Cours de psychologie

Abrégé de psychologie cognitive - Patrick Lemaire

 

I. La psychologie cognitive : son objet, ses méthodes et mesures, ses théories :

 

Objet de la psychologie cognitive :

 

Psychologie cognitive : née dans les années 1950, cherche à comprendre les processus cognitifs (mécanismes mentaux) nécessaires pour réaliser des activités intellectuelles.

Sciences cognitives : cherche à comprendre la structure et le fonctionnement de l’esprit.

 

Méthodes en psychologie cognitive :

 

Etudes en laboratoire.

Approche scientifique d’une question :

    - Question de recherche.

    - Hypothèse relative à la question.

    - Etude empirique pour tester l’hypothèse.

    - Répondre à la question par les données recueillies.

Méthode d’observation naturelle : dans l’environnement on observe, mais ne permet pas de comprendre les mécanismes qui entraînent les comportements.

Méthode expérimentale : en laboratoire, avec VI (manipulée par le chercheur) et VD (mesurée).

Aléatorisation : répétition aléatoire des participants ou du matériel dans les conditions expérimentales.

Validité interne : la variable manipulée et celle qui affecte le comportement.

Validité externe : généralisation des conclusions.

 

Mesures en psychologie cognitive :

 

Mesure de l’activité cognitive par temps de réponse, pourcentages d’erreurs, protocoles verbaux, mouvements oculaires, activations cérébrales…

Temps de réponse ou de réaction : temps entre la réception d’un stimulus et la réponse. Se mesure par :

     - Méthode soustractive : compare 2 tâches qui font appel aux 2 mêmes processus, mais l’une des tâches a un processus supplémentaire, on le calcule par : Temps total – Temps des 2 processus (peu fiable).

     - Méthode additive : une tâche cognitive s’accomplit par suite d’étapes de traitement, on manipule VI pur voir les processus.

 

Théories en psychologie cognitive :

 

Construire une théorie c’est construire une représentation des phénomènes observés et des mécanismes envisagés pour expliquer ces phénomènes.

Théorie computationnelle : simulée sur ordinateur.

Théorie non-computationnelle : description verbale ou schématique.

La théorie computationnelle est plus intéressante car : explication claire, précise, spécifique, non limitée, facile à tester et à évaluer.

Une bonne théorie doit expliquer le plus de phénomènes possibles avec le moins de mécanismes.

 

II. L’attention et la mémoire de travail :

 

L’attention :

 

Attention : capacité à se concentrer, réservoir de ressources mentales.

     - Attention sélective : sélectionne l’information pertinente.

     - Attention partagée : accomplir plusieurs tâches en même temps.

     - Attention soutenue : focalisé sur une seule source.

     - Attention exogène : déclenché par stimulus externe.

     - Attention endogène : déclenchée par le participant lui-même.

 

Effet Stroop : couleur et nom de couleur.

     - Tâche congruente : rouge écrit en rouge.

     - Tâche incongruente : rouge écrit en vert.

→ Plus rapide dans situation congruente.

Effet d’amorçage négatif : des paires de lettres dont une des lettres doit être inhibée, cette lettre devra être réactivée plus fortement.

Effet de shadowing : des messages différents dans chaque oreille, les mots synonymes sont davantage reconnus.

Effets de ressemblance inter-tâche et de la difficulté des tâches dans le partage attentionnel : quand 2 tâches à effectuer se ressemblent, les performances se dégradent.

Effets d’automatisation des processus : avec entraînement, on peut effectuer aisément 2 tâches en parallèle.

Le système cognitif ne peut traiter toutes les informations qui lui parviennent, il faut sélectionner les informations pertinentes.

 

Théorie du filtre sélectif : les informations sont filtrées.

Théorie de l’atténuation : les informations non pertinentes son atténuées.

Théorie de la sélection tardive : c’est en MCT que les informations pertinentes son retenues les autres éliminées.

 

La mémoire de travail :

 

Mémoire de travail (MdT) : stocke et traite temporairement les informations.

Tâches d’apprentissage de liste d’items :

     - Tâche de rappel sériel : items restitués dans l’ordre.

     - Tâche de rappel libre : items restitués dans n’importe quel ordre.

     - Empan en MdT : nombre d’items correctement rappelés.

Tâche de Brown et Peterson : blocage des mécanismes d’autorépétition mentale des syllabes.

Double tâche : comparaison entre une tâche effectuée seule ou avec une autre.

Tâches d’empan fonctionnel : mesure les empans en MdT en cours de réalisation d’une tâche cognitive.

Effet de capacité et de durée limitées : en MdT 7 + ou – 2 éléments et rétention de 15secondes. Peut être augmenté par chunking (regroupement) et autorépétition mentale.

Effet d’interférence : oubli en MdT résulte de l’interférence entre ancien et nouvel item.

Effet de rappels sériels :

     - Effet de récence : les derniers items d’une liste mieux mémorisés (résulte de la boucle phonologique).

     - Effet de primauté : les premiers items d’une liste mieux mémorisés (résulte de la boucle phonologique et de l’administrateur central).

Effets de similarité acoustique : la similarité acoustique suggère que l’information est représentée verbalement en MdT.

Effets de rotation mentale : en MdT nous manipulons l’information aussi de manière visuo-spatiale (rotation).

Effets des catégories sémantiques : en MdT l’information est codée de manière sémantique (sens des mots).

Modèle de Baddeley et collaborateurs : comporte un système central (administrateur central qui gère les fonctions exécutives) et des systèmes esclaves (boucle phonologique qui gère l’autorépétition mentale et le langage, le calepin visuo-spatial qui traite les informations visuelles et spatiales, et le buffer épisodique qui est un système de stockage entre la MdT et la MLT). Ici, la MdT est un réservoir de ressources cognitives. Les composants de la MdT sont indépendants mais entretiennent des relations entre eux.

Quelques validations empiriques :

      - Effet de la surcharge en MdT : si dans une tâche cognitive, la quantité de ressources cognitives nécessaires dépasse celle disponible, alors les performances devraient se dégrader. Dans la mesure où deux tâches ensemble consomment plus de ressources mentales que disponibles, l’exécution des deux tâches ensemble est détériorée.

     - Effets spécifiques des composants : dans le raisonnement verbal, l’administrateur central a un rôle crucial.

 

III. La mémoire à long terme :

 

Définitions, méthodes et distinctions :

 

Etude naturelle : dans la vie quotidienne, notée sur un journal puis testé par un observateur indépendant.

Etude en laboratoire : facteurs contrôlés.

      - Phase d’encodage (mémorisation).

      - Phase de maintien (tâche distractrice).

      - Restitution (restituer ce qui a été mémorisé).

 

Mémoire rétrospective : gestion des évènements passés.

Mémoire prospective : gestion des événements à venir.

Mémoire sémantique : connaissances générales du monde et du langage.

Mémoire épisodique : souvenirs personnels et autobiographiques.

Mémoire explicite : utilisation consciente de la mémoire.

Mémoire implicite : utilisation non consciente de la mémoire.

Mémoire déclarative : connaissances générales sous forme de savoirs.

Mémoire procédurale : savoir-faire.

 

Effets expérimentaux importants : 

 

Effet de la répétition mentale de maintien : plus on répète mieux on mémorise.

Effets de la profondeur de traitement de l’information : la qualité de mémorisation d’un item dépend de la profondeur du traitement de l’encodage, c’est-à-dire que l’information sera mieux retenue si elle est associée à un souvenir, un sentiment…

Effets de contexte : plus les contextes de stockage et de rappel se ressemblent, meilleures sont les performances mnésiques.

Effet de fan (ou d’interférence) : les items partageant des informations partagent aussi l’activation reçue et sont donc moins rapidement activés et reconnus ou rappelés.

Effets du type de tâche : interaction entre le type de tâche de rappel et le type de tâche d’encodage.

Effets de la question inductrice : la mémoire des informations change en fonction de la manière dont on sonde ces informations, comme si l’information récupérée en mémoire était altérée par le sondage même de la mémoire.

Effets d’organisation hiérarchique : l’organisation sémantique des concepts en MLT détermine leur vitesse de récupération.

Effets d’organisation schématique : les évènements sociaux sont organisés sous la forme de schéma ou de scripts au sein desquels certains éléments sont centraux et d’autres périphériques.

 

Théories générales de la mémoire :

 

Les postulats de la théorie appelée théorie ACT (Adaptive Control of Thought) par Anderson :

      - Postulat 1 : le système cognitif comprend la MdT, la mémoire procédurale et la mémoire déclarative qui interagissent entre elles.

      - Postulat 2 : les chunks constituent des réseaux de nœuds dont chaque nœud comporte un niveau d’activation. Si ce niveau est dépassé, l’activation se fait en MdT.

      - Postulat 3 : L’encodage construit une représentation en MdT qui va activer sa représentation en MLT.

      - Postulat 4 : en mémoire procédurale, le traitement de l’information se fait par des systèmes de production.

Ainsi, la répétition crée une meilleure représentation en MLT (plus simple, plus riche), l’activation sera plus facile.

 

IV. Le raisonnement :

 

Définition, distinction et limite :

 

Raisonner : comprendre les implications d’un ensemble d’informations.

Raisonnement déductif : tirer des conclusions vraies à partir d’informations vraies.

Raisonnement inductif : inférer une règle générale à partir d’exemples particuliers.

De nombreuses situations mettent en œuvre des inférences déductives et inductives conjointement.

 

Tâches utilisées :

 

Tâches utilisées en raisonnement déductif : tirer des conséquences ou implications (modus ponens [si A implique B, A donc B], modus tollens [si A implique B, non B donc non A], déni de l’antécédente [si A implique B, non A donc impossible à conclure], affirmation de la conséquente [si A implique B, B donc impossible à conclure]), syllogisme (production, vérification).

Tâches utilisées en raisonnement inductif : trouver la catégorie cible, test d’hypothèses (série à compléter, règle générale à trouver).

 

Effets expérimentaux :

 

Effets de la structure du matériel : quand l’énoncé est un modus ponens (si A implique B, A donc B) les participants réussissent mieux, et la complexité des suites diminue le taux de réussite, idem quand le nombre de dimensions à prendre en compte augmente.

Effets de familiarité avec le contenu : les participants réussissent mieux quand la tâche à accomplir est familière, ils appellent un souvenir plutôt que de créer une solution.

Effets des stratégies de raisonnement : stratégies pour trouver la solution :

        - Stratégie verbale : lire l’énoncé puis comparer avec une image.

        - Stratégie imagée : se fabriquer une image mentale de l’énoncé.

        - Stratégie de confirmation (biais de confirmation ou biais de positivité) : proposer des solutions qui confirment les hypothèses.

        - Stratégie optimale : diviser en deux l’espace des incertitudes.

        - Stratégie sub-optimale : légère réduction de l’espace des incertitudes.

        - Stratégie non optimale : ne pas réduite l’espace des incertitudes.

        - Stratégie multi-attributs : plusieurs attributs en même temps.

        - Stratégie uni-attribut : tester si l’exemplaire comporte un attribut cible de la catégorie.

 

Théories générales du raisonnement :

 

Théorie de la logique mentale (TLM) : les erreurs peuvent provenir de la compréhension, de l’utilisation inappropriée d’une heuristique ou des limites du système cognitif. Théorie intéressante car elle rend compte d’un certain nombre de phénomènes et dit que les règles de la logique formelle existent dans le cerveau. Mais souffre d’un certain nombre de limites.

Théorie des modèles mentaux (TMM) : les erreurs peuvent provenir d’un défaut d’encodage, dérivation défaillante des conclusions, ou recherche défectueuse de contre-exemples. Théorie qui permet de formuler de nombreuses prédictions. Elle a fait l’objet d’implémentations informatiques dont les résultats simulent assez bien les phénomènes empiriques modélisés.

Points communs : suite d’étapes de traitement, rôle clé des mécanismes de compréhension, peuvent expliquer diverses tâches.

Différences : détail des explications, nature des activités. La TLM envisage le raisonnement comme l’application de règles formelles. La TMM explique le raisonnement en termes de mécanismes de représentation mentale des prémisses et de leurs implications.

 

V. Jugement de probabilités et prise de décision :

 

Définitions et distinctions :

 

Décisions sous certitude : décisions dont nous connaissons les conséquences.

Décisions sous incertitude : décisions dont nous ne connaissons pas précisément les conséquences.

Décisions à risque : décisions dont nous connaissons les conséquences et les probabilités de ces conséquences.

Tâches d’estimation : estimer la fréquence de différents évènements.

Tâches de pari : pari avec plusieurs options dont une seule à choisir.

Tâches de jugement : dire oui ou non pour des probabilités proposées pour différents évènements.

 

Effets expérimentaux importants :

 

Jugement de probabilité :

     - Biais de sur- et sous-estimation : on sous-estime les évènements fort probables, et on surestime les évènements moins probables.

     - Effets de contexte : évènements à juger influencés par le contexte.

     - Biais de représentativité : jugement d’après la manière dont l’évènement apparaît représentatif de la classe des évènements à laquelle il appartient.

     - Erreurs de conjonction : se laisser influencer par le contour.

     - Erreurs sur la taille des échantillons : juger en ignorant la taille des échantillons.

Prise de décision :

     - Effets de violation du principe de transitivité : nous ne sommes pas toujours logiques dans nos choix.

     - Effets de framing : la présentation d’alternatives influence nos choix.

     - Effet de renversement des préférences : selon le type d’actions ou de tâches à effectuer, le choix entre alternatives diffère.

 

Théories des jugements probabilistes et de la prise de décision :

 

Théorie des jugements probabilistes :

     - Calcul mental des probabilités : formuler des jugements par calcul des probabilités. Le système cognitif applique spontanément le calcul, mais puisque nous commettons des erreurs c’est que d’autres facteurs se mettent en œuvre.

     - Théorie du jugement par heuristiques : on n’utilise pas des calculs mais des stratégies cognitives :

             + Heuristique de représentativité : évènements rangés dans une catégorie aux mêmes caractéristiques.

             + Heuristique de disponibilité : évènement assimilé à un autre évènement similaire.

             + Heuristique d’ajustement : évaluation approximative puis on corrige.

             + Heuristique de simulation : jugements fondés sur une simulation mentale du déroulement des évènements.

Théorie de la prise de décision :

     - Théorie rationnelle : nous sommes conscients des conséquences et choisissons la plus avantageuse.

             + Principe d’ordre des préférences.

             + Principe de transitivité des préférences.

             + Principe d’invariance (on ne change pas nos préférences).

             + Principe de la chose certaine

Là encore, d’autres facteurs se mettent en œuvre.

     - Théories du traitement de l’information :

             + Théorie par élimination.

             + Théorie du prospect (échelle des valeurs subjectives et non linéaire).

Le système cognitif est rationnel du point de vue des processus ou des mécanismes, même si du point de vue du produit, la décision prise peut apparaître (ou être) irrationnelle.

 

VI. La résolution de problèmes :

 

Définition, approches et limites :

 

Problème : situation dans laquelle nous cherchons à atteindre un but en utilisant différents moyens ou méthodes.

Approche gestaltiste : suite d’étapes :

       - Préparation : encodage des données du problème.

       - Incubation : tenter différentes méthodes pour trouver la solution.

       - Illumination : découverte soudaine de la solution.

       - Vérification : s’assurer que la solution trouvée est satisfaisante.

Approche traitement de l’information : suite d’étapes également :

       - Représentation : encodage des données en MdT pour s’en faire une représentation.

       - Recherche et sélection d’un opérateur : passer en revue l’ensemble des méthodes et en choisir une.

       - Application de l’opérateur : exécuter la méthode choisie pour transformer les données encodées.

       - Evaluation : déterminer si le nouvel état obtenu est le final ou seulement un intermédiaire.

L’approche gestaltiste est trop vague, l’approche traitement de l’information est plus précise.

 

Différents types de problèmes :

 

Problèmes bien/mal définis : Bien définis : solution claire ; Mal définis : pas de solution.

Problèmes d’induction de structure/de transformation/de configuration :

      - Induction de structure : chercher les points communs entre les différents éléments du problème.

      - Transformation : transformer les éléments du problème pour arriver à une situation nouvelle.

      - Configuration : arrangements entre les éléments du problème.

 

Effets expérimentaux importants :

 

Effet d’incubation : lorsqu’on fait une pause dans la recherche de la solution, la solution sera plus aisément trouvée.

Effet d’insight : les indices aident à mieux comprendre.

Effet de la représentation : construire une représentation facilite la résolution.

Effet de structure des problèmes : la structure d’un problème affecte les performances.

 

Méthodes d’étude des stratégies de résolution de problèmes :

 

Les protocoles verbaux représentent une source de données importantes pour comprendre les processus mis en œuvre dans la résolution de problèmes.

      - Verbalisations recueillies au cours de tâches réalisées donnent lieu à un symbole en MdT.

      - Questions indices ou vidéos pour aider à trouver ce à quoi on pense.

      - Absence d’interférence.

      - En analysant les protocoles verbaux, le psychologue découvre les processus.

 

Stratégies de résolution de problème :

 

Algorithmes versus heuristiques : mettre en œuvre une série d’étapes de traitement.

Stratégies (ou méthodes) fortes versus stratégies (ou méthodes) faibles : les stratégies fortes concernent plusieurs domaines, les stratégies faibles se limitent à un domaine particulier.

 

Les obstacles à la résolution de problèmes :

 

Effets de fixité fonctionnelle : quand les éléments d’un problème doivent servir à une autre fonction que leur fonction habituelle.

Effets d’Einstellung : utilisation d’une méthode qui a marché pour des problèmes similaires mais qui est inappropriée pour de nouveaux problèmes.

 

Conclusions : Comprendre quels sont les facteurs propres à déclencher  la construction d’une représentation adéquate des données d’un problème. Comprendre quelles sont les stratégies utilisées, comment elles sont mises en œuvre et quels facteurs affectent leur utilisation et leur exécution.

 

VII. Compréhension et production du langage :

 

Définition du domaine :

 

Langage : communiquer, transmettre et recevoir des informations, base d’activités sociale et rôle clé dans la vie personnelle.

Comprendre comment nous traitons du langage, c’est comprendre comment notre système cognitif fonctionne.

Compréhension du langage : permet de construire une représentation à partir d’un énoncé oral ou écrit.

Production du langage : transformer une représentation en représentation langagière orale ou écrite.

Psycholinguistique : recherches qui se focalisent sur un niveau d’analyse de la langue, même si l’objectif est de comprendre l’intégration et la coordination de l’ensemble des niveaux au moment où le locuteur parle.

 

Méthodes et tâches utilisées :

 

Méthodes off-line : centrées sur le produit.

Méthodes on-line : complémentaires des méthodes off-line, étude des processus en cours de réalisation d’une tâche.

Méthodes d’observation naturelle et méthodes d’observation provoquée (expérimentale).

Les tâches utilisées : identification de sons, décision lexicale, dénomination, mémorisation, catégorisation, lecture-compréhension, décrire une image, découvrir un mot à partir d’une définition, écrire

 

Effets expérimentaux importants :

 

Compréhension du langage :

      - Traitement sub-lexicaux :

              + Effets de restauration phonémique : les syllabes manquantes sont restaurées automatiquement.

              + Effets de contexte : les mots inclus dans une phrase sont mieux reconnus que les mots isolés.

      - Traitements lexicaux :

              + Effets d’amorçage : traitement plus facile entre mots reliés :

                         . Amorçage de répétition : traitement facilité si l’amorce et la cible sont le même mot.

                         . Amorçage sémantique : traitement facilité si l’amorce et la cible son synonymes.

                         . Amorçage associatif : traitement facilité si l’amorce et la cible son souvent associées.

              + Effets de fréquence : mots fréquents sont plus facilement traités que les mots rares (activation faible, donc passage facile de la MLT à la MdT).

              + Effets de voisinage orthographique : les mots présentant des voisins orthographiques sont plus difficilement reconnus que les mots ne présentant pas de voisins (foin = coin, loin…).

      - Traitements syntaxiques : l’ordre des mots gouverne le sens d’une phrase :

              + Effets des constituants : l’effet des constituants a un impact sur le comportement.

              + Effets de garden path : les temps de compréhension sont plus longs au cours de phrases ambiguës qu’au cours de phrases non ambiguës.

Production du langage :

      - Effets de la surcharge en MdT : la compréhension et la production du langage mobilise des ressources en MdT.

      - Effets des connaissances : le niveau de connaissances sur un thème facilite la rédaction de textes.

      - Types d’erreurs en production orale :

              + Lapsus : dire un mot à la place d’un autre.

              + « Mot sur le bout de la langue » : mot inaccessible bien qu’on sache quel mot on cherche.

              + Substitution :

                         . Sémantique : mot remplacé par un autre appartenant à la même catégorie.

                         . Intra-catégorielle : mot remplacé par un autre de la même catégorie.

                         . Position : mots inversés dans une phrase.

                         . Morphème : flections pas opérées au bon endroit.

                         . De lettre (contrepétries) : des lettres inversées dans une phrase.

 

Théories de la compréhension et de la production du langage :

 

Compréhension du langage : perception des sons (signal acoustique → prononciation des sons → règles phonologiques), de la reconnaissance des mots (par élimination, soit analyseurs de traits → analyseurs de lettres → analyseurs de mots, et inversement) et de la compréhension de textes (encodage de l’information textuelle → activation en MdT et élimination des informations redondantes → représentation textuelle générale et transfert en mémoire épisodique textuelle).

Production du langage : production orale (élaboration du contenu du message → choix des mots employés → organisation des mots → construction du système de sortie), production écrite (produire des idées, organiser ses idées, se donner des buts → produire le texte, former les phrases, écrire les mots → se relire, corriger ses erreurs, changer l’ordre des mots).

Lemmes : sens et statut grammatical des mots.

Lexèmes : sons des mots.

 

Conclusion : La connaissance des phénomènes et des mécanismes, n’est pas assez avancée, les recherches à venir vont permettre une meilleure connaissance.

 

VIII. Glossaire :

 

Accès au lexique : activité permettant l’activation et la récupération du sens associé aux représentations d’un mot en mémoire.

Activation diffusante : processus à la base de la récupération de l’information en MLT. Chaque concept serait activé en entraînerait l’activation des concepts qui lui sont associés. L’activation se diffuserait d’un concept à l’autre.

Algorithme : c’est une règle ou une séquence d’actions appliquée lors de la résolution de problèmes et qui aboutit à la réponse correcte si mise en œuvre correctement et systématiquement.

Analyse moyen fin : c’est une stratégie utilisée en résolution de problèmes et qui consiste à comparer l’état présent du problème et son état visé et, ensuite, à sélectionner un opérateur qui permettra de réduire cette différence.

Aphasie : terme général qui définit différents types de troubles du langage.

Apprentissage intentionnel : tâche utilisée pour tester la mémorisation d’information à long terme. Dans une tâche d’apprentissage intentionnel, les sujets savent avant la tâche qu’ils vont devoir restituer le matériel à mémoriser ultérieurement.

Apprentissage incident : tâche utilisée pour tester la mémorisation d’information à long terme. Dans une tâche d’apprentissage incident, les sujets ne savent pas avant la tâche qu’ils vont devoir restituer le matériel qui leur est présenté. Ce n’est qu’au moment du rappel qu’ils découvrent que le matériel présenté est à rappeler.

Automatique (processus) : un processus cognitif est automatique s’il est exécuté rapidement ; n’interfère avec aucun autre processus, se déroule inconsciemment et jusqu’au bout une fois déclenché.

Brown-Peterson (tâche de) : tâche utilisée pour tester la MdT. Elle consiste à présenter une série d’items (chiffres, lettres…) aux sujets et à leur demander de les restituer.

Capacité cognitive : fait référence au nombre de processus cognitifs ou à la quantité de ressources mentales impliqués dans une tâche.

Connaissance déclarative : fait référence à des faits, à des informations qu’il est possible de décrire verbalement et dont l’organisation est flexible et contrôlable par le sujet.

Contrôlé (processus) : un processus cognitif est contrôlé s’il est exécuté lentement, interfère avec un autre processus, se déroule consciemment et ou peut être interrompu après déclenchement.

Double codage (théorie du) : théorie proposée par Paivio avançant que l’information qui peut être codée verbalement et visuellement est plus facile à traiter et à mémoriser.

Effet de génération/production : effet observé dans la littérature sur la mémoire et qui consiste à observer un meilleur rappel et une meilleure reconnaissance avec certains items. Les sujets ont produit, eux-mêmes la liste de ces items à apprendre par opposition aux items imposés par l’expérimentateur.

Effet d’information erronée : effet rapporté dans la littérature sur les témoignages visuels et qui consiste à observer que les sujets peuvent se rappeler des informations qu’ils n’ont jamais stockées à propos d’un évènement si une information erronée a été ajoutée à l’évènement.

Ecoute dichotique : situation expérimentale dans laquelle les sujets écoutent un message différent dans chaque oreille et doivent répéter (shadowing) le message venant dans une seule oreille. Cette tâche permet d’étudier le caractère sélectif de l’attention.

Effet de position sérielle : fait référence aux meilleures performances sur les items du début et de la fin d’une liste que les sujets ont eu à apprendre dans une épreuve de mémoire.

Electroencéphalographie (EEG) : technique d’étude de l’activité électrique du cerveau. Le signal électrique recueilli à l’aide de l’EEG permet de localiser en temps réel les processus cognitifs impliqués dans une tâche.

Encodage : transformation d’un stimulus dans un format qui permette au système cognitif de le traiter et de le retenir.

Espace problème : concept issu de la théorie GPS de la résolution de problème élaborée par Newell et Simon et qui renvoie à la représentation du problème par le sujet.

Erreur de représentativité : erreur observée dans des tâches de jugement de probabilité. La probabilité d’un évènement est jugée d’après la manière dont l’évènement apparaît représentatif de la classe des évènements auxquels il appartient.

Flashbulb memories : concerne des souvenirs personnels associés à des évènements publics.

Gestalt : terme allemand pour désigner une forme. La psychologie Gestaltiste (ou psychologie de la forme) était un mouvement européen mettant l’accent sur l’activité du sujet dans l’encodage des stimuli.

GPS : abréviation pour General Problem Solver. Programme informatique élaboré par Newell et Simon destine à rendre compte de la résolution de problèmes grâce à l’utilisation de diverses stratégies.

Heuristique : sorte de règle non systématique utilisée pour résoudre un problème ou prendre une décision. Contrairement à l’algorithme, l’heuristique ne conduit pas nécessairement à la réponse correcte.

Incubation : l’incubation est l’un des processus, selon la psychologie gestaltiste, qui est mis en œuvre dans la résolution de problèmes. Il s’agit du travail inconscient qui a lieu après que le sujet a tenté de résoudre en vain un problème.

Insight : étape de résolution de problèmes qui surviendrait après une phase d’incubation et pendant laquelle, selon les Gestaltistes, la solution apparaît soudainement.

Inférence inductive : activités cognitives consistant à rechercher des règles générales à partir d’éléments communs à des cas particuliers.

Modèles mentaux : il s’agit d’éléments ou des individus particuliers aux groupes décrits dans les prémisses d’un énoncé et des relations entre ces éléments. La théorie des modèles mentaux est une théorie du raisonnement mise au point par Johnson-Laird et ses collaborateurs.

Niveaux de traitement : un traitement cognitif peut être caractérisé par son niveau, c’est-à-dire par la quantité de connaissances qu’il fait entrer en jeu.

Nœuds sémantiques : éléments de base d’un réseau en mémoire sémantique. D’après la théorie de Collins et Quillian de l’organisation des informations en mémoire sémantique, chaque concept serait représenté en MLT par un nœud sémantique.

Opérateur : terme utilisé en résolution de problèmes pour désigner l’opération effectuée par le sujet pour réduite la différence entre le but visé et l’état du problème.

Orientation (tâche d’) : tâche utilisé en mémoire pour tester l’effet de différentes activités cognitives sur la mémorisation à long terme.

Paradigme de la tâche ajoutée : paradigme utilisé pour étudier la mise en œuvre de ressources cognitives dans différentes tâches cognitives ou pour tester l’implication spécifique d’un composant de la MdT dans une tâche cognitive quelconque. Selon ce paradigme, les sujets accomplissent deux tâches en parallèle, une tâche principale et une tâche secondaire.

Potentiels évoqués : signal électrique recueilli au cours d’une tâche cognitive par électroencéphalographie et permettant de localiser les zones cérébrales où se déroulent les processus cognitifs.

Pragmatique : sous discipline de la linguistique qui étudie les langues telles qu’elles sont utilisées dans une situation sociale.

Prémisse majeure : première phrase d’un énoncé conditionnel ou d’un syllogisme définissant la condition nécessaire.

Prémisse mineure : seconde phrase d’un énoncé conditionnel ou d’un syllogisme définissant la condition nécessaire.

Probabilité : nombre allant de 0 à 1 et caractérisant les chances (sur 100) qu’un évènement a de survenir. 0 signifie que l’évènement n’arrive jamais, 1 qu’il arrive toujours, et .50 qu’il arrive 50 fois sur 100.

Problème des 20 questions : problème utilisé pour étudier les processus d’inférence inductive. Les sujets doivent trouver un item auquel pense l’expérimentateur en posant des questions. L’expérimentateur ne peut répondre que par oui/non à ces questions. Les items à trouver sont variables.

Prototype : un prototype (ou représentation prototypique) est l’instance centrale d’une catégorie. Cette instance centrale peut être une instance abstraite telle que celle obtenue en faisant la moyenne de toutes les instances ou une instance particulière.

Raisonnement conditionnel : forme de raisonnement portant sur des énoncés conditionnels de la forme « si-alors ».

Recherche sérielle exhaustive : examen systématique et consécutive de chaque élément stocké en MdT.

Récupération : l’un des processus fondamentaux de la mémoire correspondant au recouvrement de l’information stockée en MLT. L’un des processus à la base de la récupération est l’activation diffusante.

Règle condition action : unité de base dans un système de production modélisant le fonctionnement cognitif. Une règle condition-action comporte deux parties, une partie condition (précisant les circonstances dans lesquelles la règle s’applique) et une partie action (dressant la liste des actions à accomplir lorsque sont remplies les conditions).

Répétition d’élaboration : activité cognitive qui consiste à se répéter un même matériel plusieurs fois de suite. Cette forme de répétition fait usage de la signification du matériel à stocker. En se répétant le matériel, les sujets mettent en relation ce matériel avec du matériel préalablement stocké.

Répétition mentale : activité cognitive qui consiste à se dire àsoi-même plusieurs fois de suite et de manière littérale le même matériel afin d’en augmenter la mémorisation.

Schéma : un schéma (ou représentation schématique) est une représentation à grande échelle des connaissances stockées en mémoire relatives à des objets, des concepts ou des évènements.

Simulation informatique : création d’un programme informatique qui fait faire à l’ordinateur des activités de la même manière qu’un être humain.

SOA (Stimulus Onset Asynchronu) : fait référence au décalage entre la présentation de la première partie d’un stimulus et la présentation de la seconde partie.

Stratégie : procédures ou suite de procédures permettant d’atteindre un but. Les stratégies comprennent toutes les méthodes utilisées par les sujets pour accomplir une tâche cognitive.

Stratégie de regroupement (chunking) : stratégie utilisée pour stocker du matériel et contourner les limites de la MdT. Elle consiste à regrouper les items en groupes d’items.

Syllogisme : un syllogisme est un groupe de deux prémisses (ou plus) desquelles découle une conclusion.

Système central exécutif : composant de la MdT qui a pour fonction de contrôler l’allocution des ressources attentionnelles dans le système cognitif, de gérer la mise en œuvre et la coordination des deux systèmes esclaves (boucle phonologique et calepin visuo-spatial), de déclencher la boucle d’autorépétition mentale, de transférer l’information en MLT et de prendre des décisions.

Système de production : un système de production est un système artificiel modélisant la cognition humaine. Un tel système comprend des règles de production, ou paires de condition/action.

Tour de Hanoï : l’un es problèmes princeps utilisés dans l’étude de la résolution de problème dans lequel des disques sont posés sur des tiges et doivent être déplacés d’une tige à l’autre en respectant plusieurs contraintes.

Vérification de phrase (tâche de) : tâche mise au point pour tester l’organisation des informations en mémoire sémantique. Dans cette tâche, les sujets voient une phrase reliant deux concepts, ils doivent dire si la phrase est vraie ou fausse. Le psychologue collecte les temps de réaction et les taux d’erreur.

Validité écologique : la validité écologique d’une recherche concerne le caractère généralisable d’une découverte en laboratoire à une situation hors laboratoire.

Vigilance : il s’agit du niveau d’éveil manifesté lors d’une tâche cognitive. Ce niveau permet de résister notamment à l’endormissement dû en particulier à la fatigue ou à la monotonie d’une tâche à accomplir et de ne pas se laisser distraire par des aspects d’une tâche non pertinents à l’accomplissement de cette tâche.

 

 

► Vivement conseillé ! Il est facile à lire, simple à comprendre, très bien détaillé, ce livre m'a été plus utile que les cours...



24/05/2012
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