Cours de psychologie

Introduction - cours

Psychologie Cognitive

 

Introduction Cognition et Ergonomie

 

 

La mémoire dans tous ces états par Verace, Bevers et Padovan, 2002

Invitation aux sciences cognitivistes

Varela, F. (1989) Connaitre les sciences cognitives, Seuil.

Dupuy, J. F. (1999) A l’ origine des sciences cognitives, Ed. La découverte.

Kosslyn, S. M. (1980) Image and mind, Harvard University Press.

Kosslyn, S. M. (1994) Image and brain, MIT Press.

Olivier, G. (2012) La cognition gestuelle, PUG

Edelman, G. (2007) La science du cerveau et la connaissance, Odile Jacob.

Varela, F., Thomson, E., et Rosch, E. (1993) L’inscription corporelle de l’esprit, Seuil.

 

Présenter l’évolution de la psychologie cognitive.

Présentation de modèles représentant l’organisation cognitive et présentation d’exemples qui illustrent différentes étapes de la psychologie cognitive.

L’accent sera mis sur la dernière étape : l’énaction.

 

 

I. Introduction.

 

 

L’action construit nos perceptions du monde.

Nous percevons uniquement des possibilités d’actions, on perçoit ce avec quoi nous allons agir.

La pensée est un acte. Le fait de penser, peut activer des zones comme si on faisait cet acte (Ramachandran).

 

Spinoza :

L’homme est avant tout un acte qu’une médiation sur le monde.

C’est un acte de penser, mais avant tout de vouloir et de désirs pour lui, l’homme.

« Quand nous voulons …

→ Le jugement ne porte pas sur les propriétés de l’objet, mais c’est l’acte de juger qui confère à l’objet ses propriétés.

C’est dans l’acte de jugement que nous percevons l’objet. Rien n’existe indépendamment de nous ou de l’observateur.

Parce que les hommes ignorent ce qui les déterminent à désirer : ils pensent qu’il existe des choses qui sont en elles-mêmes désirables, c’est-à-dire qui portent en elles la qualité de bon ou mauvais et ce de façon transcendantale.

 

Cerveau siège de l’information.

Le cerveau : Réceptionne, interprète, code, synthétise, stocke, puis réutilise l’information.

 

Allen Newell, né le 19 mars 1927, mort le 19 juillet 1992, était un chercheur en informatique et psychologie cognitive à la compagnie RAND et à la Carnegie-Mellon’s School of Computer Science. Il a contribué à the Information Processing Language (1956), et à deux des premiers programmes en IA, the Logic Theory Machine (1956) et le General Problem Solver (1957) (avec Herbert Simon).

C’est à partir de là (1950) qu’on a fait le parallèle entre le cerveau et l’ordinateur.

 

1. Objet :

 

Décrire, expliquer et le cas échéant simuler le comportement humain par l’étude des principales fonctions et capacités de l’esprit humain : langage, raisonnement, décision, perception, planification motrice, émotion etc…

Pour Watson (1929), un comportement c’est ce que fait et dit un organisme.

Le modèle va conditionner notre approche de la Psychologie cognitive.

 

2. La cognition :

 

a. Définition :

 

C’est l’activité mentale associée au traitement et à la compréhension de l’information – Branche de la psychologie.

Série de processus : l’attention ; la perception ; la mémoire.

Etudie les processus internes qui permettent :

      - De donner du sens à notre environnement,

      - De décider d’agir de manière appropriée : perception, attention, mémoire, apprentissage, langage, raisonnement, résolution de problèmes, musique.

      - Objectif comprendre et décrire la pensée humaine.

 

b. Historique :

 

La psychologie cognitive est apparue en réaction au courant Behavioriste.

Un stimulus engendre systématiquement une réponse.
C’est cette réponse qui est la seule donnée objective à prendre en considération.

Deux approches différentes tant du point de vu théorique et méthode.

      - Behaviorisme : observe de manière externe. Stimulus → Réponse

      - Cognitivisme : investit le sujet pour comprendre ses états mentaux. Stimulus → STI → Réponse

STI = Système de Traitement de l’Information. Il gère l’information, c’est la « boîte noire ».

 

L’action ou la pensée implique la mise en place de stratégie de résolution. Sur le plan théorique la recherche porte sur la nature et la manipulation des états mentaux qui guident nos conduites.

Le Behaviorisme va se contenter d’observer les comportements tandis que le Cognitivisme va investir le sujet pour comprendre ses états mentaux.

La psychologie cognitive envisage la pensée comme un STI.

 

c. Les mesures de la cognition :

 

Mesures directes/explicites : le participant est interrogé sur des contenus conscients et c’est le contenu conscient que l’on étudie, mais cela pose problème car il y a un biais de désirabilité.

Quand on pose des questions directes sur des contenus conscients on ne peut statuer sur le caractère automatique ou non conscient du processus que l’on cherche à étudier.

Ex : Quel vote ferez-vous en 2002 ?

Les gens n’ont pas répondu Jean-Marie Le Pen, parce qu’au niveau désirabilité sociale ce n’est pas correct ! (partie de l’iceberg qui se voit).

C’est pourquoi on utilise plutôt des mesures indirectes ou implicites.

Des mesures indirectes ou implicites : le participant est interrogé sur des contenus conscients et c’est les contenus inconscients que l’on étudie (partie de l’iceberg pas visible).

 

3. L’ergonomie :

 

Le mot ergonomie vient du grec ergon (travail) et nomos (lois, règles), ergonomie = sciences du travail.

Objet : l’adaptation du travail à l’homme (amélioration des conditions de travail).

 

Nécessité de considérer tous les aspects du travail : physiologiques, psychologiques, facteurs sociaux, facteurs objectifs et subjectifs.

Une meilleure adaptation du travail à l’homme aura pour résultat la satisfaction des opérateurs, leur confort, leur santé mais aussi l’efficacité de leurs conduites opératoires.

 

L’ergonomie s’intéresse à deux grands types de problématiques :

       - adaptation de l’outil aux caractéristiques physiologiques et morphologiques de l’être humain ou d’une certaine population = ergonomie physique.

       - adaptation des outils au fonctionnement cognitif des utilisateurs = ergonomie cognitive.

Dire que quelque chose est « ergonomique » ne veut rien dire en soi : un objet ou situation n’est ergonomique que pour une personne donnée ayant un objectif donné.

Ergonomie physique = partie visible.

Ergonomie cognitive = partie non visible.

→ Importance du modèle cognitif adopté pour penser l’ergonomie (pour penser l’ergonomie, on doit d’abord connaitre le modèle cognitif).

La théorie vers laquelle on va se tourner en psychologie cognitive va nous aider dans la façon de penser l’ergonomie cognitive.

 

4. Historique et bases :

 

Depuis sa naissance la psychologie cognitive a évolué.

Il s’agit d’une science vivante.

On distingue plusieurs (4) étapes :

        - Etape cybernétique :

               + Située de 1946 à 1956 : les conférences Macy.

               + C’est une étape de la gestation de la psychologie cognitive, elle s’est accompagnée de plusieurs hésitations théoriques.

        - Etape cognitiviste :

               + Débute dans les années ’60 et dure jusqu’à la fin.

               + Naissance de l’orthodoxie : hégémonie de la métaphore informatique.

        - Etape connexionniste :

               + Débute dans les années ’80 et continue encore aujourd’hui.

               + La principale caractéristique concerne les modèles de fonctionnement qui sont incarnés.

               + Les modèles sont localisés précisément dans le cerveau.

        - Etape de l’énaction :

               + Elle commence à la fin des années ’80 et se poursuit encore aujourd’hui.

               + Hypothèse de l’énaction :

                          . Symbolisée par la toile CRANACH « Adam et Eve » → symbolise l’hypothèse de l’énaction, ainsi que la phrase de CLAIRVAUX « La connaissance n’est pas dans le fruit, mais dans l’acte de le cueillir » : je ne connais pas l’objet, je ne connais que sa fonction.

                          . Il n’existe pas d’objet mental représentant dans le cerveau l’objet du monde. Quel est alors le contenu de la connaissance ? → Geste intériorisés qui imitent l’objet.

                          . Son hypothèse est donc :

                                    - Corporéité de la connaissance.

                                    - Gestualité de la connaissance.

 

Précurseurs : Georges MILLER et Jérôme BRUNER, (7 plus ou moins 2 items) professeurs à HARVARD.

L’esprit a la capacité d’effectuer un traitement logique. En 1956, BRUNER présente son expérience sur la catégorisation, il attire l’attention sur les limites de la mnésique du psychisme humain. Pour surmonter ces limites, l’esprit effectue un traitement logique. L’idée de l’utilisation de stratégies mentales change radicalement de perspective par rapport au courant Behavioriste.

 

Les travaux en psychologie cognitive portent sur la nature des états mentaux qui guident les conduites et les comportements intelligents. La psychologie cognitive envisage la pensée comme un dispositif de traitement de l’information. Le système cognitif humain fonctionne sous la forme d’un STI avec une mémoire (représentations) et des processeurs (processus).

L’ordinateur est une machine de traitement de l’information.

        - Transforme les données entrées sous forme de chiffres, images ou mots (input).

        - Fournit des réponses (output).

En fonction d’un programme (logiciel) qui génère
une suite d’opérations logiques ordonnées. 

 

 

5. Psychologie cognitive : définition :

 

La psychologie cognitive fait partie des cinq pôles des sciences cognitives :

 

 

Pour comprendre l’évolution de la psychologie cognitive il faut la replacer dans un cadre plus général : celui des sciences cognitives.

Les sciences cognitives ont pour but de modéliser les fonctions mentales ou la pensée humaine en regroupant un ensemble de disciplines scientifiques.

 

a. Intelligence artificielle :

 

Discipline évoluée de l’informatique. Le grand projet était de créer des machines pensantes (sous forme d’un algorithme).
Concevoir des machines dotées de capacités intellectuelles comparables à celles des êtres humains.

Ces systèmes d’intelligence artificielle reposent sur un stockage important d’informations et le traitement de l’information et de règles.

Elle nait en 1936 : année où la machine de TURING a été construite, conçue par Alan TURING (mathématicien anglais). Elle fut conçue dans le but de faire des calculs, ce qui permet de résoudre des problèmes (Il manipule des séquences de 0 et de 1. Cette manipulation est possible grâce à la présence d’une fenêtre qui sélectionne un des symboles de la séquence et elle modifie le symbole sélectionné et peut également se déplacer le long de la séquence vers la droite ou vers la gauche). Cette machine a donné lieu à Deep Blue I.B.M. (connue pour avoir battu un champion d’échec en 1997, c’était la première confrontation entre l’homme et la machine). Cette défaite de l’homme par rapport à la machine pose une question : à quel point la machine peut devancer l’homme ? TURING invente le test de TURING pour répondre à cette question (cherche à illustrer les limites de capacités d’imiter l’humain) : un homme dialogue en même temps avec une machine et un être humain, cet homme doit déterminer en fonction des réponses qu’il reçoit qui répond (l’ordinateur ou l’être humain). C’est l’ordinateur qui est testé, et pour qu’il passe le test il faut qu’au moins 30% des volontaires prennent l’ordinateur pour un être humain. Chaque année au moins un ordinateur passe ce test, mais depuis les années ’50, aucun n’a réussi ce test.

 

L’IA contribue fortement à modéliser les comportements humains.

Quelle est l’influence de l’IA sur la psychologie cognitive ? Elle a influencé le choix du format des représentations cérébrales, qui peuvent être :

      + De nature analogique : représentation qui conserve une ressemblance avec ce qu’elle représente.

      + De nature digitale :

               . Représentation créée à partir d’une numérisation du réel et qui donne un code numérique représentant l’image réelle.

               . Représentation digitale est un codage numérique du réel.

               . Elle a dirigé la psychologie cognitive vers une représentation digitale des représentations cérébrales.

 

b. Linguistique :

 

Définition de la linguistique : science qui a pour objet les langues (= systèmes de signes verbaux) et les langages (= communication par ces signes).

Quelle est l’influence de la linguistique sur la psychologie cognitive ?

        - Hypothèse d’une connaissance innée, structurée comme un langage.

        - Noam CHOMSKY (linguiste et philosophe américain) avance l’idée d’une grammaire universelle (la grammaire générative). Il existe des principes grammaticaux qui sous-entendent le langage. Son idée est que ces mêmes principes sous-entendent tous les langages et en plus ces principes seraient innés. Trouver une structure profonde de la langue.

 

c. Neurosciences :

 

Base biologique, anatomique. Etude scientifique du système nerveux.

Toutes les connexions dans le cerveau sont réciproques, à l’exception des boucles unidirectionnelles et des ramifications du tronc cérébral.

Se base sur :

      - Point de vue de sa structure : base d’anatomie cérébrale :

              + Lobes du cortex :

                     . Frontal.

                     . Pariétal.

                     . Occipital.

                     . Temporal.

                     . Gyrus cingulaire.

              + Structures sous corticales : il s’agit essentiellement des noyaux de la base :

                     . Noyau lenticulaire.

                     . Hippocampe.

                     . Amygdale.

                     . Thalamus.

             + Boucles poly-synaptiques : constituent des connexions unidirectionnelles. C’est une structure très importante pour le fonctionnement du cerveau. Il y a trois étapes dans ces boucles :

                     . La première étape : lobe frontal → noyaux de la base.

                     . La deuxième étape : noyaux de la base → thalamus.

                     . La troisième étape : thalamus → lobe frontal.

             + Aires corticales :

                     . Subdivision des lobes corticaux.

                     . Il y a plusieurs critères pour la subdivision des lobes corticaux :

                              - Critères anatomiques : BRODMANN étudia les couches de cellules qui constituent le cortex. En fonction de l’organisation de ces couches, il a délimité 47 aires.

                              - Critère fonctionnel : on distingue les aires motrices, visuelles, auditives, somesthésiques, etc.

                     . Cas de correspondance de la classification anatomique et la classification fonctionnelle : dans le lobe frontal on trouve le cortex moteur qui correspond à une unique aire de BRODMANN (la n°4). Cela reste assez rare, et prédomine une non correspondance entre ces deux classifications : cortex somesthésique (S1) correspond à trois aires de BRODMANN différente (la n°1, 2 et 3) et l’aire de BROCA (fonction motricité phonatoire) correspond à deux aires de BRODMANN (la n°44 et 45).

             + Connexions réciproques : on distingue trois sortes de connexions réciproques :

                     . Thalamo-corticales.

                     . Corticales intra-hémisphériques :

                              - Connexions courtes : connexions réciproques entre aires visuelles dans le cortex occipital.

                              - Connexions longues : connexions réciproques entre l’aire de BROCA et l’aire de WERNICKE, relient lobe frontal au lobe pariétal.

                     . Corticale inter-hémisphériques : corps calleux.

             + Noyaux du tronc cérébral : ils se situent sur le tronc cérébral. Ils diffusent de longues ramifications sur l’ensemble du cerveau.

      - Point de vue de son fonctionnement :

             + Etude du cerveau visuel par HUBEL et WIESEL :

                     . Technique : enregistrement unicellulaire.

                     . Expérience faite sur un chat anesthésié dont les yeux sont maintenus ouverts artificiellement.

                     . En présentant une barre de lumière au chat, et il n’y a pas de réponse. En changeant l’orientation du stimulus, on observe une réponse du neurone.

                     . Conclusion : réponse sélective du neurone en fonction de l’orientation du stimulus visuel.

 

 

d. Philosophie de l’esprit et épistémologie :

 

Fador a proposé une interaction entre le cerveau et la pensée.

Théorie de la connaissance : étude à la fois de l’origine et de l’organisation des connaissances.

Les théories de la connaissance sont proposées par les philosophes : KANT (18ème s) et AVICENNE (10ème s), ils ont travaillé tous les deux sur la même question essentielle pour la psychologie cognitive : A quoi ressemble le monde réel en dehors de tout point de vue, de tout monde vécu ? Notre rapport au monde Réel ?

       - 1er monde : le monde réel.

       - 2ème monde : le monde vécu, expérience vécue en présence de l’objet, correspond au point de vue sur le monde réel. Ce monde vécu est différent selon les espèces. Il varie en fonction des systèmes nerveux des différentes espèces.

Toutes les épistémologies ne se basent pas sur la philosophie. Certaines se basent sur la science naturelle. C’est le cas de celle proposée par PIAGET, qui propose l’épistémologie génétique

→ Il s’agit d’explorer les mécanismes de la pensée en action

 

e. Psychologie cognitive :

 

Recherche des différentes étapes mentales.

Imagerie mentale : capacité à évoquer une personne ou un objet.

La psychologie cognitive peut être définie à la fois par :

        - Son objet :

                 + Etude chez l’être humain de l’organisation des fonctions (perception, mémoire, langage, attention, etc.).

                 + Utilise la méthode expérimentale, avec la technique d’enregistrement des temps de réaction.

        - Sa méthode :

                 + Recueillir et analyser des traces de l’activité mentale afin de décrire et modéliser les représentations et les processus qui gouvernent les comportements.

                 + Cette description trouve son achèvement dans le modèle cognitif.

 

6. Objectifs :

 

Un modèle cognitif a pour but de décrire avec précision les déroulements des processus cognitifs mais aussi la forme de la RM (représentation mentale) qui a été élaborée par le sujet.

 

 

Il y a 2 processus de reconnaissance des mots écrits.

On voit un mot, on le traduit (conversion en son : médiation phonologique), il donne la représentation lexicale  par voie directe. Pour les mots utilisés fréquemment, on a accès soit par accès direct ou par la représentation lexicale. Il est une représentation simplifiée visant à modéliser des processus psychologiques ou intellectuels.
Leur champ d'application est principalement la psychologie cognitive et l'intelligence artificielle à travers la notion d'agent. Les sciences cognitives se servent de manière récurrente de modèles cognitifs : devant la complexité des processus permettant d'expliquer les raisonnements et les comportements, il est en effet pratique de passer par des hypothèses simplificatrices sous forme de modèles. Un modèle étant cependant une représentation permettant d'appréhender plus simplement un aspect d'un problème, de nombreux modèles cognitifs peuvent se côtoyer, chacun apportant un éclairage particulier sur un aspect particulier.

 

 

 

II. La cybernétique ou l’étape de gestation.

 

 

Correspond au cycle des conférences Macy.

La première conférence Macy a lieu à New York en 1946, à l’initiative de MCCULLOCH (neuropsychiatre et mathématicien) et WIENER (mathématicien) sur le thème de l’auto-organisation.

 

1. Contextes :

 

a. Scientifique en 1946 :

 

50 ans que la psychologie expérimentale est née.
Elle est née dans deux villes simultanément : Université de HARVARD à Cambridge en 1876 et à Leipzig. WUNDT et JAMES avaient une conception différente de la psychologie : WUNDT parlait d’état de conscience, conception plus statique, et JAMES parlait de coulées de conscience, conception plus dynamique. Cela mène à deux écoles de la psychologie, l’une selon les conceptions de WUNDT et l’autre selon celles de JAMES.

30 ans que le Behaviourisme existe. Les caractéristiques du behaviourisme sont la prudence méthodologique, que certains qualifient de censure, étudie les comportements et les stimuli. Le point commun entre les comportements et les stimuli est qu’il s’agit d’entités observables. Depuis la création de la psychologie expérimentale, on utilise surtout l’introspection (= décrire soi même ses propres états mentaux). Cette méthode va être bannie.
Durant cette période on comparera la boite crânienne à une boite noire.

Les années 40 sont une grande période de créativité.
Durant cette période vont voir le jour trois nouvelle théories de la connaissance, basées sur les sciences naturelles :

       - Théorie de la connaissance de PIAGET : épistémologie génétique.

       - Théorie de la connaissance de LORENZ : épistémologie évolutive.

       - Théorie de la connaissance de MCCULLOCH : épistémologie expérimentale.

 

b. Politique en 1946 :

 

Après guerre : fin de la 2ème GM. On ne peut que constater le triste état dans lequel se trouve l’humanité (bombes atomiques sur le Japon, camps de concentration, etc.). Début de la Guerre Froide, qui va mener à la construction du Mur de Berlin.

 

2. Conférences Macy à New York :

 

C’est dans ce contexte que se réunissent des psychologues, sociologues, psychanalystes, neurobiologistes, etc. dans la première conférence Macy. L’objectif est de créer une science de l’esprit. Il y a une rupture avec le behaviourisme. Cette science est la cybernétique.


Définition de la cybernétique : Epistémologiquement : art de gouverner. Etude des mécanismes de contrôle et de communication dans les organisations à tous les niveaux :

      - Organisation humaine au niveau :

            + Social.

            + Neuronal → exposé de MCCULLOCH sur les réseaux de neurones : si on s’intéresse à l’activation dans les réseaux de neurones, on peut la décrire par la logique mathématique. Deux exemples :

                    . Neurones ET : s’active si A et B sont activés.            .
                    . Neurone OU : s’active si A ou/et B sont activés.

 

    

       - Organisation des machines :

              + Architecture VON NEUMANN qui caractérise encore les ordinateurs actuels.

 

 

           + Opposition entre ceux qui pensent que :

                    . Le cerveau fonctionne comme un système de traitement de l’information. Dirigée par VON NEUMANN.

                    . WIENER objecte en insistant que le cerveau est auto-organisé. Il insiste donc sur l’autonomie de l’organisation cérébrale : il n’y a pas d’unité de contrôle dans le cerveau.

           + GESTALT : cerveau = organisation d’un ensemble d’éléments qui fait que le tout est supérieur à la somme des éléments. Le format des représentations seraient analogiques.

           + La balance a penché en faveur de la métaphore de l’ordinateur. On est dans une phase d’orthodoxie cognitiviste.

 

 

 

III. L’orthodoxie cognitiviste.

 

 

Naissance officielle de la psychologie cognitive : programme de recherche mis en place au MIT en 1956.

L’hypothèse générale est que « penser c’est calculer ».

 

Deux postulats cognitivistes :

        - Existence de plusieurs niveaux d’organisation des connaissances. Plus précisément il en existe 3 :

 

 

       - Pensée innée :

               + Existence d’un langage de la pensée « Mentalais ». FODOR.

               + Le nouveau né nait avec une connaissance innée de la grammaire. L’enfant né « sachant ».

 

 

1. Modèles :

 

Modèles : description du niveau symbolique.

Pas de référence au niveau physique.

 

Deux exemples :

        - Modèle de la mémoire de travail : garder une information nouvelle présente à l’esprit pendant quelques temps. Modèle de BADDALEY et HITCH en 1974. On constate qu’il respecte l’architecture du modèle de VON NEUMANN.

 

 

      - Imagerie mentale : capacité que nous avons à visualiser des objets absents. Modèle de KOSSLYN qui est une suite d’instructions dans.

 

 

Modèles cognitivistes : description des calculs qui se font sur des symboles numériques.

 

2. Expériences :

 

Que montrent ces expériences ?

Deux exemples :

        - Scanning mental par KOSSLYN et al (1978) :

                + Matériel :

                         . Carte d’une ile.

                         . On localise avec précision 7 éléments localisés grâce à des points.

                + Procédure :

                         . Phase 1 : Phase d’apprentissage.

                                  - Les sujets doivent étudier la carte de manière à pouvoir visualiser une image mentale.

                                  - L’image mentale doit être précise.

                                  - Pour vérifier la précision de l’image, l’expérimentateur donne une feuille de papier aux sujets en lui demandant de dessiner de mémoire des points qui correspondraient à la localisation des 7 éléments de la carte. Il faut aussi que les sujets soient capables de dire à quel élément chaque point correspond.

                         . Phase 2 : Scanning mental.

                                  - On demande au sujet de visualiser la carte.

                                  - Une fois que la carte est visualisée, on nomme un des éléments. Le sujet doit fixer mentalement cet élément.

                                  - Un deuxième élément est nommé. Le sujet doit scanner la carte vers ce deuxième élément. « Il doit imaginer un point qui se déplace du premier au deuxième élément ». Il doit ensuite indiquer quand le deuxième élément est atteint en appuyant sur un bouton. On mesure le temps entre l’énoncé du deuxième élément et le moment ou on appuie sur le bouton.

              + Hypothèse : si la distance entre les deux éléments augmente alors les temps de réponse vont augmenter.

              + Résultat de l’expérience :

 

 

                   + Interprétation : il y a l’affichage d’une image numérique, suivie de calculs. Donc plus la distance augmente, plus les calculs prennent du temps/sont compliqués.

        - COOPER (1975) :

                   + Matériel :

                            . Utilisation de polygones irréguliers.

                            . Utilisation de l’image en miroir de ces polygones.

                   + Procédure :

                            . Phase 1 : Phase d’apprentissage.

                                     - Les sujets apprennent de différencier les versions originales des images en miroir.

                            . Phase 2 :

                                     - On fait varier l’orientation des polygones, qui sont présentés soit :

                                              + Dans leur position initiale.

                                              + Avec une rotation de 60°.

                                              + Avec une rotation de 120°.

                                    - Le sujet doit dire si le polygone incliné est l’original ou s’il s’agit de l’image en miroir.

                                    - On mesure le temps qui sépare l’affichage du polygone incliné et la réponse.

                  + Hypothèse : si la distance angulaire entre orientation initiale et l’orientation présentée du polygone augmente alors le temps de réponse augmente aussi.

                  + Résultats : corrélation positive entre distance angulaire et temps de réponse.

                  + Interprétation : l’affichage du polygone incliné dans la matrice conduit à des calculs de toutes les positions intermédiaires jusqu'à l’orientation perçue. Plus il y a de positions intermédiaires et plus les calculs sont nombreux et compliqués.



29/06/2012
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