Cours de psychologie

Le théâtre latin (UEL) (suite 2)

VI. Cours du 7 mars 2012.

 

 

1. Comparaison des soldats.

 

Le code du rôle du soldat fanfaron : un jeune militaire peureux amateur de filles, rival des jeunes gens chez le proxénète car possédant de l’argent. Costume particulier, a une grande perruque blonde ondulée, le teint brun, un gros ventre à cause des banquets ; il est harnaché de métal et de cuir, porte un casque surmonté d’un énorme cimier et traîne une épée gigantesque.

Il est presque toujours accompagné du parasite qui est l’inverse de lui : jeune sans argent amateur de banquets, perpétuellement affamé, qui est maigre, a le teint pâle, les cheveux noirs, de grandes oreilles déformées, les sourcils froncés à cause de la ruse et le nez crochu de l’intrigant.

 

a. Le Soldat fanfaron, de Plaute :

 

Résumé :

 

Un jeune marin est amoureux d’une courtisane qui est une jeune fille, mais il doit partir en guerre. La courtisane est revendue par sa mère une vieille macrelle, à un soldat et est amenée à Ephèse. L’esclave du jeune homme prend un bateau pour le prévenir de l’enlèvement de la jeune fille, mais kidnappé par des pirates il est revendu au soldat et retrouve la jeune fille. La maison du soldat est à côté de la maison d’un vieux qui est l’hôte du père du jeune homme, il s’agit d’un vieux qui est seul et qui va aider le jeune homme. Ils creusent un trou pour que la jeune fille passe de la maison du soldat à la maison du vieux. Mais la jeune femme est aperçue, l’esclave du jeune homme invente donc une sœur jumelle, ainsi la jeune fille devra passer d’un rôle à l’autre. Ici le soldat est une donnée première, fonction de proxénète. La jeune fille va appeler une courtisane à l’aide pour jouer le rôle d’amoureuse du soldat et le séduire, tout en étant mariée. Ainsi, le soldat décide de choisir la courtisane, il est menacé de castration et à la fin il laisse partir la jeune fille.

 

Explication :

 

[Les autres personnages de la pièce : le jeune Pleusiclès « Le glorieux marin » ; l’esclave rusé Palestrion « Lecostaud » ; le parasite du soldat Atotrogus « Rongepain » ; l’esclave du soldat Scélédrus « Criminos » ; les courtisanes Philocomasie « Farandolamie » et Acrotéleutie « » ; le vieux Péripléctomène « Grosbaisers »].

 

L’actualisation du code des rôles : un guerrier stupide et sans emploi  fait de paroles et d’accessoires et incapable de développer seul son rôle; parodie épique et tragique (comparaisons et personnifications outrancières, prosopopée avec réduction comique de l’épée du soldat en couteau du cuisinier). Le texte est l’illustration du spectacle scénique. Idem pour le rôle du parasite  flatteur : ex. éloge des biens du cœur, du corps et de la fortune en opposition avec le code du rôle et le spectacle scénique ; outrance de la comparaison épique inversée qui prépare la réplique suivante >> Artotrogus écrivant et dictant son rôle au militaire dans le rôle de l’auteur de comédie >> mise en abîme (cf. « je m’en souviens » « je les connais trop bien » « je m’en souviens… tout ce qui te plaira » « tu veux demander tes tablettes » vs « Qu’est-ce que je voulais dire ? ». L’actualisation des codes est faite tantôt par le personnage lui-même, tantôt par son complice.

Situation traditionnelle d’un personnage en scène qui cherche partout un second personnage qui est déjà entré.

La parodie épique : parodie des noms grecs et de la divinisation des familles régnantes : « le descendant du guerrier bourdonnant », « le descendant du glorieux mauvais mercenaire », les plaines « du parasite » : répétition aveugle des mots forgés par le parasite Atotrogus pour se moquer du militaire. « Je m’en souviens, tu veux parler de  » : reprise épique correcte à l’intention du spectateur (épithète et comparaisons) du texte dicté précédemment par Artotrogus. Les gradations absurdes. Les mots inventés.

Les parabases d’Artotrogus : rupture de l’illusion scénique (cf. déplacement scénique de la didascalie incluse dans le texte « Où es-tu ») et appel direct aux spectateurs : définition du code des deux rôles et rappel, dans deux traits familiers, de l’essence du théâtre à Rome : une source grecque romanisée (cf. les « olives confites », spécialité culinaire grecque et  l’expression juridique romaine « je m’engage à devenir son esclave). Autre lien de connivence avec le spectateur, les répliques à double entente.

Pyrgopolinice en séducteur ou Artotrogus en metteur en scène : réinterpréter la réalité comique du code des courtisanes pour flatter Pyrgopolinice qui rejoue son rôle de militaire fanfaron devant le public fictif de courtisanes de comédie>> mise en abîme.

 

1ère partie :

 

 

Toute la scène dit simplement « je suis un soldat typique ».

Réplique 1 : Soldat présente son costume stupide fait uniquement d’accessoires (on pense à Achille). Parodie épique, avec comparaison et exagération. Personnification de l’épée, « hachis d’ennemis » c’est la cuisine donc l’épée est réduite au couteau. Donc, il s’agit d’un soldat pas dangereux. Il cherche son parasite car après la tirade il est à bout de souffle et a besoin du parasite pour reprendre.

Réplique 2 : Exagération épique, image de l’esclave en Patroque (fidèle d’Achille). Parodie (comique dans la différence entre les paroles et le personnage). Comparaison dans l’exagération ridicule.

Réplique 3 : Curculoniens (champs de charançons), Plaute se fait un clin d’œil (titre d’une de ses œuvres), ce sont donc les champs du parasite, le parasite a écrit son texte. Bombomachidès (descendant du guerrier bedonnant), Clutomistaridysarchidès (descendant du glorieux mauvais mercenaire), moquerie par des noms à rallonge.

Réplique 4 : Le parasite reprend des comparaisons épiques honorables, il donne les traductions des noms cités juste avant que le soldat ne comprend pas. Le parasite a le rôle de Plaute, mise en abîme du travail de l’auteur.

Réplique 6 : Le parasite flattait, maintenant il dit qu’il aime manger. Rupture de l’illusion comique (fréquente avec Plaute, rare avec Térence). Il s’adresse aux spectateurs. Le soldat le cherche, donc le parasite a bien parlé aux spectateurs, c’est du grand guignol. A Rome, on peut se vendre en toute propriété, et la confiture d’ollives est grecque. Pièce romaine à la sauce grecque.

Surenchère des exploits, et on voit comment ils inventent et grossissent.

Explications.

Réplique 19 : Des tablettes pour noter des exploits non réalisés, fabrication du mythe.

Réplique 24 : Scytholatronides (descendants des brigands de la cité).

Comique sur le nombre « 7000 », resurligné par « tu comptes bien ».

 

Mise en scène codée, et on y met du texte.

Parodie comique car le parasite sert de clown au soldat fanfaron qui est ridicule. C’est lui qui donne le rôle au soldat, et clin d’œil au public en disant le contraire de ce qu’on voit.

Le début, éloge du soldat avec parodie. Noms inventés.

 

2ème partie :

 

 

Réplique 1 : Gradations inversées, conquêtes militaires et féminines. Normalement le soldat est rival des jeunes auprès des courtisanes, là ce sont les femmes en général qui tombent sous son charme.

Réplique 3 : « Comme sa chevelure tombe avec grâce » contre vérité, donc les paroles des femmes sont à prendre à l’envers. Le parasite met en scène une « pseudo rencontre » et ses paroles sont similaires aux courtisanes et se moquent du soldat.

Ainsi on sait que les courtisanes se moqueront du soldat.

Le soldat est arrivé en début de scène, ce qui n’est pas normal, c’est une manœuvre du parasite. Connivence entre courtisanes et spectateurs.

Mise en abîme du soldat.

Retour aux affaires pseudo sérieuses militaires. Le soldat acquiesce. Parade militaire qui suit, le départ du soldat est commandé par le parasite.

 

Opposé à l’Eunuque, de Térence.

 

b. L’Eunuque, de Térence.

 

Thrason : parasite ; Gnathon : mâchoire.

 

1ère scène, le parasite se présente, le soldat arrive après, manière de dire que le meneur est le parasite.

Tirade du parasite « je suis plus intelligent », ce parasite applaudit l’esprit du soldat fanfaron.

Thrason va se construire. Térence modifie le code du personnage. Il le construit par ses paroles, en diverbium.

 

Traduction en diverbium d’une entrée de rôle de soldat fanfaron, Thrason (Lehardi) ; mais le spectateur a déjà vu son parasite Gnathon « Lamâchoire ». Cet ordre inversé par rapport à Plaute souligne l’originalité de Térence ; puisque Gnathon est un parasite d’un nouveau genre « j’admire leur esprit, à tout ce qu’ils disent j’applaudis », alors, Thrason sera un soldat fanfaron d’un nouveau genre lui aussi « Il existe une espèce d’hommes qui prétendent être les premiers en toutes choses et qui ne le sont pas », personnage qui va être construit par le langage, le discours narratif et informatif, donc par le diuerbium (le canticum plautinien, lui, illustrait le rôle traditionnel).  

La présence de Parménon permet de rattacher la parade comique aux différentes intrigues de la pièce (celle de Phédria et de Chéréa). Les apartés de Parménon, sans rompre l’illusion scénique, présentent aux spectateurs le commentaire de la bêtise du militaire et de la rouerie du parasite.

L’originalité de Thrason : se veut non le premier à la guerre, mais le premier en amour, en donneur de cadeaux ; supérieur non par la quantité des conquêtes féminines mais par la qualité du sentiment réciproque ; triomphe non par la supériorité physique mais par la supériorité de l’esprit et des mots d’esprit (mise en abîme du code du rôle du fanfaron qui n’est soldat qu’en paroles et non en actes). Trait traditionnel permanent : la stupidité.

Comique des répliques à double entente : la narration de Thrason trahit la vérité des faits et révèle ses mensonges

 

1ère partie :

 

 

On voit les personnages directement sur scène. Le soldat arrive, sans parade, mais s’intéresse aux remerciements de Thaïs, il ne veut pas être le premier à la guerre, mais le premier en amour. Parade amoureux en premier.

Réplique 2 : « Des remerciements sans bornes », hyperbole.

Réplique 3 : Le soldat veut plus.

Réplique 4 : Le parasite comprend que le soldat veut savoir si Thaïs l’aime. Nous, spectateurs, on sait que Thaïs n’aime pas le soldat. Donc « de ce qu’il vient de toi » est ambiguë car elle veut la joueuse de flûte. « C’est cela qui est pour elle un vrai triomphe » c’est ce qui couronne le général, et là c’est la courtisane qui triomphe.

Réplique 5 : Parménon esclave de Phédria (amant de cœur de Thaïs). Formule de l’éclaireur qui observe pour placer ses soldats.

Thaïs et Parménon : langage militaire. Thrason le soldat, sans langage militaire.

Domaine du sentiment.

Gnathon ne s’adresse pas au public, donc pas de rupture de l’illusion.

Parménon voit sans être vu, car c’est lui qui va s’adresser au public.

Réplique 6 : Carrière militaire de Thrason développé comme une suite amoureuse.

Réplique 8 : Absurdité. « Quoi que j’eusse fait », hyperbole. « Pour les autres, il n’en usait pas de même » veut dire la même chose, inférieur à la première phrase. S’il fait n’importe quoi, le roi pardonne, donc le roi est-il stupide ?

Réplique 9 : Triple entente. « Simples discours », Thrason a-t-il réussi à approcher le roi sans rien faire, ou c’est parce qu’il est simplet ? Dénonciation du soldat, n’existe qu’en paroles pas en actes.

Dire que le roi n’avait d’yeux que pour lui, dialogue qui a eu lieu xxx fois. Thrason répond avant la fin de la phrase du parasite, c’est une scène non spontané, et stupidité du soldat.

Réplique 15 : « C’est merveilleux » en latin « c’est fabuleux », qui renvoie à la fabula donc à la comédie.

 

2ème partie :

 

 

Réplique 1 : Gradation en 3 « si…si…si ».

Ironie de Gnathon, « homme de goût » sait choisir les gens. On sait que Thrason est insupportable, donc le roi le prend seul pour n’ennuyer personne, et donc « seul » car Thrason est un fardeau. Ainsi, Thrason est prit comme bon compagnon par le roi. Soldat bon esprit.

Réplique 7 : « Jalousaient » en contradiction avec « me gagne les cœurs » vu au début. Son discours le démonte tout seul. « Déchiraient en dessous », faux, car un homme vient lui parler, agacé. Avec les éléphants, il s’agit donc du régiment le plus important, Thrason n’est donc pas le soldat militaire favori. Contradictions qui se succèdent. « Straton » signifie le stratège. Thrason fait une remarque enfantine.

Réplique 8 : « Assommé » métaphoriquement. Donc, un soldat vainqueur par la parole, mais on se rend compte qu’il est en fait le vaincu.

Réplique 11 : Parménon confirme ce qu’on adresse mine de rien aux spectateurs.

Réplique 12 : « Coup » pour coup d’esprit. « Conté » faire le conte, l’invention.

Réplique 13 : La seule fois où Gnathon s’adresse aux spectateurs, rupture de l’illusion comique.

Réplique 14 : Retour au code original du soldat puisqu’il est accompagné d’une courtisane qu’un jeune homme va lui prendre. Vaincu sur le plan amoureux. « Lièvre » en latin ce sont les pousses, et « râble » en latin palpoumento, ce sont deux plats de viande, le lièvre plus consistant et le râble pâté de lièvre plus raffiné. En même temps, les pousses c’est le charme, et le palpou c’est caresser. Donc poésie érotique, ça veut dire « tu es toi-même un objet de plaisir (passif) et tu veux palper (être acteur) du plaisir. Et image du lièvre poursuivi par le chasseur.

Réplique 17 : Gradations.

Réplique 20 : « Il est de moi », formule de Livius Andronicus, le premier auteur latin, et renvoie à un proverbe sur les bœufs de Thèbes qui mangeaient leur propre bouse.

Réplique 24 : Tout est vrai, ils « mourraient de rire » mais de lui, et « redoutait » on dirait plutôt repoussait.

 

Thrason est un nouveau soldat fanfaron dans la subtilité, c’est au spectateur d’être plus subtil pour comprendre le double message du texte.

 

Fin de la scène :

 

Gnathon sait manipuler Thrason, il lui fait toucher ses sensations, par raisonnement analogique.

« Oui, si elle m’aimait » donc Thrason écoute ses sentiments et sait sentimentalement que Thaïs ne l’aime pas. Donc il n’est pas totalement stupide, mais ridicule car c’est un personnage sentimental.

Finalement, le plus intelligent est Gnathon, mais il se trompe car il reste sur le code des personnages. Il a su sortir de son propre code mais ne sait pas le voir pour les autres personnages.

Thrason sent la vérité mais il est perverti par le raisonnement de Gnathon. Sottise de Thrason qui décide de suivre Gnathon.

Il sent les choses mais ne sait pas en tirer les leçons.

 

Côté humaniste de Térence qui fait réfléchir sur les codes des personnages dans la comédie et dans la société.

Cicéron a dit que notre condition sociale était un masque de théâtre, donc Thrason se laisse prendre au masque de Thaïs, et nous spectateurs, sommes pris dans le masque social.

 

2. Comparaison des courtisanes :

 

a. Les sœurs Bacchis, de Plaute :

 

On y voit deux courtisanes différentes.

Pas de prologue, direct entrée mais il nous manque 5-6 vers du début qu’on n’a pas retrouvé.

Les sœurs Bacchis sont des jumelles, histoire d’appuyer sur le fait que toutes les courtisanes se ressemblent.

Entrée de rôle en canticum, dansé et chanté, illustration du rôle.

Courtisanes à gauche, jeune homme à droite.

Les courtisanes entrent en premier et sortent en dernier, ce sont donc les vainqueurs.

 

1ère partie :

 

 

Accord parfait entre jumelles. Définition du chant de la courtisane fondé sur la mémoire, l’éloquence et la poésie.

Réplique 5 : Le chant au rossignolet est un chant érotique car il persuade et est poétique.

Réplique 6 : Pistoclère, ironie et maîtrise du langage. « Germaine » ce sont les jumelles et de pures courtisanes. « Décidé » et « conseil », parodie du sénat.

Le jeune homme est à contre-emploi car il critique les courtisanes (rôle du vieux).

Réplique 9 : « Malheureux » c’est pathétique, suppliant, pitié, la courtisane devient une femme, passage au plan moral.

Réplique 10 : « Rien » c’est neutre, donc il n’y a plus de courtisanes, elles ne sont rien, des objets.

Réplique 11 : Pitié et générosité. Bacchis 1 veut rendre service à sa sœur, pour cela elle ne veut pas l’argent mais la protection. « Temps de service » c’est érotique, la courtisane est transformée en service du soldat. « Mon chéri », tic langagier de la courtisane.

Pistoclère entre dans le dialogue, il interroge, il est pris. Dans la pièce, il pose la question de savoir ce qu’il doit faire sur le rythme (chant et danse) des courtisanes, c’est ainsi que les spectateurs voyaient qu’il était pris au jeu des courtisanes.

 

2ème partie :

 

 

Réplique 1 : Demande d’argent de la courtisane, mais au conditionnel.

Réplique 3 : Séduction, tout au futur, elle donne avant d’être payée, comme s’il avait déjà accepté (passage au futur antérieur).

« Pure glu », Pistoclère reprend l’avantage, il sort du rythme des courtisanes. Il emploie des formules grossières, mais avec progression, car après les avoir appelées « courtisanes » puis « objets », maintenant il les nommes des femmes.

Réplique 8 : Les Bacchantes étaient accusées d’orgies sexuelles. Plaute utilise ce scandale politique pour faire rire, mais il ne donne pas d’avis. Pistoclère n’est pas sûr de lui, sinon il n’exagèrerait pas.

Réplique 10 : Dégradation animale, et parodie d’un vers épique pour montrer Pistoclère récitant les leçons de son maître. « Les bouges ne conviennent point », les bouges étaient des antres sombres et caverneux (image du cheval de Troie).

Réplique 11 : Accumulation du futur. Plan de l’histoire au plan moral. Construit une mise en scène destinée au soldat, la courtisane devient metteur en scène. Comédie dans la comédie. Pistoclère ne répond plus, « perdu ta langue », il reste silencieux car il doit savourer les paroles de la courtisane.

Réplique 12 : « Dards acérés », image des flèches de l’amour de Cupidon. Poésie érotique comme les courtisanes, ainsi il est totalement entré dans le jeu des courtisanes. Il développe cette image de l’amour comme un vieux.

 

3ème partie :

 

 

Réplique 3 : Bacchis 2 essaye la flatterie.

Réplique 4 : Pistoclère cède à la flatterie. Le développement devient de plus en plus érotique, comme s’il prenait plaisir à imaginer la scène.

Réplique 5 : « Farouche » se dit d’une bête sauvage.

Réplique 7 : « Assouplisse » dans le sens apprivoiser l’animal, et sens érotique.

Gestes et actions illusoires mais pour donner l’illusion du vrai il faut faire le vrai. A quels niveaux se situe l’illusion théâtrale. Tous les niveaux de l’illusion proposés.

On passe du conditionnel à l’indicatif, comme si tout était ok.

Réplique 19 : « Courant » sens érotique.

Retournement immédiat de la scène, comme si Pistoclère s’était trompé de rôle et reprenait son rôle de jeune homme.

Réplique 27 : La courtisane joue son rôle jusqu’au bout en proposant de l’argent. Elle a le bon rôle.

Pistoclère part en courant, et va revenir en courant.

 

Plaute fait réfléchir sur l’illusion théâtrale.

 

b. La cassette, de Plaute :

 

4 courtisanes différentes :

                - Sélénie : lune, soit « clair de lune ».

                - Gymasie : sport en chambre.

                - Syra : la sirène.

                - Mélénis : vieille courtisane.

 

Sélénie est amoureuse d’un jeune homme à qui elle doit être vendue par sa mère, mais le jeune homme n’a pas d’argent alors la mère veut la vendre à un soldat nommé Diabolus (celui qui sépare).

Bébé, elle a été enlevée, et on finira par la reconnaître grâce à des affaires conservées dans une cassette (titre), ainsi elle pourra épouser le jeune homme.

Syra, courtisane grecque, fait une tirade sociologue en racontant la vie des esclaves femmes affranchies (parole romaine dans la pièce grecque) et donc les affranchies deviennent courtisanes parce qu’elles ne savent pas comment faire pour vivre.

Réflexion sur les conditions des courtisanes.

Jeu de mot avec « classe », classe des courtisanes et classe des femmes. Revendications non prises au sérieux puisqu’elles sortent de la bouche d’une femme courtisane. Appel aux femmes des magistrats romains.

On ne sait pas si Plaute était sérieux en disant ceci, était-ce simplement comique ou y avait-il une véritable réflexion ?

Sélénie répond à Syra sur un plan sentimental, stupide.

Tous les mariages sont mis au même niveau (courtisanes, matrones…).

Mélénis est une vraie courtisane, de mère en fille, un peu bête.

 

 

VII. Cours du 14 mars 2012.

 

 

1. Comparaison des esclaves :

 

Fixité des intrigues, renouvellement des rôles.

 

a. La comédie aux ânes, de Plaute :

 

Esclaves mis en valeur.

Résumé : le vieux veut aider son fils qui est amoureux, mais il faut de l’argent et le vieux n’en a pas. Par contre il est marié à une femme riche. Il demande à ses deux esclaves de l’aider à récupérer de l’argent que la vieille doit récupérer d’une vente d’ânes.

 

1ère partie :

 

 

« A coup sûr, par  Pollux, elles sont nombreuses les actions que l'on peut citer en ton honneur », parodie du consulaire, car quand deux consuls entrent en fonction ils doivent se faire des éloges.

Eloge des méfaits des esclaves. Sorte de monde à l’envers, les esclaves jouent aux consuls et érigent les contre valeurs de la société.

« Faux serments », à Rome tout repose sur la confiance, la loyauté, sur des serments religieux. « Mars » atteinte, gradation, « plaide » activité des romains (à Rome, on était avocat libéral, on ne touchait pas de salaire, et si on gagnait on touchait de l’argent en honneurs : des honoraires).

Eloges viennent de la surenchère et des gradations. Etre fidèle à une femme plutôt qu’à un homme, renversement des valeurs romaines.

Morale anarchiste : atteinte à la propriété, religion, état…

 

C’est deux répliques sont le chant vainqueur des esclaves qui ont réussi à récupérer l’argent.

 

2ème partie :

 

Entre en scène les deux amoureux, triste de devoir se séparer car ils n’ont pas d’argent.

Les deux esclaves arrivent pour donner la bonne nouvelle.

 

Argyrippe : celui qui cherche l’argent, c’est le jeune homme.

Philénie : celle qui aime, c’est la jeune femme.

 

 

Réplique 1 : « Fumée » car elle va s’échapper.

Réplique 6 : L’esclave demande à coucher avec la jeune fille.

Hypocoristique (adjectif qui exprime une attitude affectueuse), énumération, image grecque. La réplique de Philénie s’oppose à l’esclave, alors l’esclave répond par des répliques sur les animaux de plus en plus grands.

Réplique 8 : « Prends-moi par les oreilles », affectueux, faire la marmite, c’est prendre quelqu’un pour l’approcher afin de l’embrasser.

Réplique 9 : Argyrippe proteste.

Réplique 12 : Les esclaves se font passer l’argent.

Le jeune homme se met dans la position de la courtisane et la jeune fille prend les devants.

Réplique 19 : « Bourreau », jusqu’à présent le jeune homme protestait contre les esclaves, à présent il se place en victime.

Le jeune homme fini par se mettre à quatre pattes pour l’esclave en lui disant qu’il l’aimera, ce qui est la formule de la courtisane.

L’esclave, parce qu’il a de l’argent, domine son maître et le met plus bas qu’un esclave.

Orgueil : classe des dominants à Rome.

Renversement de la société.

 

b. La fille d’Andros, de Terence :

 

Modèle classique : des amoureux quasi conjugal, ils ne peuvent pas se marier tant que la jeune fille n’est pas reconnue. L’ennemi est le père du jeune homme qui désire un autre mariage. Pièce finit par la reconnaissance de la jeune fille qui s’avèrera citoyenne et pourra se marier.

 

Deux pièces de Ménandre sont construites ainsi : Le bouclier, La femme à la boucle coupée.

Dans ces deux pièces, l’esclave est joué différemment, dans l’un il s’agit d’un esclave habile, dans l’autre un gaffeur. Deux manières pour un rôle fixe.

 

Ici, Dave a un rôle paradoxal, esclave du père mais mis au service du jeune homme. Prisonnier de sa situation d’esclave et ennemi à une double obéissance qui est contradictoire.

Au 1er acte, il subit les menaces du père. C’est esclave bon à tout faire.

Acteur par force, esclave entreprenant. C’est presque le 1er rôle, il est présent sur 18 scènes (la pièce en contient 27) et prononce 31% des vers de la pièce. Simon en prononce 39, c’est lui qui maîtrise le rôle de l’esclave rusé.

 

Après les menaces de Simon et avoir compris que Simon était au courant de la liaison de son fils, il a un monologue où il hésite s’il doit choisir Simon ou Pamphile, il tâte le pour et le contre. Finalement, morale de Simon, mais pense à la véritable identité de Glycère, mais bloqué par le code des rôles, mais enquête ou ruse pour trouver la véritable identité de la jeune fille.

Il découvre que les noces prévues par Simon sont fausses, aussi il propose à Pamphile d’accepter les noces. Pamphile accepte pour gagner du temps, mais il veut reconnaître le bébé de Glycère. Ainsi, en acceptant, Dave se retrouve à l’abri. Quand Dave explique à Simon que son fils veut se marier, Glycère accouche au même moment et Dave doit lui faire croire que c’est un coup monté pour garder Pamphile. Simon est convaincu et ainsi il arrive à convaincre Crémés de donner sa fille à Pamphile. Il félicite Dave.

Laissé seul, Dave se lamente, monologue de désarroi. Pamphile arrive à ce moment-là et engueule Dave mais il est désarmé car il ne sait pas quoi faire et demande de l’aide à Dave. Dave monte donc un stratagème : poser l’enfant sur le seuil de la maison. Crémés arrive au moment où l’esclave de la jeune fille dépose l’enfant devant la porte. Dave est présent et doit jouer le rôle de fidèle de Simon et dénonce ainsi la supercherie. L’esclave de la jeune fille, outrée, montre les preuves de la paternité, et ainsi Crémés devra renoncer au mariage.

Mais Simon n’est pas encore convaincu. Heureusement, arrive Criton, frère de la courtisane. Arrivée imprévue, et il fera connaître la vérité. Ce ne sera pas grâce à Dave que l’histoire se terminera. Simon n’y croit pas et fait expulser Dave qui quitte la pièce, on ne le reverra pas. Criton arrive à prouver la citoyenneté de Glycère dont le père est en fait Crémés qui avait confié sa fille à son frère qui a fait naufrage. Le vrai nom est oublié, mais Pamphile s’en souvient.

 

La pièce se termine bien une fois Dave expulsé. Esclave piégé dans sa condition.

L’étourdit, de Molière, maître décrit ruse de valet.

 

c. Les Bacchis, de Plaute :

 

Il s’agit de super esclave.

 

Il y a deux dénouements possibles dans les comédies :

1 : dénouement finalement (comme dans l’Andrienne)

2 : dénouement par ruse de l’esclave (comme ici).

 

Si c’est le cas 2, l’esclave a monté une ruse, comédie dans la comédie.

L’esclave a tous les rôles (metteur en scène, acteur…).

Décalage entre rôle et costume/décor, illusion montrée.

Le prologue présente la pièce, et la fin est prononcée par le cantor (chanté) pour demander d’applaudir.

Les ruptures de l’illusion théâtrale sont de Chrysale et renvoient toutes à l’activité théâtrale.

Quand Chrysale interroge sur les amours, Pistoclère dit éloge, Chrysale l’interrompt. Esclave grec qui parle d’un auteur romain. Plaisanteries auteur/acteur, éloge pièce de Plaute.

Quand il doit prendre l’argent au vieux, il parle, se lamente, affirme sa supériorité sur les esclaves grecs.

Quand il obtient tout, il dit qu’il ne doit pas avoir de triomphe et il quitte la pièce. Triomphe monologue obligé de l’esclave, triomphe métaphorique, il ne joue pas, mais l’a fait entre deux ruses, mais il feint de ne pas le jouer.

Chrysale est meneur de jeu et amène au dénouement. Prise de conscience de l’illusion comique. Les autres personnages doivent reconnaître Chrysale.

 

Il ne s’assimile pas à un poète (l’esclave Sodolus de Plaute est poète).

Capacité d’invention puisqu’il est capable d’inventer une histoire. Il donne des informations progressivement, et se montre comme un personnage secondaire ce qui lui permet d’avancer masqué.

Quand il dicte la lettre pour tromper le vieux, ce qui est déjà prévenu de la ruse, le jeune homme se croit trahi et donne l’argent au père et dénonce la ruse. Le jeune homme demande de l’aide à Chrysale qui a besoin de tablette pour dicter. C’est le signe de la situation d’écrivain, il crée une nouvelle ruse et il est sûr de lui. Il écrit en temps réel la scène qui se joue, et il écrit pour la suite de la pièce le rôle des autres personnages. Darer vuerba : donner des mots, tromper par ses paroles, c’est aussi donner les répliques, donc il donne ses mots à Nicobulle. C’est sa fonction d’auteur qui le distingue des autres personnages. Il n’explique rien, contrôle sur la pièce, c’est l’affirmation de son rôle d’auteur.

Dans la seconde lettre, référence à la Grèce, à l’histoire (Troie, Ménélas…), parodie de l’épopée des personnages épiques, vers pris d’une tragédie romaine, épisode d’Ulysse entrant en mendiant (n’existe pas avec Homère mais avec Euripide). Souligne qu’il fait mieux qu’une épopée, tragédie, mais montre qu’il y a unicité entre comédie et tragédie. Epopée dévalorisée, utilisation du langage noble tragique et du langage familier comique.

 

Chrysale est aussi chef de troupe et acteur principal. Livius Andronicus était auteur, metteur en scène et acteur. Il monte comédie dans comédie.

Il jour le metteur en scène dès le départ de la pièce. Il fait la liste des personnages, vérifie le décor, mais refuse d’expliquer ce qu’il a en tête.

Indications scéniques : il montre comment on monte une comédie. Il enchaîne parfaitement ses rôles (auteur/metteur en scène), il ne semble pas les dissocier (et on se demande si Plaute n’a pas fait ainsi).

Les autres personnages se plient au jeu car il leur donne les rôles qu’ils ont déjà dans la pièce, mais il ne leur dit rien pour éviter qu’ils en rajoutent et montent des effets qui pourrait tout casser. Toute la pièce est vraie pour montrer le faux.

 

Il manipule Nicobulle habilement. Le soldat arrive en criant pour récupérer Bacchis 2, du coup Nicobulle hésite si c’est une courtisane ou une femme mariée. A ce moment arrive la seconde lettre disant que le jeune homme a besoin d’argent pour se sauver du soldat (que le père croit le mari de Bacchis 2). Le père veut aider son fils, mais Chrysale joue son rôle à fond en essayant de l’en dissuader.

Chaque fois, il prévient le public qu’il va jouer un rôle. C’est vraiment un personnage méta théâtral.

 

La preuve que les romains connaissaient la mythologie, car pour suivre une tragédie, il fallait connaître la mythologie.



22/07/2012
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