Cours de psychologie

Concept psychanalytique

Concept Psychanalytique

 

 

Bibliographie :

Françoise Dolto : Séminaire de psychanalyse d’enfants (3 volumes).

                         Psychanalyse et pédiatrie.

Nasio : 5 leçons sur la théorie de Lacan.

Joël Dor : Introduction à la lecture de Lacan.

Anika Lemaire : Jacques Lacan (éditions Mardaga).

Serge Leclaire : Psychanalyser.

                       Ecrits pour la psychanalyse.

Freud : Métapsychologie.

           5 psychanalyses.

           Pour introduire le narcissisme (la vie sexuelle).

           Psychopathologie de la vie quotidienne.

           Les études sur l’hystérie.

           Esquisse d’une psychologie scientifique (chapitre proton pseudos [= fausse origine]).

Lucien Israël : L’hystérique, sexe et médecin.

Mannoni : Clés pour l’imaginaire.

 

Dictionnaires :

Dictionnaire lacanien : Pierre Kaufmann : L’apport freudien.

Introduction à Lacan : Joël Dor : Introduction à la lecture de Lacan.

 

Lectures obligatoires :

Laplanche : Vie et mort en psychanalyse, juste le 1er chapitre (traumatisme : pages 55 à 65) où Freud explique qu’il renonce à la théorie de la séduction.

Nasio : Les 7 concepts cruciaux de la psychanalyse (le chapitre sur le père, la forclusion, citations de Freud et de Lacan).

 

Qu’est-ce que la psychanalyse ?

 

Un trou dans une histoire, hors de la conscience ?

Pour un enfant, les discours des parents fondent la réalité. Cela recouvre le trou/réel et il n’apparaît plus.

A partir de quelque chose qui fait trou et qui échappe au sujet, on peut quand même y prendre appui pour fonder des actes, créer des objets (amour, travail…). Ces actes et objets parlent du trou.

Le réel qui fait trou nous pousse à faire des actions qui aident à déchiffrer le trou.

La subjectivité est exclue du trou/réel.

Ex : l’acteur Jack Nicholson. Il est le fruit d’un inceste, mais évidemment on le lui a caché, il ne l’a découvert que vers ses 50ans. Pourtant, toute sa carrière d’acteur parle de son histoire inconsciemment.

 

Psychanalyse : exploration de la vie psychique consciente et inconsciente, un réel qui échappe à la conscience.

 

Pourquoi concept psychanalytique ?

 

En 1909, Freud voyage en Amérique et fait des conférences. Des cinéastes viennent le voir, de façon révérencieuse, voulant faire des films sur la psychanalyse et veulent l’appui et les conseils de Freud. Freud refuse « vous faîtes du cinéma, et moi c’est abstraction et concept, dans le cinéma pas de concept, le cinéma n’arrivera pas au niveau du concept que je fais ».

Un concept, c’est quand on a créé ses problèmes et ses explications, on peut créer les solutions.

 

Plan du cours :

 

Faire la distinction entre névrose, psychose et perversion.

I. Névrose hystérique à l’origine de la psychanalyse.

L’hystérie est le modèle de la névrose.
Et c’est en étudiant des patientes hystériques que Freud a pu créer la psychanalyse.

1. Hystérie.

2. Traumatisme.

Entre le patient et l’analyste nait la théorie (particulièrement de la séduction) et configure le traumatisme. Le traumatisme a été appréhendé par l’hystérie.

Pourquoi un évènement peut traumatiser quelqu’un et pas un autre ?

II. Notion de base en psychanalyse.

1. La demande.

2. Notion de manque, IRS (Imaginaire, Réel, Symbolique).

3. Le père.

4. Le phallus.

5. Déni, dénégation, forclusion, toxicomanie et perversion.

III. Le transfert.

1. Transfert chez Freud.

a. Cas Dora (1900).

b. Dynamique de transfert (1912).

2. Compléments.

a. Parole pleine et parole vide.

b. Inconscient, désir.

c. Sujet/énoncé.

3. Quelques maladies.

4. Transfert chez Lacan.

IV. « Pour introduire le narcissisme » (Freud).

1 Freud.

2. Girard.

 

 

I. Névrose hystérique à l’origine de la psychanalyse.

 

 

Freud découvre la psychanalyse par le contact de l’hystérie (1895/1897). Vers 1890/1900, tout le monde étudiait la névrose hystérique. Freud découvre une méthode à cela.

L’hystérie masculine existe mais à l’époque de Freud, l’essentiel des patients sont des femmes hystériques.

1900 ans avant J.C, l’hystérie c’était associée à l’utérus desséché et il grossissait et obstruait des organes, donc amenait des troubles.

La femme hystérique a toujours été pointée du doigt comme quelque chose de mauvais. La névrose est un fonctionnement psychique vivant.

 

1. Hystérie :

 

1ère histoire : une femme fait une tentative de suicide. Elle avale des médicaments et sort nue dans la rue, recouverte seulement d’un imperméable. Dans la rue elle s’évanouit. Les policiers ne trouvent rien sur elle hormis un morceau de papier où est inscrit le nom d’un homme et son numéro de téléphone.

→ Hystérie ! La femme envoie un signe à quelqu’un.

 

2ème histoire : une femme de 30ans fait une psychanalyse. A 15ans, son père la présentait comme sa maîtresse, il sortait dans un café et la faisait asseoir sur ses jambes. Il était narcissique, et cela le valorisait. Quand elle fait la psychanalyse, elle pose une question « aujourd’hui, si je me mets nue devant mon père, va-t-il se comporter comme un père ou va-t-il me sauter dessus pour me violer ? Qu’est-ce qu’un père ? »

→ Hystérie ! La question du père est une question ravageuse pour l’hystérique.

 

De toujours, l’hystérie a été rattachée à la femme (par la société), mais il existe des hommes hystériques.

 

Les principes de l’hystérie : ce sont des principes vivants :

- Le corps hystérique :

+ Les problèmes sont essentiellement psychiques, mais l’hystérique souffre d’une pathologie corporelle (les symptômes). Ce sont des symptômes de conversion (= métaphorisation de problèmes psychiques, les symptômes ont une origine psychologiques et disparaissent psychologiquement [ex : comme sous hypnose]. Ils doivent être différenciés des troubles psychosomatiques [comme l’asthme, le diabète… soma sema = corps tombeau, matérialité du corps, s’oppose à ce qui n’est pas saisissable. Il y a toujours une cause physique] et des troubles corporels).

+ Si on démantèle la névrose, le symptôme disparait. Cela peut toucher n’importe quelle partie du corps, n’importe quel organe. Si un médecin ne comprend pas la patiente, il va traiter les symptômes un à un sans l’origine, donc il y a toujours d’autres symptômes qui apparaissent.

+ Les symptômes sont des signaux envoyés à un autre.

- Le maître :

+ L’hystérique se cherche un maître et va jouer un jeu. Dès qu’elle crée une position de maîtrise, elle essaye de destituer le maître. S’il tombe dans le piège, il ne l’intéresse plus, il devient un minable. Mais s’il résiste, elle panique et va donc créer une autre position de maîtrise.

+ Elle tire les ficelles des relations.

- Le théâtralisme :

+ L’hystérique a un comportement théâtral, elle en fait trop, elle est toujours en représentation. Comportement qui sonne faux, pas naturel, mais superficiel.

+ Attitude corporelle qui envoie des signes, pour capturer le regard.

+ Par exemple au niveau de l’habillement, elle va montrer ses jambes, et si ça ne marche pas, elle change aussitôt de stratégie. Faculté de s’adapter à son auditoire. Machine à séduire.

- La perversité :

+ A distinguer de la perversion.

+ L’hystérique fait peur, elle ment, elle déçoit, on ne peut pas lui faire confiance. C’est une allumeuse mais pour mieux décevoir, c’est une femme castratrice.

- Suggestibilité, dépendance, plasticité/inconsistance des symptômes et indifférence aux symptômes :

+ Quand le maître est choisi, elle devient totalement dépendante du maître. Il n’y a plus de théâtralité, elle se cache et met en avant son maître. Elle est influençable (suggestibilité), mais uniquement avec le maître. Elle se soumet qu’avec la personne qu’elle a désignée. Et elle va cherche une autre personne pour se plaindre. Elle cherche à faire jouir ce second homme sans coucher avec.

+ Capacité de prise de distance par rapport à ses symptômes (ex : quand l’hystérique arrive chez un analyste pour la première fois, elle pleure tout le long de l’entretien, elle utilise des milliers de mouchoirs, et au second rendez-vous, elle n’a plus rien, elle va bien). Lagan parle de caractère increvable. Elle traverse toutes les crises sans rien avoir.

- Le mensonge fondamental :

+ A l’origine de l’hystérie, il y a un mensonge de la mère sur le père. La mère critique sans cesse le père. Elle est éduquée par ces mensonges, par la faillite des relations hommes-femmes, pour elle les relations ne peuvent pas marcher.

+ Le père est absent, il faudrait qu’il ait une stabilité pour que le discours de la mère se fracasse. Là, le père n’est pas capable de faire face, de prendre le rôle de père.

+ La relation mère-fille est violente. Elle sait la réalité du père, mais n’est pas capable d’affronter sa mère sur ce niveau car trop de violence. Elle se soumet à la mère.

+ Univers familiale clos.

+ Par la suite, elle va tenter de venger sa mère dans ses relations amoureuses. La mère se présente comme une victime qui a été ravagée par sa relation avec le mari, mais tente de pousser sa fille à se marier. C’est la mère entremetteuse. Du coup, l’hystérique va fabriquer des situations d’échecs, qui vont la persuader du discours de la mère, on en revient à la femme castratrice. On sort de l’enfermement par idéalisation.

- Identification inconsciente :

+ L’hystérique s’identifie à des personnes mais de manière inconsciente. On retrouve ce phénomène dans les sectes. Puisque c’est inconscient, donc c’est puissant.

- Idéalisation :

+ Besoin absolu d’identification, recherche d’un homme, d’une idée…à laquelle elle veut croire, à en sacrifier sa vie.

+ L’idéal prend la figure du maître, recherche d’un homme sans faille, solide, inébranlable, même si elle sait que cela n’existe pas. Quand elle rencontre un homme, elle fait tout pour le tester, pour voir s’il tient.

+ En fait, elle recherche le père qu’elle n’a pas. Elle essaye de faire tenir un père idéal à bout de bras. Elle souffre de la position paternelle, elle cherche à le faire exister imaginairement. Elle est attirée par les personnes avec qui elle ne peut avoir de rapports sexuels, c’est plus facile à idéaliser.

- Désir d’être insatisfaite :

+ L’hystérique crée des situations où elle sera en position d’insatisfaction.

+ Freud parle « du rêve de la belle bouchère ». L’hystérique est mariée à un boucher, et tous les matins elle a envie d’un sandwich au caviar. Son mari qui aimerait la combler, se voit l’obligation de lui dire non, à sa demande.

+ Elle positionne le désir qui ne peut jamais être satisfait. Le désir ne peut apparaître que s’il échoue, il n’est jamais comblé. L’objet du désir est absent.

- La dépression :

+ Elle a un fond dépressif, ce qu’elle n’accepte pas de reconnaître. La dépression se voit dans la relation analytique, elle ne le supporte pas et demande à l’analyste de supporter tout ça. Elle se déleste de sa dépression sur l’analyste.

- Problème d’identification sexuelle :

+ Elle séduit, elle allume, mais elle ne sait pas fondamentalement ce qu’est une femme. Quand un homme cède à sa séduction, ça la rassure. Elle ne connaît de la femme que l’image qu’elle produit.

+ L’hystérique a une hyperféminité. Elle a une haine d’elle-même, ne supporte pas sa sexualité, son corps de femme.

- Le rapport à la loi :

+ Dès qu’on pose une règle, l’hystérique cherche à détruire la loi, c’est une vraie machinerie, tout faire pour enlever cette loi (ex : l’analyste lui donne rendez-vous tel jour, telle heure, elle va essayer de changer le rendez-vous, si l’analyste ne cède pas, elle peut appeler au moment du rendez-vous pour dire qu’elle ne peut pas venir, et il doit l’obliger à venir sinon il lui facture le rendez-vous).

+ Mais derrière, il y a le désir de voir la loi tenir. Avec elle, l’analyste ne doit jamais céder. Pour le pervers, la loi n’existe pas, alors que l’hystérique cherche l’existence/exigence de la loi.

+ Derrière la loi, on retrouve l’image du père.

 

2. Traumatisme :

 

Théorie du traumatisme : la résilience. Ce n’est qu’un plagiat de Freud. Freud a fait une théorie du traumatisme en prenant appui sur la clinique de l’hystérie.

Résilience : faculté à « rebondir », à vaincre des situations traumatiques. La résilience est la capacité pour un individu à faire face à une situation difficile ou génératrice de stress. Cette faculté n’est pas innée, mais elle trouve ses racines dans l’enfance, et dans la relation que les parents entretiennent avec leur enfant.

 

Quand on pense au traumatisme, on pense à un évènement qui peut être traumatisant pour quelqu’un. Mais en psychanalyse, non, c’est ce que le psychisme fabrique de cet évènement qui est traumatisant.

Il faut 3 éléments : un symptôme, une scène consciente, et une scène plus ancienne non consciente.

Ex : une femme de 20ans, explique qu’elle ne peut pas entrer dans un magasin :

- Angoisse d’entrer dans un magasin = symptôme.

- A 13 ans, quand elle est entrée dans un magasin, deux personnes ont rigolé, elle a pensé qu’on se moquait d’elle = scène consciente.

- A 8ans, elle est entrée dans une épicerie, l’épicier s’est jeté sur elle et a tenté de toucher ses organes génitaux = scène plus ancienne non consciente.

Freud reste bloqué pendant 2ans sur ce cas (de 1895 à 1897). Il veut comprendre comment le traumatisme est venu. Il pense que le symptôme peut disparaître si la patiente prend conscience de l’origine du traumatisme.

 

Au début, il cherche un évènement à 2 faces : l’évènement précurseur (facteur déclencheur) et perturbations sexuelles.

Dans ce cas, la scène à 8ans correspond bien à la perturbation sexuelle. La patiente découvre à ce moment-là une pulsion sexuelle qu’elle ne comprend pas, qu’elle traduit comme une agression envers elle. Mais il y a un problème, cette scène ne produit aucun symptôme.

Entre 8ans et 13ans, il n’y a pas de symptôme. Il faut attendre la scène à 13ans pour voir apparaître le traumatisme. La scène à 13ans est donc l’élément déclencheur, bien que ce soit une scène anodine.

 

Freud va donc changer d’attitude par rapport aux hystériques. C’est ce qu’on appelle un changement contre-transférentiel (changement des réactions inconscientes de l’analyste vis-à-vis du patient qui peuvent interférer avec son interprétation). Remaniement théorique très important. La théorie de la séduction est modifiée.

Théorie de la séduction : réalité clinique et conception de la causalité.

- Réalité clinique : Les hystériques souffrent de réminiscence, toutes elles ramènent leur souffrance à un même évènement (agression sexuelle). D’où, Freud a mis au point la théorie de la séduction. Freud cherche des traces de ces scènes de séductions, il enquête, il va voir les familles… Finalement, cette scène est un symptôme, il se rend compte qu’il ne doit pas écouter ses récits comme évènement, mais comme symptômes.

- Conception de la causalité : Freud est blindé par Hume et Mill. Ces auteurs pensaient qu’une cause causait un effet. Quand on a un effet, on peut remonter à une cause. Sans cause et effet, il n’y a pas de rationalité possible. Au début, il se dit donc que la scène de séduction est la cause, et le symptôme est l’effet.

Il va finalement se dire qu’il ne doit pas chercher si la scène de séduction est réelle ou fantasmée. Dans l’inconscient, il n’y a pas de critère de réalité. Il n’adhère donc plus au discours des hystériques, mais se dit qu’il doit les analyser.

 

Remaniement du traumatisme en 1897 : les scènes à 8ans et 13ans ne sont pas traumatisantes en elles-mêmes, ce qui l’est c’est l’interaction entre les deux.
C’est une combinaison complexe entre les 2 scènes. La 1ère scène est inerte, c’est un choc virtuel. Il faut une 2nde scène pour déclencher le traumatisme.

Pas de traumatisme physique, c’est une production psychique.

 

Conception du traumatisme en deux temps, expliquée par la sexualité. La sexualité est traumatique. Traumatique à cause de la prématuration humaine. Quand on naît, on naît prématuré, on n’est pas fini. Il y a une impuissance, détresse originaire du nouveau né = état de prématuration. Il faut se faire comprendre. La sexualité fait partie des relations avec les adultes.

 

L’homme passe par 3 périodes :

- Prématuration humaine : vivre des relations/évènements qui sont sexués. La sexualité entre en jeu mais ne peut pas être pensée, symbolisée. Le bébé ne situe pas la sexualité et ces évènements/relations vont être refoulés. Le langage structure une situation et la met en mémoire consciente. Un bébé n’a pas le langage, donc refoulement. Etape de prématuration, la sexualité est là, mais pas mise en mémoire consciente. Ca peut être ici les 1ères scènes de traumatisme.

- Médiation du langage : acquisition du langage, des connaissances. Discours sur la sexualité. Maîtrise du langage. On peut situer cette période vers 5ans jusqu’à vers 11ans.

- Adolescence : vers 13ans, l’individu vit des évènements sexuels qui vont être situés comme tel, et qui vont entrer en résonnance avec les évènements premiers, de la 1ère période.

Donc : 1 = sexualité non mise en mot ; 2 = latence de la sexualité et acquisition du langage ; 3 = sexuel compris.

Tout humain passe par ces trois étapes.

Analyse structurale de la sexualité. Puisqu’il y a 3 phases, c’est donc traumatique.

 

En 1897, Freud finit par penser le traumatisme comme psychique, le monde extérieur ne cause pas le traumatisme. Le traumatisme est intrapsychique. Ce sont 2 évènements qui se combinent. C’est lié à une conception structurale de la sexualité.

L’hystérie est une révolution dans la conception du traumatisme.

Nouvelle conception de la cure psychanalytique : retrouver le 1er évènement traumatique refoulé et le mettre en mot. Face à l’analyste, l’efficacité est de pouvoir parler de cet évènement. Ce qui compte c’est le discours, car c’est une construction du patient = efficacité symbolique.

 

 

II. Notion de base en psychanalyse.

 

 

1. La demande :

 

La demande est complexe, demande intriquée. Une demande peut être multiple, elle peut en cacher une autre.

Dans la demande, il y a deux niveaux :

- Le dit : ce qui peut s’énoncer dans le langage.

- Le non-dit : sens que tout le monde comprend, sens perceptible, mais non explicite dans l’énoncé.

Ex : la drague, un homme drague et demande « tu vis toujours chez tes parents ? ». Le dit c’est la demande, le non-dit c’est le désir caché sous la demande.

Le point fondamental de la psychanalyse : le non-dit n’existe que parce que le dit existe.

 

La psychanalyse a une conception particulière de la demande.

- La demande originaire : on part de la prématuration humaine, c’est un état de détresse originelle car dépendance à autrui, impuissance à assurer sa survie. Ex : l’enfant crie pour que la mère lui donne le sein, la mère peut répondre ou non, elle impose son désir et fait croire que son désir est ce que demandait l’enfant. La réponse crée la question. Pas de différence entre demande et satisfaction.

- Apprentissage de la demande : l’enfant accède à sa suggestivité en étant déporté par l’autre.

Ex : quand l’enfant crie pour avoir le sein.

- Sein 1 : c’est l’objet qui satisfait le besoin.

- Mais la mère ne donne pas que le sein, elle donne aussi sa présence, son amour… D’où le Sein 2 : c’est l’objet qui satisfait le besoin, mais c’est aussi le symbole de l’amour de la mère, c’est un signifiant.

L’enfant va finir par distinguer les deux, il va donc pouvoir être capable de demander soit l’un soit l’autre uniquement. Si la mère répond mal, cela peut produit une frustration. La difficulté est d’être en accord avec le désir de l’enfant.

- Chaque fois qu’un enfant fait une demande, un vide se creuse dans la demande. Toute demande possède quelque chose auquel on ne peut répondre. Donc, demande insatisfaite, sans fin. Et c’est cela qui définit la demande. Un vide qui ne peut être comblé. La demande tourne autour :

+ D’un objet absent : objet réel mais qu’il faut aller chercher car non présent.

+ D’une absence d’objet : objet impossible à fournir parce que ça n’existe pas, donc il faut y renoncer. Cette absence d’objet c’est ce que Lacan va appeler l’objet de désir.

→ Ce vide est organisateur de tout le fonctionnement psychique.

Demande : demande à double sens, explicite et implicite. S’inscrit dans le manque, recherche d’un manque qui ne peut être comblé.

 

On part du besoin (eau, nourriture…), on demande (par le langage). Cela crée du désir. Le besoin passe par la demande. Cela crée le désir. Le besoin en passant par le langage, devient la demande qui débouche sur le désir.

Le besoin : a toujours la visée d’un objet spécifique et irremplaçable. S’impose avec urgence, il est nécessaire à la vie. Le besoin s’oppose au désir. Dans le désir il n’y a pas d’objet réel dans le monde, et il est indestructible, reste permanent (différent du besoin). Le fonctionnement du désir annihile le désir → destruction du sujet (cf. chapitre 3).

L’au-delà de la demande : ce auquel on ne peut répondre.

La mère est objet absolu, le désir. La mère est un objet perdu, impossible. Objet absent = objet interdit. Absence d’objet = objet perdu à jamais.

Le besoin a 2 caractéristiques :

- A toujours la visée d’un objet spécifique.

- S’impose avec urgence car nécessaire à la vie.

Le désir est en opposition, car même s’il est satisfait il ne disparaît pas. Aucun objet réel ne peut satisfaire le désir. Ex : si on désire un objet et qu’on l’achète, le désir passe aussitôt sur un autre objet, nouvelle focalisation.

 

2. Notion de manque, IRS (Imaginaire, Réel, Symbolique) :

 

a. Le manque :

 

Le manque prend consistance si on représente un objet perdu, si on sait que l’objet devrait être présent. Ex : s’il manque un œil à un homme, on le remarque, mais si on nous dit qu’il manque un œil à une pierre, cela n’a aucun sens, on ne peut pas voir le manque.

Il faut qu’il y ait un système symbolique d’un objet pour imaginer le manque. Donc, le manque c’est un registre symbolique définit.

 

Pour le manque, il faut 5 choses :

- 3 registres : l’imaginaire, le réel, le symbolique.

- La présence de l’objet.

- L’absence de l’objet.

5 catégories bien distinctes mais nécessaires pour faire apparaître le manque. La présence et absence de l’objet sont deux registres à part, ils ne doivent pas être dans le même registre.

Ex : une étagère à la bibliothèque, avec quelques espaces entre des livres. Est-ce un simple espace ?

- Si on ne se réfère qu’au réel, oui.

- Mais symboliquement on se représente des livres qui devraient se trouver dans ces espaces.

En psychanalyse, toutes différences biologiques sont traduites dans le psychisme.

Par le registre d’un fichier (représente le symbolique) et l’emplacement représente le réel. Si on trouve une trace dans le registre du symbolique, on trouvera dans le registre réel.

 

 


D’après J.D. Nasio :

Castration : expérience psychique complexe, vécue inconsciemment par l’enfant vers l’âge de 5ans et décisive pour l’assomption de sa future identité sexuelle. Reconnaissance des différences anatomiques des sexes.

Le complexe de castration chez le garçon.

Constitution du complexe de castration masculin en 4 temps : 1- tout le monde a un pénis, 2- le pénis est menacé (menaces verbales des parents pour les pratiques auto-érotiques), 3- il y a des êtres sans pénis, la menace est donc bien réelle (1ère perception visuelle de la zone génitale de la petite fille, obstination à croire que c’est faux), 4- la mère est aussi châtrée, émergence de l’angoisse (l’angoisse naît quand il voit que sa mère n’a pas de pénis).

La vision de l’absence de pénis chez la femme d’une part, et l’évocation auditive des menaces verbales parentales d’autre part, définissent les 2 conditions majeures du complexe de castration.

Le garçon choisit son pénis et renonce à sa mère comme partenaire sexuel.

Avec le renoncement à la mère et la reconnaissance de la loi paternelle, s’achève la phase de l’amour œdipien.

La fin du complexe de castration est aussi pour le garçon la fin du complexe d’Œdipe.

Le complexe de castration chez la fille. 

La croyance à l’universalité du pénis est le préalable nécessaire à la constitution du complexe d’Œdipe pour l’un et l’autre sexe.

La mère est le personnage principal jusqu’au moment où le garçon s’en détache avec angoisse et la fille avec haine.

Chez la fille, le complexe de castration ouvre à l’amour œdipien pour le père.

Le rôle de la mère est beaucoup plus important dans la vie sexuelle de la fille que celui du père, la mère est à l’origine et à la fin du complexe de castration féminin.

Se déroule également en 4 temps : 1- tout le monde a un pénis (le clitoris est un pénis), 2- le clitoris est trop petit pour être un pénis, « j’ai été châtrée » (à la vue du pénis, la fille reconnaît d’emblée qu’elle a été châtrée, la castration a déjà était accomplie, envie de posséder un pénis), 3- la mère aussi est châtrée, résurgence de la haine contre la mère (elle rejette la mère et se tourne vers le père), 4- les 3 issues du complexe de castration, naissance du complexe d’Œdipe (soit pas envie du pénis, soit envie d’être dotée du pénis du l’homme, soit envie d’avoir des substituts du pénis, se tourne vers la mère, puis désir jouir d’un pénis, et enfin désir d’être mère).

La raison pour laquelle tant de filles en veulent à leur mère a pour racine ultime le reproche que celle-ci les a fait naître femmes au lieu de les faire naître hommes.


 

b. IRS (imaginaire, réel, symbolique) :

 

Symbolique :

 

Symbolique : langage en tant qu’il a une autonomie (bloc structuré extérieur à autrui) et une efficacité (retrouve la scène traumatique et la met en mot).

 

Symbole : vient du grec sumbolon, c’est un signe de reconnaissance. Ex : pièce en terre que l’on casse en deux, la réunion des deux forme le symbole. L’ajustement devient symbole. Notion de contrat social. Signe qui a été convenu par contrat, marque de reconnaissance convenue.

Symbolisme : fait partie de l’imaginaire, comme le lion est le symbole du courage. Un même mot peut avoir des sens différents. Le symbolisme est sur le versant de l’imaginaire.

Systèmes symboliques : équivaut aux institutions, système complexe d’idées, d’interdits, de représentations sociales, de rites, de lois… Qui préside au fonctionnement d’une société. Une société s’organise autour de ça. Ordre structuré auquel le sujet est confronté, et cette confrontation permet de se suggestiver. Identification par le symbolisme. Systèmes d’idées par rapport auquel vont se structurer les individus, l’individu se structure comme sujet par un système symbolique. C’est constitutif de la subjectivité.

Autre : le grand autre avec un A. Lieu du signifiant, de l’énonciation, d’où viennent les paroles. Catégorie abstraite de condition d’énonciation. Le fait de parler est de poser des signifiants les uns à la suite des autres.

 

Signifiant : image sonore d’un mot, représentation, on comprend le concept mais on se fait sa représentation.

Signifié : concept, sens, signification.

Ex : quand on dit « table », on émet un son, c’est le signifiant. On se représente tous une table, mais des tables différentes (de jardins, basses, de cuisines…) mais on comprend tous que c’est une table, ce que l’on comprend c’est le concept, c’est le signifié, c’est ce que l’on comprend quand on émet un son.

- Pour Saussure, la réunion du signifié et du signifiant forme la signification. Ils sont soudés pour faire un signe. Le signe linguistique représente une chose quand une chose est absente. La psychologie rompt avec ça.

- Pour Lacan, il y a une séparation des deux. Le signifiant est autonome, c’est-à-dire qu’il a un pouvoir sur l’être humain. Quand on parle, on n’est pas maître des mots (oubli, lapsus…). Le langage ne se définit pas par la communication. On est un pantin du signifiant, parler c’est être manipulé par le signifiant. Il permet le double sens, l’ironie, la métaphore.

En psychanalyse, le sujet est un signifiant, il n’a d’existence que dans le signifiant, il existe quand deux signifiants entrent en contact. L’inconscient est structuré par un langage. Donc le discours de l’inconscient est une succession de signifiés. Idem pour le discours conscient. Le sujet, c’est le moment de saisi par un point conscient d’un point inconscient. Un signifiant conscient appelle un signifiant inconscient qui va être récupéré et devenir conscient. L’instant précis où les 2 entrent en contact, c’est l’émergence du sujet. Le sujet n’est donc que ça en psychanalyse.

« Le signifiant c’est ce qui représente un sujet pour un autre signifiant, le sujet n’est pas signifiant, il est représenté par le signifiant ». Lacan, E819.

« Le sujet c’est ce que le signifiant représente et il ne serait rien représenté pour un autre signifiant ». Lacan, E835.

 

 

Ex : un homme rêve d’un groupe et quand il en parle il dit « sa bande ». Cela à deux sens, l’un « sa bande » bien au sens d’un groupe, et l’autre « ça bande » dans le sens sexuel. Or, il se trouve qu’à 8ans, il a été agressé sexuellement par un jeune homme de 14ans.

Signifiant est une plaque tournante entre rêve et inconscient.

Le signifiant est important car il permet une multiplicité de choses car il est quelque chose pour désigner un signifié. Renvoie à un énoncé, au sens d’une proposition. Le système du langage confère sens au signifiant, c’est parce qu’il a ça qu’il est important en psychanalyse, pour retrouver ce qui a été refoulé.

 

Imaginaire :

 

Imaginaire : fonctionnement psychologique, ce qui gravite autour de l’image mentale et de l’image de soi-même (moi et narcissisme). Ce qui gravite autour de l’agressivité (ex : le père devient un rival, complexe d’Œdipe).

L’imaginaire c’est l’autre avec un petit a.

Les relations imaginaires sont des relations à un autre, et c’est la projection de l’agressivité (mon agressivité projetée sur un autre, forme l’autre).

Gravite autour de soi dans le miroir, du moi, du narcissisme.

 

L’enfant n’a pas la saisie de son corps comme unité, il découvre l’unité grâce à son reflet dans le miroir, mais c’est une image inversée. Découverte vers 6mois-1an. De plus, cette expérience se fait devant les parents. Donc,  mon corps est morcelé, l’image me permet d’accéder à l’unité, image du miroir et du regard de l’autre.

Cela renvoie au mythe de Narcisse. Il découvre son reflet dans l’eau, d’abord comme un autre, puis c’est lui-même, et enfin il ne se reconnaît plus. L’altérité de son image le pousse vers l’image de lui-même.

On a plusieurs façons de voir son corps. L’enfant intègre l’unité de son corps par le biais de l’image dans le miroir, mais image problématique, et sous le regard des parents. Il doit se constituer par l’autre, en étant arraché de son corps par l’autre. Puis il y a refoulement et restera juste l’image.

Pour Lacan, c’est le stade du miroir.

L’image de l’imaginaire : perception et image interne.

Image mentale : évocation intériorisée des qualités perceptives d’un objet en l’absence de cet objet (César Flors).

Ex : la tour Eiffel. On la perçoit = précision. Par l’image mentale, c’est imprécis mais elle est porteuse de vérité, c’est bien la tour Eiffel, même si on ne peut pas compter les poutres (comme avec l’image perceptive).

L’image est de l’ordre de la production de sens. Quand quelque chose nous perturbe, on veut y mettre un sens.

L’image mentale est le ressort de l’imaginaire.

 

Donc, l’imaginaire :

- 1 : Image du miroir (moi, agressivité).

- 2 : Image interne.

- 3 : Production des sens.

Pour Lacan, l’imaginaire construit la réalité.

Pour Freud, c’est la croyance en la réalité qui construit la réalité.

 

Réel :

 

Réel : libido (force psychique de pulsion) et jouissance. Ce qui fait rupture dans l’imaginaire ou le symbolique, ce qui ne peut être repris par la pensée imaginaire ou par le symbolique, le langage. Ça renvoie à des évènements inouïs, surprenants. Ne peut être repris par la pensée d’anticipation → réel. Echappe radicalement à l’imaginaire et au symbolique.

Ex : Annie Duperey a perdu ses parents quand elle avait 8ans, elle a refoulé tous ses souvenirs avec eux, elle ne garde aucun souvenir d’avant la mort de ses parents. Il a fallut attendre une psychanalyse pour qu’elle puisse pleurer ses parents.

Face à un deuil, une production imaginaire consiste à agresser verbalement le mort, et une production symbolique consiste en une association de signifiants.

Un tueur en série qui répète toujours le même scénario, on voit la répétition mais le tueur ne la voit pas, il ne peut imaginer et symboliser ce qu’il répète.

En psychanalyse, il y a suggestivation s’il y a un peu de réel.

La pensée consciente a un pouvoir d’anticipation et de prévision. Ce cas de conscience permet de créer la réalité. Mais il y a des évènements dont le sens n’est pas récupérable par la pensée consciente, c’est cela le réel.

Ex : le cancer. A son annonce, il est refoulé, il ne peut être réel, mais quand un symptôme arrive, il n’a pas de sens, il ne peut être repris ni par l’imaginaire, ni par le symbolique.

 

Ce réel est bien embêtant, mais on peut être en contact avec lui par les rêves.

Pour Freud, le rêve est l’interprétation d’un désir. Pour Lacan, ce qui dans le rêve nous réveille, est réel.

Dans La science des rêves, chapitre 7, un père qui vient de perdre son fils veut aller dormir un peu pendant la veillée funèbre (pour Freud, cela signifie dormir pour rêver de son fils encore vivant). Il rêve que son fils le secoue en lui disant « père, tu ne vois pas que je brûle ». Il se réveille et effectivement il y a un incendie. Le réel c’est que le père a la sensation d’être passé à côté de la relation père-fils, et maintenant c’est trop tard. Et dans le rêve, le père est celui qui ne voit pas, il n’a pas vu la relation.

Ex : je rêve que la gestapo frappe à ma porte, et en vrai il y a bien des coups sur ma porte. Je me réveille d’un coup, flottement entre rêve et réalité. On n’est plus dans le rêve, il reste l’affect du rêve, et on entre dans la réalité par couches successives. J’entends bien des coups réels, je devine que c’est mon voisin, je me rappelle qu’il devait venir me voir pour une réunion de copropriété. On voit donc que la réalité se construit.

 

Au Canada, le caporal Lortie un jour met ses habits militaires, prend son fusil d’assaut et marche sur une assemblée où il tire et tue et blesse des politiciens. Quand on l’arrête, il dit « le gouvernement du Québec avait le visage de mon père ». Son père était un violeur et un incestueux. La violence du père fait surgir la violence meurtrière, il veut tuer son père.

« Ce qui est exclu du symbolique resurgit dans le réel » (Lacan). Il y a un trou dans le symbolique, et ça resurgit en une folie.

C’est ce que Lacan nomme la forclusion, c’est-à-dire un mécanisme de défense dans un processus psychotique face à une faille du symbolique.

 

« Le réel c’est l’impossible », renvoie à la sexualité, le réel se spécifie de cet impossible, il n’y a pas de rapport sexuel. Difficulté de relation avec l’autre sexe (totalement différent de moi).

Pour soi, l’autre sexe est irréductible à toutes les productions imaginaires, mais l’autre sexe n’a aucun rapport avec les productions inconscientes et les productions symboliques. Il n’y a pas de réalité sur l’autre sexe.

Jouissance : qui se ressent mais qui est informulable.

Une femme pour un homme restera toujours une énigme, et inversement.

Ex : Guy Georges tuait des filles. Un jour qu’il était en train de tenter d’en tuer une, elle lui a dit « ne me tue pas, ça restera entre nous ». Il a eu un temps d’arrêt, ne l’a pas tuée, elle a ainsi pu partir et courir le dénoncer à la police. Elle a eu un sacré coup de génie, elle a compris qu’il était enfermé dans une bulle, une bulle qu’il s’était construit, dont il ne pouvait sortir et il ne pouvait parler à personne, et par cette simple phrase la fille lui a signifié qu’elle entrait dans sa bulle.

 

Nœud Borroméen :

 

Ne pas imaginer ou symboliser une chose. L’IRS n’a pas de prise, on ne peut l’englober, le cerner par l’imaginaire et le symbolique.

Nœud Borroméen : un nœud de langage, représentant l’imaginaire, le symbolique et le réel, c’est une topologisation d’un dire, ce n’est pas imager un sujet mais rendre compte de son discours.

Ce sont 3 cercles distincts qui tiennent en 1 point. Si on sectionne un cercle, les 3 disparaissent. Car ils sont les uns au-dessus des autres. On est toujours face à un tryptique.

 

 

Ex : faire des arts martiaux. J’y vais pour apprendre à casser la figure aux autres (= imaginaire), j’y apprends des figures, des mots et autres (= symbolique), et je prends du plaisir à me faire battre par un plus fort que moi (= réel).

On rencontre toujours l’intrication du père.

 

3. Le père :

 

Castration : renoncer à être le phallus, c’est renoncer à être l’objet qui satisfait la mère. Le désir est marqué par le manque.

Oedipe : structure qui se met en place entre 3 et 5ans. Joue un rôle structurant pour le psychisme. Marqué par le fantasme de castration → représentation imagée de la perte d’une partie du corps, réponse à l’énigme posée à la différenciation des sexes, concerne le rapport à la réalité, rapport au corps, problème d’identité.

L’Œdipe chez le garçon se développe en 3 points :

- Le sujet se propose d’être l’objet de désir de sa mère.

- Le sujet rencontre l’obstacle du père, désir de destruction de cet obstacle, agressivité. Il va projeter son agressivité sur le père, il dira que le père est agressif envers lui. Le père est menaçant pour lui, c’est le père imaginaire, le père de la situation œdipienne.

- Le sujet renonce à la mère, il intériorise l’interdit paternel, ce qui amène au surmoi.

 

Il faut que la mère reconnaisse le père comme père, c’est par le désir qu’elle désigne le père. Perméabilité du discours de la mère au discours du père. Désigne le père par des gestes, des regards, des mots…→ signifiant du nom du père. Signifiant qui renvoie au désir de la mère.

Ex : une fille a perdu sa mère quand elle avait 3ans. Elle a été élevée par son père, mais n’a jamais pu le considérer comme son père. Elle a choisi des parents de substitution, ses voisins. Elle a fait son Œdipe avec eux, non avec son père.

Pour qu’il y ait du père, il faut tout un ensemble d’éléments.

Pour l’hystérique, le désir de la mère n’est pas perméable à la présence du père.

 

Dans le complexe d’Œdipe, le père joue un rôle fondamental.

Il existe plusieurs figures du père : R, I, S :

- Paternité biologique.

- Désir du père.

- Père par institution (qui se conforme aux règles institutionnelles).

Ex : au Vietnam, une mère élevait son fils qui avait 3 pères. Le 1ère, le biologique, était parti. Un 2ème, présent, s’occupait de l’enfant. Et un 3ème, qui vivait en France, celui qui comptait pour la mère, quand elle disait à son fils d’écrire à son père c’est à celui-là qu’elle pensait (père symbolique).

Donc, en psychanalyse on distingue ces 3 types de pères :

- Père réel : réel, biologique, ou celui qui s’occupe de l’enfant.

- Père imaginaire : c’est le rival de la situation œdipienne, qui fait obstacle à la relation mère-enfant. On projette son agressivité sur le père, image du père castrateur, qui veut faire du mal. C’est le produit de l’imaginaire. Le père jouit, non l’enfant.

- Père symbolique : ce qui fonde la paternité au niveau symbolique. A la fin de l’Œdipe, les 3 pères se distinguent. Ce qui permet au père d’être reconnu comme père dans l’ordre symbolique. Pour Lacan, c’est le signifiant Nom-du-père ou métaphore paternelle, qui représente la paternité symboliquement, le père est le support de ce signifiant.

Donc, à la fin de l’Œdipe, le père tyrannique n’est qu’imaginaire, il tombe, et le père réel n’est que soumis aux institutions et à l’ordre symbolique.

Un psychotique n’arrive pas à dissocier le père réel du père symbolique.

La paternité exige que soit distinguer RIS et que les 3 soient articulés en 1 point. Le père est donc basé sur la différenciation radicale des 3 mais doivent s’articuler en un point.

 

4. Le phallus :

 

Le phallus doit être distingué du pénis, ça n’a rien à voir avec l’organe anatomique. Le phallus c’est la fonction symbolique dans la relation amoureuse extra et intra-suggestive.

Primat du phallus pour les 2 sexes. Avoir ou ne pas l’avoir ? Le complexe de castration est centré sur le phallus pour les 2 sexes.

Pour Freud, la fille ignore le vagin. Mais pour Lacan c’est parce qu’il n’y a pas de signifiant pour le sexe féminin.

Le phallus est un objet imaginaire, conçu comme séparable du corps. Il est construit sur la perte du sein, de l’excrément. Signifiant du désir de la mère. C’est un objet que l’on peut perdre, mais au niveau du fantasme fusion totale avec lui.

C’est le signifiant de la différence, 1ère différence des sexes, c’est le représentant de la différence des sexes. Fondamental car me constitue corporellement, dans mon identité sexuelle, et la capacité à reconnaître les sexes crée la perception du monde, mon rapport au monde.

Pour le pervers, la différenciation des sexes a été déniée.

Le phallus est le signifiant de la signification.

C’est le signifiant de la jouissance, et il organise les relations amoureuses, produit les places d’hommes et de femmes dans la relation. Je sais que je suis une femme car je vois le désir d’un homme, j’attribue le phallus à un homme. A lui tout seul, l’homme ne peut avoir le phallus, il faut que la femme le lui attribue.

 

Statut de l’objet : définit par 3 caractéristiques : identité, autonomie et lieu.

- A tout objet correspond un lieu, et inversement.

- Pour exister, un objet doit être identique à lui-même. Devenir autre c’est cesser d’exister, ce qui caractérise l’objet c’est lui.

- L’autonomie c’est ce qui est distinct du monde extérieur.

Cette conception de l’objet va être le fait de perdre ces 3 caractéristiques. Dans le structuralisme, l’objet n’a donc pas cela. Pour la psychanalyse, l’objet qui a ces 3 choses, c’est le phallus.

Il est trouvé où il n’est pas, il est déplacé, ne fait pas partie de la réalité objective.

Pour Lacan, ce qui manque à cela c’est le phallus.

- Jamais là où on le cherche → pas objet réel.

- Manque à son autonomie → pas quelque chose d’imaginaire, plusieurs définitions.

- Manque à son identité → pas un concept.

Le phallus est déterminé par sa fonction symbolique qui organise toute sa sexualité. C’est la case vide qui est absent de la femme et de l’homme, mais qui organise toute la sexualité et fonde la place de l’homme et de la femme, organise l’homme et la femme dans les relations amoureuses. Objet manquant, centre organisateur.

 


D’après J.D. Nasio :

Stade phallique : moment particulier du développement de la sexualité infantile pendant lequel culmine le complexe de castration.

L’élément organisateur de la sexualité humaine est la représentation construite de l’organe génital mâle.

Phallus imaginaire : représentation psychique inconsciente qui résulte de 3 facteurs : anatomique, libidinal et fantasmatique.

Phallus symbolique : valeur d’objet détachable du corps, amovible et échangeable avec d’autres objets. Etalon symbolique qui rend possible que des objets quelconques soient sexuellement équivalents, c’est-à-dire référés tous à la castration.

Le phallus est le signifiant du désir.

C’est le signifiant de la loi, la séparation avec la mère.

Le même phallus en tant qu’imaginaire est l’objet visé par la castration, et en tant que symbolique est la coupure qu’opère la castration.

Le pénis réel, parce qu’investi, n’existe que comme phallus imaginaire ; le phallus imaginaire à son tour, parce qu’échangeable, n’existe que comme phallus symbolique ; et le phallus symbolique parce que signifiant du désir, se confond avec la loi séparatrice de la castration.




12/04/2013
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