Cours de psychologie

Histoire de la psychologie (suite 2)

IX. Le romantisme (18 et 19ème siècle).

 

                               

Irrationalisme, « face obscure » de l’homme.

C’est une attitude de l’homme à le langage de l’époque était trop rationnel pour décrire ce qu’est le romantisme.

Désillusion après l’exercice de la Raison; exploration du moi intime.

Prudence et analyse → intuition et spéculation.

Culte de l’individuel.

Influence toute l’Europe du 19è s et tous les domaines du savoir (médecine, philo, art, littérature, etc.).

 

1. Conscience, raison, philosophie :

 

Mettre en sommeil la conscience :

 

Forces inaccessibles à la connaissance rationnelle et à la conscience (inconscience).

Abandon à l’inconscient et démission de la conscience pour quête de vérité.

Nuit, mort, rêves inspirent les artistes (=>sommeil de la conscience).

Signification des rêves.

 

Mettre en sommeil la raison :

 

Absence de raison est une source possible de vérité.

Autre regard sur la folie.

Vœu de déraison → aliénation mentale.

Inadaptation, marginalité, sensibilité extrême.

Destins tragiques.

Goût pour le mystique.

// croyances Moyen-âge.

 

Philosophie de la nature et inconscient :

 

Sensibilité → unisson avec nature et autres hommes.

 

« Totalorganismus » et unité de la nature.

Naissance de la philosophie de la nature (Naturphilosophie) = étude des forces (+ ou – visibles) qui la parcourent, comme électricité, magnétisme, force vitale.

Distinction nette entre ordre matériel et ordre vital. La marque de la vie, c’est le tonus, l’impulsion.

 

Stahl, G.E (1659-1734) et le concept de tonus.

Tonus → irritabilité, sensibilité.

Albrecht von Haller (1708-1777) :

      - excitation extérieure sur fibre nerveuse :

            + Contraction de cette fibre.

            + Sensibilité.

 

Philosophie de la nature et naissance de la biologie :

 

William Cullen (1710-1790) :

Essai sur l'exercice de la médecine à l'usage des étudiants.

Névrose : toute altération du système nerveux (et non plus comme atteinte d’un organe).

Altérations d’humeurs = tonus qui oscille entre excès et manque.

 

John Brown (1735-1788) :

Personnes sthéniques et asthéniques.

Santé = équilibre.

naissance de biologie.

 

2. Conceptions de l’inconscient :

 

Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling (1775-1854) et l’âme du monde :

 

Inconscient=élan vital qui unit esprit et nature.

Mondes organique et vivant sont nés d’un principe spirituel commun qui est l’Âme du monde

 

Inconscient (non psychique) est ce qui constitue le lien entre l’homme et la nature.

 

a. Place du rêve :

 

Heinrich von Schubert (1780-1860) :

 

Symbolisme des rêves (1814).

Etat originel: homme en parfaite harmonie avec la nature.
Dans le rêve, on retrouve cette unité perdue et entre en communication avec la nature entière.

Langage des rêves → langage universel de symboles, « algèbre supérieure ».

 

Carl Gustav Carus (1789-1869) :

 

Psyché (1845) → 1ère théorie de la vie psychique inconsciente.

→ caractère très général: l'univers = organisme où la nature et l'esprit sont unis au sein d'un inconscient.

Il est le premier à avoir cherché l’origine des phénomènes conscients dans l’inconscient : il va tenter d’expliquer le conscient par l’inconscient.

 

Développement de la vie psychique humaine en 3 périodes :

        - Pré-embryon: cellules.

        - Embryon: individu s’éveille et inconscient entre en action.

        - Après naissance: inconscient dirige croissance de l’individu et fonctionnement de ses organes.
La conscience apparait mais reste sous l’influence de l’inconscient.

 

Inconscient infatigable, car il n’a pas besoin du sommeil pour se reposer. Sain, pas atteint par les maladies qui atteignent le conscient, et « possède le pouvoir guérisseur de la nature ».

 

Psychologie = science du développement de l’âme, de l’inconscient au conscient.

 

Arthur Schopenhauer (1788-1860) et le vouloir-vivre universel :

 

Le monde comme volonté et comme représentation (1846).

L’homme est un être irrationnel, il est dirigé par des forces de l’intérieur dont il ignore l’existence. Forces composées par l’instinct de conservation et l’instinct sexuel.

      - Volonté inconsciente : Homme pas complètement maitre de lui-même (volonté qui ne vient pas de l’homme lui-même). Force universelle. L’homme est soumis à ce vouloir-vivre universel.

      - Vouloir-vivre = désir (privation) = souffrance (cf. Freud).

      - Importance de l’acte sexuel
→ volonté de vivre; ex. de la façon dont la volonté nous trompe. Illusion de servir « nos propres intérêts privés ».

Tout amour cache le même vouloir vivre.

 

Métaphysique de l’amour (1964; posthume) :

« Psychologie des désirs »: le vouloir-vivre ne cherche pas « le meilleur amant », mais le « meilleur reproducteur».

Pour comprendre le choix de l’être, considération inconsciente qui guide l’être humain et qui serait à l’origine du choix : Ne cherche pas uniquement à se « re-produire » mais à le faire avec « la meilleure constitution possible ».

S. Freud : la Volonté inconsciente chez Schopenhauer = instincts psychiques de la psychanalyse.

 

Mécanisme de refoulement.

 

Karl Edouard von Hartmann (1842-1906) :

 

Philosophie de l’inconscient (1868).

Trois niveaux d’inconscient :

      - L’inconscient absolu : substance de l’univers, sources de toutes les autres formes d’inconscient.

      - L’inconscient physiologique : à l’œuvre dans l’origine, le développement et l’évolution de tous les êtres vivants.

      - L’inconscient psychologique : à l’origine de notre vie mentale consciente → niveau personnel.

 

Johann Friedrich Herbart (1776-1841) et le conflit des représentations :

 

Interactions des représentations.

Représentations faibles et fortes.

Faibles sont refoulées, inhibées → existent toujours mais au-dessous du seuil de la conscience → exercent une pression sur les représentations conscientes.

→ Approche dynamique du fonctionnement mental.

 

On garde d’elle l’idée d’une force inconscience qui gouverne l’activité consciente : l’inconscient  un rôle dans ce que nous croyons être (situation libre et volontaire).

 

Friedrich Wilhelm Nietzsche (1844-1900) et le mensonge de la conscience :

 

Tout homme est l’être le plus éloigné de lui-même.

Inconscient = composante essentielle de l’individu, réservoir d’émotions et d’instincts confus, lieu de réactualisation du passé de l’individu et de l’espèce.

 

Rôle de la psychologie : Mettre à jour ce que les gens veulent signifier, et ne pas s’attacher aux comportements observables (propos et actions).

 

Fonction du rêve :

      - relier l’individu à la mémoire de toute l’humanité.

      - reporter dans de « lointains états de la civilisation humaine ».

 

La conscience en Occident (conscience = synonyme de mensonge).

 

 

X. Les idéologues et les spiritualistes.

 

 

1. L’Idéologie française et la philosophie positiviste :

 

Renoncer à chercher les causes 1ères (pourquoi?).

Se limiter au « comment »? => dégager et formuler les lois de la nature via observations et expériences répétées.

 

Antoine Destutt de Tracy (1754-1836) :

 

Mémoire sur la faculté de penser (1996).

Idéologie = science des idées; analyse scientifique de la pensée.

Science « qui résulterait de l’analyse de la sensation et ne chercherait la connaissance de l’homme que dans l’analyse de ses facultés … et consentant à ignorer ce qu’elle ne découvre pas ».

Méthode idéologique : décomposition des connaissances. Les réduire à leurs parties intégrantes les plus simples et aux relations de ces parties. Résoudre nos idées en des combinaisons de quelques éléments.

 

Pierre-Jean-Georges Cabanis (1757-1808) et la physiologie dans la psychologie :

 

Rapports du physique et du moral de l'homme (1802)

Science des rapports de l'âme avec le corps avec approche matérialiste.

 

Pierre-Jean-Georges Cabanis (1757-1808) et la physiologie dans la psychologie :

 

L’organisation du physique de l’être humain est un des plus puissant déterminant de ses actes et de ses volontés.

Résultat du fonctionnement physique par le cerveau.

 

Science des rapports de l'âme avec le corps avec approche matérialiste :

      - Sensibilité externe et interne (liée aux organes et véhiculée par les nerfs).

      - Sensibilité des organes (corps) et sensibilité de la pensée (cerveau).

      - Pensée = résultat physiologique d’une perception par le cerveau.

      - Question de l’organogenèse et de la psychogenèse de la folie.

 

a. Les contestataires de l’Idéologie: les spiritualistes :

 

Maine de Biran (1766-1824) :

 

Conscience → effort volontaire.

Philosophie du moi, influence le spiritualisme de Cousin.

Observation intérieure comme méthode du psychologue.

 

Victor Cousin (1792-1867) :

 

→ Eclectisme.

Psychologie rationnelle et méthode introspective.

Par retour sur soi, la conscience accède à la Raison et à l’existence du moi et du monde physique.

Observation de la vie du moi (cf. Bacon)

Nécessaire de généraliser la vie du moi.

M’unité du moi = indépendance du moi.

L’esprit est quelque chose de supérieur qui n’est appréhendable que dans son unité.

Unité du moi.

« Le champ de l’observation philosophique, c’est la conscience il n’y en a pas d’autres ; mais dans celui-là il n’y a rien à négliger ; tout est important, car tout se tient, et, une partie manquant, l’unité totale est insaisissable. Rentrer dans la conscience et en étudier scrupuleusement tous les phénomènes, leurs différences et leurs rapports, telle est la première étude du philosophe ; son nom scientifique est la psychologie. La psychologie est donc la condition et comme le vestibule de la philosophie. La méthode psychologique consiste à s’isoler de tout autre monde que celui de la conscience ».

 

Théodore Jouffroy (1796-1842) et le spiritualisme :

 

Moi et faculté intelligente.

Science psychologique distincte de la physiologie, plus certaine que les autres sciences de la nature.

L’effort volontaire ne suffit pas, la volonté seule ne produit pas la conscience.

L’objet d’étude est principalement ce principe intelligent.

En psychologie l’objet d’étude (psychisme humain, ici le principe intelligent) est le même que l’observateur. Le mode de connaissance est présent en psycho mais il est différent de celui des autres sciences

La vie intellectuelle et morale n’est perceptible que par la conscience et échappe à l’expérimentation physique.

 

 

XI. La psychologie scientifique au 19è s.

 

 

1. L’approche naturaliste de l’âme par Charles Bonnet (1720-1793) :

 

Essai de psychologie (1754).

Essai analytique sur les facultés de l’âme (1760).

Il convient de « réfléchir sur le physique de notre être, puisqu’il a tant d’influence sur toutes les opérations de l’âme ».

Métaphore de la statue : s’intéresse à la « physiologie » de la statue et à la manière dont l’ « atmosphère odoriférante » composée de «corpuscules », modifie les « fibres » qui composent la statue : « l’état primitif des fibres sur lesquelles ces corpuscules odoriférants ont agi pendant un certain temps a été modifié ».

Corps calleux = sentiments.

 

2. Franz Joseph Gall (1758-1828) et la phrénologie :

 

Anatomie et physiologie du système nerveux en général et du cerveau en particulier (1810-1819). Les bosses du crâne d'un être humain reflètent son caractère.

 

a. Les principales thèses de la phrénologie :

 

1. « les dispositions des propriétés de l’âme et de l’esprit », les facultés morales et intellectuelles, sont « innées ».

2. « leur manifestation dépend de l’organisation ».

3. le cerveau est l’ « organe de l’âme » (intellect, moral, sentiments..).

4. le cerveau est un organe pluriel, un « organe d’organes », « composé d’autant d’organes particuliers qu’il y a de qualités et de facultés fondamentales ou primitives essentiellement différentes ».

5. les os du crâne sont l’empreinte fidèle du cerveau.

 

Méthode :

 

→ palper le crâne (cranioscopie, craniologie) et faire le lien entre une faculté (ou un trait) exceptionnelle et un relief ou creux osseux.

→ « démonstrations » sur orphelins, imbéciles, aliénés, criminels, suicidés, etc.

 

Résultats: le tableau des facultés (1).

 

27 facultés, 27 localisations.

 

Résultats: le tableau des facultés (2).

 

10 facultés communes à l’homme et animaux inférieurs, situées en arrière et à la base du crâne :

     - L’instinct sexuel ou instinct de propagation,

     - l’amour de la progéniture,

     - l’attachement et l’amitié,

     - l’instinct de défense de moi-même et l’amour des combats,

     - l’ « instinct carnassier » ou penchant au meurtre,

     - la ruse,

     - le « sentiment de la propriété » et « penchant au vol »,

     - l’orgueil et la fierté,

     - la « vanité » ou ambition,

     - la « circonspection et la prévoyance ».

 

Résultats: le tableau des facultés (3).

 

9 fonctions communes à l’homme et aux animaux les plus élevés, qui sont situées à la moitié inférieure des lobes frontaux :

      - la mémoire des choses et des faits,

      - le sens des localités et des rapports dans l’espace,

      - le sens des personnes et mémoire des personnes,

      - le sens des mots et des noms,

      - le sens du langage et de la parole,

      - le sens des rapports de couleurs et le talent de la peinture,

      - le sens des rapports des tons et le talent de la musique,

      - le sens du rapport des nombres,

      - le sens de la mécanique et de la construction.

 

Résultats: le tableau des facultés (4).

 

8 facultés proprement humaines, situées à la moitié supérieure des lobes frontaux

      - l’organe de la « sagacité comparative »,

      - l’organe de l’esprit métaphysique et de la profondeur d’esprit,

      - l’organe de l’esprit de saillie, caractéristique de Voltaire,

      - l’organe du talent poétique,

      - l’organe de la « bonté, bienveillance et douceur » que Gall

      - l’organe de la faculté d’imiter,

      - l’organe de la dévotion, situé au sommet du cerveau,

      - l’organe de la « fermeté, constance, persévérance, opiniâtreté ».

 

b. Conséquences philosophiques et scientifiques à ce système de Gall :

 

Approche localisationniste.

 

Chaque fonction a un support organique.

Système matérialiste → en opposition à spiritualité et unité du moi.

« Les dispositions de l’esprit sont innées » → en opposition au sensualisme.

« L’homme ne peut changer son organisation » → fatalisme.

 

c. Critiques :

 

Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770-1831) :

 

Phénoménologie de l’esprit (1807).

Ne s’intéresse pas aux actes (or l’être est dans l’action).

Liaison entre bosse du crâne et facultés est arbitraire.

Conclusion absurde : « l’être de l’esprit est un os ».

 

Pierre Flourens (1794-1867) :

 

Examen de la phrénologie (1842).

Expériences sur animaux => le cerveau est un tout indécomposable.

 

d. Accueil favorable de la phrénologie :

 

Médecins de l’école de Paris (cf. chapitre sur aliénistes).

→ localiser les maladies, identifier les lésions organiques (cérébrales essentiellement) à l’origine des maladies mentales.

 

Critique des doctrines spiritualistes.

 

François Joseph Victor Broussais (1772-1838) :

Critique l’idée de fonder la psychologie sur le sens intime, l’observation intérieure.

Critique l’idée d’un moi unitaire.

Souligne utilité pratique de la phrénologie (dépistage des aptitudes, des criminels …). 



28/05/2012
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