Cours de psychologie

Démarche clinique

Démarche Clinique (M. Vives)

 

 

Un symptôme est quelque chose qui nous empoisonne et qui revient toujours à la même place. C'est quelque chose qui vient permettre la réalisation d'un désir et qui va se soumettre à l'interdiction de la réalisation de ce désir. Freud découvre qu'on fabrique un symptôme afin d'éloigner l'angoisse, car il l'a tient à distance.

 

Les cognitivistes s'attaquent directement au symptôme (ce qui peut provoquer l'apparition d'un autre symptôme) alors que les psychanalystes travaillent sur la structure intrapsychique pour que le compromis n’ait pas lieu d'être.

 

Selon Freud, le but de la psychanalyse n'est pas la guérison, mais pendant la psychanalyse la guérison vient d'elle-même. Le dispositif est plus long parce qu'il ne traite pas le problème de la même manière.

 

« La parole » est assez particulière, ça ne s’apprend pas, ça se fait.

Pour écrire ou parler, il faut un sujet.

 

On va parler de psychologie clinique.

→ le travail est une composition écrite.

Il y a beaucoup de sortes de
psychologie.

 

 

I. Historique rapide.

 

 

L’histoire des personnes qu’on reçoit est importante. L’histoire de différentes institutions (hôpital, école, etc…).

Pourquoi arrive-t-on à enseigner la psychologie clinique ? Le conflit peut-être intéressant ?

 

« Clinique » : vient du mot grecque « Kliné » → le lit ; une approche du un par un, du cas par cas, de l’individualité. Au 4ième siècle (Moyen-Âge), on l’appelle « clinicus » .

Clinicus : hérétique (non-croyant) qui ne demandait le baptême qu’une fois alité (sur leur lit, leur lit de mort), ces gens sont entrain de mourir mais ils demandent quelque chose.

A la même période, apparaît aussi la « psychothérapie » → soigner l’âme, cela veut dire : convertir les païens (ceux qui ne croient en le Dieu recommandé).

Dans cette idée, il y a l’idée qu’on a le savoir et que l’autre doit croire en moi.

 

Est-ce la même chose maintenant ? Le psychologue c’est quelqu’un qui a le savoir ?

 

Le terme psychologie apparaît vers 1600. D’abord ça a désigné l’apparition des esprits, puis rapidement quand même c’est devenu une branche de la philosophie qui traite de l’âme et de ses facultés.

 

L’usage moderne de la psychologie apparaît en 1750 pour passer de l’âme vers la pensée.

 

En 1696, apparaît les médecins cliniques, ceux-là allaient visiter les malades, ils allaient vers eux, ils sortent de leur environnement pour aller vers l’autre, il y a un effort, un déplacement, se mettre à la portée.

 

A la Renaissance, il se passe quelque chose d’important, la médecine subit un tournant intéressant : une double objectivation. Dedans il y a l’objet, c’est faire de l’autre un objet, et non comme un sujet.

1ère objectivation : On ne reçoit plus une personne (malade) mais on reçoit une maladie, le malade est réduit au silence, il est objet et plus sujet. On accueille la maladie, pas le malade.

2ième objectivation : le médecin lui-même, il se traite comme sujet.

                Ex : La main n’est plus humaine, elle tâte le pouls, elle devient un instrument. L’oreille n’écoute plus les parles mais ausculte, aussi un instrument.

Le médecin se transforme en instrument.

 

On se rapproche de la psychiatrie, terme qui apparaît en 1800.

Avant ce terme, il y a la Révolution française, et durant cette révolution, on trouve PINEL (1745/1824), il abolit les chaînes, les fous ne seront plus enchaîner, il commence (pour les fous) à faire respecter les lois de l’Humanité. Il parle de traitement moral (qui est une ferme bonté à l’époque) ; il ose dire «la folie n’est jamais complète et le fou n’est jamais absolument fou ». Dire cela veut dire qu’il n’est pas que cela (fou).

 

Un peu plus tard, il y avait aussi KRAEPLIN (1856/1926), il propose une classification des maladies mentales : il n’y a pas qu’un fou mais des fous, ce qui est une avancée.

C’est une thèse « organiciste » : la folie est une question physique (ex : le cerveau) et/ou physiologique (dans les gènes).

« On se dit qu’on y est pour rien, ce n’est pas moi c’est mon gène. »

 

Psychologie clinique : ce terme apparaît en 1886.

Une tentative de traitement de la folie, mais non médicalisée par WITNER.

Une revue (publié de 1897/1901) de « psychologie clinique et thérapeutique », dedans ce qu’il y avait d’intéressant c’est qu’avant la psychologie était expérimentale, et dans cette revue il montrait la distinction entre psychologie
expérimentale et psychologie clinique
. La psychologie expérimentale s’adresse à l’homme objet et la psychologie clinique s’adresse à l’homme sujet ; donc ces 2 psychologies ne s’adressent pas de la même façon à l’homme.

L’homme est divisé en fonctions, et ses fonctions sont mesurées.

La revue disait « L’attache n’est pas de schématiser mais d’individualiser ».

→ L’homme n’est pas perdu dans une moyenne, un calcul, un objet de maths, mais on en fait une personne unique, un sujet.

 

A cette époque, il manque encore quelque chose pour que la psychologie clinique soit encore là.

Il manque un autre élément pour que la psychologie clinique soit autonome et cela est la psychanalyse.

 

 

II. FREUD et la méthode analytique.

 

 

Qui dit psychanalyse dit le nom de SIGMUND FREUD (1856/1939), qui était un médecin, un neurologue, qui aurait pu rester avec les thèses organiliques. Mais il s’intéresse à l’hypothèse de l’inconscient, et aussi à l’hystérie.

 

Il parle des 3 vexations :

         - Copernic (1473/1543), ce qui fait que Copernic vexe l’humain c’est qu’il prouve que la Terre n’est pas le centre de l’univers. Freud appelle ça la vexation cosmologique.

         - Darwin (1809/1882) montre que l’homme n’est pas si à part que ça, il a les mêmes origines que les autres animaux, Freux appelle cela la vexation biologique.

         - Freud propose la vexation psychologique. On pense avoir le self-arbitre, Freud dit non, qu’il y a quelque chose en soit qui fait qu’on ne maîtrise pas nos choix. Une chose qu’on a en nous mais qu’on n’en a pas conscience, c’est l’inconscient.

 

« Une difficulté de la psychanalyse », dans ce texte on y retrouve les 3 vexations.

 

La psychanalyse est porteuse du message que quelque chose nous échappe, qu’on ne maîtrise pas tout.

 

Ce qui fait que Freud s’inscrit dedans est que finalement car on ne connaît pas cela.

Freud se fait le défenseur de l’étude approfondie des cas individuels.

Et là le « maître » c’est le patient, là le clinicien apprend du patient, là où ça complique est qu’il ne sait pas.

Ce qui veut dire qu’à chaque fois le psychanalyste recommence à 0 avec chaque personne, car il y a des choses qu’on ne prévoit pas, qu’on anticipé pas. Autrement dit le patient est un sujet, il devient le « Je ».

 

Il y a donc une référence permanente à l’histoire. Le symptôme fait signifier une chose, et il s’écoute.

 

Il y a une confrontation entre Freud et JANET. Janet pense que le symptôme est dû à quelque chose qui est en moins.

Mais si le symptôme est quelque chose qui veut se faire voir, c’est dû à un conflit intrapsychique.

Donc l’homme est divisé entre son conscient (qu’il connaît) et son inconscient (qu’il ne connaît pas), il est divisé.

L’homme n’admet pas quand il ne sait pas.

 

En résumé, l’homme est prit comme objet (O) – sujet (S) - sujet divisé ($). Il y a 3 étapes.

Descartes « Je pense donc je suis »  → Sujet. Freud « Des choses en sot qu’on ne peut penser »  →  Sujet divisé.

 

Dans les années 1890 Freud est amené à inventer la psychanalyse (environ 1895 grâce à l’hystérie).

 

Freud est psychanalyste et va à Londres dès 1839 car Marie Bonaparte paie une caution pour qu'il puisse quitter la Hongrie ; il fuit le nazisme qui pense que la psychanalyse est une science juive.

Dans son laboratoire londonien, Freud étudie en tant que neurologue la cocaïne et les anguilles.

Freud est un clinicien et s'intéresse donc aux mystères de la névrose et surtout à l'hystérie car ceux sont des questions centrales au XIXs.

 

Selon les égyptiens, l'hystérie était due à la divagation de l'utérus dans le corps et plus particulièrement quand il était proche du cerveau.

Hystérie au Moyen-âge : Les sorcières de Salem A.Miller.

Hystérie au XIXs. : L'hystérique est une simulatrice.

 

Comment la psychologie clinique à la fois importée les concepts et les méthodes de la psychanalyse mais aussi à s’en démarquer ?

 

FREUD se rend auprès de CHARCOT en France, où il apprend l’hypnose. A l’issue du sommeil hypnotique CHARCOT fait disparaitre les symptômes : il montre que les symptômes sont réversibles : l’hystérie (sur laquelle il w) n’a donc pas d’origine neurologique.

 

Il découvre 3 points essentiels de la psychanalyse:

     - Les mots agissent sur les maux c'est-à-dire que la parole à une efficacité symbolique ; c'est ce que l'on fait de cette parole (situation particulière) qui est thérapeutique.

     - Il existe une limite à l'hypnose et à la suggestion car certains patients refusent l'hypnose, d'autres résistent à la suggestion et d'autres encore résistent à la suggestion même sous hypnose. Freud se confronte donc à la responsabilité du sujet ; c'est ce qui distingue psychanalyse et confession c'est-à-dire que la confession permet de se déresponsabiliser de tout alors qu'en psychanalyse il faut admettre sa responsabilité et sa culpabilité.

     - Freud s'aperçoit que l'on peut avoir accès aux sentiments et à certains phénomènes en dehors de l'hypnose (car il a longtemps cru que pour y avoir accès il fallait passer par la psychanalyse).

 

Etiologie: l'élément déclenchant de la névrose hystérique a du advenir à un moment où le sujet était dans un état hypnotique.

 

Lorsque FREUD rentre à Vienne, avec un collègue BREUER, va mettre en place la méthode cathartique (en médecine cela signifiait purgation, épuration) :

     - Dans un premier temps : la suggestion hypnotique va être prohibitive : ils vont interdire aux patients d’exprimer les symptômes.

     - Dans un second temps : l’hypnose va devenir investigatrice : durant l’hypnose, on demande à la patiente les conditions d’apparition du symptôme.

 

Leur but est de réussir à retrouver l’événement déclencheur, et établir une plage entre le souvenir et l’affecte : au moment ou l’individu subit un événement traumatisant, un affecte va rester coincé, et donc il ne va pas s’exprimer : il faut donc permettre à l’individu d’exprimer cet affecte, par recombinaison du souvenir et de l’affecte, il y a donc une abréaction (= réaction après coup).

 

Jusque-là on pouvait dire que le médecin était actif. A partir de la méthode cathartique, il écoute le patient, et donc le savoir n’est plus au médecin, mais au patient.

 

On peut dire que le clinicien va se mettre dans une attente passive de ce que le patient va dire. FREUD dit que « nos deux maitres sont les enfants et les fous ».

 

1. La psychologie clinique en France :

 

1er nom de la psychologie clinique en France : DANIEL LAGACHE (1903/1972).

Il a travaillé pour qu’il ait une psychologie clinique.

 

En 1949, il fait une conférence sur la psychologie clinique et les méthodes cliniques. Et il y donne une définition de la psychologie clinique.

→ : « Discipline fondée sur l’étude approfondie de cas individuel. Son objet est l’étude de la conduite humaine individuelle et de ses conditions. »

Lagache cite des conditions : « hérédité, maturation, conditions physiologique et pathologique, histoire de la vie ».

« En un mot, l’étude de la personne totale en situation », on retrouve l’idée de l’environnement, les recherches se font en fonction de la pratique.

 

Un autre nom très important : JULIETTE FAVEZ-BOUTONNIER. Elle succède à Lagache, elle est médecin, psychologue et psychanalyste.

Elle a une définition différente : « La psychologie clinique vise les études d’une personnalité singulière dans la totalité de sa situation et de son évolution ».

Elle parle de la totalité de la situation et non de la personne totale en situation.

 

La personnalité totale n’est pas possible car la personnalité est divisée.

    - Elle montre aussi l’évolution des personnes, des changements (d’un entretien à l’autre), il y a une dynamique. Freud parlait de psycho-dynamique ou psychologie des profondeurs (mais quand on s’y penche dessus on voit jamais le fond, mais on peut remarquer les symptômes).

 

Le 1er diplôme de psychologie clinique est en 1971.

Le titre de psychologue est protégé depuis 1985. Il faut une licence, une maîtrise et une dernière année (soit 5 ans) ; c’est la protection du titre.

 

La relation c’est un peu le travail du psychologue, c’est le transfert.

 

2. La patiente Anna O (de son vrai nom Berta PAPPENHEIM qui sera la première assistante sociale) :

 

Elle était une patiente de BREUER, qui chaque jour un peu de son hystérie. Un jour on appelle BREUER, en lui disant que sa patiente est en grave condition : elle disait accoucher de l’enfant du clinicien = grossesse hystérique. FREUD prend la relève puisque BREUER s’enfuit pour mettre de la distance entre eux.

 

FREUD va découvrir que la patiente se trouve dans une phase appelée phénomène de transfert : période où le patient s’attache au clinicien, et va répéter un certain nombre de modalité relationnelles qui ont été importantes dans sont développement. Apparait lorsque le clinicien ne répond pas aux demandes d’amour, de violence, etc., demandées au patient. Une thérapie permet de mettre à jour la personne réellement visée par ces émotions. FREUD va souligner la brutalité de ce phénomène.

 

Concepts : ils permettent après ou pendant la rencontre clinique de dégager des hypothèses sur la relation qui est entrain d’être mis en place.

Cela veut dire qu’il y a un effort de théorisation dans la pratique.

Cela montre la façon d’interviewer du psychologue, il structure le matériel de la rencontre.

 

Le transfert : quelque chose de surprenant à chaque fois. Ce qu’il y de difficile est quand quelqu’un parle, ce n’est pas forcément au psychologue qu’il s’adresse. Quand on le réalise ce n’est pas évident.

                Ex : si une personne est en colère, ce n’est pas contre nous, il nous le montre.

 

La définition du transfert par Freud est : Le transfert est un processus par lequel les désirs inconscients s’actualisent sur certains objets (dans le cadre d’un certain type de relations établies avec eux). Il s’agit d’une répétition de prototypes infantiles vécue avec un sentiment d’actualité marqué.

 

La répétition de ce processus met à mal.

 

Ce qui est dit est « parlé » au psychologue ne lui ai pas adressé, mais à certains moments le psychologue devient une autre personne pour le patient.

 

FREUD est contraint d’abandonner l’hypnose dans la mesure où elle est trop simpliste, et où elle fait émerger une demande d’amour, à laquelle il ne peut réponde. C’est à partir de là que nait la catharsis.

 

3. Emie VON EN :

 

Elle demande au clinicien de la laisser parler et de l’écouter. FREUD accepte donc, et c’est de là qu’il accepte de se mettre en position de réceptivité et d’apprendre quelque chose sur l’autre et sur lui-même (énorme rupture avec la tradition du XIXe s). Ce qu’il découvre chez le patient, est quelque chose qu’il a aussi : « rien de ce qui est humain ne nous est étranger »

 

Elle lui permet d’inventer le dispositif analytique autour de l’association libre : on invite le patient à dire tout ce qui lui vient à l’esprit, sans aucune censure, même si ça lui parait absurde, même si ça concerne le clinicien.

 

Il y a une surdétermination des associations : l’association de mots n’est pas.

 

Hypothèse : ces mots inducteurs seraient des mots qui pourraient rentrer en résonnance avec des éléments inconscients, et ces derniers empêcheraient une association avec d’autres mots.

 

 

4. Complexe d’OEdipe :

 

Pour le petit garçon : amour de la mère et haine du père.

Pour la petite fille : le premier objet d’amour c’est le même que pour le garçon, la mère, puis vers son père plus loin.

FREUD découvre que lui aussi à été « victime » de ce complexe.

 

C’est les hystériques qui ont mis en place la psychanalyse.

 

5. La théorie de la séduction :

 

Entre 1895 et 1897, correspond à l’idée que les patientes ont été sexuellement séduites par une personne adulte lors de leur enfance.

Il rencontre souvent le cas : il y a eu un passage à l’acte qui est à l’origine des troubles hystériques.

 

A cette époque là FREUD n’a pas encore déterminé l’existence d’une sexualité infantile : où l’ensemble du corps est érotisé. Il qualifie l’enfant d’un pervers poly formes. Il l’a développé en 1905, avec les Trois essais sur la théorie de la sexualité.

 

La séduction s’est produite bien avant la puberté, pendant cette période présexuelle où la patiente était passive. Son hypothèse : l’effroi traumatique engendrerait l’apparition plus tard des symptômes hystériques, réactivation de l’événement traumatique lorsque la sexualité de l’individu va se réveiller.

 

Il va abandonner cette théorie, car les hystériques courant les rues à l’époque, il se dit qu’il est impossible que tous les pères de ces femmes étaient des séducteurs de futures hystériques.

 

6. Apparition de la notion de fantasme :

 

Hypothèse : existence d’une réalité psychique qui pourrait avoir les mêmes effets qu’un événement réel.

 

A partir de là, FREUD ne s’attache plus à analyser la réalité matérielle, mais la réalité psychique, laquelle se manifeste par les fantasmes qui sont l’objet de la psychanalyse. Il va moins s’intéresser à la réalité de ce qui s’est déroulé.

 

Cette question de séduction qu’il a mis du coté du père est quelque chose de plus compliqué : dans les soins apportés par la mère il y a une excitation sexuelle de l’enfant, et donc une séduction inévitable de l’enfant par la mère.

 

Freud découvre la question de l'inconscient qui agitait toute la philosophie romantique et il va utiliser cette réponse de manière neutre.

 

7. Les débuts de la psychanalyse :

 

Très vite confronté au fait que l’hypnose ne donnait que des résultats très limités dans le temps et donc posait un problème de fiabilité. Aussi il va être souvent confronté au déplacement d’un symptôme, il apparait sous une autre forme. Les études sur l’hystérie marquent la fin de l’hypnose.

 

Cette nouvelle technique vise l’abréaction = décharge émotionnelle par laquelle l’individu se libère de l’affecte passager liée à un événement traumatique.
L’absence de réaction lors d’une agression rend cet événement pathogène.

 

Terme de psychanalyse introduit en 1896 : il implique une analyse (= décomposition d’éléments pour pouvoir les réarticuler différemment).

 

Le premier à avoir utilisé l’association libre est WUNDT, sans l’utiliser à des fins psychanalytiques. Il w sur les temps de réaction, démarche totalement expérimentale.

 

On doit à JOUNG l’idée de complexe, qu’il élabore à partir de l’impossibilité d’associer et d’énoncer le moindre mot à partir du mot inducteur. Ce blocage semblait occasionné par des nœuds psychiques, lieu où l’association se bloque.

 

FREUD l’utilise pour traiter le matériel que le patient lui amène, mais aussi l’interprétation des rêves. A partir de l’« interprétation des rêves » daté symboliquement de 1900, il affirme que les rêves ont un sens, une interprétation. Il dit que le rêve est une réalisation hallucinatoire de nos désirs, et pour permettre cette réalisation, le rêve va mettre en place un contenu lattent. Il distingue le contenu manifeste, ce qu’on raconte du rêve, et le contenu lattent, le désir qui essaye de s’exprimer à travers le rêve. C’est un désir inconscient, et pour avoir accès à la conscience, la censure va déguiser le contenu lattent pour le rendre supportable.

 

Le dictionnaire des rêves ne peut exister car nous sommes dans l’individualité, le cas par cas, il faut découvrir les différents sens.

Pour l’arrivée d’un symptôme, d’un lapsus, il faut un conflit intrapsychique au moins. Le symptôme n’a jamais un sens, il en a plusieurs, au moins 2.

 

Les stratégies de la censure :

      - Condensation = fait qu’une même personne dans le rêve va pouvoir avoir les caractéristiques de plusieurs personnages.

      - Déplacement = prendre un élément, le sortir de son contexte et le placer dans un autre contexte dans lequel il ne sera pas reconnaissable en tant que tel.

 

Déployer les différentes images du rêve pour essayer petit à petit le contenu manifeste.

 

3ème façon d’utiliser l’association libre : s’en servir de manière constante = la règle fondamentale. Il y a deux règles qui président la pratique analytique :

      - Règle fondamentale : inviter le patient à dire tout ce qu’il pense, ce qu’il ressent, sans rien privilégier, ni omettre ce qui lui vient à l’esprit. Le fait de tout dire est important, le secret de l’emprise analytique est que la règle fondamentale ne peut être que transgressée, il faut donc trouver le moment où le patient transgresse cette règle. Il arrive donc à un moment de la cure où l’affecte est transgressé, parce que trop personnel ou trop dérangeant pour être évoqué. Ces pensées, émotions, images, émanations de la pensée, ne sont plus énonçables par le patient à un moment donné. L’intérêt de la règle fondamentale est de mettre en évidence le moment ou le lieu où cette règle est transgressée : moment appelé par FREUD résistance : quelque chose vient à l’esprit du patient et celui-ci refuse d’en faire part au clinicien.

      - Règle d’abstinence : il ne peut rien se passer entre le clinicien et le patient, quelques soient les demandes du patient de satisfaction érotique.

 

Qu’est ce qui fait que le patient refoule une idée, une émotion dans l’inconscient. C’est ce dont le patient ne veut entendre parler à aucun prix : c’est la résistance, et il y a des paroles dans le discours qui s’oppose à l’accès de celui-ci à l’inconscient. Tout ce qui entrave au w analytique (silence, logorrhée, etc.) peut s’appeler résistance.

 

En 1895 il évoque, à partir de sa patiente nommée Elizabeth VON R et il va lui dévoiler que ses symptômes sont liés à ses désirs pour son beau-frère. Elle refuse cette interprétation, et en même temps qu’elle la refuse elle se plein de douleurs atroces dans les jambes. Elle est donc ouverte à parler de tout sauf de ses désirs sexuels.

 

Là où le patient ne peut se souvenir, il met en acte ce qu’il ne peut dire. C’est une modalité de se souvenir. Plus tard il dira que le transfert c’est la mise en acte de l’inconscient, il sera compris comme la répétition/réédition de modalité relationnelles selon lesquelles le sujet s’est constitué dans son rapport à ses sujets d’amour.

 

Les modalités de l’expression de la résistance :

      - Le silence = modalité la plus évidente.

      - Le sujet qui parle de manière désaffectivé : il n’y a aucune émotion qui transparait dans son discours, il est stéréotypé, monotone, pour ne par avoir à ressentir les émotions qui pourraient être trop douloureuses/intense.

      - Moment où le patient s’exprime de manière logorrhéique : il parle sans cesse afin de masquer son embarras.

      - Parfois les patients mentent : pas trop grave s’il ment à l’analyste, mais s’il se ment à lui même c’est plus grave.

     - Oublier de venir à la séance.

 

 

III. La perlaboration.

 

 

Le processus par lequel le patient intègre une interprétation et surmonte les résistances provoquées par cette interprétation.

Le temps nécessaire pour que l’interprétation puisse agir.

 

Avec la question de la perlaboration FREUD intègre également l’idée d’un nécessaire w psychique.

 

Freud pensait jusque là que le sujet était gouverné par le principe de plaisir (pulsion de vie). Mais il se rend compte qu'il n'est pas dirigé que par ça, grâce à des patients qui ont fait la guerre 1914-1918. Ceux-ci développent une symptomatologie dont un des symptômes récurrent est le rêve traumatique.

Il fait donc l'hypothèse de l'existence de la pulsion de mort : quelque chose qui pousse à la répétition et notamment certaines situations de danger.

Freud fait l'hypothèse que l'on répète ces scènes dans l'espoir que les choses se jouent autrement.

 

Il devient donc moins optimiste et fait l'hypothèse que tout n'est pas interprétable : l'ombilic du rêve : ce qui résiste à l'interprétation.

Il découvre donc la radicale altérite qu'il existe en chacun de nous grâce à l'hystérie. Il repère que les paralysies hystériques ne répondent ni à la neurologie ni à l'anatomie.

=> Ce n'est pas l'organe qui est atteint mais la représentation de l'organe.

 

Freud distingue corps / représentation du corps.

Pourquoi la représentation de ce membre est atteinte ?

Cette représentation est refoulée car elle s'est chargée d'une valeur affective, sexuelle, incompatible avec les autres représentations.

Refoulement.

 

1. Perlaboration chez l'analysant :

 

Au travers de la cure psychanalytique, la perlaboration est surtout connue comme travail menant à l'éradication du symptôme. Ce travail consiste à répéter, au cours d'une analyse, les mêmes scènes encore et encore jusqu'à ce que le refoulement soit mis en échec et que s'élabore une connaissance consciente de l'histoire du symptôme, qui permette de le supprimer. Une telle élaboration repose en partie sur la capacité d'association, la cure amenant le sujet à associer les éléments conscients afin de renforcer sa connaissance, y compris à travers une reconstruction historique.

 

La perlaboration repose sur d'autres éléments de répétition. Le transfert lui-même est répétition. Mais ce type de répétition s'oppose à la perlaboration : il ne s'agit que de la reviviscence à la place du souvenir, de la répétition de l'identique au lieu de la mémoire.
Plusieurs éléments de répétitions s'opposent donc.

 

2. Perlaboration chez l'analyste :

 

Le rôle de l'analyste dans la perlaboration est multiple :

      - au niveau de l’attention flottante, l'analyste repère les mouvements psychiques particuliers.

      - au niveau de la reconstruction du passé, l'analyste fait appel à son raisonnement, ses théories.

      - au niveau de l'interprétation des rêves, l'analyste propose des interprétations - qui peuvent d'ailleurs se révéler fausses.

      - au niveau du contre-transfert, l'analyste symbolise ce qu'il ressent, met en mots ce qui provient d'un transfert qui ne parvient pas à se dire.

      - la perlaboration de l'analyste peut se manifester comme théorisation flottante au travers de comptes-rendus d'analyse.

 

 

IV. Lien entre la psychologie clinique et la psychanalyse.

 

 

Psychologie clinique séparée en 2 :

      - Se reconnait dans les théories cognitives.

      - S’inspire des méthodes et des théories analytiques.

 

Rapport en psychologie clinique et psychanalyse ont fait l’objet de débats très importants. Ce qu’on peut reconnaitre c’est que la psychologie clinique a trouvé une place par l’intermédiaire de la psychanalyse.

 

Pour cette partie de la psychologie clinique, la psychanalyse a été source d’inspiration, avec problème de transposer une théorie et une démarche dans un domaine où il n’a pas été appliqué au départ.

 

FREUD en 1923 dit :

     - « La psychanalyse est le nom d’un procédé pour l’investigation de processus psychiques qui ne sont pas accessibles autrement ».

     - « méthode de traitement des troubles névrotiques qui se fondent sur cette investigation ».

     - « Eléments théoriques acquis par cette méthode et qui permettent de constituer la métapsychologie (= ensemble des notions et des concepts que FREUD va être conduit à structurer dans une théorie avec la question des pulsions, etc.).

 

On peut dire que la psychanalyse offre un intérêt en tant que méthode thérapeutique et en tant que doctrine/théorie.

Ce dispositif produit une théorie explicative des troubles mentaux, mais également une théorie générale du psychisme. Ne s’intéresse pas uniquement à l’élucidation de la psychopathologie, mais aussi à l’élucidation de phénomènes normaux.

 

Dans cette définition là, la psychanalyse sert d’inspiration et de modèle à la psychologie clinique.

 

Les tests projectifs :

       - Les tests de personnalité = outils indispensables au psychoclinicien. La projection est un mécanisme psychique défini par la psychanalyse : ce mécanisme est utilisé dans le test de RORSCHACH par les psychocliniciens est issu de la psychanalyse. Le patient va se projeter dans la tâche pour donner un sens à quelque chose qui n’en a pas. La psycho clinique est allée chercher des outils dans la psychanalyse pour rendre compte de sa pratique et des outils qu’elle même allait mettre en place.

       - Le test de pate noire = dessins présentés à l’enfant, et ils sont assez ambigües pour nécessiter une interprétation de leur part. Le récit qu’il va faire d’une planche va permettre de déterminer quels sont ses fantasmes, ses opinions. L’ensemble des récits permettent de déterminer à quel stade de son développement est l’enfant, et quels sont les problèmes qui pourraient survenir.

 

En retour la psychanalyse a pu développer une critique importante de la psychologie clinique : ces critiques permettent de différencier de manière un peu plus précise, ce qui relève de la psychanalyse et ce qui relève de la psychologie clinique.

       - Les concepts de la psychanalyse ont été mis en place dans le dispositif de la cure. Est-il pertinent ou même acceptable d’utiliser des concepts élaborés dans un certain champ pour en faire des outils dans un autre ? la cure analytique travaille sur le transfert. La psychologie cognitive elle utilise le transfert dans un dispositif de face à face. Peut-on alors considérer le transfert de la même manière dans les deux cas ? Les psychanalystes on dit qui la psychanalyse travaille sur le transfert (le transfert est l’objet de l’analyse) alors que la prise en charge de la part de la psychologie clinique w avec (il y a de la part du psy clinicien la reconnaissance de l’existence du transfert sans que pour autant il devienne l’objet de l’analyse et de la rencontre) : psychanalyse travaille sur le transfert, la psychologie clinique travail avec le transfert.

              + L’intervention du psychanalyste : en travaillant sur le transfert il a accès au matériel inconscient.

              + L’intervention du psychoclinicien : il a accès à un registre conscient et préconscient.

       - On distingue donc ce qui relève de la psychanalyse et ce qui relève de la psycho clinique.

       - Les psychologues cliniciens sont donc dépendants de la psychanalyse.

 

Ce qui a permit à la psychologie clinique de devenir autonome par rapport à la psychanalyse :

       - Circonscrire de manière précise ses champs d’intervention et d’investigation.

       - Ces champs sont beaucoup plus orientés vers la réalité, que ce que pourrait faire la psychanalyse. Le psychanalyste, pour intervenir, sera conduit à faire abstraction du contexte dans lequel le patient évolue.

       - L’intervention du psychoclinicien est limitée dans le temps et s’attache à la dimension actuelle du symptôme.

 

V. La méthode clinique.

 

 

1. Inspirée par la psychanalyse :

 

Terme clinique vient de la médecine : cliné  du grec = lit = tout ce qui se passe au pied du lit du malade. Tout ce qui se passe chez le patient sans qu’elle soit médiatisée par des examens.

 

Le terme clinique désigne une activité, un savoir, qui est acquis dans la rencontre avec le patient.

 

La psychologie clinique est une méthode qui place :

       - La signification = pouvoir rendre compte du fonctionnement psychique de la personne que le clinicien rencontre, et dans le meilleurs des cas de pouvoir donner une signification à ses comportements.

       - L’implication = c’est ce qui va nous distinguer de façon essentielle de la méthode expérimentale qui vise à mettre en place une expérience qui permet d’étudier un comportement, une variable, sans que l’expérimentateur ne soit impliqué dans le dispositif, l’hypothèse de l’expérimentaliste étant que le dispositif qu’il met en place neutralise la variable expérimentateur, cette expérience qui est créée à un endroit, et reproduite à un autre et donne les même résultats ; dans la méthode clinique = l’implication du clinicien dans la rencontre fait qu’il n’y aura pas de substitution possible d’un psy par un autre.

       - Et la totalité = la psychologie clinique propose une vision totalitaire, totalisante du fonctionnement psychique : exp de MILGRAM. au centre de ses conceptions et de ses préoccupations.

 

Cette méthode clinique va se centrer sur l’individu ou sur une situation. Il peut également intervenir dans un groupe.

 

Une des méthodes extrêmement importante de la psychologie clinique sera l’étude de cas : on se centre sur l’étude approfondie d’une situation, et de cette étude on espère pouvoir ensuite tirer un certain nombre de généralités.

 

2. Les différents aspects de la méthode clinique :

 

Comporte 2 niveaux qui sont complémentaires :

      - Le premier niveau correspond au recours à des techniques des tests des entretiens qui visent à recueillir in vitro des informations en tentant d’isoler le moins possible de la situation matérielle dans laquelle elles sont recueillies.

      - Le second niveau se défini par l’étude approfondie et exhaustive du cas.

 

La différence entre ces niveaux :

      - Le premier fourni des informations du matériel.

      - Le second vise à comprendre un sujet.

 

Lorsqu’une ces méthodes s’appuie sur des tests statistiques, comme le QI lorsqu’elles visent à une objectivation on parle de clinique armée et par opposition il y aura une clinique naturelle qui vise elle à essayer d’observer le sujet en dehors de toutes manifestations.

 

Le second niveau peut être défini par trois postulas :

    - La dynamique.

    - La genèse.

    - La totalité.

 

Tout être humain (mis en évidence par la psychanalyse) est en conflit tant avec le monde extérieur, qu’avec les autres et soi-même. Il doit donc chercher à résoudre ses conflits. De plus tout être humain est une totalité inachevée qui évolue en permanence. Une des hypothèses importante de la psychologie clinique : ses réactions et ses comportements peuvent s’éclairer en partie à la lumière de son histoire. Dans ce cadre, on peut dire que les principes de la psychologie clinique sont :

       - La singularité : le psychologue clinicien va w sur un cas.

       - La fidélité à l’observation.

       - La recherche de la signification et de l’origine des actes et des conflits.

       - Ainsi que les solutions et les modes de résolution que le sujet met en place pour tenter de résoudre ses conflits.

 

Les inconvénients de la méthode clinique :

        - L’entretien clinique est le principal instrument dont dispose le psy. Donc la majeure partie des informations que va recueillir le psy est issu du discours. Ce qui nous amène à nous demander quels sont les buts d’un entretien clinique, et qu’est-ce qui va le différencier d’une simple discussion avec un ami. Deux visées essentielles :

                + Visée diagnostique = de repérage d’un certain nombre de symptômes. Son but est de repérer un certain nombre de signes qui conduira la plus part du temps à mener un entretien que l’on qualifie de semi directif, voir directif. On peut dire que le psy est à la recherche d’infos, et que pour les obtenir, il peut être conduit à poser des questions extrêmement précises.

                + Visée thérapeutique = qui nous oriente vers le coté de la thérapie = il est la plus part du temps non directif. On se situe du coté du model de ce que peut être la cure analytique.

 

VI. L’entretien à visée thérapeutique.

 

 

La question du transfert, qui ne se joue pas de la même manière dans le cadre de la rencontre analytique (objet de la cure) et dans le cadre de la rencontre clinique (on fait un lien sans vraiment w dessus).

 

On va toujours partir d’une question posée par le patient. Il ne peut pas y avoir d’intervention thérapeutique sans l’intervention et l’implication du patient.

 

Déni = concept mis en évidence par FREUD : on le repère facilement au moment de l’annonce du diagnostique : face à une annonce catastrophique le patient est dans une phase pendant laquelle il s’absente de lui même, il n’entend plus ce qui lui est dit. Le travail du clinicien est donc de continuer à permettre un w de subjectivation.

 

Le psy clinicien ne va pas regarder son patient à travers une vitre, mais va être dans le champ du sujet observé et va éventuellement interagir avec lui.

 

Le compte-rendu = quand on rencontre un patient, la plus part du temps à l’issue de cette rencontre, le psy clinicien va être mené à faire un compte rendu de ce qui s’est passé durant la séance à un tiers (parents, juge, docteur, etc.).

      - La première règle pour écrire ce compte rendu : le patient doit pouvoir se reconnaitre dans ce qu’on a écrit. On évitera dont d’utiliser un jargon incompréhensible.

      - Le but n’est pas de venir objectiver le patient, mais de comprendre quel est le comportement du patient, de rendre compte du fonctionnement psychique du patient, de le décrire au plus proche.



22/06/2012
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