Cours de psychologie

Histoire de la philosophie (L1 - S2)

Histoire de la Philosophie

 

I. 1ère partie : la volonté :

 

 

Pierre Aubenque, la prudence chez Aristote.

Ch.Trottman  La volonté : faiblesse ou force. De Platon à Descartes Ed Ellipses

+ voir biblio sur le site.

+ Ethique à Nicomaque, III, 1 et 2. Ethique à Eudème, II, 7 à 9.

 

1ère partie du cours : relations entre concepts de Bien, de Bonheur, de Fonction propre de l'homme, de Vertu, d'Eloge/blâme et de Volontaire.

 

Aristote, Ethique à Nicomaque.

 

En quoi consiste le bonheur ?

→ être heureux = exercer sa fonction propre (= bien fonctionner).

En quoi le bonheur est lié au volontaire ?

→ Bien fonctionner c'est le faire conformément à la vertu. Bien agir = agir et se comporter de façon à mériter des éloges (mal se comporter → blâme).

Pour méditer éloge/blâme → les concepts doivent être attribués à l'Agent.

 

Etique à N. (Aristote)  « tout art et toute investigation et toute action et tout choix tendent vers quelque Bien » → le Bien se confond avec la Finalité.

Mais les activités qu'il site sont très diverses et variés donc → FinalitéS  (et BienS ?)

Aristote nous met face à un constat : les activités dans la réalité ne sont pas séparées, elles sont organisées de façon à servir d'autres activités (le but du pharmacien va servir le but du médecin, qui va servir le but du patient...)

Subordinations entre les différentes Fins → Les fins multiples sont réduites à peu de fins → peu de Biens

 

Aristote : toutes ces fins sont au service d'une Fin unique, d'un bien suprême qui contrairement aux autres biens n'est pas désiré pour autre chose, mais pour lui même.

Les biens sont désirés en vue de biens supérieures / Le bien suprême (= le Souverain Bien) est désiré pour lui même.

→ On ne peut pas désirer à l'infini.

 

Le bien suprême → but dernier de toute action humaine.

Objet de l'investigation en éthique et en politique. Il est assimilé au bonheur.

 

En quoi consiste ce bonheur ? Pour le malade, la santé ; pour le pauvre la richesse...

Mais conceptions limitatrices → Plaisir, Richesse, Honneur.

Notre bonheur dépend de la vie que nous menons. Pour les gens non éduqués → le plaisir ; pour l'élite → l'honneur.

 

Aristote donne 3 éléments de définition : le bonheur c'est :

    - Une finalité : il n'est pas au delà de toute possibilité humaine. C'est ce vers quoi tend toute action humaine. C'est quelque chose d'accessible.

    - La complétude : le bonheur est complet, c'est un aboutissement, un accomplissement. Il est parfait.

    - L'auto-suffisance : le bonheur étant parfait, il n'a pas besoin d'autre chose pour être lui même.

Objection : définition très formelle. En quoi consiste vraiment ce bonheur ?

 

a. Texte1 :

 

Le bonheur, « fonction propre » de l'Homme, qui est une activité de l'âme conforme à la raison (l 1).

Fonction : du grec Ergon qui veut dire « tache », « ouvrage », « activité », « œuvre » → notion de mouvement

La fonction désigne un être/un faire dont le but est d'accomplir la nature/l'essence de ce qui est/fonctionne/fait. (Ex : fonction du musicien → jouer de la musique ; médecin → guérir le patient).

La fonction n'importe pas quelle activité, elle dépend de la nature/de l'essence de l'être.

« Fonction génériquement la même » (l2-3) : notion de genre. Chaque groupe d'objets qui partagent des caractéristiques communes est un genre. Ce genre est défini par une fonction qui lui est propre (ex : Mozart et Beethoven appartiennent au même genre → les musiciens.)

Au sein d'un même genre, on doit distinguer « l'individu quelconque » et « l'individu de mérite » (Mozart et Beethoven musiciens de mérite ; M. Dupont musicien quelconque). Ce qui les différencie : si la personne « fonctionne bien » ou non → excellence/vertu (l 4): ce qui fait qu'une personne exerce bien sa fonction.

Objection : approche essentialiste → Barrière bon musicien/musicien quelconque de façon objective → manque de subjectivité de la part d'Aristote.

Ici la vertu n'a pas une connotation morale → concept plus large.

Quelle est la fonction propre de l'homme ? « Certain genre de vie » (l 7). La fonction propre doit définir la vie bien menée de l'Homme → réside dans une certaine Activité (qui s'oppose à la capacité, la disposition).

Pourquoi la fonction propre de l'homme est-elle définie par une activité et non pas par des capacités humaines qu'il appartiendrait à chacun de disposer ou non ? Pourquoi le simple fait d'avoir une âme rationnelle ne suffirait pas l'essence de l'homme ? → Il faut de l'action. Il ne suffit pas d'avoir la vertu pour être vertueux, il faut réaliser ses dispositions. Il faut penser la vertu en action. Il ne suffit pas d'avoir certaines capacités pour être un être humain, il faut accomplir ces dispositions/capacités.

Cette réalisation n'est pas automatique, elle dépend de nous → problématique du volontaire.

 

Activité de l’âme conformément à la raison ? (l 7-8) → c'est la raison qui distingue l'Homme des animaux.

Aristote évoque dans De l'Ame une tripartition de l'âme (= ce qui anime, ce qui fait les êtres vivants/animés) :

     - Ame végétative → tous les êtres vivants. Préside la nutrition et la croissance.

     - Âme sensitive → animaux et être humains. Préside la sensation et les appétits.

     - Âme rationnelle → exclusivité de l'être humain. L'éthique ne concerne que les êtres pourvus d'âme rationnelle.

Préside la raison, le logos.

Que sont ces actions accompagnées de la raison (l 8) ? Dans le livre 10 de l'éthique à N. → activité théorétique (= de contemplation des qualités + action).

L'action engage des changements dans le monde, contrairement à la raison. La fonction propre de l'homme est définie comme action accompagnée de raison.

Homme vertueux = homme qui exerce bien la fonction propre de l'Homme.

Problème : on a l'impression que le bonheur tourne en rond. Si homicide conforme à la raison → homicide = vertueux ?

Mais si on replace le texte dans son contexte, Aristote parle à des hommes d'expériences : l'homme vertueux est compris au sens où les auditeurs l'entendent. 

Il parle de la plus excellente des vertus (l 11) → sagesse (sofia) dans l'activité théorétique.

 

1. La vertu :

 

A la fin du livre 1 :

    - vertu intellectuelle (dianeétique).

    - vertu morale.

Il fait de la psychologie éthique. L’âme est divisible en 2 parties :

   - rationnelle.

   - irrationnelle (végétative + sensitive).

Le raisonnement ne suffit pas à garantir la vertu. L'âme sensitive a son rôle dans l'éthique. Elle participe « d'une certaine manière » à la raison. Entre raison et désir, conflit interne de l'intempérant. Cette barrière entre rationnel et irrationnel est matérialisé par ce conflit. Il ne peut y avoir de vertu issue uniquement de la raison. Le désir fait partie de la vertu. Le savoir et le désir sont nécessaires en vue de la réalisation d'un bien.

 

+ Ami qui donne des conseils → partie rationnelle.

Prescription de la partie rationnelle à la partie irrationnelle : « écoute » « obéissance ». Cette prescription englobe :

    - l'intérêt pratique du but (pourquoi c'est bien de le faire ?).

     - les caractéristiques de la situation de l'agent.

Conception des actions possibles permettant de réaliser le but → Détermine l'action.

+ Père qui a l'autorité sur son fils → partie irrationnelle.

De cette distinction, Aristote arrive à la distinction entre vertu intellectuelle (partie rationnelle de l'âme) et vertu morale (partie irrationnelle de l'âme).

 

Philosophie morale et éthique contemporaine distinction de jugement de faits et jugement de valeur (ce qui fait/ce qui doit être) (David Hume). La valeur du but, sont distincts des faits (de la situation et des possibilités physiques). Distinction qui fait écho à volonté et entendement.

Aristote : la distinction jugement de fait/jugement de valeur n'existe pas.

 

a. Texte 2 :  

 

Définition des vertus morales.

Médiété =moyen terme.

On distingue 3 éléments : disposition à agir de façons délibérée : « exis proairétikè ». La disposition est distincte de la capacité et de l'état. Exis : La nature nous a donné la capacité de recevoir des vertus. Mais ce n'est pas pour autant que la vertu est naturelle ou une capacité. Capacité = aptitudes, spontanées. Disposition = habitudes. Vertu = disposition acquise, pas besoin d'en renouveler l'acquisition, ne sont pas freinées par des impulsions contraires.

Proairétikè vient de Proairésis = choix déliré, préférentiel, rationnel, raisonnable. Suppose une certaine activité intellectuelle.

La vertu est une disposition à agir d'après un choix issu d'une réflexion.

La vertu semble ici orientée vers l'action et vers la décision. Et pourtant, Aristote plus loin semble vouloir dire que la vertu est aussi une faculté à éprouver les sentiments appropriés dans une situation. Affection vertueuse → indignation. N'est pas issu de délibération préalable.

Délibération à comprendre dans le sens justifiable après coup. Il ne faut pas le comprendre comme un processus psychologique en amont.

Aristote ne confond-il pas vertu et compétence?!

Médiété : peut être compris comme une caractéristique d'une personne mesurée, qui fait preuve de tempérance ou comme une réaction appropriée. Il faut la comprendre comme mesure et comme « ce qu'il faut », ce qui nécessite une bonne connaissance du contexte.

Pour savoir quelle est l'action la plus appropriée, il faut cette connaissance.

Rationnellement déterminé : déterminé par la « droite règle », orthos logos. Mais ici elle n'est pas définie. Elle est juste personnalisée après la figure de « l'homme prudent ». Prudence = sagesse pratique (phronésis). La prudence est une vertu intellectuelle (pas morale).

La vertu morale dépend d'une vertu intellectuelle qui est la prudence.

La vertu morale rend possible l'application de la « droite règle ».

 

2. Le volontaire :

 

a. Texte 3 :

 

Vertu : bien exercer sa fonction propre (distinction entre homme de mérite et homme quelconque).

Vertu consécutive au bonheur.

Pour évaluer l'œuvre de l'agent, on doit savoir quelles actions lui attribuer, c'est à dire distinguer le volontaire et le non volontaire.

 

Ethique à Eudème :

Volontaire = action dont l'agent est la cause et le principe, et qui peuvent être l'objet de louange ou de blâme.

 

La vertu → volontaire (dans les actions comme les affections)

Le volontaire n'inclue pas que les actions qui sont issues de la vertu. Le vice est aussi volontaire. Les êtres qui n'ont pas la vertu commettent aussi des actes volontaires (→ intempérant, mais aussi enfant et animal).

Les actes des animaux sont déterminés par des appétits, mais ils n'ont pas accès à la raison. Donc le volontaire ne traduit pas totalement la vertu. Le volontaire c'est la marque de « qualité d'agent » (= être un agent).

→ Notion d'agencie, d'agencéité dans la philo moderne.

 

Le volontaire encoure l'éloge et le blâme → le volontaire c'est ce sur quoi va travailler l'éducateur au cours de l'éducation morale de l'agent, de l’apprentissage de la vertu → travail de réforme des actes volontaires.

Il faut donc déterminer à quel moment l'éloge et le blâme sont requis, et quand ce n'est pas de la faute de l'agent → dans quelle mesure l'agent est responsable de ses actes ?

Pour sanctionner un acte, il faut savoir avant si cet acte était volontaire ou non.

 

b. Ethique à Nicomaque, 1110b18-24 (trad Tricot) : Texte 4 :

 

Distinction entre volontaire/involontaire/non-volontaire.

   - Volontaire → agent à l'origine, pas de regret.

   - Involontaire → acte commis dans l'ignorance, mais après l'agent éprouve du repentir, du chagrin, des regrets.

   - Non-volontaire → acte commis dans l'ignorance, mais après, l'agent ne ressent aucun regret. Indifférence ou satisfaction → cas de figure étrange car dans l'ignorance, involontairement, l'agent aurait fait pareil volontairement.

Acte non volontairepas de vertu qui s'exerce du fait de l'ignorance → pas de compliments possibles sur la vertu propre.

Acte volontaire → vertu, peut être complimentée.

La connaissance de cette distinction est importante pour le législateur, d'après Aristote.

 

Différence entre punition et correction :

    - Punition : objectif est de contrôler ceux qui ne sont pas capables de bien agir autrement que par la crainte. Empêcher les personnes mal conditionnées moralement d'agir de façon à encourir le blâme. La peur du châtiment est le mobile pour bien agir.

            + Mais Aristote ne conçoit pas la loi comme répressive. La finalité de la loi doit être le bien de la cité et donc le bonheur des citoyens. Le but de la cité → les citoyens exercent leur fonction propre, avec des vertus. Donc les institutions de la cité (les lois) doivent favoriser et provoquer l'acquisition des vertus.

            + La peur du châtiment est un moyen d’acquérir les vertus ? Non car l'action sera motivée par la peur du châtiment, et non par la recherche du bien.

            + Objection : recherche du bien pas compatible avec la vie dans la cité pour les personne qui pensent que le bien c'est d'assouvir ses propres envies de façon égoïste.

            + Aristote pense que l'homme n'est heureux qu'en société, et doit vivre en société. Alors pourquoi il existe des gens malhonnêtes qui agissent de façon égoïste ? → Absence d'apprentissage morale.

            + L'être humain doit être heureux AVEC ses semblables (et pas contre) → la loi doit éduquer moralement le peuple et doit nous montrer si on fonctionne bien ou non.

   - Correction.

 

Tout être tend à la complétude, à la perfection, à la vertu tout comme un olivier tend à devenir parfait → mais on ne complimente pas l'homme et l'olivier de la même façon, on n'évalue pas les actions vertueuses de la même façon.

 

Evaluer l'action morale

- Complimenter un agent moral : en étant un agent moral soi-même. Evaluation du résultat et de la façon dont l'action a été faite. L'évaluation est une pratique interactive qui a lieu entre des êtres égaux à ce point là.

- Evaluer l'exécution d'une technique → Complimenter un agent technique : en étant un agent qui n'a pas cette technique. Evaluation du produit fini (un plat, une musique...)

 

Le volontaire n'est pas quelque chose de réservé à des psychologues, à des scientifiques ou à des spécialistes du volontaire. C'est l'homme qui est capable de juger le volontaire. Il y a donc une communication partagée entre le bon et le mauvais et qui est le fait de tous les êtres humains vivants dans la cité.

Le volontaire a trait à ce qu'est l'humain de façon fondamentale. Ce n'est pas uniquement le fruit d'une convention.

 

L'être humain est libre ou le fruit du déterminisme ?

→ Problème de l'existence du volontaire/non volontaire.

De Interpretatione, 9 → notion de futurs contingents = actions futures humaines qui peuvent avoir lieu ou non → donc absence de déterminisme car absence de futurs nécessaires.

Il existe une classe d'actions humaines qui dépend de l'agent lui même → va à l'encontre du déterminisme.

 

L'univers d'Aristote n'est pas régit par des lois (comme la physique moderne l'est).

Il ne veut pas formaliser l'univers à des lois. Ce qui explique le mouvement de la chose (ex : croissance de l'arbre), ce sont les propriétés mêmes de la chose. L'action humaine est un de ces mouvements. L'homme qui agit de façon vertueuse tend à devenir un homme vertueux.

L'action humaine est donc un mouvement → ce sont des tendances vers un but.

Il n'y a donc pas tant de différence entre l'olivier qui agit et l'homme qui tend à devenir complet, parfait.

 

Mais si finalement être un être humain parfait c'est comme devenir un olivier parfait, conséquences morales → nous ne serons pas des êtres humains du moment qu'on ne sera pas parfaits. On tombe dans une sorte de déterminisme, mais pas un déterminisme moderne.

 

3. La contrainte :

 

Ethique à Nicomaque, ibidem 1110a15-29 (trad Tricot) :

 

2 cas de figure qu’Aristote n'évoque pas :

- Résistance passive.

- Adaptation des désirs.

 

Comment savoir si l'agent  a été contraint ?

→ Engagement dans l'armé, volontaire ou contraint ?

Demander à la personne.

Quel est le concept qui permet de dire qu'un acte est volontaire ou contraint ?

L'intention (ne peut pas être signalé, retrouvé)

 

Ex: Bob pousse Anne vers l'avant.

Anne avance.

Anne essaie d'avancer; mais Cathy l'en empêche.

 

Morales de l'intention/conséquentialisme.

Actions mixtes: actions volontaires sous contraintes (ex: jeter la cargaison par dessus bord pour sauver l'équipage).

- Ce dont l'agent est cause et origine.

- Ce qui est conforme à la volonté de l'agent → Responsabilité.

 

La chose tend à réaliser son essence, à réaliser sa forme. L'action humaine est un de ces mouvements. En ce sens que l'action humaine est un mouvement (111b9).

L'action et le mouvement sont des tendances vers un but. On a le sentiment qu'il n'y a pas tant de différences entre l'olivier et l'être humain qui agit en fonction d'être un être humain complet, fini.

Ca veut dire que l'on tombe dans un déterminisme, tout ce que l'être humain a à faire → réaliser son essence.

Aristote ne soutiendrait pas une telle position. Il y a en effet l'analogie entre volontaire/involontaire.

Contrainte = involontaire.

Ignorance = non volontaire et involontaire.

La contrainte provoque un traumatisme chez l'agent. Nous n'aimons pas être forcés.

 

Dans l'éthique à Nicomaque (1224a31)

Contrainte → incompatible avec la joie.

 

Il existe 2 cas de figure qu'Aristote n'évoque pas : celui de la résistance passive et celui de l'adaptation des désirs.

Quand on adapte nos désirs, on fait en sorte que l'action que nous sommes en train de faire nous convienne.

Comment savoir si l'agent a été contraint si jamais au final il fait comme il l'aurait fait autrement ?

Seul moyen de savoir : demander à la personne.


Mais quel principe permet de distinguer le volontaire de l'involontaire ?

Il manque un concept dont Aristote ne parle pas → le concept d'intention. On ne peut pas essayer de signaler une intention.

Ex : Bob pousse Anne vers l'avant, Anne avance → mêmes résultats.

       Anne avance, Anne essaie d'avancer mais Cathy l'en empêche → intention d'avancer.

       Morale de l'intention → conséquencialisme.

Acte 2 et 3 → équivalents du point de vu moral.

Il faut préférer agir. On ne peut choisir que ce qui est possible.

 

Il y a une théorie de l'action qui définie l'action comme un processus complet. Elle ne se réduit ni à l'intention ni au résultat. Quand on hésite entre 2 concepts → Aristote dit que c'est ? → Ambigüité, car en fait le volontaire entend 2 choses : ce dont l'agent est cause et origine et donc ce dont il est responsable et peut encourir éloge et blâme → responsabilise les actions.

 

Est ce que le volontaire c'est dépendre de l'agent ?

→ Les actes.

→ Les dispositions.

 

4. Les actes :

 

Définition positive du volontairevolontaire = ce dont l'agent est principe (ou cause) et ce dont l'agent peut être tenu responsable.

Mais le critère de volontaire est surtout négatif.

 

Actes involontaires faits par contraintes ou dans l'ignorance. Mais cas particulier : métabolisme, actes du fou, faits sous le coup d'une colère incontrôlable.

Ethique a Eudème → Amour involontaire, colères et mouvements involontaires.

Pour déterminer ce qui est volontaire ou pas → ce qui relève des dispositions telles que vices et vertus / ce qui n'en relève pas et qui est hors des capacités de résistance de l'agent (comme la folie).

 

On doit trouver un critère positif du volontaire.

 

a. Texte 5 ligne 4 :

 

Actes : actions et affections.

Faire ou ne pas faire → critère du volontaire.

Le mouvement naturel des choses est pris comme modèle pour penser l'action.

→ Il existe des principes d'engendrement → donc des principes de mouvement.

Mais parmi ces principes, l'homme est aussi le principe de l'action (mouvement spécifique) → l'action ne relève que de l'homme (mais contradiction d'Aristote sur ce point...).

 

Homme : principe d'être et principe de mouvement contingents. Qui peuvent exister ou non.

Des événements peuvent être contingents. Parmi eux certains sont en notre pouvoir, leur occurrence dépend de nous.

 

Catégories des êtres :

- nécessaires : ce qui ne peut pas ne pas être.

- contingents : ce qui peut être ou ne pas être.

- Actions.

- Ce qui relève du hasard.

 

Si un effet est contingent, le principe (la cause) l'est aussi.

Ce qui fait que l'action arrive est contingent également. Les actions dépendent de l'homme lui-même.

 

Les effets nécessaires sont ceux qui ne peuvent être autrement que ce qu'ils sont.

S'il arrive qu'une cause nécessaire ne produise pas son effet nécessaire, c'est le fait d'un accident qui ne dépendait pas de la cause.

Mais une cause contingente peut faire advenir ou pas un événement, un mouvement.

 

Un être contingent suppose 2 choses :

- Qu'il n'était pas nécessaire.

- L'évènement opposé pouvait arriver.

→ Agir volontairement c'est décider de faire une chose au lieu d'une autre.

L'agent doit avoir à faire à une réelle alternative et doit concevoir clairement celle-ci (pour éviter l'ignorance) pour qu'il y ait acte volontaire. La décision doit pouvoir être suivie d'action.

Il y aura acte volontaire quand la décision ne sera pas suivie d'action (par accident) ou que l'alternative n'est pas réelle ou qu'elle n'est pas conçue clairement.

 

L10 : faire un acte possible à un être humain et faire une action qui va au-delà des forces humaines → réelle alternative ?

(→ Dénoncer ses compagnons ou voir ses enfants mourir ? → Action mixte, pas tout à fait volontaire car ce n'est pas une réelle alternative).

 

Acte volontaire : au moment précis de la décision, il existe pour l'agent deux « directions » opposées.

→ L'agent est le principe de l'action et il peut faire l'objet d'éloge ou de blâme.

Mais si l'une des possibilités est retirée, quelle est au dessus des capacités → on ne peut plus faire d'éloge ou de blâme. On peut juste plaindre ou constater la chance.

 

Si l'agent n'a pas pris connaissance de la loi et ne peut donc pas concevoir clairement les actions légales ou non : on n'est pas dans l'ignorance factuelle. On a porté préjudice à notre capacité de bien choisir → un acte commis dans l'ignorance est souvent volontaire (actes d'une personne soulés, actes de quelqu'un qui n'a pas pris connaissance de la loi...) → altération volontaire de la capacité à bien choisir.

 

5. Les dispositions :

 

Le caractère (ou dispositions) de l'agent.

Acte volontaire :

- Changements en vue d'une fin (→ quel objectifs).

- Conception du bien de l'agent (→ vision morale, vision du monde).

Ex : Harpagon de Molière dans l'Avare → il fiance sa fille avec un homme très âgé qui ne demande pas de dote. Cet acte témoigne de la vision du bien du personnage (l'accumulation de richesses), il témoigne d'un vice (l'avarice). Lorsque nous blâmons le personnage, nous lui reprochons son acte et sa disposition (son avarice).

Pb : l'avarice (= disposition durable) dépend d'Harpagon ? Il est difficile de se débarrasser de ses dispositions. Le vice et la vertu deviennent alors comme une seconde nature.

L'économie peut être une vertu. L'avarice est une vertu poussée au vice.

C'est l'excès qui fait le vice, plus que la nature même.

 

a. Ethique à Nicomaque, III,7 :

 

« La vertu et le vice sont volontaires ».

Aristote s'oppose à Socrate qui dit que « nul n'est méchant volontairement ».  Pour Socrate la vertu est volontaire et le vice involontaire → asymétrie entre vertu et vice. Aristote : la vertu ET le vice sont volontaires → symétrie.

Le vice est une habitude dont il est difficile de se défaire. Il se peut qu'une personne regrette d'avoir du vice → vice involontaire ?

D'après Aristote : de façon générale on ne peut pas être blâmé ou être loué pour des choses qui ne dépendent pas de nous. La vertu et le vice font l'objet d'éloge et de blâme :

    - La vertu et le vice sont liés aux activités que nous faisons en vue du bien → tout ce qui a rapport en vue du bien (mal) peut faire objet d'éloge ou blâme.

    - Sachant que l'homme est le principe de la vertu et du vice, si on nie que la vertu et le vice sont objet d'éloge et de blâme, on enlève à l'homme le fait d'être le principe de ces actions.

    - La pratique sociale : la loi, les punitions... → éloge et blâme dans la société.

    - Nous savons comment s'acquière la vertu et le vice. Lorsque nous les avons acquis, on peut faire l'objet d'éloge ou de blâme.

→ La vertu et le vice dépendent de nous et sont acquis volontairement parce qu'on a besoin « d'exercice » (agir justement pour devenir juste). Une disposition s'acquière en agissant comme le ferait une action qui a cette disposition.

Nos actes déterminent nos dispositions, et cela nous le savons d'après Aristote.

 

Analogie entre vice du corps et vice de l'âme → ce qui dépend de nous peut être reproché (on ne peut pas reprocher à quelqu’un d'être né moche, mais on peut lui reprocher de s'enlaidir).

Mais limites : la santé du corps ne dépend pas de nous comme la santé de l'âme. Nous ne contrôlons pas totalement ce qui arrive à notre corps.

 

Nos reproches/compliments peuvent s'adresser à 3 choses :

   - Les actes eux mêmes (neutralité de la description).

   - Les dispositions en elles même (actes passés).

   - Les actes résultants du caractère de l'agent.

→ Cercle vertueux de la vertu et vicieux du vice.

Ex : lorsque je fais du sport, je suis en forme, et il m'est encore plus facile de faire du sport.

Lorsque je ne prête pas d'argent aux nécessiteux, je deviens avare, et il m'est encore plus difficile de me défaire de cette avarice.

→ Mêmes les actes résultants du caractère de l'agent ne demandent pas d'effort et sont volontaires en vue de leur histoire passée.

Même pour des actes pour lesquels on ne peut pas parler de véritable alternative (avarice), la qualification de volontaire en tant que tel est problématique.

Aristote refuse de penser que le caractère moral est inné → On serait né vertueux ou vicieux donc l'éducation morale n'aurait aucun intérêt (les doctrines racistes considèrent que les caractéristiques morales révèlent de l'inné ; la noblesse considérait que les qualités se transmettaient par l'affiliation).

Problème de l'argument de la pratique sociale → témoigne d'une certaine confiance qu'Aristote a dans les institutions. Mais les institutions et les sociétés peuvent être différentes.

But premier : pouvoir continuer à attribuer la vertu et le vice à l'agent de telle sorte qu'il soit possible de lui adresser conseils, reproches, compliments...

 

b. Le problème de l'éducation :

 

Enfant, nous apprenons en quoi consiste vice et vertu et nous apprenons aussi que c'est en agissant de manière vertueuse que nous deviendrons vertueux (et inversement).

Qu'en est-il de celui qui n'a pas pu avoir accès à cette éducation ? Qui aura été victime de sévices ? Et qui aura acquis involontairement des vices à cause de ces négligences.

→ Le vice est toujours volontaire car Aristote a vraiment confiance dans les pratiques sociales. La vie se déroule assez bien pour que les enfants aient une bonne éducation → bon fonctionnement de la société.

Mais optimisme +++

Lorsque l'on sort tout juste de l'enfance, on est encore suffisamment malléable pour acquérir la vertu.

L'éducation morale se poursuit tout au long de la vie, au moyen des interactions dans la cité.

Possibilité la plus pessimiste : la personne qui n'a pas d'éducation est considérée comme folle. La personne n'a jamais eu le choix entre le vice et la vertu, et n'a donc jamais pu exercer sa qualité d'agent. La personne est privée du bonheur (car privée de vertu) et donc de son humanité. Lorsque cette personne agit mal, on ne doit pas susciter le blâme, mais la pitié. Cette personne est donc misérable.

 

 

II. 2ème partie : La Sagesse Pratique et le Choix Délibéré.

 

 

Concepts de :

- Phronésis : sagesse pratique, prudence, sagacité, discernement.

- Proairésis : choix, choix rationnel.

- Boulê : délibération.

 

1. La structure du choix :

 

Contrairement à l'acte volontaire qui peut avoir lieu sans délibération (sans raisonnement, sans réflexion, sans justification), le choix ne va jamais sans délibération (d'après Aristote).

Actes volontaires : choix délibéré et actes impulsifs (volontaires sans être délibérés).

Tout choix est déterminé par une délibération. Toute délibération pratique aboutit à un choix.

La délibération entraine le choix qui entraine l'action.

 

a. Texte 6 : activité préférable à la vertu :

 

Activité = action.

Vertu = disposition, tendance, qui ne s'exerce pas forcement.

→ Il est mieux de bien agir plutôt que d'être disposé à bien agir.

Le bien est une fin, qui s'atteint par l'activité → s'il n'y a pas activité, le bien ne sera pas accompli.

Qu'est ce qu'il vaut mieux louer ou blâmer ? → Il vaut mieux regarder le choix délibéré (l 1).

L 2 : actes sous la contrainte : il se contredit...

Acte vil : actes impulsifs (contrainte non pas extérieur mais intérieure) et actes mixtes (actes que nous ne voudrions pas faire, mais dont on est le principe → jeter la cargaison d'un navire en tempête ; dénoncer des compagnons lorsque notre famille est menacée de mort).

Intérêt de savoir ce qu'il convient de blâmer ou louer ? Cas du contexte juridique ; de l'éducation ; dans le cas d'une personne qui veut réaliser son bonheur (et donc savoir ce qui est bon et mauvais) :

- Nous ne connaissons pas toujours la qualité du choix, la délibération. On voit la personne agir, mais pas sa façon de délibérer. Nous n'avons accès qu'aux actions (contrairement aux romans). Nous sommes forcés de juger un homme selon ses actes.

- Nous jugeons du caractère d'un homme à son choix : pourquoi il le fait contrairement à l'acte : ce que je fais.

 

Pour être certain qu'un acte volontaire est un choix délibéré :

- L’agent (celui qui revendique le choix).

- L'acte effectué (moyen d'accomplir la fin poursuivie).

- La fin poursuivie.

→ Le choix c'est les 3 items à la fois.

Un choix délibéré c'est le choix de TELLE action, par TEL agent, en vue de TELLE fin.

Le choix a donc une structure moyenne-fin → structure téléologique (télos = fin). C'est une structure que l'on retrouve dans la nature d'après Aristote (les mouvements tendent vers une fin).

 

Exemple :

Choix délibéré : Aristote va au cours de Platon pour apprendre la philosophie.

Mais si on change Aristote par Toto qui ne sait pas lire : choix non délibéré.

Si on change le cours par la taverne : manque de volonté ou ignorance.

Si on change philosophie par cuisiner : la fin n'est pas la bonne.

→ Les 3 conditions (agent, acte et fin) doivent concorder. Sinon, ce sont des actes volontaires mais pas des choix délibérés.

Pourquoi aller au cours de Platon pour apprendre à cuisiner n'est pas un choix délibéré ? La fin n'est pas la bonne.

 

Le choix délibéré, c'est le choix qui vise le meilleur. Il ne peut pas y avoir de choix délibéré qui ne soit en vue d'un bien.

Mais la structure moyen/fin ne suffit pas à la définition du choix délibéré (prendre 50 boites d'aspirine pour se suicider n'est pas un choix délibéré). La fin doit être le souverain bien.

 

Problème : si le monde était composé de sages d'un coté, et de l'autre de brutes qui agissent sous le coup des impulsions, sans délibération, tout irait bien → actes volontaires d'un coté / impulsions de l'autre.

Mais en réalité nous mettons en place des moyens pour de mauvaises fins.

La fin du choix délibéré, c'est le souverain bien (c’est-à-dire le bonheur,  la fonction propre de l'être humain).

Mais certains choix ne mènent pas au souverain bien → pseudo-biens → imitation du choix délibéré.

 

b. Texte 7 : on ne délibère pas sur la fin à atteindre, mais sur le moyen :

 

Nous ne choisissons pas les fins, car elles dépendent de notre nature même (ex : le médecin ne se demande pas s'il doit guérir son patient, car c'est sa fonction propre).

→ Dès que l'on agit c'est que l'on veut réussir.

Le souverain bien est le seul bien qui se justifie toujours.

Le mal, au contraire, ne peut pas se justifier jusqu'au bout.

 

Limite de l'analogie entre médecine, art oratoire et choix délibéré en éthique ?

L'analogie revient très fréquemment, mais livre 6, A. souligne la différence entre la « praxis » (action en vue du bien, « fin au sens absolu » → activité pratique) et la « proïesis » (la production, en vue d'une « chose déterminée » → activité productrice, technique)

Ex : proïesis : artisanat, médecine, architecture, art oratoire, cuisine, l'art, l'écriture, éducation en tant qu'éducateur.

Praxis : la législation (faire de bonnes lois), les actions en vue du bien à l'échelle individuelle.

 

Point commun de la praxis de la proïesis : ils ont à faire au contingent (faire ou ne pas faire).

Ces 2 sphères poursuivent des biens, en suivant certaines règles (et délibération).

La praxis suit aussi des règles.

A : Délibérations conformes à l' « orthos logos » = droite règle = droite raison.

La droite règle définie ce qu'il convient de faire pour atteindre le bien.

 

c. Texte 8 :

 

La droite règle correspond à un intermédiaire, un moyen terme entre des excès et des défauts, définis ici en termes de plaisirs et de peines.

 

Livre 6 : vertus intellectuelles

La possession de la droite règle = la possession des vertus intellectuelles

Délibération en vue du bien = délibération selon la droite règle.

5 vertus intellectuelles :

   - L'art (la technè) : savoir comment produire une chose déterminée. Disposition à produire accompagnée de règles.

   - La science (épistémè) : disposition à démontrer.

   - La prudence (phronésis) : disposition à agir selon une règle.

   - La sagesse (sophia) : disposition à connaître les réalités les plus hautes.

   - La raison intuitive (nous) : disposition à connaître les principes premiers.

 

3 grandes types pour résumer :

→ Sagesse théorétique (sophia) = science + raison intuitive.

→ Sagesse pratique/prudence (phronésis).

→ L'art/compétence technique.

 

d. Texte 9 :

 

Pbq : question du moyen terme.

Moyen terme mis en relation avec la droite règle. Le moyen terme est conforme à la droite règle. Le fait d'agir ni par excès ni par défaut est le fait d'agir en fonction de la droite règle. Pourquoi ne pas dire que vertu = droite règle ? Pourquoi insister avec la médiété ? Parler de la « droite règle » n'est pas très clair. Il faut parler de médiété pour rendre moins confus ce concept. Il faut concilier l'exigence philosophique de conceptualisation et l'exigence du commun, qui est celle de savoir comment bien agir en se fondant sur la vie de tous les jours.

 

Le choix rationnel contemporain se définit aussi par une structure moyen/fin mais pour n'importe quelle fin.

Le choix rationnel Aristotélicien se définit par une structure moyen/fin mais la fin est le souverain bien.

Une fois que le choix est arrêté, l'action suit.

 

Obstacles au choix délibéré :

- Cognitif : nous ne savons pas toujours quoi faire pour bien agir et être heureux.

- Moraux : il nous est des fois impossible d'agir en vue du vice.

 

2. Les conditions cognitives du choix :

 

Livre 3 & 6 choix délibéré : Comprendre ce qu'est la délibération en s'aidant de la définition de l'homme prudent.

Prudence : personne qui a la capacité de prendre les bonnes décisions dans toutes les circonstances en vue d'une vie heureuse.

 

3 caractéristiques de la délibération :

- Porte sur les moyens (Ethique à N, III,5).

- Délibération pratique / délibération qui mène à la production.

- Rôle du désir du bien dans la délibération.

 

La délibération a pour but le bien, de façon directe ou non.

Est ce que la connaissance de ce bien suffit pour savoir quoi faire ? Est ce qu'il suffit d'avoir la fin pour déterminer les moyens ? Est ce que l'agent a une marge de manœuvre dans les moyens pour réaliser le bien ?

 

a. Les moyens mis en œuvre. Choix libre ?

 

Texte 10 :

 

Pbq : la caractérisation des moyens sur lesquels nous délibérons.

A défend la thèse selon laquelle la délibération a pour objet la découverte des moyens de réalisation de la fin.

Plusieurs cas :

- Un unique moyen de réaliser la fin.

- Plusieurs moyens.

- Aucun moyen de réaliser la fin.

L'ordre de la découverte des moyens est l'inverse de leur mise en œuvre.

Les moyens sont soit des instruments soit l'utilisation des instruments.

 

La simple connaissance de la fin suffit à déterminer l'action à faire ?

L 1 à 5 : A décrit la délibération. C'est un raisonnement, une réflexion une procède par étapes.

   - Étape 1 : poser la fin (= déterminer le bien, ce que l'on désir).

   - Etape 2 : 2 possibilités :

            + Plusieurs moyens → choisir le moyen le plus simple et le meilleur. Position volontariste.

La plus facile → efficacité ; la meilleure → continuité entre le moyen et la fin.

            + Un seul moyen → définition du choix différente de la définition du choix moderne !

Il est extrêmement rare de ne voir qu'une seule manière de réaliser une fin.

   - Etape 3 : la cause immédiate : immédiatement dans le pouvoir de l'agent & l'agent va donc modifier le cours du monde.

→ Une fois que la délibération est terminée, l'action peut commencer.

L'ordre de la délibération est régressif. Dernière étape de la délibération = première étape de l'action.

 

L5 à 9 : Analogie entre raisonnement mathématique et délibération.

Points communs : Tous les deux sont des recherches.

L'ordre de la recherche est l'inverse de l'ordre de la mise en œuvre. Idem pour la délibération et l'action.

Limites de l'analogie : Limite faux/vrai plus clair en mathématiques qu'en morale (→ mais la science à l'Antiquité n'est pas la même qu'aujourd'hui ; objets nécessaires et éternels uniquement, à l'Antiquité)

La délibération morale n'est pas une démonstration.

Dans l'action, nous nous trouvons dans le monde du contingent.

 

L 9 à 11 : Cas de l'impossibilité de l'action (car absence de moyen).

On renonce alors au moyens (car on ne peut pas y accéder) et à la fin, donc au bien.

Analogie avec le besoin d'argent : analogie pas à la hauteur de la fin espérée. L'agent qui délibère semble renoncer un peu vite.

 

L12 à 14 : Définition du possible = ce qui est à la porté de l'agent principe, qui est le principe de ses actes.

Réalisation de nos amis = nos réalisations. Mais attention, les barrières de l'individualité ne sont pas les mêmes que de nos jours.

Amitié = fusion des individualités ?

Amitié fondée sur la vertu (différent des amitiés intéressées) ; l'ami est celui qui désire les mêmes fins que nous.

 

L15 à 17 : 2 types d'actions :

- Acquisition d'un instrument (emprunter un livre...).

- Utilisation de l'instrument (lire le livre...).

 

→ Mise en évidence d'une tension entre l'idée que le bien détermine totalement la délibération et l'idée qu'il y a toujours quelque chose de contingent (c'est là que se situe la liberté, la marge de manœuvre de l'agent.), de fluctuent dans la réalisation du bien.

 

b. La délibération pratique et la délibération productive :

 

Texte 11 :

 

Définition de la prudence :

- l1 et 2 : capacité de délibéré sur ce qui est bon

- 2eme paragraphe : disposition... ?

 

Distinction prudence/science et prudence/art.

2 méthodes de définition de la prudence :

   - En partant de l'opinion admise.

   - Distinction du concept de prudence d'autres concepts.

Le propre d'un homme prudent :

   - Est capable de délibérer correctement. Il peut toujours bien délibérer. Il possède la vertu de prudence.

Délibérer correctement = besoin d'une bonne connaissance des affaires humaines (acquis par l'expérience) et du monde pour envisager toutes les possibilités ; délibérer en vue du bien. Mais absence de règles définies pour la réalisation du bien, de recette de l'action humaine.

   - Délibère sur ce qui est bon et avantageux pour lui même. Vision égoïste ?

Ce qui est bon pour nous = ce qui est bon pour les autres.

   - Capable d'avoir une vision d'ensemble sur ce qu'est la vie heureuse → vue globale que n'ont pas les autres.

La prudence n'est ni une science, ni un art.

La prudence relève du genre de l'action, et l'art du genre de la production.

 

Ethique à N : différence entre les fins : activité (dépendance à l'agent) et production (indépendance).

 

Objection : Activité qui relève d'avantage de la production : (cas où l'agent produit mais le produit n'est pas indépendant de l'agent lui même. La fin n'a pas d'existence indépendante de l'agent) Cas de l'art de la danse : production de la danse par le danseur, mais la danse n'existe pas indépendamment du corps du danseur.

Prudence = disposition + règle vraie (action en vue du bien et conformément à la vertu).

 

L'homme prudent est capable d'agir (→ capacité de bien délibérer, d'avoir de la tempérance, des vertus morales, et besoin de moyens matériels, tels que de l'argent ou de la reconnaissance).

 

L13 :

- Illustration de la def : Périclès.

- Les hommes prudents s'entendent à l'administration de la maison ou de la cité. Assimilation du père de famille au gouvernant.

- Etymologie (douteuse) = vertu morale de tempérance (=modération)  / vertu de prudence.

NB : vertu = médiété (d'après A, une personne qui aurait un défaut d'appétit, n'aurait rien d'humain → privation de nourriture et abstinence sexuelle).

Lien entre prudence et tempérance → la modération aide à la bonne délibération.


Dernier paragraphe : Différence entre action et production :

On peut parler excellence dans l'art, et non dans la prudence.

Dans l'art, il vaut mieux se tromper volontairement, et dans la prudence il vaut mieux se tromper involontairement.

Se tromper volontairement : maîtrise de la technique, témoigne de la possession des règles. Dans la production, c'est la possession des règles qui est primordial.

Se tromper involontairement : cas dans la prudence pour ne pas avoir de déficit dans la vertu.

On n’évalue pas de la même manière la production et l'action.

 

Le politique ne pourrait pas être compris comme celui qui possède l'art de bien administrer les cités ? La prudence dans le domaine politique ne serait pas un art ? Les gouvernements ne seraient-ils pas des professionnels ?

→ A ne défend pas cette position.

Donc si l'homme prudent n'est pas un pro de la vie politique, c'est que l'administration de la cité c'est l'administration de sa propre vie. Délibérer pour se rendre heureux soit même, c'est quelque chose qu'ont tous les hommes. Donc tous les hommes peuvent administrer la cité.

Savoir comment parvenir à la vie heureuse pour soi, c'est aussi savoir comment parvenir à la vie heureuse pour tous les autres êtres humains.



04/08/2012
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