Cours de psychologie

L'attachement au cours de la vie - Raphaële Miljkovitch

 

 

Bowlby avait vu dans l’attachement un besoin de proximité primaire, distinct de la libido et non secondaire à la relation de nourrissage.

Homéostasie : l’être humain maintient son équilibre par une autorégulation en fonction de son environnement.

L’épanouissement cognitif est en rapport avec la sécurité d’attachement.

 

I. Les fondements de la théorie de l’attachement.

 

Bowlby et les origines de la théorie de l’attachement.

 

Dès 1951, Bowlby remit en question plusieurs postulats du modèle psychanalytique.

 

L’influence de l’environnement sur le développement de l’enfant.

 

Pour Mélanie Klein, la vie fantasmatique du bébé naissait des pulsions corporelles et ne se rattachait pas à des éléments de la réalité.

Pour Anna Freud et Winnicott, c’est aux parents que revient la lourde tâche de permettre à l’enfant de développer son potentiel.

Bowlby pensait qu’une séparation avec la mère constituait une expérience traumatisante.

 

La survie par l’adaptation à l’environnement.

 

Les espèces qui ont survécu au travers des millénaires sont celles qui étaient dotées des schèmes de comportements les plus « biologiquement avantageux », c’est-à-dire de ceux qui permettent de s’adapter au milieu naturel de façon optimale.

Toute espèce est dotée d’une série de comportements spécifiques, dont l’activation et la forme sont influencées par des facteurs environnementaux, à des fins adaptatives.

Bowlby a cherché à appliquer à l’homme les principes valables pour les animaux.

 

La nature du lien mère-enfant.

 

Selon Klein, l’enfant construit ses 1ères structures mentales en formant une image de sa mère comme « bon sein » ou « mauvais sein ».

Selon Spitz, l’affection représentait une nécessité vitale pour le développement psychomoteur de l’enfant (dépression anaclitique, syndrome d’hospitalisme).

Ronald Faribairn estimait que la libido n’était pas tant à la recherche du plaisir que d’autrui.

 

Les comportements d’attachement.

 

Bowlby affirma la nécessité pour un nouveau-né d’être près de sa mère, afin que celle-ci le protège contre toute agression extérieure.

Si un enfant n’a pas la possibilité de former un attachement stable avant l’âge de 3ans, des difficultés d’adaptation et une incapacité à établir des liens affectifs avec d’autres individus sont à prévoir.

Le fait de sucer, agripper, suivre, pleurer, sourire, appeler…a pour fonction d’assurer la proximité de la mère.

 

Le concept de « base sécurisante ».

 

Mary Ainsworth a développé la notion de « base sécurisante ». Une personne se sent bien et exploite mieux son potentiel lorsqu’elle sait qu’elle peut compter sur une figure d’attachement en cas de difficulté. Celle-ci lui sert de base sécurisante, à partir de laquelle elle peut opérer.

Ce sont la proximité, puis la confiance en la disponibilité de la mère, qui vont permettre à l’enfant de se sentir en sécurité et, de ce fait, de ne plus devoir activer son système d’attachement. Cette désactivation laisse place à l’activation du système d’exploration de l’environnement, qui donne à l’enfant la possibilité de développer ses capacités de façon optimale.

Monotropie : attachement à une figure privilégiée (prioritaire mais non exclusif).

La manière dont le système d’attachement se développe dépendrait de ces 1ères interactions régulatrices entre une mère et son enfant.

Le terme d’attachement reste assez flou et correspond, selon les cas, à des réalités différentes.

 

II. La construction des modèles de relations.

 

Les réactions de l’enfant confronté à la séparation.

 

L’enfant de 18mois à 4ans, séparé de sa figure d’attachement principale, réagit en 3 phases : phase de protestation pour tenter de retrouver le parent ; phase de désespoir avec tristesse, deuil du parent, repli et colère ; phase de détachement où il a réorganisé son comportement.

Le détachement résulterait d’un refoulement, donc le lien d’attachement qui en apparence a disparu, persiste.

 

Les stratégies d’attachement.

 

Le développement de stratégies d’attachement adaptées aux réponses maternelles, permet à l’enfant de gérer ses affects.

Lorsque les besoins de l’enfant son pris en considération, son équilibre et sa survie ne sont pas menacés, l’enfant est donc confiant et on dit qu’elle est « Secure ». Mais si la mère ne répond pas à ses attentes, si l’enfant est frustré et anxieux, on dit qu’il est « insecure ».

Selon Mary Main, le bébé est porté à inhiber ou à accentuer ses comportements d’attachement, selon les chances qu’il croit avoir de regagner un contact avec sa mère.

 

L’exploration de l’environnement.

 

Dans la stratégie secure, l’attachement est activé en cas d’insécurité et désactivé en présence de la mère. Dans la stratégie d’évitement, l’attachement est désactivé de manière défensive.

Chez les enfants secure, il y a une plus grande disponibilité d’attention à l’égard de l’environnement.

 

Les avantages et les désavantages des stratégies secondaires.

 

L’émotion permet de restaurer le lien d’attachement plutôt que de le rompre.

La colère et l’évitement sont aussi des moyens de garder un contact.

Un débordement affectif fait obstacle à la capacité de traiter objectivement les informations et d’y réagir efficacement. Cela peut conduire à des difficultés à retrouver une harmonie au sein des relations.

Avec l’évitement, l’enfant évite la frustration mais est privé d’une richesse émotionnelle, et à long terme, ça le rend insensible et indifférent à autrui.

Ce qui peut correspondre à un ensemble de stratégies adaptatives dans une visée de proximité physique, est aussi un processus de désensibilisation affective et de désengagement relationnel. On voit là que lorsqu’un conflit émane d’une impossibilité de satisfaire le besoin d’attachement à cause de limitations imposées par l’entourage, des défenses psychiques se mettent en place pour sauvegarder l’équilibre de l’individu.

 

La mesure des modalités d’attachement d’un enfant.

 

Strange situation : élaboré par Ainsworth, paradigme expérimental comportant de brèves séparations entre un parent et son enfant (âge d’au moins 11mois).

 

Description des modalités d’attachement chez l’enfant.

 

L’enfant anxieux-évitant (A) : se focalise sur l’environnement malgré la situation de détresse, et avec sa mère il adopte un comportement d’évitement ou d’indifférence → l’enfant désactive son attachement pour gérer son anxiété.

L’enfant secure (B) : quand elle est là, il explore l’environnement, quand elle s’éloigne, il la recherche → l’enfant utilise sa mère comme base sécurisante.

L’enfant anxieux-ambivalent (C) : l’enfant explore l’environnement, quand la mère part il pleure et quand elle revient il continue de pleurer → attitude ambivalente avec recherche de contact mais résistance au parent, hyperactivation de l’attachement.

L’enfant désorganisé-désorienté (D) : l’enfant joue, puis s’arrête, sa mère sort, il l’appelle, puis joue, elle revient, il la regarde mais continue de jouer → à la fois recherche et évitement du contact, pas de moyen pour gérer sa détresse.

 

Validité de la situation étrange.

 

Nombreuses critiques.

Kagan estime que la strange situation ne mesure pas la sécurité d’attachement, mais la capacité de l’enfant à contrôler son anxiété.

Pour Le Camus, la prise d’initiative de l’enfant dépend surtout d’incitations à l’action.

Un enfant manifeste davantage de comportements d’attachement à sa mère, alors qu’il adopte plutôt des comportements d’affiliation avec son père.

 

Constance ou variations transculturelles.

 

Lors de la strange situation, la question de l’influence de la culture sur le comportement d’un enfant se pose.

Mais il faut dissocier les soins et l’éducation de la relation.

 

III. La construction des modalités comportementales d’attachement.

 

La mise en place de guides inconscients : les « modèles internes opérants » (MIO).

 

Les nourrissons intériorisent des modèles de relations tirés de leurs expériences avec leur entourage familial. Les signaux d’attachement du bébé influencent sa perception de son environnement affectif, et donc agissent sur son comportement.

Les MIO aident à la survie de l’organisme en permettant de percevoir et d’anticiper les évènements.

L’enfant généralise les séquences interactives qu’il vit pour former des scripts (schèmes d’évènements).

 

Facteurs intervenant dans le développement des différentes modalités d’attachement.

 

L’effet des séparations brèves : les enfants deviennent plus socialement compétents et risquent moins de développer des problèmes de comportement lorsque leur mère peut choisir le mode de garde qui correspond à ce qu’elle croit être le mieux pour eux. La qualité des soins dispensés (crèche ou maison) a des répercussions sur le développement de l’enfant. Une garde non parentale n’a pas de répercussion, mais une garde de mauvaise qualité si. Un garde trop précoce (enfant moins d’un an) peut entraîner quelques perturbations relationnelles, surtout vis-à-vis des parents. A 2ans, l’enfant traverse une attitude d’opposition. Pour un enfant dont les soins des parents sont négatifs, la crèche se révèle positive, et inversement quand la qualité des soins des parents est bonne, la crèche peut être un ralentisseur. Une garde non parentale précoce, augmente le risque de développer des problèmes d’externalisation (hyperactivité, agressivité) chez les enfants secures, alors que chez les enfants insecures elle constitue un facteur de protection dans les sphères de l’implication sociale et de l’estime de soi.

→ Le développement socio-affectif de l’enfant repose davantage sur les caractéristiques de la famille. Il faut considérer chaque cas dans son ensemble pour déterminer si la garde non parentale est bénéfique ou non.

Les difficultés de séparation : la manière dont un enfant réagit à la séparation dépend beaucoup des attentes préalables qu’il s’est faites par rapport à l’accessibilité de ses parents. Les raisons du sentiment d’insécurité de l’enfant reposent essentiellement sur des erreurs d’interprétation des comportements parentaux. 4 situations peuvent conduire à une anxiété de séparation et faire que l’enfant veuille rester au domicile (lorsque le parent souffre et est dépendant de son enfant, lorsque l’enfant a peut qu’un malheur arrive au parent, lorsque l’enfant a peur en s’éloignant de chez lui, et lorsque c’est le parent qui craint pour la sécurité de l’enfant).

L’attitude des figures d’attachement : pattern secure (mère très présente, donnant une bonne qualité de soin, l’enfant prend confiance), pattern évitant (mère non affectueuse, froide, brusque, l’enfant va inhiber ses affects, se détachant des autres et développer la cognition), pattern ambivalent (mère instable, tantôt éloignée, tantôt proche, elle comble ses propres besoins et non ceux de l’enfant, l’enfant va tout faire pour attirer son attention, son état sera basé sur celui de la mère, et il va développer colère et anxiété), pattern désorganisé-désorienté (la mère est apeurée, l’enfant le ressent et développe des peurs incompréhensibles, l’enfant n’a personne vers qui se tourner, il développe une résignation).

L’influence du tempérament : le tempérament explique vraisemblablement, en partie, pourquoi une mère ne se comporte pas de la même manière avec tous ses enfants et que chacun d’eux est lié à elle d’une façon unique. La mère a une influence prépondérante sur la formation des stratégies d’attachement de son enfant. Le tempérament peut affecter le style d’attachement des enfants, autant dans leur manière de gérer l’insécurité que dans le degré de sécurité ressenti. Le tempérament déterminerait davantage la façon dont l’enfant exprime l’insécurité d’attachement que le degré de sécurité lui-même. Le tempérament constitue un facteur d’apparition de l’insécurité, mais n’y mène pas invariablement, cela dépend si la sensibilité maternelle s’en trouve affectée ou non.

L’influence du sexe de l’enfant : rien encore ne dénote une différence. L’attachement n’est pas assimilé à la libido, mais il ne se substitue pas à elle pour autant.

Ainsi, l’interaction entre l’attitude de l’enfant et les représentations d’attachement qu’a le parent indépendamment de lui, semblent jouer un rôle important dans le développement des stratégies d’attachement.

 

IV. L’attachement au niveau des représentations.

 

Les MIO et l’apparition de la pensée représentationnelle.

 

La pensée représentationnelle permet à l’enfant d’avoir à la fois une meilleure (les objets existent en eux-mêmes) et une moins bonne (représentation de soi devient symbolique) perception de la réalité.

2 types de modèles de réalité : modèles sensori-moteur (reflet exact des expériences vécues) et modèles représentationnels.

L’apparition de la pensée représentationnelle peut avoir une incidence sur la construction des modèles d’attachement, et réciproquement le style d’attachement peut affecter le fonctionnement et la manipulation des représentations. Le sentiment de sécurité autoriserait une plus grande flexibilité cognitive, alors que le sentiment d’insécurité, pour ne pas être réactivé, entraînerait une restriction des représentations.

Avant l’âge de 3ans, les enfants ne comprennent pas la nature purement représentationnelle de leurs pensées, car ils sont incapables de réfléchir à leur propre fonctionnement psychique.

Métacognition : capacité à saisir et à comprendre les intentions d’un individu. Généralement acquise à l’âge de 6ans.

Un enfant secure avec ces 2 parents, est plus empathique.

 

Le rôle du langage dans la construction des MIO.

 

Le développement du langage module les représentations, les MIO sont mieux intégrés dans la personnalité et par-là même, plus résistants au changement. Mais le langage est limité et ne peut rendre compte de la réalité dans sa totalité.

La communication avec les parents peut modifier non seulement le contenu de la pensée de l’enfant, mais aussi sa capacité à réfléchir à ce contenu.

La contradiction entre ce qui est dit et ce qui est vécu engendre de l’angoisse chez l’enfant. Aussi tente-t-il de modifier l’état dans lequel il est, en refoulant son interprétation personnelle de l’expérience traumatique. Mais ce qui est refoulé continue à agir et à influencer le comportement.

 

La structure des modèles représentationnels.

 

La mémoire épisodique s’inscrit dans un registre phénoménologique et donne aux évènements familiers une tonalité subjective particulière, réminiscente des impressions d’expériences passées.

La mémoire sémantique correspond à des généralisations des expériences vécues, de soi ou d’autrui.

Les personnes insecures sont plus enclines à avoir un MIO de soi et de la figure d’attachement inconsistant, dans lequel certains schémas ou réseaux de schémas seraient dissociés les uns les autres à travers différents niveaux de hiérarchie.

Principe de coopération de Grice : tout échange conversationnel entre un locuteur et un destinataire suppose un minimum d'entente, un minimum d'effort coopératif. L'échange entre les deux participants ne suit pas n'importe quelle voie, il implique le respect de règles communes. Grice soutient que les participants engagés dans un échange sont censés observer un principe de coopération. Ce principe enjoint les participants à ce que leur contribution, au moment de l'échange, soit conforme à la direction et au but exigés par cet échange. Grice précise ce principe par quatre catégories de maximes dites « conversationnelles » : Maximes de quantité (Que votre contribution soit aussi informative que nécessaire ; Que votre contribution ne soit pas plus informative que nécessaire), Maximes de qualité (Ne dites pas ce que vous croyez être faux ; Ne dites pas les choses pour lesquelles vous manquez de preuves), Maxime de relation (Soyez pertinent), Maximes de manière (Evitez de vous exprimer de façon obscure ; Evitez l'ambiguïté ; Soyez bref ; Soyez ordonné). Le respect de ces maximes va orienter l'interprétation des énoncés lors de l’échange verbal.  Le destinataire, supposant que son interlocuteur est coopératif, devra ajouter des informations au contenu littéral d'un énoncé pour comprendre ce que son interlocuteur communique. Grice dénomme ces informations supplémentaires des « implicitations ». Elles se rencontrent classiquement lorsque le locuteur semble enfreindre de façon flagrante une des maximes.

 

L’évolution des représentations d’attachement.

 

Adult Attachement Interview (AAI), développé par George, Kaplan et Main, pour estimer l’influence que les relations entre mère et fille, peut avoir sur la fille une fois devenue mère à son tour. Les personnes interviewées sont classées dans des catégories d’attachement en fonction du degré de cohérence de leurs discours. Si discours cohérent, la personne est secure, si incohérent, elle est insecure.

Dans la petite enfance, un individu a un MIO distinct avec chaque personne de son entourage car la qualité d’attachement varie d’une relation à l’autre, mais au cours du développement, les modèles de relations deviennent de plus en plus généralisés et finissent par ne former qu’un seul MIO d’attachement.

 

La description des différentes modalités d’attachement adultes selon l’AAI.

 

4 catégories : secures autonomes (F pour free-autonomous) = B chez les enfants ; détachés (D pour dismissing) = A chez les enfants ; préoccupé (E pour enmeshed) = C chez les enfants ; désorganisée-désorientée (U pour unresolved loss or trauma) = D chez les enfants.

Secure autonome : regard objectif sur les relations d’attachement, cohérence de la pensée et du discours.

Détaché : incohérence entre les différents systèmes de mémoire, désactivation du système d’attachement, refoulement.

Préoccupé : hyperactivité du système d’attachement, impossibilité de recul.

Désorganisé-désorienté : évènement traumatisant pas assimilé, dysfonctionnement de la MdT, submersion des défenses psychiques.

Inclassable : 2 états d’esprit a priori incompatibles, conflit entre 2 stratégies d’attachement opposées.

 

Que mesure exactement l’AAI ?

 

Transmission intergénérationnelle des modalités d’attachement ?

L’AAI reflète la manière dont les questions d’attachement ont été discutées au sein de la famille, tout au long de l’enfance.

C’est plus un état d’esprit qu’un style d’attachement.

L’analyse de l’AAI consisterait en une comparaison entre le niveau sémantique et un niveau plus épisodique, moins généralisé.

 

Les qualités psychométriques de l’AAI.

 

Echelle d’expérience probable : renvoie exclusivement à des faits ; Echelle d’état d’esprit : renvoie à un mode de pensée.

Les échelles d’état d’esprit orientent le codeur dans l’évaluation des expériences probables.

La catégorisation finale reflète les stratégies d’attachement de la personne, selon des éléments de discours repérables qui reposent un peu sur un jugement de valeurs.

Moyen d’appréhender un état d’esprit.

Le discours pendant l’AAI ne relève pas d’un style d’expression plus général, donc ça ne fausse pas les interprétations.

La capacité de la mémoire n’influence pas le rappel de souvenirs et n’intervient pas dans la classification d’attachement.

L’AAI est exempt du biais de désirabilité sociale.

Pour appliquer l’AAI, une formation approfondie est nécessaire.

 

Les compétences narratives de l’enfant.

 

L’examinateur raconte le début d’une histoire fictive et l’enfant doit proposer une suite. On observe alors la capacité de l’enfant à « rentrer » dans la situation, à garder une distance symbolique et à recourir à des processus métacognitifs. De plus, le contenu de ses histoires serait le reflet du modèle d’attachement qu’il s’est construit.

Les soins dont bénéficie un enfant déterminent l’image qu’il se fait de lui-même.

La construction de narratif renseigne sur la capacité à appréhender les informations négatives relatives à l’attachement.

C’est par la mère que l’enfant apprend à gérer ses émotions, d’une part grâce à un processus de réflexion qu’elle lui transmet et qui l’aide à donner un sens à ce qu’il exprime, et d’autre part grâce à sa capacité à le « contenir » et à lui montrer qu’il peut supporter et ne pas être envahi par ses émotions.

Les compétences narratives des enfants fluctuent en fonction de leurs styles d’attachement.

La forme du narratif construit par l’enfant n’a pas seulement trait à des facteurs cognitifs ou intellectuels, mais dépend pour beaucoup de la disponibilité psychique de l’enfant pour le jeu et, en l’occurrence, de la sécurité que lui procurent ses figures d’attachement.

La sensibilité maternelle aide l’enfant à développer les ressources psychiques suffisantes pour être à l’aise, réfléchir au jeu et imaginer une suite détaillée.

La crainte de ne pouvoir compter sur ses figures d’attachement est génératrice d’anxiété et, dans les cas les plus avérés, de dépression.

Ce qui a trait à l’affect est un guide pour la personne, et ce qui a trait à la réflexion exerce néanmoins un certain contrôle sur les émotions et le comportement.

 

V. L’évolution des modèles internes opérants.

 

La stabilité des MIO.

 

Données empiriques : un environnement dépourvu d’attachement peut perturber durablement la socialisation et altérer le comportement maternel (non irréversible, mais fragile). Les enfants insecures sont beaucoup plus dépendants des adultes que les enfants secures. La sécurité pendant la petite enfance ne garantit pas un développement favorablement par la suite. Les expériences de la petite enfance marquent l’individu jusqu’à l’âge adulte même si, à un certain degré, cet effet peut s’atténuer. Lorsqu’un changement a lieu dans le type d’attachement, il fait souvent suite à des évènements de vie importants ou à des modifications au sein de l’environnement familial. La durabilité des modèles d’attachement dépend pour beaucoup des conditions environnantes. Il est probable que le stress entraine une dégradation des soins prodigués à l’enfant, cette dégradation pourrait affecter le développement de l’enfant. A l’âge adulte, les représentations d’attachement sont susceptibles de changer.

Facteurs prédisposant à l’immutabilité des relations : il est possible que le tempérament de l’enfant affecte l’attitude de ses parents à son égard et que cela ait des répercussions sur son style d’attachement. L’enfant s’adapte aux comportements de la mère, ce qui renforce l’attitude de sa mère, ce qui en retour, confirme les modèles de l’enfant. Les stratégies élaborées par l’enfant vont contribuer au maintien du mode de relations initialement mis en place.

Structuration des MIO selon l’âge : un petit enfant n’a de représentation que par l’environnement ; en grandissant il affine son modèle, en fabrique d’autres et choisit ; et en devenant adulte, les MIO reposent sur les caractéristiques individuelles (autonome).

Le fonctionnement des MIO au quotidien : les MIO procéduraux guident les actions, en les exécutant sans y penser. Si le MIO procédural n’amène pas la réponse attendue, on utilise la mémoire sémantique pour élaborer de nouvelles solutions. Si surplus d’affect, la mémoire sémantique peut être contrecarrée par la mémoire épisodique qui réveille d’anciens souvenirs.

Le traitement des nouvelles informations : dans le maintien des modalités d’attachement, la perception des éléments environnants jour un rôle majeur. La mémoire sémantique sélectionne les informations en écartant celles qui seraient susceptibles d’ébranler le système de pensée qui est à l’œuvre. Donc, on peut avoir intégré une information sans le savoir, puis en faire usage dans son comportement sans pouvoir rattacher consciemment celui-ci à ce qui le motive. Si une information est dérangeante on l’exclue. Pour intégrer une information sans risquer d’ébranler le système de représentation, on la déforme de sorte qu’elle devienne cohérente avec le modèle établi. Le déplacement et le clivage constituent d’autres moyens d’exclure de la conscience certaines informations gênantes.

Les facteurs de changement : une réorganisation du système d’attachement est possible s’il y a mise à jour des représentations. Pour changer une représentation, il faut d’abord l’évoquer dans un contexte sécurisant. La réorganisation des MIO est facilitée lorsqu’un thérapeute sert de base sécurisante ou de « contenant » à son patient, et que celui-ci devient moins vulnérable pour explorer son monde interne. Tant que le langage n’est pas associé à certaines représentations, celles-ci restent diffuses et plus difficiles d’accès.

Métacognition : prise de distance par rapport à ses propres attitudes, ses comportements et ses relations interpersonnelles. Note les différences entre apparence et réalité. Sert à voir les états mentaux d’autrui pour les comprendre et les accepter.

Synthèse des travaux : les MIO sont des structures sous-jacentes, qui tendent à s’auto-entretenir et qui sont de moins en moins influencées par l’entourage au fil des années.

 

La pluralité des MIO.

 

En général, on a 2 perceptions de nous-mêmes, l’une vis-à-vis de la mère, l’autre vis-à-vis du père.

Il est probable que les MIO des autres interviennent dans les représentations que l’on peut avoir d’eux.

Il peut exister chez une même personne, différents états d’esprits.

Il est possible que l’on se crée autant de modèles que de types de relations.

Plus les expériences convergent, plus elles renforceraient la construction et la permanence d’un MIO unique ; plus elles divergent, plus elles autoriseraient une ouverture vers l’extérieur susceptible de faire apparaître les limites des modèles construits et de participer à l’élaboration de modèles complémentaires.

Quand un MIO se met en place, il reste définitivement inscrit dans la mémoire de l’individu, mais l’intégration de nouvelles informations peut moduler la tendance de ce modèle à « opérer ».

 

VI. l’influence des MIO sur le comportement de l’adulte vis-à-vis de son enfant : la transmission intergénérationnelle.

 

Représentations parentales et modalités d’attachement de l’enfant.

 

Rappelons que : enfants secures = mères secures autonomes ; enfants insecures évitants = mères détachées ; enfants insecures résistants = mères préoccupées ; enfants désorganisés-désorientés = mère désorganisées-désorientées.

Corrélation importante entre les représentations de la mère pendant la grossesse et les modalités d’attachement de l’enfant une fois né.

La correspondance entre l’état d’esprit d’attachement d’une mère ou d’un père et le MIO de l’enfant laisse penser qu’un parent transmet ses modalités d’attachement à son enfant.

Les continuités et discontinuités chez un même individu et dans les relations elles-mêmes, dépendraient aussi des facteurs environnementaux.

Les représentations des parents influencent d’abord leur attitude et les comportements à l’égard de l’enfant, ainsi le bébé construit à son tour des modèles internes d’attachement analogues.

 

Fantasmes parentaux et perception de l’enfant.

 

Les représentations que l’adulte a construites auraient plus d’influence sur son comportement vis-à-vis de son enfant que ses relations d’attachement passées.

Lebovici a décrit plusieurs types de représentations d’enfant qu’uns mère est susceptible de former : l’enfant imaginaire (enfant tel que la mère l’imagine), l’enfant narcissique (naissance d’un soi), l’enfant fantasmatique (désir de la mère d’avoir un enfant avec son propre père), l’enfant mythique (chargé de toutes références culturelles et médiatiques).

Ce sont essentiellement les fantasmes et les représentations du parent, en particulier ceux qui résultent des relations avec ses propres parents, qui détermineraient la façon dont l’enfant est perçu et, par suite, la façon dont il est traité.

 

L’accordage affectif comme vecteur de la sécurité d’attachement.

 

La sécurité d’attachement et/ou la cohérence des représentations d’un parent lui permettent de mieux comprendre et répondre aux besoins de son enfant.

Accordage affectif : capacité d’une mère à s’adapter et à entrer en communion avec son nourrisson pendant ses échanges avec lui.

Les mères d’enfants évitant, ont une attitude d’intrusion et une aversion pour le contact physique, ce qui se transmet à l’enfant. Les mères d’enfants ambivalents, sont imprévisibles au niveau des soins, elles veulent combler leurs propres manques, ce qui conduit l’enfant à hyperactiver son système d’attachement. En revanche, les mères d’enfants secures, s’accordent affectivement à leur enfant et ne cherchent pas à le soumettre.

 

Insécurité d’attachement et déficit au niveau de l’empathie.

 

Les interactions sont plus harmonieuses dans les dyades secures car les comportements sont directs et spontanés, tandis que dans les dyades insecures les actions et les propos semblent subir certaines restrictions.

L’adulte insecure ignore ou déforme certains signaux car ils ont tendance à déstabiliser son organisation mentale des expériences passées.

Dès l’âge de 6mois, la manière dont une mère « s’accorde affectivement » à son enfant indique à celui-ci les émotions qu’il est acceptables de partager avec les autres.

La limitation des informations traitées par le parent induit une communication restreinte au sein de la dyade, qui débouche ensuite sur une limitation dans le système de représentations mis en place par l’enfant.

L’idéalisation du passé permet d’occulter les souffrances de l’enfance.

Chez les mères d’enfants insecures, leurs propres besoins finissent par dominer leur raisonnement et elles ne se figurent pas que la relation nécessite une accommodation de leur part. Les besoins de l’enfant sont laissés pour compte, ce qui génère en lui un sentiment d’insécurité.

La colère refoulée finit toujours par se faire ressentir de manière insidieuse dans les interactions.

L’enfant ressent l’émotion de sa mère et, de fait, est « contaminé » par son anxiété.

Existence d’une transmission intergénérationnelle des stratégies représentationnelles d’attachement et non d’une continuité des MIO.

 

La capacité à concevoir les états mentaux : facteur de non transmission de l’insécurité d’attachement.

 

Ce n’est que si le parent sait bien voir ses propres actions et celles d’autrui en termes d’états mentaux, qu’il pourra comprendre et ainsi mieux tolérer les signaux de détresse de son enfant.

La mère doit saisir l’expérience mentale du bébé et la lui re-présenter dans un langage sous forme d’actions que l’enfant peut comprendre.

Si le parent représente fidèlement à l’enfant ses propres intentions, celui-ci peut se retrouver en lui-même en tant que personne pensante.

Capacité de conscience réflexive (CCR) : aptitude à comprendre les états mentaux de l’enfant.

L’imitation du parent donne à l’enfant l’impression d’être compris par ce dernier et donc d’être proche de lui.

La CCR permet de ne pas être trop affecté par les expériences négatives avec ses proches et, en acceptant et en identifiant mieux la réalité de son vécu, de ne pas répéter les patterns d’interactions indésirables.

 

La fonction préventive du conjoint dans la transmission intergénérationnelle.

 

Une relation conjugale sécurisante favorise chez la mère une attitude plus empathique, et donc sécurisante à l’égard de son enfant. Inversement, l’absence de soutien de la part du mari peut, au contraire, contribuer à la perpétuation de relations conflictuelles dans la vie de la mère.

Le père représenterait pour la mère un modèle de parent qui, par son exemple, l’aiderait dans sa manière d’élever son enfant.

Les parents qui réussissent à avoir entre eux des échanges affectifs harmonieux étaient plus à même d’apporter de l’affection et une certaine structure à leur enfant.

Il est difficile de déterminer si c’est la relation conjugale qui affecte la relation avec l’enfant plutôt que l’inverse.

Une mauvaise relation avec le conjoint ne favorise pas la qualité des rapports avec son enfant.

Une personne qui a construit un modèle de relations insécurisantes pendant l’enfance risque fort, à l’âge adulte,  d’être guidée par ce même modèle dans le choix d’un partenaire.

 

La contribution distincte du père et de la mère.

 

La plupart des études auprès des pères recourant à la strange situation font apparaitre un lien entre les AAI  de ceux-ci et les comportements d’attachement de leur enfant à leur égard, mais à moindre degré de ce qui est relevé du côté des mères.

Le père joue un rôle mineur dans le développement affectif de l’enfant.

Un père psychologiquement solide et confiant serait d’autant plus intimidant pour l’enfant qu’il paraît inébranlable. A l’inverse, un père fragile et anxieux ne susciterait pas chez son enfant les mêmes craintes et lui permettrait peut-être de s’affirmer davantage.

Il est possible que l’influence de chacun des parents s’exerce à des niveaux de comportements différents.

La mère agirait sur les MIO que son enfant construit par sa capacité à constituer pour lui une base sécurisante plus ou moins fiable et ce, probablement dès les premiers jours de sa vie.

Le père remplirait davantage une fonction éducative et qu’il inculquerait un code de bonne conduite. Ainsi l’enfant intérioriserait les représentations sémantiques de son père.

Le père influencerait, plus que la mère, le comportement social de l’enfant avec ce que cela suppose comme contrôle des émotions.

Le développement de l’enfant n’est donc pas déterminé seulement par les représentations d’attachement des parents. L’expérience du parentage, la relation de couple, ou encore le comportement de l’enfant lui-même, constituent d’autres variables susceptibles de jouer un rôle dans le devenir de l’enfant.

 

VII. L’attachement adulte.

 

Attachement filial et attachement « romantique ».

 

Attachement filial et attachement amoureux se rejoignent dans la manifestation de certains comportements.

Dans les moments de détresse, l’adulte a une réaction analogue à celle d’un enfant, tout comme un petit qui s’approche de sa mère, l’adulte se tourne vers son partenaire amoureux pour être réconforté.

A l’âge adulte, la recherche de sécurité se substitue à la recherche de proximité.

Styles d’attachement romantique : un adulte secure n’a aucune difficulté à devenir intime et à faire confiance à son partenaire, l’adulte ambivalent a des demandes affectives démesurées qui le mène à la frustration ou à une inquiétude concernant la relation, l’adulte évitant souhaite échapper à la dépendance affective et évite de devenir intime.

Les séparations, même temporaires, provoquent une réaction d’anxiété chez les adultes.

 

L’exploration de l’environnement chez l’adulte.

 

Les personnes secures ont une vie professionnelle plus satisfaisante et équilibrée que les personnes insecures.

 

La fonction de l’attachement dans une perspective évolutionniste.

 

Ce qui distingue l’attachement entre adulte de l’attachement filial, c’est tout d’abord la symétrie et la proximité des échanges.

Les rapports sexuels représentent un autre aspect spécifique de l’attachement adulte.

L’expérience personnelle influencerait non seulement  le fonctionnement psychologique et comportemental, mais aussi le style de vie sexuelle.

Individus secures : construisent un environnement dans lequel protection et soins sont assurés. Environnement non menaçant et propice à la survie de l’espèce. Engagement durable, se consacrent aux enfants qu’ils ont en nombre limité.

Individus évitants : vie conçue comme une succession d’épreuves, environnement menaçant qui procure peu de sécurité. S’investissent peu, et ont beaucoup d’enfants qu’ils préparent aux difficultés de la vie.

Individus ambivalents : maternent le conjoint, les enfants. S’occuper d’autrui assure la survie de l’espèce.

Le sentiment de sécurité favorise un fonctionnement optimal dans l’environnement physique. L’attachement adulte permet sans doute de mieux lutter contre les conditions adverses en créant un rapprochement entre 2 individus, qui augmente leur confiance/force et leur capacité de résistance.

L’attachement d’un parent à un autre adulte contribue à un meilleur développement de l’enfant lorsque celui-ci bénéficie de leur protection conjointe.

 

La mesure des modalités d’attachement adulte.

 

Current Relationship Interview : développé par Crowell, calqué sur l’AAI, a été élaboré pour mesurer l’état d’esprit d’attachement relatif à la relation de couple. Orienté vers les relations amoureuses passées, ainsi que vers la nature de la relation actuelle.

Peer Attachment Interview : développé par Bartholomew et Horowitz, contrairement au CRI, s’appuie sur l’idée selon laquelle une personne développe une certaine image d’elle-même et des autres en fonction des soins qu’elle reçoit dans son enfance. Ainsi, les MIO de soi et des autres, sont soit positifs, soit négatifs. Concerne uniquement les relations avec les autres adultes.

Ca-Mir : autoquestionnaire conçu par Pierrehumbert et Karmaniola, pour identifier les modèles de relation, et se présente sous forme de Q-sort, chaque item est inscrit sur une carte et celle-ci doit être triée en fonction de son degré de véracité. Renvoie aussi bien aux expériences d’enfance qu’aux relations actuelles avec les proches.

Editig : (échelles différentielles sémantiques), par Miljkovitch et Pierrehumbert, sert à mettre en évidence des similitudes entre différentes représentations (chez un même individu ou entre deux personnes).

Edicode : à l’usage de l’examinateur, décrit les caractéristiques de discours de l’interviewé supposées révélatrices de son état d’esprit. Se compose de 5 échelles (fluide, cohérent, adéquat, réflexif et authentique).

La sécurité d’après l’AAI ne permet pas de prédire le degré de satisfaction dans la relation de couple, alors que la sécurité mesurée à partir d’autoquestionnaires se référant exclusivement à la relation avec le conjoint le permet.

 

Les réactions au stress.

 

La sécurité d’attachement favorise l’adoption de comportements constructifs, qui permettent de gérer ses émotions dans une situation éprouvante, alors qu’on note une tendance à hyperactiver le système d’attachement chez les personnes ambivalentes (anxiété, rumination) et à le désactiver chez les personnes évitantes (distanciation).

Le degré d’activation du système d’attachement se reflète tant au niveau des comportements qu’au niveau psychologique.

 

Les réactions à la séparation.

 

Comme l’enfant, l’adulte est d’autant plus enclin à déployer ses stratégies d’attachement quand il est séparé de sa figure d’attachement qu’il se trouve, en plus, dans un contexte menaçant et non familier.

Les réactions à la séparation varient d’un adulte à un autre, en fonction de son style d’attachement.

Les expériences vécues dans le passé et la manière dont elles ont été assimilées conditionnent encore l’individu dans ses relations adultes, non seulement avec ses enfants, mais aussi avec ses partenaires amoureux.

 

Représentations d’attachement et résolution de conflits.

 

Poussé à mettre en place un type de fonctionnement avec son partenaire, chacun n’est pas disposé de la même manière à être à l’écoute et à interagir efficacement avec lui/elle dans les moments de désaccord.

Kunce et Shaver ont conçu un autoquestionnaire divisé en 4 échelles (proximité, sensibilité, coopération et « maternage compulsif »). Personnes secures = proximité et sensibilité élevés ; personnes détachées = proximité et sensibilité bas ; personnes préoccupées et craintives = peu sensibles et plus tendance au maternage.

Adult attachment behavior scoring system : (système d’évaluation des comportements d’attachement adulte), conçu par Crowell et ses collègues, destiné à observer les comportements d’apport et de recherche de réconfort dans une situation conflictuelle se produisant fréquemment dans le couple.

L’attachement secure constitue un facteur de résilience qui favorise les réponses constructives à la détresse. Cette capacité accrue à résoudre les problèmes repose sans doute beaucoup sur la sensibilité aux besoins d’attachement, qu’il s’agisse de ceux de l’autre ou des siens propres.

 

Modèles de relations avec les parents et fonctionnement dans le couple.

 

Le modèle d’expérience avec les parents peut se transposer dans la relation de couple, par le biais d’une identification à ces derniers. L’individu adopte l’attitude que ses parents ont eue à son égard, en l’intégrant à son modèle de relation.

Corrélation entre l’état d’esprit vis-à-vis des parents et la qualité des interactions dans le couple.

Une des principales « armes » qui s’acquiert auprès des parents et qui contribue à l’harmonie du couple, est la capacité à maîtriser la frustration.

L’insécurité d’attachement prédispose à un manque de contrôle de l’affectivité, qui, en cas de contrariété, se caractérise par une immersion émotionnelle qui empêche d’aborder les difficultés posément, alors qu’une base secure (même intériorisée) favorise la gestion des problèmes affectifs ou relationnels.

 

Les réactions au conjoint.

 

La qualité de la communication et le degré de satisfaction varient en fonction du style d’attachement du conjoint.

Même sur le plan imaginaire, on se voit interagir différemment avec des conjoints d’attachement différent.

Le déroulement d’une relation dépend des styles d’attachement des 2 partenaires et de leur interaction. On réagit à son conjoint en fonction des qualités qu’il a, mais aussi en fonction de la complémentarité de celles-ci avec son propre fonctionnement.

Le MIO de la relation serait spécifique à la dyade formée avec le conjoint, mais les expériences passées orienteraient davantage le cours de la relation.

Le sentiment de pouvoir compter sur l’autre (sentiment de sécurité) permet de désactiver son système d’attachement et de se consacrer à d’autres domaines, comme  à d’autres personnes.

Bien qu’une personne forme durant l’enfance un MIO qui l’oriente dans ses relations interpersonnelles, elle n’est pas imperméable à l’autre et à ce qu’il induit dans les échanges.

 

Le choix d’une association.

 

3 hypothèses : 1, on recherche un conjoint qui ressemble à l’un de ses parents, ou aux deux, du point de vue des modalités d’attachement ; 2, on choisit un partenaire avec qui l’on peut mettre en place un mode de relation analogue à celui que les parents avaient entre eux ; 3, le partenaire serait choisi en fonction de sa propre organisation défensive, donc quelqu’un qui nous ressemble.

De l’observation du couple parental découle une représentation de la vie de couple et un certain modèle de conjoint. Donc le modèle du conjoint dépend de l’observation des parents pendant l’enfance, mais il résulte également des représentations que les parents ont eux-mêmes de leur propre conjoint.

Pour la représentation de soi-même en tant que conjoint, chacun s’identifie au parent de même sexe, mais a, en fait, intériorisé la représentation de soi du parent de sexe opposé (en plus toutefois, de celle du père pour l’homme).

Le choix d’un partenaire s’effectuerait aussi en fonction de l’organisation défensive que l’on a soi-même.

Bien que les rencontres soient en grande partie le fruit du hasard, cela n’est pas tant le cas dans le choix d’avoir ou non une relation durable avec quelqu’un de particulier.

L’autre n’étant pas un double de soi, la relation amoureuse durable peut conforter une personne dans son type de fonctionnement ou peut permettre de se libérer d’un modèle marqué par l’insécurité et le manque de confiance.

 

La perte d’une figure d’attachement.

 

La perte d’un être cher provoque une profonde détresse chez tous les humains du monde.

Bowlby a identifié plusieurs étapes dans la réaction à la perte, qu’il a d’ailleurs rapprochées de celles qu’il avait décrites chez l’enfant confronté à la séparation : phase d’engourdissement (on ne réalise pas encore la perte), phase de protestation (rumine), phase de désespoir (on réalise la perte, état dépressif).

Après le travail de deuil, les représentations de soi et de l’être disparu, subiraient une réorganisation pour permettre d’avoir un comportement adapté à la nouvelle réalité.

Une réaction saine à la perte d’un proche consisterait (à terme) à trouver une manière de maintenir un lien sécurisant avec la figure disparue, tout en reconnaissant l’impossibilité qu’elle soit physiquement présente et qu’elle satisfasse (concrètement) ses besoins d’attachement.

Deuil chronique : recherche de la personne disparue, état anxieux et dépressif.

Deuil inhibé : absence de tristesse, de colère ou de détresse, activité habituelles poursuivies, pas de recherche de soutien.

Ne pas appréhender la mort rendrait la personne vulnérable à des troubles psychiques ou somatiques.

 

VIII. Conclusion.

 

Aujourd’hui, le besoin de tendresse et d’affect paraît indispensable au bon équilibre de l’enfant.

Le modèle de Bowlby ne couvre pas à lui seul, tous les phénomènes psychiques à l’œuvre dans le fonctionnement affectif, ni tous les enjeux développementaux de la vie d’un enfant.

L’attachement, même s’il n’est pas seul à jouer un rôle, est souvent essentiel dans la manière dont une personne gère les aléas de la vie.

L’homme dispose d’une certaine liberté d’action, il n’est pas entièrement soumis à des conditionnements passés.

En introduisant des notions originales, Bowlby et ses successeurs ont apporté une nouvelle conceptualisation des processus émotionnels.

La capacité de conscience réflexive permet de contrecarrer les effets néfastes de l’insécurité d’attachement et de promouvoir un fonctionnement autonome, libéré des blessures du passé.

 

 

► J'ai franchement adoré ! Certes, un peu pénible à lire par moment, ennuyeux, mais tellement fascinant. Je le recommande vivement !



18/10/2012
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