Cours de psychologie

Histoire de la psychologie - cours (suite)

e. De l’évolution des espèces au développement individuel :

 

Ernst Haeckel (1834-1919) :

 

Approche évolutionniste pour étudier le développement de l’enfant.

Loi de récapitulation ou loi biogénétique: l’ontogenèse des organes est une brève récapitulation de leur phylogenèse = théorie du développement individuel, tournant dans le regard porté au développement de l’enfant et dans l’intérêt porté à ce développement.

Mérite de constituer un tournant sur le regard qu’on porte sur le développement de l’enfant, et de modifier l’intérêt qu’on y porte.

 

William Preyer (1841-1897) :

 

Ouvrage sur développement de son enfant de 0 à 3 ans :

→ « A la vérité, tel enfant se développe rapidement, tel autre lentement, l’on rencontre les différences individuelles les plus considérables même chez les enfants des mêmes parents : mais ces différences portent bien plus sur l’époque et le degré que sur l’ordre de succession et d’apparition des divers phénomènes de développement. Et l’essence de ces derniers eux-mêmes est identique chez tous » (Paris, Alcan, 1887, p. VIII).

 

→ Prémisses des conceptions de J. Piaget en matière de « décalages » dans le développement de l’intelligence.

 

Etude portée sur un unique individu, donc problème de généralisation à un seul individu → cependant il affirme que puisque le développement de l’enfant est le même pour tous, c’est mieux d’étudier un seul individu longtemps que plusieurs individus.

 

f. L’évolutionnisme et la question de l’origine de l’esprit :

 

Continuité des activités mentales de l’animal à l’homme?

 

L’activité mentale de l’homme est-elle le résultat de l’évolution de celle de l’animal ?

 

Thomas Huxley (1825-1895) : ressemblances anatomiques entre cerveau des hommes et des grands singes (ouvrage de 1862).

 

Charles Darwin (Descent of man, and Selection in Relation to Sex, 1871) :

- Affirme continuité mentale de l’animal à l’homme. Nombreuses similitudes entre processus mentaux des animaux et des hommes.

- Langage et conscience morale : résultat de l’évolution intellectuelle et de la socialisation qu’elle a entraînée.

= Servira de base à des travaux fondateurs de la psychologie animale. Puisque continuité entre animal et homme, étudier animal renseigne sur l’esprit humain.

 

Comment l’esprit vient-il à l’individu ?

 

Empiristes et association des idées.

 

John Stuart Mill (1806-1873) : l’idée qui résulte de l’association de deux idées simples a des propriétés différentes de celles de ces idées simples.

 

Alexander Bain (1818-1903) dit qu’il faut avant tout pour répondre à cette question découvrir le « germe instinctif de la volition ». 1ère fois par hasard puis sanction ou récompense de l’environnement.

 

Echo à la théorie de Darwin : les modifications, au cours du temps, se réalisent entre autres par sanction de l’environnement.

 

Communauté, similitudes de mécanismes entre l’évolution des comportements individuels et l’évolution des espèces.

 

g. Herbert Spencer et le darwinisme social – origine de l’esprit :

 

Herbert Spencer (1820-1903).

 

Pour répondre à la question de l’origine de l’esprit, applique thèse de l’évolution (Lamarckienne) au développement individuel des capacités mentales.

 

Complexification de l’esprit des êtres vivants, perpétuel changement du simple vers le complexe : l’esprit évolue du simple réflexe à l’instinct, de l’instinct à la mémoire, de la mémoire au raisonnement. Les processus les plus simples donnent naissance au processus les plus complexes.

 

La loi d’association responsable de cette progression : Hérédité des caractères acquis : les associations qui se créent chez un individu sont héréditaires.

 

Survivance du plus apte.

Lois de la nature exigent l’élimination des inaptes.

Ne pas intervenir sur cette nature car ralentirait diffusion des meilleurs éléments.

Nombreuses applications pratiques :

- Spencer a écrit qu’ « il n’y a pas de plus grande malédiction pour la postérité que le fait de lui léguer une population toujours croissante d’imbéciles, de paresseux et de criminels ».

- Programmes d’« éliminations des rebuts »: les pratiques eugénistes (exemples…)

 

6. Psychopathologie et psychologie dynamique françaises :

 

a. Le projet de psychologie objective en France de Théodule Ribot (1839 – 1916) :

 

Adhère au positivisme et proche de la psychologie allemande.

Positivisme, à partir des observations. Réactions, attitudes, et conduites de l’individu = phénomènes déterminées par mécanismes physiologiques.

« A tout état psychique est invariablement associé un état des nerfs ».

 

« La psychologie expérimentale se propose l’étude exclusive des phénomènes de l’esprit suivant la méthode des sciences naturelles et indépendamment de toute hypothèse métaphysique. Elle a un objet précis : les faits psychiques, leur description, leur classification, la recherche de leurs lois et de leurs conditions d’existence. […] Elle n’est ni spiritualiste, ni matérialiste. […] La psychologie est pour nous une partie de la science de la vie ou de la biologie ». Préface du Traité de Psychologie, 1923.

 

Défend l’idée d’une psychologie en tant que discipline : il institutionnalise la psychologie en France.

 

Lutte pour reconnaissance universitaire en France :

                - Chaire de psychologie expérimentale au Collège de France.

                - 1er laboratoire de psychologie expérimentale (avec H. Beaunis).

                - Revue philosophique de la France et de l’Etranger.

 

Seul observation et hypothèse donnent la connaissance des faits.

En psychologie on ne peut pas tout renvoyer à l’expérimentation à éthique : il y a des choses qu’on ne peut pas faire à l’être humain. La maladie permet d’étudier des sphères dans lesquelles normalement on ne pourrait pas intervenir.

Méthode pathologique.

Pour comprendre comment fonctionne la mémoire il faut étudier l’amnésie à obéit au principe de BROUSSET : la différence entre normal et pathologie est une différence de degré et non de nature.

Initiateur de la neuropsychologie.

Individu composé de différentes mémoires plus ou moins indépendantes.

Méthode expérimentale appliquée à la méthode psychologique.

Evolutionnisme de SPENCER à Applique la théorie de l’évolution au niveau de l’individu à hiérarchie dans les fonctions qui vont du plus au moins évolue.

Application faite par un neurologue JACKSON.

 

Deux sources d’influences :

 

1. Méthodologie expérimentale :

 

Théorisations par Claude Bernard (1813 – 1878).

Système « OHERIC » : Introduction à l’étude de la médecine expérimentale (1865) : observation – hypothèse – expérience – résultat – interprétation – conclusion.

→ Méthode pathologique = expérimentation naturelle.

 

« La méthode pathologique tient à la fois de l’observation pure et de l’expérimentation. La maladie, en effet est une expérimentation de l’ordre le plus subtil, instituée par la nature elle-même dans des circonstances bien déterminées et avec des procédés dont l’art humain ne dispose pas ; elle atteint l’inaccessible. D’ailleurs, si la maladie ne se chargeait pas de désorganiser pour nous le mécanisme de l’esprit et de nous faire mieux comprendre ainsi son fonctionnement normal, qui donc oserait risquer des expériences que la morale la plus vulgaire réprouve ? ». De la méthode dans les sciences, 1909.

 

Etude de la pathologie d’une fonction pour appréhender son fonctionnement et sa structure.

→ Initiateur de la neuropsychologie.

 

2. Evolutionnisme de H. Spencer, application de John H. Jackson (1835 – 1911) à la neurologie :

 

Hiérarchie des centres nerveux et cérébraux. Centres supérieurs inhibent centres inférieurs. Centres inférieurs = plus anciens, plus automatiques, mieux organisés.

 

Ex des fonctions motrices :

1 : structure médullaires – réflexes.

2 : aires motrices du cortex : exécution du mouvement.

3 : aires pré-frontales : coordination de mouvements, régulation et ajustement dans une structure d’ensemble.

 

Les maladies du système nerveux doivent être considérées comme des dissolutions, c’est-à-dire régressions de l’évolution.

Evolutionnisme de Spencer : applique la théorie de l’évolution au niveau de l’individu → hiérarchie dans les fonctions qui vont su plus au moins évolue.

 

John H. JACKSON :

  - Neurologue britannique.

  - Pense que les infections du système nerveux ne peuvent se comprendre qu’en se référant au niveau de l’évolution.

  - Sur la base d’un certain nombre d’info il propose une description des centres nerveux du cerveau de manière hiérarchique : faite de centres supérieurs et de centres inférieurs.

            + Les centres supérieurs qui sont les plus évolués ont une action inhibitrice sur les centres inférieurs. Les centres supérieurs contrôlent les centres inférieurs.

            + Quand les centres supérieurs ne fonctionnent plus on voit les fonctions des centres inférieurs se libérer.

            + Les centres inférieurs sont les centres les plus automatiques et les plus anciens

  - Loi de dissolution : ordre inverse de l’évolution. Il y a 3 critères pour parler d’évolution ou de dissolution, car l’évolution :

            + Passage du moins organisé au plus organisé (connexions stables, circuits tracés). Centres supérieurs en constate à rôle clé dans l’adaptation de l’individu au milieu.

            + Passage du plus simple au plus complexe → connexions plus complexes.

            + Comportements de plus en plus différenciés, mais aussi plus souples qui demandent a l’individu un effort plus conscient.

  - Comportements stéréotypés sont des comportements automatiques.

 

Idées de Ribot :

 

1 :

 

« La loi de dissolution en psychologie, consiste en une régression continue qui descend du supérieur à l’inférieur, du complexe au plus simple, de l’instable au stable, du moins organisé au mieux organisé : en d’autres termes, les manifestations qui sont les dernières en date dans l’évolution disparaissent des premières ; celles qui ont apparu les premières disparaissent les dernières. L’évolution et la dissolution suivent un ordre inverse ». Psychologie des sentiments, Paris, Alcan, 1896, 13ème éd. 1930, p.424.

 

Les maladies de la mémoire (1881) : loi de dégénérescence de la mémoire.

Amnésies progressives : Amnésie → faits récents → idées → sentiments et affections → actes.

 

4 règles principales de cette désorganisation :

- Mémoire et rétention du souvenir deviennent de plus en plus difficiles.

- Le nouveau meurt avec l’ancien.

- Souvenirs d’ordre affectif s’éteignent plus difficilement que ceux d’ordre intellectuel.

- Les automatismes les plus anciens (automatismes moteurs), sont ceux qui résistent le plus longtemps à la détérioration pathologique.

 

Transpose les idées de Jackson dans la psychologie.

 

Amnésie progressive c’est les amnésies de type Alzheimer : processus graduel qui s’étend sur plusieurs années. Elles conduisent à l’abolition complète de la mémoire. Elles nous montrent comment la mémoire se désorganise et donc comment elle est organisée. Ce travail de dissolution suit toujours le même ordre. Après s’être attaquée aux faits récents, elle s’attaque aux connaissances, puis aux émotions, et enfin aux comportements.

 

Premier a proposé une définition biologique de la mémoire.

 

Différencie la mémoire en différentes aptitudes : mémoire des savoirs et des savoir-faire, mémoire épisodique, etc…

 

2 :

 

Loi de régression : « la destruction progressive de la mémoire suit donc une marche logique, une loi. Elle descend progressivement de l’instable au stable. Elle commence par les souvenirs récents qui, mal fixés dans les éléments nerveux, rarement répétés et par conséquent faiblement associés avec les autres, représentent l’organisation à son degré le plus faible. Elle finit par cette mémoire sensorielle, instinctive, qui, fixée dans l’organisme, devenue une partie de lui-même ou plutôt lui-même, représente l’organisation à son degré le plus fort. Du terme initial au terme final, la marche de l’amnésie, réglée par la nature des choses, suit la ligne de la moindre résistance, c’est-à-dire de la moindre organisation. La pathologie confirme ainsi pleinement ce que nous avons dit précédemment de la mémoire : « c’est un processus d’organisation à degrés variables compris entre deux limites extrêmes : l’état nouveau, l’enregistrement organique. Cette loi, que j’appellerai loi de régression ou de réversion, me paraît ressortir des faits, s’imposer dans une vérité objective » ». Ribot, 1881, p.94-95.

 

Définition biologique de la mémoire et mise en évidence de différentes aptitudes mnésiques (mémoire des savoir-faire et des savoirs, mémoire épisodique et sémantique).

 

b. Hystérie et hypnose : développements d’une psychologie dynamique :

 

Jean-Martin Charcot (1825 – 1893) et l’Ecole de la Salpêtrière.

 

Sur les divers états nerveux déterminés par l’hypnotisation chez les hystériques (1882).

 

Charcot a une autorité et une reconnaissance internationale, qui donne à l’hypnose la reconnaissance dont elle avait besoin.

Maladie : « expérimentation naturelle » sur la vie mentale.

Hypnose et hystérie : exposition universelle (1878) → malades hystériques dans des états spectaculaires de catalepsie.

 

Points communs avec MESMER : comportement théâtral, hypnotise a tour de bras, il fait une présentation magistrale de l’hypnose et plonge des malades hystériques dans des états de catalepsie incroyables lors de l’exposition universelle.

A la différence de MESMER il a des … il a aussi de présentions scientifiques pour démontrer que les symptômes hystériques ne sont pas déterminés par une lésion organique. Il est possible de faire apparaitre et disparaitre sous l’hypnose les symptômes de l’hystérie. Il promeut l’origine psychogène de l’hystérie. Il parle de lésion dynamique (= on peut sous certaines conditions la faire taire) fonctionnelle  (= ce n’est pas l’organe qui est atteint mais la fonction).

 

Perspective expérimentale : symptômes hystériques ne sont pas déterminés par une lésion organique → Charcot montre qu’il est possible de les faire disparaître et réapparaitre sous hypnose → origine psychogène de l’affection.

Trois états du « Grand Hypnotisme » :

- Léthargie : état dans lequel le sujet reste inerte tout en gardant une hyper excitabilité neromusculaire.

- Catalepsie : maintien de positions trop fatigantes à maintenir à l’état normal.

- Somnambulisme.

 

Il va observer une amnésie au réveil.

 

Montre l’hystérie chez l’homme.

« Mettez-vous bien dans l’esprit, qu’en soi le mot « hystérie » ne signifie rien, et peu à peu vous vous habituerez à parler d’hystérie chez l’homme sans songer le moins du monde à l’utérus ». Leçons du Mardi (1888 – 1889).

Indépendance des deux hémisphères cérébraux. Etats « dimidiés » (pendant lequel une partie du corps est dans un état de catalepsie et l’autre dans un état de léthargie ou de somnambulisme), transfert observé avec métallothérapie.

Distinction amnésie dynamique et organique (névrose/psychose).

 

Deux propositions :

- « Un individu hypnotisable est souvent un hystérique, soit actuel, soit en puissance, et toujours un névropathe, c’est-à-dire un sujet à antécédents nerveux héréditaires susceptibles d’être développés fréquemment dans le sens de l’hystérie par les manœuvres de l’hypnotisation ».

- Symptômes hystériques dus à un « choc » traumatique provoquant dissociation de la conscience et dont le souvenir reste inconscient → bases de la théorie « traumatico-dissociative » des névroses. (Leçons sur les maladies du système nerveux).

 

Bourneville (1840 – 1909) :

Origine sexuelle du trauma

« Dans leur délire, les hystériques ont des réminiscences des évènements anciens de leur existence […] et plus particulièrement, peut-être, des évènements qui ont été la cause occasionnelle de leurs attaques ».

 

Hippolyte Bernheim (1840 – 1919) et l’Ecole de la Nancy.

 

(+ Ambroise Auguste Liébeault).

Différente de l’Ecole de la Salpêtrière.

 

Entre en conflit avec Charcot et l’école de la Salpêtrière et devient l’élève d’Ambroise Auguste.

 

Hypnose différent de l’état pathologique → suggestibilité. On ne peut pas distinguer l’hypnose de la suggestibilité. Il n’a tien de propre aux hystériques.

Même résultats que Charcot mais à l’état de veille → Psychothérapie.

Conteste le fait que l’hypnose est un état propre à l’hypnose.

Bernheim : « L’hypnotisme de la Salpêtrière est un hypnotisme de culture ».

 

Pour Charcot : hypnose différent du sommeil, et aucune utilisation thérapeutique possible.

Pour Bernheim : hypnose = simple sommeil, produit de la suggestion et susceptibles d’applications thérapeutiques.

 

1887 : la Revue de l’hypnotisme expérimental et thérapeutique.

1895 : la Revue de l’hypnotisme et de la psychologie physiologique.

1889 : 1er congrès de l’hypnotisme expérimental et thérapeutique.

 

« L’expérimentation démontre que l’expectante attention et la suggestion n’ont rien à faire dans certaines conditions déterminantes de l’hypnotisme ».

Victor Dumontpallier, 1889, Premier Congrès international de l’hypnotisme (1889).

 

La suggestion n’est pas l’unique source des phénomènes hypnotiques.

Joseph Babinski, 1889.

 

« Un seul élément, en réalité, intervient dans tous ces procédés divers : c’est la suggestion. Le sujet s’endort (ou est hypnotisé) lorsqu’il sait qu’il doit dormir… c’est sa propre foi, c’est son impressionnabilité psychique qui l’endort ».

Hippolyte Bernheim, 1889.

 

Développe une psychologie dynamique des conduites. Toutes les conduites sont dirigées par des tendances.

Psychasthénie différente d’hystérie : dissociation du système psychologique du reste de la personnalité.

On le considère comme l’un des pères de la psychologie clinique : méthode clinique = méthode d’écoute où on observe de façon approfondie des individus qui sont aux prises avec leurs problèmes de manières à connaître de façon aussi complète que possible les circonstances de leur vie toute entière = interpréter chaque disfonctionnement à la lumière de la vie individuelle.

Se développe en réaction contre la méthode de laboratoire.

 

c. La psychologie de Pierre Janet (1859 – 1947) : psychologie des conduites et des tendances :

 

L’état mental des hystériques (1893).

L’automatisme psychologie (1889).

 

Pathologie : terrain privilégié pour observation et connaissance du fonctionnement mental.

 

Psychologie expérimentale et objective.

 

Un essai de psychologie expérimentale et objective :

 

La méthode que nous avons essayé d’employer, sans prétendre aucunement y avoir réussi, est la méthode des sciences naturelles. […] Sans apporter d’avance sur ce (le) problème aucune opinion préconçue, nous avons recueilli par l’observation les faits, c’est-à-dire les actions simples que nous voulions étudier ; nous n’avons formulé les hypothèses nécessaires qu’à propos de ces faits bien constatés et, autant que possible, nous avons vérifié par des expérimentations les conséquences de ces hypothèses. Une recherche de ce genre ne peut se faire au moyen de l’observation personnelle des faits qui se passent dans notre propre conscience. En effet, les phénomènes qu’elle nous présente ne peuvent que difficilement être l’objet d’une expérimentation régulière. Ils sont ensuite beaucoup trop compliqués et ils ont lieu au milieu de circonstances très nombreuses et difficiles à déterminer, enfin et surtout ils sont toujours incomplets. La conscience ne nous fait pas connaître tous les phénomènes psychologiques qui se passent en nous […].

Pour avoir des phénomènes simples, précis et complets, il faut les observer chez les autres et faire appel à la psychologie objective. Sans doute on ne connaît qu’indirectement les phénomènes psychologiques chez autrui et la psychologie ne pourrait pas commencer par cette étude ; mais d’après les actes, les gestes, le langage, on peut induire leur existence, de même que le chimiste détermine les éléments des astres d’après les raies du spectre, et la certitude de l’une des opérations est aussi grande que cette de l’autre.

Un des grands avantages que l’observation d’autrui présente sur l’observation personnelle, c’est que l’on peut choisir les sujets que l’on étudie et prendre précisément ceux qui présentent au plus haut degré les phénomènes que l’on désire examiner. Mais les individus qui présentent ainsi à un degré exceptionnel un phénomène ou un caractère qui sera peu apparent chez un homme normal, sont forcément des malades. Cela n’a, je crois, aucun inconvénient. […]

Toute expérimentation suppose que l’on fait varier les phénomènes et les conditions dans lesquelles ils se présentent : la maladie effectue bien pour nous quelques-unes de ces modifications […].

P. Janet, l’Automatisme psychologique (1889), Paris, Odile Jacob, 1998, p.35-37.

 

Représentation hiérarchisée de la vie psychique (cf. Ribot et Jackson).

 

Point de départ de l’étude du psychisme : non la sensation, mais l’activité (rapport supposé étroit entre physique et psychologique) : l’activité renseigne sur le fonctionnement psychologique.

 

Activité → conduites : l’ensemble des actes d’un individu, des plus simples (mouvements) aux plus complexes (raisonnement) orientés vers un but et chargés d’un sens.

→ Idée d’une structure sous-jacente à l’ensemble des activités, personnalité, moi.

 

Psychologie des conduites et des tendances qui les sous-tendent (toute action, toute conduite est commandée par une tendance).

 

Perspective énergétique : conduites, tendances, fonctions hiérarchisées : quantités de force psychologique, degrés de tension qui leur sont associées.

Dans les névroses (surtout la psychasthénie), les fonctions impliquant un degré élevé de tension atteintes et supprimées les premières, fonctions inférieures, plus automatiques, persistent et même parfois exagérées.

 

Tensions associées à chaque tendance est fonction de l’individu → caractère.

 

Les obsessions et la psychasthénie (1903), De l’angoisse à l’extase (1926) : tendances inférieures, moyennes et supérieures.

 

Classifications : psychose, psychasthénie et hystérie.

 

Méthode clinique.

 

7. La psychologie différentielle et l’étude des différences individuelles :

 

S’intéresse a l’étude des variations entre les individus = objet de la psychologie différentielle.

Différent de la psychologie expérimentale qui émet des lois générales.

 

Francis GALTON (1822 – 1911) et la corrélation :

 

Natural inheritance (1889).

Loi de Laplace-Gauss.

Corrélation.

 

 

Intérêt pour le caractère héréditaire.

Il existe sous la diversité des individus des régularités statistiques dans leurs caractéristiques physiques et morales. Il propose de mesurer le degré de supériorité ou d’infériorité sur des caractères particuliers. Pour cela il utilise la loi de LAPLACE-GAUSS et la corrélation.

En psychologie, tous les phénomènes sont sujets à des influences. L’idée de la corrélation est de mesurer l’effet de ces influences.

 

Charles SPEARMAN (1863 – 1945) et l’analyse factorielle :

 

Spearman, C. (1904) « “General Intelligence”, Objectively Determined and Measured ». The American Journal of Psychology 15 (2): 201-292.

 

Analyse factorielle : méthode statistique visant à extraire les « causes communes » de variation.

Modèle de l’intelligence : facteur g.

HS : habilité spécifique (ex : mécanique, spatiale, numérique, etc…).

 

 

Extraire causes (affectant plusieurs caractères a la foi) communes.

 

James MCKEEN CATTELL (1860 – 1944) et les « tests mentaux » :

 

Cattell, J.M. (1895) Mental tests and measurements. Mind, 15, 373-380.

 

Premier à publier un article sur la psychologie des témoignages.

Premier à mettre en place des tests mentaux. Il utilise les recherches d’EBBINGAUS et celles de GALTON. A l’époque il s’agissait de 10 épreuves qui mesuraient des processus élémentaires (mesures de sensation, de temps de réaction, etc.) et processus supérieurs (mesures de mémoire ou d’attention).

Clark WISSSLER (1870 – 1947) → test censés mesurer l’intelligence ne corrèlent pas avec les études scolaires (1901).

 

BINET – SIMON et la mesure de l’intelligence :

 

Alfred Binet (1857 – 1911) et Théodore Simon (1873 – 1961).

BINET et SIMON psychologues français.

Travaillent sur l’intelligence après les Lois Ferry (problème de la scolarisation des enfants anormaux).

Recherches céphalométriques : mesures crâniennes influencées par des préjugés personnels : « j’avais à craindre que, faisant la mensuration des têtes avec l’intention de trouver quelques différences de volume ou de forme entre une tête d’intelligent et une tête d’inintelligent, je fusse porté à argumenter à mon insu, inconsciemment, de bonne foi, le volume céphalique des intelligents et à diminuer celui des inintelligents ».

Mettent au point la première échelle métrique de l’intelligence.

 

L’échelle métrique de l’intelligence :

   - Etude clinique qui a pour but de diagnostiquer l’état actuel de l’intelligence de l’enfant : « notre but est lorsqu’un enfant sera mis en notre présence, de faire la mesure de ses capacités intellectuelles afin de savoir s’il est normal ou si c’est un arriéré ».

   - Echelle = série d’épreuves de difficultés croissante.

   - La différence entre « hommes parfaits, idiots et imbéciles » n’est pas une différence de nature mais une différence quantitative. Débilité mental = retard de l’intelligence.

→ Pas de mesure absolue, mais classement sur une échelle.

   - Epreuves de test : 1904 = trentaine d’épreuves, difficulté croissance. Ex :

          + Comparaison de poids, longueurs (quelle ligne est la plus grande ?).

          + Connaissance verbale des objets (désigner une partie de son corps).

          + Mémoire immédiate (répétition de 3 chiffres).

   - Age mental et quotient intellectuel :

          + Elaboré par « tâtonnements ».

          + Questions retenues : celles qui permettent de discriminer les enfants ayant tel ou tel âge. Des épreuves auxquelles entre 50 et 75% des enfants d’une classe d’âge réussissent sont dites caractéristiques d’âge.

          + « Age mental » : âge le plus élevé dont il a accompli toutes les épreuves (tolérance d’un insuccès dans une épreuve de cet âge).

          + Différence entre le niveau intellectuel et l’âge réel à permet de classer les enfants suivant le nombre d’année de retard ou d’avance.

          + William STERN (1871 – 1938) et la notion de QI :

                  . Introduit la notion de QI en 1911.

                  . Diviser l’âge mental par l’âge réel et multiplier le résultat par 100.

                  . Permet de mesurer la gravité du retard découvert.

                  . Ex : un enfant de 9ans qui répond comme un enfant de 7ans, a un QI de 7/9*100=78. Un enfant normal a donc un QI de 100. Un retard de 2ans est plus grave quand l’âge réel est de 4 ans que quand il est de 16, ce que le QI manifeste : dans le cas 1 QI = 50, dans le cas 2 QI = 87,5.

         + Méthode clinique et art de l’examen pour BINET et SIMON.

 

David WECHSLER (1896 – 1981) et le QI moderne :

 

Wechsler Intelligence scale for Children (WISC).

Wechsler Adult Intelligence Scale (WAIS) (1955).

 

Esprit de cette échelle métrique a été repris dans les études actuelles.

Deux versions :

- Une pour l’enfant : WECHLER Intelligence Scale for Children (WISC).

- WECHSLER Adult Intelligence Scale (WAIS) (1955)

 

Dernière version : 14 sous-tests.

Echelle verbale et échelle de performance.

Chaque épreuve étalonnée sur population entre 16 et 89 ans. Normes pour 16-17 ans, 18619 ans, 20-24 ans, 25-29 ans, 30-34 ans, etc.

 

Exemples de tests :

- Test d’arithmétique : aptitude mathématique mais aussi et surtout compréhension verbale.

- Test de complètement d’images : organisation perceptive.

- Test de matrices : raisonnement.

- Test du code : test de rapidité.

- Test de similitude : catégorisation.

→ Chaque item est constitué de deux mots différents.

- Test de vocabulaire : compréhension verbale.

→ Témoin de la facilité à apprendre.

 

Utilités :

- Poser un diagnostique.

- Permet d’identifier facultés diminuées après un accident.

- Permet de mettre en évidence des traits de personnalité.

 

 

III. Structuralisme et fonctionnalisme aux EU, 20ème siècle.

 

 

1. Le courant structuraliste :

 

Courant issu de l’école empiriste et associationniste anglaise.

Edward Bradford TITCHENER (1867 – 1927 ; The postulates of structural psychology, 1898) : étudie la structure du contenu mental, s’intéresse à la manière dont sont structures les choses dans l’esprit.

Analyser la structure de l’esprit, d’extraire les processus élémentaires de la conscience, c’est-à-dire isoler les constituants de la conscience.

Critiques : aspects réductionnistes (comportement ne peut être réduit à une simple combinaison de sensations), élémentaire ‘on ne peut se limiter à l’étude des comportements simples et ne pas étudier directement les comportements complexes), mentaliste (caractère peu fiable et limitée de l’introspection).

 

2. Le courant fonctionnaliste :

 

Explication dynamique des phénomènes mentaux.

 

William JAMES (1842 – 1910 ; principles pf psychology (1890) ; psychology (1892)).

Dans la conduite d’un individu, l’unité fondamentale est la fonction, l’acte adapté, non la sensation ou la réaction.

 

John DEWEY (1859 – 1952) et l’école fonctionnaliste de Chicago :

- The reflex arc concept in psychology (1896).

- Rejette l’élémentarisme et l’anatomisme de psychologies structuralistes et associationnistes.

- Arc reflexe = unité.

- Structure ≠ activité.



15/07/2012
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