre → « si je comprends bien, … », « si je résume, … », etc.

                       . Echo ou miroir : technique du perroquet, on reprend le(s) dernier(s) mot(s) ou la dernière phrase prononcée par le sujet. Cette technique peut provoquer une déviation du discours pour qu’il revienne à celui initial, qui nous intéresse.

                       . Interprétation : on reprend ce qu’a dit la personne juste avant mais on ajoute une interprétation → « si j’ai bien compris, vous venez de me dire que … est-ce que ce que vous me dites peut être interprété de la sorte … ? ». On va donc plus loin que l’idée générale de la personne. Il s’agit en quelque sorte d’une provocation pour relancer le discours : la personne répondra oui ou non dans la mesure ou c’est elle qui contrôle le discours. La personne va acquiescer ou refuser l'interprétation, mais cela fait avancer les choses.

                       . Reflet : touche aux impressions et aux sentiments, et donc c’est quelque chose qui n’a pas été formulé → « vous craignez que … », « vous semblez très insatisfaits de … ». Il est très difficile à manipuler, mais il sert à faire dire à la personne des choses qu’il n’est pas sur de vouloir/pouvoir dire.

                       . Recentrage : peut se faire à tout moment, et cela permet de revenir au thème de départ, à éviter les déviations.

                       . Informations complémentaire : cela consiste à demander plus de précisions sur des choses qui ont déjà été dites sans le demander directement, volontairement on fait comme si on n’avait pas tout à fait compris ce qui a été dit → « je crois que pour moi ce n’est pas tout à fait clair … »

                       . Précisions : cela consiste à demander clairement plus de précisions.

           + Il ne faut JAMAIS laisser paraitre nos impression, ni par la parole, ni par des gestes ou des expressions. Durant l’entretien il ne faut pas donner son idée ou son point de vue. Il faut donc mettre les choses au clair dès le début (« vous allez parler, et je vais vous écouter »), dire qu'il ne s'agit pas d'une simple conversation.

           + Ce qui est le plus difficile à gérer dans les entretiens c’est les silences. Il y en a de deux sortes :

                       . Vide ou gênés ou parce qu’on a plus rien à dire : c’est dans ces cas là qu’il faut faire des relances. Il faut qu’il y en ait mais ils ne doivent pas durer plus de quelques secondes.

                       . Plein : c’est les instants où le sujet repense à un évènement, et ces silences là il ne faut jamais les interrompre.

 

3. Les types d’outils :

 

a. Les niveaux de l’entretien :

 

Les outils qu’on choisit vont déterminer le contenu que donner le sujet, les débats et la relation psychologique et sociale qui va s’établir avec la personne.

En général on fixe dans le contrat les libertés de la personne et la profondeur de l’entretien.

Ce contrat fixe le contenu de ce que va dire la personne ; les débats (ce qu'on va dire/pas dire) ; la relation psychologique et sociale avec la personne.

 

Les entretiens se composés par l’interaction de ces trois outils :

 

 

L'enquêteur ne relance qu'au niveau des faits. Le sujet doit parler de ses opinions et de son ressenti tout seul, sans que l'enquêteur l'y pousse.

 

b. Différents types d’entretien :

 

Entretien non-directif : on donne un thème de départ, puis on laisse la personne parler. Elle a toute liberté dans la discussion. On n’a plus le droit par la suite de poser d’autres questions, on a cependant le droit de limiter les dégâts si la personne s’éloigne trop du sujet en utilisant les relances. Cet entretien est sensé durer une vingtaine de minutes. L’analyse des réponses prend beaucoup de temps : il faut tout d’abord retranscrire l’intégralité du discours. Aussi si on laisse parler librement la personne c’est parce qu’on s’intéresse aussi à la façon dont elle dit les choses.

Cet entretien s’insert dans la démarche de pré-enquête qui sert à la préparation des questionnaires.

C'est aussi le cadre de la clinique.

 

Entretien semi-directif : si on connait déjà la nature des informations que l’on a besoin, on peut donner, en plus du thème initial, des sous-thèmes. On appelle cela un schéma ou une grille d’entretien (qui sert aussi lors de l’analyse des réponses obtenues). Si la personne ne traite pas un des sous-thèmes, on peut lui poser la question. Cependant elle garde sa liberté de parole.

L'analyse des réponses se fait à partir de la grille d'entretien.

 

Entretien directif : cela sous-entend que l’enquêteur a une très bonne maitrise du sujet, il va donc établir à l’avance toutes les questions qu’il va poser au sujet. La frontière avec un questionnaire avec des questions ouvertes est très mince : le sujet doit répondre avec ses propres mots à des questions bien précises (parfois même ordonnées).

 

Différents types d'entretiens : seule la liberté laissée à la personne varie.

 

4. Situation de communication :

 

Mécanismes de défense, FREUD :

  - Fuite : soit on refuse de répondre, soit le mensonge ou l’approximation.

  - Rationalisation : la personne donne un avis ou un sentiment réel, mais se sont obligé de le justifier et donc va donner une explication (qui peut être totalement fausse).

  - Projection : au lieu de dire ce qu’on pense, au lieu de donner son attitude personnelle, on donne notre propre avis au travers d’autres personnes.

  - Identification : à partir de l’idée que se fait l’interlocuteur de l’enquêteur, il va se conformer à cette image, se faire une opinion et lui attribuer des idées (qui ne sont pas forcément exactes).

  - Refoulement : tout ce qui semble à la personne impossible à dire, ou inacceptable.

 

Facteurs positifs :

  - Reflexe de politesse : une fois qu’on a accepté de répondre à un entretien, on a beaucoup de difficultés à éconduire la personne.

  - Désir d’influencer : nous avons tous l’envie de partager notre opinion, de convaincre d’autres personnes. En donnant donc l’impression d’acquiescer et d’écouter on va permettre à la personne d’aller plus loin.

  - Besoin de parler : c’est un besoin très fort chez l’être humain.

 

 

III. Analyse des données de l’enquête :

 

 

Dans les années 40, l'analyse de discours est plus importante que l'analyse des autres enquêtes.

Les discours étaient travaillés à la main. L'analyse était donc longue et fastidieuse.

Les décisions à propos des regroupements de parole étaient très subjectives. De nos jours, on a la psychologie du langage pour pallier à ce biais, pour étudier l'analyse du discours.

 

1. L’analyse de contenu :

 

a. Définitions :

 

« Technique de recherche pour la description systématique, objective et quantitative du contenu manifeste de la communication. » BERELSON, 1952.

  - L’analyse du contenu est donc une science.

  - Aujourd’hui on considère comme objectives les recherches faites avec des machines.

  - Le côté quantitatif est issu de pourcentages.

→ Nous impose de traiter TOUT ce qui est dit (mots de liaison, tics de langage).

 

« Instrument de documentation analytique sans fondements théoriques. » HENRY et MOSCOVICI, 1968.

  - Sans avoir de cadre théorique.

Ces analyses de contenu sont donc descriptives.

Aujourd’hui les analyses de contenu sont utilisées (entre autre) pour valider des hypothèses. On fait aussi des analyses prédictives.

→ Entretien non-directifs menés sur des sujets, sans avoir d'hypothèses au préalable.

 

L'analyse de contenu est utilisée pour valider des hypothèses. → Technique exploratoire.

On utilise une analyse prédictive (parce que orientée par une hypothèse). On ne s’intéresse pas à tout ce que dit la personne, mais à ce qui nous intéresse.

Analyse prédictive : considéré comme un type d'exploration de données[], est un domaine de l'analyse statistique qui extrait l'information à partir des données pour prédire les tendances futures et les motifs de comportement. Le cœur de l'analyse prédictive se fonde sur la capture des relations entre les variables explicatives et les variables expliquées, ou prédites, issues des occurrences passées, et l'exploitation de ces relations pour prédire les résultats futurs[]. Il est important de noter, toutefois, que l'exactitude et l'utilité des résultats dépendent grandement du niveau de l'analyse des données et de la qualité des hypothèses.

 

b. Questions :

 

Pour faire une analyse de contenu on se fixe forcément un objectif. Il peut consister à répondre (la plus part du temps) à une ou plusieurs des questions qui vont suivre.

  - Qui parle ? : Qui est mon interlocuteur. Cela rentre dans le registre de la personnalité, des caractéristiques propres à la personne.

  - Pour dire quoi ? : Les mots, les idées du discours.

  - A qui ? : Il faut se demander à qui s’adresse le discours prononcé par l’enquêté. Les analyses de contenu peuvent se porter sur les discours politiques, les publicités, etc.

  - Comment ? : Important pour les entretiens non-directif, comment la personne parle d’un sujet. Le sentiment qui se dégage des arguments, leur organisation.

  - Dans quel but ? : La aussi ça excède le cadre de l’entretien.

  - Avec quels résultats ? : Il s’agit des résultats et des effets du discours, dans ce cas la aussi ça excède les entretiens.

 

La communication est un contrat : co-construction d'une réalité interlocutoire.

Cela vaut pour les conversations, pour les entretiens, mais aussi pour les questions ouvertes lors d'entretiens, pour les médias...

 

2. Les techniques d'analyse de contenu :

 

Techniques qui permettent de répondre à Quoi ? Et Comment ?

Le principe général est de toujours apporter une information différente de celle que nous donne la lecture de l'entretien. Mais attention, ce n'est pas le résumé de l'entretien.

On va travailler le texte en se donnant des points des repères directs sur le texte. On fait parler le discours lui même → objectivité +++

 

Exigences :

  - Objectivité (n'importe quel chercheur pour faire la même analyse que nous).

  - Exhaustivité (il faut traiter tout le discours en entier. Une bonne analyse prend en compte 99% du discours).

 

Ce que je dois faire :

  - Se porter vers le point de vue du locuteur (essayer de comprendre au mieux ses idées → empathie).

  - Se garder de sa propre sensibilité (attention lors des analyses cliniques !! Il ne faut pas être impliqué, lors de l'analyse comme lors de la découpe).

  - Se méfier de son cadre théorique (si on aime bien son cadre, on va avoir tendance à se laisser guider par lui pour l'analyse des discours)

Pour cela, il faut écrire point par point ce qu'on va faire (comment on découpe, comment on analyse...)

 

3. Les étapes de la démarche de l'analyse du contenu :

 

On est face à un discours, quelque soit sa forme.

 

Objectifs (et/ou hypothèses:)

  - Inventorier des informations et les classer.

  - Analyser le sens d'un discours.

  - Hiérarchiser les thèmes rencontrés.

  - Mettre au jour les procédés d’un discours.

  - Définir le sens donné à un objet.

  - Connaître la représentation d’une situation.

  - Analyser la façon dont un événement est présenté.

 

Choix de la technique :

  - Le quoi ? → Hypothèse de travail : redondance, importance... (ce que je vais rechercher dans le discours globalement).

  - Le comment ? (méthode d'inventaire) :

          + Quantitatif → comptage individu par individu (ex : X individu ont parlé de ça) / comptage du nombre de fois où le mot a été utilisé (ex : 100 questions ouverts = X fois ce mot) / ...

          + Qualitatif → on s’intéresse au sens des choses. Ex : comment un ensemble de personne traite un objet (quel univers les gens interrogés créent autour de l'objet)

          + Comparatif → ex : comparaison entre des populations ; entre des domaines. On compare 2 réalités qui sont le plus fréquemment des populations.

→ Ces trois techniques se complètent.

  - Choix des unités de découpage : 2 possibilités :

           + L'analyse lexicale.

           + L'analyse thématique.

→ Ce sont deux techniques qui s'opposent.

 

 

a. L'analyse lexicale :

 

On découpe le discours mot à mot, ou par groupes de mots qui forment des expressions (ex : premier-ministre)

Postulat : la langue est un système où tout ce tient.
Un mot n'est pas innocent.

Les mots se regroupent sur la base de relations. Ils vont s'associer pour des raisons très différentes.

Ex : enseignement = enseigner-enseignant / éducation-instruction / armement-chargement

                                          même racine /               même sens /          même suffixe

 

Comparaison de dictionnaires/univers/lexiques : (DiGiacomo, 1980) :

 

On construit le dictionnaire, le lexique d'un domaine. Grâce à ce lexique, on peut prendre en compte l'univers dans lequel vit la personne.

 

Dans son expérience : associations à 9 inducteurs :

  - Pour l'image du comité : comité des 10.000, extrême gauche, grève, travailleurs

  - Pour l'image de soi : étudiants, cadres

  - Pour le gouvernement : pouvoir, extrême droite, AGL (mouvement étudiant qui a pas remporté un franc succès)

On obtient alors une longue liste de mots.

On peut cependant effectuer une Lemmatisation (réduction)

Une réduction du nombre de mots basée sur diverses transformations, par exemple :

  - Les verbes codés à l'infinitif

  - Les substantifs (articles, pronoms...) sont au singulier

  - Les adjectifs sont au masculin singulier

  - Les adverbes, noms et combinaisons de mots sont réduits à l’adjectif correspondant

  - ... Il s'agit de réduire le nombre de mots. Ici, de 1600 mots, on se retrouve à 400 mots.

On compare alors chaque lexique 2 à 2. Ex : comparaison du dictionnaire comité avec le dictionnaire des étudiants.

On regarde combien il y a de mots en commun et combien il a de mots différents.

 

 

La richesse du vocabulaire :

 

On peut s’intéresser aussi à la richesse du langage de la personne.

On compare le nombre de formes lexicales utilisées au nombre total de mots.

Expérience : on mesure l'implication et l'enthousiasme des étudiants chaque année pendant 4 ans.

On examine aussi environ 70 variables (famille, sport, loisirs, âge...)

La seule variable qui montre l'enthousiasme de l'étudiant est la richesse de son vocabulaire.

→ Cope, 1969 : extraversion, longueur et richesse des discours

 

Mais notre vocabulaire va être plus ou moins riche en fonction du temps de préparation.

Une personne à l'aise et libre de ses mouvements va avoir un lexique riche.

→ Moscovici, 1967 : contraintes normatives et richesse du lexique

 

La personne à qui on s'adresse va influencer la richesse de notre vocabulaire.

On adapte notre lexique à notre interlocuteur.

→ Ghiglione et al, 1990 : destinataires et richesse des discours

 

Le sens des mots :

 

On va essayer de définir le sens de mots pour un individu particulier.

On regarde quand le mot est utilisé, et on essaie de faire une synthèse du sens du mot.

Il faut retrouver tous les sens possibles d'un même mot. Et on regarde les sens les plus fréquents.

 

Convaincre ou laisser entendre :

 

Ex pour convaincre :

  - Une liberté est aujourd'hui menacée → Laquelle de liberté ?

  - La liberté est aujourd'hui menacée → Liberté comme concept, imprécis.

  - Notre liberté est aujourd'hui menacée → Rassemblement du peuple, pour la liberté. Nous sommes tous menacés.

Les mots ont un pouvoir, même les mots outils, qui permettent le qualifier le mot plein !

 

Ex pour laisser entendre :

  - L'avortement, quel difficile problème à l'égard de l'enfant → enfant défini. Personne contre l'avortement, car pour elle l'enfant a déjà une existence.

  - L'avortement, quel difficile problème à l'égard d'un enfant → l'enfant est indéfini, il n'existe pas réellement. Personne pour l'avortement.

 

On peut donc dégager du sens de tous les mots, d'où l'utilité de l'analyse mot à mot.

 

b. L'analyse thématique :

 

Postulat : une phrase ou un fragment de discours est une unité non réductible à la somme de ses parties. Le sens de ce tout est réparti sur l'ensemble de ses constituants.

On va devoir interpréter des bouts des phrases, des fragments.

Le thème a une valeur plus subjective que le mot : il est l'unité psychologique dans laquelle on perçoit un objet, un problème, une personne.

Analyse thématique simple : découper le discours pour en dégager des thèmes qui structurent les propos tenus, et qui constituent des unités de signification pertinentes par rapport au sujet traité.

On s’intéresse à la complexité des phénomènes sociaux et des positionnements individuels (noyaux de sens)

Ex : analyse d'une thématique simple (étude de la manière dont la psychanalyse, objet nouveau dans la société, est vu), Moscovici, 1961.

 

Principes de l'analyse thématique :

  - Point de départ flou (entretien non directif) ou ciblé (question de départ)

  - Retranscription de tous les discours

  - Choix des unités de repérage et de contexte (thèmes et « valence ») Ex : est-ce qu'on compte le nombre d'apparition ou le nombre d'unités dans lequel ça apparaît ?

  - Lecture d'un échantillon représentatif des discours

  - Création d'une première grille thématique provisoire (= première grille d'analyse). On fait un premier catalogue de thèmes.

  - Analyse systématique de tous les discours

  - Fixer le niveau de généralité de l'analyse. En gros, est-ce que je garde tout ce qui est apparu chez tous les sujets, ou est-ce que je fais des regroupements en créant des grosses catégories.

 

Caractéristiques des analyses de contenu :

  - Pertinence des catégories.

  - Clarté des définitions.

  - Exclusivité.

  - Objectivité.

  - Exhaustivité.



15/01/2013
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