Cours de psychologie

Histoire de la philosophie (L1 - S2) (suite)

3. La rationalité de la délibération :

 

→ Spécificité du raisonnement pratique chez A, que l'on peut distinguer du raisonnement scientifique au sens large (= les connaissances).

→ Mise en évidence du rôle du désir dans ce raisonnement.

 

a. Texte 12 :

 

A. essaie de retrouver les parties de l'âme qui correspondraient aux différents types de vertu intellectuelle.

Distinction vertu morale/ vertu intellectuelle : livres III et IV

Distinction âme rationnelle/âme irrationnelle : livre I

→ Distinctions correspondantes :

   - Vertu morale : le courage, tempérance, modération, libéralité, magnificence, désir d'honneur (ambition modérée), la douceur, la justice.

         + Vertu de l'âme irrationnelle. Nous possédons la vertu morale quand notre âme irrationnelle écoute notre âme rationnelle.

         + Produit de l'habitude.

         + Disposition (= manière de se comporter, à agir selon le choix délibéré), concerne nos actes, nos émotions et notre manière de réagir.

         + Sorte d'acte volontaire.

   - Vertu intellectuelle : la prudence, science, art, intuition, la sagesse (sofia).

         + Produit de l'enseignement et de l'expérience.

         + Etat de l'âme qui lui permet de connaître le vrai.

   - Ame irrationnelle : pas tout à fait défaite de l'âme rationnelle. Ecoute et obéit à l'âme rationnelle.

   - Ame rationnelle.

   - Acte volontaire : tout acte volontaire n'est pas forcement issu d'un choix délibéré (ex : action qui désobéit à la raison, choix de biens qui ne sont pas de vrai biens...)

   - Choix délibéré : tout choix délibéré est un acte volontaire. Dès le moment où nous délibérons, nous la désirons et n’éprouvons pas de contraintes. Tout choix délibéré est une espèce d'acte volontaire.

Même si les vertus morales et la prudence (qui sous entend un savoir) sont distincts, elles peuvent nous pousser à agir de la même façon et se favorisent réciproquement.

 

Conception de l'âme par A différente de la conception généralement reçue d'une âme immortelle distincte du corps.

Pr A : âme → Anima (Amination, Animal).

L'âme c'est ce qui anime, ce qui donne vie. C'est un principe. C'est ce qui fait que le corps est ce qu'il est, c’est-à-dire un être humain, un animal...

Le corps de l'être vivant ne peut être pensé sans âme. Le corps en acte, c'est le corps animé par l'âme. Un corps sans âme reste un corps en puissance.

L'âme assure des fonctions plus étendues que celle qu'on lui attribue généralement (ou que lui attribue par ex Descartes)

L'âme c'est ce qui détermine la croissance des végétaux (âme végétative), la digestion des aliments (végétative).

 

Existence de plusieurs âme/parties de l'âme :

- Végétative (appartient à tous les êtres vivants) → partie irrationnelle.

- Sensitive (animaux + hommes) → partie irrationnelle.

Aspects physiologique et affects (sentiments, émotion) qui peuvent avoir un lieu avec l'éthique (appétits, lâcheté) ou non (peur).

- Rationnelle (propre aux hommes).

 

Ethique à N : la question de savoir si cette division est réelle ou purement théorique ne devrait pas nous intéresser.

Est ce que l'âme est divisée réellement (comme le corps est divisé en organe) ou est ce que cette division est simplement une distinction conceptuelle que le philosophe/psychologue ferait pour penser plus simplement les différentes fonctions de l'âme ?

 

 

L5 : lorsque nous constatons différentes manières de raisonner, pour A il faut diviser l'âme de la manière correspondante. Les parties de l'âme seront divisées seront leur objet.

 

2 types d'objets que l'âme rationnelle rencontre :

- Le nécessaire (être qui ne peut être autre qu'il n'est).

- Le contingent.

Choses nécessaires: le fait de mourir pour les être vivants ; l'ordre du monde ; les propriétés de la matière ; les notions mathématiques (on ne délibère pas sur les propriétés d'un triangle).

Choses contingentes : ce qui fait que nous sommes en bonne santé ; les actions humaines ; la transformation des objets.

 

NB : ce qui est contingent c'est ce qui est en devenir, ça ne sort pas du néant. Le contingent ne concerne pas le néant ni la destruction au sens absolu des termes.

 

Les parties de l'âme rationnelle sont adaptées naturellement à la connaissance des objets. Il y a 2 types d'objets, dont 2 types d’âme rationnelle.

  - Une partie qui s’intéresse au nécessaire → partie scientifique.

  - L'autre au contingent → partie calculative (calcul = délibération).

2 types de rationalité : Rationalité de la connaissance et de la contemplation et rationalité pratique.

 

La vertu c'est ce qui consiste à bien exercer sa fonction propre.

La vertu de la partie scientifique c'est ce qui fait que la partie scientifique excelle à connaître les être nécessaires.

La vertu de la partie calculative c'est ce qui fait que la partie de l’âme excelle à connaître les être contingent.

 

Partie rationnelle → sagesse (sofia), science, intuition.

Partie calculative → prudence, art.

 

b. Le désir :

 

L'âme peut faire 3 choses :

- Sentir Aisthésis → pas concerné par l'action.

- Penser (intellect) Nous → pouvoir affirmer ou nier une proposition vraie → besoin de connaître la règle droite, conformité de l'action à la règle.

- Désirer Orexis → être attiré par quelque chose/être repoussé par quelque chose → ce qui fait qu'on passe de la connaissance de la règle d'action à l'action, en désirant le bien.

 

Le choix délibéré requiert la pensée et le désir.

→ Intellect désirant ou désir raisonnant.

 

Chap 4, livre III :

 

Choix délibéré

   - VS Thumos : emportement, impulsivité, colère aveugle, courage : expression de la partie irrationnelle de l'âme.

   - VS Epithumia : appétit, concupiscence, attirance pour les plaisirs que nous partageons avec les animaux mais nous ne pouvons pas éprouver en même temps deux appétits contraires mais nous pouvons éprouver deux désirs contraires en même temps).

   - VS Boulésis, le souhait. Plus proche du désir raisonnant que les autres car il fait participer la raison. On peut cependant souhaiter des choses que l'on ne peut pas choisir (on peut souhaiter l'impossible). On peut souhaiter aussi ce qui n'est pas en notre pouvoir/à notre portée (on peut souhaiter la victoire d'un athlète).

Désirer ce qui n'est pas à notre porter, cela ne suffit pas pour être agent. Pour être agent, il faut désirer ce qui est en notre pouvoir.

→ le domaine de délibération est assez restreint.

 

Le souhait porte sur les fins, alors que le choix porte sur les moyens.

Lorsque nous choisissons : nous choisissons le moyen d'arriver à nos fins tout en sachant notre condition et le caractère changeant des affaires politiques et morales, nous ne pouvons pas être certains que cette fin arrivera. Cela témoigne que les être humains ne peuvent pas tout faire.

Lorsque nous souhaitons : nous souhaitons une finalité.

 

Choix délibéré : désir de la raison dont l'objet est le moyen de parvenir à la fin, moyen qui doit être en notre pouvoir et qui doit permettre de réaliser le bien.

 

De même que la science porte sur le nécessaire et l'opinion porte que le contingent, le choix serait un domaine de l'opinion et non de la science.

Cependant le choix nous engage beaucoup plus que l'opinion.

 

Le choix et l'action qui en résulte vont changer deux choses :

- L'action qui résulte du choix va changer quelque chose dans le monde.

- Le choix change l'agent.

 

c. La forme de la délibération :

 

→ Raisonnement qui a la logique d'un syllogisme.

Syllogisme : 2 prémisses et une conclusion qui sont des propositions = jugements énoncés pouvant être vraies et faux.

1 prémisse majeure, 1 prémisse mineure, liées ensemble par un moyen terme.

 

Ex : « Tout S est M » et « Tout M est P », alors « Tout S est P ».

→ M = moyen terme (qui permet de conclure).

Tout aliment sucré donne de l'énergie. Les gâteaux sont des aliments sucrés. Donc les gâteaux donnent de l'énergie.             

Aucun diabétique ne doit manger d'aliments sucrés. Ce gâteau est un aliment sucré. Aucun diabétique ne doit manger ce gâteau.

→ Ce qui nous intéresse, c'est la règle d'action, le choix qu'il faut faire.

 

Le bon raisonnement d'après A est le raisonnement qui part de prémisses vraies qui sont conformes à la droite règle.

La conclusion doit être prescriptive : la prescrit l'action.

Elle doit être suivie immédiatement par l'action/le choix.

Ce qui fait que le choix va entrainer l'action c'est le désir. Ayant raisonné, l'agent ne peut que désirer l'action.

 

Orthos logos = droite règle, ce qui fait que l'acte volontaire sera vertueux.

A. reste assez vague sur cette notion.

Tout ce qu'on sait : elle prescrit de faire des actes vertueux, entre l'excès et le défaut. Les actes accomplis selon la droite règle constituent le bien humain, l'œuvre qui consiste à être heureux.

 

 

III. 3ème partie du cours sur la Tempérance.

 

 

Ethique à E, II, 7 : l’intempérant est la sorte d'homme qui agit selon ses appétit et contrairement à la raison.

Concept d'Akrasia= intempérance, incontinence, faiblesse de la volonté, faiblesse, absence de maîtrise de soi, absence de self-control.

A parle de l'intempérance pour montrer que le volontaire n'inclue pas que les choix délibérés (actes qui ne suivent pas les actes raisonnés, mais les appétits)/

Appétits : ce que nous partageons avec les animaux (nourriture, boisson, sexuel, mais aussi les passions).

Intempérance : conflit entre désirs raisonnés (délibérés) et les appétits. Ceux qui laisse les appétits gagner (tout en sachant ce qui faudrait faire pour leur résister), ce sont les intempérants.

L'âme irrationnelle l'emporte sur l'âme rationnelle.

 

La philo de l'action contemporaine a repris cette question de la faiblesse de la volonté en se demandant comment agir à l'encontre de son jugement quel qu’il soit (cf article de Donald Davidson, 1969).

 

Livre 7, Ethique à N :

Disposition = Exis = Abitus = manière d'être, de se comporter, tendance à agir de telle ou telle manière ≠ les dispositions qui favorisent (ou non) l'accomplissement du bien :

   - Dispositions proprement humaines :

          + Objet d'éloge : vertu ; force de caractère (enkratéia)/tempérance ; modération (sophrosune).

L'intempérance en elle même n'est pas un vice, mais favorise le vice.

          + Objet de blâme : vice ; intempérance ; dérèglement/débauche (akolasia).

  - Dispositions extra humaines :

          + Au dessus de l'humanité : vertu héroïque ou divine.

          + En deçà de l'humanité : la bestialité (vice des monstres).

→ Ne font pas l'objet d'éloge ou de blâme car inhumain. On est au delà de l'éthique ici. Ces dispositions se rencontrent tout de même chez l'être humain, quoique rarement. (La bestialité se retrouve chez les barbares ainsi que ceux qui souffrent de maladie et de difformités)

On fait l'éloge ou le blâme des personnes auxquelles on peut se comparer.

Chap 6 du livre 7 : bestialité = cannibalisme, actes de folie, s'arracher les cheveux, l'homosexualité...

 

Enumération des opinions communes concernant l'intempérance et leurs contradictions :

Les opinions communes ne sont pas des opinions à réfuter, pr A.

A va appliquer la méthode dialectique (qui n'a pas le même but que chez Platon : ici on ne cherche pas le vrai, mais le probable).

 

Dans le domaine de la connaissance, 3 types de démarche :

- Démonstration : qui part de prémisses vraies (en elles mêmes ou démontrées), pour aboutir à une conclusion vraie.

- Dialectique : prémisses probables (=acceptables pour un grand nombre ou acceptables pour un petit nombre de personnes compétentes) → conclusion probable (acceptable).

- Raisonnement éristique (= Sophisme) : prémisses apparemment vrais ou probable erreur volontaire dans l'enchainement.

NB : paralogisme = sophisme involontaire.

 

Pour juger l'intempérance → raisonnement dialectique. Une thèse probable peut suffire pour agir.

 

6 opinions communes :

- L'intempérance est objet de blâme et la tempérance objet d'éloge → Tempérance et intempérance volontaires, responsabilité de l'agent.

La force de caractère c'est le fait de s'en tenir à ce qui a été dit (opinion ou raisonnement) alors que l'intempérance c'est l'incapacité de s'y tenir, la capacité de se détourner d'un raisonnement auquel nous adhérons.

La tempérance consiste à juger correctement de ce qu'il convient de faire, bon jugement, bonne délibération, et de le faire malgré les appétits. L'intempérance suppose le jugement correct mais on accomplit l'action contraire (ou on n’agit pas) en cédant aux tentations. L'intempérance n'est pas l'ignorance.

- Est-ce que l'intempérance est le dérèglement, ou non ? Est ce que la tempérance est la force de caractère, ou pas ?

- Rapports entre prudence et intempérance. Certains pensent que c'est compatible, d'autres non.

- Domaine de l'intempérance. Intempérance dans un seul domaine ou dans tous les domaines ?

 

Apories : problèmes/difficultés philosophiques qui naissent de la mise en présence de 2 thèses contraires qui semblent toutes les deux valables.

    - Aporie 1 → concerne l'opinion 3 :

              + Texte 13 : intempérance peut s'expliquer par un manque de connaissance ? Rapport entre intempérance et connaissances (connaissances partielles, fausse ou inexistante).

              + A. défend que : l'intempérance ne peut pas s'expliquer par l'ignorance, et ne peut pas faire l'objet d'indulgence. L’intempérance existe et n'est pas excusable et fait l'objet de blâme.

              + 3 thèses exposées avec 3 réfutations :

                               . Intempérance = privation de science.

                                             - Thèse de Socrate. Science = aptitude à nier le faux et admettre le vrai. 

                                             - Pour Socrate, la science peut s'appliquer à d'autres domaines que la connaissance mathématique, peut s'appliquer aux affaires humaines (politique, morale...). Il n'y a pas d'attitude spécifique à avoir envers la science, pour Socrate (≠ Aristote) La science devrait alors gouverner l'homme.

                                             - Socrate : on ne peut pas en même temps avoir la science et ne pas agir selon ce que cette science nous apprend.

                                             - Pr S, la science nous enseigne et joue aussi le rôle de force directrice. L'intempérance est de l'ignorance.

                                             - Pr A : il ne suffit pas de connaître pour bien agir. Il nous faut une force de caractère qui ne vient pas de la science elle-même. Il reproche à S de trop s'éloigner de l'expérience concrète.

                              . Intempérance = opinion mal assurée.

                                             - 2 types de savoirs : la science et l'opinion.

                                                     + Science : savoir certain qui suscite une conviction forte et qui ne peut pas se laisser ébranler par les appétits.

                                                     + Opinion : degré de savoir plus faible, établi par ouïe dire et pas par démarche scientifique pure. La conviction qu'il en ressort est débile (=fragile).

                                             - Lorsque nous manquons de savoir assuré → indulgence.

                                             - Lorsqu'il y a intempérance → blâme.

                                             - Il y a intempérance uniquement lorsqu'il y a un savoir bien établi.

                             . Intempérance résulte de la prudence.

                                             - Prudence qui s'opposerait à la science.

                                             - L'intempérance résulterait d'un conflit entre science (= le vrai et le faux en ce qui concerne les entités éternelles et nécessaires) et prudence (=ce qui est bien ou mauvais pour l'homme).

                                             - Mais pb : intempérance incompatible avec prudence.  Car l'homme prudent est ce lui qui est le plus apte à agir pr A.

   - Aporie 2 : entreprend de résoudre l'ambigüité entre l'intempérance comme endurance et la tempérance comme modération.

             + La modération est une vertu morale qui consiste à se maîtriser dans la satisfaction des appétits que nous partageons avec les animaux, dans la recherche du plaisir et l'évitement de la peine.

             + Comme toute vertu, elle est une seconde nature, une habitude prise.

             + Il semble donc que l'homme modéré n'a pas besoin de faire beaucoup d'efforts pour se maîtriser. 

             + La force de caractère (endurance) est une disposition à résister aux appétits afin de s'en tenir aux droites règles. Mais s'il y a force de caractère, les appétits sont présents. La personne est tentée mais résiste → effort de lutte continuelle contre la tentation.

                + Modération ≠ force de caractère !!! Ils se favorisent mais ne sont pas égaux.

             + Dans le dérèglement, on a pris l'habitude de céder aux appétits et à faire des excès (par défaut ou non). Dans ce cas, il n'y a plus vraiment de délibération. Le déréglé (comme le modéré) ne vit pas de conflit, ne se pose pas de questions car c'est devenu une habitude.

                + L'intempérant lui vit un conflit, même s'il cède à la tentation. Il éprouve la possibilité de se modérer. L'intempérant lorsqu'il cède à ses appétits, le fait en connaissance de cause. Ce qui le différencie du bestial, de l'ignorant et du déréglé.

   - Aporie 3 →  question de la fermeté dans le choix.

             + Supposons que le choix délibéré est le mauvais choix. L'intempérant a donc raison de ne pas se conformer à son choix. Donc il devrait faire l'objet d'éloge.

             + Mais la force de caractère n'a de valeur que lorsque la délibération est correcte.

  - Aporie 4 et 5 → attribuées à des Sophistes.

                + 4 → le fou certes est objet de blâme, l'intempérant est objet de blâme, mais le fou intempérant est l'objet d'éloge.

                           . Il ne faut pas regarder juste le résultat, mais tous les processus en amont, plus importants que les résultats.

                + 5 → il vaut mieux être endurant dans le vice que faible ds la vertu.

                           . Problème dans la construction.

  - Aporie 6 → On est intempérant dans des domaines déterminés ou dans tous les domaines en général ?

 

1. Ethique à N : VII, 5 :

 

Semaine précédente : commentaire de la critique de la thèse de Socrate dans le protagoras qui défend la vertu-science, selon laquelle la science a par elle même assez de force pour que celui qui la possède puisse agir selon ses prescriptions. Cette thèse impliquait que l'intempérance n'existe pas. Soit il y a ignorance, soit il y a science.

 

Intempérance : mal agir en dépit de la connaissance du bien → Impossible pour Socrate.

Alternative à la solution de Socrate → Solution d'Aristote (chap 5 du livre VII).

Se refuse à opposer à la science une instance autonome (comme le désir, la volonté) qui gouvernerait l'intempérant en dépit de ses connaissances.

Distinction (en 7-5) l'intempérance de concepts de voisins.

Intempérance ≠ tempérance car rapport à certains types de plaisirs.

Le bien n'a pas de lien avec l'intempérance.

Elle n'a pas non plus rapport à tous les plaisirs.

Plaisirs :

  - De l'âme (amour du savoir, ambition...) → pas concerné par l'intempérance (ce n'est pas par intempérance que nous faisons de la philosophie).

  - Des sens « humains » → les plaisirs de la vue, de l’ouïe et de l'odorat ne sont pas concernés par l'intempérance (écouter de la musique, aller au musée...).

  - Des sens « animaux » → le seul à avoir un rapport avec l'intempérance. Les plaisirs du goût et du toucher +++ (+ paresse et plaisir sexuel).

 

L'intempérance suppose un jugement correct, qui pour une raison se trouve en désaccord avec l'acte définitif.

Distinction avec le dérèglement et la débauche qui est la recherche de la satisfaction des plaisirs animaux.

Intempérance → jugement correct.

Dérèglement → jugement incorrect, délibération pervertie.

 

Plan de résolution des apories :

- Rapport intempérance / connaissance.

- Définir le domaine de l'intempérance.

- Comparer intempérance/endurance.

- Questions diverses.

 

Rapport intempérance/connaissance :

Distinction science/opinion = n'explique rien pour Aristote car la force de conviction ne dépend pas toujours de la force du savoir (on peut être convaincus par ces opinions fausses).

 

Solutions aux problèmes de l'intempérance développées en 4 moments :

   - Distinction science en puissance / science en acte → l'intempérant n'a pas la science en actes, mais à la science en puissance.

              + Science en puissance : Avoir la capacité d'utiliser la science mais ne pas l'utiliser. Fait de désigner quelqu’un qui a beaucoup de connaissances mais qui ne les utilisent pas.

              + Science en actes : science achevée, parfaite, aboutie. Posséder la connaissance et pouvoir l'utiliser.

              + Distinction invoquée chez Platon, Théétète en 197b. 2 métaphores :

                                  . Science en puissance = avoir acquis la science = avoir acheté quelque chose et ne pas l'utiliser (Socrate ?) ou capturer des oiseaux pour les mettre en volière (les avoir à sa disposition, sans pourtant les avoir tout le temps sous la main).

                                  . Science en acte = avoir la science.

   - Syllogismes du raisonnement délibératif.

              + L'intempérant possède la majeure du syllogisme (=la règle d'action) → Les aliments secs sont bons pour l'homme. → « prémisse universelle ».

                 + 3 prémisses mineurs : Je suis un homme → universel avec particulier.

              + Le miel est un aliment sec → universel avec particulier.

              + Ceci est un miel → description de la situation particulière = prémisse particulière.

                 + Conclusion : Ce miel est bon pour moi → ACTION, je le mange.

→ L'intempérant possède la règle mais se trompe dans la prémisse particulière. Il n'aurait pas la science de cette prémisse là, et donc pas la conclusion. → le problème vient d'une défaillance de la connaissance (vision proche de Socrate!!).

              + Ne pas se rendre compte qu'il s'agit de miel acte involontaire car ignorance factuelle.

                 + Intempérance = ignorance factuelle ? Mais existence de faiblesse car conflit raison/appétit chez l'intempérant.

  - Etat d'une personne qui se trouve sous l'emprise des appétits (des passions).

                 + Avoir la science en puissance : décrit toutes les étapes d'un processus entéléchies/d'actualisation qui permet de passer de la puissance à l'acte, l’achèvement, la perfection, l'aboutissement. Mais toutes ces étapes recoupent des évènements très divers. Puissance = inachèvement.

→ Capacité d’acquérir la science.

→ Science acquise mais non utilisée.

              + Comparaison de l'état de la personne intempérante et de l'état de la personne qui n'a pas encore acquis la science.

              + Intempérant dominé par les appétits et les passions, qui le mettent dans un état corporel (physiologique) incompatible avec la possession de la science.

                 + La science ne peut pas s'intégrer dans un corps dominé par les appétits.

              + L'état de l'intempérant est comparé à 3 états :

                              . Sommeil.

                              . Folie → perte de raison.

                              . ivresse.

                 + Possession du bon jugement, mais régression.

                 + Cas de l'intempérant comparé au cas de l'étudiant qui aurait tout juste commencé à apprendre une discipline.

              + L'intempérant, même s'il n'assimile pas le jugement correct, l’énonce parfois. Lorsqu'il énonce un jugement correct le fait comme un élève qui énonce une connaissance qu'il ne s'est pas encore appropriée, même si la raison n'est pas la même (emprise des appétits/niveau débutant).

                 + L'intempérant qui énonce un bon jugement est comparé à un acteur répétant son texte : les jugements corrects de l'intempérant sont aussi peu siens que ceux que l’acteur fait sur scène.

                 + A : Intempérance qui relève de la physiologie, comme le sommeil et l'ivresse → on se plonge volontairement dans un état dominé par les appétits. Le fait de se mettre dans l'état est volontaire, et cela doit susciter le blâme. En revanche, en sortir ne relèverait plus de la force de caractère. Sortir d'un état sous l'emprise de la colère ou des appétits relève presque du milieu médical.

                 + Intempérance = maladie

  - Question sur le statut de la majeure.

              + Concernant un même objet, il se peut que nous ayons connaissance d'opinions différentes. Au moment où nous raisonnons, il peut exister 2 raisonnements :

                        . « Il ne faut pas manger d'aliments sucrés » → « cette religieuse au chocolat est un aliment sucré » → « il ne faut pas la manger »

                        . « Les aliments sucrés sont agréables » → « cette religieuse au chocolat est un aliment sucré » → « il faut la manger ».

→ Dilemme.

              + Ce qui va faire pencher la balance vers un raisonnement ou un autre, dans le cas de l'intempérant, ce sont les appétits, ce qui peut aller à l'encontre de la droite règle selon les cas. Les appétits nous font mettre en œuvre un raisonnement, qui dans un contexte donné, est contraire à la droite règle.

→ Une opinion ne suffit pas par elle même.

              + Problème de l'intempérant : il ne choisi pas la bonne majeure du fait des appétits (et non de l'ignorance).

                 + 2 facteurs pour qu'il y ait intempérance : simultanément la possibilité de mal et de bien raisonner + intervention des appétits qui feront pencher la balance en faveur du mauvais raisonnement (le bon restant en puissance).

                 + Sans l'appétit → dilemme.

              + Sans les 2 opinions → soit dérèglement uniquement, soit bon choix uniquement.

              + Rechercher la cause : appétits cause de la mise à l'écart de la science ou science en puissance qui permet aux appétits de s'exprimer ?

              + Question qui ne s'exprime par pr A. (tout comme le désir de bien est enchevêtre dans le choix délibéré, on ne peut pas penser la science en puissance sans les appétits).

 

Récapitulatif :

- Intempérance au niveau de la majeure. Coexistence de plusieurs opinions et du fait des appétits, c'est l'opinion mauvaise qui est adoptée. L'intempérant a en puissance la science, mais son action est motivée par la mauvaise opinion.

- Intempérance au niveau de la mineur. Incapacité d'appliquer la bonne règle à l'objet/la situation.

- Intempérance au niveau de la conclusion. Les appétits empêchent de passer de la conclusion à l'action.

→ Existence de plusieurs intempérances. Intempérance qui renvoie à des situations diverses, mais qui suscitent toutes le blâme et font partie d'une même famille.

 

Science de l'intempérant = science en puissance car emprise des appétits

PB dans la détermination de la majeure dans le syllogisme, ou bien dans la conclusion.

Ou bien alors défaillance après la délibération.

 

Aporie 2 : domaines de l'intempérance (cf aporie 6).

Distinction entre intempérance simple (personne intempérante) et intempérance par analogie (personne intempérant dans un domaine particulier).

 

2. Livre 7, chap 6 :

 

Intempérance simple → poursuite excessive des plaisirs qui sont liés aux fonctions corporelles (nutrition et reproduction). Cela exclue les plaisirs de l'âme (penser, connaître) ainsi que les plaisirs des autres sens (vu, ouïe, odorat). Ce sont des plaisirs qui caractérisent l'intempérance témoignent de notre condition commune avec les animaux. ≠ dérèglement/débauche car l'intempérant poursuit les plaisirs corporels en dépit de son jugement. Le débauché agit conformément à son jugement qui a été perverti par l'habitude prise du vice.

 

Intempérance par analogie → 3 domaines concernés :

   - Autres types de plaisirs que corporels : poursuite excessive de ces plaisirs autres en dépit d'un jugement correct qui nous commanderait de ne pas tomber dans l'excès concernant ces désirs. Plaisir de connaître/ plaisir lié à l'honneur / au gain / esthétiques → concernés par l'intempérance Par analogie. Plaisirs propres à l'être humain qui ne sont pas liés à des fonctions corporelles vitales mais sont qualifiés de « souhaitables » par Aristote. Il est souhaitable d'éprouver du plaisir lorsqu'on est honoré (par exemple).

           + Exemples : mythe de la reine Niobé (reine de Thèbes à 12 enfants qui s'est moquée de la mère d'un Dieu. Elle est morte sous les flèches d’Apollon.).

           + Satyros Philopator aimait avec excès son père et l'a divinisé.

→ Plaisirs souhaitables mais intempérance lorsqu'excès.

 

 

  - Bestialité :

            + Bestialité = pas propre à l'homme. Comportements en dessous de ce qu'on peut attendre de l'homme (≠Divin qui est au dessus de l'homme).

          + Les bestiaux ne peuvent pas être blâmés car ne peuvent pas être évalués.

          + Est-il possible d'agir de manière bestiale tout en jugeant correctement ?

            + Tendances bestiales : tendance à rechercher des plaisirs contre nature (≠ plaisirs humaines ou animaux).

          + Plaisirs qui émergent d'activités qui ne se sont pas liées à notre nature, voire même contraires.

          + Exemple du cannibalisme.

          + Plaisirs contre nature divisés en 3 catégories selon leur cause :

                          . Difformité/maladie : exemples de folies (celui qui a mangé sa mère par folie).

                          . Habitude : même si au départ la nature de l'individu n'était pas déformée, petit à petit il a acquis des habitudes contre nature.

                          . La dépravation naturelle : comportements jugés bestiaux, mais ni le fait de la nature ni le fait d'habitudes. Action bestiale qui arriverait comme ça.

          + Pour qu'il y ait intempérance en terme de bestialité, il ne doit pas y avoir de nature déformée, ni d'habitude (car dérèglement dans ce cas là).

          + La dépravation naturelle est la seule catégorie qui nous permet de parler d'intempérance.

          + Mais on ne parle d'intempérance en matière de bestialité que d'une manière métaphorique.

  - Colère :

          + La colère est une passion, et il existe des dispositions à l'excès ou au défaut. Homme doux = homme qui se met en colère comme il le faut et quand il le faut. Une colère mesurée est louable au bon moment. L'intempérance dans les appétits est plus blâmable que l'intempérance en matière de colère.

→ La colère prête davantage l'oreille à la raison que les appétits. La colère réagit dans le sens de la raison, même si elle peut être excessive → se rapproche des plaisirs souhaitables.

→ La colère est plus naturelle que les appétits → plus naturelle = plus excusable, car plus durable aussi.

→ La colère se montre à visage découvert → franchise de l'homme en colère qu'il n'y a pas chez celui qui écoute ses appétits.

Celui qui se met en colère éprouve lui même de la peine, de la souffrance. Tandis que celui qui succombe à ses appétits éprouve du plaisir. La victime de la colère se sent alors moins outragée que la victime de l'intempérant.

 

PBS :

   - Intempérance par analogie n'a qu'un aspect en commun avec l'intempérance simple. Ce ne sont que des homonymes. Même mot mais pas même définition (=essence).

          + Ethique à N → exemple d'un athlète nommé Anthropos → « être humain ». Ce mot désigne l'individu qu'est l'athlète et l'être humain en général. Mais cet individu est un être humain → homonyme mais il y a en commun entre les deux l'appartenance à la classe des être humains. Appartenance logique.

          + L'intempérance par analogie appartient à la classe de l'intempérance tout court ?

          + Mais Anthropos, même s'il appartient au genre humain s'en différencie par ses qualités.

→ Intempérance par analogie possède certains caractéristiques communes avec l'intempérance simple mais se différencie par le domaine concerné (le type de plaisirs en jeu).

   - C'est l'excès qui fait que l'on blâme l'intempérant par analogie ?

          + La tempérance, comme la vertu, est une disposition à choisir le moyen terme.

          + Le vice se situe soit dans le vice, soit dans le défaut.

          + L'intempérance consiste à recherche l'excès dans les plaisirs.

            + Intempérance ≠ insensibilité, qui est la recherche du défaut de plaisirs (cas rare chez l'être humain d'après Aristote) → exemple de l'anorexie (conflit entre raison et défaut), de l'apathie dans la dépression.

            + Pour les plaisirs non corporels → défaut plus important que l'excès ! Ex de personnes qui ne s’intéressent pas à la culture, qui ne se sentent pas concernés par l'honneur.

            + Il n'y a intempérance que lorsqu'une tendance positive s'oppose à la raison.

            + Dans le défaut, on est dans quelque chose qui relève du refus, de l'abstinence → frein vers le plaisirs.

            + La symétrie excès/défaut ne se retrouve pas chez l'intempérance.

            + L'intempérance est toujours liée à l'excès.

   - Hiérarchie des plaisirs légitime ?

          + Hiérarchie qui correspond globalement à la partition de l’âme. Ame rationnelle propre à l'homme / âme irrationnelle qui comprendre les fonctions animales et végétales.

          + Plaisirs animaux irrationnels/plaisirs humains.

Plaisirs nécessaires (car obligatoires pour notre survie) / plaisirs humains qui contribuent à l'exercice de la fonction propre de l'homme.

          + Fonction animale/fonction propre de l'être humain.

          + Plaisirs souhaitables → appropriés à une vie souhaitable d'être humain (et pas animaux).

            + Pr Aristote, on ne peut pas exiger des être humains de réaliser une conception du bien sans plaisirs. On ne pourrait pas réaliser le bien, si le bien devait exclure le plaisir. Ceux qui excluent le plaisir du bien sont ceux qui ne savent pas faire la différence entre les bons et les mauvais plaisirs.

            + Intempérant simple → on lui reproche le fait de rechercher de façon excessive certains plaisirs contre l'avis de la raison et on lui reproche aussi de rechercher des plaisirs qui sont indignes de l'être humain.

            + Intempérant par analogie → on ne lui reproche que l’excès dans la recherche des plaisirs et on ne lui reproche pas les plaisirs qu'il recherche (car ils font partie de la fonction propre de l'homme).

→ Le blâme est moindre dans l'intempérance par analogie que dans l’intempérance simple.

L'intempérance valorise d'autres vices → la dissimulation, l'outrage fait à autrui...

Ce que l'on reproche à l'intempérant simple, c'est de faire preuve de faiblesses au moment où il faudrait choisir une vie digne d'un être humain.

→ Conception de la vie qu'il convient de menée qui autorise des positions telles que « mieux vaut se mettre en colère que céder à ses appétits animaux ».



04/08/2012
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