Cours de psychologie

Cognition Sociale et Relations Intergroupes

Psychologie Sociale – Cognition Sociale et Relations Inter-groupes

 

 

Lectures conseillées :

- Jacque Philippe Leyens : Sommes-nous tous racistes ? Psychologie des racismes ordinaires.

- Pascal Morchain : Tous racistes, petit précis des déterminants psychosociaux du racisme et de la discrimination.

- Croizet J.C. & Leyens J.P. : Mauvaises réputations.

- Deschamps J.C., Beauvois J.L. & Schadron G. : Vers la cognition sociale. Psychologie sociale de la cognition.

- Yzerbyt V. & Schadron G. : Connaître et juger autrui. Une introduction à la cognition sociale.

 

Quelques définitions :

 

Sherif (1966): « Chaque fois que des individus appartenant à un groupe interagissent, collectivement ou individuellement, avec un autre groupe ou avec ses membres, en termes de leur identification de groupe, nous avons un cas de comportement intergroupe. »

 

Fiske et Taylor (1991): « Social cognition is the study of how people make sense of other people and themselves. It focuses on how ordinary people think about people and how they think they think about people. »

                       

Gustave Lebon :

 

Un des premiers psychologues sociaux.

Epoque où la société s’interroge sur les faits de société.

On l’interroge sur la place des femmes… sexiste !

 

« Dans les races les plus intelligentes comme les Parisiens, il y a une notable proportion de la population féminine dont les crânes se rapprochent plus par le volume de ceux des gorilles que des crânes de sexe masculin les plus développés. (...) Cette infériorité est trop évidente pour être contestée un instant, et on ne peut guère discuter que sur son degré. Tous les psychologistes qui ont étudié l'intelligence des femmes ailleurs que chez les romanciers et les poètes reconnaissent aujourd'hui qu'elles représentent les formes les plus inférieures de l'évolution humaine et sont beaucoup plus près des enfants et des sauvages que de l'homme adulte civilisé. Elles ont des premiers la mobilité et l'inconstance, l'absence de réflexion et de logique, l'incapacité à raisonner ou à se laisser influencer par un raisonnement, l'imprévoyance et l'habitude de n'avoir que l'instinct du moment pour guide. (...) On ne saurait nier sans doute qu'il existe des femmes fort distinguées, très supérieures à la moyenne des hommes, mais ce sont là des cas aussi exceptionnels que la naissance d'une monstruosité quelconque, telle par exemple qu'un gorille à deux têtes, et par conséquent négligeables entièrement. » (...)

«Vouloir donner aux deux sexes, comme on commence à le faire en Amérique, la même éducation, et par suite leur proposer les mêmes buts, est une chimère dangereuse (...). Le jour où, méprisant les occupations inférieures que la nature lui a données, la femme quittera son foyer et viendra prendre part à nos luttes, ce jour-là commencera une révolution sociale où disparaîtra tout ce qui constitue aujourd'hui les liens sacrés de la famille et dont l'avenir dira qu'aucune n'a jamais été plus funeste. »

 

Il est immergé dans les représentations.

Dans le premier paragraphe, distinction entre ce que l’on perçoit et les croyances antérieures.

Dans le second paragraphe, appel à la nature, croyance universelle qui affecte nos propres croyances. Interaction entre ce que nous percevons ici et maintenant et nos croyances antérieures.

 

Ethnocentrisme et hostilité entre groupes :

 

Selon Roger Brown (1986), si l'hostilité entre groupes ethniques constitue un phénomène aussi universel et, semble-t-il, si difficile à réduire, c'est qu'elle résulte de deux processus psychologiques très primitifs, et d'une condition universelle des sociétés ; ces phénomènes psychologiques sont selon lui l'ethnocentrisme et la formation de stéréotypes, et la condition de société est la répartition inéquitable des ressources.

 

Dès 1906, William G. Sumner définit l'ethnocentrisme comme « le terme technique pour la vision des choses où son propre groupe est le centre de tout... Chaque groupe se fait gloire de sa supériorité et considère les autres avec mépris ».

 

Ex : lors de l’inauguration du stade à Nice, Patrick Bruel est venu chanter. Mais il s’est fait huer. Pourquoi ? C’est un supporter du PSG. Certains spectateur du public doivent avoir chez eux des CD de ce chanteur, mais ici ce n’est plus le chanteur, mais un supporter du PSG, et le public est supporter de l’OGC Nice.

Ex : La Mettrie :

- « La viande crue rend les animaux féroces, les hommes le deviendraient par la même nourriture ; cela est si vrai que la nation anglaise, qui ne mange pas la chair si cuite que nous, mais rouge et sanglante, paraît participer de cette férocité plus ou moins grande, qui vient en partie de tels aliments et d'autres causes, que l'éducation peut seule rendre impuissantes. Cette férocité produit dans l'âme l'orgueil, la haine, le mépris des autres nations, l'indocilité et autres sentiments qui dépravent le caractère, comme des aliments grossiers font un esprit lourd, épais, dont la paresse et l'indolence sont les attributs favoris ».

- « Tel peuple a l'esprit lourd et stupide, tel autre l'a vif, léger, pénétrant. D'où cela vient-il, si ce n'est en partie, et de la nourriture qu'il prend, et de la semence de ses pères, et de ce chaos de divers éléments qui nagent dans l'immensité de l'air ? ».

 

 

I. L’interdépendance fonctionnelle : compétition et coopération.

 

 

Pour l’approche du « conflit réaliste », ainsi nommée par Campbell (1965), les conflits d’intérêts ou la présence d’exogroupes compétitifs mènent à l’hostilité et à une perception négative de cette source de désagrément. L’illustration la plus connue de l’approche du conflit réaliste est celle de Muzafer Sherif et à ses collaborateurs.

 

Les recherches sur lesquelles s’appuie Sherif, ont été réalisées lors de camps d’été organisés pour des groupes de jeunes garçons. La plus connue d’entre elles est demeurée célèbre sous le nom de la « Caverne des voleurs », d’après la propriété dans laquelle elle s’est déroulée (Sherif, Harvey, White et Hood, 1961). Il s'agit d'un moment de bascule : celui ou on peut étudier ça de manière expérimentale.

 

Cette expérience se déroule en 3 temps :

- Phase de constitution de l’inter-groupe : c’est la conception, les groupes se constituent : hiérarchie, rôles, règles… La création de groupes définis par une hiérarchie bien précise. Il commence presque toujours par une phase où les groupes se constituent : un groupe d'adolescents arrivent dans un domaine et on les laisse interagir pendant un certain temps. Pendant cette phase qui dure une semaine, le groupe s'organise. Des choses se reproduisent systématiquement pendant cette semaine : il se créé une certaine culture. Pendant l'organisation du groupe, des spécialités spécifiques à chacun vont apparaitre, une hiérarchie va apparaitre.

- Phase de conflit : annonce de l’existence d’un second groupe. Spontanément, les garçons se posent des questions, se méfient. Shérif décide d’organiser une série d’épreuves, avec un prix et une coupe. Il suppose que des sentiments hostiles vont se développer contre l’autre groupe. Et dès la fin de la première épreuve, le soir même, le groupe perdant lance un raid contre l’autre groupe. L’hostilité est en fait montée au fur et à mesure de la journée. Ils se mettent à se détester.

- Phase de résolution du conflit : Sherif cherche une solution pour faire cesser cette hostilité. En mettant les garçons en contact, ça ne marche pas. Il a l’idée de créer des buts supra-ordonnés, faire des choses communes, les faire coopérer. Et ça marche, l’hostilité baisse puis disparaît.

 

 

II. Insuffisance des explications antérieures en termes de personnalité et de frustration.

 

 

1. La personnalité :

 

Adorno, Frenkel-Brunswik, Levinson et Sanford (1950) : the authoritarian personnality, l’échelle F (F comme fascisme) qui est censée mesurer les tendances profondes de la personnalité potentiellement fasciste (les items de cette échelle sont relatifs à la tendance à la soumission à l’autorité, au traditionalisme, à l’antisubjectivisme, aux superstitions...).

 

Rokeach (1960) : l’autoritarisme mesuré par l’échelle F n’est qu’un cas particulier d’un syndrome plus général d’intolérance qu’il appelle « esprit fermé » (closed mind) ou « personnalité dogmatique ».

Le principal défaut de ces deux théories est sans doute qu’elles négligent les facteurs situationnels et socioculturels qui se révèlent souvent des déterminants très puissants (ex : Pettigrew, 1958). Elles ne peuvent pas non plus expliquer les changements rapides dans les expériences de Sherif. En outre, les garçons avaient été sélectionnés afin de ne présenter aucun trouble particulier de la personnalité.

                       

2. La frustration :

 

Théorie de la frustration-agression (Dollard, Doob, Miller, Mowrer et Sears, 1939) : toute frustration déclenche une agression, et si l’agression ne peut pas être exprimée, on se tourne vers un bouc-émissaire.

 

Ex : Hovland et Sears, 1940 : ont exploité des archives couvrant une période de 50ans et constaté l’existence d’une relation entre le lynchage de Noirs et le niveau de prospérité économique du sud des USA (corrélation négative entre le prix du coton et le nombre de lynchages).

Ex : Butz et Yogeeswaran, 2011 : l’opinion peut être affectée. Ils demandent des avis sur les asiatiques. Quand, avant de poser la question, ils font lire un texte sur la difficulté économique des USA, l’opinion devient plus négative.

 

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3. Insuffisance de l’approche fonctionnelle :

 

Donner des buts opposés conduit à l’hostilité.

Donner des buts supra-ordonnés conduit à la coopération.

S’il y a des intérêts incompatibles, l’hostilité arrive.

L'interdépendance est nécessaire et suffisante pour déclencher une tension.

 

Selon Doise, 1973, on peut se demander s’il subsiste bien deux groupes au terme de la troisième étape.

 

Comme l’indique Brewer, 1979, la compétition, l’interdépendance négative des objectifs paraît bien être une condition suffisante pour qu’apparaisse la discrimination intergroupe, mais n’est pas pour autant une condition nécessaire à l’apparition de ce phénomène.

Ex : dans l’expérience de Sherif, des idées péjoratives ont commencé à circuler avant la première épreuve de la compétition.

Condition suffisante signifie que si l’interdépendante négative existe cela suffit à déclencher le phénomène.

 

Sherif et coll., 1961, ont reconnu que la simple connaissance de l’existence d’un autre groupe paraissait déclencher des comportements discriminatoires.

 

Ferguson et Kelley, 1964, ont soigneusement évité d’induire une compétition entre les groupes. Ils obtiennent néanmoins un biais pro-endogroupe (favoriser, dans les comportements ou les perceptions, les membres de l'endo-groupe, c'est-à-dire du groupe d'appartenance), même de la part de membres qui n’ont pas directement participé au travail du groupe.

 

De telles observations établissent clairement qu’une interdépendance négative de buts n’est pas nécessaire pour voir s’établir une opposition entre deux groupes et un biais de jugement.

 

4. La théorie de l’identité sociale :

 

Théorie de Tajfel, 1981 ; Tajfel et Turner, 1979.

 

Expérience de Tajfel, Billig, Bundy et Flament (1971) : choix entre les peintres Klee et Kandinsky. Des élèves d’une école anglaise, âgés de 14 ou 15ans et se connaissant bien, prennent part à une expérience présentée comme une étude sur la prise de décision.

Ex de matrices utilisés :

 

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Dans une étude de Brown (1978), en situation réelle, les ouvriers d'une usine de moteurs devaient utiliser des matrices semblables à celles élaborées par Tajfel pour une tache de répartition de salaires entre leur atelier et un autre. En moyenne ils préféraient perdre 2£/semaine pour autant qu'ils gagnent 1£/semaine de plus que l'autre atelier.

 

Pourquoi les endogroupes suscitent-ils systématiquement des jugements plus favorables que ceux des exogroupes, même si cela implique de perdre certains avantages ?

 

Explication :

- La différenciation catégorielle : fournit un moyen simplifié de traiter l’information en réduisant son format et en la classant dans le plus petit nombre de catégories possible.

+ Tajfel & Wilkes, 1973 : perception de lignes. Il y a un contraste inter-catégoriel et une assimilation intra-catégorielle.

+ McGarty & Turner, 1992 : même phénomène dans la perception sociale en utilisant des extraits de discours d'opinions de droite ou de gauche. Il y a un biais de contraste et d'assimilation selon qu'ils aient été préalablement classés en deux tas distincts, ou non.

- L'estime de soi :

+ Cialdini, Borden, Thorne, Wlaker, Freedman & Sloan (1976) déterminent que ce en quoi l'individu est différent peut être favorable ou défavorable à l'individu au sein de son groupe. Il y a une différence entre identité personnelle et identité sociale. A cela s'ajoute la volonté d'avoir une bonne estime de soi.

+ Ils vont faire subir un petit échec personnel, ou pas (au hasard), à des groupes de sujets lors d'enquêtes téléphoniques.

+ Lorsqu'on n'est pas dans le bon groupe, on va tout faire pour y être : on va faire en sorte que notre groupe d'appartenance devienne le meilleur.

+ Cialdini & Richardson (1980) font une étude sur le lien entre échec/succès personnel et la discrimination intergroupe. Les gens avec un score médiocre en créativité latente vont décrire leur université comme meilleure que celle d'à côté.

 

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+ Fein & Spencer (1997) voient dans quelle mesure cette tendance à dénigrer un groupe (antisémite dans ce cas, présente dans une université) influencera un jugement de CV. Il y a la possibilité, ou non, pour les sujets d'auto-affirmation (exprimer valeurs importantes ou non) : si juste avant on donne la possibilité aux sujets de parler de leur vie et de ce qui est important pour eux, la discrimination est moins importante que dans le cas contraire. Il y a un rapport entre l'estime de soi et la façon dont nous allons nous représenter un groupe.

 

5. Limites du biais pro-endogroupe et réactions des groupes dominés :

 

a. Le système social :

 

Dans un système social, il peut y avoir un consensus général concernant la valeur d'un groupe. Et il en résulte que l'ethnocentrisme peut parfois être renversé.

 

Clark & Clark, 1947 : étude sur des enfants noirs de 3 à 7 ans, à qui on propose une poupée blanche et une noire. 3/4 des enfants préfèrent la poupée blanche à la noire.

 

Harba & Grant, 1970 : réplication de l'étude ci-dessus. Cette fois, 60% des enfants noirs préfèrent la poupée noire (le titre de l'article est « Black is beautiful »).

 

Remarque : dans une autre réplication, Jenkin (1985) constate que les enfants noirs qui montrent une préférence pour la poupée noire ont une estime de soi plus élevée que ceux qui manifestent une préférence pour la poupée blanche.

 

b. La justification du système :

 

Jost & Banaji (1984) : la justification du système renvoie aux divers processus par le biais desquels les membres d'un système social donné acceptent et justifient les conditions sociales, économiques, politiques et sexuelles, simplement parce qu'elles existent. Cela signifie que dans la mesure où des individus d'un groupe dominé manifestent une attitude de justification du système, ils négligeront l'intérêt personnel ou groupal et valoriseront le maintien du système.

 

Différentes expériences illustrent cette hypothèse :

- Jost & Burgess, 2000 : le sort après l'université (Maryland vs. Virginie). Les sujets ont une évaluation de leur formation qui est cohérente à ce qui leur a été annoncé précédemment par l'expérimentateur.

- Jost & al., 2003 : Askenaze et Sepharade à Tel-Aviv.

 

c. La légitimité du système :

 

Résultats d'une étude de Caddik (1982) : scores de discrimination lors de la dernière tache.

 

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6. La réconciliation : L'hypothèse du contact :

 

Dans The Nature of Prejudice de 1954, Allport conseille l'instauration d'une politique générale de déségrégation dans l'habitat, l'emploi et l'éducation.

Selon lui, pour être efficace, le contact entre groupes devrait être réalisé en respectant les conditions suivantes :

- Il doit concerner des personnes ayant des statuts égaux.

- Etre prolongé et comporter des possibilités de rencontres nombreuses.

- Comporter une activité coopérative.

- Avoir le soutien des autorités.

 

a. Si ces conditions ne sont pas remplies, quel est l'impact du contact ?

 

Stephan (1978), après avoir considéré les résultats de 80 études portant sur la simple déségrégation dans les écoles, à conclut que :

- La simple déségrégation ne réduit pas généralement les préjugés des Blancs envers les Noirs.

- L'estime de soi des Noirs n'augmente que rarement suite à la simple déségrégation dans les écoles.

- La déségrégation suscite un accroissement des préjugés des Noirs envers les Blancs aussi souvent qu'une diminution de ces préjugés.

 

b. L'efficacité du contact : quelques exemples :

 

Clore & al. (1978) : font une étude dans un camp d'été inter-racial. Ils constatent des attitudes et des comportements plus positifs après seulement une semaine de camp.

 

Cook (1979 ; 1984) a sélectionné des étudiants extrêmement racistes, dans une université du Tennessee. Ils sont recrutés pour un travail à temps partiel, pendant lequel ils doivent collaborer pendant 20 jours avec deux personnes, dont l'une était Noire. Toutes deux étaient des comparses de l'expérimentateur. Durant le travail, les étudiantes se comportèrent amicalement avec la comparse Noire. Après les 20 jours, elles manifestaient une réduction importante de leur attitude raciste et celle-ci se maintenait plusieurs mois durant. De telles fluctuations ne se retrouvaient pas dans un groupe contrôle pour les mêmes périodes. Il faut noter que cette attitude amicale ne s'étend pas à d'autres personnes noires, elle reste ciblée.

 

Aronson, Blaney, Staphan, Sikes & Snapp (1978) : la classe coopérative, « the jugsaw classroom ».

 

c. Limitations et conditions de l'efficacité du contact :

 

Le succès ou l'échec du contact et son application :

- Worchel, Andreoli & Folger (1977) : lorsque des groupes ont été en compétition et sont ensuite amenés à coopérer, si cette coopération débouche sur un échec dans la réalisation d'une tache, elle peut mener à une nouvelle détérioration de la perception de l'autre.

- Worchel & Norvell (1980) : ce problème disparait si l'échec est présenté comme du à une cause extérieur. Pour éviter les effets observés dans l'expérience précédente, il faut que les groupes ne puissent pas remettre la faute de leur échec sur le groupe avec qui ils ont coopéré. A ce moment là, le fait d'avoir travaillé en coopération améliore les relations des deux groupes ayant travaillé ensemble.

Le problème de la généralisation et sa solution :

- Minard (1952) : dans une communauté minière de Virginie, composée de blancs et de noirs. Il n'y a aucune discrimination, due à la couleur de la peau, à aucun moment. Cependant, à l'extérieur de leur cadre de travail, il y a ségrégation. Une expérience dans un lieu ou à un moment donné, ne permet pas de généraliser l'étude et ses résultats.

- Bond, Dicandia & Mackinnon (1988) : en situation psychiatrique. Il y a 4 fois plus de précautions prises avec les patients noirs qu'avec les blancs. Avec le temps, le comportement et les précautions sont adaptées à la pathologie de la personne, sans tenir compte de la couleur de sa peau. Ce processus se répète à chaque nouveau patient, malgré le fait que systématiquement il y a un rétablissement d'un équilibre entre les personnes.

- Voici quelques solutions à ce problème de généralisation :

+ Wilder (1984) : généralisation et typicalité en laboratoire. On fait collaborer un sujet et un comparse. Le sujet est hostile au groupe auquel appartient le comparse. A la suite de ce contacte prolongé, où la comparse était agréable mais qui a les caractéristiques typiques de l'autre groupe (c'est un représentant du groupe), le sujet généralise son opinion positive au reste du groupe.

+ Hamilton, Carpenter & Bishop (1984) : généralisation et typicalité sur le terrain, l'insertion de familles noires. Les sujets sont des familles blanches habitant dans des quartiers ou des familles noires commencent à s'implanter. Cette étude met en évidence un paradoxe : généralement, tout se passe bien, cependant les blancs qui sont devenus proches de ces familles noires ne généralisent pas, alors que ceux qui ont une interaction moins proche avec ces familles vont généraliser.

+ Brown & Hewstone (2005) : généralisation lorsque la catégorisation est saillante.

 

d. Le contact : quel bilant ?

 

Pettigrew & Tropp (2008) : méta-analyse de plus de 500 étudiants sur le contact, « How does intergroup contact reduce prejudice ? ».

 

Trois processus :

- Amélioration de la connaissance concernant l'exogroupe.

- Diminution de l'angoisse du sujet du contact inter-groupe.

- Augmentation de l'empathie et du changement de perspective.

 

Mais, ces études restent axées sur un seul type de processus. Elles n'ont pas assez d'ampleur.

 

Paluk & Green (2009) : Prejudice Réduction : What works ? A review and assessment of research and practice.

Malgré le grand nombre de recherches sur cette question, il reste à développer des programmes de recherche complets, comprenant l'élaboration d'hypothèses sur bases d'observations et la mise à l'épreuve des méthodes d'intervention utilisant en parallèle des expérience en laboratoire et de terrain.

 

7. La perception des groupes : les stéréotypes :

 

Le concept de stéréotype a été introduit en 1922 par Walter Lippmann dans son livre Public Opinion.

 

Ils sont souvent définis par les psychologues sociaux comme une conception partagée du caractère d'un groupe : « Les stéréotypes [...] ont trait aux relations de groupe à groupe. Nous les définirons comme des théories implicites de la personnalité que partage l'ensemble des membres d'un groupe à propos de l'ensemble des membres d'un autre groupe ou du sien propre. » (Leyens, 1983).

 

On peut aussi définir le stéréotype plus généralement comme étant « l'ensemble des croyances d'un individu relatives aux caractéristiques ou aux attributs d'un groupe. » (Judd & Park, 1993).

 

a. Origine et construction des stéréotypes : approche classique :

 

Approche socio-culturelle : d'où viennent les stéréotypes ?

- Cette approche n'envisage aucune motivation particulière à la constitution des stéréotypes.

- Katz & Braly, en 1933, sont les premiers à s'intéresser à la question des stéréotypes dans des études descriptives de Princeton. Pour réaliser leur étude, ils ont cherché à savoir ce que certains groupes pensaient d'autres groupes (ce que pensent les américains des français...). Des recherches qui ont suivi cette approche est ressortie l'idée selon laquelle il y aurait des stéréotypes dans une société donnée. Ces derniers se transmettent de génération en génération, mais aussi via les médias, les journaux...

- Eagly & Steffen, en 1984, mettent en place une approche selon laquelle les stéréotypes seraient en fait des observations. Ils s'intéressent plus particulièrement aux stéréotypes féminins et masculins. Leur hypothèse est que les stéréotypes masculins sont du type argentique, ils agissent, alors que les stéréotypes féminins serait qu'elles sont plus basées sur la communication. Si on regarde les hommes, on les voit dans des postes d'action alors que les femmes sont plutôt placées dans des rôles de mère, en situation familiale ou dans des postes de subvention. Ce n'est peut être pas vrai, cependant c'est ce qui a été constaté dans la vie de tous les jours. Il faut compléter les stéréotypes obtenus via l'observation par d'autres éléments. Il est important de savoir pourquoi ils se transmettent.

 

Approche cognitive : simplification du monde et biais perceptifs :

- Il y aurait des mécanismes de biais qui peuvent entrainer des stéréotypes.

- L'un de ces mécanismes a été mis en évidence par Hamilton & Grifford en 1976. Ils se sont intéressés à ce qui part de zéro. Ils ont supposé que : J'entends des informations sur un groupe A et un groupe B qui sont équivalents. Par conséquent, des représentations équivalentes de chaque groupe devraient se construire. Ce qui pourrait influencer nos représentations serait la taille des groupes, ou d'autres caractéristiques quantitatives ou qualitatives. Ils vont faire différents tests dans lesquels ils font passer une série de fiches à mémoriser. Il y a 39 fiches au total. Parmi ces 39 fiches, il y en a 26 qui concernent le groupe A et 13 qui concernent le groupe B. Elles sont constituées de la même manière : « Un membre du groupe A ou B a fait ... ». La proportion de comportements positifs ou négatifs est la même. On demande aux gens de mémoriser les informations sur ces fiches en prétextant qu'il s'agit d'une étude sur la mémoire. Une fois cette tache terminée, on leur demande à quel groupe appartenait tel ou tel comportement. Ils ont constaté une erreur systématique : les sujets vont attribuer plus de comportement négatifs au groupe B et inversement avec le groupe A. Cela est du au fait que le groupe B soit une minorité. D'autre part, ils ont constaté que s'il y a deux mauvais groupes, les sujets attribuent plus de comportements négatifs au groupe majoritaire.

 

Approche motivationnelle et fonctionnelle :

- En 1954, Allport montre que le fait de ne pas aimer quelqu'un demande une justification.

- Tajfel (1981), énonce la théorie qui détermine trois fonctions aux stéréotypes. La construction de représentations de ce qui nous arrange des bénéfices que l'on va en tirer. Ces trois fonctions sont :

+ La causalité sociale : recherche de compréhension des événements sociaux ou non sociaux par identification d'un groupe qui en sera vu comme responsable. Il prend l'exemple de la crise.

+ La justification sociale : le stéréotype va servir à justifier l'action commise par l'autre groupe.

+ La différenciation sociale : établissement d'une différence stéréotypique en faveur d'un groupe d'appartenance, afin de permettre la construction d'une identité sociale positive. C'est la fonction la plus générale : lorsqu'on se représente un groupe c'est se le représenter moins bien que celui auquel on appartient. Cela permet notamment de gagner de l'estime de soi.

 

Ces trois approches existent et contribuent à la création de stéréotypes.

 

b. Nouvelles approches :

 

Il y aurait deux composantes au stéréotype : le contenu et la théorie.

- Le contenu est ce que l'on croit savoir d'un groupe ou d'une personne. Dépend des fonctions que nous attribuons aux stéréotypes. Tajfel les qualifie d'explications, de justifications et de différenciations sociales. Pour Jost & Benaji (1994) c’est comme une justification du système.

- La dimension théorique est ce que Campbell appelle l'entitative. Medin a dit que les groupes appartiennent à la nature, ils sont ce qu'ils sont par essence. Rothbart & Taylor expliquaient que nous avons tous tendance à surestimer cet existentialisme. Ce n'est pas par hasard qu'il y a des stéréotypes, il y a une bonne raison.

Ex : dans le stéréotype de Lebon, qui disait que « les femmes sont inférieures », le contenu est qu'elles ne savent rien et la théorie est qu'elles sont inférieures.

 

Quelques exemples d'essentialisme et de généticisme :

- Smith & Russel (1984) : étude qui a démontré que les garçons, plus que les filles, ont tendance à attribuer les différences entre les sexes à des facteurs biologiques.

- Dambun, Kamiejski, Haddadi & Duarte (2007) : selon eux, plus les individus pensent que les gènes sont les principaux déterminants de la personnalité et des comportements (généticisme), plus ils sont racistes, plus ils sont sexistes et dénigrent les personnes économiquement pauvres.

- Keller (2005) : elle a monté une expérience dans laquelle, dans une première condition, les sujets lisent un article sur l'importation des gènes chez l'homme (condition pro-génétécisme), dans une seconde condition, d'autres sujets lisent un texte neutre. Les sujets qui ont lu le texte pro-généticisme deviennent significativement plus intolérants dans une tache de jugement que les sujets qui ont lu le texte neutre.

 

c. La question du contrôle des stéréotypes :

 

Il y a une distinction entre les processus automatiques et ceux qui sont contrôlés.

 

Différentes expériences sont menées sur la question du contrôle des stéréotypes :

- Bargh, Chen & Burrows : en 1996, ils font une étude sur l'influence de l'amorçage des traits et des stéréotypes sur le comportement moteur et le comportement social.

- Devine :

+ En 1989, il monte une expérience par rapport au racisme. Elle se déroule en deux étapes. L'activation et l'éventuel contrôle des stéréotypes dépendent de deux étapes de traitement, l'une est automatique et l'autre est contrôlée. Les sujets racistes, ainsi que les sujets non-racistes, connaissant tous les stéréotypes véhiculés dans la société dans laquelle ils vivent, les associent, très probablement, de manière automatique dès qu'un stimulus pertinent est rencontré. Par contre, alors que les sujets racistes s'accordent avec des stéréotypes ambiants, les opinions des autres personnes s'en démarquent.

+ Selon Devine, un jugement non-stéréotypé demande l'activation de l'opinion opposée au stéréotype et l'inhibition de la connaissance automatiquement activée. Un tel jugement demande donc le franchissement de deux étapes. Si la seconde, plus contrôlée, n'est pas franchie, le jugement émis sera stéréotypé, même s'il émane de sujets n'ayant pas de préjugés.

- Wegner :

+ Il travaille, en 1994, sur le « ironic processes of mental control » ou effet rebond : lorsqu'une personne veut éviter l'influence d'un certain type d'idées ou de concepts, elle parvient à cette fin en recourant à différents processus cognitifs. Le premier est un mécanisme de contrôle qui scrute l'environnement mental à la recherche de pensées non désirées. Une fois détectée, le second processus consiste à écarter cette pensée.

+ Le premier processus est sensé se dérouler de façon automatique, tandis que le second nécessite l'emploi de ressources cognitives. Mais ce fonctionnement inclue une difficulté : le processus de contrôle implique l'activation de l'idée à éviter.

+ Egalement, lorsqu’on demande à un individu de supprimer volontairement un stéréotype ou une pensée, ce stéréotype ou cette pensée revient en force plus tard, lorsqu’on cesse de le supprimer.

+  Cela débouche sur une autre expérience de Macrae, Bodenhausen, Milne & Jeen (1994). Ce qu'ils ont nommé effet rebond montre qu'il y a davantage d'impact d'un stéréotype (de « skinhead ») après une première tache où les sujets ont évité consciemment son emploi.

- Lambert & al. : ils ont montré que les réponses de type facilitation sociale et stéréotype sont les plus dominantes.

 

 

III. TD.

 

 

1. TD 1 :

 

a. Expérience de Ginie Helliot 1970 :

 

C'est une institutrice. Elle va essayer de faire prendre conscience à ses élèves de primaire (CE2), de ce qu'est la catégorisation, la discrimination et les conséquences qu'elles peuvent avoir. Elle les retrouvera 14 ans plus tard.

L'expérience se passe sur une semaine. Elle divise les enfants en deux groupes : les « brown eye people » et les « blue eye people ».

Les deux premiers jours, les « blue eye people » sont placés au dessus des « brown eye people ». Les marrons devront faire avec des contraintes.  Deux jours après, la situation est inversée. C'est comme ça qu'elle va créer une mini société dans sa classe de CE2.

La rencontre, 14 ans plus tard, permet à l'institutrice de faire le point sur son expérience.

 

Commentaires :

- Il ne s'agit par d'une expérience de psychologie sociale, mais d'une expérience de vie.

- Déontologiquement, un psychologue/chercheur, dans le cadre d'une recherche, ne pourrait pas faire ce genre d'expérimentation. Cela est du au fait qu'il y a un changement de comportement qui est induit par ce genre d'expérience, qui ne peut/doit pas être provoqué lors d'une expérimentation.

- Aussi, lors d'une recherche, on ne peut pas faire souffrir les sujets.

- Il est délicat de faire ce genre d'expériences dans toutes les écoles. Helliot est très connue dans sa communauté et elle a la confiance des parents et de leurs enfants. Dans un autre contexte, avec un autre enseignant, cela peut créer des complications, pouvant tendre vers l'extrême.

 

b. Autre expérience :

 

Une autre expérience, du même type a été mise en place pour une population adulte, par Ginie Helliot.

Cette population est composée des personnels des pénitenciers de l'Iowa. Ils ne se connaissent pas entre eux, et ils sont conviés à un séminaire sur les ressources humaines (couverture de l'expérience). Leur faire prendre conscience de la situation des groupes discriminés au niveau judiciaire. L'idée est de leur faire comprendre la situation des individus minoritaires. Ils sont séparés entre yeux bleus et yeux marron. Cependant, les yeux marron sont complices.

Les termes employés sont similaires entre les deux vidéos. Une fois que les groupes sont formés, il y a un sort commun qui fait qu'il va se former une sorte de cohésion/soutien dans le groupe dominé. Il faut noter que les rebellions sont individuelles et non soutenues par les individus du groupe. Pour se rebeller il faut que ce soit en groupe, les rébellions individuelles ne sont pas efficaces. Une activité synchronisée d'un groupe qui souhaite se rebeller est le point de départ d'une rébellion. Il ne faut pas laisser un groupe avoir une action coordonnée.

Dans le groupe dominant, on retrouve une grande partie de personnes appartenant à des minorités. Le groupe dominé est composé de personnes ayant l'habitude d'appartenir à un groupe dominant.

Malgré une rébellion individuelle, elle n'est pas suivie. Il faut une série de conditions pour qu'un groupe se rebelle : la communication, un leader.... Malgré la présence d'un leader, il n'y a pas un appel à la rébellion. Le réseau de communication est important pour permettre un soulèvement et conforte le pouvoir du leader.

Il faut toujours distinguer le processus du contenu. Ce qui compte ce sont les arguments.

 

2. TD 2 :

 

Les stéréotypes sont un ensemble d'idées, positives ou négatives, qu'on a vis à vis d'un autre groupe.

Le préjugé est une attitude négative à l'égard d'un groupe.

La discrimination est un passage à l'acte lorsqu'il y a un stéréotype.

 

Il y a trois composantes :

- Cognitive : correspond au stéréotype.

- Affective : il s'agit d'un sentiment défavorable à l'égard d'un autre groupe.

- Comportementale : comportement discriminatoire envers un autre groupe.

On peut penser de façon stéréotypée envers un groupe social sans forcément avoir un comportement discriminatoire. Il faut donc bien distinguer les trois composantes, et il faut qu'elles soient toutes présentes pour former un préjugé.

Le préjugé n'est pas quelque chose d'inné. Le comportement discriminatoire apparait une fois que l'enfant a appris les stéréotypes. Ces derniers sont appris en fonction du milieu social, c'est la société qui les porte. On a la possibilité de les accepter ou de les refuser.

 

Quand quelqu'un a un sort négatif, on va essayer de justifier ce sort. Lorsqu'on ne peut pas trouver une explication rassurante, positive, on met en place la théorie du monde juste : la personne a mérité son sort. La cohérence est la justice. Le but de cette théorie est de se protéger soi-même.

 

3. TD 3 :

 

On va mobilier la catégorie sociale qui s'adapte à la situation.

Notre cerveau fonctionne par catégorisation : cela nous permet de mieux mémoriser et retrouver les informations en mémoire. L'identité sociale résulte d'une catégorisation sociale par rapport à d'autres individus.

Il y a un processus de contraste (on exagère les différences entre les groupes) et d'assimilation (on voit plus de ressemblances entre les items d'une même catégorie).

 

But de l'identification à un groupe social : elle nourrit l'estime de nous. On va insister davantage sur notre identité personnelle, qui correspond à la réussite personnelle, que sur l'identité sociale, si l'estime de nous même est plus développée dans le premier cas. Dans le cas contraire, où l'estime de soi est basse, on va se rattacher à un groupe, un des groupes sociaux auquel on appartient et qui est valorisé. Cela permet d'augmenter l'estime de soi.

Se rapprocher d’un group social permet d'augmenter l'estime de soi lorsque cette dernière est menacée. Lorsque l'identité sociale est menacée, ou qu'elle est insatisfaite, les groupes sociaux peuvent adopter trois types de stratégies :

- Stratégie individuelle : changer de groupe social. On peut le faire uniquement lorsque les frontières entre les groupes sont perméables. C'est une stratégie de mobilité.

- Stratégie de créativité : changer l'image de notre groupe et valoriser notre groupe sur une autre dimension que celle où on est menacé. On l'applique lorsque les frontières sont imperméables.

- Stratégie de revendication : c'est une stratégie groupale de revendication, on réclame pour notre groupe d'appartenance des droits et des libertés. On rentre en conflit avec l'autre groupe. Il ne peut pas y avoir de stratégie individuelle dans ces cas là puisque les frontières entre groupes sont imperméables.

 

Il s'agit de biais de favoritisme de l'endogroupe avec pour but d'augmenter l'estime de soi.

 

Il y a 6 biais de jugement :

- Stéréotypisation.

- Erreur fondamentale d'attribution.

- Justificatif du sort négatif.

- Corrélations illusions.

- Biais de favoritisme de l'endogroupe.

- Essentialisme : attribuer des caractéristiques génétiques pour certains caractères, ils sont innés. On fixe ainsi une personne dans une catégorie de laquelle elle ne pourra jamais sortir.

 

On ne peut pas tout changer, puisqu'il y a des choses qui sont instituées. Mais on a toujours une marge d'action. C'est la responsabilité de chacun.

 

4. TD 4 :

 

Le stéréotype est l'idée que se fait un groupe d'un autre groupe, du point de vue des comportements...

 

a. Impact des stéréotypes sur la perception :

 

Quelques exemples :

- Duncan (1976) :

+ Il fait une expérience sur la perception d'un geste en fonction de la couleur de la personne. Il va faire 4 films dans lesquels un homme donne exactement le même coup sur l'épaule à un autre homme. La seule chose qui varie dans ces films c'est la couleur des acteurs : blanc sur blanc, blanc sur noir, noir sur blanc et noir sur noir.

+ Voici les résultats :

. La couleur de la personne qui reçoit le coup n'a aucune importance.

. Par contre la couleur de la personne qui le donne influence les opinions :

- 15% des sujets vont dire que c'est violent dans le cas où c'est un blanc qui porte le coup. Ils se justifiaient par le fait que la personne avait du provoquer le porteur du coup.

- 75% des sujets vont dire que c'est violent dans le cas où c'est un noir qui porte le coup. Il se justifie par le fait que le porteur du coup à l'air violent.

+ Tous les sujets sont blancs dans cette expérience.

- Darley & Gross (1983) :

+ Travaillent sur la catégorisation et la perception de performances. Leur hypothèse, selon laquelle les personnes issues de milieu social favorable ont de meilleures compétences que ceux issus de milieu défavorisé, a été confirmée par leur expérience.

+ Leur expérience se déroule sur plusieurs étapes :

. Avant de visionner un film sur une petite fille qui va à l'école ou dans un cadre scolaire. On leur demande ensuite de faire une évaluation :

- Dans le cas ou on présente le film où elle joue dans un parc, et qu'on leur présente un dossier avec un cadre social, on obtient :

+ Cadre positif, les sujets pensent ne pas pouvoir évaluer les performances de la petite fille. (1)

+ Cadre négatif, les sujets pensent ne pas pouvoir évaluer les performances de la petite fille. (2)

- Dans le cas où on ne donne pas d'informations sur le cadre social et qu'on montre le film ou on voit une petite fille en classe :

+ Si on ne fournit pas de cadre social, sujets pensent ne pas pouvoir évaluer les performances de la petite fille. (3)

+ Si le cadre social est positif, elle a de bonnes performances. (4)

+ Si le cadre social est négatif, elle a de mauvaises performances. (5)

+ On ne se demande pas la même chose en fonction du statut. Dans la condition 4, l'hypothèse est positive alors que dans la condition 5 elle est négative. Les sujets vont chercher les éléments pouvant confirmer leur hypothèse. Ils vont essayer d'affirmer l'idée qu'ils se sont faits lorsqu'ils ont lu le cadre social.

+ Un stéréotype peut affecter le jugement par un mécanisme de confirmation d'hypothèses qui altère la perception d'informations individuelles et ambigües.

- Bodenhausent (1988) :

+ Il travail sur la catégorisation et le jugement de culpabilité.

+ Il va reprendre ce qui correspond aux situations 3, 4 et 5 de Darley & Gross. Il en tire plusieurs situations :

. Présente un dossier de justice ambiguë concernant un vol avec violence (vol à main armée). Le dossier est ambigu puisqu'il y a un accusé, dont on n'a aucune information, mais des éléments ambigus sont insérés à l'intérieur du dossier. Après avoir lu ce dossier, les sujets pensent ne pas pouvoir déterminer la culpabilité de l'accusé.

. On présente ce même dossier en y ajoutant, en première page, des informations sur l'accusé : il s'appelle Ramirez. Dans ce cas, les sujets le considèrent comme coupable.

. Toujours ce même dossier, avec en début des informations sur l'accusé : il s'appelle Johnson. Dans ce cas, le sujet le considère comme non coupable.

+ Pour vérifier que les étapes 2 et 3 ne sont pas influencées par le nom de l'accusé, ils vont inverser les pages : la page concernant l'identification du sujet c'est la dernière pas et plus la dernière. Voici ce qui est obtenu. Les sujets ne peuvent pas pouvoir déterminer la culpabilité du sujet. Ils sont, inconsciemment, influencés par le nom du sujet lors de la lecture du dossier lorsque celui-ci est présenté en début de dossier.

- Wason (1968) :

+ Il y a une série de carte. Sur chaque carte, il y a sur une face des lettres et sur l'autre chiffre. L'affirmation à vérifier est la suivante : sous une carte avec voyelle il y a un chiffre pair. On présente la suite suivante : EK74. On demande aux sujets quelle carte faut-il retourner pour vérifier l'hypothèse.

+ On fait une expérience similaire en remplaçant les chiffres par des sujets (mineur ou majeur) et les lettre par des boissons (avec ou sans alcool). Il faut vérifier si on n'est pas en contravention avec la loi selon laquelle on ne peut servir que des boissons sans alcool à des mineurs. Pour cela il faut vérifier si « mineur » correspond à « boisson sans alcool ».

+ Pour cela il faut :

. Vérifier que sous la lettre E il y a un chiffre pair et que sous le chiffre 7 il y a une consonne.

. Vérifier ce que boit le mineur et qui boit le verre de vin.

. Il n'est pas nécessaire de vérifier ce qu'il y a derrière la carte 4 parce que la règle n'est pas réversible, il peut y avoir une voyelle ou une consonne. De la même façon, il n'est pas nécessaire de vérifier qui boit le verre de coca, ce n'est pas important puisque n'importe qui peut boire du coca.

+ Cela montre que de manière automatique, les sujets vont essayer de confirmer leur hypothèse de base.

- Allport & Postman (1947) :

+ Travaillent sur la chaine de rumeur. Ils présentent une diapositive à un sujet qui va devoir la décrire à une autre personne. Ils vont chercher les déformations dans les explications d'un sujet à l'autre. Ils constatent que les sujets déforment dans le sens de leurs préjugés et de leurs stéréotypes.

- Correl, Park & Judd (2002) : « The police officer's dilemma » :

+ Au travers d'une simulation vidéo, ils vont étudier l'effet de l'ethnie sur la décision de tirer ou pas. Il s'agit d'identifier si la cible et dangereuse ou pas selon l'objet qu'elle tient.

+ On constate que les stéréotypes de notre société, dans lesquels on baigne, qu'on y adhère ou pas, vont nous influencer dans des choix rapides. De plus l'arme est reconnue plus rapidement si elle est tenue par un noir et l'objet est identifié comme non dangereux plus rapidement lorsqu'il est tenu par un blanc.

+ Les sujets sont 50% blancs et 50% noirs. Les résultats obtenus sont les mêmes.

+Les perceptions sont influencées en fonction des stéréotypes, qu'on y adhère ou pas.

 

b. Impact des stéréotypes sur le comportement et les performances de la personne stéréotypée :

 

Via le comportement d'un interlocuteur :

- Snyder & Haugen (1995) :

+ Ils vont mettre en communication deux personnes qui ne se voient pas. Ils donnent à une de ces personnes une idée fausse sur la personne qu'il ne voit pas.

+ Ils ont testé le stéréotype de l'obésité dans une conversation téléphonique entre deux personnes lorsqu'une des personnes (homme) à une image de l'interlocutrice (femme). Cette image peut être soit d'une personne obèse soit d'une personne mince. L'interlocutrice pense que l'autre a sa vraie photo.

+ On enregistre les communications qu'on fait écouter à des juges.

+ Il y a une autre variable : trois conditions selon la mission donnée à l'interlocutrice.

. Adaptative : « il faut que l'interaction se passe bien ».

. De connaissance : « de former une impression stable sur le partenaire ».

. Standard : pas d'objectifs définis. Ils supposent que dans ce cas, l'interlocutrice va faire en sorte que ça se passe bien, ils s'attendent à des résultats similaires à la condition adaptative.

+ On coupe la voix masculine et on demande à un juré d'évaluer la personne. On s'intéresse au type d'ajustement que va faire l'interlocutrice.

- Word, Zanna & Cooper (1974) :

+ Travaillent sur les attitudes non-verbales dans les entretiens de recrutement. L'expérience se déroule en deux temps, avec à chaque fois un sujet et un comparse :

. Première phase : le sujet (toujours blancs) est dans le rôle du recruteur. La couleur du comparse change, noir ou blanc. Ils répondent aux questions de la même façon, se comportent de la même façon et ont les mêmes CV. On repère les attitudes non-verbales du recruteur. On constate que les recruteurs mettent plus de distance dans le cas où le candidat est noir.

. Seconde phase : on se demande si les attitudes du recruteur sont facilitantes ou pas vis à vis des performances des candidats, pour cela on va utilisé les attitudes non-verbales. Le comparse est le recruteur : il va se comporter avec les attitudes non-verbales observées dans la première phase sur de vrais candidats (tous blancs), en alternant avec des attitudes observées face à un candidat noir et des attitudes observées face à un candidat blanc. On constate que les candidats ont de moins bonnes performances si le recruteur se comporte comme le sujet s'est comporté face au comparse noir dans la première phase.

+ Les attitudes non-verbales suffisent à détériorer les performances des personnes, en fonction des croyances qu'on a sur sa catégorie.

 

Sans le comportement d'un interlocuteur.

- Steele & Aronson (1995) : la menace du stéréotype.

+ Son idée est que, même si la tache est tout à fait objective, les sujets vont être influencés par les stéréotypes qui les touchent.

+ Ils mettent en place un test difficile de 30 minutes qu'ils vont faire passer à des sujets (étudiants de même niveau en mathématiques (brillants)). Ces sujets sont soit blancs soit noirs. Il y a trois conditions dans l'expérience :

. Test diagnostic : test décrit comme efficace pour mesurer les capacités intellectuelles.

. Non-diagnostic : test présenté comme une tache de résolution de problème non diagnostique des capacités intellectuelles.

. Non-diagnostic / challenge : même type que le test non-diagnostic avec en plus l'exhortation à voir l'épreuve difficile comme un challenge.

+ Résultats :

. Dans la condition « diagnostic », les noirs font moins bien que les blancs. Dans les deux autres conditions, les performances des noirs ne sont pas affectées : ils font aussi bien que les blancs.

 

L'effet observé est situationnel puisque le groupe sait qu'il a une représentation négative. On obtient le même genre de résultat entres des étudiants et des étudiantes de même niveau.

 

Ce qui est important c'est que même dans une situation objective, le seul fait que la personne se dise qu'elle est capable de confirmer un stéréotype qui la concerne va influencer ses performances.

 

Pour éviter ce genre de chose c'est éviter d'insister sur les enjeux. Quand cela n'est pas possible il y a la possibilité de faire focaliser les gens sur une autre idée. On peut se servir aussi de l'auto-affirmation : faire en sorte qu'ils se centrent sur le type d'individu qu'ils sont et non sur les stéréotypes qui les touchent, pour cela on peut leur faire rédiger un texte auto-évaluatif « positif ».

 

Il faut noter que les stéréotypes exercent à trois niveaux :

- L'influence du stéréotype se passe au niveau de l'observateur/juge d'une autre personne.

- Quelqu'un qui a un stéréotype sur un autre individu va influencer les performances de son interlocuteur. C'est la relation source-cible qui est touchée.

- L'influence du stéréotype se passe au niveau du sujet, de la cible, même sans observateur.

 

Il y a différentes stratégies de lutte contre les stéréotypes :

- Jouer sur l'habillage de la tache de sorte à ce qu'elle apparaisse comme non-évalutive.

- Se focaliser sur une autre identité, qu'elle soit sociale ou qu'il s'agisse d'un élément spécifique de l'identité personnelle plutôt que sur l'identité sociale menacée.

- Réduire la menace par de l'auto-affirmation : il faut restaurer un sentiment d'intégrité de soi.

Supprimer la nature diagnostique du test, par exemple par une brève introduction stipulant que bien que révélatrice des capacités sous-jacentes, l'épreuve n'en est pas moins équitable entre les genres, les ethnies, les classes sociales...



17/01/2014
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