Cours de psychologie

Linguistique

Linguistique

 

 

Bibliographie (lecture non obligatoire) :

Hagege : L’homme de paroles :

- Chapitre 3 Universaux des langues et divergences typologiques.

- Chapitre 5 Le territoire du signe.

- Chapitre 7 Ordre des mots et ordre du monde (particulièrement dernier paragraphe La brisure de l’unité et le laminage du monde par la chaine parlée).

- Chapitre 10 Linguistique socio-opérative ou pour une théorie de la communication.

- Chapitre 12 L’amour des langues.

- Epilogue.

Saussure : Cours de linguistique générale :

- Chapitres 3 et 4 Objet de la linguistique, et Linguistique de la langue et linguistique de la parole.

- 1ère partie chapitre 1 Nature du signe linguistique.

- 2ème partie chapitre 2 Les entités concrètes de la langue.

- 2ème partie chapitre 5 Rapports syntagmatiques et rapports associatifs.

- 2ème partie chapitre 6 Mécanisme de la langue.

- 2ème partie chapitre 8 Rôle des entités abstraites en grammaire.

Jakobson : Langage enfantin et aphasie :

- Préface et 1er chapitre L’évolution phonique du langage enfantin et de l’aphasie comme problème linguistique, plus particulièrement 9, 10, 11.

- L’aphasie comme problème linguistique (p103 à 117).

- Vers une typologie des troubles aphasiques (p133 à 154).

- Types linguistiques d’aphasie (p157 à 173).

    Essais de linguistique générale :

- Tome 1 Les fondations du langage, chapitre 2 Deux aspects du langage et deux types d’aphasies.

- Chapitre 5 Linguistique et théorie de la communication.

Hjelmslev : Le langage :

- La structure et l’usage (p55 à 69).

 

 

I. Introduction :

 

 

Objectif : favoriser les capacités à appliquer les linguistiques dans les troubles du langage.

La linguistique est un domaine très large avec des théories très variées.

 

Aphasie : accident qui prive le sujet d’une langue apprise.

Les causes sont soit des ischémies (absence d’irrigation de certaines zones du système nerveux), soit un hématome qui envahit une zone. Selon la zone lésée, cela donne naissance à différentes aphasies.

Ex : aphasie de Broca (aphasie motrice), aphasie de Wernicke (aphasie sensorielle).

Ces troubles se manifestent de manière opposée. La privation du langage n’est pas totale, ça touche un aspect du langage. Le langage est un système complet, si un aspect est touché cela touche tout le langage. Le langage fonctionne comme un tout. Une lésion rejaillit sur le langage, mais suivant la lésion ça rejaillit différemment.

Les aphasies de Broca et de Wernicke sont attachées à un aspect particulier.

Aphasie de Broca (aphasie motrice) : ne peut plus organiser les phrases, mêmes les mots, les syllabes ne sont plus liées = difficulté à s’exprimer, à être émetteur.

Aphasie de Wernicke (aphasie sensorielle) : difficulté dans la compréhension du message reçu = difficulté à être récepteur.

Les 2 se complètent par d’autres types d’aphasies.

Diverses aptitudes sont atteintes ensemble ou séparément : il devient impossible de parler ou de comprendre une conversation, impossible aussi de lire ou d'écrire. La capacité́ de calculer peut disparaitre.

 

Un des critères de la maladie d'Alzheimer est l'aphasie mais non pas une aphasie linguistique car ce ne sont pas des zones linguistiques qui sont touchés. L'information ne reste pas concentrée dans une aire (ex : mémorisation). Pour comprendre cette particularité, il faut comprendre les mécanismes du langage.

La perte des capacités intellectuelles est ici d'une intensité suffisante pour retentir sur la vie professionnelle et l'autonomie sociale, et elle s'accompagne d'anomalies des fonctions cognitives. Il s'agit non seulement de troubles de la mémoire (souvent le premier motif de consultation) mais aussi d'une désorientation temporo-spatiale, de troubles de la pensée abstraite, du jugement et du langage (aphasie), de l'impossibilité de réaliser certaines activités motrices complexes (apraxie), ou d'identifier des objets ou des visages (agnosie) sans qu'il y ait déficit sensoriel. Le caractère change : l'irritabilité, l'agitation voire l'agressivité peuvent se développer chez les patients qui sont conscients de la perte progressive de leurs capacités. D'autres sont au contraire apathiques. La dépression est fréquente, aggravant le déficit intellectuel. C'est une maladie dévastatrice car l'évolution aboutit à la perte totale d'autonomie chez le patient qui devient grabataire et ne reconnaît plus les siens.

 

Jakobson :

 

Roman Jakobson : linguiste russe qui a vécu partout dans le monde, et qui n’a pas adhéré au courant cognitiviste (point de vue différent de Noam Chomsky).

On va étudier les troubles puis les mécanismes des troubles.

L’approche de Jakobson est en collaboration étroite avec les neurologues (notamment Alexandre Luria, neurologue russe). Il a ainsi pu proposer, en avant-garde, un classement des aphasies à travers les capacités et difficultés des patients. Quand Luria percevait une lésion, il enregistrait la production du patient et l’envoyait à Jakobson pour l’étudier. Luria ne disposait pas des moyens d’aujourd’hui, il avait juste des radiographies et la possibilité d’études post-mortem. Au moment où on a pu regarder le système nerveux dans le fonctionnement du langage (il y a environ 20ans), on a pu vérifier que toutes les suppositions/idées de Jakobson étaient bien liées au dysfonctionnement au niveau du système nerveux.

Comment Jakobson décrit les troubles d’une manière si précise et comment il reliait ces troubles à une zone du système nerveux ? Et comment a-t-il vu les manifestations que ça produit ?

Il met en évidence 6 types d’aphasies : 3 types d’aphasie de réception, et 3 types d’aphasie d’émission. Ces 6 types présentent pour les psychologues, un intérêt particulier. Face à un patient qui a une aphasie, au premier abord si on ne sait pas, on peut penser à un trouble de la pensée. Mais non, il a une aphasie. C’est donc très important de savoir détecter les aphasies.

Troubles extralinguistiques : troubles presque similaires aux aphasies. Mais ce n’est pas une aphasie au sens linguistique, car les aires du langage ne sont pas lésées, mais d’autres aires proches le sont (un tout, l’information circule partout). Troubles qui affectent un autre niveau.

Pour comprendre ces troubles, il faut comprendre le langage.

 

Schéma du langage de Jakobson :

- Modèle du langage qui sert de base pour définir 6 fonctions du langage.

- Dimension pratique : comment le langage permet aux individus de communiquer.

- Schéma (sans ordre, ni hiérarchie, juste parti pris narratif) :

 

 

- Dans un énoncé concret, différentes fonctions se superposent et ce selon des degrés d’importance variées. Les différentes fonctions ne s’excluent pas l’une l’autre au sein d’un énoncé donné.

- Conception linéaire et simplifiée du langage. Appréhende les phénomènes de la communication.

Les sciences du langage ont toujours entretenu des rapports très étroits avec la psychologie.

Les sciences du langage peuvent aider pour comprendre toutes les pathologies en rapport avec le langage.

Linguistique : science de la langue, permet à l'être humain d'être en relation et d'avoir une communauté linguistique.

 

Ferdinand de Saussure :

 

Bien loin que l’objet précède le point de vue, on dirait que c’est le point de vue qui crée l’objet.

Le son, unité complexe acoustico-vocale, forme une unité complexe physiologique et mentale.

Le langage a un côté individuel et un côté social.

Il faut se placer sur la langue et la prendre pour norme de toutes les autres manifestations du langage.

La langue est une portée essentielle du langage, produit social et ensemble de conventions nécessaires.

Ce qui est naturel à l’homme est la faculté de constituer une langue, c’est-à-dire un système de signes distincts correspondants à des idées distinctes.

Au-dessus du fonctionnement des divers organes il existe une faculté plus générale, celle qui commande aux signes, et qui serait la faculté linguistique par excellence.

La langue fait l’unité du langage.

Le point de départ est dans le cerveau, où les faits de conscience (concepts) se trouvent associés aux représentations des signes linguistiques ou images acoustiques servant à leur expression.

C’est par le fonctionnement des facultés réceptives et coordinatives que se forment chez les sujets parlants des empreintes qui arrivent à être sensiblement les mêmes chez tous.

La langue n’est pas une fonction du sujet parlant, elle est le produit que l’individu enregistre passivement.

La parole est un acte individuel de volonté et d’intelligence, dans lequel il convient de distinguer les combinaisons par lesquelles le sujet parlant utilise le code de la langue en vue d’exprimer sa pensée personnelle, et le mécanisme psycho-physique qui lui permet d’extérioriser ces combinaisons.

Sémiologie : science qui étudie la vie des signes au sein de la vie sociale.

L’étude du langage comporte 2 parties : a pour objet la langue qui est sociale dans son essence et indépendante de l’individu, cette étude est uniquement psychique ; et a pour objet la partie individuelle du langage, c’est-à-dire la parole y compris la phonation, elle est psycho-physique.

La langue est nécessaire pour que la parole soit intelligible et produise tous ses effets, mais celle-ci est nécessaire pour que la langue s’établisse.

 

Nomenclature : liste de termes correspondant à autant de choses, instance de classification.

Le signe linguistique unit un concept (signifié) et une image acoustique (signifiant).

Un signe est une combinaison du signifié et du signifiant. Il est arbitraire par rapport au signifié, avec lequel il n’a aucune attache naturelle dans la réalité.

Le signifiant est linéaire, il représente une étendue qui est mesurable dans une seule dimension (ligne). Ses éléments se présentent l’un après l’autre, ils forment une chaîne.

 

L’objet de la linguistique synchronique générale est d’établir les principes fondamentaux de tout système idiosynchronique, les facteurs constitutifs de tout état de langue.

L’entité linguistique n’existe que par l’association du signifiant et du signifié, et elle n’est complètement déterminée que lorsqu’elle est délimitée, séparée de tout ce qui l’entoure sur la chaine phonique.

Unité : tranche de sonorité qui est, à l’exclusion de ce qui précède et de ce qui suit dans la chaine parlée, le signifiant d’un certain concept.

La langue a le caractère d’un système basé complètement sur l’opposition de ses unités concrètes.

 

Syntagmes : combinaisons de mots
les uns à la suite des autres et qui ont pour support l’étendue.

Rapport associatif : coordination de mots en mémoire.

Le rapport syntagmatique est in praesentia : il repose sur 2 ou plusieurs termes présents dans une série effective. Au contraire, le rapport associatif unit des termes in absentia dans une série mnémonique virtuelle.

Dans le domaine du syntagme, il n’y a pas de limite tranchée entre le fait de langue, marque de l’usage collectif, et le fait de parole, qui dépend de la liberté individuelle.

Tandis qu’un syntagme appelle tout de suite l’idée d’un ordre de succession et d’un nombre déterminée d’éléments, les termes d’une famille associative ne se présentent ni en nombre défini, ni dans un ordre déterminé.

 

Solidarité syntagmatique : presque toutes les unités de la langue dépendent soit de ce qui les entoure sur la chaîne parlée, soit des parties successives dont elles se composent elles-mêmes.

Dans la langue, tout revient à des différences, mais tout revient aussi à des groupements.

La coordination dans l’espace contribue à créer des coordinations associatives, et celles-ci à leur tour sont nécessaires pour l’analyse des parties du syntagme.

Notre mémoire tient en réserve tous les types de syntagmes plus ou moins complexes, de quelque espèce ou étendue qu’ils puissent être, et au moment de les employer, nous faisons intervenir les groupes associatifs pour fixer notre choix.

L’idée appelle tout un système latent, grâce auquel on obtient les oppositions nécessaires à la constitution du signe. Celui-ci n’aurait par lui-même aucune signification propre.

La notion du relativement motivé implique l’analyse du terme donné, donc un rapport syntagmatique, et l’appel à un ou plusieurs termes, donc un rapport associatif.

Les langues où l’immotivité atteint son maximum sont maximum sont plus lexicologiques, et celles où il s’abaisse au maximum plus grammaticales. Signes immotivé = instrument lexicologique ; règle de construction = instrument grammatical.

 

Associer 2 formes, c’est distinguer la nature des rapports qui régissent les associations.

Les entités abstraites reposent toujours, en dernière analyse, sur les entités concrètes.

L’ordre des mots est une entité abstraite mais elle doit son existence aux unités concrètes qui la contiennent et qui courent sur une seule dimension.

Une unité matérielle n’existe que par le sens, la fonction dont elle est revêtue. Et une fonction n’existe que par le rapport de quelque forme matérielle.

 

 

II. Les fondements du langage.

 

 

1 Définitions :

 

Langue : caractérise une communauté spécifique. Produit acquis, instrument de communication, code constitué en un système de règles communes à une même communauté.

Langage : caractéristique purement humaine, procède de l’innéité (inscrit dans nos gênes). Qui permet de communiquer. Aptitude à s’approprier une langue, à mettre en fonctionnement une langue.

Dès notre conception, on est plongé dans un bain linguistique qui va nous donner la possibilité d’utiliser une langue particulière = langue maternelle.

 

Il y a eu un débat entre Chomsky et Piaget, ils s’opposaient. Chomsky prônait l’innéisme, le langage de manière innée, et Piaget était contre, le langage s’apprend, se développe.

A la fin de sa vie, Chomsky pense à une grammaire universelle. On a tous une grammaire innée et on dispose de tous les aspects pour déclencher n’importe quelle langue, et c’est par le bain linguistique qu’une langue s’enclenche.

Les animaux qu’on entend parler, ils font une reproduction, alors qu’un enfant fait une production.

On apprend à écrire, mais non à parler.

 

Les langues ont une propriété commune, mais chacune est différente, chacune a des caractéristiques propres (ex : l’ordre des mots).

Le langage est façonné par des signes, c’est-à-dire par une unité lexicale et par des règles qui permettent de combiner ces unités lexicales pour en faire un message. Cela permet l’échange qui est à la base du langage. Ces règles sont la grammaire.

Pour faire un message compréhensible, il faut l’organiser, il faut donc en connaître les règles = échange d’informations.

 

Les langues ne sont pas seulement un outil de communication, elles permettent aussi aux individus de se reconnaître. On se reconnaît par la langue, on se lie (ex : expatrié : en pleine place Masséna, cela ne nous viendrait pas à l’idée de dire bonjour à chaque passant et d’entamer la conversation ; alors qu’en vivant dans un pays étranger, si on entend quelqu’un parler notre langue c’est tout naturellement qu’on va aller vers cette personne).

 

Cécile Masson a fait un film très intéressant « Et leur nom, ils l’ont changé ».

En changeant de nom, certains s’y reconnaissent très bien, d’autres le regrettent. Plus particulièrement, ce sont les enfants qui n’acceptent pas la démarche des parents, car la filiation est ainsi retirée, ils ont le sentiment d’avoir perdu quelque chose.

La langue fait partie de la vie, changer de langue peut causer des troubles, des douleurs. La langue fait exister en tant qu’individu.

 

Les linguistiques ont étudié essentiellement le fonctionnement interne de la langue pour permettre à d’autres domaines comme la psychologie, la sociologie…d’étudier ces phénomènes.

La langue nous permet de ressentir, d’approcher la réalité d’une certaine manière.

Ex : face à un arc-en-ciel, on voit toute une palette de plusieurs couleurs.

  - Le breton n’a qu’un seul mot pour désigner le vert et le bleu. Il voit bien la différence, mais la langue ne lui permet par d’exprimer cette différence, ce n’est pas nommable.

  - A l’inverse, le Russe a deux mots pour désigner le bleu, ce n’est pas parce qu’il y voit mieux, il a seulement la capacité d’utiliser 2 mots différents.

La langue nous met dans des cadres, dans des moules.

Donc, pas la même approche du réel par rapport à une langue.

Une langue symbolise, représente l’approche du réel.

Le sujet existe par rapport à sa langue.

On n’établit pas les mêmes relations entre les unités qui la composent, dans chaque langue.

Les langues découpent la réalité.

 

Les langues se sont fondées en fonction de l’environnement, des communications. Le besoin de communiquer est universel.

Ex : les jumeaux ont un système linguistique particulier, bien à eux, entre eux. Puis ils doivent s’ouvrir aux autres.

Le langage est une structure organisée, mais chacun de nous n’utilise pas la totalité de la langue, on utilise seulement une partie qu’on développe. C’est la parole (usage exclusif d’utiliser une partie d’une langue, utilisation individuelle du code linguistique par un sujet parlant).

→ Le langage c’est la aptitude, la langue c’est la structure, la parole c’est l’usage.

 

2. Structure de la langue :

 

La langue est une structure organisée. Organisation universelle, dans toutes les langues on retrouve les mêmes bases, des signes linguistiques (répétitions).

Le signe linguistique est une entité à double face :

- Perceptible (signifiant) : réalisée à partir d’unités sonores (phonèmes : unité sonore qui a une valeur dans la langue). Tous les sons n’ont pas de valeur, il y a toujours des sons qui sont équivalents d’une langue à l’autre, chaque langue a un répertoire d’unité sonore qui a une valeur distincte : chaque unité sonore imprime à une séquence sonore sa caractéristique. Séquence sonore/écrite c’est le signifiant (pas qui écrit car toutes les langues ne s’écrivent pas, la tradition orale est universelle). L’écriture chinoise est pictographique, elle reproduit un dessin qui représente un objet, pour notion abstraite ils utilisent des idéogrammes (ex : la dispute est représentée par 2 silhouettes féminines), idéogramme n’a pas de lien avec la réalité concrète.

+ Les objets pointus, agressifs, on choisit le nom dans le registre aigu. Inversement, les objets ronds, harmonieux, registre grave. Choix venu instinctivement dans la langue, la motivation apparaît dans toutes les langues comme quelque chose de secondaire.

+ Le signifiant est constitué d’unités non accrochées, n’importe quelle lettre peut se retrouver dans n’importe quel ordre dans un mot.

+ La langue nous impose certaines règles. Les phonèmes, nombres imposés, dépendent de la langue. Différentes unités sonores peuvent être combinées simplement (a + t) ou complexe (p + l + i).

+ Le signifiant oral obéit à des règles de combinaisons, on ne peut combiner n’importe quoi (comme s + r, n’existe pas en français).

+ Signifiant repose sur combinaison de phonèmes, d’unités, mais combinaisons propre à chaque langue. Quand on apprend une langue on a du mal à prononcer certaines séquences d’autres langues.

- Le signifié : c’est la partie intelligible de la notion véhiculée par le signifiant. Chaque signe n’a de valeur que par rapport à l’ensemble des autres signes, n’a de sens que de manière différentielle, valeur par opposition aux autres unités. L’information porté par un signe n’est pas la même d’une langue à l’autre, donc chaque signe appartient à une langue et à une seule. Ce qui est reconnu universellement, ce sont des structures (ex : code de la route) car la valeur sémantique est motivée.

+ Une langue, c’est un code organisé, à partir d’unités qui donnent structure à ce code.

+ Pour se faire comprendre, faut respecter toutes les règles, syntaxes, phonèmes… Tout cela est lié à la structure du code.

 

Dans certains pathologies, la signification du signifiant peut être altérer. Privation de l’usage de la langue.

Aphasie : privation du langage, trouble du fonctionnement interne de la langue.

Faut comprendre la langue pour analyser les disfonctionnements.

Certaines aphasies empêchent d’enchainer les sons, d’autres l’enchainement du signifié.

Pour l’aphasie de Broca, pas vraiment besoin de linguistique pour comprendre, mais pour l’aphasie de Wernicke si, car cache la perturbation de la valeur sémantique de l’unité (signifié), donc bloque sur l’unité, choisit les unités autour (ex : pour dire le mot « table », va dire les mots : chaise, bureau…).

 

L’encodage et le décodage du message obéissent à des règles propres à la langue. Ex : les texto sont déduits de la structure de notre langue propre.

Il y a quand même des universaux, ce sont des opérations qui permettent de choisir les informations parmi d’autres (paradigme : ensemble d’unités qui entretiennent entre elles une certaine relation, les unités sont équivalentes dans le fonctionnement linguistique, un nom est commutable). Ce fonctionnement paradigmatique existe dans toutes les langues.

Chaque unité peut être combinée à d’autres, donne plus de possibilités. A chaque unité correspond un seul sens, mais si je combine avec d’autres j’aurais plus de valeur (ex : notation A, B, C, D, E, puis on ajoute les signes +, - ou rien. Cela donne 5 lettres, 3 signes → 8 éléments [5lettres + 3signes] → paradigme des lettres de 15 [A+, A, A-, B+, B…]).

 

Un signifiant est donc constitué de cette manière, assemblage d’unités appartenant à différents paradigmes.

Paradigme ouvert : unités illimitées, s’ouvrent sur de nouvelles unités.

Paradigme fermé : unités limitées, ne se modifient pas.

→ Donnent structure de la langue.

Syntagme : combinaison des unités les unes avec les autres.

Il y a des règles, toutes les combinaisons ne forment pas des messages, les unités doivent se former par assemblage propre à la langue.

Critères de sélection sur l’axe paradigmatique, règles de combinaisons sur l’axe syntagmatique. Cela est propre à chaque langue, font partie de la structure interne de la langue, mais le fait d’utiliser paradigme et syntagme c’est universel, ce principe fait partie de toutes les langues.

On s’appuie sur ça pour comprendre des troubles comme aphasie, dyslexie…

Jakobson s’est appuyé sur des données neurologiques pour ses études.

L’aphasique a-t-il perdu sa faculté de penser ? Puisque la pensée est liée au langage. Non. C’est un trouble interne au fonctionnement du langage, sa pensée est normale, mais il ne peut l’exprimer normalement.

Jakobson a permis de distinguer aphasie et trouble extralinguistique.

L’étude de la linguistique n’est pas sur la quantité, c’est une analyse qui met en évidence le fonctionnement linguistique du sujet. Repose sur des critères bien précis. Analyse de faits bien particuliers, on ne quantifie pas.

 

 

III. Troubles du langage.

 

 

1. Les troubles :

 

L’aphasie est une lésion des aires de Broca et de Wernicke. Ces deux aires sont responsables d’un certain fonctionnement du langage.

Paul Broca a observé des troubles du langage et après le décès du patient, il a trouvé une lésion dans une aire cérébrale. Idem pour Wernicke.

Ces deux aires ne sont pas les seuls impliquées dans le fonctionnement du langage, mais elles sont essentielles pour un bon fonctionnement.

Jakobson a tenté de bien distinguer ces 2 différents troubles.

Le fonctionnement repose sur 2 modes du langage, se traduit pas 2 axes : paradigmatique et syntagmatique. Ces deux axes sont nécessaires pour le langage. Un langage ne peut reposer que sur un axe, car paradigmatique reproduit des choix précédents sur syntagmatique. Il faut choisir unité lexicale parmi divers paradigmes, puis on les combine sur l’axe syntagmatique, on les sélectionne. On ne peut pas les enchainer n’importe comment. Il y a un certain ordre donné qu’il faut respecter.

Paradigmatique sélection → syntagmatique combine.

Contrainte de la place qu’occupe le verbe entre sujet et complément. L’axe syntagmatique respecte certaines règles intégrées par le sujet quand il apprend la langue. Tant qu’on ne pratique pas, on n’a pas les compétences.

Réalisation linéaire du message. Les unités se succèdent. Rapport syntagmatique successif. Mais paradigmatique est un rapport de sélection, de choix, d’exclusion. On choisit des éléments dans un paradigme pour pouvoir s’exprimer. Syntagmatique rassemble.

Ce type de rapport est géré par des aires cérébrales différentes. Wernicke sélectionne, Broca combine. La continuité est gérée par Broca, Wernicke gère la similarité.

 

Lésion de Broca : incapacité de combiner les unités entre elles, et cela donne une incapacité à produire un message. Les éléments ne peuvent plus être assemblés bien qu’ils soient sélectionnés. Le patient peut s’exprimer par phrase en style télégraphique, information de base, pas de pronom, juste l’élément primordial. Il n’a pas le choix, il ne peut pas s’exprimer autrement.

Un signifiant est réalisé au moyen d’unités/phonèmes. Le message est une suite de phonèmes appartenant à notre système linguistique, et celui qui reçoit cette suite la découpe.

Le patient a des difficultés à fabriquer le signifiant.

C’est pareil que se soit pour le langage écrit ou oral.

Incapable d’enchainer des phonèmes, il peut penser à combiner mais ne peut pas le réaliser. Il a toujours sa capacité de penser, la pensée n’est altérée que dans des aphasies non pures (ex : dans les maladies dégénérescente comme l’Alzheimer).

 

Le langage est un échange entre émetteur et récepteur. Si l’émetteur présente des troubles, le message est altéré. Une aphasie peut aussi toucher le récepteur.

Le langage a un fonctionnement bipolaire, et l’aphasie tend vers l’unipolarité du langage. Tout sujet parlant est émetteur ET récepteur. A cause d’une lésion, un pôle dysfonctionne et l’autre pôle est privilégié. Dans Broca, le pôle de décodage est privilégié.

Ex : le blé ou le mouton ? Prononcé ainsi, ce message n’a aucun sens.

- Le blé = on comprend la céréale.

- Ou = si on le remplace par où, le message commence à devenir plus clair.

- Le = remplace le sujet, c’est-à-dire le blé.

- Mouton = on le remplace par le verbe moudre, ça donne moud-on.

→ La phrase est ainsi plus claire : le blé, où le moud-on ?

 

Pour Wernicke, le malade est dans la situation de notre exemple. Il a du mal à décoder les messages. Il ne peut pas le découper pour retrouver la sélection qui a été faite.

Tandis que Broca est un mauvais émetteur, Wernicke est un mauvais récepteur.

Si on veut émettre : sélection → combinaison.
Si on veut recevoir : combinaison → sélection.

 

Dans les processus du langage, il y a deux temps : l’antécédent et le conséquent. L’antécédent fonctionne toujours mais le conséquent dysfonctionne.

 

 

Si les deux aires sont touchées, plus de parole.

L’aphasie est donc avant tout un problème qui affecte le fonctionnement normal du langage.

Il y a bien sûr d’autres aphasies que Broca et Wernicke.

Si la sélection est lésée, c’est la compréhension qui ne se fait pas. Si c’est la combinaison alors l’expression ne se fait pas.

L’aphasie de Wernicke est plus difficile, car ses troubles retentissent sur tout le langage.

 

Logorrhée : production extrêmement importante de phrases avec des successions d’unités lexicales appartenant au même paradigme.

Les phrases de l’aphasique de Wernicke sont désordonnées, et on pense à de l’agrammatisme (trouble de l'agencement syntaxique et de la morphologie des phrases). Mais ce n’est pas le cas, car il connaît la fonction grammaticale mais il ne peut pas choisir l’unité lexicale, c’est comme s’il exprimait tout haut les différents choix (ex : cette après-midi je vais aller à la piscine, ou non plutôt à la plage, je dirai à Marie-Line de venir avec moi, je passerai la prendre, ou on se retrouvera là-bas, vers 14heures, non plutôt 15heures…). En apparence, c’est désordonné, les paradigmes sont conservés, linéarité mais il ne peut rejeter. Fonctionnement de la séquence mais trouble de la coprésence. La structure du message est pervertie en apparence, qu’en apparence car les terminaisons verbales sont conservées.

Les éléments concrets lui sont difficiles, un article est toujours le bon alors que la sélection du mot (élément abstrait) est plus difficile. Les éléments lexicaux font défauts, les éléments grammaticaux sont conservés. Les connecteurs de la phrase ne sont pas altérés alors que les mots simples sont défaillants. Donc, les règles syntaxiques sont bonnes.

Pour Broca, c’est l’inverse, il conserve les éléments lexicaux.

La langue est donc un code qui comporte un lexique, du vocabulaire, et des règles.

Donc, dans Wernicke, pas d’agrammatisme. Mécanisme syntaxique de la langue est conservé, c’est un trouble d’ordre sémantique.

Si on lui montre un stylo, il n’est pas capable de sortir le mot « stylo », mais il va le décrire, dire à quoi il sert… Mécanisme associatif fonctionne. Grâce au contexte, il trouve son mot, les combinaisons l’aident à s’exprimer. Si on lui présente une ceinture, il ne peut pas directement dire le mot « ceinture » mais il pourra dire « ça sert de ceinture ». Là, en s’appuyant sur les combinaisons, le mot est sélectionné.

 

2. Fonctionnement de la langue :

 

Dans l’approche des aphasies plusieurs façons de comprendre les aphasies.

 

Dans l’approche de Jakobson, il se pose du point de vue de la communication. Il est parti de l’idée que ce qui était important dans la communication n’était pas la structure de la langue (le code) mais celui qui émet le message (émetteur/locuteur) et celui qui reçoit (récepteur/interlocuteur), et surtout le contexte dans lequel se situe la communication. Car pour lui, la communication c’est l’intégrité de ces 3 éléments, le reste est secondaire. Le code a une fonction importante, mais pas aussi essentiel que les 3 autres.

Emetteur : fonction expressive ou émotive.

Récepteur : fonction conative (vient du latin s’efforcer de, donc le récepteur va s’efforcer de comprendre et de répondre aux attentes de l’émetteur).

 

Cette théorie a été reprise en pragmatique linguistique. La pragmatique s’intéresse à la portée du message.

Recevoir un message, c’est une activité. L’émetteur encode, le récepteur décode. L’activité c’est l’inversion des deux temps, activité qui permet de construire le message. Pour décoder, il faut repérer les unités.

Un aphasique ne constitue pas les unités d’une phrase. Signes non identifiés.

 

Toutes les langues imposent des règles propres à chacune. Combinaison de plusieurs syllabes, mais la même syllabe peut être dans plusieurs mots, d’où la difficulté à retrouver le bon mot pour décoder le message.

On apprend à maîtriser le code linguistique, mais l’usage de ce code doit tenir compte du contexte (unités les unes par rapport aux autres), d’où l’insistance de Jakobson sur le contexte.

Il a classé les différents types d’aphasie en fonction du trouble majeur qui caractérise chacune de ces aphasies. Il a fait la différence entre l’aphasie de Broca/motrice (émetteur affecté) et l’aphasie de Wernicke/sensorielle (récepteur affecté).

Il a proposé comme schéma, que l’aphasie était une tendance vers l’unipolarité du langage.

Quand le pôle de l’émission est altéré, le sujet ne gère plus les éléments en fonction du contexte om il se trouve. Incapacité de créer lui-même un texte d’énoncé pour réaliser chacune des unités choisies. Les éléments qui relient les unités les unes aux autres, lui font défaut. Il ne conserve la maîtrise que des éléments lexicaux (signification pleine).

La parole pleine est celle portée par des signifiés qui renvoient des informations. Les unités qui font partie de la grammaire, ne sont pas dénuées de sens mais ne sont pas des paroles pleines, elles dépendent du contexte.

Chez l’aphasique de Broca, ces unités se perdent, disparaissent, car incapacité d’enchaîner les unités les unes aux autres et elles dépendent de l’enchaînement, mais cet enchaînement est perturbé, donc elles disparaissent.

Jakobson a comparé cela à l’étape de l’acquisition du langage chez l’enfant. L’enfant commence par s’approprier les substantifs, des unités. Puis il va commencer à les maîtriser par le biais de la réception, sans être capable de faire des phrases. Il peut ensuite placer des unités à la suite les unes des autres, mais sans créer de phrases. Séquence simplifiée sur le plan de la composition des unités.

→ Aphasie de Broca : trouble qui tend à faire régresser le sujet parlant jusqu’aux 1ères étapes de l’acquisition du langage.

Plus les atteintes sont sévères dans l’aire de Broca, plus elles font régresser. Un mot complexe ne peut plus être dit. Il est identique dans sa production à un enfant.

Le langage est constitué de différentes couches. Quelques sons, puis éléments, puis enchaînement de quelques éléments (amorçage de phrase par juxtaposition de deux éléments, n’est pas encore capable de créer le contexte). Petit à petit il va évoluer. Pour l’aphasie de Broca, c’est en sens inverse, les couches qui disparaissent sont les plus élaborées. L’aphasie est une déstructuration.

Quand le sujet est bilingue, et quand la lésion est petite, c’est la seconde langue qui disparait, la langue maternelle reste.

 

Jakobson était très observateur. La linguistique est sont obligation, elle observe ce qui se passe. Il était attentif à tous les problèmes du langage, il observait les différentes productions des aphasies. Il a donc pu mettre en avant les différences entre aphasies, pour les distinguer et les classer.

3 types d’aphasie de Broca, et 3 types d’aphasie de Wernicke.

Description précise des manifestations de ces troubles.

Broca et Wernicke sont les représentants de deux types de fonctionnements. Dans chaque type il y a plusieurs aphasies.

Aphasie de Broca : aphasie d’émission, incapacité à enchaîner les unités les unes aux autres car le sujet a perdu cette notion de référence/création contextuelle. Il peut les identifier mais non créer le contexte. Les troubles moteurs altèrent l’organisation perceptive du message. On perçoit des combinaisons d’éléments signifiants (unités sonores, syllabes, mots, phrases, discours).

Si on lui présente une image, il ne pourra pas nommer. En 1er pas de déterminant.

Bute sur l’aspect de la phrase, trouble grammatical. Si les unités lexicales n’ont qu’une syllabe, ça va il peut les dire. Si d’autres syllabes, il ne peut pas le réaliser tout de suite, se reprend plusieurs fois. Trouble du signifiant qui perturbe la chaine sonore.

 

Tropes : détournement de la structure normale de la phrase.

Métonymie : quand on site un élément pour désigner un ensemble. Economie au niveau du message. Se trouve surl’axe syntagmatique.

Pour l’aphasique de Broca, il ne peut pas jouer sur la métonymie, car il ne maîtrise pas la structure de la phrase, l’organisation syntagmatique du message.

Ces troubles sont essentiellement des troubles qui conduisent le sujet à parler en agrammatisme. La perte de la fonction de la grammaire crée le lien entre le contexte et l’objet.

Pour l’aphasie de Wernicke, c’est l’inverse.

La production agrammatique peut aller jusqu’à l’abstraction de son langage intérieur. Il ne peut pas construire de phrase.

 

L’aphasie de Wernicke n’altère pas le contexte, il l’utiliser pour accéder au paradigme. Le contexte lui permet d’atteindre l’unité lexicale.

Son problème vient dans l’identification des unités lexicales. Les unités sont pleines, plus elles sont liées au contexte, plus elles lui sont familières. Le problème majeur est la sélection, pouvoir identifier les bonnes unités, pas le bon paradigme. Il ne peut pas identifier les éléments du paradigme.

Ce n’est donc pas un problème lexical, mais un problème d’accès à la bonne unité, au fonctionnement interne. Plus les paradigmes sont larges plus ses troubles seront sévères. Il connaît sa structure, trouble sémantique pas du sens.

Perte de la valeur sémantique, de la valeur de l’identification du sens. Il procède par remplacement d’une unité par une autre qui ne devrait pas se trouver dans ce contexte.

Métaphore : unité lexicale à la place d’une autre, emprunt d’une unité pour en remplacer une autre.

L’aphasique de Wernicke, produit un changement, une métaphore, sans s’en rendre compte. Il ne gère plus la métaphore, l’axe paradigmatique.

 

On dit que l’axe paradigmatique est vertical ; et l’axe syntagmatique est horizontal, linéaire.

1ère dichotomie pour différencier Broca et Wernicke par le disfonctionnement des 2 axes (Broca = continuité ; Wernicke = similarité). Les éléments censés être en opposition.

Trait sémantique : les unités lexicales ont des traits propres. Possibilités entre ces possibilités, similarités mais différences. Permet de définir.

Les unités lexicales n’ont pas les mêmes traits sémantiques. Et c’est différent d’un langage à l’autre.

Ces différences sémantiques font problème ici.

 

3. Les différentes aphasies :

 

L’aphasie de Broca est un trouble sur l’axe syntagmatique.

L’aphasie de Wernicke est un trouble sur l’axe paradigmatique.

 

Chez Jakobson, il y a 4 types d’aphasies différents, dont les deux premiers sont faciles à imaginer. Broca et Wernicke représentent une détérioration des axes, les autres représentent les limitations des axes, touchés à un moindre niveau.

Aphasie sémantique : le patient comprend des phrases simples (ex : mon frère arrive ce soir) mais dès que la phrase se complique (ex : le père de mon frère arrive ce soir) il se perd dans le décodage. Dans les exemples, il va comprendre les mots « père » et « frère » mais pas pourquoi ils sont utilisés en même temps. Comparé à l’aphasie de Wernicke, il arrive à choisir, mais si c’est trop compliqué non. C’est un trouble de la compréhension d’un message compliqué. C’est donc limité.

Dans l’aphasie de Broca, c’est une détérioration car le sujet ne peut enchainer les unités dans la phrase.

Aphasie dynamique : limitation de l’aphasie motrice car le sujet arrive à s’exprimer, a des phrases simples, mais il ne peut pas réaliser un discours où les phrases s’enchainent les unes à la suite des autres. Il n’y a pas de trouble pour associer les unités, mais pour associer des phrases.

 

La linguistique est une analyse qualitative pour mettre en évidence la qualité des troubles représentés par le patient. On ne compare pas le sujet avec autrui ou avec une population, on s’intéresse juste à sa production personnelle. Les méthodes utilisées mettent en évidence la nature des troubles.

Jakobson montre bien la différence des aphasies en insistant sur les différenciations :

 

 

Dans ces types, tout le langage est chamboulé, mais les natures sont différentes.

La limitation est qualitative, non quantitative.

La linguistique est une science non normative. C’est une science d’observation et d’analyse des faits, on tente de comprendre comment ces phénomènes se réalisent. Recherche de la qualité de l’information, sur le plan encodage-décodage, plan communicatif. Qualité de la production qui permet ou non tout ce qu’on attend d’un sujet parlant.

 

Jakobson fait 3 dichotomies :

- 1ère dichotomie : combinaison – sélection.

- 2ème dichotomie : désintégration – limitation.

- 3ème dichotomie : séquence – coprésence.

Les éléments coprésents : en même temps, au même moment ils sont présents (comme les phonèmes). S’il y a un trouble de la coprésence, le patient présente un trouble aphasique kinesthésique qui est l’incapacité à réaliser un phonème correctement, discours difficile à comprendre voire quasi incompréhensible, il n’arrive pas à rassembler et à maîtriser la réalisation du phonème. C’est un non encodage (comme l’aphasie motrice et dynamique).

Sur l’autre versant, du décodage, il y a l’aphasie acoustico-amnestique, le patient n’a pas de relation de dépendance des unités, seulement successivement. Ex : si on lui demande de montrer un crayon, il va le faire, mais si on lui demande de montrer un crayon et une gomme, il ne peut pas. Si les éléments sont coordonnés, il ne peut pas les identifier, difficulté si sélection multiple.

 

La différenciation est la subtilité, nature du trouble.

Les localisations cérébrales des troubles sont pas tout à fait les mêmes. Chaque aire a un rôle particulier à jouer dans le mécanisme du langage, et même chaque zone des aires ont un rôle.

Jakobson met en évidence la nature du trouble, non l’importance.

Le fonctionnement interne du langage repose sur les unités du langage (phonème, morphème, mot…) et sur les règles de combinaison de ces unités.

 

Les troubles extralinguistique portent sur le rapport entre les unités lexicales et le référant. Ex : un patient qui souffre d’Alzheimer, il fait un mauvais usage du langage par le contexte dans lequel les unités sont sélectionnées ou combinées, le patient peut construire des phrases, comprendre des phrases, mais son comportement n’est pas adapté, il est déconnecté de la réalité.

Donc signifiant et signifié sont indemnes, mais il y a un trouble du référant, comportement inadapté. Certains éléments de l’objet non pris en compte, les éléments ne sont pas pris dans leur totalité. Il y une rupture entre signe et référant.

Ce n’est donc pas un trouble du langage même, c’est donc extralinguistique.

Trouble de la pensée qui se reflète sur le langage.
Le langage déviant comme conséquence du trouble.

 

Au départ, un enfant ne fait pas de différence entre animé et inanimé, pour lui tout est animé. Quand il y a une détérioration, ça touche en premier les constructions les plus récentes. Donc, un patient qui a de l’Alzheimer, dénomme plus facilement les animaux que les objets, peut-être à cause de cela, car c’est animé.

 

Ex : avec 4 sujets aphasiques, on va leur faire passer une épreuve de dénomination, c’est-à-dire qu’on va leur présenter des objets qu’ils devront nommer :

 



12/04/2013
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