Cours de psychologie

La cognition gestuelle - Gérard Olivier

 

La construction d’une connaissance humaine suppose que la répétition d’un mouvement présent emprunte le chemin que les répétitions antérieures de ce mouvement avaient emprunté.

La globalité de la connaissance est telle que le connu, auquel renvoie cette connaissance, ne peut se trouver qu’ailleurs dans le temps, et non ailleurs dans l’espace.

« La connaissance n’est pas dans le fruit, mais dans l’acte de le cueillir », St Bernard, XIIIème siècle.

Théorie de la gestualité de la connaissance.

 

I. L’altérité cognitive.

 

La connaissance humaine nait avant tout d’une altérité. L’altérité qui établit la connaissance est temporelle, autoréférentielle et autonome.

 

D’une altérité cognitive spatiale à une altérité cognitive temporelle.

 

L’altérité cognitive temporelle concerne la répétition d’une variation. D’un côté la répétition présente d’une variation de ce qui est dans le présent et de l’autre côté la répétition passée de cette variation. Il y a connaissance chaque fois qu’une variation se répète.

L’altérité cognitive spatiale renvoie un être géométrique à un autre être géométrique. Concerne des positions simultanées d’êtres géométriques.

La connaissance humaine renvoie à un « alter écho » que constitue la répétition présente d’un mouvement passé.

 

D’une autognosie spéculaire à une autognosie cinétique.

 

Ce qui est dans le présent et l’alter cognitif ne font qu’un, c’est l’autognosie.

La répétition présente du mouvement est guidée par la trace laissée par ses répétitions passées, c’est l’autognosie cinétique cérébrale.

Ce qui est connu et ce qui connaît sont confondus, c’est l’autognosie cinétique.

L’organisation cognitive repose sur des autognosies cinétiques.

Un mouvement cérébral emprunte des « ravines synaptiques » qu’il a stabilisées lui-même lors de ses passages précédents.

 

D’une altérité spatiale sous tutelle à une autognosie cinétique autonome.

 

L’altérité cognitive temporelle peut être autonome, tandis que l’altérité cognitive spatiale est par définition « sous tutelle ».

Pour établir l’altérité spatiale, il faut le point de vue d’un témoin extérieur.

L’autognosie temporelle se met en place toute seule si la variation a lieu.

La connaissance gestuelle, affranchie de la tutelle d’un point de vue extérieur, s’établit par simples répétitions de mouvements d’influx cérébraux qui se superposent.

Le monde focalisé par les points de vue de notre conscience et le monde des autognosies cinétiques sont 2 mondes qui s’excluent mutuellement.

 

Le monde vécu et le monde inconçu.

 

Les points de vue diffèrent car chaque espèce animale est dotée d’un système nerveux spécifique, plus ou moins élaboré, et, par conséquent, sensible à certaines variations du milieu et pas à d’autres.

 

Le réalisme hypothétique.

 

Monde inconçu : inaccessible à l’expérience vécue.

Monde vécu : points de vue d’un mobilum cogitans sur le monde, émergeant à la suite de ses rencontres répétées avec des obstacles.

Réalisme hypothétique : les expériences du monde vécu ne traduisent que sous forme de versions simplifiées ce qui se trouve dans le monde inconçu. Ces expériences ne traduisent que ce qui est utile à l’adaptation.

La traduction que constitue le monde phénoménal est une copie qui cache l’original.

D’après la théorie de la gestualité de la connaissance, les entités furtives du monde inconçu ne sont que des mouvements, et les expériences vécues du monde phénoménal ne sont que des avatars, émergeant sous certaines conditions, de la répétition de mouvements furtifs du monde inconçu.

 

Le piège de la frontière cognitive spatiale.

 

Objet : ce qui fait obstacle au déplacement vers l’avant.

Pour qu’une représentation mentale de l’objet du monde soit interprétée à partir d’un point de vue externe intracérébral, il faut que cet interprète intracérébral ait à sa disposition une représentation de la représentation. Ceci suppose alors l’existence d’un interprète dans l’interprète…régression à l’infini.

 

La frontière cognitive mouvante.

 

Cette frontière sépare d’un côté, la répétition présente du geste sur l’objet et d’un autre côté, les répétitions passées de ce geste sur cet objet.

Rencontre du connu et du présent.

L’activité nécessaire est l’accommodation aux contraintes que constituent les caractéristiques de la situation présente que l’être biologique est en train de vivre. L’activité possible est l’assimilation potentielle de la situation présente à l’une des traces cérébrales génériques laissées par les adaptations gestuelles antérieures à des situations analogues.

Une fois la frontière cognitive mouvante franchie, les mouvements intracérébraux du possible et du nécessaire s’accompagnent sans jamais se rencontrer.

Donc, connaître c’est répéter. La trace laissée par les répétitions passées du geste sur l’objet est un mouvement cognitif potentiel, une sorte d’invitation à se répéter qui est principalement observable au niveau de l’organisation cérébrale.

 

II. L’auto-organisation cérébrale.

 

Le cerveau fonctionne grâce à la mise en jeu coordonnée de 3 motifs neuroanatomiques : boucles motrices (lobe frontal → noyaux de la base → thalamus → lobe frontal, mouvements corporels), système thalamo-cortical, systèmes de valeurs (valeur adaptative de la situation vécue).

A chaque instant, les activations thalamiques sensorielles sont caractérisées par une coprésence systématique d’indices sur les propriétés des objets du monde extérieur, et d’indices sur la position occupée par le corps dans l’espace. Le thalamus fait donc le lien entre le monde, le corps et le geste.

 

L’erreur fondamentale de parallaxe.

 

Erreur de parallaxe : observation locale et partielle d’une structure entraînant la non prise en compte de son auto-organisation et amenant à des conclusions erronées.
L’observation partielle du système solaire suggérant une trajectoire ascendante du soleil matinal, ou l’observation partielle du système nerveux central suggérant des déplacements intracérébraux linéaires d’information, sont des exemples d’erreurs de parallaxe.

L’activation du système ne se déplace pas linéairement.

 

Le mouvement sans mobile de l’influx nerveux.

 

Les activations réciproques entre les neurones cérébraux sont régies par des lois organisatrices.

La propagation de l’influx nerveux le long d’un axone est une activité rythmique dont la fréquence varie en fonction des caractéristiques de la situation agie par l’être biologique.

 

Le mouvement cognitif global.

 

Mouvement cognitif global : continuum des états globaux d’activations cérébrales, accompagnant en temps réel l’adaptation gestuelle à une situation, que cette adaptation gestuelle soit effectivement exécutée ou simplement mentalement simulée.

Chaque mouvement cognitif global accompagne au niveau cérébral la répétition d’un geste sur l’objet.

 

Les générateurs centraux de rythmes.

 

Les répétitions des interactions activatrices et inhibitrices permettent au générateur central de rythme de fonctionner.

 

Le cerveau conçu comme une structure.

 

Structure : organisation d’un ensemble fini d’éléments. Organisation mobile d’un ensemble fini d’éléments. Nombre fini d’éléments dotés de propriétés qui modifient en permanence l’organisation de l’ensemble qu’ils forment. Support d’une organisation mobile, autonome et fermée sur elle-même.

Le cerveau est une structure.

 

III. L’indispensable instabilité du système.

 

Le mouvement est déterminé par 2 sortes de facteurs : des facteurs endogènes, issus de ses répétitions antérieures, mais aussi des facteurs extérieurs, issus d’évènements étrangers au mouvement.

Une autognosie cinétique est en permanence localement modifiée par des sources de variations qui sont externes au mouvement qui se répète.

 

Les sources de variations externes du mouvement cognitif global.

 

La source externe de variations cérébrales, c’est la sélection de propriétés des objets par l’activité gestuelle de l’être biologique.

Le comportement peut être conçu comme la cause première des stimulations.

La sélection gestuelle s’accompagne d’une activité sensori-motrice qui interfère en temps réel avec le mouvement cognitif global.

Co-occurrence sensorielle : simultanéité de l’afflux sensoriel avec le déroulement du mouvement cognitif global.

Le mouvement cognitif global a 2 sources : une source endogène, principale responsable de l’auto-organisation cérébrale et constituée par les lois contraignant au niveau local les interactions réciproques neuronales, et une source exogène modifiant certaines de ces interactions locales au grès des transductions génératrices de co-occurrences sensorielles.

 

Les ravines cérébrales.

 

Loi de Hebb : plus l’activation d’un neurone par un autre se répète, plus cette activation sera facilitée dans le futur. Le passage répété de l’influx nerveux à travers les synapses cérébrales creuse le lit de ses futurs passages. Les noyaux dynamiques
thalamo-corticaux, reflets sensori-moteur génériques des adaptations gestuelles antérieures, sont les ravines cérébrales potentielles qui guideront le mouvement cognitif global au cours de la nécessaire accommodation à la prochaine situation comparable qui se présentera.

 

L’émotion, modulaire des modifications de l’organisation cérébrale.

 

La force des liaisons synaptiques cérébrales, reflétant au niveau cérébral les adaptations gestuelles passées au milieu, dépend de 2 facteurs, à la fois distincts et indissociables, d’un côté la fréquence des passages de l’influx dans la synapse (loi de Hebb) et d’un autre côté, l’importance de neurotransmetteurs des systèmes de valeurs. C’est l’affect qui module la stabilisation des patterns d’activations distribués dans le système thalamo-cortical et dont la succession, régie par les lois d’organisation locales, constitue le mouvement cognitif global = construction des noyaux dynamiques.

Mais entre le possible et le nécessaire, la correspondance n’est jamais parfaite. La moindre nouveauté accompagnant la situation présente vécue empêche cette correspondance.

 

Equilibre entre assimilation et accommodation.

 

Accommodation : adaptation gestuelle à une situation dont la nouveauté entraîne une modification importante du noyau dynamique, guidant le déroulement de cette adaptation gestuelle.

Assimilation : adaptation gestuelle à une situation dont la familiarité entraîne une faible modification du noyau dynamique, guidant le déroulement de cette adaptation gestuelle.

Adaptation : recherche permanente du maintien d’un équilibre instable entre accommodation et assimilation.

De nombreuses activations du mouvement cognitif global présent se produisent en dehors du noyau dynamique car le noyau a un caractère générique et car on est souvent confronté à la nécessité d’un nouvel apprentissage gestuel.

 

Synchronisation des dynamiques cérébrales linéaires et non-linéaires.

 

Le déroulement du mouvement cérébral est sa propre finalité.

La composante linéaire de la dynamique cérébrale est déterminée par les sélections gestuelles des propriétés du monde extérieur.

 

Autopoïèse permanente de la structure cérébrale.

 

Autopoïèse : mécanisme rendant les êtres vivants autonomes, modification permanente de l’auto-organisation d’une structure sous l’influence de sources externes de variations.

A la suite de renforcements successifs de marquages synaptiques localisés, certains des neurones où se produisent les étincelles cognitives contingentes peuvent intégrer un noyau dynamique = autopoïèse ?

 

IV. La répétition gestuelle.

 

Le geste avant la naissance.

 

L’embryon commence à bouger dans le ventre de sa mère alors qu’il ne mesure encore que 20cm.

Gesticulations et réflexes intra-utérins préfigurent les 2 premiers modes d’adaptation au monde extérieur que seront la motricité spontanée du nouveau-né et les réflexes primaires.

Jusqu’au 8ème mois de gestation, le système sous-corticospinal domine, puis c’est le système corticospinal.

 

Rejouer le réel.

 

Synchronisation du comportement au mouvement de l’objet, observée dès la naissance.

Neurone miroir : s’active lors de l’exécution d’un geste et lors de la perception visuelle de ce geste exécuté par autrui.

Neurone canonique : s’active lors de l’exécution d’un geste et lors de la perception d’un objet saisissable par ce geste.

 

Les spécificités du geste phonatoire.

 

Les déplacements de la main et/ou du regard sur l’objet se contentent de sélectionner des co-occurrences respectivement tactiles et visuelles, les gestes phonatoires en revanche engendrent des co-occurrences sensorielles auditives en créant ces objets sonores que sont les phonèmes.

 

La synecdote cérébrale du langage.

 

Il n’y a pas plus de substitut cognitif du mot dans le cerveau qu’il n’y a substitut cognitif de l’objet.

La synecdoque cérébrale du langage, renvoyant un noyau dynamique à un noyau dynamique plus large qui l’englobe, illustre le rôle essentiel joué par la simulation mentale du geste dans l’organisation cognitive.

 

La simulation gestuelle détrônant la représentation mentale.

 

Instruments opératifs : permettent de modifier objectivement le milieu environnant, en déplaçant ou transformant un objet. 3 instruments : le geste effectif (action sensori-motrice), le même geste mentalement simulé, et l’opération définie comme la simulation mentale simultanée de plusieurs gestes coordonnées.

Instruments figuratifs : ne permettent que de faire figurer le milieu dans la conscience, sans modifier objectivement ce milieu. 3 instruments : les déplacements du regard qui structurent la perception visuelle en permettant une « imitation visuelle » des propriétés des scènes ou des objets, l’imitation au sens large (par le geste, phonatoire…), et l’image mentale conçue comme l’imitation intériorisée de l’imitation par le regard ou par le geste.

Les autognosies cinétiques ont phagocyté les représentations motrices dans un cadre théorique différent mais ont conservé la propriété essentielle consistant à servir de support cérébral commun aux déroulements effectifs et mentaux des gestes.

Le mouvement cognitif global accompagne aussi la répétition mentale inconsciente du geste (simulation mentale du geste).

 

V. Tautologies.

 

L’image mentale de l’objet conserve intactes les propriétés de l’objet représenté.

L’image visuelle analogique est affichée dans le lobe occipital et une entité frontale interprète les données contenues dans l’image analogique de l’objet, en particulier grâce à une fenêtre attentionnelle parcourant le contenu de l’image mentale et dont les déplacements sont contrôlés au niveau du lobe pariétal.

Corrélation entre la durée d’un geste effectif et la durée de la répétition mentale de ce geste.

L’image figure dans la conscience parce qu’elle accompagne en temps réel la simulation mentale de l’exploration oculaire et en constitue le contexte d’exécution.

 

Hypothèses non réfutables ?

 

Hypothèse d’une pensée amodale, réfutable.

 

Le renversement ontologique.

 

Les contacts du mouvement avec des obstacles rigides qui imposent sa direction au mouvement, et la possibilité de répétition et de réversibilité du mouvement, sont deux moyens qui permettent l’émergence de la structure de l’objet.

La répétition crée l’objet.

La répétition réifiante, en partant du mouvement du corps et en soulignant la conséquence phénoménologique de sa répétition, est peut-être un reflet plus fidèle de la chronologie des évènements.

 

Quels arguments expérimentaux ?

 

Expansion du rôle joué par la motricité dans l’organisation des connaissances.

Découverte de neurones plurimodaux qui sont associés à des situations englobant à la fois le geste et l’objet.

Le substitut cognitif de l’objet n’est pas un objet mais un acte mental.

Liens entre une motricité et les co-occurrences sensorielles qu’elle crée elle-même.

 

VI. L’image mentale ment-elle ?

 

Formes visuelles nouvelles ou connues.

 

On peut confondre l’objet avec le geste sur l’objet.

La plupart du temps, les tracés manuels reproduisent les trajets oculaires.

Présence d’une image globale, formant un tout dans la conscience, qui semble subordonnée au degré d’automatisation de l’enchaînement des placements oculaires permettant au regard de sélectionner successivement les caractéristiques spatiales de l’objet visuel.

 

Evocation d’une figure à perspective réversible.

 

Il est possible de percevoir 2 perspectives distinctes dans une même figure géométrique grâce à l’assimilation d’une même réalité optique à deux noyaux dynamiques distincts.

 

Les « voyelles de Necker ».

 

La perception auditive du langage est liée à la perception visuelle de la prononciation du langage.

La perception auditive du langage implique le système moteur phonatoire de la personne qui perçoit.

 

Amorçage auditivo-phonatoire.

 

La perception auditive d’une voyelle « amorce » la prononciation de cette voyelle.

L’image visuelle et l’image auditive sont des « imitations à la puissance seconde », émergent grâce à l’ébauche de l’imitation intériorisée d’une imitation de l’objet optique ou sonore par le geste adapté.

 

VII. Omniprésence de simulations gestuelles dans l’organisation cognitive.

 

L’espace mental respecte les lois de la physique et de la géométrie.

 

Rotation mentale ou simulation d’une inclinaison de la tête ?

 

La simulation mentale d’un mouvement est analogue à l’exécution effective de ce mouvement.

L’imagerie mentale met en relation une situation mentalement agie dans le présent avec une situation effectivement agie dans le passé.

 

Simulation de sa saisie manuelle de l’objet visuel perçu.

 

Les domaines oculaire et manuel constituent une seule et même situation, plus agie que perçue.

 

Amorçage visuomoteur ou simulation mentale d’un geste manuel ?

 

Amorçage : facilitation qu’un premier processus cognitif engendre sur un second processus cognitif.

Un amorçage visuomoteur a lieu quand une perception facilite une réponse motrice.

L’amorçage visuomoteur découle d’un déplacement linéaire intracérébral de données depuis les aires de traitement perceptif (en particulier celles spécialisées dans les traitements de l’information spatiale) vers les aires prenant en charge la préparation du geste.

Double dynamique cérébral : celle, non linéaire, des noyaux dynamiques impliqués, et celle, linéaire, de certaines étincelles sensorimotrices contingentes.

 

La mémoire dans tous ses mouvements.

 

La mémoire serait épisodique et distribuée, qualificatifs qui pourraient s’appliquer aux autognosies cinétiques cérébrales.

L’intégration mnésique se fait par la répétition effective ou mentale du geste sur l’objet.

Mandala : forme géométrique complexe, globalement circulaire et caractérisée par un grand nombre d’axes de symétrie passant par le centre.

La dimension gestuelle de la mémoire ne se limite pas à la reconnaissance de formes visuelles mobiles mais on la retrouve également lorsqu’il s’agit de garder une forme visuelle « fixe » présente en mémoire pendant quelques secondes.

On se souvent de soi en train de parcourir une forme du regard. Cette image évoquée aurait le statut de co-occurrences sensorielles accompagnant en temps réel la répétition intériorisée de l’activité oculomotrice qui a permis de sélectionner les propriétés visuospatiales de l’objet visuel.

Lorsqu’on exécute un trajet de mémoire, deux stratégies sont possibles. La 1ère consiste à revivre mentalement les déplacements que l’on a effectués soi-même la dernière fois que l’on a parcouru ce trajet. La 2ème consiste à se souvenir du plan sur lequel on a mémorisé le trajet. On accorde à ces 2 situations, une dimension gestuelle, ou tout au moins corporelle (égocentrée). Les 2 impliquent la simulation mentale d’un comportement.

 

L’attention.

 

Attention intérovertie : attention tournée vers l’intérieur du cerveau, sélectionne des objets mentaux par une entité cognitive, elle aussi localisée à l’intérieur du cerveau.

Attention extérovertie : attention tournée vers l’extérieur, anticipe la sélection des objets situés dans le monde environnant par ébauche de la simulation mentale du geste d’atteinte approprié.

L’attention visuelle est liée à l’anticipation de synergies oculo-manuelles.

 

VIII. Quelques résonances historiques des autognosies cinétiques cérébrales.

 

Wundt concevait l’existence de représentations mentales auxquelles l’introspection pouvait avoir accès.

Brentano substituait à la notion de représentation d’objet, la notion d’acte de conscience se référant à un objet du monde environnant.

James abordait l’étude des connaissances par des « coulées de conscience » plus que d’ « états de conscience ».

 

De l’antiquité à l’aube de la psychologie expérimentale.

 

Les empiristes ont cherché dans l’expérience l’origine des connaissances.

Les idéalistes postulaient l’existence d’une organisation cognitive non seulement préexistante à l’interaction entre l’organisme et le milieu mais surtout d’une nature non matérielle.

L’image est alors à la fois signe des éléments d’une pensée innée et abstraite, et signe des réalités du monde extérieur.

 

Les gestaltistes et les chercheurs de l’école de Würzbourg.

 

Gestaltiste : les formes sont d’emblée organisées, il n’y a pas d’organisation à partir d’un chaos sensoriel primitif.

Chercheurs : la construction cognitive relève du comportement perceptif du mobilum cogitans.

 

Depuis la parenthèse béhavioriste.

 

Perception et image sont des réponses de l’organisme aux stimulations de l’environnement.

La perception est une action qui se répète, même si toute action qui se répète ne devient pas forcément une perception.

La perception et la mémoire sont toutes les deux des actions.

La répétition présente de l’action reconstruit en permanence la trace cérébrale qui guidera ses répétitions futures.

 

Glossaire.

 

Abstraction : conservation de ce qu’il y a de commun aux différentes répétitions.

Adaptation gestuelle : continuum des placements du corps dans l’espace, globes oculaires et appareil phonatoire compris, permettant au mobilum cogitans de s’adapter à la situation vécue. En conditions normales, l’adaptation gestuelle implique la répétition de synergies motrices oculo-squelettiques ou phonato-oculo-squelettiques.

Altérité spatiale : l’altérité est spatiale quand un objet déterminé renvoie à cet autre que constitue un objet distinct, situé ailleurs dans l’espace. L’altérité spatiale est sous tutelle car elle ne peut s’établir sans l’intervention d’un troisième élément qui établit la relation entre les deux objets.

Altérité temporelle : l’altérité est temporelle quand la répétition présente d’un mouvement renvoie à cet autre que constitue la répétition passée de ce mouvement. Contrairement à l’altérité spatiale, l’altérité temporelle peut être autonome, à condition de s’établir dans le cadre d’une autognosie cinétique.

Altérité cognitive : une condition nécessaire pour qu’une connaissance s’établisse est que ce qui est dans le présent renvoie à un autre. Ce renvoi du présent au connu, cette altérité cognitive donc, peut être conçue soit comme spatiale, soit comme temporelle.

Attracteur : état stable dynamique caractérisant le fonctionnement global d’un système fermé, en l’absence de perturbation externe. Les noyaux dynamiques jouent le rôle d’attracteurs cérébraux.

Frontière cognitive spatiale : séparation entre d’un côté l’objet connu et de l’autre côté, le mobilum cogitans qui entre en contact avec cet objet. C’est l’objet du monde qui franchit la frontière cognitive spatiale quand certaines de ses propriétés sont incorporées grâce à la transduction.

Frontière cognitive mouvante : distinction entre la répétition présente de l’adaptation gestuelle à la situation et les répétitions passées des adaptations gestuelles analogues à des situations comparables. C’est le mobilum cogitans qui franchit la frontière cognitive mouvante chaque fois qu’il répète une adaptation gestuelle.

Image mentale : ébauche de la simulation mentale de sélections passées de propriétés de l’objet du monde par le geste approprié. Autrement dit, l’image mentale est la répétition intériorisée présente des adaptations gestuelles, qui ont été guidées dans le passé par les propriétés de l’objet du monde.

Inconscient : propriété des noyaux dynamiques qui ont perdu par abstraction leur composante extéroceptive pour ne conserver que les dimensions motrices et proprioceptives de l’adaptation gestuelle dont ils permettent la simulation mentale.

Loi additive d’Eccles : une propagation d’influx nerveux le long de l’axone d’un neurone se produit lorsque la résultante des influences excitatrices et inhibitrices, affluant au temps t au niveau de la synapse de ce neurone, dépasse un seuil déterminé.

Mémoire : capacité de simuler mentalement l’adaptation gestuelle à une situation, sans que le déroulement effectif de cette adaptation ne soit nécessaire.

Mobilum cogitans : être biologique en mouvement dont les contacts répétés avec des obstacles finissent par engendre un point de vue sur le monde, sous certaines conditions.

Mouvement sans mobile : perception illusoire, par un observateur extérieur, d’un déplacement s’effectuant dans une direction perpendiculaire à celle dans laquelle s’effectuent les déplacements effectifs de la matière. Les éloignements centrifuges de cercles à la surface de l’eau entourant le point de chute d’un caillou, ou l’influx nerveux parcourant un axone neuronal sont des exemples de mouvements sans mobiles.

Non-linéarité de la dynamique cérébrale : arrêt aux frontières de la synapse cérébrale de la linéarité du mouvement sans mobile que constitue l’influx nerveux. Le continuum des états globaux d’activations cérébrales est caractérisé par une dynamique essentiellement non linéaire, déterminée par les interactions réciproques et permanentes des neurones cérébraux entre eux, interactions qui obéissent aux contraintes locales que traduit la loi additive d’Eccles.

Noyau dynamique : trace générique laissée sous la forme d’un marquage synaptique cérébral par les répétitions antérieures de mouvements cognitifs globaux analogues.

Perception : simulation mentale des incorporations passées de l’objet par le geste accompagnant en temps réel l’incorporation présente de l’objet par le geste.

Piège de la régression à l’infini : suite interminable de frontières spatiales s’emboîtant les unes dans les autres à l’intérieur du cerveau, entre d’un côté ce qui connaît et de l’autre côté, ce qui est connu, inévitable conséquence logique d’une conception spatiale de la frontière cognitive.

Proprioception : première composante de co-occurrences sensorielles. Traduction neuronale des placements successifs du corps dans l’espace accompagnant l’afflux de la transduction vers le cerveau.

Renversement ontologique : inversion de causalité consistant à subordonner la présence de l’objet à la répétition du geste, plutôt que subordonner la possibilité de répétition du geste à la présence préalable de l’objet.

Sources externes de variation : facteurs extérieurs à une structure et provoquant en permanence des modifications locales de l’auto-organisation de cette structure. La transduction consécutive à la sélection par le geste de certaines propriétés de l’objet du monde constitue une source externe de variation modifiant en permanence l’auto-organisation de la structure cérébrale.

Simulation mentale : déroulement du noyau dynamique ayant guidé les adaptations gestuelles passées à une situation donnée, non accompagné par le déroulement effectif de l’adaptation gestuelle à la situation présente.

Sujet : expérience vécue sous certaines conditions par le mobilum cogitans quand il se pose lui-même en tant qu’obstacle à ses propres déplacements. Cette définition du sujet ne doit pas être confondue avec l’hypothétique entité intracérébrale qui, dans le cadre d’une conception spatiale de la frontière cognitive, accède aux objets mentaux et les interprète.

Tautologie ontologique : démonstration de l’existence d’une entité par mise en évidence d’une de ses propriétés, raisonnement passant sous silence le fait que pour qu’une entité ait une propriété, il faut préalablement supposer que cette entité existe. Ceci revient à pose en prémisse la conclusion à laquelle on veut arriver. La démonstration de l’existence de l’image mentale d’un objet par la mise en évidence de la capacité de cette image à conserver intactes les propriétés topologiques de l’objet du monde qu’elle représente est un exemple célèbre de tautologie ontologique dans le domaine de la psychologie.

Transduction : seconde composante des co-occurrences sensorielles. Traduction neuronale de certaines propriétés de l’objet du monde grâce aux récepteurs sensoriels extéroceptifs (cutanés, cochléaires et rétiniens).

 

 

►Très bon complément de son cours (cognition et comportement). Bien évidement, plus complexe que le cours, plus illustré et plus complet. Très bon livre.



18/01/2013
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