Cours de psychologie

Histoire de la psychologie - cours

Histoire de la Psychologie

 

 

I. Introduction.

 

 

1. Présentation :

 

Les thèmes et les approches sont choisis, on remarque le contraste entre ceux qui suivent les cours et ceux qui ne le font pas.

Un cours d’histoire apporte un ordre de pouvoir positionner les auteurs et les ouvrages (ex : Freud, Lacan, Skinner, etc.), d’en avoir une idée pour plus facilement établir des rapports entre les choses, d’établir une structure à travers la psychologie et l’histoire de la psychologie, d’avoir une ordre de référence et de comprendre mieux.

La compréhension des causes de ces mouvements, du développement de ces idées (béhaviorisme, psychanalyse, etc.), mais ce n’est pas assez pour en avoir une compréhension plus en profondeur.

Il y a un rapport avec la prospective, la psychologie est en mouvement, il y a des problèmes conceptuelles. Il faut essayer de mettre en ordre par rapport aux sciences. Il faut se préparer à se permettre d’identifier et de mieux comprendre les rapports entre les personnes.

 

L’approche privilégiée est de prendre la psychologie dans son ensemble en tant que « corpus », cela veut dire que c’est une approche sur les options fondamentales, ces voies sont :

   - L’observation externe (expérience en labo), on pense que ce sera plus objectif mais en fait c’est faux.

Cela amène à plusieurs systèmes théoriques sur l’objectivisme.

   - La 2ième forme est l’entretien clinique, une psychologie de dialogue.

   - La 3ième forme consiste à aller plus loin que les 2 précédentes formes, d’aller au fond de ce qui justifie les choix, de ce qui diffère des bons et mauvais choix, lier avec la psychologie existentialiste.

 

→ Comment les psychologues ont construit leur psychologie ?

 

2. Introduction à la psychologie en 1875-1900 → système de référence :

 

Parler de la situation de la psychologie au XXième siècle suppose qu’on connaît celle du dernier quart de siècle du XIXième siècle.

A la fin du XIXième siècle, le point de départ est de 1875 à 1879 avec la publication de l’ouvrage de Wundt « Principe de Psychologie » (1875/1876), il explique l’étude de la psychologie, il construisit son labo en 1876 et met en pratique ces approches. La psychologie trouve sa place en Allemagne en majeure partie.

En Allemagne il y a Wundt, mais également Freud en Autriche, Charcot, Binet et Janet en France, Lombroso en Italie, Pavlov en Russie, Galton en Angleterre, James et Hall aux USA.

 

Charcot, professeur de Janet et Freud, travaillant sur l’hystérie, n’a pas bâtie un système de psychologie générale.

Freud au XIXième siècle n’a écrit que 2 choses : (1895/1896) un 1er travail avec Brever, puis en 1900 « L’interprétation des rêves ».

Galton donne plus d’impacts que Wundt mais lui aussi n’a pas construit un système de référence.

Wundt a créé ce système de référence. Et c’est ce système qui va se développer dans les universités.

Dès le début du XXième siècle, les USA ont l’hégémonie de la psychologie.

 

→ Comment était ce système de Wundt ?

 

La psychologie est reconnue comme une science et a des liens avec les autres matières scientifiques.

Les méthodologues et les physiciens pensaient qu’il n’y avait plus de mystères, et donc il fallait partir de la physique pour étudier les autres choses, se baser sur la physique, ce qui donc est non pertinent.

La physique se rapprocha de la Y avec la psychophysique et la psychophysiologie.

On remarque cela avec l’étude des sensations.

 

En 1842, Stuart Mill explique la méthodologie scientifique.

 

Wundt va chercher le système associationiste (Stuart Mill, 1842), son système (1876/1879)  est basé sur la psychophysique, il utilise l’introspection. Son système devient une référence internationale en matière de psychologie universitaire.

Fechner publia « Elément de psychophysique » en 1860.

Weber publia « Notion de seuil sensoriel ».

Ce système était le seul assez élaboré pour que les psychologues s’y référent.

Mais on a découvert que ce système n’était pas assez solide (1905) et de là, il y a une grande crise de la psychologie. Les nouveaux styles apparaissent : le Béhaviorisme (ou comportementalisme, conductivisme) (1916), la Psychanalyse (1910-1915), la Gestalt-théorie (1912) qui se développe contre Wundt et qui montre que nous sommes sensibles à un format, la Réflexologie (1910). Les relations entre ces différentes écoles sont assez tendues.

 

Le problème est que ce système ne concernait que la vie mentale intellectuelle. Il ne s’intéressait pas à la psychologie des enfants, à la psychologie sentimentale. Il utilise l’introspection.

 

3. Problèmes avec le principal système de référence (Wundt) :

 

Eclatement en 1910 qui a conduit vers plusieurs mouvements.

                → Le système de Wundt apparaissait comment ?

Le système était limité à cause de l’introspection.

Par exemple, on ne pouvait pas le faire sur la psychologie de l’enfant. L’introspection mettait de côté les mêmes psychopathologies (ex : la schizophrénie), on ne pouvait pas le faire également avec l’anthropologie. Cela faisait beaucoup de choses de côté.

 

Lloyd Morgan a été un des chercheurs de la psychologie animale, il fit des études sur les singes avec l’apprentissage du langage des signes. Là aussi pas d’introspection.

 

Mais Wundt s’en fichait, il voulait un sous-produit de la psychologie empiriste, il s’occupait des phénomènes intellectuels conscients, et encore justes les contenus de conscience.

Il pensait qu’il était impossible d’étudier la pensée, la mémoire, la raison : les fonctions mentales supérieurs.

Il n’allait pas loin dans la psychologie cognitive.

 

Les 4 points nécessaires à la recherche sont :

- L’objet d’étude : contenue de conscience de type cognitif.

- La méthode : psychophysiologie.

- Le cadre conceptuel théorique : paradigme de l’associationnisme de Stuart Mill.

- L’application : que Wundt n’utilisera pas.

 

Il y a eu la querelle sur la pensée sur l’image.

Binet et Wundt (puis encore d’autres) n’étaient pas d’accord sur la manière dont fonctionne notre esprit.

Selon certains, il n’y a qu’un esprit concret, et à partir de là ils généralisent.

D’autres disent qu’on peut avoir une représentation en générale sans chercher un rapport concret et imagé. Donc les méthodes sont condamnables car n’exclue pas les mauvaises théories.

Et voilà que ce système s’effondre car il était fondé à 80% sur l’introspection.

 

4. Réactions :

 

 

On a une psychologie qui se cherche, à la fin du XIXième siècle, on pensait que c’était parfait puis tout chuta.

Viennent alors le Béhaviorisme, qui est radicale mais stupide, ce mouvement a accumulé beaucoup de dépenses et d’erreurs. Il y a une conception de la psychologie objective.

L’autre mouvement vient de Freud, il ouvra des perspectives très fortes. Mais ce mouvement s’est divisé et sub-divisé. Tendance à une théorie clinique (dialogue) et de l’étude du mal être (équilibre émotionnel).

La psychanalyse apporte pas mal d’éclairage mais beaucoup de batailles se font entre les différentes écoles.

Durant la 2nd guerre mondiale, forte opposition entre Anna Freud (la fille de S.Freud) et Mélanie Klein.

 

Après la 2nd guerre mondiale, les courants expérimentalistes se sont effondrés vers les années 60.

En 1972, on remarque que la psychanalyse avait raté comme objectif d’avoir été accepté par tous.

 

Dès 1945, l’Europe devait se reconstruire. Dans ces conditions, la psychologie traditionnelle n’était pas ce qu’il fallait, on a trouvé l’existentialisme (→ mon existence c’est moi qui lui donne un sens, je deviens quelqu’un par les choses que je fais).

Ex : Sartre.

 

Ils ont fabriqué une nouvelle forme de psychologie, l’humanisme (1958) qui s’effondra en 15 ans, Maslow faisait partie de la psychologie humaniste.

1972-1975 : Béhaviorisme, psychanalyse et psychologie humaniste, qui ont influencé les grandes idées de la psychologie du XXième  siècle.

Même les grands mouvements ont des défauts, ils sont discrédités.

 

On remarque donc que l’unité et la compatibilité n’existe pas en psychologie.  

 

On arrive aux années 80 sans avoir de sérieux dans la psychologie.

On commence à avoir des progrès ailleurs comme en psychophysiologie ou en psychobiologie.

Il y a des efforts de structurations (ex : cognitive) mais qui sont loin d’être des grands mouvements.

 

 

II. La psychologie scientifique au 19ème s.

 

 

L’approche naturaliste de l’âme de Charles BONNET (1702 – 1793) :

 

Essai de psychologie (1754).

Essai analytique sur les facultés de l’âme (1760).

Il convient de « réfléchir sur le physique de notre être, puisqu’il a tant d’influence sur toutes les opérations de l’âme ».

Métaphore de la statue à s’intéresse à la « physiologie » de la statue et à la manière dont l’« atmosphère odoriférante » composée de « corpuscules », modifie les « fibres » qui composent la statue : « l’état primitif des fibres sur lesquelles ces corpuscules odoriférants ont agi pendant un certain temps a été modifié ».

Corps calleux = sentiments.

 

1. Gall et la phrénologie – la critique d’Auguste Comte.

 

a. Gall :

 

Anatomie et physiologie du système nerveux en général et du cerveau en particulier (1810-1819) à les bosses du crâne d'un être humain reflètent son caractère.

 

Les principales thèses de la phrénologie

  - « Les dispositions des propriétés de l’âme et de l’esprit », les facultés morales et intellectuelles, sont « innées ».

  - « Leur manifestation dépend de l’organisation ».

  - Le cerveau est l’ « organe de l’âme » (intellect, moral, sentiments..).

  - Le cerveau est un organe pluriel, un « organe d’organes », « composé d’autant d’organes particuliers qu’il y a de qualités et de facultés fondamentales ou primitives essentiellement différentes ».

  - Les os du crâne sont l’empreinte fidèle du cerveau

 

Méthode :

  - Palper le crâne (cranioscopie, craniologie) et faire le lien entre une faculté (ou un trait) exceptionnelle et un relief ou creux osseux.

  - « Démonstrations » sur orphelins, imbéciles, aliénés, criminels, suicidés, etc.

 

Résultats: le tableau des facultés :

   - 27 facultés,

   - 27 localisations,

   - 10 facultés communes à l’homme et animaux inférieurs, situées en arrière et à la base du crâne :

            + L’instinct sexuel ou instinct de propagation,

            + L’amour de la progéniture,

            + L’attachement et l’amitié,

            + L’instinct de défense de moi-même et l’amour des combats,

            + L’« instinct carnassier » ou penchant au meurtre,

            + La ruse,

            + Le « sentiment de la propriété » et « penchant au vol »,

            + L’orgueil et la fierté,

            + La « vanité » ou ambition,

            + La « circonspection et la prévoyance ».

   - 9 fonctions communes à l’homme et aux animaux les plus élevés, qui sont situées à la moitié inférieure des lobes frontaux :

            + La mémoire des choses et des faits,

            + Le sens des localités et des rapports dans l’espace,

            + Le sens des personnes et mémoire des personnes,

            + Le sens des mots et des noms,

            + Le sens du langage et de la parole,

            + Le sens des rapports de couleurs et le talent de la peinture,

            + Le sens des rapports des tons et le talent de la musique,

            + Le sens du rapport des nombres,

            + Le sens de la mécanique et de la construction.

   - 8 facultés proprement humaines, situées à la moitié supérieure des lobes frontaux :

            + L’organe de la « sagacité comparative »,

            + L’organe de l’esprit métaphysique et de la profondeur d’esprit,

            + L’organe de l’esprit de saillie, caractéristique de Voltaire,

            + L’organe du talent poétique,

            + L’organe de la « bonté, bienveillance et douceur » que Gall,

            + L’organe de la faculté d’imiter,

            + L’organe de la dévotion, situé au sommet du cerveau,

            + L’organe de la « fermeté, constance, persévérance, opiniâtreté ».

 

Conséquences philosophiques et scientifiques à ce système de GALL :

 

Approche localisationniste.

Chaque fonction a un support organique.

Système matérialiste → en opposition à spiritualité et unité du moi.

« Les dispositions de l’esprit sont innées » à en opposition au sensualisme.

« L’homme ne peut changer son organisation » à fatalisme

 

Critiques :

 

Georg Wilhelm Friedrich HEGEL (1770-1831) :

Phénoménologie de l’esprit (1807) :

  - Ne s’intéresse pas aux actes (or l’être est dans l’action).

  - Liaison entre bosse du crâne et facultés est arbitraire.

  - Conclusion absurde : « l’être de l’esprit est un os »

 

Pierre FLOURENS (1794-1867) :

Examen de la phrénologie (1842) :

  - Expériences sur animaux à le cerveau est un tout indécomposable.

  - « Il n’y a […] de sièges divers ni pour les diverses facultés, ni pour les diverses perceptions. La faculté de percevoir, de juger, de vouloir une chose réside dans le même lieu que celle d’en percevoir, d’en juger, d’en vouloir une autre ».

 

Accueil favorable :

 

Médecins de l’école de Paris (cf. chapitre sur aliénistes) → localiser les maladies, identifier les lésions organiques (cérébrales essentiellement) à l’origine des maladies mentales.

 

Critique des doctrines spiritualistes : François Joseph Victor Broussais (1772-1838) :

  - critique l’idée de fonder la psychologie sur le sens intime, l’observation intérieure.

  - critique l’idée d’un moi unitaire.

  - souligne utilité pratique de la phrénologie (dépistage des aptitudes, des criminels …).

 

b. Auguste Comte (1798-1857) et les positivistes :

 

Critiquent la psychologie spiritualiste :

  - critique une « prétendue » nature humaine.

  - critique la référence à la notion de conscience.

  - critique l’auto-observation : l’observation modifie l’état de l’objet observé → lorsqu’on observe, on modifie l’objet observé donc l’information récupérée est incomplète : l’individu pensant ne pourrait pas se diviser en deux : une partie qui raisonne et une partie qui se regarde raisonner.

 

Psychologie scientifique : « physiologie intellectuelle et affective ».

La phrénologie comme modèle.

 

Soutient une psychologie positive qui renonce aux spéculations et se consacre (entre autres) à :

  - Analyse anatomique du cerveau avec étude physiologique des facultés élémentaires.

  - Étude des cas pathologiques (principe de Broussais → identité de nature entre normal et pathologique, différence de quantité et non de qualité, étude pathologique renseigne sur le normal) → la psychopathologie va se développer très vite en France, on parlera à l’occurrence Theodule Ipolitaine et Ribeau.

  - Analyse comparative avec l’animal.

→ Psychologie nouvelle : observations, faits et physiologique d’abord.

 

2. La physiologie cérébrale :

 

Paul Broca (1824-1880) :

 

Siège de la fonction du langage articulé dans le cerveau (1861).

Patient « Tan » : incapacité de s’exprimer, le seul son qu’il pouvait dire était le son « tan ». A l’autopsie du patient, Broca trouve que la zone de l’expression située dans le lobe frontal de l’hémisphère gauche est lésée. Il en déduit que les fonctions du langage sont situées dans cette zone.

Les symptômes sont :

                - Débit ralenti,

                - Vocabulaire réduit,

                - Style télégraphique,

                - Syntaxe et grammaire perdent leur qualité,

                - Etc…

Fonctions à localiser sont données par la clinique → la perte du langage articulé est un symptôme → quelle lésion lui correspond ?

Le patient Tan peut comprendre mais ne peut pas s’exprimer = la zone lésée est impliquée dans l’expression mais pas dans la compréhension.

 

Carl Wernicke (1848-1905) :

 

Aire de Wernicke = aire de la compréhension.

Il met en évidence l’aire de la compréhension (différente de celle de l’expression) = dans le lobe temporale de l’hémisphère gauche.

Les patients atteins de ce disfonctionnement peuvent parler de manière fluide, mais leurs phrases n’ont pas de sens :

    - Débit rapide,

    - Articulation pas de problème,

    - Vocabulaire vaste,

    - Etc.

Pour la première fois ce n’est pas l’intuition de l’observateur qui

Anosognosie = la non conscience d’un trouble à très présent chez WERNICKE et aussi plus tard dans la maladie d’Alzheimer.

 

3. Naissance d’une psychologie expérimentale en Allemagne :

 

a. Une science psychologique d’après Herbart :

 

Johann F. Herbart (1776-1841).

 

Précis de psychologie (1816)

De la psychologie comme science, appuyée pour la première fois sur l’expérience, la métaphysique et les mathématiques (1824-1825).

 

Utilisation des mathématiques : Son œuvre se base sur le principe qu’une science psychologique est possible à partir du moment où on peut utiliser les mathématiques dans la psychologie

Proposition : unir les mathématiques à l’idée d’observer les représentations.

 

La physiologie construit le corps avec des fibres, la psychologie construit l’esprit avec des séries de représentations.

→ Les phénomènes que la psychologie doit étudier sont les représentations et les lois qui les régissent.

 

Conflit des représentations est soumis à une opposition de forces que l’on doit pouvoir mesurer → il ajoute à la caractéristique qualitative des représentations une caractéristique quantitative.

Déterminer le seuil qui sépare représentations conscientes et inconscientes.

Il n’a jamais aboutit à des résultats concrets, ses idées ont apporté des hypothèses scientifiques nouvelles, mais ses études ont influencé les générations futures de physiologistes et aussi préparé introduction de l’expérimentation dans l’étude psychologique.

 

b. Naissance de la psychophysique :

 

Gustav T. Fechner (1801-1887) et la psychophysique.

 

Parallélisme psychophysique, entre l'esprit (psycho) et le corps (physique).

« Pour nous, […] chaque fois qu’un processus se déroule dans l’esprit, un processus correspondant se déroule dans le corps, sans que l’on puisse dire que l’un des deux a causé l’autre ».

 

Physique et psychique sont les deux « faces » d’une même réalité, ils ne diffèrent que par le « point de vue ».

→ Fonde la psychophysique : « science exacte des rapports de dépendance fonctionnelle existant entre le corps et l’âme, ou, plus généralement, entre les mondes matériel et mental, physique et psychologique ».

 

La loi de Weber-Fechner :

   - Relier l’intensité de la sensation à celle du stimulus par une équation mathématique simple :

          + Antérieurement : Pierre Bouguer (1698-1758) et la photométrie, et Ernst-Heinrich Weber (1795-1878; De tactu, 1834) et la notion de seuil sensoriel. → Weber montrait que l’augmentation nécessaire de l’excitant ou stimulus pour produire une augmentation perceptible de la sensation est une fraction constante de cet excitant (le rapport est constant = pour sentir une différence dans le poids, il faut ajouter 1/40 de plus).

   - Le seul différentiel (augmentation d’intensité minimum nécessaire pour provoquer un changement de sensation chez l’individu) comme unité de mesure (différence du seuil absolu = plus petite quantité d’énergie susceptible de provoquer une sensation chez l’individu) :

          + Méthode des plus petites différences : faire croître ou décroître le stimulus jusqu’à ce que l’individu dise qu’il perçoit une différence.

          + Méthode des cas vrais et faux (ou méthode constante).

          + Méthode des erreurs moyennes : il doit trouver des stimuli qui semblent égaux à un stimulus donné.

   - S = k*log(E) :

          + S est l’intensité de la sensation.

          + E est l’intensité de l’excitation.

          + k est une constante à déterminer.

 

«On ne peut pas nier que la sphère mentale est sujette à des considérations quantitatives. Après tout, nous parlons bien d’une intensité plus ou moins grande des sensations ; il y a des pulsions de forces différentes ainsi que des degrés plus ou moins grands d’attention, de vivacité des souvenirs et imaginations, de clarté de la conscience en général, et de l’intensité des pensées particulières ».

 

Ses travaux ont influencé plusieurs autres « chercheurs ».

 

c. Développement des études sur le système nerveux :

 

De la physiologie sensorielle à la chronométrie mentale.

 

Johannes Müller (1801-1858).

 

Positivisme, recours aux faits, observation.

Positionnement sur distinction vivant/non vivant :

   - permanence de l’activité chez le vivant.

   - crée selon un plan finalisé.

   - activité autonome = capacités innées.

Travaux :

   - loi de l’énergie spécifique des nerfs (1838) : un nerf donné n’engendre qu’une sorte de sensation.

   - les qualités sensibles sont d’abord déterminées par l’activation de mécanismes nerveux, quelle que soit la source de stimulation extérieure : la cause immédiate de la sensation est le système nerveux, pas la cause extérieure.

 

 

   - vécus perceptifs fonction de la constitution de l'appareil cognitif puisque les sensations sont différentes de la réalité.

 

Hermann von Helmholtz (1821-1894).

 

Optique physiologique, 1866.

Objet perçu ≠ réalité.

 

 « Tout ce que nous percevons du monde extérieur, nous le percevons par le fait que certaines modifications qui ont été provoquées dans nos organes sensoriels par des impressions externes sont transmises par les nerfs au cerveau ; ce que par conséquent nous percevons immédiatement n’est jamais l’action directe de l’agent externe sur les transmissions de nos nerfs mais toujours uniquement la modification transmise par les nerfs que nous désignons comme l’état d’irritation ou d’excitation du nerf ».

 

La sensation est liée à une certaine modification de l’organisme et non à des qualités propres du monde.

Ex: illusions : « dans ces cas d’excitation insolite des organes des sens, nous nous formons des idées inexactes sur les objets ».

 

 

Sensations et inférences inconscientes :

   - Intervention expériences antérieures pour interpréter. Jugement complexe et inconscient → ex des amputés : c’est la terminaison d’un nerf sectionné qui provoque des sensations comme si le membre amputé était toujours présent.

   - La perception dépend de la probabilité de l'occurrence du phénomène, c’est-à-dire de l’apparition du phénomène dans le monde où on vit. Parce que ces inférences inconscientes « ne sont pas des actes de la pensée libre et consciente, elles s’imposent nécessairement et l’on ne peut pas s’en affranchir par une connaissance exacte des choses » → il ne suffit pas d’être informé de ces interférences pour lutter contre.

 

Helmholtz : l'inférence inconsciente.

 

La vitesse de transmission de l’influx nerveux :

   - Tentative de mesurer la vitesse de transmission de l’influx nerveux = vitesse à laquelle l’information circule dans les nerfs.

   - Müller : la vitesse de la pensée = 60 x vitesse lumière, soit quasi instantané → cela n’a pas été prouvé et c’est impossible.

   - Les expériences de Helmholtz :

         + Sur la grenouille:

                1/ excite un nerf dans le voisinage du muscle de la patte postérieure et détermine le temps qui s’écoule entre excitation du nerf et contraction du muscle.

                2/ excite le nerf en un point plus éloigné du muscle et évalue de combien s’accroît le temps nécessaire pour la contraction.

→ ≈ 30 mètres par seconde.

         + Sur l’homme :

                1/ stimule un point B et regarde à quel moment le message nerveux passe par le point A.

→ La vitesse de transmission est ainsi estimée par Helmholtz à 60 mètres par seconde.

 

De l'acte nerveux à l'acte physique.

 

Les difficultés des astronomes :

   - 1795: fait signalé par Nevil Maskelyne (Greenwich). Désaccord constant entre ses propres observations et celles de son assistant.

   - Etudié par d’autres astronomes dont Friedrich Wilhelm Bessel (1784-1846) → Hypothèse d’une opération intellectuelle nécessaire pour traduire par un signal une sensation perçue. Cette durée est appelée temps physiologique par Adolph Hirsch (1830-1901).

 

 

Adolph Hirsch (1830-1901) et l’équation personnelle.

 

Expériences (1861) pour déterminer le temps de réaction pour les différents sens.

Pour Hirsch, ce temps comprend trois moments :

   - La transmission de la sensation au cerveau.

   - L’action du cerveau, qui consiste à transformer la sensation en acte de volonté.

   - La transmission de la volonté dans les nerfs moteurs et l’exécution du mouvement par les muscles.

 

→ Il va tenter d’élucider l’équation personnelle, c’est-à-dire cette quantité de temps que les astronomes emploient pour observer plus tôt ou plus tard que les autres un certain phénomène.

 

Expérience :

Chronoscope de Hipp pour mesurer des temps de réaction.

Relié à un dispositif expérimental → pince électrifiée sur le corps du participant et sujet doit appuyer sur un interrupteur avec sa main droit au moment où il ressent une légère douleur.

→ La vitesse du courant nerveux chez l’homme est de 34m/s.

Plus tard, Helmohltz va confirmer les résultats trouvés par Hirsch.

 

 

La mesure de la vitesse de la pensée (chronométrie mentale).

 

Franciscus Cornelis Donders (1818-1889).

 

1865 : compliquer l’acte cérébral pour mesurer la durée d’une opération intellectuelle.

 

Expérimentations – deux conditions :

1. l’observateur sait qu’un choc électrique agit sur son pied droit ; signal de réaction = main droite.

2. l’observateur ne sait pas quel pied doit recevoir la stimulation; signal = main du côté stimulé.

Résultats: temps de réaction plus important dans la condition 2, d’environ 1/15è de seconde. Durée de l’acte cérébral : environ 1/15è de seconde.

 

→ L’acte cérébral a une durée (celui-ci augmente à mesure que l’acte devient plus compliqué : plus on complique l’acte plus le temps de réaction sera important).

 

d. Wundt et l’institutionnalisation de la psychologie :

 

Wilhelm Wundt (1832-1920).

 

Elève de Müller et Helmholtz.

1862 : publie Contribution à la théorie de la perception : introduction de la psychologie expérimentale.

Sensorielle → discipline de psychologie expérimentale.

1875-1917: chaire de philosophie à Leipzig.

1879 : crée le 1er laboratoire de psychologie (1879), « l’Institut de psychologie expérimentale ».

Publie: 53735 pages soit 2.2 pages par jour durant toute sa vie en psychologie. Leçons sur l’âme de l’homme et des animaux (1863), Physique pour médecins (1867), Eléments de psychologie Physiologique (1873-1874), Logique (1880 et 1883), Ethique (1886) et Système de philosophie (1889).

Fonde une revue : Etudes philosophiques (Philosophische Studien) puis Etudes psychologiques (Psychologische studien).

Rédige un Traité de psychologie physiologique (1874).

Quelqu’un qui, au delà du laboratoire qu’il a créé, a donné tous les outils à la psychologie pour l’institutionnaliser.

 

La définition de la psychologie : Une science naturelle explicative (pas seulement descriptive). Approche naturaliste qui s’inspire des sciences naturelles et en particulier de la physiologie → grande place aux bases neurologiques de la psychologie.

 

Le laboratoire et les recherches qui y ont été conduites :

- Série d’instruments (tachistoscopes, esthésiomètres, chronoscopes…).

- Recherches collectives : on n’est plus dans le cas de chercheurs isolés.

- Modalités de l’expérimentation sont professionnalisées et standardisées.

- Utilise l’introspection (distinction entre « auto-observation expérimentale » et une introspection préscientifique, non contrôlée).

- Temps de réaction, chronométrie mentale → variations individuelles.

- Etudes dans le domaine de l’attention (psychologie de la conscience)

 

Expérimentation, méthode analytique, processus supérieurs :

- La psychologie expérimentale décompose le contenu de la conscience en ses éléments et s’efforce de découvrir d’une manière exacte leurs rapports de coexistence et de succession.

- Méthode analytique, qui consiste à dissocier en éléments les processus conscients, à déterminer les lois qui régissent leur mise en connexion.

- OK pour les processus élémentaires (perception, sensation). Mais échoue devant les « processus supérieurs ».

« Anthropologie psychologique », psychologie des peuples

 

e. Ebbinghaus et l’étude de la mémoire :

 

Sur la mémoire. Recherches de psychologie expérimentales (1885).

 

Prend connaissance des travaux de Fechner et la psychophysique (1860) :

Appliquer la mesure et la méthode expérimentale aux phénomènes supérieurs de la pensée.

- Liste de syllabes sans signification à remémorer.

- Mesure le nombre de répétitions ou le temps nécessaire à cet exercice.

- Mesure le gain de temps qu’un apprentissage préalable permet lors d’un,réapprentissage du même matériel.

- Syllabes sans signification, conscient du rapport entre signification et mémorisation.

- Il étudie l’influence de la longueur du matériel, du nombre des répétitions, du temps (courbe d’oubli), des associations, etc.

Ebbinghaus est redécouvert par les psychologues cognitivistes qui le considèrent souvent comme un pionnier.

 

 

Il travaille avec très peu de moyens (prend pour sujet lui même et ses étudiants) il n’a pas de laboratoire, qu’il fondera plus en 1886.

 

1880 : thèse d’habilitation à l’Université de Berlin.

1885 : publie un livre dans lequel il explique les expériences qu’il met en place pour étudier la mémoire.

Développe un indicateur sur l’économie en temps de l’apprentissage.

Plus le temps passe plus on perd l’information, mais de manière linéaire, régulière. Les résultats mis en évidence par son expérimentation, montre que l’oublie n’est pas linéaire, mais on perd la moitié de l’information en très peu de temps. Au bout d’une répétition, on ne peut retenir que 7 syllabes.

Il faut garder a l’esprit que c’est l’un de premiers qui a étudié la mémoire dans son intégralité, et il réussi à mettre en évidence l’existence du souvenir conscient et du souvenir inconscient

Selon lui il y a des états de conscience en mémoire qui sont accessibles à un instant T mais qui ne sont pas malgré nous conscients. Aussi au bout de quelques années, des choses qu’on pensait oubliées peuvent se manifester.

1886 : fonde à Berlin un laboratoire de psychologie expérimentale.

 

1890 : fonde une nouvelle revue : le Zeitschrift für Psychologie und Physiologie der Sinneorgane (Journal de Psychologie et de physiologie des organes des sens).

 

Aujourd’hui on le considère comme le pionnier de la psychologie cognitive.

 

f. L’école de Würzburg :

 

Oswald Külpe (1862-1915).

Assistant de Wundt, et va étudier l’œuvre de Ebbinghaus.

 

Une idée qui a émergé chez eux : une école au sein de laquelle le phénomène d’association des idées n’est pas suffisant pour rendre compte de la complexité du processus psychique humain.

 

L’école de Würzburg :

- Etudie expérimentalement les fonctions supérieures de l’esprit (jugements, raisonnement, etc.).

- affirme l’existence d’un contenu de pensée irréductible à la sensation, et d’une activité psychique plus complexe que le mécanisme des associations.

 

5. L’évolutionnisme en Angleterre :

 

Naissance d’une théorie scientifique qui va faire de l’homme un animal comme les autres.

A l’époque, l’homme est considéré comme un être a part, surtout a cause des pratiques religieuses. Avec cette théorie, les idées scientifiques vont prendre le dessus sur les convictions religieuses

En amont (18è s) : contestation du fixisme et catastrophisme, le moment vivant évolue (Erasme Darwin, Buffon). Conceptions précédentes pour expliquer comment la matière s’organise en un être :

- 17è s : Création divine et préformation (germes créées une fois pour toutes et en même temps au moment de la création, sur le modèle de l’espèce. Germe = être en miniature.

- 18è s : Pierre Louis Moreau de Maupertuis. Chaque organe du géniteur concourt à produire la semence, particules père/mère se mélangent. Mémoire de l’organisme reproduit dans l’embryon. Mérite d’expliquer ressemblance entre parents et enfants, et les particules gardent en mémoire la position des particules dans le corps des parents à si on a un bras amputé, sa descendance ne sera pas mutilée. Croyance de l’hérédité des caractères acquis = idée clé du 19ème

- Deux thèses qui s’opposent au processus d’évolution des espèces :

   + Le fixisme : quand la terre a été créée, les hommes et les animaux étaient ce qu’ils sont aujourd’hui.

   + Le catastrophisme : rend compte de la disparition des espèces par le déluge.

 

19è s : biologie (lien entre visible et invisible) et microscope :

- Fécondation de l’œuf de la femelle par spermatozoïde.

- Embryon ≠ adulte miniature. Se développe en subissant diverses modifications.

- Succession de motifs invariables dans une espèce donnée, et fortes ressemblances pour deux espèces voisines.

Ex : des 4 groupes d’espèces identifiés par Karl von Bauer (1792-1876): vertébrés, mollusques, articulés et radiés.

→ L’ontogenèse est mêlée au développement d’un groupe d’espèces. Une théorie de cette histoire des espèces est nécessaire.

 

a. La théorie transformiste de Lamarck :

 

Jean-Baptiste Lamarck (1744-1829).

Philosophie zoologique (1809).

 

La complexification se fait grâce à l’hérédité des caractères acquis → mise au monde d’un individu qui est plus compliqué que soi même a sa propre naissance.

Complexification non due au hasard : due à sa dynamique interne à se complexifier, dépend des circonstance et de la capacité de l’individu a s’adapter au milieu, qui vont permettre cette complexification

Nouvelles circonstances créent de nouveaux besoins

 

Contexte : débat matérialiste/vitaliste.

Théorie de la transformation des êtres vivants (Spécificité des êtres vivants: organisation de la matière auto-engendrée).

 

Transformation régie par deux grandes tendances :

    - Tendance à la complexification :

                + Des organismes aux organisations plus ou moins complexes.

                + Complexité croissante au fil des générations.

                + Hérédité des caractères acquis : mise au monde d’un individu qui est plus compliqué que soi-même à sa propre naissance.

    - Tendance à la diversification :

                + Circonstances essentielles à la modification des êtres organisés (dynamique interne + circonstances) : création de nouveaux besoins ce qui fait qu’un organisme se modifie, c’est l’usage ou le défaut d’usage d’un organe (ou d’une Partie d’organe).

 

« Dans tout animal qui n’a point dépassé le terme de ses développements, l’emploi le plus fréquent et soutenu d’un organe quelconque fortifie peu à peu cet organe, le développe, l’agrandit et lui donne une puissance proportionnée à la durée de cet emploi, tandis que le défaut constant d’usage de tel organe l’affaiblit insensiblement, le détériore, diminue progressivement ses facultés et finit par le faire disparaitre ».

 

« Relativement aux habitudes, il est curieux d’en observer le produit dans la forme particulière et la taille de la girafe (camelo pardalis) : on sait que cet animal, le plus grand des mammifères, habite l’intérieur de l’Afrique, et qu’il vit dans des lieux où la terre, presque toujours aride et sans herbage, l’oblige de brouter le feuillage des arbres, et de s’efforcer continuellement d’y atteindre. Il est résulté de cette habitude soutenue depuis longtemps, dans tous les individus de sa race, que ses jambes de devant son devenues plus longues que celles de derrière, et que son cou s’est tellement allongé que la girafe, sans se dresser sur ses jambes de derrière, élève sa tête et atteint à six mètres (près de vingt pieds). » (Paris, UGE, « 10-18 », 1968, p 219).

 

Tendance vitale à l’adaptation qui conforme organismes aux exigences du milieu.

  - Le cou de la girafe s’allonge POUR qu’elle atteigne les hautes branches.

  - Les pattes du canard se palment POUR qu’il puisse nager.

 

La fonction à réaliser précède la réalisation de l’adaptation.

 

Théorie de la transformation des espèces est alors forcément assortie de l’idée que les caractères acquis sont hérités par les descendants.

 

«Tout ce qui a été acquis, tracé ou changé dans l'organisation des individus pendant le cours de leur vie, est conservé par la génération, et transmis aux nouveaux individus qui proviennent de ceux qui ont éprouvé ces changements. Cette loi, sans laquelle la nature n'eût jamais pu diversifier les animaux, comme elle l'a fait, et établir parmi eux une progression dans la composition de leur organisation et dans leurs facultés, est exprimée ainsi dans ma Philosophie zoologique (vol. I, p. 230). »

 

« Tout ce que la nature a fait acquérir ou perdre aux individus par l’influence des circonstances où leur race se trouve depuis longtemps exposée et par conséquent par l’influence de l’emploi prédominant de tel organe ou par celle d’un défaut constant d’usage de telle partie, elle le conserve par la génération aux individus nouveaux qui en proviennent ».

 

Lamarck, c’est avant tout la conviction que le monde évolue, progresse.

 

L’être vivant n’est pas le seul fruit de phénomènes physiques. Il nait forcément d’un être vivant. Donc s’il existe des organismes plus complexes que d’autres c’est nécessairement le fruit d’une évolution des espèces.

 

Idée d’évolution = nécessité théorique.

Idée de LAMARCK sont démenties au 19ème siècle.

Essaye de comprendre ce qui différencie les êtres vivants du non vivant. L’existence du vivant rend compte de son évolution, ce qui est non vivant disparait. Un être vivant ne se forme pas de circonstances, il provient d’un être autre être vivant. S’il y a des mécanismes plus complexes que d’autres c’est qu’il y a une histoire, donc une évolution des espèces

 

b. Les idées de Thomas R. Malthus :

 

Thomas R. Malthus (1766-1834).

Essai sur le principe de population (1798).

 

Equilibre d’une population : reproduction des organismes et raréfaction des ressources du milieu lui-même.

 

L’effectif d’une population augmente selon une fonction exponentielle (ex : 1, 2, 4, 8, 16, 32 etc.) alors que la quantité de ressources ne croît que selon une fonction arithmétique (ex :1, 2, 3, 4, 5, 6, etc.).

Entraine une compétition sévère entre les organismes, qui ramène a l’équilibre à les mieux armés survivent, les autres disparaissent

 

Si les pauvres sont les premières victimes → parce qu’inaptes à la société (sélection par le milieu).

 

c. La théorie de Charles Darwin :

 

Charles Darwin (1809-1882).

On the origins of species by means of natural selection, or the preservation of favoured races in the struggle for life (1859).

Il sait que sa théorie choquera ses contemporains, ce qui va le convaincre à publier sa théorie c’est la pression de ses amis, surtout un qui s’apprêtait à publier la même théorie que lui (a peu prés).

 

Quatre hypothèses fondamentales :

1/ les espèces évoluent sans cesse, de nouvelles naissent, d’autres disparaissent.

2/ les processus évolutifs sont lents (≠ catastrophisme).

3/ toutes les espèces (l’homme compris) descendent d’un ou de plusieurs ancêtres communs.

4/ L’évolution ne résulte pas de quelque tendance à la perfection et à l’adaptation ; elle résulte d’une sélection.

 

Sélection naturelle qui opère en deux étapes :

- Apparition, à chaque génération, d’une immense variété d’organismes de la même espèce.

- Mise en ordre/tri de cette variabilité grâce : ceux qui survivent et se reproduisent sont ceux qui possèdent caractères qui assurent survie dans l’environnement. Transmettent à leur descendance ces caractères avantageux.

- Changements au cours du temps dans la composition des populations d’individus appartenant à une même espèce.

   + Changements importants dans biotope → disparition de l’espèce ou transformation des populations au sein de l’espèce.

   + La nouvelle souche peut être si différente que 2 individus de sexes différents, 1 individu de l’ancienne souche, 1 individu de la nouvelle souche, peuvent de plus se croiser → une nouvelle espèce est apparue (critère de distinction entre deux espèces : 2 individus qui en sont issus ne peuvent se croiser).

 

Différence Lamarck/Darwin :

 

Lamarck :

On sait que cet animal, le plus grand des mammifères, habite l’intérieur de l’Afrique, et qu’il vit dans des lieux où la terre, presque toujours aride et sans herbage, l’oblige de brouter le feuillage des arbres, et de s’efforcer continuellement d’y atteindre. Il est résulté de cette habitude soutenue depuis longtemps, dans tous les individus de sa race, que ses jambes de devant son devenues plus longues que celles de derrière, et que son cou s’est tellement allongé que la girafe, sans se dresser sur ses jambes de derrière, élève sa tête et atteint à six mètres (près de vingt pieds). »

 

Darwin, dans l’Origine des espèces, répond à cette « explication » :

« …les individus les plus élevés et les plus capables de brouter un pouce ou deux plus haut que les autres ont souvent pu être conservés en temps de famine ; car ils ont dû parcourir tout le pays à la recherche d’aliments. On constatera dans beaucoup de livres d’histoire naturelle, donnant les relevés de mesures exactes, que les individus d’une même espèce diffèrent souvent légèrement par les longueurs relatives de leurs diverses parties. Ces différences proportionnellement fort légères, dues aux lois de la croissance et de la variation, n’ont pas la moindre importance ou la moindre utilité chez la plupart des espèces. Mais (chez la girafe) les individus ayant une ou plusieurs parties plus allongées qu’à l’ordinaire ont dû seuls survivre. Leur croisement a produit des descendants qui ont hérité, soit des mêmes particularités corporelles, soit d’une tendance à varier dans la même direction ; tandis que les individus, moins favorisés sous les mêmes rapports, doivent avoir été plus exposés à périr ».

 

L’évolution de la théorie de l’évolution :

 

1883 : découverte d’A. Weismann (1834-1924) :

Distinction cellules germinales et somatiques :

   - Cellules germinales : contiennes substance pour donner naissance a un individu. Les cellules somatiques sont sensibles aux changements dans l’environnement. Les cellules germinales sont imperméables aux changements des cellules somatiques.

   - Cellules somatiques.

→ Pas d’hérédité des caractères acquis.

 

Théorie de Darwin intact, explication Lamarckienne invalidée.

 

Résistance de biologistes français néo-lamarckiens :

- Travaux de Weismann implique sorte de préformation.

- Résistance envers la génétique : apparait comme un retour à la métaphysique : le temps réalise seulement un projet contenu dès le départ.

 

d. Mendel et la science de l’hérédité :

 

Grégor Mendel (1822-1884).

Experiments in Plant Hybridization (1865).

 

L’évolution des espèces équivaut à la modification de sa structure génique.

Avec méthode d’hybridation, parvient à formuler des lois mathématiques qui permettent de prévoir les caractéristiques d’une descendance.

 

Hypothèses : différencier ce qu’on voit, le caractère, et quelque chose d’autre qui le sous-tend (« facteurs », chaque facteur gouvernant un caractère observable) un organisme a deux exemplaires de chaque facteur (1 issu du père et 1 issu de la mère) ; un seul élément de cette paire est tiré au hasard au moment de la formation des cellules reproductrices.

 

Méthode : jardin expérimental, méthode hybridation sur les poids pour comprendre les lois de l’origine et la formation des hybrides.

 

Les études de Mendel :

 

L’hérédité de pois présentant 7 caractères, pouvant se trouver sous deux formes (un gène mais 2 variantes, qui correspondent à 2 allèles) :

- Forme de la graine (lisse ou ridée).

- Couleur de la graine (jaune ou vert).

- Couleur de l’enveloppe (blanc ou violet).

- Forme de la gousse (plein ou étroit).

- Couleur de la gousse (jaune ou vert).

- Position des fleurs (tout le long de la tige ou qu’en haut).

- Longueur de la tige (longue ou courte).

 

Expérience sur 1 caractère.

Ex : forme de la graine. Régi par un gène mais 2 allèles.

Pois = auto-fécondation  → lignée pures où tous les individus ont toujours la même forme.

Homozygotes (le gène est représenté par 2 allèles identiques)

Lignée 1 (forme lisse)            Lignée 2 (forme ridée)

LL                                  RR

LL                                  RR

LL                                  RR

Hybride L1 – L2 (Hybrides 1) = LR.

100 % identique à Lignée 1.

Un allèle de chaque mais tous à forme lisse → le facteur ridée est récessif par rapport au facteur lisse qui est dominant.

Loi 1: uniformité des hybrides de 1ère génération.

Auto-fécondation donc 2ème génération d’hybrides par reproduction naturelle (Hybrides 2).

50% sont hétérozygotes (LR) identiques au parent (puisqu’ont les même allèles dominant et récessif). ils sont donc comme les Hybrides 1.

25% n’ont que le dominant (LL) et sont donc, eux aussi, identiques aux hybrides 1.

25% n’ont que le récessif (RR) et sont donc différent des Hybrides 1.

Loi 2: disjonction des allèles.

 

Expérience sur plusieurs caractères.

Il suffit de combiner les distributions observées pour un seul caractère

Ex: 2 caractères A et B. Soit A la forme et B la couleur : forme (lisse ou ridée soit A et a) et couleur (vert ou jaune soit B et b) et, donc 4 possibilités :

1. Lisse et vert [AB]

2. Ridée et vert [aB]

3. Lisse jaune [Ab]

4. Ridée et jaune [ab]

Pour un seul caractère (le forme par ex) la distribution était ¾ [A] et ¼ [a] (ex précédent: 75 % de lisse et 25% de ridée).

Pour le caractère B, on a donc aussi : ¾ [B] et ¼ [b]

Pour deux caractères, il suffit de combiner les deux distributions.

 

 

L’idée principale de Mendel :

 

Les caractéristiques héréditaires des vivants sont gouvernées chacune par une double commande (une paire d'allèles) et seule une sur deux est transmise au descendant par chaque parent.

→ Fondement de la génétique qui va démarrer début XXe siècle (e.g., De Vries).



15/07/2012
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