Cours de psychologie

Introduction - TD

I. TD 1.

 

 

1. Simulation mentale gestuelle et mémoire visuelle :

 

Expérience d'OLIVIER et LABIALE (2008) :

 

Expérience en deux phases :

      - Phase 1 : apprentissage = mémorisations de formes en mouvements :

             + Mémoriser des mandalas qui se déplacent dans 4 directions possibles (gauche, droite, haut, bas).

             + Déplacement continu pour une durée de 4 secondes. Le participant pratiquait une poursuite oculaire de 4 secondes.

             + Une forme est présentée plusieurs fois et lors de la présentation elle se déplace systématiquement dans le même sens.

             + 4 modalités de la variable direction : gauche, droite, haut, bas.

      - Phase 2 : reconnaissance = reconnaître ces formes parmi des distracteurs.

             + Chaque cible a son distracteur.

             + Direction compatible ou incompatible entre apprentissage et reconnaissance.

             + On a manipulé la direction de la cible.

             + 3 possibilités :

                     . Pointillés : angle de décalage entre le trajet en apprentissage.

                     . Pleine : angle de décalage entre le trajet en apprentissage et le trajet en reconnaissance.

                     . 2ème situations : angle de 90° entre phase d'apprentissage et reconnaissance.

                     . 3ème situation : angle de 180° entre la direction de la cible en apprentissage et reconnaissance.

On mesure le % de réponses correctes (nombre de fois où ils ont reconnus les cibles).

Hypothèses :

      - Hypothèse cognitiviste : effet de la distance angulaire sur les performances.

      - Hypothèse énactionniste : effet de la compatibilité oculomotrice sur les performances.

Compatibilité oculomotrice : on utilise une paire de muscle commun on a une situation de compatibilité mais si c'est le contraire on a une situation d'incompatibilité.

      - Pour un angle de 90° incompatibilité oculomotrice (muscles verticaux en apprentissage et horizontaux en reconnaissance).

      - Pour un angle de 180° on a une compatibilité car il y a utilisation des muscles horizontaux en apprentissage et reconnaissance.

Hypothèse : impact négatif sur un angle de 90°.

Résultats : effet d'interaction entre direction en reconnaissance et angle de décalage entre apprentissage et reconnaissance (0°, 90°, 180°).

Lorsque la cible se déplace horizontalement, on retrouve le pattern de résultats attendus par les énactionnistes. Pour le coté vertical on ne retrouve pas ce résultat.

Explication : 2 facteurs :

      - Incompatibilité oculomotrice : je n'utilise pas les mêmes muscles des yeux pour faire ces deux mouvements distincts, il y a donc impact négatif sur les performances. L'être humain est plus performant sur les axes horizontaux que verticaux. Lors de l'apprentissage des cibles, les poursuites oculaires horizontales sont mieux contrôlées que les poursuites oculaires verticales. Le maintien du contact entre le regard et la cible est meilleur horizontalement que verticalement. Le sujet apprend mieux quand le contact est meilleur horizontalement. Dès le départ on peut penser que les cibles apprise horizontalement vont générées une meilleure performance de reconnaissance.

     - Apprentissage horizontale = impact positif. Plus il y a un apprentissage horizontal, moins il y aura d’incompatibilité oculomotrice apprentissage/reconnaissance

Interprétation :

     - Il y a bien un geste du regard effectué sur les cibles à apprendre qui va fortement influencer le rappel  lors de la reconnaissance.

     - Pour reconnaître des formes en mouvement je dois faire des poursuites oculaires lors de l'apprentissage.

     - « Je ne me souviens pas de la cible, je ne me souviens que de moi en train de suivre la cible du regard ».

 

2. L’amorçage visuo-moteur :

 

a. Expérience d’OLIVIER (2006) :

 

Expérience :

      - Tache : réagir à la couleur d’un pion = tache prétexte.

             + Lorsque le pion est blanc il faut appuyer sur le bouton le plus proche.

             + Si le pion noir il faut appuyer sur le bouton éloigné.

      - On mesure le temps de réaction (RT) (durée entre le moment ou l’image apparait à l’écran et le moment où le sujet soulève son doigt du bouton pour appuyer sur le bouton réponse).

Résultat : il y a un effet de la compatibilité entre geste effectif et geste mentalement simulé sur le temps de réponse des participants.

L’amorçage visuo-moteur : je vois un objet, et automatiquement mon cerveau me prépare à effectuer le geste de saisie de l’objet. Dans ce cas là : lorsque je perçois le pion, le cerveau va automatiquement imaginer le geste de saisie du pion. Ce mouvement peut être compatible ou pas avec le mouvement qu’on me demande d’effectuer réellement. Dans le cas ou le pion est blanc, les deux gestes sont similaires : il y a compatibilité entre geste effectif et geste mentalement effectué. Il y a incompatibilité dans le cas du pion noir : il est placé sur la photo au même endroit que le pion blanc, mais le bouton à appuyer ne correspond pas à la position du pion noir, il est plus loin. Donc le geste effectif ne correspond plus au geste mentalement effectué.

Les résultats montrent que le temps de réaction est plus important dans le cas ou il n’y a pas de compatibilité entre les deux gestes que quand il y a compatibilité.

Pour éviter qu’il y ait une VI non prévu, on change tous les paramètres de l’expérience : pion éloigné dans la photo, pion blanc = bouton éloigné, etc.

Interprétation : d’après les résultats obtenus à l’expérience, il y a bien une simulation mentale du geste d’atteinte

Problème :

       - Compatibilité de déroulement gestuel ? (effectif et mentalement simulé) à énaction.

       - Compatibilité de propriétés spatiales calculées dans le cerveau « ordinateur » STI » à cognitivisme.

Pour départager les deux opinions il faut montrer que la simulation gestuelle va interférer avec la réponse du participant.

 

b. Expérience d’OLIVIER & VELAY (2009) :

 

Expérience :

       - Tache : réagir au contenu d’un récipient. On présente sur l’écran d’ordinateur des images de récipients : ils devaient donner une certaine réponse si le contenu est vide ou si le contenu est plein. Pour cela on utilise soit :

              + Une bouteille : pour laquelle on a l’habitude de faire un geste de saisie à pleine main.

              + Une poivrière : pour laquelle on a l’habitude de faire un geste de pince.

              + Quelque soit le contenu du récipient, on utilise le même geste. Cependant on demande aux sujets d’avoir une réponse différente en fonction du contenu de la bouteille.

              + On utilise une condition neutre : un cercle vide ou plein (condition neutre : un cercle ne s’attrape pas), avec pour consigne les mêmes que pour les récipients vides ou plein.

              + Réponses :

                       . Récipient plein : les sujets doivent effectuer un geste de saisie à pleine main sur le dispositif.

                       . Récipient vide : les sujets doivent effectuer un geste de pince sur le dispositif.

      - On mesure le temps de réaction et le temps de motricité (durée entre le moment où on soulève la main de la plaque et le moment où il atteint le dispositif de réponse = durée du mouvement).

Résultats : il y a un effet de compatibilité entre le geste mentalement effectué et celui fait réellement.

Situations :

      - De compatibilité : geste de prise à pleine main pour bouteille pleine et geste de pince pour poivrière vide.

      - D’incompatibilité : geste de prise à pleine main pour poivrière pleine et geste de pince pour bouteille vide.

Résultats :

      - Effet spécifique sur les temps de motricité : cas d’incompatibilité, le temps de motricité augmente. Les résultats montrent que l’incompatibilité a un impact négatif sur les performances des participants.

      - Effet sur le temps de motricité uniquement sur les affichages longs (l’image reste à l’écran durant toute la durée du mouvement de motricité). Mais il n’y a aucun effet lors des affichages cours. Cela s’explique par le fait que tant que la bouteille est à l’écran, la simulation mentale persiste. Dans le cas où l’image disparait, la simulation mentale s’arrête, elle n’a plus lieu d’exister puisqu’il n’y a plus rien à saisir.

Interprétation : c’est en fonction du type de geste à effectuer sur l’objet perçu, qu’il y a une influence sur le déroulement gestuel. Il y a donc bien une influence du geste simulé mentalement et du geste effectif.

Conclusion : « La perception est une action mentalement simulée. » BERTHOZ, 1997

 

3. Les neurones miroirs :

 

Découverte majeure pour la psychologie.

Elle a été cependant royalement ignorée pendant une quinzaine d’années.

 

a. Découverte chez le singe :

 

Découverte chez le singe par hasard en 1995.

Expérience de RIZZOLATTI et al. (1996) :

       - Enregistrement de l’activité de neurones (par implantation d’une électrode sur le neurone en particulier) du cortex pré-moteur (aire F5) chez le singe.

       - En faisant ces enregistrements on a constaté que ces neurones s’activent, se déchargent dans deux situation :

               + Quand le singe effectue une action.

               + Quand le singe observe un autre singe ou l’expérimentateur effectuer la même action que celle effectuée auparavant.

       - Il y a trois situations d’expérimentation :

               + Le singe va faire un geste de saisie par pince d’un morceau de nourriture sur un plateau. On constate que quand le singe est observateur de l’expérimentateur qui effectue le même geste, le même neurone s’active.

               + Le singe va faire un geste de saisie par pince d’un morceau de nourriture sur un plateau. On constate que quand le singe est observateur de l’expérimentateur qui saisie la nourriture avec un autre geste, le neurone ne s’active plus.

               + Le singe va faire un geste de saisie par pince d’un morceau de nourriture sur un plateau dans le noir : le singe ne voit plus le geste, il ne perçoit que le geste moteur mais ne se voit pas faire le geste. On constate que quand le singe est observateur de l’expérimentateur qui effectue le même geste, le même neurone s’active.

       - Interprétation :

               + Neurones miroirs ont à la fois des réponses visuelles et motrices.

               + Lorsque nous observons autrui effectuer une action, automatiquement nous nous préparons à exécuter cette même action.

               + On peut dire que ces neurones miroirs sont des neurones qui « représentent » les actions intérieurement.

Chaque geste précis va avoir un groupe de neurones qui va coder précisément pour ce geste.

 

b. Les neurones miroirs chez l’homme :

 

L’existence des neurones miroirs chez l’homme n’a été prouvée qu’en 2010.

On suppose tout de suite qu’ils jouent un rôle très important dans la condition sociale, et plus particulièrement dans les processus affectifs, notamment l’empathie.

Remise en cause de théories, notamment dans l’autisme : anomalie du fonctionnement de ces neurones. Les neurones miroirs chez les autistes fonctionnent différemment que chez la plupart des gens.

 

c. Les neurones canoniques :

 

Catégorie particulière des neurones miroirs. Ils s’activent comme les neurones miroirs, mais également dans une troisième situation.

Ce sont des neurones qui déchargent à la vue d’un objet saisissable par le mouvement de préhension de la main codé par ce neurone.

Il y aurait en permanence des activations pour tout ce qu’on perçoit. Pour un type de mouvement, il y a un groupe de neurones qui code pour ce mouvement.

Ces neurones canoniques, c’est comme si le cerveau anticipait en permanence une interaction possible avec cet objet et se préparait en conséquence.

 

 

VII. TD 2.

 

 

Comment fonctionne le cerveau ? Traite des informations issues de nos 5 types de perception.

Que se passe-t-il lorsque nous percevons une pomme ? Représentation mentale = mise en relation entre ce que je perçois et les représentations qu’on se fait.

La métaphore cerveau-ordinateur :

            - Contre : cerveau subjectif alors que pc objectif.

            - Pour : traitement d’informations.

            - Stockage illimité dans le cerveau.

            - Retrouver des informations : plus simple dans le cerveau.

            - Suppression volontaire dans ordi et non dans cerveau.

            - Plasticité cérébrale impossible dans cerveau.

 

1. Les 3 étapes de la psychologie cognitive :

 

Cognitivisme :

         - Apparu dans les années ’50 pour savoir ce qui se passe dans la boîte noire → après le béhaviorisme on décide d’ouvrir la boîte noire et voir ce qui se passe dedans.

         - Cerveau – ordinateur = système de traitement d’informations → description de manière très info.

         - En ordi des modèles formels → aucun soucis de possibilité bio (fonctionnement et non structure cérébrale).

 

Connexionnisme :

         - Apparait dans les années ’80.

         - RUNNECHART et McCLELLAND.

         - Faire la différence entre neurones formels et neurones bio ? On continue à construire des modèles formels mais uniquement avec le réseau de neurones formels → soucis d’implanter les modèles formels dans le cerveau.

         - Toujours cerveau = ordi, mais on a la préoccupation de localiser ce traitement de l’information dans le cerveau.

         - KOSSWIN (1994).

 

L’énaction :

         - Apparaît dans les années ’90.

         - Considère le cerveau comme un simulateur de comportement. « Je ne connais pas l’objet, je ne connais que moi en train d’agir sur cet objet » → lorsque je perçois un objet on va avoir une activation globale qui va à la simulation globale du geste que je pourrais faire sur cet objet.

         - Toute connaissance a une dimension gestuelle.

         - Du mal à expliquer les connaissances tel que justice, etc…

         - Théorie de la gestualité des connaissances.

         - Omniprésence de la motricité.

         - Application possible : on peut activer les connexions du cerveau uniquement en simulant un geste ou une action.

 

2. La rotation mentale :

 

SHEPARD et METCLER (1971) :

        - Demande aux participants de comparer les paires de formes en 3D et de déterminer si elles étaient identiques ou pas.

        - VD : temps de réaction.

        - Résultat : corrélation plus forte entre le temps de réaction et l’angle de rotation.

        - Interprétation : rotation des formes dans un espace mental → on peut mentalement manipuler un objet. Comment ? On suppose que la vitesse de rotation est codée → métaphore cerveau-ordi.

        - Problème : on ne sait pas à quoi correspond cet espace mental ni qui retourne ces objets mentaux.

 

OLIVIER et CABIALE (2000) :

       - Expérience : On présente aux sujets des horloges avec différentes orientation. On les oppose 250 ms sur un écran et on leur demande quelle est l’heure affichée sur l’horloge.

       - VD : temps de réaction = moment ou l’horloge apparaît et moment où le sujet donne sa réponse.

       - Résultat : Plus l’angle de notation de l’horloge est important plus les sujets mettent de temps pour répondre.

       - Ils avaient mesuré les habitudes d’inclinaison de la tête vers la droite ou vers la gauche (céphalomotrices) → on présente des photos à l’envers et on observe les habitudes céphalomotrices des sujets.

       - Interprétation : globalement les sujets sont plus rapides pour donner leurs réponses lorsque l’inclinaison de la tête nécessaire pour réduire le décalage de l’horloge correspond aux habitudes céphalomotrices des sujets.

       - Suppose que les sujets effectuent une simulation mentale de l’inclinaison de la tête pour donner leur réponse.

       - Ce n’est pas l’objet qui tourne dans SHEPARD et METCLER mais c’est la tête qui tourne.

 

Olivier (2008) :

       - Déterminer si la poignée affichée à l’écran est une poignée de porte gauche ou droite.

       - Tous les sujets sont droitiers.

       - VD : temps de réponse.

       - Résultat : temps de réponse droite inférieure au temps de réponse gauche.

       - Interprétation : face à une poignée de porte inclinée, les sujets doivent mentalement simuler un geste de saisie avec la main droite ou gauche → les droitiers sont plus rapides pour simuler un geste d’atteinte et de saisie de la poignée avec la main droite.

 

3. L’exploration mentale :

 

KOSSLYN, BALL et REISER (1978) :

       - On demande à des sujets d’apprendre par cœur une carte et d’être capable de la reproduire.

       - On leur retire la carte. On dit un des détails de la carte et le sujet doit mentalement s’imaginer la carte et visualiser ce point.

       - 5 secondes après on lui donne un deuxième détail de la carte, il doit faire mentalement le trajet entre ces deux détails et appuyer sur un bouton pour dire qu’il est arrivé.

       - VD : temps de réponse.

       - Résultat : corrélation positive entre la taille et le temps (quasi-linéaire) → plus la taille est grande plus le temps de réaction est grand.

       - Interprétation : cerveau = ordi → mentalement scanné à une vitesse constante (quasi-linéairement en fonction de la distance).

       - Représentation mentale des cartes à des distances mnésiques parfaitement conservées aux distances mnésiques réelles.

 

OLIVIER et COLL (2001) :

       - Protocole en 3 temps :

                + Mémorisation (10secondes).

                + Maintient (10secondes) :

                         . Groupe contrôle : fait rien ou ce qu’il veut.

                         . Groupe verbal : voix haute pendant 10secondes.

                         . Groupe oculaire : point sur l’écran qui se déplace de façon aléatoire puis flash (mouvement oculaire aléatoire).

                         . Groupe contour : suivent du regard 1 point en mouvement qui se déplace le long des bords de la figure présentée en phase de mémorisation.

                + Rappel : les participants doivent reconstruire la forme qu’ils devaient mémoriser.

       - VD : nombre d’erreur (entre 0 et 8 puisque 8 formes sont présentées).

       - Résultats : Pendant la phase de maintien on continue de simuler mentalement des mouvements oculaires → exploration mentale de la forme.

 

PAZZAGLIA (années ’70) :

      - Expérience faire avec des patients souffrant d’héminégligence spatiale (= patients qui négligent la moitié de leur espace [gauche le plus souvent] suite à une lésion de la partie droite de leur cerveau → ils voient mais le cerveau ne traite pas ce qui se passe à gauche).

      - On leur demande des tâches d’exploration mentale de la place du Dogme à Milan. Le patient doit s’imaginer être sur cette place et il doit :

                + Décrire tout ce qu’il voit en étant face à l’église.

                + Décrire ce qu’il voit en étant dos à l’église.

      - Résultats :

                + Quand ils sont face à l’église ils décrivent que le côté droit.

                + Dos à l’église, ils décrivent que le côté gauche.

      - Interprétation : ils connaissent la place mais selon leur position ils vont décrire un des côtés uniquement. L’héminégligence spatiale se situe dans l’espace imaginaire.

 

Comment fonctionne le cerveau ? Simulateur de comportement.

Que se passe-t-il lorsque nous percevons une pomme ? Simulation mentale du geste ou du regard sur la pomme. 



29/06/2012
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