Cours de psychologie

Les nourritures affectives - Boris Cyrulnik

 

 

Etudier l’affectivité, sa genèse, sa fonction avec thèmes directeurs : la rencontre, résultat de la rencontre (enfant), le nourrisson à la naissance, violence créatrice, biologie et culture, traces du passé.

 

I. Le hasard de nos rencontres serait-il déterminé ?

 

Autrefois, rencontre était masculin et désignait sur les blasons un animal se présentant de front → agression, proximité, mouvement et hasard.

Avec le sexe, la vie impose une nécessité : se chercher pour se trouver.

On se nourrit de la vie des autres.

 

L’odeur et la culture.

 

Chaque être vivant vit dans un monde mental qui lui est propre.

N’ayant pas la même histoire, nous n’avons pas les mêmes yeux, nous ne pouvons donc pas rencontrer les mêmes objets.

Tout ce qui matérialise la communication peut être utilisé comme signal.

La sensorialité fonctionne comme une information source d’émotion qui évoque un souvenir et provoque une conduite.

Un vocabulaire pauvre confronté à la richesse perceptive de l’olfaction pourrait nous offrir une preuve de ce « refoulement de l’organique » dont parlait Freud.

La trace olfactive évoque un souvenir, auquel le refoulement du perçu donne plus de relief.

L’odeur fonctionne comme une information souvent non consciente qui, d’emblée, personnifie l’absent avec l’émotion qui lui était associée. Représentation d’émotion, retour d’émotion enfouie.

Les signaux acoustiques sont aisément porteurs de marques sexuelles.

Disparition de la représentation par le canal visuel et conservation par le canal vocal.

La parole véhicule des émotions.

 

Sémiotique de nos périls.

 

Les formes des poils ont une signification et peut permettre une rencontre sexuelle.

Dans un contexte socioculturel, les poils se chargent d’un sens.

Tout objet de matière peut, dans la fulgurance de la perception, se muer en objet de signes, c’est-à-dire se dupliquer en équivalent verbal.

La rencontre a une racine psychosociale, réglée par la culture des parents.

 

Comment rencontrer ?

 

Ritualisation de la rencontre : geste de salutation, locution, rapprochement (expression du corps pour une rencontre affectueuse), le baiser a un sens particulier, utilisation de l’espace, le toucher.

Le regard a une fonction d’appel et d’intrusion, vers 2-3 ans l’enfant comprend le signal du regard.

La conversation est un préalable affectif de la sexualité.

La rencontre crée un champ sensoriel pour vivre.

 

II. A quoi pensent les fœtus ?

 

Le catalogue des voies sensorielles n’a pas de sens pour le fœtus.

 

Le fœtus voit, à la naissance c’est flou et 20cm, brillance et mouvement.

Le fœtus ne sent pas, mais la mère parfume le liquide amniotique, à la naissance il sent.

Le fœtus entend peu, sons graves, sons de la mère.

Le fœtus sent physiquement tous les mouvements de la mère.

Toucher postural : peau avec mouvement.

Toucher haptonomique : oreille, bouche, caresse = affection.

 

De la rencontre entre le fœtus et sa mère naît la vie psychique.

 

A la 26ème semaine, les profils comportementaux sont déjà différents d’un fœtus à l’autre.

Le fœtus s’active par la mère, mais vers le 9ème mois il devient autonome.

La rythmicité de la mère donne une perception du temps.

La séparation, en transformant le temps en objet sensoriel, donne l’impulsion à la vie mentale.

Le premier monde mental du fœtus serait donc un monde de représentations organisées autour de l’affect plaisir- déplaisir.

Vers le 6ème mois, 3 niveaux de conscience : état de veille avec mouvements du corps et des yeux, sommeil lent tranquille avec ondes lentes, sommeil rapide avec muscles flasques (= sommeil à rêves).

Dès la 15ème semaine le fœtus a un répertoire comportemental très varié.

L’enfant naît avec un profil comportemental, une émotivité et ses premières représentations mentales.

 

III. A qui appartient l’enfant ?

 

L’héréditaire et l’hérité.

 

L’enfant qui vient de naître tombe dans un monde déjà structuré par un mythe, et c’est dans cette écologie humaine imbibée de culture qu’il va tenter d’échanger et de réaliser ses promesses biologiques, psychologiques et sociales.

L’enfant n’existe que dans la représentation culturelle qui le désigne par un nom. Cette désignation balise son devenir social, organise une partie de son développement psychologique et donne l’impulsion aux sentiments associés à toute représentation.

La culture crée un champ sensoriel autour d’un enfant et façonne ses comportements.

L’hérédité et l’héritage se transmettent à travers les générations bien avant la parole.

L’enfant désire appartenir à ceux qui l’élèvent.

 

N’appartenir à personne c’est ne devenir personne.

 

L’appartenance a deux pôles : familiarité (sentiment qui s’éprouve) et filiation (représentation, culture).

Quand on ne sait pas d’où l’on vient, on ne peut pas savoir où l’on va.

Chaque rencontre mal codée réveille le sentiment d’abandon de l’enfant.

Occuper fièrement sa place physique, affective, psychologique et sociale, voilà ce qui permet le fait d’appartenir.

Une mauvaise représentation d’appartenance souille le sentiment d’estime de soi.

Un enfant sans appartenance veut se donner à quelqu’un.

L’appartenance crée le monde où nous existons.

Le « moi » commence à souffrir aujourd’hui d’enfermement conceptuel.

La pathologie de l’appartenance peut être individuelle comme dans les délires de filiation, dans l’idéalisation des disparus ou dans les mélancolies altruistes. Puissance du « nous ».

Une seule représentation du monde est bonne : la sienne.

 

La déparentalisation des pères.

 

Dans une écologie humaine difficile, on souffre de l’inconfort et de l’insécurité du monde extérieur ; et dans une société surorganisée, c’est la famille qui fait souffrir.

De nos jours, un père ne sait plus ce que c’est qu’être père.

Quand le sentiment de lignée diminue, la culpabilisation des parents augmente.

Un enfant sans appartenance, c’est un enfant à prendre ; un enfant sans père cherche des repères.

Le refus légitime de la dépendance mène à la peur d’aimer par crainte de se dépersonnaliser.

Désexualisation de notre société.

Les anorexiques cuisinent pour se lier, mais refusent de partager un repas par peur de perdre leur indépendance.

 

L’annonce faite à mamie.

 

La perte de sens des objets participe de la crise de l’appartenance, elle fragmente le corps social et libère les individus qui ne veulent plus lui appartenir.

La jalousie a aujourd’hui un statut pathologique, maladie de l’émotion.

Un enfant sans culture n’est pas un enfant naturel, c’est un être vivant décérébré, car son cerveau n’a pas eu l’occasion d’être stimulé par un événement culturel ou affectif.

Pour prendre place dans une société, il faut une structure ; pour s’y inscrire, il faut un registre.

Un individu sans appartenance souffre davantage.

Les méthodes scientifiques de procréation offrent de nombreuses perspectives angoissantes.

Un enfant sans appartenance va mal se développer, mais un enfant qui appartient se laisse façonner par ceux à qui il appartient. Se développer passe par les liens qu’on tisse avec les autres.

 

IV. La violence qui détruit serait-elle créatrice ?

 

Le chat et la souris.

 

Le rituel structure la communication entre deux être différents. Quand le rituel ne peut pas s’instaurer, la violence fait irruption, car la violence est nécessaire à la survie.

L’indifférence affective autorise la destruction de l’autre, indifférence expliquée par le fait que nous vivons dans des mondes incommunicables.

Entre espèces différentes, on peut se détruire sans violence ; mais entre congénères non.

Le rituel est une conduite qui a pour effet de stimuler la biologie des individus et de synchroniser les groupes.

La violence est un point de vue, exprimé par des comportements qui ne tiennent pas compte de l’existence de l’autre.

 

Rituel animal et rite humain.

 

Effet structurant du récit qui attribue du sens au monde perçu.

La représentation est un stimulant idéal, donc parfait et intangible.

La représentation d’un monde peut exister en dehors de toute perception.

L’homme travaille à se soumettre à l’idée qu’il se fait du monde.

L’homme est entraîné par 2 besoins : devenir lui-même, et appartenir à son groupe. Or, notre culture pulvérise le groupe formant des milliers de sous-groupes.

L’objet est révélateur du sujet, au même titre que la catastrophe, en effondrant un organisme, révèle la manière dont ses lignes de force le maintenaient en vie.

Entre la litanie qui engourdit et la violence qui détruit, le rite marque l’empreinte du temps et freine la violence.

 

Quand le rituel tombe malade.

 

Le rituel permet un équilibre.

Quand une poussée vitale encore saine s’extériorise dans un milieu malsain, le rituel devient malformé et dégénère en stéréotype. Un milieu trop pauvre ou trop riche provoque aussi un stéréotype car le monde sensoriel ne prend pas forme.

Le stéréotype préserve une fonction de stimulation dans un monde sans forme, alors que l’activité de substitution prend un effet apaisant dans un monde formé.

Les hommes s’adaptent par le repli sur soi, le langage intérieur, le monde des représentations, car ils sont champions toute catégories de la parole.

Sans partenaire, l’harmonisation n’a plus d’objet et le rituel tourne à vide.

Le rituel malformé n’assure plus la coexistence des partenaires.

Les crimes passionnels deviennent plus rares, révélant ainsi que nous ne considérons plus notre partenaire comme notre propriété.

La famille est cimentée par l’affectivité, la sexualité, l’éducation des enfants et les contraintes sociales, qui organisent un champ affectif si proche que le rituel y perd son efficacité.

La proximité et l’éloignement mettent à l’ombre les objets sensoriels et les rendent insignifiants.

Chez l’enfant, les privations sociales précoces provoquent toujours d’intenses troubles biologiques, cérébraux, endocriniens, et plus tard de véritables « quêtes de stimulus » autocentré. La moindre émotion augmente les activités dirigées sur eux-mêmes et, quand elles sont trop intenses, elles peuvent provoquer une automutilation.

Le surnombre crée une surstimulation sensorielle qui déforme les rituels.

 

Angoisse des villes et angoisse des champs.

 

Les angoisses sont moins fortes en villes, les troubles psychiques plus intenses dans les petits villages.

Quand le groupe s’agrandit, un nombre croissant d’individus ne respectent plus les rituels de base parce que le nombre en dilue les informations sensorielles et en diminue la force unifiante = individualisation de sous-groupes.

Anomie : état d'une société caractérisée par une désintégration des normes qui règlent la conduite des hommes et assurent l'ordre social. L'anomie se comprend peut-être mieux entre autonomie et hétéronomie = groupes humains qui n’adoptent plus de formes naturelles ni légales.

Entre le trop proche qui autorise la violence familiale et le trop loin qui mène à la violence sociale, les petits groupes permettent l’échange affectif et intellectuel.

Les adolescents souffrent de désocialisation et peuvent aller jusqu’au suicide.

 

Anomie sociale et surpopulation.

 

L’homme sait qu’il peut détruire définitivement une chose ou un être.

L’univers du signe crée un nouvel ordre mental où toutes les violences sont possibles car toutes les libertés sont possibles.

La violence animale naît de l’altération des lois de la nature, alors que la violence humaine naît de leur transgression dans la parole et la civilité.

La ritualisation de la parole permet le travail d’assimilation émotionnelle du corps à corps.

La nécessité de la destruction-reconstruction prouve à quel point l’homme est l’être le plus doué pour l’horreur et la merveille.

 

V. Le plus incestueux des incestes ?

 

Structures d’affectivité maternelles et structures de parenté culturelles.

 

L’inceste mère-fils représente le plus incestueux des incestes.

La mère s’ancre dans la sensorialité quand le père s’ancre dans la désignation = amarres différentes qui créent des structures affectives différentes.

Toute perturbation risque de provoquer un trouble de la séparation mère-enfant.

 

Ethologie animale des structures de l’affectivité.

 

L’attachement engourdit les désirs et les transforme en angoisse.

Dans les incestes, il y a toujours un trouble de la ritualisation : trouble du trop proche = certaines gémellités, psychose, couples mère-fils non séparés ; trouble du trop loin = séparés précoces qui n’ont pas pu tisser l’attachement et chez ceux qui ne peuvent l’éprouver parce qu’ils sont encéphalopathes ou dépourvus d’affects.

 

Inceste de la proximité.

 

Le mot « inceste » ne peut venir à l’esprit que lorsque la distance affective augmente.

Si les actes sexuels ne sont pas ressentis comme des incestes, c’est parce que la proximité affective des partenaires en donne des représentations analogues à l’autocaresse.

Il faut un peu de distance pour créer la rencontre et en ressentir l’émotion.

La mère éveille les zones érogènes de son enfant et un tiers doit rapidement intervenir pour interdire certains plaisirs de cette relation.

Les règles culturelles constituent probablement la force interdictrice la plus verbalisée, la plus consciente, et peut-être aussi la moins efficace.

Quand l’engourdissement d’une manière d’aimer n’est pas assez profond chez le petit garçon, le désir peut provoquer une angoisse coupable qui infiltre alors toutes ses manières d’aimer.

Le petit garçon qui demande sa mère en mariage structure son affectivité et non pas sa sexualité.

 

Inceste de l’éloignement.

 

Lors d’une séparation précoce, la mère n’entre pas dans la catégorie des mères, donc l’acte sexuel peut être possible sans sentiment d’inceste.

Une séparation précoce, totale et durable, peut dissocier l’affect et la représentation, au point que le sentiment d’être mère et fils ne pourra pas naître.

Le mot unit le réel à sa représentation.

Une trop grande proximité affective entraîne la confusion des sentiments.

Il y a uns stabilité de la construction du sentiment de maternité, alors qu’il y a une labilité (peu stable) du sentiment de paternité.

 

Parfum d’inceste.

 

Quand l’autonomie sentimentale se fait progressivement, sous l’effet conjugué des forces séparatrices, la violence n’est pas nécessaire. Mais quand les codes parentaux sont étouffants, quand les rituels structurent une affectivité qui frôle l’inceste, l’accès à l’autonomie nécessite alors un rituel d’inversion où la violence devient nécessaire.

 

Quand la mère sacrée a le monopole de l’affectivité.

 

L’intensité du dégagement prend un effet protecteur contre la terrible angoisse de l’imminence incestueuse.

Pléthore affective : l’enfant grandit dans une prison affective d’où il ne pourra s’échapper que par la violence. Association de la violence affective et la haine libératrice.

L’interdit de l’inceste possède un effet structurant sur l’affectivité bien plus que sur la sexualité.

Pour les homosexuels, la mère est surfemme, le père est effacé. L’homosexualité permet d’éviter à la fois l’inceste et la haine.

 

Le père, la rue et la haine.

 

La déculturation provoque la brutalité sexuelle.

Enfants, ce sont les garçons qui fuguent le plus, pour pouvoir vivre. Adolescents, ce sont les filles, pour avoir les preuves d’amour du père. Adultes, ce sont les hommes qui ne ressentent pas leur place. Et chez les personnes âgées, les deux pour signifier la perte du liant familial et social.

C’est sur l’axe mère-fils que naît le premier amour, et c’est sur ce même axe que devra s’instaurer plus tard un interdit d’aimer.

 

Les garçons et les filles.

 

Une fille est séparée de la mère en étant attirée par le père, puis séparée du père en étant attirée par un autre homme. Mais un garçon a un interdit vis-à-vis de la mère, puis une culpabilisation vis-à-vis du père.

Le tiers séparateur invite la fille tandis qu’il repousse le garçon.

Les femmes se socialisent par leurs manières d’aimer tandis que les hommes se socialisent par  leurs manières d’agir.

La loi qui interdit nous contraint à donner, l’inhibition nous invite au partage, l’angoisse nous invite à la rencontre.

 

VI. La trace ou le récit ?

 

Ce qui fait évènement, c’est ce que notre histoire affective aura retenu comme type d’information.

La passé a façonné notre sensibilité qui a filtré les informations dignes d’être retenues comme des évènements. Et c’est le présent qui organise ces évènements dans un récit adressé à quelqu’un.

Le monde perçu reste informe. Ce qui lui donne forme, c’est autant notre cerveau qui organise nos perceptions, que notre récit qui ordonne nos souvenirs.

 

Quand les vieux chiens retombent en enfance et les vieux singes commencent à radoter.

 

Un milieu sécurisant favorise l’actualisation psycho-biologique des promesses génétiques. Mais il est aussi vrai que l’excès de sécurité a un effet engourdissant qui transforme toute stimulation en angoisse.

Il semble qu’on puisse établir des corrélations entre les évènements biologiques infantiles et le type de vieillissement. Plus le métabolisme est lent, plus l’usure est lente.

Le mythe, ce discours social qui harmonise un groupe, qui donne sens au moindre geste et l’imprègne d’histoire, a un effet biologique sur l’actualisation et l’optimisation de nos potentiels génétiques.

En milieu humanisé, on observe chez les animaux des démences terminales.

 

Quand les objets n’ont plus rien à dire.

 

Catagenèse : désorganisation des productions mentales (involution).

L’âgé, en perdant son amarrage au monde, désémantise les objets, puis les désaffective jusqu’à les transformer en matière inerte. L’objet meurt lentement avec le sujet qui s’éteint.

Les évènements passés vivent en exil dans notre mémoire. Ils reviendront un jour si le présent ne les chasse plus. Quand le présent défaille, le passé prend sa place dans la conscience.

Qu’elle soit sécurisante ou angoissante, l’émotion ne revient que dans des contextes appauvris.

La musique est un objet sensoriel particulièrement évocateur.

Les phrases sont imprégnées d’histoire. Elles ne sont pas tenues pour ce qu’elles sont censés signifier. Les mots sont entendus, mais le sens qu’ils évoquent et l’émotion qu’ils provoquent viennent de l’histoire des locuteurs ;

Les drames les plus graves sont les mieux enfouis. Mais les réminiscences font souffrir de manière détournée et quand elles ne servent pas à faire un récit, elles martyrisent le corps.

 

Le retour d’attachement.

 

Le récit est un travail sur l’émotion. Après l’avoir raconté on éprouve autrement le drame passé inscrit dans la mémoire.

A la fin de notre vie, l’attachement change de forme et le temps perçu ne s’imprègne plus dans la même sensation de durée.

Le rappel des souvenirs défend l’identité de la personne âgée, au même titre que l’enfant en se racontant sa propre histoire construit son identité.

L’attachement ne s’éteint pas, il se fixe à des valeurs sûres.

La privation affective réveille les traces enfouies des souffrances passées.

Les moments douloureux de notre existence, ceux qui nous ont posé un problème et qui n’ont pas pu être apaisés affectivement ou verbalement, vont provoquer l’augmentation du sommeil paradoxal et l’incrustation de l’épreuve.

Le bonheur laisse une trace dans notre cerveau et crée une sorte d’aptitude au bien-être.

La résurgence des images de bonheur s’accompagne souvent de regret (= nostalgie).

 

Où le récit est une action.

 

Le récit est un travail total de maîtrise des émotions, de recherche d’identité, d’articulation de la pensée et de la relation à l’autre.

Le récit offrirait aux âgés ce que la fuite dans l’action offre aux adultes.

Pour prendre sa place dans un groupe, on doit faire le récit que ce groupe est capable d’entendre.

La psychodictature de l’adulte normal qui considère qu’il doit servir lui-même de référence aux autres, est à l’origine d’un grand nombre de drames humains.

Plus on est stimulé dans son enfance, mieux on vieillit. La simple stimulation maintient la bonne santé.

Un petit nombre d’individus, parfaitement humanisés, qui toute leur vie auront vécu dans l’affection, la sécurité et l’aventure sociale, vivront intensément les 120ans de leurs promesses génétiques.

Le monde humain s’est modelé lentement à partir de la glaise des émotions.

Nos paroles inventent notre monde.

 

 

► Franchement agréable à lire, avec une pointe d'humour mais très sérieux, intéressant.



30/08/2012
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