Cours de psychologie

Histoire de la psychologie - cours (suite 2)

IV. L’approche non scientifique du 20ème siècle.

 

 

1. Henri BERGSON (1859 – 1941) et sa métaphysique :

 

L’évolution créatrice (1907).

 

Introspection – sens intime.

Temps scientifique et temps de la conscience à spatialisation du temps par la science différencié du temps vécu. L’erreur de la science c’est d’avoir spatialisé le temps, on est arrivés a une conclusion que 2 min + 2 min = 4 min, selon lui pour étudier la conscience (fonctionnement psychique humain) il faut utiliser le temps vécu.

Elan vital et intuition → refuse toute prévisibilité et tout caractère programmé d’avance, il s’oppose a la pratique de la mesure en psychologie. Cette psychologie du moi, conscience, ne peut être approchée que par l’intuition. Elan vital : « force créant de façon imprévisible des formes toujours plus complexes ».

Intelligence et intuition → intelligence réglée sur la matière, fonction pratique, force de calcul qui nous permet de prévoir, mais c’est quelque chose qui est basé, construit et utile pour la matière et donc pour un monde spatial. Pour accéder a la conscience/connaissance de soi, il faut avoir recours à l’intuition car l’intelligence est stérile. Connaissance de soi : intuition.

Matière et conscience → deux choses différente, spiritualiste qui refuse tout parallélisme entre matière et conscience.

 

2. La psychanalyse :

 

a. L’œuvre de Sigmund FREUD (1856 – 1939) :

 

Son parcours :

 

Médecin en 1881.

Début de carrière : neurologie et neurophysiologie à institut De Brücke : neurones et cocaïne.

Joseph BREUER (1842 – 1925) et le cas « Anna O ».

Service de psychiatrie de Theodore MEYNERT (1833 – 1892) : publie sur les maladies organiques du cerveau.

1895 : professeur de neuropathologie ; stage à la Salpêtrière chez CHARCOT → rencontre avec l’hystérie, qui donnera ensuite naissance à la psychanalyse.

Visite Bernheim à Nancy en 1889.

Retour à Vienne : abandonne l’hypnose pour la cure par la parole, technique des associations libres, parole libre.

 

La théorie psychanalytique :

 

Différentes sources d’information :

   - L’auto-analyse de FREUD « J’ai trouvé en moi comme partout ailleurs des sentiments d’amour envers ma mère et de jalousie envers mon père, sentiments qui sont, je pense communs à tous les jeunes enfants ».

   - Le mythe Totem et Tabou (1912 – 1913).

   - Les observations sur patients (5 cas princeps – Cinq psychanalyses) :

          + Dora – hystérie.

          + Le petit Hans – phobie.

          + L’homme aux rats – névrose obsessionnelle.

          + Le président Schreiber – paranoïa.

          + L’homme aux loups – névrose infantile.

 

Eléments de la théorie psychanalytique :

   - L’appareil psychique :

          + 1ère topique :

          + 2ème topique : ça, moi (se forme à la différenciation du ça et de la réalité, permet la vie sociale, reflet de ce que nous sommes en société, mécanisme de défense) et surmoi (formée par intériorisation des interdits parentaux, édification du surmoi est liée a la façon dont chaque individu a résolu la problématique œdipienne).

   - La place de l’inconscient et les concepts de résistance et refoulement.

          + « Mon attente fut comblée, je me dégageai de l’hypnose, mais avec le changement de technique, le travail cathartique changea lui aussi de visage. L’hypnose avait dissimulé un jeu de forces qui se dévoilait maintenant, et dont la saisie donnait à la théorie un fondement sûr […] Tout ce qui était oublié avait été d’une manière ou d’une autre pénible, que ce fût effrayant ou douloureux ou honteux, face aux exigences de la personnalité. Une idée s’imposait d’elle-même ; c’était justement pour cette raison que cela avait été oublié, c’est-à-dire n’était pas resté conscient. Pour le rendre à nouveau conscient, il fallait surmonter chez le malade quelque chose qui se cabrait, il fallait y mettre du sien pour le presser et l’obliger. L’effort exigé de la part du médecin donnait manifestement la mesure d’une résistance chez le malade. Il suffisait maintenant de traduire en mots ce qu’on avait éprouvé soi-même, et l’on était en possession de la théorie du refoulement ». Freud, Selbstdarstellung (1925).

   - Transfert et contre-transfert. Sentiments d’amour et de haine : reproduction du conflit infantile (complexe d’Œdipe) entre le thérapeute et le patient.

   - Théorie des pulsions et théorie de la sexualité infantile ;

          + Trois essais sur la théorie de la sexualité (1905).

   - Complexe d’Œdipe.

 

b. Les critiques épistémologiques :

 

Absence d’ancrage empirique et clinique : il s’agit d’une théorie élaborée sur un tout petit nombre de cas, dont on fait une étude littéraire (5 cas, basés sur l’étude de mythes). Une question qui se pose est : peut-on être analystes et analysés à la fois.

Aucune validation expérimentale ou études cliniques rigoureuses, (c’est-à-dire : réplicable et contrôlée) qui soutienne cette théorie.

Basée sur la rétrospection : « le caractère rétrospectif du test propre au cadre psychanalytique est incapable d'authentifier de manière fiable ne serait-ce que l'existence de l'expérience d'enfance rétrodictée (...), et encore moins son rôle pathogène. » A. Grünbaum, La Psychanalyse à l'épreuve,1992, p.71

Critère de la falsifiabilité (cf. K. Popper, Logique de la découverte scientifique, 1934).

Notions d’ambivalence, de résistance, de dénégation qui font que la psychanalyse n’est pas réfutable.

Ex : pour réfuter l’H que refoulement des traumas = cause de certains troubles, nécessaire de montrer que arrivée à la conscience ≠ disparition des troubles.

Or recours à des explications du type « résidus inconscients non liquidés ».

→ Non falsifiable, irréfutable.

Validation a priori de la théorie par des cas cliniques ad hoc (cf. biais de confirmation).

On reproche souvent à la psychanalyse de ne pas se conformer aux nouvelles découvertes des neurosciences (notamment dans le cas de l’autisme : pour la psychanalyse il s’agit d’une conséquence d’un comportement éloigné de la part de la mère, pour la science il s’agit de quelque chose de complètement opposé). La psychanalyse se détache complètement de toutes les autres sous-disciplines.

 

c. Les développements de la psychanalyse :

 

Continuité et des disciples :

- Karl Abraham (1877-1925). Manie et Mélancolie. Sexualité infantile.

- Eugen Bleuler (1857-1939) . Schizophrénie et autisme.

1892 : 1er Congrès International de Psychanalyse (Autriche) : l’homme aux rats.

Dès 1893, travaux de Freud publiés en langue anglaise.

1904 : Freud invité par Stanley Hall aux EU : Cinq conférences sur la psychanalyse.

1910 : Association Psychanalytique Internationale (API).

 

Ruptures :

    - Alfred Adler (1870-1937) et le sentiment d’infériorité :

                + Minimise le refoulement et le complexe d’Œdipe dans la psychanalyse.

                + Importance du sentiment d’infériorité.

                + Accent sur les relations interpersonnelles dans la genèse des névroses et dans le fonctionnement psychique humain.

                + Rejette origine sexuelle du fonctionnement névrotique.

                + Méthode psychothérapique plus brève et plus souple, relation patient-analyste plus souple :

                + « Nous ne sommes pas influencés par les faits mais par notre opinion sur les faits ». « L’opinion correspond à l’image qu’un individu se fait du monde et elle détermine sa pensée, son affectivité, sa volonté et son action »

    - Carl Gustav Jung (1875-1961) :

                + Ma vie. Souvenirs, rêves et pensées.

                + Place secondaire à la sexualité (= source de tension entre lui et Freud qui le considérait comme son héritier).

                + Inconscient collectif.

 

Variantes :

   - Mélanie Klein (1882-1960) :

             + Psychanalyse d’enfants. Importance du jeu chez l’infant : langage exprimant conflits et souffrance, voie royale d’accès à l’inconscient de l’enfant.

             + Transfert chez l’adulte = transfert chez l’enfant (aussi puissant que celui observé chez l’adulte). Lecture relation adulte-thérapeute transposée à la relation enfant-thérapeute.

   - ≠ Anna Freud (1895-1982) :

             + Introduction à la psychologie des enfants (1927).

             + En matière de transfert: analyse d’enfant ≠ analyse adulte.

             + Le rôle du psychanalyste est de fournir à l’enfant des choses qui manquent dans le présent de l’enfant. L’analyste sert de surmoi externe de l’enfant, rôle très pédagogique de l’analyste. Relation éducative

             + Vécu ≠ présent.

→ 2 écoles : kleinienne et freudienne.

   - Donald Woods Winnicott (1896-1971) :

             + Relations précoces, rôle de la mère dans le développement de l’enfant et dans la construction de son identité. Lapsychanalyse se déplace de l’intra-personnel à l’interpersonnel.

             + Rôle actif du nourrisson.

             + Psychanalyse: conflits intrapsychiques ; Winnicott → importance de l’environnement.

             + Egopsychology ou Psychologie du Moi de l’analyse des contenus refoulés à l’étude des processus dynamiques de défense du moi.

e.g.; Herman Nunberg,(1884-1970) Principes de psychanalyse. Leur application aux Névroses, 1957 ; Anna Freud, Le moi et les mécanismes de défense, 1936; Franz Alexander (1891-1964) Psychanalyse de la personnalité globale, 1927; René Spitz (1887-1974).

   - René Spitz (1887-1974) et l’investigation psychanalytique « scientifique et expérimentale ».

             + Psychiatre psychanalyste hongrois, convaincu de l’influence de l’environnement sur le développement de l’enfant aussi bien d’un point de vue psychique que physique.

             + Carences affectives et développement intellectuel et physique.

             + Nourrissons étudiés dans deux conditions différentes :

                      . En crèche pénitentiaire – soin prodigué par mère.

                      . En pouponnière – soin prodigué par personnel qualifié en sous-effectifs → seuls besoins corporels assurés.

             + Dépression anaclitique et hospitalisme : syndrome retrouvés chez les enfants séparés de leur mère, et à qui on n’a pas fourni un substitut affectif de la mère.

→ Objet libidinal (plaisir) se constitue très tôt chez l’être humain. Le besoin affectif serait un besoin primaire.

   - Le culturalisme : Harry Stack Sullivan (1892-1949).

             + Influence des facteurs familiaux, sociaux et culturels sur la formation de la personnalité et sur l’expression de la pathologie mentale.

             + Accent sur interpersonnel plus que sur intrapsychique.

E.g. : Margaret Mead (1901-1978), Gregory Bateson (1904-1980), Karen Horney (1885-1952), Erik Erikson(1902-1952).

   - L’école Lacanienne : Jacques Lacan (1901-1981).

             + Retour à S. Freud.

             + La psychanalyse est une cure par la parole.

             + « L’inconscient est structuré comme un langage ».

 

 

V. La psychologie scientifique du 20ème s : comportement, forme, cognition, développement de l’intelligence.

 

 

Etapes de la psychologie du 20ème siècle :

 

 

Introduction :

 

Aristote est le premier à avoir écrit un ouvrage sur la Psychologie (en dehors de ceux qui ont écrit sur la sagesse, tels Imhotep)

1875 : Wundt publie son ouvrage sur la Psychophysiologie.

1876 : naissance du laboratoire de Wundt (congrès).

 

L’histoire de la Psychologie commence à la fin du 19ème siècle mais il n’y a pas encore de grands ancrages (mis à part celui de Wundt), juste des expérimentations se font.

C’est au 19ème que l’on peut dire vraiment que l’Histoire de la Psychologie commence.

 

La psychologie pendant les décennies du 20ème siècle :

 

1900 : près d’1 milliard 650 personnes d’humains sur Terre, le monde va être beaucoup plus complexe puisqu’il faut prendre en compte tous les humains. Il y a donc une densification et une augmentation de la population (transition démographique). Cette densité s’accompagne avec de nombreux conflits, avec l’émergence de nombreux pays :                          

                - 1914 – 1918 : 1ère Guerre Mondiale.

                - 1939 – 1945 : Seconde Guerre Mondiale.

                - L’Angleterre perd de son pouvoir, des pays émergent (anciens pays coloniaux).

                - 2 grandes puissances : USA et Russie.

                - Suite à ces guerres : de nombreux morts, des gagnants / des perdants.

 

1950 : le monde est différent :

                - monde géopolitique.

                - la Chine se prépare (on sait que par la suite, elle sera un grand pays en développement).

                - aujourd’hui, il y a 192 / 195 pays dans le monde.

 

1989 : chute du mur de Berlin (fin de la Guerre Froide).

Bouleversements démographiques, géopolitiques, technologiques et économiques

1929 : crise économique.

1973 : crise pétrolière.

→ ce qui aura de nombreuses conséquences dans de nombreux domaines.

Epanouissement électronique.

Dans les années 1989, 1990, 1991 : percée microinformatique.

 

1. L’école russe de la réflexologie (19ème s – 20ème s) :

 

a. Etude des réflexes :

 

On s’est rendu compte que le cerveau pouvait produire des réflexes. Cela va ouvrir un immense espoir chez les Psychologues (notamment pour l’introspection, en 1905, 1908).

Développement d’une psychoréflexologie.

 

Ivan M. Sechenov (1829 – 1905) :

 

Les actons réflexes du cerveau (1863).

« Qui doit étudier les problèmes de la psychologie et comment ? »

« Le physiologiste, par l’étude des réflexes ».

 

Vladimir M. Bechterev (1857 – 1927) :

 

Psychologie objective (1907).

Psychologie objective : réflexologie = « discipline scientifique qui se pose le problème d’étudier la réaction réponse à des stimuli externes ou internes ».

 

Ivan Pavlov (1849 – 1936) et le conditionnement des réflexes :

 

Les réflexes conditionnels. Etude objective de l’activité nerveuse supérieure des animaux (1926).

 

Le conditionnement des réflexes :

 

Les reflexes conditionnels. Etude objective de l’activité nerveuse supérieure des animaux (1926).

 

 

Salivation du chien « à distance » (provoquée par vue ou ouïe) = Réflexe psychique.

Etude sur relations entre phénomènes extérieures et la réaction de l’organisme :

                1 : Stimulus inconditionnel (SI → Réponse inconditionnelle (RI).

                               Nourriture                             Salivation du chien

                2 : Association entre SI et Stimulus neutre (SN). Ex : coup de sifflet avant de servir le repas.

                3 : Le coup de sifflet fait saliver le chien (« SN → RI). SN → SC et RI → RC, donc SC → RC.

→ Conditionnement classique (conditionnement répondant).

 

Inhibition, renforcement :

 

Réponse conditionnelle ≠ réponse inconditionnelle :

A la différence de la RI, la RC :

- RC se perd sans renforcement régulier → inhibition interne.

- Conditionnement ultérieur facilité.

- Possibilité de le faire disparaître en associant au stimulus conditionnel un stimulus aversif (ex : décharge électrique) → inhibition externe.

 

Névrose expérimentale :

Association cercle – nourriture.

Association ellipse – absence de nourriture.

Lorsque l’ellipse a une forme trop voisine de celle du cercle → comportements névrotiques (agitation, aboiement).

CI° : névrose = conflit entre processus excitateurs et inhibiteurs dans le cerveau.

Tout apprentissage serait associé à un reflex, tout simplement a partir de la relation entre un stimulus et notre réponse.

 

Conclusion : névrose = conflit entre processus excitateurs et inhibiteurs dans le cerveau.

Toute conduite supérieure de l’homme n’est que le prolongement des reflexes les plus simples : association stimulus et reflexe primaire.

 

2. Psychologie animale : le comportement comme objet d’étude :

 

a. L’attachement :

 

Théorie freudienne, théorie des pulsions : thèse de l’étayage, pulsion alimentaire, satisfaite par la satisfaction que procure la mère au bébé.

Travaux éthologique de Harry HARLOW (1905 – 1981) sur les singes rhésus, diminue la théorie freudienne.

Théorie de HARLOW : besoin relationnel est inné, primaire.

Expérience :

- Rhésus orphelins = deux types de substituts maternels proposés :

+ Un mannequin recouvert de fourrure.

+ Un mannequin en grillage qui contient la nourriture.

- Résultats : préférence pour le premier mannequin.

Cf. John BOWLBY (1907 – 1990) chez l’humain.

 

b. Les lois de l’apprentissage :

 

Edward L. THORNDIKE (1874 – 1949) :

- Précurseur du behaviorisme.

 

 

- Travaille sur l’intelligence animale, et surtout sur l’apprentissage de comportements qui ne sont pas innés.

- Apprentissage par essai et erreur.

- Loi de l’exercice – renforcement : les associations que l’animal fait entre la situation et le comportement qu’il doit avoir sont renforcer par l’augmentation du nombre de fois où l’association est faite.

- Loi de l’effet – récompense/punition : une connexion/association est renforcée ou affaiblie par ses conséquences.

- Complémentarité des deux lois : l’exercice permettant l’apprentissage dans les cas ou intervient la loi de l’effet.

PAVLOV envisage que l’apprentissage se bâtit par conditionnement sur les reflexe, alors que pour THORNDIKE c’est par hasard qu’on est menés à produire un premier comportement et c’est par le renforcement qu’on est menés à le répéter.

 

3. John Broadus WATSON et la révolution béhavioriste :

 

Psycholiogy as the behavisorist views it, 1913 ; Behavior : an introduction to comparative Psychology, 1914 ; Psychology from the standpoint of a Behaviorist, 1919 ; Le behaviorisme, 1924, traduit en 1972.

Propose une nouvelle psychologie pour l’humain : le behaviorisme, très influencé par les travaux de PAVLOV

Behaviorisme = psychologie strictement objective.

But = prédire et contrôler le comportement.

Importance du milieu dans le comportement.

Représentant d’un behaviorisme radical, dans cela il soutient que le milieu a une importance capitale dans le comportement, plus encore de tout ce qui entoure la personne.

1925 : « donnez moi une douzaine d’enfants bien-portants, bien conformés et mon propre milieu spécifique pour les élever, et je garantis de prendre chacun au hasard et d’en faire n’importe quel type de spécialité existant : docteur, juriste, artisan, commerçant, et même mendiant et voleur, sans tenir compte de ses talents, penchants, tendances, capacités, de sa vocation ni de la race de ses ancêtres. ».

 

La psychanalyse comme science du comportement :

- Emploie de techniques objectives, abandon des concepts mentalistes.

- « La conscience : oui, tout le monde doit savoir ce qu’est « la conscience » ! Quand nous avons une sensation de rouge, une perception, une pensée, quand nous voulons faire quelque chose, quand nous avons l’intention de faire quelque chose, ou quand nous désirons faire quelque chose, nous sommes conscients. Tout les chercheurs en psychologie introspective sont illogiques. En d’autres termes, ils ne disent pas ce qu’est la conscience, mais commencent simplement à mettre des choses dedans à l’aide de suppositions ; ensuite, lorsqu’ils entreprennent d’analyser la conscience, ils y trouvent naturellement ce qu’ils y ont mis. En conséquence, dans les analyses de la consceince, faites par certains psychologues, vous trouverez des éléments tels que les sensations et leurs fantomes, les images ; avec d’autres, vous trouverez non seulement les sensations, mais lesdits éléments affectifs ; chez d’autres encore vous trouverez des éléments tels que le vouloir, lesdits éléments conatifs de la conscience […]. Littéralement, des centaines de milliers de pages imprimées ont été publiées sur l’analyse minutieuse de ce qlq chose d’intangibilité appelé « conscience ». » J.B. WATSON, Le Behaviorisme, Paris, CEPL, 1972, p.12 ; publié en américain en 1924.

- Recherche restreinte aux VI et VD :

 

 

- Utilisation des principes de conditionnement ou autre association S – R comme base des lois de l’apprentissage.

- Valorise déterminant périphérique du comportement, au détriment des processus centraux. Eléments observables de l’extérieur.

 

Bébé Albert (1920) – mythe fondateur du behaviorisme → application thérapeutique et éducatives proposées par WATSON. Ce n’est pas au sentiment de peur que s’intéresse le behavioriste, mais uniquement à la réponse issue de ce sentiment = le cri.

Application thérapeutique et éducatives proposées par WATSON.

Plan épistémologique : représentation mécanique de l’homme.

Le comportement n’est plus la manifestation d’une structure psychique sous-jacente.

« La conscience : oui, tout le monde doit savoir ce qu’est « la conscience » ! Quand nous avons une sensation de rouge, une perception, une pensée, quand nous voulons faire quelque chose, quand nous avons l’intention de faire quelque chose, ou quand nous désirons faire quelque chose, nous sommes conscients. Tous les chercheurs en psychologie introspective sont illogiques. En d’autres termes, ils ne disent pas ce qu’est la conscience, mais commencent simplement à mettre des choses dedans à l’aide de suppositions ; ensuite, lorsqu’ils entreprennent d’analyser la conscience, ils y trouvent naturellement ce qu’ils y ont mis. En conséquence, dans les analyses de la conscience faites par certains psychologues, vous trouverez des éléments tels que les sensations et leurs fantômes, les images ; avec d’autres, vous trouverez non seulement les sensations, mais lesdits éléments affectifs ; chez d’autres encore vous trouverez des éléments tels que le vouloir, lesdits éléments conatifs de la conscience (…) Littéralement, des centaines de milliers de pages imprimées ont été publiées sur l’analyse minutieuse de ce quelque chose d’intangible appelé « conscience ». »

(JB Watson, Le behaviorisme, Paris, CEPL, 1972, p.12 ; publié en américain en 1924).

 

4. Burrhus Frederic SKINNER (1904 – 1990) et le behaviorisme radical :

 

The Behavior of Organisms, 1938. Science and Human Behavior, 1953.

L’analyse expérimentale du comportement (1969, trad 1971).

Apprentissage d’un nouveau comportement résulte du renforcement exercé par des stimuli succédant aux réponses de l’organisme.

Théorie de l’apprentissage par conditionnement opérant :

- La boite à SKINNER.

- Modèle de base : 3 comportements : stimulus → réponse → renforcement (positif ou négatif).

Application éducatives et thérapeutiques.

 

Rôle central du renforcement dans l’apprentissage remis en cause :

- Apprentissage en un seul essai, sans répétition (E.R. GUTHRIE, 1886 – 1959) : élément qui affaiblie la nécessité du renforcement pour l’apprentissage.

- Apprentissage latent (E.C. TOLMAN (1886 – 1959) : expérience de TOLMAN et HONZIK (1930).

 

 

- K. LORENZ (1903 – 1989) et les comportements innés – empreinte.

- N. CHOMSKY (1929 – …) et le langage à règles abstraites. L’apprentissage Skinnerien (le renforcement) ne peut pas expliquer la façon dont l’être humain apprend le langage.

« Un locuteur ne pourrait répondre correctement à la demande « la bouse ou la vie » que s’il a une histoire de renforcement, pertinent, c’est-à-dire s’il a déjà été tué ».

 

5. Jean PIAGET (1896 – 1980) et le développement de l’intelligence :

 

Théorie de l’évolution de l’intelligence, à trois échelles de temps :

- Phylogénétique.

- Histoire des sciences.

- Ontogenèse.

Il va donc mettre en place l’épistémologie génétique : étude de la genèse et du développement des connaissances.

Théorie générale de l’évolution de l’enfance :

    - Explication qu’elle fourni du système de développement v : essaye d’expliquer, de rendre compte comment l’intelligence de l’être humain ne reste pas fixée à celle de l’enfance. Sa théorie est dite constructiviste : l’enfant fait évoluer son intelligence en agissant sur les objets qui l’entoure et en observant les réponses. Il y a un rôle cruciale de l’action : schèmes (= structures d’action. Ex : schème de préemption : ensemble d’actions que l’on va faire pour attraper un objet). Processus d’assimilation (= processus d’adaptation par lequel un individu associe de nouvelles infos ou expériences à des schèmes déjà existants) et d’accommodation (= processus par lequel un schème se transforme en vue de s’ajuster à un objet, aux nouvelles informations perçues par assimilation) grâce auxquels l’enfant va développer son intelligence.

   - Description qu’elle fourni du développement, décrit l’ordre d’apparition des différentes fonctions intellectuelles, stades, développement discontinue. Il décrit 4 stades de ce développement :

        + Stade sensori-moteur :

        + Préopératoire :

        + Op concret :

        + Op formel :

La pensée prolonge l’effort d’adaptation au milieu.

L’intelligence se construit au cours de l’évolution du sujet.

 

 

6. La psychologie de la forme : la théorie de la Gestalt :

 

Nait en Allemagne a la fin du 18ème siècle. S’importe aux USA dans les années 30.

En réaction à la psychologie analytique et associationniste, celle qui décompose les états de conscience en éléments indivisibles pour rendre compte des activités mentales (atomisme).

Toutes données sensorielles comportent deux types de qualités :

- Qualités sensorielles.

- Qualités de forme ou de structure. Les qualités de forme ne peuvent pas se réduire à leurs composants sensoriels.

Ex : mélodie → ce que nous percevons, c’est une certaine « forme », une configuration : une Gestalt.

 

a. Préhistoire de la Gestalt : Christian von EHRENFELS (1859 – 1932) :

 

L’acte de perception que nous faisons, nous ne juxtaposons pas une foule de détails, mais nous percevons des formes.

Le tout est donc supérieur à la somme de l’ensemble de ses parties → le tout prime sur tous ses composants.

Le produit de l’esprit est d’origine supra-physiologique → dessin de Rubin (1915).

 

b. L’école de Berlin : WERTHEIMER, KOHLER et KOFFKA :

 

Expérience qui récuse l’explication élémentariste : on perçoit des totalités structurées :

- Phénomène phi : on ne percevra pas la même chose si :

- Met en évidence que dans les stimuli sensoriels, la continuité entre deux points n’est pas donnée par l’environnement, mais elle est crée par notre esprit.

Cette expérience est dépendante des l’environnement dans lequel elle se fait.

 

c. Les domaines de la Gestalt :

 

Psychologie de la perception.

Les lois de la Gestalt :

- Loi de proximité : des éléments proches sont perçus comme les constituants d’un même objet.

- Loi de similarité : des éléments semblables sont perçus comme appartenant à une même forme.

- Loi de symétrie : les figures qui comportent des axes de symétrie sont de meilleure forme que ceux qui n’en portent pas.

- Loi de clôture : on a tendance à hachurer les contours, complète les sections manquantes d’une action.

→ Prégnance de la forme.

 

 

Psychologie de la perception.

Psychologie de l’intelligence, de la pensée créatrice :

- Wolfgang KOHLER (1887 – 1967) : l’insight ou « expérience Aha ».

- Karl DUNCKER (1903 – 1940) : la découverte tiendrait largement à la manière dont le sujet se représente le problème.

La critique de CHOMSKY, les travaux de TOLMAN, l’épistémologie piagétienne et les travaux de la Gestalt vont contribuer à réinvestir la boite noire et à annonce le courant cognitiviste.

 

7. La psychologie sociale :

 

But : éclairer les relations entre individu et société. Etude du comportement des groupes.

 

a. La psychologie collective en France.

 

Gustave LE BON (1841 – 1931) :

 

Lois psychologiques de l’évolution des peuples (1894) et Psychologie des foules (1895).

Propos choquants : n’importe quel niveau social peut être soumis à l’autorité.

Phénomène d’influence, leadership et soumission à l’autorité.

 

Charles BONDEL :

 

Introduction à la psychologie collective (1928) et La psychologie …

Conscience collective renoi uniquement à l’ensemble des sentiments qui sont communs à l’ensemble des individus. Il n’y a pas d’entité indépendante ou autonome, il n’y a que des choses qui sont communes à un certain nombre de personnes.

 

b. Les origines de la psychologie sociale aux USA :

 

Les origines de la psychologie sociales aux USA, avant que s’installe la psychologie des groupes :

   - La psychologie « hormique » (du grec hormè = impulsion, mouvement vers) de William MCDOUGALL (1871 – 1938). Il va se forcer à découvrir derrière chaque action il y a des instincts.

   - La « facilitation sociale » de Floyd H. ALLPORT (1890 – 1978). Explique le comportement humain uniquement par le fonctionnement social et le milieu. L’individu n’est rien par rapport au groupe qui le domine.

Psychologie sociale : science qui cherche à expliquer « comment les pensées, les sentiments et les comportements sont influencés par la présence réelle, imaginaire, ou implicite d’autrui ».

Facilitation sociale : influence positive du groupe sur les activités de ses membres.

   - Norman TRIPLETT (1861 – 1931) :

            + Analyse d’archives de coureurs cyclistes en 1887.

            + Etude expérimentale sur 40 enfants. Réussissent plus rapidement à faire 150 tours de moulinets de cannes à pêche lorsqu’en groupe plutôt que seuls.

            + Ces expériences montrent qu’on est plus performants lorsqu’on effectue des taches en groupe plutôt que dans des situations ou on est seuls.

   - ALLPORT s’intéresse plus à la tache intellectuelle qu’à celle physique (ex : association de mots) dans situations isolées ou en coaction. Effet facilitateur de la coaction sur des performances intellectuelles.

 

c. L’étude des groupes (interactions humaines) :

 

Elton MAYO (1880 – 1948) et l’effet « Hawthorne » :

 

S’intéresse à l’amélioration des conditions de travail matérielles dans le but d’améliorer la productivité au travail.

Effet des conditions de travail sur la productivité.

Groupe test (dans lequel il améliore les conditions de w matérielles) et groupe témoin (il ne modifie pas les conditions de travail) : amélioration de la productivité dans le groupe test, la suppression des améliorations n’impacte pas la productivité et on observe aussi une amélioration dans le groupe témoin.

Sa conclusion est que les ouvrières sont motivées par le fait qu’on s’intéresse à elles et qu’on essaye d’améliorer leurs conditions de travail. il y a une motivation accrue, et donc une production accrue uniquement par l’intérêt qu’on peut porter. Cela montre la place de la dimension des relations humaines, dimension « affective » impliquée dans le monde du travail.

 

Kurt LEWIN (1890 – 1947) et la dynamique de groupe :

 

Le groupe ne peut pas être résumé à l’ensemble des individus qui le constitue. Il y a une influence de la Gestalt : « il n’y a rien de plus magique derrière le fait que les groupes ont des propriétés particulières distinctes de celles de leurs sous-groupes que derrière le fait que les molécules ont des propriétés différentes de celles des atomes et des ions qui les composent. »

Il va estimer qu’il est possible de détacher des lois à partir de la dynamique des groupes.

1944 : fondation du centre de recherche sur la dynamique des groupes (MIT). Il recherche et fait des actions :

- Habitudes alimentaires des ménagères (pression de conformité).

- Groupes et leadership (ex : LIPPITT et WHITE, 1939 – 1940 : autoritaire, démocratique et laisse-faire).

 

Solomon ASCH (1907 – 1996), pression, conformisme et irrationalité :

 

Effet de la pression du groupe sur la modification et la distorsion des jugements.

Expérience avec l’identification de la longueur des barres : 37% se conforment à une mauvaise réponse soutenue à l’unanimité par les complices.

 

MILGRAM (1933 – 1984) et soumission à l’autorité :

 

Obéissance et autorité (1974).

 

8. L’impasse du behaviorisme : l’avènement de la psychologie cognitive :

 

a. ’50 : la révolution cognitive :

 

IA :

- 1936 : A. Turing (1912-1954) : idée d’une machine théorique, capable de résoudre tous les pbs de calcul, à partir de programmes dirigés selon un code binaire

- 1945: J. Von Newmann (1903-1957) : apparition de ce qui sera l’ordinateur moderne puis toute la technologie informatique.

- 1957 : H. Simon (1916-2001) et A. Newell (1927-1992) : théorie générale de la résolution de pb (GPS, General Problem Solver), chez l’ordinateur comme l’homme.

Cybernétique :

- Norbert Wiener (1894-1964) : formalisation des mécanismes de la communication (dans systèmes artificiels et naturels)

- Cybernetics or Control and Communication in the Animal and the Machine (1948)

→ Notion de feedback et système auto-régulateur.

Théorie de l’information :

- C. Shannon (1916-2001) et W. Weaver (1894-1978) : La théorie mathématique de la communication, 1949. Recherches sur les télécommunications et conditions permettant d’éviter la perte d’information entre émetteur et récepteur, puis « théorie générale de l’information ».

Neurosciences :

- Rapprochement entre mécanismes des connexions neuronales dans le cerveau et caractère binaire des inférences logiques (e.g., McCulloch et Pitts, dès 1943).

 

b. Psychologie cognitive :

 

Exacte opposé du behaviorisme : révolte contre le behaviorisme, s’intéresse au Mind, à la cognition.

Les thèses cognitivistes :

- Il existe un niveau d’analyse propre à l’esprit qui ne doit ni se réduire au niveau biologique ou neurologique, ni s’élever à un niveau culturel et social.

- Métaphore de l’ordinateur : l’esprit peut être conçu comme un système de traitement de l’information. Le cognitivisme est « computo-représentationnel » (Jerry FODOR, La modularité de l’esprit, 1983).

- Modèle de George (1985) : Ce modèle "montre que l'activité cognitive humaine consiste en une série d'opérations transformant les données sensorielles d'entrée (stimuli) en représentations mentales (compréhension, interprétation) sur la base desquelles des calculs (raisonnements) sont effectués pour décider d'une réponse permettant d'atteindre le but" (in Mariné et Escribe, Histoire de la psychologie générale, p. 164-165, In Press Editions, Paris).

 

 

Les caractéristiques de la psychologie cognitive :

- Cherche à déterminer par quels mécanismes élémentaires nous réalisons les taches auxquelles nous sommes confrontées.

- Recours à la méthode expérimentale.

- Considère que les processus cognitifs sont imbriqués, interdépendants.

- Les processus cognitifs sont actifs plutôt que passifs.

- Il y a des traitements qui sont dirigés par les données (traitements ascendants) et qu’autres qui sont dirigés par les concepts (descendants).

Résultats expérimentaux dans les domaines de :

- La perception (BRUNER, 1957 ; GIBSON, 1969).

- L’attention et l’inhibition (TRAISMAN & GELADE, 1980 ; STROOP, 1935).

- La mémoire (ATKINSON et SHIFFRIN, PETERSEN & PETERSEN, 1959 ; MILLER, 1956, BADDALEY, 1974 ; CRAIK et LOCKART, 1972 ; ROEDIGER et MCDERMOTT, 1995).

- La compréhension.

- Le langage.

- Le jugement et la prise de décision.

- Etc.

 

c. ’80 : du modèle computationnel aux neurosciences cognitives :

 

L’homme neuronal, Jean-Pierre CHANGEUX, 1983.

Découverte des techniques d’imagerie cérébrale (surtout l’IRM) → décrire la structure de l’état interne du sujet, observation de l’activité du cerveau pendant que les sujets font des actions.

Nouvelles perspectives de recherche dans la cognition et des neurosciences → dépassent les méthodes de fonctionnement normal, mais considèrent aussi les pathologies.

 

d. A partir des années 2000 :

 

Les sciences cognitives s’ouvrent aux émotions, passions et pulsions (cf. publications d’Antonio DAMASIO et de Joseph LEDOUC). Un inconscient cognitif voir le jour : il y a une jonction possible entre FREUD et les neurosciences. On parlerait alors de neuro-psychanalyse ?

Découverte de la plasticité cérébrale (= capacité du cerveau à se modifier en fonction des stimulations et des expériences de l’environnement) : nouveau pont entre l’approche internalise (capacités mentales relèvent de la structure du cerveau) et l’approche constructiviste (le social est tenu pour principal stimulant des activités mentales).

On retrouve la psychologie cognitive dans des recherches concernant les champs de la psychologie évolutionniste, de la créativité humaine, des mécanismes mentaux de la métaphore, de l’analogie, du vieillissement cognitif dans ses dimensions bio-psycho-sociales, de la robotique, du monde virtuel, de la relation entre l’homme et la machine, etc.



15/07/2012
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