Cours de psychologie

Histoire de la philosophie (L1 - S1)

Histoire de la Philosophie

 

 

Descartes, Discours de la méthode, Vème partie, GF, Flammarion, 2000.

Descartes, Méditations métaphysiques, VIème méditation, GF, Flammarion.

Descartes, Correspondance à Elisabeth et autres lettres, pages 65 à 78, GF, Flammarion, 1993.

Descartes, Les passions de l’âme, première partie, livre de poche, LGF, 1990.

La Mettrie, L’homme machine, Folio essais, Flammarion ou La Mettrie, Œuvres philosophiques, Coda.

Berkeley, Principes de la connaissance humaine, GF, Flammarion, 1993.

 

Examen : explication de texte :

                - Introduction :

                               + Comprendre la thèse (idées directrices).

                               + Comprendre comment l’auteur arrive à cette thèse.

                               + Comprendre le problème que l’auteur essaye de traiter.

                - Développement :

                               + Explication linéaire partie par partie.

                               + Plus en détails – confrontation avec d’autres auteurs.

                - Conclusion :

                               + Limite, faiblesse, résumé.

 

F. de Wall : « La politique chez les grands primates ».

P. Picq : conférences en ligne.

D. Lestel : « Les origines animales de la culture ».

 

 

I. Introduction.

 

 

Problématique : De quoi est constitué l’homme ?

 

Nous étudierons 3 philosophes du 17è et du 18è siècle ayant une vision très différente de l’homme.

 

 

Descartes :

 

Tradition dualiste de l’époque.

Dualisme : dans Alcibiade de Platon, son corps n’est pas lui mais à lui. Le « moi » est l’âme immatérielle.

Le dualisme a été repris avec les croyances : la mort est juste une séparation du corps et de l’âme. Il a été élevé chez les jésuites, donc pas athée. D’après lui, le corps est uni à une substance pensante qui est l’âme. Cette union est très étroite. Il est dans la métaphysique. Comment expliquer l’émergence de la pensée ? Il considère qu’il y a une part divine dans l’homme. L’homme est différent des animaux car les animaux n’ont pas d’âme, d’après lui.

De nombreuses objections à sa théorie :

    - Pour les matérialistes, il ne peut pas y avoir de vérification expérimentale car la science expérimentale ne peut pas travailler sur autre chose que de la matière.

    - Pour la princesse Elisabeth, comment une substance immatérielle peut mouvoir un corps matériel ? Puisque le corps « ne pense pas » et ne faut qu’exécuter les ordres de l’âme, comment le corps peut agir s’il ne comprend pas les instructions ?

Les passions de l’âme (1649) est sa dernière œuvre.

 

La Mettrie :

 

Médecin du 18è siècle.

On peut se dispenser de cette âme immatérielle → il est moniste = matérialiste.

L’âme est une émanation de la matière du corps (cerveau, muscles, nerfs…). La matière est organisée de façon très précise, ce qui permet de passer facilement de la sensation à la pensée → fonctions du cerveau.

 

Berkeley :

 

Evêque irlandais.

Immatérialisme : est-on sûr que la matière existe vraiment ?

Il n’existe que des esprits et des idées = la matière n’existe pas.

« Exister c’est être perçu ».

 

En résumé :

 

Descartes : on pense, on doute, donc on existe.

La Mettrie : homme machine, homme au-dessus de tout, on a des facultés, ce qui nous différencie.

Berkeley : du moment que l’on est perçu c’est qu’on existe.

 

 

II. La conception mécaniste du corps et de la vie, chez Descartes.

 

 

1. Méditations métaphysiques :

 

a. VIème Méditation :

 

 

L1 « clairement et distinctement ».

Dans ses premières méditations, Descartes remet en doute toutes les choses qui lui paraissent vraies.

Idée : représentation d’une chose de l’esprit.

Idée claire et distincte : idée vraie.

D’après lui, il doute, il ne peut pas douter qu’il doute, il pense, il est capable d’avoir une activité pensante → il est quelque chose, une substance pensante.

Idée claire : on en connaît les mécanismes.

Idée distincte : isoler et ne pas mélanger deux choses différentes.

Il se fait deux idées claires et distinctes, l’une du corps, l’autre de l’âme donc le corps et distinct de l’âme.

 

Paragraphe 2 « Et partant […] n’est que de penser ».

Séparation radicale entre le corps et l’esprit.

Il a la certitude d’exister en tant que chose qui pense, mais l’activité de penser reste assez vaste (sensations…).

 

L11 « j’ai un corps ».

Différent de je suis un corps → EMI séparation de l’âme immatérielle et du corps matériel.

« Très étroitement conjoint ».

Radicale séparation mais tout de même liaison étroite.

Dualisme mais lien étroit entre l’âme qui pense et le corps.

 

L12 « non étendue ».

Immatériel = non mesurable contrairement à la matière qui est étendue et quantifiable.

 

L14 « ne pense point ».

Le corps n’a pas de raisonnement, mais il a tout de même une activité.

D’après Aristote (Ethique à Nicomaque, livre 1, chapitre 6), existence d’une âme qui anime le corps, sorte de « souffle de vie » :

                - Ame végétative = végétaux.

                - Ame sensible + végétative = animaux.

                - « Logos » + sensible + végétative = hommes.

D’après Descartes, union corps et âme mais ce n’est pas l’âme qui donne vie au corps. La vie vient du corps lui-même (principe de vie présent à l’intérieur de lui).

 

L15-16.

Ame immatérielle liée au corps mais distinction. L’âme peut exister sans corps, car l’âme est une substance, elle existe par elle-même indépendamment du corps.

 

Visée épistémologique : pour la science, séparation du corps et de l’âme, donc étude possible du corps.

Etude de l’âme → métaphysique ; Etude du corps → physique.

Permet l’étude du corps humain de façon physique et mathématique (tout ce qui est dans la nature est soumis aux mêmes lois, est organisé).

 

b. IIème Méditation :

 

Certitude d’être.

Principe de vie dans le corps. Les sensations font elles aussi partie du corps.

Penser : domaine de l’âme, indépendant du corps.

Ame = moi, différent du corps qui est à moi.

Je suis une chose qui pense → un esprit.

 

Descartes dit que l’esprit est capable de sentir. Contradiction avec Principes de la philosophie ?

→ Toutes les sensations conscientes passent par l’esprit.

 

2. L’Homme :

 

Etude d’extraits de L’Homme :

                - Conception mécaniste du corps : analogies (pas de démonstration).

                - Etude du corps avec des notions de physique, de ressorts, de cordes, de forces…

                - Compte rendu du principe de vie grâce à la physique chimie → principe de vie DANS le corps.

 

a. Extrait 1 :

 

 

Texte à l’origine prévu pour être le dernier du « Traité du monde ».

 

L2-3.

Toujours séparation mais corps et âme liés.

 

L4 « machine de terre ».

Conception mécaniste du corps humain, son étude se fait comme pour une « horloge ».

 

L11 « la force ».

Corps qui bouge par lui-même → mécanisme qui peut se mouvoir par lui-même.

 

Si l’homme est une machine = existence d’un créateur.

L’homme est créé par Dieu, donc complexité +++.

 

b. Extrait 2 :

 

 

Développement technique de l’époque.

 

L1 « fontaines », de Salomon de Caus (Les raisons des forces mouvantes), animation à partir de fontaines où l’eau était la force de mouvement.

 

L7 « esprits animaux ».

Petites particules matérielles véhiculées dans le sang.

Animaux = qui anime (vision de Galien).

 

Insistance sur le mouvement.

Pas de force intérieure qui meut la fontaine → le corps se meut par lui-même.

Importance de l’architecture du corps (rouages, structure fixe).

 

L10 « objets extérieurs ».

Corps qui réagit aux stimuli extérieurs.

 

L19 « l’âme raisonnable ».

Distinction d’avec la tradition.

Pour Platon et Aristote : âme végétative et âme sensible.

Pour Descartes : pas d’âme végétative et d’âme sensible car elles reprennent les fonctions du corps.

 

L20 « son siège principal dans le cerveau ».

Le cerveau est le lien d’union entre l’âme et le corps.

 

c. Extrait 3 :

 

 

Toujours des images mécaniques pour rendre compte du fonctionnement du corps.

 

Fin du texte : importance de la structure et non de la forme extérieure.

 

d. Extrait 4 :

 

 

Cerveau gonflé = cerveau irrigué.

+ Cerveau affaissé : analogie aux voiles d’un bateau.

 

L8 « l’homme qui veille » → Etat de conscience éveillé.

Différent de « l’homme qui dort » L11 → Irrigation, relâchement des nerfs.

Durant le sommeil, on a une amplification des sensations car cet état de veille comme une machine (pas de contrôle de l’âme).

 

Différence majeure avec le vitalisme : pour Descartes, le corps a le principe de vie (dans le cœur).

 

3. Etude du Discours de la méthode :

 

a. Vème partie :

 

L144-145 « je n’avais pas encore assez de connaissance ».

Il fait une supposition, propose une théorie → bouclier intellectuel ?

Pourquoi faire des théories puisqu’il veut être certain de tout ?

                - Distinction dans le degré d’incertitude.

                - Préoccupé par les questions pratiques (agriculture…).

                - Toujours essayer d’approfondir les connaissances sur le corps → enjeux médicaux.

 

L156 « cœur ».

Organique.

Principe de vie à l’intérieur du cœur : nouvelle notion à l’époque.

Hawey 1628 : démonstration de la grande circulation.

Michel Lewet : démonstration de la petite circulation.

Pulsations = fermentation (foin et vin L158-160).

Sang chauffé par fermentation → dilatation du cœur → expulsion.

 

Approche scientifique même si fausse.

Volonté de connaître par les connaissances et l’expérience.

Descartes fait l’effort de comprendre le corps humain de façon mécaniste en excluant Dieu et les forces occultes → révolution biologique.

La science essaie de justifier ce qu’elle avance grâce à l’expérience + analyse + théorie. Mais Descartes est limité niveau techniques expérimentales même si à cette époque on a l’invention du microscope (progrès +++ en astronomie et en biologie).

 

L166.

La vie ne nécessite pas d’âme raisonnable → cas des animaux.

Relation homme/animal : 19ème siècle : Darwin.

Différence de l’époque créationniste de Descartes.

 

L167 « les animaux nous ressemblent ».

Différence de nature entre l’homme et l’animal : corps semblables mais l’âme n’appartient qu’à l’homme. D’après Descartes, les animaux ne pensent pas du tout.

Montaigne (avant Descartes) considérait qu’il y avait plus de différences d’homme à homme que de bête à homme → différence de degré.

Malbranche (disciple de Descartes) : les animaux ne sont que des objets mécaniques ultra sophistiqués car ils réagissent au monde extérieur.

 

L185.

Descartes pense que le cœur n’a que deux cavités, l’oreillette n’étant qu’un élargissement de la veine ou de l’artère.

Il remarque que les artères sont plus dures et les veines plus molles → compréhension des différents sens de la circulation.

Le passage de l’artère à la veine reste, à l’époque, uniquement une hypothèse.

 

b. IVème partie :

 

Synthèse des méditations métaphysiques.

En matière de morale, même s’il y a beaucoup d’incertitudes, il faut reconnaître certaines choses comme indubitables.

Morale différent de connaissance d’après Descartes.

S’il y a le moindre doute, on considère comme faux.

 

Doute hyperbolique (on révoque tout en doute).

Les sens peuvent nous tromper.

La raison peut nous tromper (se tromper dans un raisonnement mathématique).

Où trouver la différence entre rêve et réalité ? → doute cartésien.

 

1ère certitude : doute donc pensée donc existence.

« Je pense donc je suis ».

Je suis, j’existe, en tant que chose qui pense.

 

4. Principes de la philosophie, Ière partie :

 

La substance peut être :

                - Corporelle, matérielle.

                - Immatérielle.

La substance existe par elle-même.

 

Ame : « anima » → substance.

Esprit : « spiritus » → ensemble de processus cognitifs qui n’implique pas forcément une substance (sauf chez Descartes).

 

Contradiction avec Méditations métaphysiques ?

 

5. Descartes et Arnauld :

 

 

Antoine Arnauld est une grande figure du Jansénisme.

A la fois séparation du corps et de l’esprit, et à la fois union substantielle du corps et de l’esprit. Cela peut paraître contradictoire au premier abord. C’est tout le problème de ce texte.

Arnauld pense que Descartes n’accorde pas assez d’importance à l’union substantielle.

 

Logique interne :

                - Prendre un exemple qui permet d’arriver au problème.

                - Parer une objection (sur les enfants et les fous) : la matière peut empêcher la pensée mais ça ne prouve pas que la pensée émane de la matière.

 

Explication : 

     - Quelqu’un pourrait affirmer que le bras est une substance distincte du corps. Le bras est séparable en pensée et dans les faits du reste du corps mais il est attaché au corps. On ne peut pas dire que l’homme ne comporte pas de bras. Le bras fait partie de l’essence de l’homme entier. Ce n’est pas parce qu’on considère que le bras fait partie de l’essence de l’homme entier que l’on ne peut pas l’imaginer comme une substance indépendante.

     - Arnauld reproche à Descartes d’avoir trop prouvé en disant que l’esprit peut être sans le corps → être allé au-delà de ce qu’il pouvait affirmer. Qu’est-ce qui permet à Descartes de penser qu’il a prouvé la séparation de l’esprit et du corps ? Le corps contient le principe de vie (ex : animaux).

           + Fameux cogito, le philosophe peut douter de son corps, mais pas de son esprit. Malin Génie qui me trompe → si je suis trompée, je ne suis pas rien. Je doute donc je suis, mais pour autant je doute toujours de mon corps.

           + Idée claire et distincte.

     - Arnauld reproche aussi à Descartes d’avoir trop peu parlé de l’union substantielle du corps et de l’esprit. L’homme est une substance qui en unit deux. Descartes a une philosophie interactionniste. Ici Descartes parle davantage de la séparation que de l’union. Envisager la séparation demande plus de réflexion, un regard critique, un questionnement, un problème de vue métaphysique.

     - L’esprit est complet même lorsqu’on le sépare du corps, chose complète.

     - Exemple puis en réponse à Arnauld : l’enfant et le fou, exemple pour dire que la pensée émane des organes, c’est-à-dire de la matière. Descartes réfute ça. L’enfant n’est pas un être qui ne pense pas, mais un être dont la pensée est assoupie, mais existante. Le fou lui n’a pas « perdu la raison », son esprit est troublé.

     - Descartes combat la thèse matérialiste. Passage « faible » : non l’esprit n’est pas créé par la matière, mais en revanche la matière peut empêcher l’esprit de penser.

     - Union substantielle → étroite liaison (glissement d’expression). L’expérience du vécu est un obstacle à la connaissance.

 

6. Une objection aux Méditations métaphysiques : Antoine Arnauld :

 

Objection sur Dieu.

Objection sur la nature de l’esprit.

 

René Descartes :

    - Séparation corps/esprit. On peut douter existence corps → pas de corps, certitude existence corps.

    - 6ème méditation : on a un corps qui ne nous défini par, différent de l’âme, car idée claire et distincte du corps sans l’âme.

    - Ame = chose complète.

    - La matière ne produit pas la pensée mais peut l’empêcher.

Antoine Arnauld :

    - Pas parce qu’on doute de l’existence qu’on n’a pas de corps.

    - Connaissance de soi qui ne dépend pas du fait d’existence mais être une chose qui ne pense ne veut pas dire qu’on est que ça → quelque chose d’autre qui me défini.

    - Si savoir que deux choses sont distinctes : idées claires et distinctes ne suffisent pas → besoin d’idées « pleines et entières » (ex : idée moteur voiture / idée voitures : idées claires et distinctes mais idées non complètes). Idée de clarté et de distinction de Descartes = abstraction intellectuelle.

→ Arnauld reproche à Descartes d’être plus dans l’abstraction que dans la réalité objective.

    - Ame : pas mesurable donc incomplète → Descartes ne donne que la légèreté (chose qui pense) de l’âme : besoin d’un corps pour former une complétude = vision matérialiste.

    - Corps pas fini = pensée pas finie d’après Arnauld, donc l’âme a besoin du corps pour exister et se développer.

 

Pourquoi résister à la vision matérialiste ?

Fort contexte religieux à l’époque de Descartes.

Résistance philosophique → si juste matériel : homme = animaux.

Raisons métaphysiques : visée épistémologique pour étudier le corps séparément de l’âme → travail sur le corps et travail sur l’objet simple.

Descartes attaché à l’idée de « domaine » : domaine du corps/domaine de l’âme qu’il faut étudier l’un sans l’autre d’où la séparation → notion primitive différente.

 

Ame : forte connotation religieuse, substance par elle-même, immortelle.

Différent de l’esprit : synonyme âme parfois ou alors ensemble de fonctions opérables par la matière.

 

7. Correspondance à Elisabeth :

 

Ca le force à parler de l’éthique, il lui donne des leçons de stoïcisme.

 

16 mai 1643 (E → D) : comment l’âme peut définir les esprits animaux pour faire des actions volontaires, n’étant qu’une substance pensante ?

Réponse donnée par Descartes, 21 mai 1643 : distinction âme, corps, mais interaction. Action de l’âme sur le corps et du corps sur l’âme. Notions primitives en nous : l’être, le nombre, la durée, le corps, l’âme seule → pensée et volonté. Pour l’âme et le corps ensemble → union. Hommes : distinction des choses, notion de « domaines » → selon Descartes, la princesse a donc mélangé les 3 domaines (notions primitives).

 

Lettre 1 : mutation matérielle qui a pour origine l’âme immatérielle ?

Question posée aussi Lucrèce, De la nature des choses (1er siècle av JC).

Réponse de Descartes : 3 notions à distinguer = âme, corps, union des deux. Il ne faut pas mélanger les notions.

 

20 juin 1643 (E → D) : elle pense que Descartes n’a pas bien démontré ses propos. Elle dit à Descartes qu’il serait plus simple de penser l’âme comme quelque chose de matériel (→ ce qui va à l’encontre de la doctrine de l’époque, religieux +++).

Réponse de Descartes : interactionniste : âme dirige le corps → besoin d’ordre → information, donc besoin émetteur/récepteur qui aient un même « code ». Comment l’âme peut communiquer avec un corps stupide ? Dans le sens corps → âme. Comment l’âme immatérielle peut-elle être atteinte par le corps ? Puisque l’âme peut être séparée du corps, en quoi le corps peut atteindre l’âme ?

 

28 juin 1643 (D → E) : Descartes a compris la tentation matérialiste d’Elisabeth. Concevoir l’âme comme matérielle quand on pense l’union est « normale » même si l’âme peut être séparée du corps après la mort. Mélange pendant la vie et dissociation après, l’âme retrouve son intégrité. 

Ame : connue par l’entendement seul, pas imagination.

Corps : connu par l’entendement et l’imagination (se former une image de la tête).

Un corps et l’âme : dépasse l’entendement et l’imagination, connu pas les sens → un « inconcevable », juste senti, perçu par les sens.

L’homme de sens commun ne connaît pas le pendant de l’union puisqu’il le sent et ne l’explique pas → alors quand le philosophe cherche à l’expliquer et la comprendre, d’où la difficulté.

Descartes dit que la métaphysique ne doit nous occuper que quelques heures par an. Mais recherches +++.

Descartes dit à Elisabeth de concevoir l’âme comme étendue. Mais même extension que le corps ? Corps temps au présent et en un lieu alors que l’esprit n’a pas ce même conditionnement → on peut penser au passé, au futur.

Corps : machine strictement déterminée.

Esprit : (Descartes et le libre arbitre, choix) volonté, liberté, pas strictement déterminé. L’esprit peut penser à ce qu’il veut → capacité de se déterminer par soi-même = liberté +++.

 

Lettres en 1643 jusqu’en 1649 :

Il écrit Le traité des passions de l’âme, partie I → Descartes revient sur la question de l’union corps/âme. Il essaie de manière physiologique de persuader qu’on peut montrer par le corps l’union avec l’âme.

Dans le corps : organe siège de l’âme ?

                - Organe unique : car âme unique.

                - Organe centré, souple, mobile, qui donne des indications.

                → Cerveau ? Mais deux hémisphères :

                               + Hypophyse : « glande H » pour Descartes.

                               + Glande pinéale : épiphyse.

Glande pinéale : siège de l’âme pour Descartes → elle envoie les esprits animaux.

Mais aucune démonstration.

 

Transition : Descartes reste dualiste jusqu’au bout.

La Mettrie matérialiste.

Dans Le traité de l’âme, La Mettrie écrit « Descartes, génie pour se frayer de nouvelles routes, s’égarer ». La Mettrie pense que Descartes a voulu berner les théologiens en posant les bases du matérialisme.

 

 

III. Julien Offray de La Mettrie.

 

 

Matérialisme : tradition souterraine.

Démocrite → Epicure (Lettre à Hérodote) → Lucrèce (→ matérialistes).

 

Descartes, 17ème siècle → matière = étendue, géométrique.

La Mettrie, 18ème siècle → dans la nature on voit des corps matériels : matière avec force, dynamisme, force, force de cohésion. FORME + FORCE (cohésion).

 

Médecin formé chez Boerhaave : iatromécanicien (iatro = médecin, étude de l’homme comme un mécanisme).

Médecin dans l’héritage de Descartes : vision mécaniste du vivant.

 

Développement de la vision « mathématique » de la médecine.

Existence uniquement de la matière.

 

L’Homme machine (1748) : référence à l’animal de Descartes, mais aussi sacrilège envers la vision cartésienne, rapprochement homme – animal. Conception encombrante de l’âme immatérielle ?

  

Il reconnaît à Descartes du génie, car Descartes a étudié le corps comme de la matière de façon approfondie.

Il utilise le raisonnement cartésien.

Il reproche à Descartes :

                - Matière étendue mais aussi dynamique (→ force de cohésion).

                - Matière pas juste inerte, mais aussi vivante → besoin d’une organisation.

 

Comment faire pour qu’une matière soit vivante ? Mouvement de positivisme → on étudie ce que l’on a, sans pour autant chercher les causes premières.

La Mettrie : l’être humain n’est pas apte à tout connaître, les causes que l’on ne peut pas connaître par l’expérience → refus de la spéculation.

L’expérience n’explique pas « pourquoi ça vit » → connaissance limitée mais fiable.

→ Problème : question de la pensée et de l’âme éventuelle.

 

1. L’homme machine :

 

Pas de liberté ? Pas d’âme ?

Une des démarches préalables au matérialisme : ramener l’homme à la nature comme tous les autres êtres naturels. Un animal parmi les autres.

Spinoza « L’homme n’est pas un empire dans un empire », dans l’Ethique → l’homme n’a pas de règle spécifique pour lui.

La Mettrie : rapprochement homme et animaux surtout pour études. Vision moderne : les animaux pensent.

 

Page 189 : âme = mot vide qui ne renvoie pas à une réalité. Mais on peut s’en servir pour utiliser ce qui pense en nous → maintient dangereux de ce mot : matérialisation du dualisme.

Maintien de l’idée d’une partie en nous qui pense, différent de l’existence unique de processus.

Existence d’un principe de mutation → explique tout, même la pensée.

Foi inébranlable en l’expérience.

 

Ex : le corps bouge sans pensée. L’âme n’anime pas le corps, contre les vitalistes. Principe de mutation de l’existence même dans un organisme, et même dans les plus petites parties.

Importance de l’expérience et de la théorie qui va avec : attachement à certains aspects et interprétations différentes → principe de mutation partout dans le corps, même après la mort.

 

Page 195 : si la pensée ne vient pas toute entière du cerveau, pourquoi « mon sang s’échauffe » → pourquoi excitation à la compréhension ?

Plaisir physique : donc corps et cerveau ne font qu’un → analyse de l’enthousiasme.

 

Page 200 : exemple du joueur de violon, mais objection → neurobiologie → développement de certaines parties du cerveau pour accroître les capacités à jouer du violon.

Problème de l’époque : on ne peut pas étudier le cerveau « en action ».

 

Page 203 : mutation + principe moteur + diversité des organisations.

Homme = animal parfait → vision du 18ème siècle. Homme naturel mais quand même au dessus de tout.

Vaucanson : fabricant d’automates, réalisation d’action humaine (fluteur…) → actions réalisées sans âmes, uniquement mécanique, créer le trouble entre l’artificiel, le naturel et l’humain. Va dans le sens du matérialisme.

De nos jours : existence d’intelligence artificielle.

Philosophe du 20ème siècle : John Searle → exemple de la « chambre chinoise ».

 

La Mettrie : homme = machine ?

Machine : rouage défectueux : machine qui bloque.

Homme : capacité d’autoréparation, souplesse des équilibres (ex : plasticité du cerveau) + capacité de reproduction (différent des machines).

 

Kant : dans la Critique de la faculté de juger :

Machine : uniquement force motrice.

Vivant : force formatrice (se réparer et se reproduire).

 

La Mettrie :

Homme : animaux et machines, perpendiculairement rampantes. Homme debout, machine au sol.

Aristote : étude de la biologie du développement, de la fécondation à la naissance. 1er stade de développement = fœtus humai semblable +++ à ceux des autres espèces les premiers temps.

Règne naturel de l’homme jusqu’à la plante.

La vie vient de l’organisme, la sensation aussi.

 

Page 202 : corps avec « souffle de vie » → terme de la philosophie vitaliste à laquelle il s’oppose = corps vivant.

Si on accorde la faculté de sentir à un corps, alors → faculté de pensée.

Philosophie empiriste : besoin d’expérience (Locke, Bacon). Même si La Mettrie est classé parmi les matérialistes.

Démonstration de la pensée par d’autres philosophes : penser = faculté de sentir.

Cf. : début de L’essai sur l’entendement humain, de J. Locke, théorie des idées, et Le traité de la nature humaine I, de D. Hume, théorie des idées.

L’esprit est une page blanche, pas d’idées innées. L’enfant fait l’expérience du monde.

Existence de facultés naturelles (sensation, perception, mémoire, capacité de comparer, de faire abstraction, de faire des liens…). Ces facultés permettent la formation de connaissances par l’expérience.

Idée : prolongement de la sensation.

 

A notre époque : Francis Wolf, Notre humanité, conception de l’homme neuronal.

 

 

IV. George Berkeley.

 

 

Début du 18ème siècle.

 

Descartes : dualiste ; La Mettrie : matérialiste ; Berkeley : moniste immatérialiste 

Principes de la connaissance humaine.

 

Immatérialiste : la matière n’a pas d’existence.

 

1ère partie : idée = impression des sens = perception.

Définition des idées de façons très empiriste.

 

 

Objet : collection d’idées.

→ On ne parle plus de réalité, d’objet, mais de collection d’idées auxquelles on met un nom.

 

Thèse habituelle objet matériel qui existe par lui-même en dehors de notre esprit.

Locke : idée = impression sensible.

 

Pour qu’il y ait des collections d’idées, il faut qu’existe un esprit pour les penser.

Platoniciens : les idées existent par elles-mêmes, sont immuables, notre esprit saisi ces idées.

Différent de Berkeley : les idées n’existent pas seules, il faut un esprit pour les forger. L’esprit est actif, produit des idées passives → esprit nécessaire à l’existence des collections d’idées. Esprit // idée radicalement séparés.

 

Existence d’idées → existence d’une âme, d’un moi.

Esprit actif distinct des idées passives.

« Consiste à être perçu » → exister = être perçu.

Ce que l’on n’a jamais perçu, par personne, n’existe pas.

Existence : est perçu, a été perçu, par moi, par quelqu’un.

Jamais perçu par personne : pas d’idée de cette « chose » → pas d’existence.

Bureau perçu → collection d’idées.

 

Existence absolue des choses non-pensantes : nié → absolu différent de relative = dénué de bien, existence par soi-même → les choses non pensantes : choses sensibles différentes des esprits.

Etre c’est d’être perçu.

 

Objets matériels sensibles : on accède qu’à la manière dont la chose s’exprime à nous → représentation mentale issu des sens d’une chose. Mais existence hors de notre esprit ? Idéalisme : on n’accède pas aux choses en elle-même, mais qu’aux idées qu’on a.

 

Problème d’usage du langage : besoin de remplacer « chose » par « idée ».

Nous sommes vêtus et nourris de choses perçues par nos sens.

 

Vérité : adéquation entre la chose et l’esprit → définition classique.

Comment être sûr qu’on est dans le vrai ? Scepticisme : attitude dangereuse d’après Berkeley → réponse de Berkeley : chose = idée, donc pas de place pour le doute.

Il n’y a plus de chose donc pas de doute.

 

On ne sépare plus la chose de sa représentation.

On peut séparer des idées d’autres idées.

 

La philosophie se tient jusqu’à ce problème → idée qui existe en moi, intelligence créée.

 

Titre complet : combat contre le scepticisme, l’athéisme et l’inégalité.

 

Livre pour « inspirer un pieu sentiment de la présence de Dieu ».

A cette idée, philosophie liée à la religion.

 

Qui crée les esprits ?

Qui met les idées dans l’esprit ?

Qui perçoit les choses quand on n’est pas là ?

Intelligence éternelle → Dieu garanti la continuité de l’existence.

Idée que l’on a : discours de Dieu continuel à nos esprits → visée apologétique de Berkeley, mais pose les bases d’un idéalisme radical.



12/07/2012
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