Cours de psychologie

Histoire de la psychologie (suite)

III. Saint Augustin (Antiquité tardive) : Introspection, mémoire et individualisme.

 

 

1. Introspection, descente en soi-même :

 

Les confessions de Saint Augustin : conflit intérieur entre amour de Dieu et désir de donner libre cours à ses passions charnelles.

Dominer les passions pour examen intérieur (cf. Stoïciens).

Eclairer les régions les plus obscures de la conscience.

Se rendre maitre des souvenirs les plus enfouis.

Précurseur du processus de l’inconscient : mécanisme de la mémoire.

Découvre que tous les contenus psychiques ne sont pas conscients : réflexion sur la mémoire, ancêtre de la recherche freudienne sur l’inconscient.

 

2. Mémoire :

 

Caractère plus ou moins facilement récupérable des souvenirs.

Le souvenir est modifié en mémoire, souvenir différent copie de la réalité, il est modifié, transformé.

Lien entre mémoire et identité.

 

3. Avènement de l’individualisme = individualité :

 

Apparition du « je » dans les raisonnements (philosophiques).

 

 

IV. Le Moyen-âge.

 

 

L’Europe au Moyen-âge est pillée, elle n’a pas de structure sociale. Vers le Bas Moyen-âge → l’Europe va mieux.
Elle se développe considérablement à partir du XIième siècle, au XVième siècle commencent les grandes explorations, on annonce la Renaissance.

Durant tout ce temps, le catholicisme est là et à partir du XIIIième siècle apparaissent des universités où l’on traite de tout. On va quitter la philosophie de Saint Augustin et Platon, et on va se diriger vers Aristote.

 

T.Daquin : jusqu’au XIIième siècle a une grande fidélité pour Augustin.

Or il y a une contestation → les idées d’Augustin son remplacées par celles de Daquin car il y a une transformation de la sensibilité européenne, il y a une plus grande disponibilité des textes d’Aristote.

 

Ainsi, est apparue la querelle des universaux (philosophie développée entre le XIIième et XIVième siècle). Opposition entre ces 2 courants, les réalistes et les nominalistes.

Aristote utilisait des universaux (hommes, chaises et non Charles, chaise). Les nominalistes ne sont pas d’accord avec ça, ce ne sont que des noms.

Avec l’influence des traductions d’Aristote, on va combattre le platonisme réaliste et on conduit aux universaux.

 

Mouvement de conceptualisme : Hommes, femmes, n’est ni des réalités transcendantes, ni un simple nombre. C’est un concept de l’esprit.

D’après G d’Ancan il y a 2 principes : si on peut expliquer des choses simples, pas la peine de chercher les complications.

 

1. La maladie mentale au Moyen-âge :

 

Retour en arrière quant à l’importance accordée aux pratiques magiques et idées mystiques.

Explication surnaturelles du comportement anormal. Développement de la démonologie. Possession par le diable à cause des pêchés (luxure, blasphème, pêché d’un proche, pêché de l’humanité).

 

Thérapeutique ?

     - Haut moyen-âge :

           + Conviction que la pathologie est liée à un secret que le malade cache aux autres.

           + Le prêtre : confession pour « se débarrasser » de son secret.

     - Bas Moyen-âge :

           + Démonologie se développe.

           + Exorcisme : prier, jeuner, frapper la personne, posséder, horribles infusion pour faire fuir le démon (corps du possédé devient inconfortable et inhabitable pour le démon).

 

Le possédé est une victime et on lutte contre le démon qui l’habite.

 

Quand l’homme cherche commerce avec le diable :

      - Dès le 11ème siècle, les sorciers sont brulés vifs.

      - A partir du 13ème siècle « chasse aux sorcières » : excommuniés, torturés, fouettés, emmurés et brulés vifs.

      - Amalgame est fait entre sorciers, hérétiques et malades mentaux :

             + En 1239 et 1245, les cathares sont condamnés par les tribunaux de l’inquisition.

             + En 1258, le pape Alexandre IV exige la répression de la sorcellerie, et les prétendus sorciers sont souvent des patients psychiques.

 

2. La période scolastique : 12ème siècle :

 

Développement des arts libéraux (logique, arithmétique, etc.).

Prise de connaissance des œuvres des auteurs antiques.

Période dite scolastique : concilier l’apport de la philosophie grecque avec la théologie chrétienne.
C’est ici qu’on prend connaissance des connaissances développées dans l’Antiquité grecque.

Confiance dans connaissance naturelle et non plus seulement inspirée par la lecture des Saintes Ecritures.

Apparition d’universités dans les pays non contrôlés par les évêques étude des textes profanes : n’apportant pas des connaissances religieuses, et étudient les textes profanes.

Puissance du raisonnement profane au 12ème siècle.

 

3 : Thomas d’AQUIN :

 

Tente de concilier pensée chrétienne et philosophie réaliste d’ARISTOTE (deux types de connaissances différentes).

Distingue les vérités accessibles à la seule raison de celles de la foi.

Retient d’ARISTOTE que toute connaissance est d’abords sensible avant d’être dans l’intelligence.

La connaissance sensible délivre l’individuel ou le singulier : l’intellect agent généralise ensuite.

Tout ce qui est terrestre peut être approché de manière scientifique, tandis que l’âme est quelque chose qui a un rapport avec le divin.

Il est un réaliste : pour lui les catégories sont réelles, elles ont une vraie existence réelle : implique que la nature est organisée d’une certaine façon, dans un certain ordre, et que ces catégories sont stables. L’Eglise se rebelle contre cette conception : dire que la nature est fixe c’est enlever a Dieu le pouvoir de changer la nature tous les 4 matins = menace a la toute puissance de Dieu.
Ses œuvres sont interdites en 1277.

 

Théorie de Thomas d’AQUIN :

       - Créer un concept en extrayant ce qu’il y a de commun entre les différents sujets, créant ainsi une catégorie.

       - La nature est d’ordre :

               + Offense à Dieu (cf. Descartes).

               + Œuvres interdites en 1277.

 

4. L’opposition des franciscains :

 

a. Roger Bacon (1214 – 1294) :

 

Position contre la méthode spéculative et les raisonnements abstraits.

Méthode expérimentale (= expérience ; constatation de faits méthode expérimentale du 20ème siècle car ne renvoi pas au contrôle des faits, mais à l’observation des faits) seule source de certitudes « aucun discours ne peut donner la certitude tout repose sur l’expérience ».

 

La connaissance passe par :

      - L’autorité.

      - Raisonnement spéculatif.

      - Partir de l’expérience/observation : on utilise la connaissance sur des données observées et non imaginées.

 

b. Guillaume d’Occam (1285- 1347) :

 

Attitude théologique contraire à celle des thomistes (réalisme de la philosophie).

Différence entre connaissance dite confuse du raisonnement abstrait et connaissance de la science réelle et expérimentale.

C’est un nominaliste : puisque dans le réel rien n’est abstrait ou général, la « science du générale » d’ARISTOTE, la science démonstrative qui « part de définition universelles pour arriver à des conclusions également universelles » n’atteint pas la réalité telle qu’elle est : naissance de l’individualise (atomisme) on conçoit l’individu comme individualité : on étude non pas l’humanité mais les individus.

On le poursuit pour hérésie dans la mesure où toutes les idées autour de la conception de Dieu, d’après d’OCCAM, ces concepts n’existent pas.

On ne pensera plus le monde après OCCAM comme on le pensait avant.

 

c. Exemple pratique en psychologie du nominalisme :

 

Névrose : la maladie n’existe pas réellement, seuls existent des symptômes pris individuellement.

Application : la thérapie cognitive-comportementale (TCC) = traitement de symptômes pris individuellement, pas de structure sous jacente à plusieurs symptômes.

 

 

V. La Renaissance.

 

 

Michel FOUCAULT « l’histoire de la folie à l’âge classique ».

 

15ème - 17ème siècle : esprit profane, universités non contrôlées par les évêques.

Essor philosophique et scientifique marqué par l’idée d’utilité.

Contemplation de l’œuvre divine : action sur le monde terrestre. Séparation « homme extérieur » / « homme intérieur ».

 

1. La réforme (le protestantisme) :

 

Prend naissance en Allemagne, issu de Guillaume D’OCCAM : s’oppose au pape, il n’existe pas d’ordre juste des moines qui se soumettent à la règle (celle de la loyauté).

 

a. Martin LUTHER :

 

Moine allemand et père du protestantisme.

Conflit avec la papoté. Il se retrouve à la tête de la révolte contre l’église catholique à cause des impôts et des indemnisations.

1519 = scission entre l’Eglise catho et les protestants : LUTHER rassemble des fidèles, c’est une communauté qui grandit, il y a la construction d’université (« il n’y a personne entre Dieu et le chrétien »), le protestantisme pousse le croyant à atteindre la vérité de la foi.

Clivage entre le comportement extérieur de l’homme et la vie intérieure : clivage qui va marquer les sciences psychologiques.

 

Plan individuel :

        - Subjectivité, vie intérieure, irrationalisme.

        - Vérité ≠ autorité de l’Eglise et exercice de son raisonnement.

        - Primat de la foi, retour sur sa subjectivité, son existence intérieure.

 

Plan social :

       - Ordre et exercice de l’autorité.

       - Pouvoir sur les actes extérieurs, les comportements observables des hommes.

 

Séparation entre l’homme intérieur (subjectivité) et l’homme extérieur (actes et comportement contrôlés par des pouvoirs).

 

b. Jean CALVIN :

 

Pousse les idées de LUTHER plus loin : se bat contre les rituels dans le cadre de la religion. Il se bat contre la hiérarchie de l’Eglise : il n’y a personne entre le croyant et Dieu donc il n’y a pas de raison qu’il y ait des sacrements et une hiérarchie dans l’Eglise.

La vie est dirigée par les principes religieux, et ces principes sont régis par l’utilité : le croyant doit être utile au regard de la communauté = principe moral essentiel.

Contrôle + utilité à l’égard du bien publique = science moderne.

 

2. Une nouvelle science :

 

Universités laïques et création des collèges en Angleterre : enseignement des arts libéraux (linguistique, arithmétique : enseignements qui servent de manière utile la vie quotidienne, on n’est plus dans la contemplation et la recherche de la sagesse).

 

Francis BACON (1561 – 1626) : propose une réforme de la science :

      - Critique les sciences non fondées sur l’observation : pour comprendre la nature il faut comprendre la manière dont elle fonctionne. Accumuler des observations sans les comprendre ce n’est pas de la science, il propose d’allier théorie et pratique.

      - Unir faculté rationnelle et faculté expérimentale.

      - Abandon de la pensée déductive qui procède à partir de principes posés à priori.

      - Tirer de l’expérience une « induction » non pas simplement « totalisante », qui se borne à constituer le catalogue des données acquises, mais aussi « amplifiante », qui passe des faits connus à ceux qu’on peut raisonnablement leur assimiler : ça ne m’intéresse pas comment l’échantillon fonctionne, mais comment les hommes en générale fonctionnent.

      - Réhabilite le travail de laboratoire (analogie entre phénomène naturels et artificiel : il ne le prouve pas, mais réhabilite les expériences en labo alors que jusque là, la science se faisait dans les livres).

      - La science doit être utile.

 

3. La maladie mentale :

 

Malades mentaux séquestrés et enfermés (isolés, enfermés ou localisés dans de grandes surfaces de campagne) : on enfermait les gens pour se débarrasser des maladies, pour débarrasser les rues des mendiants, etc.

 

Félix PLATTER (1536- 1614) :

Passe beaucoup de temps en prison.

Il ne nie pas totalement la possibilité d’une possession démoniaque, mais il soutient que la majorité des maladies mentales doivent être traités de la même manière que les maladies physiques. Maladies mentales = lésions du cerveau (fantasmes sexuels = intervention du diable ou de dieu (châtiment)).

    - 1ère classification des maladies mentales.

 

Jean WIER (1515 – 1588) : s’oppose à la chasse aux sorcières.

 

Jean Luis VIVES (1492 – 1540) : s’insurge avec WIER contre la pratique du bûcher appliquée aux fous.

 

Saint Jean-de-Dieu (1495 -1550) :

      - Né au Portugal d’une famille pauvre.

      - Enfant il enlevé par un inconnu puis abandonné.

      - Participe à de nombreuses guerres.

      - Travail dans une librairie et à cette occasion il a ses premiers contacts avec les Saintes écritures.

      - Il se retrouve enfermé et dans ce contexte la il va commencer à prendre soin et à servir les malades.

      - En Espagne, en 1537, il fonde son premier hôpital.

      - Pour les partisans de la camisole de force, il reste un aliéné, puis qu’il se comporte avec les malades de manière atypique : tient la main des mourants, leur parle normalement.

      - Au cours de sa vie il va collecter de l’argent et fonder de nombreux hôpitaux.

      - Meurt d’épuisement à 55 ans.

 

 

VI. Le 17ème siècle : La Science mécaniste et l’empirisme.

 

 

1. Fabriquer pour connaitre et produire :

 

On tente d’imiter la nature.

En créant des machines on va maîtriser le mouvement, comprendre qu’il dépend de forces, et chercher à comprendre ces forces : disparition des forces surnaturelles pour maitriser son entourage, il n’y a pas d’intervention divine = désacralisation de la nature.

 

2. GALILEE (1564 – 1642) et l’objectivité :

 

Physicien et astronome qui fonde ses recherches sur l’observation et l’expérimentation.

Il invite la communauté scientifique à se débarrasser de l’idée que la nature peut penser = pas d’intention ni de finalité dans la nature : rupture entre l’homme et la nature.

En étudiant cette dernière il se pose comme observateur extérieur de la nature : la science de la nature est mise en extériorité de la nature.

Naissance de la conviction que les qualités que nous percevons font parti de nous-mêmes, et qu’elles nous donnent des sens : 10kg pour un c’est léger alors que pour une autre c’est beaucoup.

Introduit la différence entre données subjectives, perceptives et données objectives, quantitatives.

Les propriétés vraies, objectives sont le résultat d’une mesure = mathématiques.

Vérification par l’expérimental : progrès scientifique par le recours à la mesure, au raisonnement quantitatif.

 

3. La position de René DESCARTES (1596 – 1650) :

 

Dualité âme/corps :

     - Conception mécaniste peut être appliquée au corps mais pas à l’âme : âme d’origine divine.

     - L’animal-machine.

 

Méthode pour connaissance :

      - Exercice de la raison (non les sens).

      - Seules les idées (innées, d’origine divine) permettent de comprendre la nature.

      - Doute méthodique (hyperbolique : juger comme faux ce qui est seulement probable) : il faut pouvoir douter de tout.

 

La maladie mentale et DESCARTES : la raison est possédée.

Dualité âme/corps = physiologie vs psychologie.

 

4. Isaac NEWTON (1643 – 1727) :

 

Père du positivisme moderne = mouvement qui, pour élaborer des connaissances, va se limiter aux lois qui régissent le phénomène observé.

Recours à la quantification et à la mesure.

 

Avant NEWTON : rechercher la cause d’un phénomène observé en « imaginant » la structure mécanique dont il est le résultat.

 

NEWTON : « tout ce qui n’est pas déduit des phénomènes, il faut l’appeler hypothèse ; et les hypothèses, qu’elles soient métaphysiques ou physiques, qu’elles concernent les qualités occultes ou qu’elles soient mécaniques n’ont pas leur place dans la philosophie expérimentale ».

 

La science est l’énoncé de lois (positivisme) et non la recherche de l’explication des phénomènes.

 

5. Fondements d’une connaissance scientifique :

 

Observation et expérimentation.

Aborder les phénomènes de l’extérieur.

Elucider les mécanismes qui les génèrent :

      - Fondement de la psychologie scientifique.

      - Nécessité en amont de s’affranchir de certains débats philosophiques (inné vs acquis, dualité âme/corps, etc.).

 

6. La position de Thomas HOBBES (1588 – 1676) :

 

Toute science est dérivée de la sensation, réfutation des idées innées et triomphe de l’empirisme.

Réfute des idées innées de l’idée humaine = rejette la dualité âme/corps car tout est matériel.

 

Toute la pensée humaine se construit à partir des sensations :

       - La mémoire n’est que la reproduction des sensations passée.

       - L’image n’est qu’une sensation affaiblie.

 

Tout phénomène mental est le produit ou le résultat d’une manifestation physique.

Phénomène psychologique : mouvement provoqué par l’environnement et transformé dans l’organisme en comportement observable.

Psychologie = approche mécaniste.

 

7. La position de John LOCKE (1632 – 1704) :

 

S’oppose à l’innéisme des idées de DESCARTES : s’il existe des idées innées, universelles (principe d’identité, l’infini, l’idée qu’on se fait de dieu) ca veut dire que peu importe à quelle culture on appartient on retrouve ces idées, hors ces idées différent entre les différentes cultures, de plus elles doivent être connues aussi des enfants, hors ce n’est pas le cas.

La connaissance résulte de l’expérience de la réalité par les sens : théorie empiriste.

 

Arguments contre les idées innées :

      - Différences culturelles.

      - Premières idées de l’enfant.

      - Emancipe le savoir sur l’homme de l’autorité métaphysique :

           + Renoncer à la recherche des causes premières.

           + Se limiter à décrire les faits, mettre en évidence les lois (cf. positivisme newtonien).

 

Modèle à partir duquel il raconte la façon dont les idées se forment chez l’être humain :

        - Importance du milieu et de l’éducation.

        - Par le mécanisme de l’association, met en évidence un mécanisme de l’humain.

 

8. Médecine et maladie mentale au 17ème siècle :

 

Médecine : SYDENHAM (1624 – 1689) adhère au modèle mécaniste :

       - Description des symptômes cliniques : nosologies.

       - Se consacrer aux causes immédiates et non lointaines.

       - Mettre en évidence l’enchainement des causes et des effets qui produisent les symptômes (cf. positivisme newtonien) : médecine expérimentale.

 

Coté psychique : l’Hôpital Général et le grand enfermement :

      - Il s’agissait d’accueillir les pauvres « de tous sexes, lieux et âges ; de quelques qualité et naissance, et en quelque état qu’ils puissent être, valides ou invalides, malades ou convalescents, curables ou incurables ».

      - 14 mai 1657 = enfermement des pauvres.

 

Premières campagnes de vaccination : maladie liée au virus et non à une cause lointaine qui est la cause du virus.

 

a. Exemple de la population enfermée à la Salpêtrière :

 

4646 personnes : (info. tirée du site web de l’établissement Charcot) :

       - 1894 enfants de moins de 15 ans.

       - 329 filles de moins de 16 ans, estropiées, teigneuses, etc.

       - 594 vieilles aveugles ou paralytiques (atteint de paralysie).

       - 262 vieux mariés de plus de 70 ans.

       - 380 correctionnaires, libertines ou prostituées.

       - 465 gueuses (donc c’est des mendiantes ou prostituées) ordinaires et vagabondes.

       - 330 femmes en enfance, d'une extrême vieillesse.

       - 300 folles violentes ou innocentes.

       - 92 épileptiques de divers âges.

 

De plus il y aurait des violences sexuelles sur les enfants, ainsi qu’un véritable trafic d’enfants.

 

9. Maladie mentale au 17ème siècle :

 

Fin du siècle : un regard changeant sur la maladie mentale.

 

Possession : idée délirante d’être possédé, maladie. L’approche de l’empirisme de SYDENHAM profite aux conceptions de la maladie mentale : observation minutieuse de ces troubles, approche clinique de l’hystérie : « cette maladie est un protée qui prend une infinité de formes différentes : c’est un caméléon qui varie sans fin ses couleurs… Ses symptômes ne sont pas seulement en très grand nombre et variés, ils ont encore cela de particulier entre touts les maladies, qu’ils ne suivent aucune règle, ni aucun type uniforme, et ne sont qu’un assemblage confus et irrégulier : de là vient qu’il est difficile de donner l’histoire de l’affection hystérique ».

 

Hypocondrie et hystérie : trouble somatoformes, conversion mal-être en mal-être physique.

Origine des troubles → utérus → cerveaux → abandon de la théorie utérine.

 

 

VII. Le mouvement humaniste du 14ème siècle au 17ème siècle :

 

 

1. Les premiers humanistes :

 

Alighieri Dante (1265-1321).

Francesco Pétrarque (1304 – 1374).

Giovanni Boccacio (1313-1375).

 

Mouvement qui nait en révolte à la scolastique.

Les premiers humanistes s’attaquent aux doctrines scolastiques et souhaitent subsister a l’autorité de l’église celles des Moyen-âge : retour aux œuvres antiques.

 

2. Les humanistes au 15ème siècle : retrouver l’authenticité de la pensée des anciens :

 

Objectif : retrouver l’authenticité de la pensée des anciens, perdue sous les multiples adaptations et interprétations chrétiennes au MA.

Cherchent des manuscrits dans tout le monde méditerranéen pour les (re)traduire sans l’influence de l’Eglise.

Etudient les langues anciennes (grec, hébreu, etc.) et redécouvrent les œuvres antiques (les éditent et les traduisent).

Obtiennent l’enseignement des langues grecques, latines et hébraïques dans les collèges : collèges trilingues ouverts à Louvain (1517), Oxford (1517 et 1525) et Paris (1530).

 

Guillaume BUDE (1468 – 1540) : fonde un collège pour l’enseignement du grec, du latin et de l’hébreu : le Collège de France.

Lefèvre d’ETAPLES (1450/1455 – 1536) se consacre aux éditions d’ARISTOTE, écrit des exégèses de la Bible.

Symphorien CHAMPIER (1471 – 1537) introduit l’humanisme à Lyon. Médecin, il redécouvre PLATON, ARISTOTE, GALIEN et HIPPOCRATE. Il rédige des traités de médecine inspirés par l’étude des maitres anciens.

 

3. Les idées majeures du mouvement humaniste :

 

Importance de l’éducation au sens de l’instruction :

      - Les humanistes prônent l’idée que l’éducation doit être accessible à tous : texte scientifique, religieux, l’art, doivent être accessibles à tous. Il y a donc une vulgarisation du savoir.

      - La Bible est traduite en langues vernaculaires.

      - Erasme fait publier la version grecque de la bible, et retraduit la bible du grec au latin pour comparer sa traduction avec la Vulgate. Il la retraduit sans les commentaires scolastiques.

 

Individu libre et responsable de ses actes.

 

Position morale et éthique dépourvue de toute finalité métaphysique :

      - Devoirs et interdits éthiques : ne pas tuer, ne pas torturer, ne pas opprimer, ne pas violer, ne pas asservir, ne pas voler, etc. = devoirs fondées sur la morale et la justice, mais qui dans ce cas sont indépendantes de la religieux.

      - Respect des droits fondamentaux de l’être humaine, principes moraux non religieux.

      - Enseignement moral : « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » RABELAIS.

 

 

VIII. Le siècle des Lumières.

 

 

1. Contexte :

 

Nouvelle philosophie (connaissance accessible à tout le monde : les philosophes ne veulent pas que la philosophie soit restreinte à une élite) et nouveaux philosophes (petite bourgeoisie, qui ne spécule pas ; point de vue pratique et pragmatique : on ne doit plus être professeur pour être philosophe).

 

Un siècle scindé en deux grandes parties:

(1) Raison.

(2) « Dé-Raison ».

 

2. 1ère moitié du siècle: le siècle de la Raison :

 

Science moderne s’étend davantage à l’étude des phénomènes de l’esprit humain: « science de l’entendement ».

 

a. En Angleterre: empirisme et associationnisme :

 

David Hume (1711-1776).

 

Philosophe écossais.

Suite de John Locke (lutte contre la théorie des idées de Descartes et mécanisme d’association entre idées). Il va poursuivre et développer les travaux de Locke.

Science positive : décrire les lois qui régissent la pensée, en partant de l’observation.

Ajoute distinction entre sensation et image.

Distingue idées simples et idées complexes. Une idée simple devient une idée complexe grâce au mécanisme d’association.

Théorie de la connaissance : Treatise of Human Nature (1739).

 

 

Toute impression est liée à une idée par le mécanisme d’association. L’association est un mécanisme universel, principe général qui régit le monde des idées.

 

Trois types de combinaison des idées simples en complexes (cf. J. Locke) :

       - La contiguïté (spatiale ou temporelle) : évocation mentale d’un objet induit l’évocation d’objets qui lui ont été dans la réalité associés.

       - La ressemblance : de l’exemplaire à l’idée générale.

       - La relation de causalité (cause à effet) : savoir pratique et système de croyances.

 

David Hartley (1711-1776) et le phénomène physiologique de l’association :

 

Observations on man, his frame, his duty and his expectations (1749).

 

Il propose une explication physiologique du phénomène d’association = ce qu’on reprochait a HUME de ne pas avoir fait. Cependant il ne donne aucune donnée physiologique pour soutenir ses idées.

 

Vibration de fibres : Les objets extérieurs, par leurs impressions sur nos sens, causent d’abord dans les nerfs, ensuite dans le cerveau, de très petites vibrations qui consistent en des ondulations mécaniques de particules.

Si les vibrations des fibres A, B, C, D etc. sont associées un nombre de fois suffisant, les idées qui en découlent se lient entre elle. Ainsi, une vibration de la fibre A entrainera toutes les idées de la série.

 

Aucune donnée physiologique, mais initie recherche des structures anatomiques ou fonctions physiologique à l’œuvre dans le fonctionnement de l’esprit. La naturalisation de l’entendement est en cours.

 

b. En France : sensualisme, matérialisme et encyclopédisme :

 

Etienne Bonnot de Condillac (1714-1780) et le sensualisme :

 

Sensualisme : mouvement qui s’inscrit dans le prolongement des théories empiriques (qui prônent l’importance parfois exclusive de l’expérience dans la théorie de la connaissance).

 

Essai sur l’origine des connaissances humaines (1746).

+ Ramener tout ce qui concerne l’entendement humain à un seul principe: l’expérience.

+ Métaphore de la statue (Traité des sensations, 1754).

+ Les facultés (attention, mémoire, imagination, etc.) se forment sous l’effet de l’expérience (≠ empirisme qui dit que l’être humain vient au monde avec un bagage).

 

Le matérialisme et mécanisme de Julien Offray de la Mettrie (1709-1751) :

 

On le considère comme l’énonciateur des Lumières : après lui l’homme devient le produit de l’environnement, et que dont l’homme est malléable par un autre homme, et pour juger un homme il faut considérer le contexte dans lequel se situe cet homme.

 

L’Homme – machine (livre interdit dans différents pays, car c’est un scandale).

Etend à l'homme le principe de l'animal-machine de Descartes, car pour lui tout est mécanique et matériel chez l’homme.

La psychologie de La Mettrie est une science naturelle des corps animés : la pensée et l’action sont soumises au déterminisme de l’environnement qui s’opère par la médiation physiologique des récepteurs sensoriels.

Associé à une conception hédoniste de la vie morale : il dit que l’homme est un animal, une machine programmée pour chercher le plaisir et éviter le déplaisir.

 

Conséquence: image d’un homme réellement nouveau : l’homme est ce que les hommes en font.

 

Claude Adrien Helvétius (1715-1774) :

 

Ce sont les souvenirs de plaisirs et de peines passés qui sont les motifs de nos actes et l’individu associe à tout acte le souvenir des conséquences qu’il a eues dans le passé.

Idée nouvelle et reprise par les auteurs contemporains de la psychologie.

 

Il écrira De l’homme (1773), et Jean ROSTAND en dira en 1952:  « Ce qui est remarquable dans ce livre d’HELVETIUS, c’est la manière dont il explique comment les petits évènements de la vie infantile, et, notamment, les facteurs affectifs du milieu familial, peuvent entrainer une différenciation profonde des caractères et des intelligences. Il se montre là indubitablement un précurseur des conceptions freudiennes. »

 

L’Encyclopédisme :

 

Denis Diderot (1713-1784).

Jean le Rond d’Alembert (1717- 1783).

 

Somme de tous les savoirs pour remplacer les conceptions traditionnelles, d’inspiration théologiques.

Homme nouveau : libéré de tout préjugé, de toute autorité, éclairé par une raison observatrice et ouverte.

Liens directs entre ces mouvements idéologiques et la manière de pratiquer la science, la liberté qu’acquiert la science : étape nécessaire pour l’avènement de certains philosophes comme Buffon (1707-1788), naturaliste (qui affirme qu’il n’y a qu’une espèce d’hommes), qui sera suivi de
Lamarck et Darwin.

 

c. En Allemagne : empirisme, psychométrie, et criticisme :

 

La psychologique empirique de Christian Wolff :

 

Deux traités: la Psychologia empirica et la Psychologia rationalis.

 

La psychologie rationnelle crée de la connaissance a priori, elle est fondée sur le raisonnement, elle est spéculative.

Instrument: la Raison, les définitions et des propositions.

Recherche: la raison des faits, l’essence de l’âme (divine ou pas).

 

La psychologie empirique crée de la connaissance a posteriori, à partir de l’expérience.

Instrument: observation.

Recherche : l’histoire de l’âme.

Distinction entre une psychologie philosophique et scientifique.

A partir du moment où on veut élaborer des lois à l’aide de la psychologie empirique on s’attaque a la raison des choses et donc on s’oppose a la psychologie rationnelle.

→ Indépendante de la philosophie, et autonome par rapport à la traditionnelle psychologie rationnelle. Basée sur le savoir acquis en étant attentif à soi-même.

→ « Introspection » mais dans le but d’induire des concepts distincts, des vérités importantes. Inférer à partir de l’observation de ce qui a lieu dans notre conscience le fonctionnement des facultés de l’âme.

 

FORMULER LES LOIS DU PSYCHISME (recouvrement entre objectifs des deux « psychologies »).

 

Cette psychologie empirique se limite-t-elle à constater des phénomènes ?

Non, prétention philosophique de la psychologie empirique.

 

3 types de connaissances :

      - Historique : fondée sur l’expérience, permet de connaitre ce qui est.

      - Philosophique: permet de connaitre la raison de ce fait.

      - Mathématique: permet de connaitre la quantité d’une chose.

 

Or, en s’appuyant de l’expérience, la psychologie empirique va non seulement décrire (historique), mais aussi établir des lois de fonctionnement des facultés de l’âme et constituer des concepts des facultés et autres principes (philosophique).

 

Autre contribution de Wolff : la psychologie empirique peut fournir une connaissance mathématique des facultés mentales.

 

La psychométrie de Christian Wolff :

 

Différences d’intensité ou de degré dans les sensations et les perceptions humaines → possible de les mesurer.

 

[§76] Une sensation plus forte obscurcit une sensation plus faible, de telle sorte que nous n’apercevons plus la plus faible. Quand nous percevons en même temps la lumière du soleil et de la lune, la lune a l’apparence d’un faible point obscur. La perception de la lumière du soleil est plus claire que celle de la lune, et donc cette lumière est plus forte *…+ De même le son des cloches est plus fort que celui des voix et pour cette raison celui-là est perçu plus clairement que celui-ci. Ainsi une sensation auditive plus forte obscurcit une plus faible *…+ C. WOLFF, Psychologia empirica, 1738.

S’inspire de la photométrie (Pierre Bouguer, 1698-1758).

→ Établir des lois mathématiques concernant ce qui dans l’âme est quantitatif.

 

Ex: degrés du plaisir ou de la peine.

→ Rapport mathématique de proportion entre le plaisir et la conscience des perfections.

[§522] Si l’on voulait présenter ces théorèmes sous une forme mathématique il faudrait dire : 1- le plaisir est en proportion des perfections dont nous sommes conscients, et de la certitude de nos jugements sur ces perfections ; 2- la peine est en proportion des imperfections dont nous sommes conscients, et de la certitude de nos jugements sur ces imperfections *…+. Le plaisir ou la peine sont proportionnels à la perfection ou à l’imperfection, dont nous somme conscients. Ces théorèmes aboutissent à une psychométrie qui fournit une connaissance mathématique de l’esprit humain, et est jusqu’ici désirée. *…+ ces théorèmes ne peuvent pas être utilisés, avant que chacune de ces mesures (i.e. perfection, imperfection, certitude de nos jugements) soit inventée. Ces recherches ne sont pas conduites par moi pour une autre fin que de faire comprendre qu’une connaissance mathématique de l’esprit humain, et donc une psychométrie, est possible, et que l’âme apparait aussi dans ces vérités mathématiques, c'est-à-dire dans l’arithmétique et dans la géométrie, qui s’occupent de quantité, qui suivent des lois mathématiques : ces vérités mathématiques ne sont pas moins mêlées aux choses contingentes dans l’esprit humain, qu’elles ne le sont dans le monde matériel…

 

C’est l’approche qui aboutira quelques décennies plus tard aux essais sur le QI.

 

Loin d’être une simple description des faits de conscience, une simple connaissance historique, la psychologie empirique est à la fois une connaissance philosophique, qui cherche à établir des lois et une connaissance mathématique.

Pour Wolff, cette psychologique empirique doit réunir des faits d’observations (intérieures ou introspective et externe) concernant les conduites de l’homme ;

Elle doit être, comme toute science empirique, fondée sur des calculs, des mesures (psychométrie).

Elle doit découvrir les lois selon lesquelles s’exercent les facultés de l’âme, comme la physique doit découvrir les lois qui régissent les mouvements.

 

Emmanuel Kant (1724-1804) et le criticisme :

 

Existence de concepts a priori (déjà présents chez l’être humain, préexistent à la sensation, à l’expérience).

 

La psychologie (métaphysique) doit les trouver et expliquer par quelles lois, quels mécanismes, ils transforment l’expérience sensible en objets de la représentation.

Expérience + raison pure = représentation.

Notre représentation d’un objet n’est jamais identique à l’objet. Influence des à priori.
Connaissance ≠ expérience.

 

Dépasse la querelle entre rationalistes et empiristes, en réfutant que seule la raison permet de connaitre le monde et en réfutant aussi que seule la sensation le permet → criticisme : la sensibilité nous « donne » le monde, avec l’entendement, nous le pensons.

 

Traditions mystiques et alchimiques → irrationnel.

 

Siècle de l’Illuminisme (courant de pensée fondée sur l’idée d’illumination, i.e. inspiration intérieure directe de la divinité ; accent sur intériorité et quête mystique), en réaction à l’esprit matérialiste des Encyclopédistes.

 

Traditions et courant de pensée qui contestent l’omnipotence de la raison → naissance du Romantisme → toutes les vérités ne peuvent être découvertes par la raison.

 

Mouvement « pré-romantique » : exaltation des sentiments, les passions sont cultivées et la sensibilité célébrée.

Statut particulier de la mélancolie.

 

3. La 2ème moitié du siècle : pré-romantisme, quête de l’intime, autobiographie et introspection :

 

Héritage des Lumières :                             

      - Chaque homme est un individu.

      - Individualisme démocratique = un homme en vaut un autre.

      - Valeur universelle de l’homme.

 

Universalité et égalité → revendication des « moi », de l’unicité de son « moi ».

 

a. Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) :

 

Les Confessions.

Accent sur son for intérieur; Unicité, spécificité contre l’universalité de la Raison.

 

Apologie de la singularité, il ne prétend pas être supérieur, il prétend être autre → on prétend qu’il a apporté le romantisme.

 

Rousseau, véritable explorateur de son monde intérieur.

→ Autobiographie = genre littéraire.

→ Valeur forte à l’introspection.

→ Apologie de la singularité.

Très proche des préoccupations des romantiques.

 

Trois contributions fortes :

      - Description de la force d’évocation d’une sensation retrouvée.

      - Mise en exergue l’importance de l’enfance dans la formation de la personnalité, et le rôle des évènements précoces dans les orientations et les choix de la vie de l’adulte.

      - Description des contradictions, de l’ambivalence des sentiments.

 

Les contradictions d’une âme sensible.

 

b. Maine de Biran (1766-1824) et la démarche introspective :

 

Démarche empiriste, introspective, et attention aux interactions entre l’esprit et le corps :

      - Des facultés actives dans toute connaissance (≠ passivité chez Locke).

      - Les perceptions insensibles : il y a des perceptions que notre esprit n’aperçoit pas (processus inconscients).

      - Introspection et sens de l’intime (Journal Intime) → repérer les rapports entre circonstances extérieures et état mental.

      - L’effort volontaire pour prendre conscience de soi-même. « je pense donc je suis ».

→ « je veux donc je suis »

      - L’union et interdépendance de l’esprit et du corps : prise en compte des manifestations corporelles.

 

c. Fin du 18ème siècle:

 

Approche expérimentale = importance de l’expérience, de la réalité intérieure sur l’entendement humain (Condillac).

 

Intérêt passionné pour l’expérience subjective et pour l’introspection, le retour sur soi.

 

4. Le magnétisme animal :

 

Ancêtre de l’hypnose.

Tournant décisif dans l’approche dynamique du fonctionnement psychique, de l’interaction entre le corps et l’esprit.

 

a. Franz Anton Mesmer (1734-1815) :

 

Médecin autrichien.

Thèse sur « L’influence des planètes sur les maladies humaines » (1766).

Personnage charismatique, et haut en couleurs.

Cherche à montrer l’existence d’un fluide naturel entre les personnes : il prouvera son existence de manière assez spectaculaire pour l’époque.

Il fait une thèse sur « l’influence des planètes sur les maladies humaines » (1766).

L’année d’après il se marie avec une veuve fortunée ce qui lui permet de commencer à exercer son métier de médecin.

Il maitrise l’art du spectacle ce qui donne du poids à ses démonstrations.

 

Du magnétisme minéral au magnétisme animal.

Il va interpréter l’efficacité des aimants sur le corps humain grâce a un fluide animal : il prétend que les aimants eux-mêmes n’ont pas d’effet, c’est le fluide qui agit, prétendu dans le corps du magnétiseur.

Il cherche toute sa vie à démontrer sa thèse du fluide naturel, et malgré sa demande il n’a jamais eu de caution de la part de ses pairs ou des savants de son temps.

Sa pratique a néanmoins du succès sans qu’il y ait d’explication : cela irrite les autres médecins de l’époque, qui profitent de chaque occasion pour attirer les foudres sur lui (cas de Maria-Theresa Paradis).

 

Le cas de Maria-Theresa Paradis :

Aveugle depuis 13 ans (17 à l’âge où elle rencontre MESMER).

Elle accepte de se faire soigner par MESMER → elle s’installe chez lui et les cures de MESMER semblaient faire effet.

Maria-Theresa refusera de partir de chez MESMER, on l’accuse alors d’avoir séduit la jeune femme (séduction – effets de la suggestion ?).

Il est expulsé de la faculté de médecine de Vienne et quitte la ville pour pratiques charlatanesques.

 

Thèses principales de ce magnétisme animal :

      - L’univers est rempli d’un fluide (physique) qui sert d’intermédiaire entre les hommes, la terre et les corps célestes (tout homme possède de ce fluide).

      - Maladie = mauvaise répartition de ce fluide dans le corps humain

      - Guérison = restauration de cet équilibre.

      - Certaines techniques (ex: les aimants) permettent de canaliser ce fluide et le transmettre à d’autres personnes.

      - Magnétisme animal = capacité à guérir son prochain grâce au fluide que le magnétiseur accumule et retransmet grâce à des « passes » sur le corps.

      - Passes magnétiques = consiste uniquement à toucher le patient malade, à rentrer en contact avec lui.

      - Le fluide magnétique n’est autre que la capacité de tout homme de guérir son prochain.

 

Succès parisien et baquet.

Il a énormément de succès auprès de la classe aristocratique.

Principe du baquet : les bâtons en métal qui sortent du baquet doivent toucher la partie malade du patient, et un autre homme debout touche les patients dans la zone malade pendant que quelqu’un joue du piano ou de l’harmonica.

Crises magnétiques contagieuses seraient causées par le fait que le fluide est sur le point de surmonter l’endroit où le fluide ne pouvait pas circuler normalement.

Passes mesmériennes.

On parle de « chambre de crises » pour convulsions violentes.

 

5. Résultats des enquêtes :

 

Fin 18è, deux commissions d’enquête sont crées (Académie royale de médecine, et Académie des Sciences et de la faculté de médecine).

 

Défavorable pour Mesmer : 1784: « ont conclu, d’une voix unanime […] que rien ne prouve l’existence du fluide magnétique animal ; que ce fluide sans existence est par conséquent sans utilité ; que les violents effets que l’on observe au traitement public appartiennent à l’attouchement et à l’imagination, […] ».

« L’imagination sans magnétisme produit des convulsions, et que le magnétisme sans l’imagination ne produit rien ».

Toutes ces conclusions sont très défavorables pour MESMER mais elles sont favorables à la psychologie : pointent du doigt la force et l’importance de l’imagination et de la suggestion.

Il y a un rapport qui est écrit = les hommes magnétisent les femmes pas le contraire : certaines femmes iraient à ces séances sans être réellement malade.

On parle aussi de séduction dans la relation entre le magnétiseur et le magnétisé.

Les conclusions étant négatives pour MESMER il quitte finalement Paris.

 

a. Quels enseignements ?

 

Rôle de l’imagination souligné dans l’interprétation des résultats observés de la part des commissions (faire croire à des patients qu’un objet a été magnétisé suffit pour qu’ils soient saisis de convulsions).

 

L’imagination = le plus grand médecin du monde ? (cf. Chastenet de Puységur).

 

Illustration du rôle de la relation et de la suggestion dans l’issue favorable du traitement de certains troubles.

→ Orientation vers l’idée que certains troubles et leur traitement dépendent de facteurs psychiques plutôt que physiques ou physiologiques.

 

Relation magnétisé/magnétiseur : dépendance, fascination // transfert et contre-transfert freudiens.

→ Inconscient.

 

Existence de maladies sans lésion (→ recherches sur l’hystérie, médecine psychosomatique).

 

6. Les disciples de Mesmer :

 

a. Puységur (1751-1825) et le somnambulisme artificiel (ou sommeil magnétique) :

 

Mémoires pour servir à l’histoire et à l’établissement du magnétisme animal

Le magnétiseur ne peut pas magnétiser n’importe qui :
Nécessité d’une confiance en le magnétiseur.

Il faut que le magnétiseur croie en sa pratique : Importance de la volonté du magnétiseur.

 

Sommeil magnétique :

       - Sommeil provoqué par passes magnétiques.

       - Le cas de Victor Race : Jeune homme de 23 ans, paysan. Il se retrouve au lit, les premiers passes magnétiques du marquis sur Victor provoquent chez lui des sommeils sans douleurs et pendant ces sommeils il va manifester des qualités intellectuelles qui ne lui étaient pas connues. Ce que PUYSEGUR, une fois que Victor est plongé dans son sommeil il va être capable d’identifier le siège de sa maladie, de proposer des traitements pour sa maladie, et il va être capable aussi, à l’état de somnambulisme, de diagnostiquer et de soigner un tiers sous sommeil magnétique. Lorsque le patient est sorti de sa crise ou qu’il n’est plus malade il perd la possibilité de diagnostiquer et de soigner un autre malade.

       - L’état magnétique révèle des facultés intellectuelles insoupçonnées.

 

Deux états? Deux existences? Sommeil magnétique conserve le souvenir de l’état de veille. La réciproque n’est pas vraie.

6ème sens dans cet état somnambulique lorsque les gens sont malades? Un malade en état de sommeil est capable de détecter un autre malade qui est à proximité et de dire de quoi il est malade.

Traitement collectif – autour d’un arbre magnétisé.

 

Somnambulisme et alternance des états de conscience :

 

Quels enseignements ?

      - Une « dimension cachée », une « clairvoyance cachée ». Aucun souvenir à l’état de veille de ce qui s’est passé lors de l’état de sommeil. Souvenirs conservés de l’état de veille à l’état de sommeil.

      - Pour la relation magnétiseur/magnétisé: le savoir n’est pas en totalité du côté du praticien.

 

b. L’abbé de Faria (1746-1819) et la technique d’autorité :

 

Disciple de PUYSEGUR (jeté en prison lors de la révolution).

Critique la théorie du fluide de MESMER.

Selon lui seuls certains individus peuvent être magnétisés.

 

Installe confortablement le patient dans un fauteuil, lui demande de fixer son regard sur sa main ouverte, et ordonne « Dormez ».

→ Simplification des procédés : on obtient les mêmes effets sans tous les artifices.

 

Décret du 21 avril 1841 : le magnétisme est déclaré « illicite » par la Congrégation générale de l’Inquisition romaine et universelle, décret qui reçut l’approbation du pape Grégoire XVI.

 

Il y a malgré tout l’apparition des décennies plus tard de pratiques ne portant pas le nom de magnétisme mais y ressemblant fortement.

 

7. Les prémices allemandes du romantisme :

 

Un mouvement de révolte : le « Sturm und Drang ».

Révolte contre l’impérialisme français.

Le sentiment contre la raison.

 

Karl P Moritz (1756-1793).

 

Première revue de psychologie : le magazine pour la connaissance expérimentale de l’âme (parait de 1783 à 1793). Revue qui publie tout.

Le récit autobiographique vise uniquement à comprendre le genre humain (dans ce cas).

 

Anton REISER (récit autobiographique).

 

Retour très fort à l’intériorité (≠ des Stoïciens = maitrise des passions, ≠ St Augustin = recherche de Dieu) → connaissance de son moi profond.

→ Primat du singulier sur le général.



28/05/2012
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